Norway to hell
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En ces temps coronatroublés, rien ne vaut de se remémorer le dernier voyage touristique que l’on a fait avant le plongeon dans le néant sanitaro-économique. La Norvège, plus précisément sa côte ouest et ses fjords, sera donc le sujet de ce carnet en 31 épisodes dotés chacun d’une bande-son, plutôt rock d’ailleurs. Attention, lecteur, vous vous exposez à un certain nombre de clichés pas du tout exagérés et de blagues pourries. I have nothing to offer but fjord, joy, tears (of the sky) and sweat.

Donc la Norvège, c’est l’apocalypse budgétaire dans votre portefeuille. D’où le titre (c’est tiré par les cheveux mais je ne refuse jamais un jeu de mots). Mais ce n’est pas que cela, c’est aussi fort joli, propre, policé et réellement rempli de charmantes têtes blondes. La Norvège, c’est également une monarchie pétrolière du golfe persique qui s’est égarée sur des terres glacées. Eh oui, c’est tout de suite plus facile d’être riche quand ils ont du pétrole (« mais ils n’ont que ça » aurait ajouté un jaloux), qu’ils sont peu nombreux et pas très partageurs. Allez, quelques détails pour commencer sur un plan aussi bien techeunique que tacqueutique

Le trajet En voiture Simone ! Depuis le Massif Central jusqu’à la Norvège avec une C3. J’avais décrété 2019, année sans avion. Donc c’était la voiture, certes petite mais costaude, où l’on a pu entasser notre matériel de camping. On en a profité pour prendre un covoitureur qui allait se perdre en Norvège pour l’été. Plus on est de fous entassés, plus on rit. Sur place, j'ai limité fortement notre aire d'action géographique. Je le connais le piège de faire une liste longue comme le bras et de courir tout le voyage tel un chien de ferme après un mollet cycliste. Il s'agissait de se cantonner au riz euh pardon à la façade sud-ouest du pays sans aller plus haut qu'Ålesund. Et comme il y avait un certain nombre de lieux qui me faisaient de l’œil, nous avons quand même eu un trajet digne d’une otarie bourrée essayant d’échapper à une orque affamée. On a finalement fait l’essuie-glace obliquement dans l’Ouest : à gauche, à droite, à gauche, à droite, à droite, A DROITE . Il faut dire que les fjords et les montagnes n’arrangent pas les affaires du voyageur adepte des routes rectilignes, et cela malgré la passion tunnelière locale.

Le lien vers la carte du trajet : http://u.osmfr.org/m/434267/

Les Norvégiens Les Norvégiens sont des êtres blonds aux yeux bleus, parfois d’un blond tellement blond qu’on dirait qu’ils ont appliqué de la javel sur leurs cheveux. Effet secondaire qui donne la chair de poule, cela fait disparaître les sourcils… Le Norvégien est réservé et poli. L’été, soit il se balade torse nu, soit il quitte le pays pour des horizons plus propices au rougeoiement de sa peau laiteuse où il pourra faire valoir son pouvoir d’achat dément. La Norvégienne quant à elle a une prédisposition naturelle à se promener en sous-tif ou brassière dès le premier rayon de soleil. Le dimanche, jour du Seigneur et de l’hypocrisie, le Norvégienne ne boit pas (vente d’alcool interdit !) les autres jours, iel se cache pour boire puis déambule cahin-caha entre les maisons de bois à la pelouse verdoyante. La Norvégien apprécie également les sorties familiales du dimanche après-midi où il peut effectuer 1000 mètres de dénivelé en 3,5km avec ses enfants de 7 et 9 ans. Le tout les doigts dans le nez.

Le logement Le logement, c’était principalement notre tente de 2 m² que nous avons montée/démontée dans des campings de qualité très variable pour un prix pas donné. Souvent les sites sont jolis mais plantés en bordure de route malgré l’espace qu’offre le pays. Ca manque quand même d’arbres ou arbustes et d’emplacements un tant soit peu délimités. Ce dernier point permet pendant les nuits les plus chaudes de l’été d’entasser les touristes de passage dans une promiscuité certaine et de rentabiliser un maximum l’espace. Malynx le Norvégynx ! Par contre, les sanitaires sont en général en bon état mais avec douche payante. Bref, le camping c’est le moyen de logement le plus abordable hors camping sauvage mais en général, la qualité est moyennasse au vu des prix. J’ai séché une petite larme en pensant à feus les campings des parcs nationaux et provinciaux canadiens. Requiescat in pace. Pour reprendre notre souffle, nous avons quand même varié les plaisirs avec des logements en b&b, du camping sauvage, des hytter (des petites cabanes souvent présentes dans les campings mais également ailleurs, très pratiques, pas trop chères pour la Norvège et aux prestations variables : électricité, eaux courantes en option par exemple) et une nuit en « refuge ». Les refuges, il y en a partout la plupart sont accessibles à pied, non gardés avec parfois une sorte de self-service payant.

La bouffe Courez en Norvège (ah mince vous êtes confinés) et vous me direz des nouvelles du Brunost . Sinon c’est cher mais pas mauvais globalement, peu porté sur le poisson hors saumon d’élevage et assez roboratif. Et bonne surprise pour moi, il y a quand même une tradition boulangère et même s’il y a peu de boulangeries, on peut trouver pleins de pains et de sorte de viennoiseries dans les supermarchés. Cela égaie les multiples piques-niques.

Avant de commencer le carnet proprement dit, entamons notre hymne norvégien : So many stop signs Speed limit Curves’ gonna slow me down Like a wheel Gonna spin it Tourists’ gonna mess me around Hey, Satan Payin' my tolls Bein’ among sheepin' bands Hey, mamma Look at me I'm on the way to the promised land

Jour 1,5 60 mph – New Order Clermont-Ferrand - Neumünster A nous les petites autoroutes allemandes tant prisées de ce côté du Rhin pour l’absence de limites de vitesse. Parcours Montbéliard – Fribourg – Karlsruhe – Francfort – Kassel – Hannovre – Hambourg – Neumünster. C’est long et pénible avec des travaux publics pas très deutsche Qualität tous les 20 kms, un trafic chargé et des zones limitées sans limite de vitesse qui rendent la conduite dangereuse : à droite ça roule à 90, à gauche à 200 pour les plus fous et comme c’est saturé, ça donne un résultat sportif et désagréable. Je me demande comment ils font pour avoir aussi peu de morts sur les routes en Allemagne. A part ça, le voyage est sans histoire, le colis covoitureur est livré à Fribourg et on arrive entiers et fatigués à Cathédraleneuve.

Jour 2 Seemann – Rammstein Neumünster - Kristiansand

Les autoroutes allemandes c’est rapidement fini, on revient à de la tranquillité avec le Danemark. Nous avons choisi de prendre le ferry Hirtshals-Kristiansand qui permet d'arriver plus rapidement sur la côte ouest Et comme on a beaucoup d’avance sur l’horaire du ferry Hirtshals-Kristiansand, on se permet un détour vers une dune danoise dominant la mer du Nord. Le temps est pas idéal et le coin est assez fréquenté. Bof. Le voyage en ferry est sans histoire, les Norvégiens en profitent pour faire des réserves d’alcool et de legos (les deux produits les plus présents dans les magasins du bateau). Nous voilà enfin en Norvège, 1900 kilomètres plus tard, sur la plage de Christian. Sacré Clavier qui a fait des fidèles un peu partout en Scandinavie.

Jour 3 Why does it always rain on me? - Travis 180 km Kristiansand – Hauge Notre premier jour en Norvège et ça ne s’annonce pas glorieux, plutôt gris tendance pluie. Nous commençons par un rapide passage par un bout de zone payante de Kristiansand juste pour le plaisir et accessoirement quitter cette ville. Je me suis inscrit, par honnêteté, sur le site internet des péages norvégiens (gérés d’ailleurs par une société anglaise) et par la grâce de caméras bien placées, nous allons devoir payer quelques euros pour à peu près 100 mètres dans ladite ville. Pfff. Quant au programme aujourd’hui, nous allons à la conquête de l’ouest, l’ouest de Kristiansand et nos plans capotent très largement. Ca tombe, ça tombe, ça dégouline, dégringole, s’abat, déverse, pleuvoche, tantôt torrentiel, tantôt bruineux. Pas question de faire une rando ou toute autre activité de plein air. Je m’aperçois en plus dans la journée que mon imper n’est plus imperméable et que j’ai oublié mon surpantalon. Prions, mes bien chers Frères, mes bien chères Sœurs pour que la météo soit clémente. Sinon ça va être long. Dans un premier temps, jusqu’à Flekkefjord, nous nous mouvons plus ou moins le long de la côte sans l’apercevoir, d’une parce que c’est complètement bouché, de deux parce qu’il est difficile de distinguer ce qui tient d’un lac ou d’un fjord, de trois parce que la route principale ne suit pas la côte. Nous nous rabattons donc sur la visite sans trop musarder des petites villes blanches du sud de la Norvège, leurs villages blancs andalous à eux mais en différent : avec du bois, de la pluie et de la mer. Premier arrêt à Mandal, un vrai coup dans le cœur. Deuxième arrêt : Flekkefjord, très mignon. Troisième arrêt version hameau, Stornes en entrée de fjord, très, très mignon. Quatrième arrêt : Sognalstranda, très, très, très mignon. C’est le règne de la mignonitude humide. Une maison en bois par ci, un entrepôt en bois par-là, et des garages à bateau à foison. Pas un temps à mettre un chat norvégien dehors (Flekkefjord)



Pas un temps à mettre un bateau norvégien dehors

Mais pourquoi on est dehors nous alors ? (Sognalstranda)

Interlude de pipeau très intéressant : ces villes/villages, souvent fondés aux 17ème et 18ème siècle, sont les témoins de la politique mercantiliste du royaume du Danemark. L’État balbutiant entend organiser la production, la commercialisation et l’exportation des ressources comme le bois, les poissons et certains métaux de Norvège. Cette politique passe par la mise en place d’exploitations/manufactures à tendance monopolistique et la spécialisation des ports avec monopole des marchands d’abord hanséatiques (16ème siècle) puis néerlandais (17ème siècle) et enfin danois (17-18ème siècle). C’est d’ailleurs pour cela que le vieux centre de Flekkefjord est surnommé la ville hollandaise. Ce système mercantiliste fera par ailleurs les malheurs de l’Islande forcée de se soumettre pendant deux siècles à une compagnie royale danoise monopolistique à même d’imposer ses tarifs et ses conditions d’échange de marchandise. Les siècles sombres comme les appellent les Islandais ont en grande partie comme origine cette organisation économique très profitable pour la royauté danoise, beaucoup moins pour les habitants de l’île. La route 44 après Flekkefjord vaut par ailleurs son pesant de cacahuètes même si les conditions ne sont pas optimales pour en profiter. Tout le coin a été nommé magma geopark (patrimoine de l’UNESCO) dans une poussée de marketing touristique, des roches de la croûte terrestre d’une zone de subduction ayant fini par apparaître sous l’effet de l’érosion si j’ai bien compris. Point de volcan donc mais des effleurements d’anorthosites qui forment des paysage rocailleux arrondis et stériles comme autour d’Helleren et d’Åna Sira où devait se dérouler notre première randonnée norvégienne, projet qui tombe à l’eau (ahahah), noyé sous les larmes du ciel (ahahah). La partie la plus spectaculaire du trajet se trouve entre Åna Sira et Hauge où la route serpente tant bien mal entre les rochers. Nous goûtons le soir venu à la douceur des campings norvégiens : une espèce de carrière dans un espace réduit entre deux collines, un sol gravillonneux, pas de végétation et roule ma poule. Le seul avantage réside dans la vue en bout de carrière sur la côte. Pas vraiment de cuisine aménagée, des douches payantes : prometteur ! Le coupable aujourd’hui est le Vågan camping (garanti sans viande).

Jour 4 Sous le soleil exactement – Serge Gainsbourg 186km Hauge – Lysebotn Nuit et brouillard ce matin sur la Norvège et pourtant nous gardons espoir, le soleil vaincra. Nous continuons la route côtière pour faire une petite balade (4km aller-retour) jusqu’au Hådyr. C’est humide, boueux, bourbeux, fangeux, marécageux, tourbeux, machineux. C’est également l’occasion de compter la deuxième victime du voyage : le terrain a raison de mes chaussures de marche basses. Flap flap, bain de pieds et macération. Décidément, je suis équipé pour affronter l’humidité scandinave ! Arrivés au rocher censé donner un point de vue sympa sur la côte, c’est la douche froide (avec beaucoup de vapeur d’eau, la douche) : à gauche, du brouillard, à droite, du brouillard, droit devant, du brouillard, derrière, du brouillard et un bruit de ressac à nos pieds. Comme on est patient et qu’on croit en dame météo, nous nous asseyons pour attendre la percée du soleil. Une heure et quelques hésitations plus tard, ça se déchire (très) petit à petit, de quoi entrapercevoir une côte que je qualifierai de dantesque. J’adore ces rochers granitiques usés par les siècles, qui forment des forêts de sentinelles face à la mer.

Les portes de l'Hådyr s'ouvrent et pas de cerbères à l'horizon Et ça tombe bien que j’adore ce paysage puisque pour l’étape suivante (décidément le gentil organisateur a tout prévu !), nous traversons sans s’arrêter Egersund, autre petite ville en bois, pour Eigerøya, son phare et son paysage rocailleux sous le soleil exactement, un soleil de plomb je dirais même plus. La baladounette de l’après-midi de 4 km est sans difficulté sur une autoroute pédestre et permet d’accéder à un point de vue maousse costaud sur l’île d’Eiger et son phare. C'est un roc ! C'est un pic ! C'est un cap ! Que dis-je c'est une péninsule !

Eigerøya en beauté

Si j’ai bien compris le norvégien, øy est le suffixe pour île et a celui pour « la » en général, même si la langue se scinde en deux types distincts nynorsk et bokmål et en de nombreuses variantes dialectiques locales qui provoquent des orthographes changeantes des panneaux et des cartes. Par exemple, kirke (église en bokmål) s’écrit aussi kyrkje en nynorsk, voire a d’autres déclinaisons locales plus obscures. Le nynorsk, pour ceux qui ne connaissent pas, est issu d’une (re)création linguistique du 19ème siècle type occitan ou breton en France : pour donner à la Norvège une langue pure de toute saleté étrangère, danoise plus particulièrement, des linguistes ont construit une langue sur un mélange des dialectes considérés comme les moins viciés par l’outre-Skagerrak, c’est-à-dire ceux du Telemark et des fjords du sud-ouest. A contrario, le bokmål est un dérivé dédanoiïsé de la langue parlée (du danois grosso modo) dans les villes comme Oslo au début du 19ème siècle. De nos jours, il y a donc deux langues officielles et le nynorsk est très connoté nationaliste et perd du terrain : 13% des Norvégiens, principalement dans l’ouest, le parlent comme langue maternelle. Nous nous dirigeons ensuite vers l’intérieur des terres en direction de Lysebotn, le paysage change, pâturage, forêt et lacs avant de rentrer dans des zones à l’environnement plus âpre et tourmenté. Gloppedalsura (à vos souhaits) est l’occasion d’un arrêt bienvenu pour un point de vue sur un chaos de rochers impressionnant et son lac attenant. Gloppedalsura, lieu de franche rigolade entre Allemands et Norvégiens pendant la Seconde Guerre Mondiale Nous remontons ensuite la Øvstabødalen, vallée glaciaire à citer dans toute conférence de géologie de bon niveau pour la perfection de sa forme en auge. Le parcours est varié, peu fréquenté et plaisant avant de plonger sur une zone moins sympa bien dotée en stations de ski et en habitat folklorico-traditionnel, ici des immeubles/chalets en bois sombre et toit végétalisé. L’avantage, au-delà du côté très artificiel des stations, c’est que les bâtiments se fondent dans la végétation.

La dernière partie du trajet, très belle mais pas très agréable à conduire tant la petite route est saturée par la circulation, traverse un plateau rocailleux avant de plonger vers le Lysefjord. Malheureusement, la route de descente, assez connue (elle est le lieu d’une compétition estivale de ski sur route très cotée) une fois passée le restaurant et bien que sûrement impressionnante vue d’un drone, n’offre quasiment aucune vue sur la vallée et le fjord. Ce qu’elle offre par contre, c’est un tunnel en épingle à cheveux, un classique que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans les fantaisies souterraines norvégiennes. Le camping du soir, bonsoir, le Kjerag Lysebotn camping, jouit d’un site splendide et est bien équipé (cuisine, sanitaire). Malheureusement, comme on est en Norvège, il n’y a aucun arbre/arbuste et une promiscuité assez forte et accentuée par l’affluence d’un jour de juillet ensoleillé. Bref on se marche dessus comme des manchots en période de reproduction dans leur colonie. Quand je vous dis que le site est splendide...

Jour 5 Highway song – System of a Down 78km Lysebotn - Hjelmeland Aujourd’hui, c’est notre journée rando de masse dit trek pour ceux qui se sentent une âme d’aventurier, juste une âme, il ne faut pas trop abuser de l’aventure. Donc aujourd’hui, c’est le Kjeragbolten, concession faite à la liste des randonnées obligatoires. La Norvège fait partie de ces pays où la randonnée est l’une des activités touristiques obligatoires y compris pour des personnes qui ne marchent jamais par ailleurs. Pour la Norvège, l’activité s’effectue bien sûr en masse sur les mêmes chemins en cochant les fameuses cases de la to do list comprenant dans l’Ouest Preikestolen, Trolltunga, Kjeragbolten, Bessegen et Aurlandsdalen. Nous nous sommes contentés du rocher suspendu Kjerag, choisi car dans mon esprit, moins facilement accessible au commun du touriste (et moi je suis un touriste hors du commun, un tourista). C’est sûrement vrai mais cela n’empêche pas le monde… Je le savais, je le savais, j’étais prévenu, j’ai râlé avant, j’ai râlé pendant, je râle encore après et pourtant je n’ai pas d’oiseau dans la gorge et il n’y avait pas de genêts dans la balade (cf le râle des genêts pour comprendre la blagounette). La randonnée commence par un parking gigantesque au tarif prohibitif. Nous payons sans moufter nos 30 euros (un repas dans un resto semi gastro en France pour ceux qui n’ont pas le sens des valeurs). J’espère que personne ne s’arrête juste pour voir la vue car de vue il n��y en a point : le point de vue est occupé par un restaurant qui met un point d’honneur à boucher accessoirement la vue. Et pour accéder à sa terrasse/point de vue, il faut payer. Bon, nous, on a du pain sur la planche et quelques montées raidasses en attente. Dont acte. Trafic fluide en ce début de matinée, quelques problèmes de surchauffe moteur pour la première montée puis la vitesse de croisière est atteinte pour une arrivée prévue à 10h30. Ce n’est pas encore un bouchon au niveau du rocher mais la circulation est déjà dense à l’approche. Au retour, le trafic est extrêmement chargé et les comportements touristico-idiots se multiplient (équipement inadéquat, coupage des routes à travers champs, ralentissements dus aux selfies intempestifs. Ne pas utiliser votre téléphone en conduisant, que la sécurité routière vous dit !).

Pas un coin où amener sa traban

Sur le fond, la rando, 12 km et 700 mètres de dénivelée, est très chouette avec de belles vues sur le fjord et Lysebotn en particulier au début de la 3ème montée et tout au bout.

Le Lysefjord

Le caillou est flippant et spectaculaire tout comme la plateforme juste à côté. Une queue au bord d'un à pic de 1000 mètres se forme pour monter dessus (même pas en rêve, je fais un truc pareil). Le mythe



La réalité

Il est loisible d’explorer les environs du Kjeragbolten pour profiter d’un peu de la tranquillité des avancées rocheuses spectaculaires et des vues majestueuses sur le fjord. Bref ça claque grave. Le Lysefjord n'a pas bougé

On redescend à Lysebotn pour prendre un ferry réservé à l’avance. Et quand on voit le « ferry » arriver, on se dit que la réservation était une bonne idée. Rentrée en marche arrière et tassage de voitures dans un espace réduit pour notre mini-croisière sur le Lysefjord. Très bien la mini-croisière qui permet de s’apercevoir de la hauteur des falaises entourant le Kjeragbolten et d’apercevoir le Preikestolen où nous n’irons pas.

Le Kjeragbolten vu d'en bas. Les 1000 mètres de vide y sont bien

La croisière s'amuse

Le camping du soir se trouve à Hjelmeland et est ingénieusement intitulé Hjelmeland camping. Celui-ci fait dans l’original puisque nous avons planté notre tente dans le parc arboré d’une sorte de manoir qui sert de dortoir. Une chouette vue, une cuisine bien équipée et assez d’espace pour ne pas se marcher dessus (en principe, avec les Norvégiens, on ne sait jamais, ils pourraient parquer votre tente ou votre van à 50 cm du voisin), voilà pour les avantages. Pour les inconvénients, les sanitaires sont peu nombreux, peu pratiques et se salissent vite (forcément).
SI Sissi57 Globetrotter ·
Bonsoir, Je ne connais pas encore le sud de la Norvège, alors je suis volontiers l'épopée, très agréable à lire en ces temps de confinement
Je n'aurai pas le temps...
AU Auk Regular ·
Merci Sissi pour le message, cela prouve qu'il y a encore de la vie au delà des fenêtres de mon appartement. Je continue donc, il y aura au moins une lectrice à ma bafouille.

Jour 6 Neighborhood #1 (Tunnels) – Arcade Fire 233km Hjelmeland - Mosevatnet Cette journée est l’occasion de s’essayer au compte-rendu déstructuré : le chronologique c’est has been, bienvenue dans le post-carnet de voyage. Grâce à l’incertitude du paragraphe, la lecture en elle-même devient un voyage vers l’inconnu, chaque phrase appelant une remise en question des croyances du lecteur. L’auteur vise à interroger les convictions profondes et passives du spectateur qui se trouve plongé dans une perplexité a-temporelle permettant l’éclosion d’un nouveau rapport à l’avancée dans le futur antérieur. Le temps s’écoule-t-il vers des lendemains qui chantent ? Hier n’est-il pas le lendemain de l’avant-veille et vice et versa ? La journée finit – mais une journée finit-elle jamais ? – en apothéose par le début de la randonnée vers le glacier de Folgefonna. Petite montée raide en apéro pour admirer le glacier au loin qui tombe dans l’Indre Mosevatnet et nous plongeons dans la vallée de Blådalselvi aux eaux tumultueuses. La lumière fait rougeoyer le décor très minéral et la balade se passe sans difficulté notoire à quelques passages sur dalle en dévers près. Le débat du soir porte sur l’emplacement de notre campement les critères rendent le choix difficile : herbeux pour avoir un matelas moelleux, un peu caché du chemin, à distance suffisante du torrent pour minimiser le bruit, à l’abri du vent et dans un endroit pas trop marécageux. Vous avez ça m’sieur Noël ?

Minéralement vôtre

Une longue journée de route nous attend entre Hjelmeland et quelque part au bord d’un lac de barrage. Nous jouons à saute-fjord (Jøsenfjord, Erfjord, Saudafjord, Åkrafjord) et saute-ferry. Les petites lignes de ferry sont tout un poème : on s’entasse souvent dans un espace réduit, en marche arrière à l’occasion et à la faveur d’arrêts en cours de route, on peut se retrouver dans le sens opposé de véhicules rentrés après nous. C’est d’ailleurs le cas du trajet Skånevik – Sunde qui est l’occasion d’un long débat sur le comment va-t-on sortir et qui nous amène accessoirement vers notre but de fin de journée.

Le Saudafjorden

Quelques cascades et des milliers de virages plus loin, nous arrivons à destination, Blådalselvi. La route pour y monter a été construite pour les aménagements hydroélectriques du coin, très nombreux, et vaut le déplacement avec un final des plus torrides : une pente à 30% et une C3 bien chargée, qui vaincra l’autre ? La qualité française triomphe une fois encore. Nous inaugurons également nos premières cascades digne de ce nom, d’abord Svandalsfoss à côté de Sauda puis Langfoss, qui serait non pas la cascade mais le saut en plusieurs rebond le plus haut d’Europe (ne me demandez pas ce qu’ils veulent dire par là…) et nous faisons plus ample connaissance avec la spécialité locale, le tunnel. Il est en général d’abord inhospitalier et quand on commence à mieux le connaître, il se révèle tortueux et sombre. Ce n’est clairement pas une lumière avec des à-côtés scabreux.

Svandalsfoss, premier émoi cascadier avant que la routine ne s'installe

Une route qu’elle est sympa, c’est celle entre Sauda et Røldal. Rien que de très classique mais concentré sur quelques dizaines de kilomètres à parcourir avec lenteur et gourmandise : de jolies vues, sur le coin de Røldal en particulier, des gorges, des lacs et la spéciale, le plateau avec grandes dalles de pierre.



Jour 7 The thin ice – Pink Floyd 171km Mosevatnet - Bergen Réveil matinal pour effectuer la dernière partie de randonnée et atteindre le Svelgabreen, une branche du glacier de Folgefonna. Le chemin emprunte une passerelle sur le torrent assourdissant et au débit monstrueux. Le glacier se laisse découvrir progressivement jusqu’à barrer tout l’horizon. L’intérêt de la balade est de pouvoir s’en approcher de très près. Fait frisquet dans le coin.



Fraîcheur de vivre



Retour au pas de course pour redescendre de la montagne à cheval (moteur) et nous culturer avec le Baroniet Rosendal, une vraie construction en pierre qu’elle est tellement pas en papier mâcher que le propriétaire originel n’était pas norvégien. Oui, pour trouver un nobliau à même de se construire un « palais » en pierre dans le coin, il fallait du produit d’importation suffisamment riche et puissant, c’est-à-dire un Danois qui passait par là. La société locale, rurale et relativement égalitaire, n’a laissé que peu de traces entre le 13ème et le 18ème siècle de constructions, au delà des fermes/maisons en bois. En effet les symboles de domination de certaines classes sociales (châteaux, palais, églises) que l’on retrouve dans les autres pays européens sont très peu présents. Certes, nous n’étions sûrement pas dans le pays le plus peuplé et le plus riche d’Europe mais ces témoignages restent rares en Norvège du fait de la ruralité, d’une classe paysanne plutôt propriétaire de ses terres et de l’absence d’une élite politico-économique locale (souvent aspirée par le Danemark et Copenhague). Il faut toujours se rappeler que pour que l’on admire Versailles, le roi a dû presser les écus et la sueur de quelques millions de paysans/artisans. Quel dévouement pour l’activité touristique et la santé économique de la France actuelle ! Bon revenons à Rosendal, doté d’un très agréable jardin en cette chaude journée d’été et d’un salon de thé qui nous fait de l’œil avant de regarder les prix. L’extérieur du bâtiment est d’une sobriété à toute épreuve. Ça sent le luthérianisme local. Nous faisons la visite guidée assez instructive et menée par un jeune du coin, intéressant, érudit et réactif sur nos questions. Les peintures de marbre en trompe l’œil que « l’artiste » local a badigeonné un peu partout sur les murs sont charmantes de par leur naïveté. La bibliothèque est la pièce la mieux conservée et la plus jolie.



Départ de Rosendal pour Bergen, nous ratons le ferry de Gjerdmundshamn et nous avons la très bonne idée de se dire : « tiens si on allait jusqu’à Jondal, la route a l’air jolie, il y a la Furebergsfossen et on a plus d’une heure 15 pour y arriver ». Tic-tac, tic-tac, c’est qu’on n’avance pas, il y a des travaux et de la circulation. Tic-tac, tic-tac, c’est que ça devient chaud. Aaarrrggghhhh, on va rater le ferry et après faut se taper la route de Bergen et on avait dit au b&b qu’on arrivait vers 18h30 et il y a pas d’autres ferrys avant 1h30. Aaaarrrrgggghhhh ! Une conduite sportive plus tard , on arrive juste, juste pour le ferry un peu retardé par le monde qui l’emprunte. Ouf.

Furebergsfossen paparazzée depuis la voiture

Il ne reste plus qu’à enquiller les kilomètres interminables pour atteindre Bergen et notre hébergement le plus chouette du voyage, une chambre dans un appartement avec vue sur la mer, situé dans des anciens entrepôts à proximité immédiate du centre-ville. Que demande le peuple ? .

Notre petit pied à terre norvégien (en blanc au milieu)

Jour 8 Paradise city – Guns’n Roses Bergen Bergen, capitale européenne de la pluie, nous accueille pour un jour. Au lever, coup d’œil à gauche, à droite, en haut, en bas, pas de pluie en vue ! On nous aurait menti. Le ciel va en plus très rapidement s’éclaircir et les températures atteindre des niveaux caniculaires avoisinant les 30° ! Tout fout le camp, ma bonne dame : les journaux norvégiens titrent sur les records jamais égalés. Nous, cela nous arrange bien. Vive le réchauffement ! Comme ça, on a plus besoin d’utiliser de chauffage en hiver. Mais je m’égare un peu, revenons à Bergen, je vous prie. Nous commençons la visite par les quartiers de petites maisons en bois qui s’étalent en terrasse au-dessus du centre-ville (Skuteviken et Stølen). Ils sont pittoresques en diable, forcément, avec des petites maisons en bois, des petites rues sinueuses, des petits escaliers méandriques (oui, ça existe ! Je viens de le trouver dans un dictionnaire de synonymes), des petites fleurs et des petits arbres de ci de là. Questions philosophie : tout ce qui est petit est-il mignon ? Le tout semble largement épargné par les touristes qui paraissent se contenter du contour du port.

Se démarquer, allégorie





La Maison Blanche, c'est par ici ?

Après un passage par la forteresse de Sverresborg pour la jolie vue, on finit par redescendre (de notre nuage) pour nous attaquer à Bryggen, le haut lieu touristique de Bergen, le quartier plus ou moins sauvegardé de l’époque de la domination hanséatique sur le commerce nordique et baltique. Car ce quartier tout en bois, de guingois, bien qu’il ait brûlé partiellement à plusieurs reprises, date du début du 17ème siècle, période où la ligue hanséatique dominait encore le commerce en Norvège et dans la Baltique. Bryggen était un comptoir extraterritorial où résidaient les marchands germaniques de la Hanse (principalement de Lübeck) qui imposaient leurs conditions commerciales au roi du Danemark et de Norvège. Le comptoir était spécialisé dans l’exportation de poissons séchés venant principalement des Lofoten et alentours et doté d’une organisation toute allemande (à prononcer à l’allemande) : lieu réservé aux hommes (bobonne restait dans les villes centres hanséatiques et à eux, les petites poulettes norvégiennes ou plus communément les prostituées qui fleurissaient autour du quartier), vie en communauté, dortoir, hiérarchie marquée entre apprentis, marchands et maîtres, interdiction de faire du feu à l’exception des poêles des salles communes. Bref ça devait pas rigoler tous les jours. Cette organisation disparaîtra progressivement avec l’affaissement commercial de la Hanse. Je vous conseille en passant la visite guidée passionnante.







Une église romane égarée. Retourne en Auvergne, petite !

Après avoir rempli nos panses de fiskekaker pas mauvais et bon marché pour la Norvège, nous attaquons la partie moderne de Bergen, plus aérée, plus froide mais assez agréable quand m��me. Notre après-midi sera dépensé à déambuler entre les différents bâtiments du KODE, le principal musée de Bergen se concentrant sur les arts. La partie arts décoratifs est spéciale, pensée comme un lieu de vie bibliothèque, salle de réunion, café avec expositions d’objets sauf qu’il n’y a pas de vie… On évite la partie art contemporain – c’est pas ma came – pour se concentrer sur la section la plus fréquentée, l’art du 19ème siècle, début 20ème qui donne un bel aperçu de la floraison artistique norvégienne accompagnant la floraison identitairo-nationaliste norvégienne. Un peu comme dans tous les états européens du 19ème siècle, l’art accompagne la construction (création ?) d’une identité nationale, ici en se concentrant sur deux tendances qui peuvent s’entremêler suivant les artistes : les paysages romantiques, grandioses et sauvages d’un côté, les scènes de folklore (costumes intégrés) et/ou de vie intime de l’autre. Par ailleurs, le mouvement provoque une réaction dont Munch fait partie. D’ailleurs c’est plein de ses tableaux dans les parages qui rompent assez fortement avec ses prédécesseurs.



Le soir, c’est miam miam, ouille ouille : notre tendance masochiste se précise car nous avons décidé d’aller dans un resto chic de Bergen, le Lyseverket et ses prix prohibitifs. Oui mais c’est bon, oui mais c’est cher, oui mais c’est bon, oui mais c’est cher, oui mais c’est cher, oui mais c’est bon… Bon cher, bon cher, bon cher, bonne chère ! Eureka !

Créneau de bateau de croisière
SI Sissi57 Globetrotter ·
voilà. voilà, je suis toujours. J'irais bien voir le caillou coincé, la prochaine fois ( y en aura-t-il une???) que j'irai en Norvège, mais 1000m de dénivelé, c'est trop pour moi. Si par hasard vous aviez quelques minutes de libre en ces temps de coronaconfination, si vous ne le connaissez pas, il y a un roman- en plusieurs tomes- de Gunnar Staalesen, qui s'appelle le Roman de Bergen. Très bien. A part cela Gunnar S a écrit les aventures du détective privé Varg Veum, qui se passent à Bergen, mais sans doute connaissez vous déjà
Je n'aurai pas le temps...
AR Arisa Regular ·
Bonjour, Moi aussi je suis avec plaisir ce carnet. Au retour de l'hôpital, ça change les idées...Et rappelle de beaux souvenirs. Dans l'attente aussi d'en refaire des nouveaux, même si cet été me semble compromis 🤪 Sympathique écriture qui plus est...
AU Auk Regular ·
Chouette, on est trois. Un quatrième et on pourrait faire une belote virtuelle...

Oui j'ai déjà lu Staalesen version enquêteur mais je n'en ai aucun souvenir. Merci pour le conseil.

C'est pas tout mais le carnet a une suite que voilà :

Jour 9 Ticks and leeches – Tool 289km Bergen – Florø Départ matinal pour une journée de route vers Florø. Fjord, tunnel, pont, lac, tunnel, fjord, pont, tunnel, lac, pont, fjord, la routine dans la banalité norvégienne. Et comme on déteste les tristounettes et efficaces routes nationales, on décide de pimenter le voyage en faisant un détour vers Ortnevik sur le Sognfjord par la petite route de montagne Fv381, une chouette montée vers des lacs naturels et de barrage, une cascade en passant, une jolie vue sur le Fuglsetfjord à la descente, la routine toujours.



Détour dans le détour, une fois arrivée sur le Sognfjord, j’ai repéré une petite balade tranquille vers le Almdokkevatnet, lac dans une vallée encaissée. 5 km aller-retour c’était censé être une formalité pour se dégourdir les jambes dans une journée très portée sur le plaisir automobile. Nous débutons donc tranquillement la marche depuis le petit hameau de Sørebrø, par ailleurs desservi par une route qui suit joliment un lac qui s’appelle, vous l’aurez deviné lecteurs attentifs et férus de géographie norvégienne, l’Øystrebøvatnet.

Le bien nommé Øystrebøvatnet (c'est pour faire semblant que je maîtrise le norvégien)

Très rapidement, nous bifurquons à droite en quittant une piste, prenons une passerelle et suivons un balisage bleu. Par la grâce du piétinement de vaches, le chemin devient vite scabreux et boueux. La progression s’effectue de motte en racine et craacccccc, la branche était moins solide qu’il n’y paraissait. A moi le bain de boue, à moi les chaussures pourries – elles venaient à peine de se remettre de la côte sud norvégienne – paix à leur âme. On s’entête quand même maintenant que l’on s’est tapé un chemin de m$*!/#&, on va quand même pas faire demi-tour après s’être fait autant c*** – ça, c’est la réflexion que l’on a en général et qui conduit à la décision du toujours plus loin, très mauvaise décision que celle-là. Donc on finit dans une forêt pourrie avec des rochers, des troncs abattus et des chemins de vaches – elles sont ‘achement agiles les vaches du coin – dans tous les sens. Le moment du demi-tour arrive forcément mais il est beaucoup plus douloureux – oui ça fait une heure qu’on erre – que si l’on avait écouté la petite voix raisonnable du début. Retour à la case départ après s’être fait emberlificoté par les locaux, peintres à leurs heures perdues (prédilection dans le coin pour les tâches bleues n’importe où) et leurs vaches retorses. Mais votre serviteur ne s’avoue jamais vaincu, je redémarre seul pour ce maudit lac et le chemin officiel mais non balisé est d’une simplicité enfantine. Le paysage, ma fois très correct, est un mélange de gros blocs rocheux, de bouleaux rabougris et de lacs dans une vallée encaissée. Je m’aperçois très vite que c’est aussi un repère de tiques. J’en retrouve quelques-unes en train d’errer sur mes vêtements. Quand ça veut pas, ça veut pas. Sûrement un endroit maudit où un supporter rennais a été enterré...



Tout ça pour ça...

Après cet interlude raté, nous reprenons notre voiture pour une traversée Ortnevik – Nordeide sur le Sognefjord. On continue notre tournée des mini-ferrys et des mini-croisières. Celui-là doit pouvoir accueillir 4 voitures pas plus et un équipage des plus décontractés, bedaine, blondeur et famille intégrées. « Ma petite, tu sais pas quoi faire aujourd’hui ? Eh bien, viens faire des allers-retours sur mon rafiot, tu vas voir c’est l’éclate ». Et c’est vrai que le Sognefjord est immense et impressionnant à cet endroit relativement près de l’embouchure. J’apprécie toujours ces traversées, leur lenteur et le changement de perspectives qu’elles amènent par rapport à la route.



Le croisière s'amuse le Retour (mais il ne se passe toujours rien)

Nous reprenons ensuite la route en passant par Førde, le temps de prendre un péage urbain sur 200 mètres sans rentrer dans la ville. Je ne suis pas a priori contre les péages urbains mais là dans des toutes petites villes avec des placements stratégiques pour que des trajets ne passant pas dans le centre-ville soient pris en compte, c’est énervant. Malynx le Norvégynx bis (et surtout radinx). Notre étape suivante est le site d’Ausevika, des gravures rupestres de 1000 avant J.-C en bordure de rivage. grosso modo. C’est isolé, calme et malgré la qualité des gravures, ça n’attire pas les foules ou même des humanoïdes de quelque sorte que ce soit. Il y a du renne à foison avec un bonhomme que même ma nièce de quatre ans elle sait mieux dessiner. Très agréable détour.





Les extraterrestres étaient déjà là, parmi nos ancêtres (à prononcer avec une voix complotiste)

On découvre Florø en fin d’après-midi et son Efinor Krokane camping, dont l’emplacement est top, les places pour tentes très réduites (heureusement qu’il n’y avait que trois tentes le soir où nous y étions) et les sanitaires lointains et peu pratiques. La petite ville, haut lieu de l’industrie pétrolière norvégienne, nous a laissé une impression très agréable, il faut dire que la terrasse maritime du bar-restaurant et le splendide soleil y sont pour quelque chose.

Jour 10 Island in the sun – Weezer 3km Kinn La mission du jour, si on l’accepte, c’est d’atteindre une petite île au large de Florø, de s’y balader et d’y dormir. On a vu plus impossible comme mission. Pourtant, les obstacles sont bien là : pas vraiment de site internet de la compagnie avec les horaires des bateaux, pas de panneau de renseignement sur le port, des informations uniquement en norvégien concernant l’utilisation de la hytte dnt de Kinn (notre logement du soir), pas de paiement possible hors vipp, l’obligation de chercher la clef du logement à l’office de tourisme de Florø, l’incertitude de voir le refuge plein à notre arrivée. Et pourtant, tels des Tom Cruise du voyage, nous avons déplacé des montagnes et nous l’avons fait ! Pour les horaires de ferry dans l’ouest du pays, je vous conseille le site internet Kringom. Attention, parfois ce ne sont pas les bons horaires… Pour le reste, le voyage en bateau est charmant, à se frayer un chemin entre les innombrables îles tantôt rocailleuses, tantôt herbeuses, à observer les locaux dont le bateau sert de bus et de lieu de sociabilité et à regarder les petites maisons en bois – forcément – plantées sur des rochers inhospitaliers. On s’image l’âpreté d’un hiver passé sur un de ces cailloux et on débarque dans le calme et la tranquillité sur Kinn. Le refuge qui tient plus de la maison d’habitation est d’un confort et d’une propreté à toute épreuve.



L'ancienne école devenue "refuge"



Une fois nos affaires déposées, nous partons pour un tour de l’île à pied, six kilomètres à tout casser. C’est l’occasion d’admirer l’église de Kinn du 12ème siècle, lieu de pèlerinage important pré-réforme et malheureusement sous les échafaudages. L’autre intérêt c’est la Kinnaklova, Roland étant également passé par là en pratiquant son sport favori, le fendage de gueule, euh non, de montagne. On en profite pour monter au sommet de l’une des deux pointes pour un point de vue de toute beauté. Un pygargue à queue blanche (go, go America !) (oui je sais ce ne sont pas les mêmes qu'aux Etats-Unis) et quelques faucons nous survolent. El condor pasa !

L’œuvre de Durandal



Il y a des géants qui ont joué à la pétanque dans le coin

Depuis 1985, l’île est également le lieu d’accueil en juin d’un drôle de festival, le Kinnaspelet qui a pour décor l’église et ses alentours. Une seule pièce, le spectacle du roi, y est jouée année après année, en plein air, qu’il vente ou qu’il pleuve. Obélix y a assisté et nous livre son ressenti : « ils sont fous, ces Norvégiens ». Mais Obélix, faut apprendre le norvégien quand tu vas assister à une pièce en Norvège !

Jour 11 Nite and fog – Mercury Rev 130km Florø – Måløy Le lendemain matin, réveil aux aurores pour appeler le ferry pour qu’il s’arrête bien à 7h30 à Kinn. Oui ici, c’est arrêt à la demande et héler de loin un bateau ça ne suffit pas. Après le retour à Florø, on a choisi de passer la journée sur Bremanger, île réputée pour ses plages et le Hornelen, alias la falaise maritime la plus haute d’Europe (900 et quelques mètres). Les Norvégiens adorent classer leurs sites naturels et mettre des écriteaux du type le truc le plus machin du monde, ce qui est assez facile dans un certain nombre de cas puisqu’ils sont souvent les seuls à faire des classements… Vu par exemple je ne sais plus où en Norvège : le village le plus haut d’Europe du nord. Les doigts dans le nez quand on est le seul pays montagneux d’Europe du nord. Bref, revenons à Bremanger… Enfin, avant de revenir à Bremanger, il faut déjà y aller à Bremanger. Et la route est longue dans le coin. Quand les tunnelleurs fous ne sont pas encore passés dans les parages il faut contourner les fjords comme un footballeur prend les matchs, les uns après les autres. Cela permet d’admirer quelques vues bien senties du Hornelen, qui donne une envie de le grimper (non !)

Ca vous donne pas envie d'aller gambader sur cette montagne ?

Nous arrivons enfin à Bremanger, ses plages de sable blanc et sa fréquentation touristique. Mince, moi qui pensais avoir débusqué un ch’ti coin tranquille, l’île est assez fréquentée par les Norvégiens et il y a de la circulation sur les routes à une voie. Il faut dire que les plages de sable fin sont rares en Norvège et que l’endroit en a un certain nombre. Nous jetons notre dévolu sur Vetvika accessible en randonnée en boucle de 15 km. Nous pensions y camper mais les prévisions météos de la nuit s’annoncent sombres – quel pléonasme ! Nous nous contentons de l’après-midi pour effectuer la sortie sous une chaleur pesante. Je n’aurais jamais cru dire ça sur la Norvège mais la montée initiale en plein cagnard est bien éreintante. Et quand on passe enfin un col, que voit-on ? Un océan de nuages à la place de la mer : il y a une brume maritime épaisse qui nous démotive à effectuer la descente sur la plage. Caramba ! Encore raté ! Décidément Ramon Bada est de tous nos voyages. Nous nous contenterons du joli point de vue au sommet du chemin avant de faire demi-tour et de rejoindre notre fier destrier.



Quelque part sous cette brume, erre une plage à la recherche de ses vacanciers



Fog attack sur "la croisière s'amuse". Un coup à se transformer en zombie au contact de la brume à la manière de Planet Terror

Et comme les campings ne courent pas les rues dans le coin, nous prenons la direction de Måløy via le traditionnel ferry et nous choisissons de prendre une hytte pour la nuit au Steinvik camping, car comme tout un chacun le sait, elle est dotée d’un toit en dur mais avec de la végétation dessus qui permet de mieux résister aux nuits pluvieuses. Hytte et sanitaires très corrects au demeurant.

Une cabane chevelue tendance hippie. Faut passer chez le coiffeur de temps en temps, Madame !
EL Elgar Regular ·
Merci pour ce partage. C'est toujours avec plaisir que je lis ces carnets nordiques.

Vivien
Mes voyages nordiques : https://www.elgar.be
AU Auk Regular ·
Jour 12 Girls on the beach – Beach Boys 215km Måløy – Ålesund Comme prévu, il pleut. Nos plans sont un peu bousculés, nous pensions passer toute la journée sur la péninsule de Selje, peut-être y camper le long d’une rando mais le temps ne le permet pas. On va quand même à Selje avant de nous décider pour tailler la route en fin de journée jusqu’à Ålesund. En chemin vers Selje, nous comptons les fjords comme d’autres comptent les moutons. La monotonie des voyages norvégiens…

Arrivés à destination, fait moche (quelle surprise !) donc pas d’excursion bateau jusqu’à la petite île de Selja et son église, pas de randonnée un tant soit peu longue, pas de détour vers la jolie baie de Hoddevika ou vers le hameau de Fure. Notre choix se porte uniquement sur Ervika, plage avec surfeurs et vans intégrés.

Un petit air d'Ecosse

C’est l’occasion de faire une petite balade jusqu’à Hovden, qui, je m’aperçois en regardant les cartes, est le point le plus à l’ouest de Norvège continentale au dépens de la version officielle du Vestkapp un peu plus au nord. L’endroit permet d’avoir une vue sur la côte déchiquetée environnante et de découvrir les ruines de fortifications allemandes de la Seconde Guerre Mondiale, hantées par les fantômes des soldats allemands : des chèvres (d’où la défaite de 1945 évidemment et les reconstitutions tout à fait réalistes de l’incompétence allemande de Papy fait de la résistance, la Septième compagnie ou la Grande vadrouille).

Les blockhaus, ça me rend chèvre

Noir c'est noir. Il n'y a plus d'espoir. Oui, gris c'est gris

Comme il ne fait pas un temps des plus enthousiasmants, on repousse notre visite de l’ile de Runde à des lendemains qui chantent le soleil et direction Ålesund. Deux ferrys plus tard, nous voilà enfin dans une ville d’une taille respectable, victime d’un feu en 1904 l’ayant détruite dans sa quasi-totalité. Il faut dire que les bâtiments en bois, ça flambe vite. Du coup, le Michaël Jackson et Lionel Ritchie fusionnés de l’époque, aka Guillaume II de Prusse (oui ça fait moins rêver), a lancé sa chanson « wir sind die Ålesund » pour lever des fonds, venir en aide aux habitants et rebâtir la ville. Quel Mensch ! En plus, il fallait aux gens du coin de la technologie allemande pour arriver à construire les bâtiments grâce à une innovation disruptive dans l’histoire de l’architecture : la pierre. Et ça ne s’enflamme pas. Donc, le résultat est une ville composée très majoritairement de bâtiments art nouveau un peu patauds mais charmants, à cheval sur une île et le continent et collineuse à souhait.

Merci Deutschland für Norwegen



On déambule, on déambule tout en étudiant les quelques restos avant de se faire avoir par un classique : à 19h15 tout est plein. Nous nous rabattons sur un resto à spécialités très norvégiennes : des pizzas franchement bonnes. Le Volsdalen camping, subi plutôt que choisi puisque c’est le seul à des kilomètres à la ronde, est franchement pas terrible : surpopulation aiguë, au milieu d’immeubles moches, pas adapté aux tentes, infrastructures trop petites pour l’influence et j’en passe et des meilleurs.

Jour 13 Three little birds – Bob Marley 78km Ålesund – Runde Réveil façon l’attaque de la moussaka géante mais avec des limaces dans le rôle titre. Nous sommes à moitié dans des hautes herbes humides, seul endroit encore disponible pour une tente et qui manifestement attirent les êtres baveux à antennes (non, pas toi Edouard B. !). Pour couronner le tout, les sanitaires sont trop peu nombreux pour l’affluence matinale et la queue est interminable pour les atteindre. Il y a pas intérêt à avoir une tourista dans le coin… En Norvège, c’est rare, me diriez-vous. Oui c’est vrai. Mais quand même. Une seule solution : la fuite vers le Stiftinga Sunnmøre Museum, notre premier écomusée dans le pays du musée ethnographique. Il y en a à tous les coins de rue car les Norvégiens sont habités d’une passion de la ferme très très ancienne du 19ème siècle et des costumes folkloriques. Il faut dire que, quand on a pas d’histoire et de patrimoine ou plutôt une histoire trop entremêlée avec ses voisins, on se rabat sur le folklore, tendance nationaliste. Car oui, dans le processus de construction d’une mythologie historique national(ist)e, les historiens norvégiens du 19ème ont été un peu désemparés. Quand on a passé quelques siècles sous une domination étrangère pacifiquement, que les figures de révolte/combat pour la « liberté » type William Wallace pour les Ecossais ne courent pas les rues, que les vikings sont un peu suspects parce que ça avait tendance à mélanger Danois et Norvégiens (exemple : Rollon venant d’Ålesund à la tête d’un groupe de Danois quand il s’établit en Normandie), que la population est très agricole, que les figures célèbres littéraires ou autres et les réalisations architecturales se font rares, on privilégie les costumes, le folklore, la langue et la culture rurales. D’où à mon avis, cette surabondance de bygdemuseum comme les Norvégiens les appellent. Celui du Sunnmøre est assez gigantesque, compte toute une partie sur les différents bateaux norvégiens à voiles et rames, de très nombreux intérieurs reconstitués et des maison rurales en bois, remontant pour les plus vieilles au 16ème siècle. A noter, tels des gros mazots savoyards que de nombreuses fermes sont en quelque sorte sur pilotis de pierre, pour protéger contre l’intrusion de rongeurs je suppose.



Les Norvégiens ont inventé les toits végétalisés.

Pour l’après-midi qui s’annonce ensoleillé, on va finalement faire un petit tour du côté de Runde, île accessible par une succession de ponts esthétiques et possédant une pléthore d’oiseaux nichant dans de majestueuses falaises.

Pont dromadaire

Il faut bien sûr faire une petite randonnée pour accéder aux coins les plus beaux. En ce début du mois d’août, les macareux sont partis – tôt – mais il y a d’autres attractions, à commencer par les grands labbes présents dans les prés (c’est pour protéger leur nichée en particulier qu’il ne faut pas quitter les chemins aménagés), l’œil méchant et sadique. Une fois au sommet des falaises, la vue est splendide sur les environs et la jolie colonie de fous de bassan. On a en plus le plaisir de voir d’assez près deux couples d’aigles royaux.

De Runde van Noorwegen (blague obscure pour non amateur de cyclisme)





Le Runde camping, notre camping du soir est situé au départ de la randonnée, sur un espace très restreint. Forcément, il y a promiscuité mais on commence à avoir l’habitude.

Jour 14 Kontrol på kontinentet – Kaizers Orchestra 115km Runde – Hellesylt Je frétille ce matin tel un saumon norvégien compressé par ses congénères dans sa ferme d’élevage car nous allons voir le Fjord avec un F majuscule, le Hjørundfjord. C’est pas le plus connu dans le coin car le phénomène touristico-médiatique a ses raisons que la raison ignore. Et oui le Hjørundfjord déchire grave mais n’attire pas les hordes étrangères.





Après une route sans histoire, nous prenons le ferry Saebø-Lekneset pour une traversée assez géniale (voir les photos plus haut) : le Sunnmøre enserre le fjord de ses pics escarpés, le soleil resplendit, les bicoques se font minuscules, domptées par des falaises vertigineuses, l’endroit est sauvage, grrrr… et assez fréquenté par les Norvégiens à ma surprise. Mince, on est le weekend et il y a du Norvégien en goguette et plus particulièrement au départ de la rando du jour : Saksa. Ils ont l’air de raffoler de l’endroit, ce qui est compréhensible, mais ils auraient pu attendre que je ne sois plus dans le coin pour sortir leur blondeur harcelante et leurs coups de soleil aveuglants. Saksa, « mes que un randonnée » : 1100 mètres dénivelé pour 3,5km de marche, c’est abrupt, brutal et splendide. La montée est en deux étapes pentues, l’une en forêt, l’autre dans la caillasse avec une sorte de replat au milieu (tout relatif le replat) qui permet une pause bienvenue. Ils y ont planté des toilettes, élues les toilettes dans l’endroit le plus chouette de notre voyage. Malheureusement, on ne peut pas profiter de la vue sur le trône…

Toilet way to heaven

La deuxième partie du chemin n’est pas forcément des plus agréables alliant raideur, petit passage de barre rocheuse et pierriers. Étonnamment, les pierriers sont l’occasion d’une pause relative dans l’effort car des marches ont été aménagées par des Népalais. Les parties en pierrier sont au final les plus régulières et les moins raides. Le résultat népalais ! L’arrivée au sommet offre une vue exceptionnelle sur les environs. La vue va progressivement évoluer vers des tas de mecs torse nu et des tas de nanas en soutif ou en brassière. Je vois rouge au sens propre et pense aux futurs cancers de la peau que le système norvégien de santé va devoir se fader.



SAAAKKKSSSAAAAA ! Est-ce à ça que ressemble l'extrême amont ? (Faut lire le génial "la Horde du Contrevent" pour comprendre)

La vue s'est bouchée...

Redescente presto pour prendre une des routes les plus routes qu’on ait empruntée en Norvège : Øye-Hellesylt. Le premier intérêt réside dans l’hôtel style dragon de Øye, construit au 19ème siècle dans un mélange de chalet suisse et de kitsch norvégien avec ses bouts de chéneaux en forme de dragon.



Le style du dragon ou long xing

Ensuite, la route s’enfonce dans un défilé entre deux massifs aux flancs abrupts, glisse entre les lacs et offre à la fin quelques vues sur des glaciers en fin de vie (toujours pas de lois sur l’euthanasie, on préfère les faire mourir à petit feu (c’est le cas de le dire)). Une des plus belles du voyage. Bon les conditions étaient aussi optimales.





Pour le logement, il s’agit du Stadheimfossen Camping, à côté de Hellesylt idéalement placé au bord d’une cascade (ça fait du bruit forcément), peu fréquenté, tranquille, correctement équipé et avec framboises et fraises des bois sur le toit des hytter.
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Sylvain,

J'embarque avec plaisir pour parcourir grâce à toi quelques-unes des étapes que nous avions effectuées en Norvège il y a quelques années et surtout pour en découvrir de nouvelles.

Bravo pour ce carnet très original dans le ton, l'écriture, les références musicales (dommage qu'il n'y ait pas le son 😉) et le choix des points d'intérêt. 🙂

Une carte avec les différentes étapes aurait été un plus afin de mieux visualiser ton parcours.

Enfin, pour rassurer Sissi...

12 km et 1000 mètres de dénivelée,

1000m de dénivelé, c'est trop pour moi.

... le dénivelé de la randonnée de Kjerag est un peu exagéré : il y a 711 mètres de dénivelé cumulé. 😉

https://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagesnorvege/kjeragbolten

A très bientôt pour la suite !
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
SI Sissi57 Globetrotter ·
C'est gentil de me rassurer. 700m de dénivelé c'est mon maximum, et encore je me demande, avec l'inaction forcée actuelle.... Nous avions prévu de partir début juin, remonter la Finlande et explorer le nord de la Norvège, entre la frontière nord et les Lofoten.......je doute fortement que ce soit possible......alors je suis ce voyage en Norvège depuis mon canapé avec grand plaisir
Je n'aurai pas le temps...
AU Auk Regular ·
Bonjour Christine

Merci pour le message d'encouragement et la précision pour la rando. J'ai bien une carte en stock mais qui est restée sur une clé USB pas chez moi. Et confinement oblige... Il faut que je trouve la volonté de la refaire.

Pour le dénivelé de Kjeragbolten, je corrige ça. J'avais trouvé tout et son contraire sur Internet donc j'ai fait un prix de groupe. Et globalement, le plus pénible dans cette randonnée n'est pas tant le dénivelé que ces grandes dalles de pierre pentues qui servent de chemin. Pas très agréable à marcher.
CD Cdu24 ·
Merci pour ce carnet. Un grand bol d'air pur et un peu de rigolade, ça me va très bien !😉
AU Auk Regular ·
Face à de telles encouragements, je ne peux que me dévouer et continuer !

Jour 15(s)he’s a rainbow – Rolling stones 175km Hellesylt – Saeter Avant de partir vers le sud et de repartir ensuite vers le nord – oui, notre trajet est erratique, c’est un peu la conséquence d’un dessin avec des points à relier, j’ai fait la liste avant de partir de tous les endroits que je voulais voir et j’ai essayé de les relier – nous faisons un détour par un point de vue sur l’entrée du Geirangerfjord. Le ciel est bas et le résultat ne nous convainc pas. Nous allons ensuite voir le Jostedalsbreen et plus précisément une de ses branches le Kjenndalsbreen. J’ai privilégié cette vallée par rapport à sa voisine plus connue mais aussi réputée plus touristique. C’est sûrement vrai mais cela n’empêche pas une certaine anarchie sur la route pour accéder au Kjenndalsbreen : la voie est très étroite et accueille un trafic quand même soutenu avec des camping-cars conduits par des manchots unijambistes et des bus qui bombent comme des fous. Vous y rajoutez quelques locaux excédés par la fréquentation et qui doublent n’importe où, y compris quand cinq voitures se garent pour laisser passer un van très empoté, et vous obtenez un cocktail détonnant et un peu stressant. Pourtant, une fois à destination, il n’y a pas foule. L’arrivée sur le Kjenndalsbreen est spectaculaire et la toute petite balade jusqu’au point de vue permet d’en prendre plein les mirettes.

Aveuglant !

Une cascade (parce que ça manque pour le moment dans le carnet et qu'il vous faut de l'entraînement pour ce qui va suivre)

L’autre avantage de cette route, c’est le Lovatnet que l’on longe en cours de chemin. Et le retour ensoleillé est plus propice à l’admiration de cet écrin d’un bleu laiteux.

La cascade anonyme sur la photo serait la plus haute d'Europe...

Nous reprenons notre route en crabe vers le Geirangerfjord. Mais le chemin le plus direct n’est pas souvent le meilleur. Notre choix se porte sur un détour par le Gamle Strynefjellsvegen, route en partie non goudronnée qui frôle un glacier et zigzague entre les rochers. On achève bien les glaciers

Avant de s’y engager, un arrêt s’impose à la Øvstebrufossen, étonnamment peu fréquentée malgré la nationale qui passe juste à côté. L’aménagement d’escaliers permet de tutoyer la cascade de près, assourdissante et fracassante, d’offrir des vues originales et de bouffer de l’arc en ciel sans être dans une pub pour bonbons commençant par un s.





Rainbow country

Pour le soir, c’est le Øyberg camping, au milieu de nulle part, un peu vide, au bord d’une grande route mais bizarrement pas si mal par rapport à ses congénères surpeuplés. Seul problème, le bruit de la route mais il n’y a pas un trafic de dingue la nuit.

Jour 16 Strawberry fields forever – Beatles 150km Saeter – Venjesdalen Journée voiture et tourisme de masse en vue : nous allons nous enquiller le Geirangerfjord, le Ørnevegen et le Trollstigen à la suite. On part tôt le matin pour éviter la foule attendue, nous ne faisons pas de détour par Dalsnibba (route payante) pour descendre directement sur le fjord, avec quelques arrêts point de vue en cours de route.



Un des hauts lieux du tourisme norvégien : le Geirangerfjord

Schön et on évite le(s) bateau(x) de croisière qui a(ont) l’air de faire les délices des photographes publicitaires pour une raison que j’ignore (c’est moche, un bateau de croisière, encore plus dans un environnement naturel). D’ailleurs, dans les fjords les plus fréquentés, ces derniers commenceraient à avoir un sérieux impact environnemental direct en provoquant une pollution de l’air et de l’eau ainsi que des dégâts sur les rives créés par les vagues. La route des aigles enfilée (j’adore les noms marketés du coin), on s’attaque, après un petit ferry pour ne pas perdre l’habitude et goûter une excellente svele (sorte de crêpe avec de la crème dedans et vendue sur les ferries), à la vallée de Valldal et sa culture de fraises. Très sympa de retrouver des vendeurs de fruit au bord des routes à des prix abordables pour la Norvège. Et elles sont bonnes les fraises du coin !

Un ferry, un volant et une crêpe, que demander de plus !?

On fait un petit arrêt au canyon Gudbrandsjuvet (juvet = le canyon) avant de s’attaquer au gros morceau du jour, Trollstigen.



Il y a moins de queue qu'à Space Mountain !

Trollstigen : des campings-cars partout, des voitures qui s’arrêtent n’importe où, des bus qui bourrinent sur cette petite route, un parking immense et plein comme une otarie bourrée et un gros bazar avec bouchons au sommet. La parole est donnée à Gandalf le gris : fuyez, pauvres fous ! Merci Gandalf pour ce précieux conseil. Nous sommes toujours à l’écoute de la voix de la sagesse, nous ne nous attardons pas et partons vers Venjesdalen. Certes la route est impressionnante mais l’environnement touristique me déplaît fortement. Après un petit détour ravito à Åndalsnes, nous prenons la route payante de Venjesdalen (en partie non goudronnée) pour accéder au départ de notre randonnée de l’après-midi, le Olaskarstinden. C’est raide par ici, le concept de virage ayant eu peu de disciples dans les traceurs de chemin norvégien. Et ceux-ci sont de joyeux drilles et leurs petits points rouges m’entraînent directement droit dans la falaise du Romsdalshornet. Heureusement, une voix (un certain JLM) hurle « A gauche ! à gauche ! » dans ma tête et je retrouve le droit chemin. Je ne suis déjà pas prêt pour les Marcheurs, alors les Grimpeurs ça attendra ma vieillesse.



On passe ensuite un petit passage désagréable en devers au-dessus du vide puis on recommence notre grimpette abrupte mais un peu moins avant de parvenir au lac Olaskarsvatnet dans un environnement d’une austérité rocailleuse. Pas âme qui vive, pas de bruit, pas de végétation et des grandes dalles de rochers qui enserrent ce lac aux teintes métalliques. Nous le contournons pour essayer de parvenir à un point de vue sur la vallée. On regarde de loin le Olaskarstinden, but premier de notre randonnée mais malheureusement doté d’une sale tronche bien pierreuse et traître. Nous nous contenterons de la jolie mais modeste vue sur le Romsdalen en bout de lac avant de retourner à notre voiture tant aimée. La descente est forcément un peu rude puisqu’elle s’effectue sur le même chemin que la montée





Un peu de douceur dans un monde brut

Ce soir, c’est camping sauvage en bord de lac un peu plus bas où nous avons trouvé un coin tranquille. Le camping se passe bien jusqu’au moment où tout dérape (forcément, soit ça se passe bien, soit ça dérape). Des Suédois – on ne peut pas faire confiance aux inventeurs de cette perversité qu’est Ikea – fouinent à gauche, à droite avant de se mettre à planter leur tente à 5 mètres de la nôtre. Rogntudjuu, densité de campeurs de 2 au km2, il y a de l’espace partout mais quoi de mieux que de retrouver la promiscuité en pleine nature !

Où l'on peut voir Kylian J., traileur fou sur la montagne pointue
SA Sarnia Veteran ·
Merci pour ce carnet. Un grand bol d'air pur et un peu de rigolade, ça me va très bien !😉

Tout à fait d'accord, avec un peu de retard je m'ajoute à l'équipe de lecteurs! 😉
Mon blog de voyage : http://voyageterremer.blogspot.com Avec Hurtigruten en Antarctique, en Norvège, au Spitzberg...
FL Flanoche Regular ·
Moi aussi j'arrive ! Carnet très intéressant Voyage prévu en 2021
Flanoche
AU Auk Regular ·
Pour Christine (et tous ceux qui veulent avoir une idée du parcours), j'ai mis dans l'intro, rubrique trajet, un lien vers une carte de notre périple. Malheureusement, elle se centre sur Paris... Il faut juste scroller vers la Norvège. Merci pour tous les petits encouragements, je maintiens ma vitesse de croisière.

Jour 17 True love travels on a gravel road – Elvis Presley 217km Venjesdalen – Gjøra De la route au programme du jour. Nous nous aventurons dans la Norvège d’à côté, la pas touristique, moins nette, moins propre et moins dynamique. La route est longue pour atteindre Eresfjord, le plafond nuageux est bas, les fjords sont tristes, la journée s’annonce mal. A Eresfjord, on a pas de paysage mais on a des idées. Donc à la mairie, ils ont fait un brainstorming pour attirer les touristes. Et qu’est qui a été proposé ?! De l’intense, de l’émotion : des vieux vélos peints plantés un peu partout. God ide se serait exclamé l’édile local. Comme on ne veut pas trop s’enfoncer dans les montagnes avant que les nuages se lèvent (on y croit), nous allons faire un tour à des gravures rupestres préhistoriques, les Helleristningene de Boggestrand qui mélangent néolithiques et âge de fer. Le site est tranquille et charmant, en bord de fjord dans cette Norvège rurale un peu délaissée. Il y a trois grandes dalles, la première classiquement présente des gravures de rennes dans tous les sens (- 7000 avant JC) à la deuxième un poil plus récente, on y trouve des baleines malheureusement sous bâche car en traitement pour mieux résister aux pluies acides et la troisième de 700 avant Djaycee, rappeur avant l’heure, offre des gravures de barque, qui, en plissant bien les yeux et avec de l’imagination, ressemblent vraiment à des barques.

C'est un radeau ? C'est un bateau ? Non c'est superbarque !

Finie la branlette culturo-préhistorique et malgré le temps qui ne s’améliore pas, on commence quand même les choses sérieuses, c’est à dire la plus belle route que le monde entier de la Norvège ait connue : Eikesdal – Aursjovegen. La route longe dans un premier temps l’Eikesdalsvatnet, lac étiré et encaissé qui pourrait être impressionnant si les montagnes ne se noyaient pas dans les nuages, pour rejoindre la Marksdalfossen.

Il faut emprunter à la toute fin une route à péage pour y aller, route tout à fait dispensable puisqu’elle doit faire trois kilomètres de long (40 couronnes soit 4 euros les 3 kms). Mais comme on a la flemme, on y va en voiture que l’on enchaîne par une petite balade jusqu’au bas de la cascade. Malheureusement, seule la partie basse est visible, le ciel ayant tendance à nous tomber sur la tête dans le coin.

La version norvégienne du vase de Détritus (autrement appelée chez les Grecs pomme de la discorde)

L’autre intérêt (pour moi en tout cas) du coin, c’est qu’il est équipé en multiples panneaux instructifs, loin de l’hagiographie touristique habituelle (« blablabla, le site le plus mieux du coin, blablabla, merveille de la nature, blablabla des traditions qui remontent à des milliers de jours, blablabla, une vierge qui passait par là et qui a sauté d’une falaise pour le fun, etc. ») : Marksdalfossen fut le lieu et l’enjeu d’un combat socio-économico-écologique dans les années 60, fondateur pour l’écologie locale voire plus si affinités. Un projet très important d’aménagements hydroélectriques fut lancé sur le plateau Mardalsbotn, projet qui potentiellement pouvait couper l’arrivée d’eau des deux cascades Marksdalfossen (eh oui il y en avait deux). L’usine hydro-électrique et les potentiels industries attirées par la ressource électrique devaient se situer par ailleurs dans la vallée d’à côté d’Isfjorden (éloignée d’une centaine de kilomètres par la route). Pas de consultation des habitants du coin sur le projet – on ne va pas s’embêter avec les pégus – et ni une ni deux, hop, une mobilisation aussi bien locale (Eikesdal qui se sent totalement délaissé par le projet) que nationale se lance pour protéger Marksdalfossen et s’opposer au projet hydro-électrique. Ca s’emballe, avec le début réel des travaux malgré les manifestations et le soutien de certains partis politiques : un barrage (mais pas hydroélectrique celui-là) est installé par les locaux renforcés de militants écologistes avant l’heure et d’un député qui passait par là, pour empêcher les engins de chantier d’accéder à la zone. Ca dégénère – forcément – avec l’intervention de la police et celle beaucoup plus originale, et plus violente il semblerait, des locaux de la vallée d’à côté (d’Isfjorden pour ceux qui ne suivent pas), très favorables au projet vu les retombées économiques escomptées pour leur coin. Ca finit par une sortie au milieu du gué puisque le projet ne sera pas totalement réalisé et seule une des deux Marksdalfossen sera sauvée de l’assèchement. Et régulièrement, le bouzin est relancé en Norvège avec une opposition d’autant plus virulente qu’il y a maintenant des retombées touristiques pour la vallée d’Eikesdal.

Ce conflit est assez emblématique des questionnements qui se posent encore dans la Norvège actuelle : protection de la nature, manne touristique ou développement économique ? La question se pose d’autant plus que les cours d’eau norvégiens sont aujourd’hui très exploités hydro-électriquement (voire saturés), que les Norvégiens sont de très gros consommateurs d’énergie (les deuxièmes plus importants par habitant au monde) et que de nouveaux projets auraient non seulement un impact écologique moins bien vécu par des populations très sensibilisées mais aussi un effet sur le tourisme, les cascades étant un argument de marketing touristique de la Norvège. A cela, il faut rajouter que le pays n’a quasiment pas développé d’autres moyens de production d’énergie, y compris éolien. Et puis, faut penser aux saumons sauvages que les barrages rebutent ! Qui par ailleurs vivent un sale quart d’heure (de siècle) en Norvège, la faute en premier lieu à une bactérie qui les décime et en second lieu aux saumons d’élevage qui s’échappent de leur ferme, refile des poux, bactéries, algues et troublent la transmission génétique en se reproduisant avec eux (du coup, les nenfants neuneus ne savent plus remonter au lieu de ponte). Bref, saumons le sauvon en danger !

Même si ces sujets sont plus passionnants que les tribulations de deux français en goguette norvégienne, j’en reviens quand même à notre voyage et à Eikesdal. Après la pause cascade, le temps se dégage, l'Eikesdalsvatnet a plus fière allure.

Ceci n'est pas un fjord

Nous remontons la vallée en croisant quelques hameaux, de vieilles maisons en bois mignonnes et fleuries, qui offrent un habitat très regroupé voire aligné plutôt original pour le pays. La raison avancée est de minimiser les risques liés aux avalanches de ce que j’en ai lu mais je ne suis pas sûr de bien comprendre : du coup c’est tout ou rien ? Soit ça fait strike, soit ça passe à côté ?

Survivante de la sélection naturelle locale

La remontée de la vallée se conclut par l’Aursjøvegen, route payante et non goudronnée d’une trentaine de kilomètres, majestueuse et saisissante. Elle commence par une rude montée entrecoupée de tunnels et de nombreux lacets pour faire bonne figure elle se poursuit par un long plateau parsemé de lacs (de barrage, c’est la raison de l’existence de cette route), de lagopèdes alpins et de hytter chères aux cœurs d’outre-Skagerrak elle se termine par une descente – logique – qui offre des vues sur le Langrabbpiken, un monstre d’à pic déchiqueté.

Trouvera-t-on l'amour au bout de la gravel road ?

Big brother is watching you Un lagopède, dit pintade des neiges



On descend de la montagne à cheval (moteur)

En cours de route, ne pas oublier l’arrêt photo d’Aurstupet, notre Trolltunga rien qu’à nous qu’on avait que pour nous tous seuls. Une falaise, une vallée, des gorges, beaucoup de bonheur (et de photos idiotes sur lesquelles nous jetterons un voile pudique mais pas intégral parce que c’est interdit par la loi française).

L'Austupefaction (Aur)stup et flippe

Un camping du soir qu’il est bien (pour changer), le Gjøra camping : de la place, des arbres, des sanitaires nickel, une cuisine bien équipée et un accueil très sympa. Ben voilà, quand on veut, on peut !

Jour 18 Ride the lightning – Metallica 210km Gjøra – Otta Le trajet du jour et l’intérieur des terres sont l’occasion de voir en situation les très nombreuses fermes traditionnelles qui s’y ébattent dans leur milieu naturel. Chaque région a son espèce locale et les variations sont très nombreuses. Dans le coin de Gjøra et d’Oppdal, elles sont construites en rondin de bois et sans revêtement peint, leur donnant un aspect sombre et rustique. Il semblerait que le coin n’était pas très riche avant le 20ème siècle.

Austères, les bicoques du coin

Après les hommes-feux tricolores de Terre-Neuve (voir l'autre carnet que j'ai pondu pour comprendre), la pace-car de chantier, ie le 4x4 rouge ledebil.

Oui car en Norvège pour certains travaux avec circulation alternée, on met une voiture de chantier pour gérer les flux avec demi-tour à la clé. Ca, c'est de l'économie d'énergie !

Nous quittons le plancher des vaches pour traverser le Dovrefjell par la nationale et faire un arrêt à la réserve naturelle de Fokstugumyrin où il y a des zozios (en principe) parce qu’il y a du marécage dans le coin. On y va au pas de course, c’est bien aménagé avec des pontons et un lookout, on passe devant un élan sans le voir (oui, on est obnubilé par les zozios) dixit des Norvégiens croisés plus tard. On marche, on marche, on observe, on observe et de zozios point ! Deux pauvres grues cendrées au loin qui font de la peine, des passereaux tout pourris et rien d’autre. Mmmmhhhh ! Ca va pas du tout, ça, d’autant plus qu’il y a de vilains nuages noirs qui se profilent à l’horizon. Donc retour au pas de course pour changer et c’est là que je fais connaissance avec Monsieur Léclair qui tombe pas loin de moi, sature l’air d’électricité et fait dresser les poils du corps. Vite une voiture !

Zozios ?

Si esthétique et si fragile

Le deuxième objectif de la journée était de faire une courte balade dans le Dovrefjell vers un point de vue en espérant apercevoir de loin des bœufs musqués. La piste pour y aller est difficile à trouver, pas géniale, géniale et le temps semble se dégrader pour de bon. Demi-tour, ce n’est pas la journée de la faune sauvage. On se rabat donc sur un truc qui ne bouge pas et qu’on est sûr d’arriver à voir : une église. C’est pas trop sauvage une église et ça a le mérite de nous protéger du temps pourri.

L'église en question

Plus précisément, il s’agit de l’église de Lesja, réputée pour ses peintures à la rose. Et bim, la visite de l’église à 8 euros par personne… Aïe. Un accès d’auvergnatite plus tard, on reprend notre chemin pour emprunter une petite route payante – l’auvergnatite a été rapidement jugulée – Slådalsvegen, qui monte à un col lunaire et steppique avant de redescendre vers Vågåmo, notre dernier arrêt. Le but de la démarche de mettre fin à un corps en mouvement (ie une C3) dans cette localité est l’église créé par le docteur Frankenstein, notre première quasi-église en bois debout. Quasi car l’église est en fait une stavkirke-créature, elle est le fruit d’un architecte frankensteinien avant l’heure du 17ème siècle qui fusionna deux stavkirke mal en point en une. Le résultat est une réussite mais ne laisse pas de m’étonner : surprenant de préférer le réaménagement à la reconstruction. Pour les profanes, le stav ou bois debout est lié au fait de construire l’ossature en la faisant reposer sur des piliers de bois. La période d’érection de ces édifices a couru du 12ème au 15ème siècle dans le nord de l’Europe. Seule la Norvège a conservé des exemples plus ou moins originels. Au final, les stavkirke ressemblent assez étrangement aux églises en bois du Maramures dans le Nord de la Roumanie.



Le monstre créé garanti sans suture ni boulon
SI Sissi57 Globetrotter ·
Présente, je suis toujours. Ces coins du sud de la Norvège n'ont rien à envier au nord. Si le corona nous en laisse le loisir, faudra vraiment qu'on aille y faire un tour.
Je n'aurai pas le temps...
EL Elgar Regular ·
...faire un arrêt à la réserve naturelle de Fokstugumyrin où il y a des zozios (en principe) parce qu’il y a du marécage dans le coin. On y va au pas de course, c’est bien aménagé avec des pontons et un lookout, on passe devant un élan sans le voir (oui, on est obnubilé par les zozios)...

Il y a deux ans, nous avions aussi visité cette réserve et obnubilé par les quelques oiseaux, je n'ai pas vu l'élan que m'indiquait mon épouse 🙂

NB : le lien vers la carte ne fonctionne pas

En attente de la suite 😉

Vivien
Mes voyages nordiques : https://www.elgar.be
AU Auk Regular ·
Il y a deux ans, nous avions aussi visité cette réserve et obnubilé par les quelques oiseaux, je n'ai pas vu l'élan que m'indiquait mon épouse 🙂

Je me sens moins seul !

NB : le lien vers la carte ne fonctionne pas

Je ne comprends pas, ça marche chez moi mais il faut faire défiler l'écran vers la Norvège pour arriver sur ma carte du trajet (ou pas manifestement ?)
SA Sarnia Veteran ·
Je ne comprends pas, ça marche chez moi mais il faut faire défiler l'écran vers la Norvège pour arriver sur ma carte du trajet (ou pas manifestement ?)

En faisant cette manip comme conseillé, ça marche en effet (joli périple).
Mon blog de voyage : http://voyageterremer.blogspot.com Avec Hurtigruten en Antarctique, en Norvège, au Spitzberg...
EL Elgar Regular ·
Bonjour, ok le lien fonctionne aujourd'hui, hier j'avais une erreur🙁

De fait, c'est beaucoup plus facile pour ce situer dans ce spaghetti d'itinéraire 🙂 Merci pour le récit agréable à lire ! Vivien
Mes voyages nordiques : https://www.elgar.be
AU Auk Regular ·
Jour 19 Life is wild – the Clash 165km Otta – Lom Nous quittons aujourd’hui les fermes norvégiennes des vallées du centre du pays pour se retrouver sur les hauteurs du Jotunheim. Bbbbbbbbbzzzzzzzzzzz téléportation C3. Et hop nous entamons notre randonnée du jour, une sorte de montagne-dragon qui tente de cracher du feu sur Bessegen. Point météo : incertitude sur l’avenir, certitude 18/20 pluie 10/20 soleil 10/20 touristes 2/20. Les deux points, c’est pour les Tchèques qui ont débuté la rando avec nous et qu’on a BATTU. C’est qui les plus forts, c’est nous ! Vaclav Havel peut aller se rhabiller. . Les Tchèques c’est pas une ré-hussite.

Revenons à notre randonnée, Knutshøe 13 km et quelque chose comme 700 mètres de dénivelé. Des lacs émeraudes et bleus métalliques, des glaciers dégueulant de pics acérés ou de dômes presque apaisés, des grandes prairies ondoyantes, des montagnes minérales et l’arête de Bessegen qui nous fait face, constellée de petits points.

Une arête de Bessegen, plutôt digeste par rapport à ses congénères

Comme j'ai bien aimé cette rando, vous avez droit à une palanquée de photos







Ca c’est pour le décor somptueux qui occupe nos mirettes. Ce qui occupe notre bouche, c’est le débat philosophique du jour : les petits points au loin sur Bessegen sont-ils des pierres mouvantes ou des randonneurs statufiés ? Un homme peut-il être parfaitement immobile et un rocher randonner ? Il semblerait que la réponse soit un peu au milieu comme toujours – Bayrou est un visionnaire, c’est pour ça qu’il a rallié les pierres en marche. C’est là qu’on se dit que les Rolling Stones sont toujours d'actualité. En tout cas, on dirait qu’une transhumance mi-immobile mi-escargotesque s’effectue de l’autre côté de la vallée. Quant à nous, à part les Tchèques, la fréquentation est plutôt tranquille, la montée beaucoup moins. Car en bon petit farceur norvégien, le chemin nous réserve deux bons petits passages droits dans la falaise. Heureusement, la pierre du coin (schiste ?) est particulièrement dentelée et permet un passage évident mais physique avec une petite montée en pression de mon petit cerveau.

La bosse de la randonnée La descente est sans souci et avec vue intégrée le retour, lui, est long et rapide, motivés que l’on est par des møstiksen. Il y a bien une petite plage de sable fin au bord d’un lac mais les attaques en piqué sont trop nombreuses pour en profiter pleinement.



Montagne chameau (aime bien faire des surprises)

Nous nous dirigeons ensuite vers Lom avec quelques sas de décompression en cours de route pour se réhabituer aux paysages humanisés. Stuttgongfossen est le premier arrêt, une cascade au débit impressionnant à laquelle on accède par un court chemin dans une jolie forêt tapissée de lichens si esthétiques. Le deuxième arrêt est plus fréquenté, il s’agit du Riddarspranget, sorte de mini-canyon sur la même rivière que la Stuttgongfossen mais un peu en aval.



Neige d'été

La cascade du jour pour se rappeler qu'on est en Norvège (et puis ça fait longtemps que je vous en ai pas mis une photo)

Le camping du soir, le Nissegården, développe le concept du tout payant à son paroxysme. Douche payante on s’y est habitué mais l’eau chaude pour la vaisselle et l’utilisation d’une plaque électrique minable payantes, nous passons un cap dans la rattitude et la mesquinerie. Pas d’eau chaude aux lavabos des sanitaires également, pingrerie quand tu nous tiens. L’endroit laisse par-dessus le marché une sensation d’abandon. Le site est pourtant agréable en bord de lac mais les moucherons saturent l’air du soir.

Jour 20 Church on sunday euh on thursday – Green Day 146km Lom – Solvorn Journée quintessence de la Norvège, elle inclut des stavkirke, des routes de montagne, une cascade, des glaciers, des lacs, un fjord, des maisons en bois et des framboises. La première étape du jour est à Lom pour deux raisons : il y a une très bonne boulangerie qui servira à faire quelques emplettes (en particulier, des sortes de beignets sucrés avec de la cardamome dedans, original) et une stavkirke du coin, une des plus jolies d’ailleurs. Mais comme c’est plein de touristes, qu’il faut faire des choix de visite vu le nombre d’églises en bois qui nous attend, nous ne visiterons pas l’intérieur. Nous nous contenterons d’observer les us et coutumes des touristes japonais : un arrêt du car sur le parking, des pauses photo multiples à l’entrée du cimetière (les églises sont toujours plantées au milieu du cimetière), de préférence des gros plans sur ses amis/parents/covoyageurs/inconnus qui passaient par là et hop on repart. Et la mise en abîme ultime, c’est que je les regarde plus que l’église elle-même.

Stavkirke, fait (Lom)

C’est pas tout mais il y a de la route à faire vers Solvorn via le Sognefjellvegen. Nouvelle cassante, le dernier titre de Johannes-Jakob Gullmann : Encore un chemin Un chemin pour rien Un volant au creux de mes mains Encore un chemin Sans raison ni dessein Si rien ne différencie la fin Ca se voit que je suis à bout de mes descriptions et de mes adjectifs qualificatifs ? Là ça monte, ça descend, vous balancez des glaciers et des lacs de ci de là, vous mettez des virages en épingles à cheveux et des vues plus n’importe quel adjectif dithyrambique, vous rajoutez de la pluie et du soleil, vous secouez le tout et vous obtenez une route norvégienne. Le Sognfjellvegen est franchement dans le haut du panier. Le petit bonus est de rajouter le détour (payant), en mauvais état certes mais de toute beauté si on aime les paysages pelés, vers la Leirvassbu. Le coin doit être génial pour la randonnée dans une ambiance de haute montagne.



Lac, fait (Leirvatnet)

Glacier, fait (Bjørnbrean (notez le nom du glacier pas du tout cliché : le glacier de Bjørn))

Et comme on est dans les clichés, qu’est-ce qu’il y a ensuite sur notre trajet ? Un fjord, le bout du Sognefjord plus précisément. Bizarre de se dire que c’est l’océan Atlantique même s’il n’y a pas de marée, l’eau est à peine salée et l’embouchure à plus de 200 kilomètres. Et on enfile les banalités comme des perles aujourd’hui : une cascade, une ! La Feigefossen qu’elle s’appelle celle-ci. Les cascades en Norvège c’est comme les églises byzantines dans le Magne (Grèce) et les baleines à Terre-Neuve (Canada) : ça grouille, ça pullule, ça se reproduit et enfante toujours plus, jusqu’à submerger l’humanité toute entière. Reste plus qu’à imaginer une baleine qui surferait sur une cascade en sortant d’une église. Et on appellera ça un envahisseur canado-gréco-norvégien.

Cascade, fait (Feigefossen)

Et on continue dans le poncif norvégien puisque le dernier arrêt du jour est encore une stavkirke, Urnes. La plus belle, l’une des plus petites et la plus ancienne (du 12ème siècle). Le machin (non pas la CEE, Charles) est inscrit patrimoine mondial de l’humanité toute entière (aka le graal culturo-touristico-marketing ultime). Le guide local est passionné et passionnant et nous permet de comprendre pourquoi les représentations de saints ont été tolérées dans les églises norvégiennes malgré le protestantisme (avec en plus des poussées piétistes régulières) : on les accepte quand il s’agit des apôtres. Et hop le tour est joué, ni vu ni connu. Et pour la cancre du fond de la classe qui se demande ce que c’est le piétisme, le piétisme c’est un mouvement luthérien germanique appelant à un dialogue intérieur avec Dieu et une piété individuelle. La secte provoque avec sa diffusion l’ire des institutions religieuses luthériennes les accusant d’être des sous-marins calvinistes en charge de détruire le luthéranisme (brrr, j’en ai des frissons dans le dos tellement c’est méchant comme accusation). Comme quoi l’intolérance et la chasse à l’hérétisme s’adaptaient tout à fait convenablement au mouvement réformé qui venait de les subir…



Stavkirke, refait (qu'on est) (Urnes)

Des framboises succulentes en libre-service. Et le meilleur c'est que pour payer, on doit ouvrir la caisse.

La journée se finit par une traversée des plus bucoliques en direction de Solvorn, . Elle s’effectue sur le plus vieux rafiot que l’on ait croisé en Norvège, avec une gestion très artisanale. Ca sent le fuel, les mesures de sécurité sont inexistantes, il y a de la place pour trois-quatre véhicules et à peine le temps de monter qu’on est déjà de l’autre côté : Solvorn, coin béni des dieux, tout mimi au fond de son anse avec son hôtel chic du 19ème siècle, sa plage et ses petites maisons en bois qui s’éparpillent au milieu des vergers. L’Eplet hostel-camping, notre lieu de résidence des deux prochaines nuits est des plus croquignolets, coincé entre les framboiseraies, les pommeraies et les petites maisons en bois. Même si l’espace est minime pour les tentes (camping réservé aux tentes) et les douches réduites, la vue et les petits détails sympas (un potager en libre-accès, une cuisine avec mur d’escalade, des lapins géants, de la vente d’un très bon jus de pomme) rattrapent largement les inconvénients.

Fjord et maisons en bois, fait (Solvorn). Et voilà, on a coché toutes les cases d'une journée de tourisme en Norvège.
SI Sissi57 Globetrotter ·
Petite question: où avez vous pris les infos pour les diverses randos? Wikilok? Rother?

J'ai aussi beaucoup aimé Solvorn et Urnes, nous avions eu des dauphins qui suivaient le bateau entre Solvorn et Urnes..........
Je n'aurai pas le temps...
AU Auk Regular ·
Pas de guide rother ou de wikiloc. J'ai utilisé le site de l'association norvégienne de randonnée https://ut.no/. C'est en norvégien mais googletrad peut aider. Il y a surtout un accès à une carte topographique simplifiée de la Norvège (choisir la couche "Papirkart") où on peut faire apparaître des propositions de randonnée avec plus ou moins brèves explications à traduire ("Turforslag" > "Fottur") et des chemins de randonnée en rouge balisés par l'association ("Sommerstier"). Ca donne plein d'idées qu'on peut compléter par des recherches internet. Sinon pour des rando parfois sportives (mais pas que), ce double site en anglais est également une mine d'informations : https://fjordpeaks.com/ et http://www.westcoastpeaks.com/.
SI Sissi57 Globetrotter ·
Merci beaucoup pour la référence
Je n'aurai pas le temps...
RA Rage2001 Regular ·
Salut Sylvain, Félicitations pour ce carnet que je lis avec plaisir ! Ça me rappelle le séjour que j'y ai effectué en 2016 (Bergen, fjords, Trolltunga, Lom...). En juillet 2021, je dois aller 2 semaines aux Lofoten, du coup cette lecture n'arrange rien en ce qui concerne mon impatience... Ah au fait, j'aime beaucoup le ton employé. Les photos sont excellentes également.
Vous cherchez des idées de randos ? https://treksrandos.fr/
AU Auk Regular ·
Show must go on. Les jours qui suivent sont moins chargés et l'on reste dans un périmètre plus restreint que lors de notre chevauchée fantastique vers le nord. A nous les petites fjordaises ! Oui, encore des fjords, toujours des fjords !

Jour 21 Wild thing – Trogs 115km Solvorn Le programme est clair aujourd’hui : un aller-retour vers le Austerdalsbreen, the so called « finest ice-scenery in Europe » d’après William Cecil Slingsby, un Anglais qui, comme tout Anglais, ne s’y connaît pas trop dans tout ce qui concerne les choses avec de la glace. Nous lui faisons confiance quand même même si on voit ce que ça a pu donner pendant la guerre de cent ans. L’autre intérêt du jour est la route d’accès qui longe le Veitastrondsvatnet et offre de nombreuses vues sur le Jostedalsbreen en approche. On est content car le coin est épargné par le tourisme de masse qui a tendance à infiltrer tous les interstices locaux. Les derniers kilomètres se font sur une route payante avec péage tout à fait high tech.

Ceci n'est toujours pas un fjord La boîte de l'honnêteté du péage

Allez zou, une randonnée, peu fréquentée, nous attend jusqu’au glacier, quelque chose comme 12 km qui peuvent paraître monotone, après un mini-canyon au départ, car une longue partie est à plat avec une impression de faire du surplace, sans voir le début de la queue d'un glacier, à tel point qu’au retour, on se fera arrêter tous les 300 mètres par des randonneurs nous posant la classique question « c’est encore loin ? C’est quand qu’on arrive ? ».

Une dernière ligne droite interminable

Mais le spectacle final vaut le coût. Slingsby était peut-être anglais mais il avait quand même bon goût – en matière de glacier. C’est l'apothéose glaciaire, une vue à couper le souffle sur une branche du Jostedalsbreen et la possibilité de s’approcher d’assez près de la glace (mais pas trop parce que le glacier gronde).

Et bim !



On repart dans l’autre sens, le coin étant un cul-de-sac, mais la route offrant des vues spectaculaires à l'aller comme au retour, on ne voit pas les kilomètres défiler (une quarantaine pour un aller). Solvorn est toujours aussi agréable pour une balade de fin d'après-midi

Un endroit à provoquer des exclamations suraiguës d'anglaises "So cute!"

Le soir, on teste le café/restaurant de Solvorn. Petite astuce technique, il ne faut pas lambiner en route le soir parce que ça ferme tôt, que les entrées et desserts sont préparés et que vous avez envie d’un dessert. Et comme vous voulez un dessert et qu’ils disparaissent très rapidement… Les plats sont bons sans chichi et le dessert est passablement cannellisé (et j’aime pas la cannelle dans les desserts).

Jour 22 Mangez-moi – Billy ze kick 71km Solvorn – Vindedalen C’est à regret que nous quittons notre camping mignon tout plein de Solvorn. Notre premier arrêt, juste au-dessus de Solvorn, c’est le parking de la randonnée pour le Molden. On débute la marche en papotant avec un van de soixantenaires français qui ont la forme et la tchat ALERTE, alerte champignons, il y en a partout. La forêt est plus que prometteuse, un éden pour tout cueilleur de champignons qui nous font des coucous depuis le bord du chemin. Bon ça attendra à regret la descente, on n’a pas que ça à faire, on a du pain de 4 km et 500 mètres de dénivelés sur la planche. Donc ça monte, ça monte ! Et forcément quand on monte une montagne, on arrive, pour ceux qui suivent, à un point de vue. Petite précision technique : en principe, plus on est haut, plus le point de vue est large et lointain. A 1116 mètres, c’est déjà pas mal pour voir le Lustrafjord. Pour les montagnes, on repassera car le plafond nuageux est bas. Redescente avec des arrêts champignons bien sentis : des pieds de mouton et des girolles à la pelle, en quelques dizaines de minutes. Serait-on arrivé au paradis des cueilleurs de champignons ? Je chanterelle l’hymne à la joie, je pleurote d’émotion, je russulule de plaisir.

Un fjord lustré

Revenons à des préoccupations plus terrestres, notre voyage : nous reprenons la route pour rejoindre le Samlinger Sogn Folkemuseum, notre deuxième et dernier musée ethnographique (la troisième tentative sera un échec). Celui-là a une section intérieure très bien fournie avec des explications complètes sur les modes de vie ruraux, les traditions, etc. Franchement pas mal malgré une muséologie vieillissante mais en cours de changement. Le parc de maisons traditionnelles est sympa également. Ce type de musée permet de se rendre compte des évolutions architecturales suivant les régions et d’une foultitude de détails du type : la peinture rouge sur les maisons, c’est pour les pauvres, la blanche pour les riches ; dans certains coins, on crame superficiellement le bois pour la conservation d’où le côté noir de certains édifices (exemple : les stavkirke). Je n'ai pas tout retenu mais le musée est une mine d'informations sur la vie dans le coin avant le 20ème siècle. Le dernier arrêt de la journée est bref, il s’agit de la stavkirke de Kaupanger, d’époque renaissance en majorité et donc plus récente que ses petites camarades. Pas de visite de l’intérieur. Je vous mets quand même une photo de stavkirke comme ça pour le principe

Un passage de ferry plus tard (c’est notre dernier, snif), nous voilà au Vindedal camping dans une hytte pour deux nuits. L’endroit est calme, l’accueil sympathique, la vue belle, le prix correct et la hytte de bonne qualité. Ça change de nos déconvenues campinguère. Bus norvégiens Fenêtre sur fjord
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Jour 23 The factory gates – Kaiser Chiefs 176km Vindedalen Bouclez les ceintures, on fait une boucle autour du Sognefjord, en commençant par Øvre Årdal, archétype de la ville industrielle ouvrière qui habite de nombreux fjords et baies de Norvège, Les usines, souvent des industries très consommatrices d’électricité comme de la métallurgie, profitent de l’hydro-électricité abondante et d’un accès directement en bateau pour du transport lourd. L’industrie du coin est imposante et occupe une bonne partie du terrain plat mais ce n’est pas le but de notre balade car ça sent la cascade dans le coin. Juste à côté, il y a la vallée encaissée, Utladalen, point de départ d’une randonnée relativement fréquentée jusqu’au saut le plus haut d’Europe, Vettisfossen. En chemin, il y a de l’excitation et de l’émerveillement puisque nos yeux en prennent plein les mirettes avec Hjellefossen, Avdalsfossen, Hyljefossen et toutes celles dont je ne peux pas citer le nom (je m’en excuse, qu’elles ne le prennent pas mal). La vallée offre un cadre assez austère et vertigineux, d’autant plus que les Norvégiens ont réussi à planter des fermes entre les couloirs d’avalanche. 12 km pour le tout, emballé, c’est pesé, ma bonne dame.

Notre collection printemps-été de cascade

Hjellefossen, tout de blanc vêtue et dotée d'une élégance bondissante

Avdalsfossen, rafraîchissante, habillée d'un voile de la mariée

Vettisfossen, élancée et féline, ne manque pas d'aplomb

Notre boucle continue par une montée vers les plateaux et le lac de Tyin. La route de côte est assez particulière puisque les Norvégiens du coin ont innové en inventant l’épingle à cheveu-tunnel. Une fois sur le plateau, le paysage se fait vaste et ouvert, ponctué de ci de là par des lacs et des hytter chères au cœur des Norvégiens.



Au détour d’un virage, paf on se retrouve nez à nez avec une chèvre… Bizarre cette chèvre aussi haute sur pattes et avec des cornes aussi longues… Ah mais c’est un renne qui n’est d’ailleurs pas farouche (y a de l’élevage dans le coin ?). La cabra local

En redescendant, on tombe tout à fait fortuitement sur une petite stavkirke méconnue : Borgund (chhhuuutttt, c’est un secret entre nous, faut pas le répéter). Comme toutes les stavkirkes, c’est en bois, c’est brun foncé et c’est cher. Nous ne visiterons donc pas l’intérieur.



Le dernier arrêt du jour est le vieux village de Lærdalsøyri, encore bien doté en jolies maisons en bois colorées du 19ème siècle pour la plupart. Le bourg est étonnamment calme par rapport aux touristes qui pullulent partout dans les environs. Ça manque un peu de terrasses pour se prélasser sous la pluie.



Jour 24 The grand canyon – Puscifer 150km Vindedalen - Ringøy Cette journée est censée être le clou du spectacle, l’apothéose du voyage, car elle accueille le Naeroyfjord et son copain le Aurlandsfjord, réputés les fjords les plus spectaculaire de l’Ouest norvégien. Mais j’ai un mauvais pressentiment : déjà il ne fait pas très beau, ensuite ça m’a l’air très touristique après mon expérience désagréable de Trollstigen et ma tolérance variable du tourisme de masse, enfin, on a déjà vu des fjords, beaucoup de fjords. Une certaine lassitude nous gagne aujourd’hui. Allez c’est parti pour le Aurlandsvegen qui évite le tunnel de 25 km pour une route classiquement chouette : cascade, plateau pierreux, vue sur fjord et épingles à cheveu.



"L’aube spongieuse et molle était trouée par moments de louches passées de lumière, qui boitaient sur les nuages bas comme le pinceau tâtonnant d’un phare."

Stegastein, qui se trouve fortuitement sur notre trajet, offre entre deux nuages un point de vue ouf, guedin sur le Aurlandsfjord, malgré les perchistes fous, les hédonistes de leur propre visage et les autocentrés connectés.

Le saut dans l'inconnu, allégorie

Mais laissons la parole à Dédé Maquereau : « Entre ici, camping-car, avec ton innombrable cortège. Avec ceux qui sont endormis sur les parkings sans avoir mangé, comme toi; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant mangé; avec tous les pépés et toutes les mémés des camps de bord de route, avec le premier van hésitant des longues files de transhumance dans le brouillard, enfin garé sous les klaxons. » Quel poète, ce Dédé ! Et ce malgré le sujet aride de l’omniprésence des camping-cars sur le bord des routes norvégiennes, partout, tout le temps, en tout endroit et surtout dans le coin.

Un court arrêt pour trouver des timbres à Flåm nous permet d’être noyés dans le flux des croisiéristes descendant « FUYEZ PAUVRES FOUS », tais-toi Gandalf, tu déranges ma narration. Excusez-le, il radote. Bon, Flåm, saturé par le tourisme de masse, ne mérite pas un arrêt, surtout quand vous avez des accès de misanthropie aiguë. A ce qu'il paraît, tout ce beau monde est là pour la Flåmsbana, ligne de chemin de fer vers les hauts plateaux.

Du coup, on se rend à Undredal, toujours sur le Aurlandsfjord, toujours sous la pluie mais beaucoup plus calme. Le coin est mignon avec une mini-église en bois débout que nous ne visiterons pas. Undredal est également la patrie d’un fromage de chèvre réputé ou redouté, c’est selon.

Les nuages ont au moins le mérite de ceindre les montagnes de mystères.

Nous passons notre tour de fromage pour nous diriger vers la vallée d'à côté, où se trouve Bakka sur le Naeroyfjord. Je crois que bon, on prend les fjords les uns après les autres. L’important c’est les trois cascades… On a été offensif dans les montées et défensif dans les descentes.



THE Naeroyfjord L’innovation touristique bat son plein dans le coin : après les campings pourris en tout genre, voici le camparking. Le concept est très simple : vous prenez un bord de route type parking en terre et voilà, vous avez votre camping payant. Malynx le Norvégynx ! Sinon le Naeroyfjord c’est un fjord épicétou (ça se voit que je m’use ?). Je veux bien lui reconnaître qu’il est zoli, et très étroit.

La prochaine destination est la route de Stalheimskleivi, sous un timide soleil passager. Il y a quelques cascades dans le coin et cette ancienne route, à sens unique, aux virages serrés et descendue par des bus de rallye de nos jours. Une jolie vue sur la vallée en prime et on repart.



L’accalmie météorologique est de courte durée dans notre voyage vers le Hardangerfjord, la pluie reprend ses droits. Nous passons devant la Tvindefossen sans un arrêt (brrrr tous ces cars) et faisons un bref arrêt course à Voss. Des trombes d’eau nous accueillent à Ringøy, au bord du Hardangerfjord et nous convainc de louer une hytte pour la nuit au Ringøy camping, hytte élue la pire du voyage dans un camping pas au meilleur de sa forme. Un ameublement inchangé depuis les années 60, des tâches douteuses sur les matelas et oreillers, des plombs qui grillent quand je veux allumer l’antique plaque électrique, un évier extérieur commun sans eau chaude ni auvent pour faire la vaisselle (pratique sous le déluge !), une seule douche… La coupe est pleine (normal, me direz-vous, après toute la pluie du jour).
AU Auk Regular ·
Jour 25 Love boat – Jack Jones 80km Ringøy – Eidjord Journée pluvieuse, journée haineuse, c’est le dicton du jour. La hytte pourrie du camping de Ringøy est derrière nous, sa seule utilité est de nous avoir protégés du torrent d’eau qui s’est déversé dans la nuit. Le matin c’est plus calme mais c’est pas gagné.

Aventuriers dans l’âme, ne craignant pas le froid et les éléments déchaînés, prêts à braver les montagnes les plus inaccessibles, nous décidons, à travers les cieux, l’espace et le temps, de faire la randonnée-autoroute derrière Kinsarvik pour voir des cascades : dans l’ordre, Tveitafossen, Nyastølfossen, Nikkjesøyfossen et Søtefossen. Le chemin après Tveitafossen est boueux, spongieux, bien raide par endroit (on ne se refait pas, on est en Norvège) et plutôt assez fréquenté à ma surprise malgré le temps l’eau ruisselle dans tous les sens et le marcheur occasionnel a massivement choisi l’option : « de toute façon, tôt ou tard, je finirais trempé, renafout des protections, vive le short et les tennis et aventi ! ». Nous, on en profite pour cueillir quelques champignons – c’est un peu une obsession chez nous mais ils nous provoquent : à chaque forêt traversée, il y en a au bord du chemin – et pour admirer Nyastølfossen, une des plus belles cascades que l’on ait vu en Norvège. Et dieu sait – s’il a survécu au temps de chien – qu’il y en avait dans ce pays. Bon, le torrent a bien été aidé par le mauvais temps des deux derniers jours. La fin de la randonnée coïncide étrangement avec l’intensification de la pluie. Dans ces cas-là, on a tendance à voir la vie en 50 nuances de pluie : il y a la bruine qui ne mérite pas le nom de pluie, la pluie acceptable, la pluie même pas peur mais bon faut pas trop que ça dure, la pluie je ne sortirais pas le petit bout d’un orteil hors de la voiture et la pluie courage fuyons.



Nyastølfossen



Il nous reste quand même un après-midi à tuer. Nous commençons par l’église de Kinsarvik qui fait son originale avec ses vraies pierres du 12ème siècle. L’architecture est d’une simplicité alors que le mobilier d’église fait dans le baroque en bois (retable, chaire et balcon très travaillé avec peinture à la rose). La peinture à la rose, rosemåling en norvégien, est un genre décoratif peint de la Norvège rurale, inspiré du baroque. Il a fait fureur au 18ème siècle, sans moustache en plus, et reproduit des motifs végétaux sur tout ce qui est immobile et se trouve à proximité d'un paysan norvégien. Le "rose" ne renvoie pas à la fleur mais veut dire "décoré" en norvégien. Jésus aurait dit à ce propos : "Ca vous épate, hein !?"



Une rigueur toute luthérienne L'intérieur est plus riant.

Quand on n’en a pas assez, on en redemande ! De quoi ? Des cascades, pardi ! Nous voilà partis pour la Skytjefossen, encore une qu’elle est haute. Et comme on a la flemme cet après-midi, on prend la piste et on y va en voiture. Personne à l’horizon et un instant de tranquillité face à la fossen en écoutant everytime you touch pour rester dans l’ambiance (des Cascada, vous l’avez maintenant, la blague ?!). Le soir, le Kjaertveit camping à Eidfjord, sans salle commune pour cuisiner, nous force à nous réfugier dans un restaurant le soir – tout relatif – venu. Problème, la croisière s’amuse a débarqué dans le coin et tous les (rares) restos sont réservés… Nous voilà, tels des hyènes croyant se régaler d’une gazelle, subissant le passage d’une bande de lions et devant se rabattre sur trois termites, obligés de terminer notre soirée dans le fastfood du village, 20 euros pour un minable burger et ses trois frites surgelées qui ont du mal à passer. Sinon le camping à Eidfjord est, pour ne pas changer, dans un joli site mais médiocre par ailleurs.

Jour 26 Fille du vent – Keny Arkana 17km Eidjord – Hardangervidda Ayez, it is the big day pour le Hardangervidda. Hop, hop, chaussures lacées, sac à dos bouclé, bâtons bien en main, casquet ah non il y a pas de soleil, le regard chargé de défi affrontant l’horizon, confiants et forts, nous partons pour 40 km en deux jours avec un dénivelé inconnu mais pas dément dans tous les cas le Hardangervidda reste quand même un plateau un peu vallonné. Le chemin s’annonce rapidement boueux vu ce qu’il y a plu les deux derniers jours. Il commence par quelques vues sur Hjølmadalen.



Même le tout petit est chouette en Norvège

Nous faisons notre détour traditionnel vers une cascade, Valursfossen.

Amen Puis c’est parti pour les grands espaces qui offrent des vues lointaines. Oui il n’y a pas de réelles montagnes pour boucher le paysage et on va assez vite avoir quelques repères qui vont nous accompagner toute la marche : au sud, Hårteigen la montagne-dromadaire, au nord, le dôme du Hardangerjøkulen, glacier qui sonne étrangement islandais (ah ce fameux Eyjafjallajøkull, le glacier de la vallée de l’île) au contraire de ses petits camarades norvégiens. Car comme les Inuits sont réputés pour x appellations pour la neige, les Norvégiens semblent avoir un nombre impressionnant de noms pour glacier : fonna, jøkul donc, breen ou brea (si j’ai bien compris masculin ou féminin), skavlen, isen dans le nord et des noms sami par-dessus le marché encore plus au nord.

Au nord les corons



On dirait le sud

Pour revenir à mes moutons, nous nous retrouvons assez rapidement seuls sur les chemins du Hardangervidda, passés Viveli. Enfin seuls pas vraiment car tous les cinq kilomètres environ, il y a une sorte de hameau de hytter : ils semblent tous désertés mais pas abandonnés. Pas d’électricité pour la plupart des maisons, confort spartiate, unique accès à pied, qui sont-ils, ces Norvégiens qui ont décidé de planter une bicoque là-haut ? Que font-ils ? Chasse, pêche, nature et tradition ? Où vont-ils (faire caca) ? D’où viennent-ils ? Je rêve de le savoir que leur désir de vivre est inextinguible.



On avance, on avance et plus on monte –relativement- plus le vent se lève, il faut tenter de vivre. Sympa le côté haut plateau isolé, parsemé de lacs. On nous avait par contre vendu la principale harde de rennes sauvages de Norvège, rien vu à l’horizon. Nous plantons la tente à proximité du Langavatnet sur un tapis de mousse des plus confortables.

Jour 27 Walk on the wild side – Lou Reed 60km Hardangervidda – Lofthus Le réveil le matin est glacial, il a dû faire moins de zéro dehors et l’atmosphère intratente est des plus fraîches. Hop hop, ça motive à fiche le camp le plus rapidement possible. Et c’est donc reparti pour ce plateau émaillé de hameaux inhabités et de vues panoramiques pour redescendre sur un torrent-fleuve au débit furieux. Nous avons le plaisir de surprendre en cours de route quelques lagopèdes alpins et pluviers dorés, des vieux amis depuis l’Islande. L'aventure c'est toujours l'aventure avec la traversée d'une passerelle-balançoire qui se trémousse sous l'effet du vent local. Puis Finnabu – Hedlo – Viveli – voiture tranquillement.



D’une certaine façon, cette randonnée, sans spectaculaire, sans montée violente, sans relief déchiqueté, sorte d’antithèse des paysages des fjords et hymne à la solitude, fut des plus agréables.

Le plat pays qui est le mien

On reprend la voiture pour rejoindre Lofthus et son camping à haute densité (le Lofthus camping). C’est dommage, le lieu est très sympa, une pommeraie avec de jolies vues sur le fjord mais à un moment donné, il faut arrêter d’accepter tous les campeurs potentiels qui passent. Oui, je l’ai encore mauvaise, le camping-car à un mètre de la tente. Par contre, hors saison estivale, ça doit être un bonheur (ou c’est fermé). On se rattrape sur les environs qui correspondent totalement à ce mélange de mignonitude et de grandiose propre à l'ouest de la Norvège : rivages égayés de vergers et de petits maisons et montagnes escarpées

Le poids des mots, le choc des photos

Pour le soir, après tous ces efforts, c’est le réconfort donc restaurant et le meilleur de notre voyage (hors excès Bergenien). C’est roboratif, très bon et plus original que la moyenne dans le genre traditionnel : j’ai droit à une sorte de potée avec viande fumée et saucisse du coin pendant que Aukette mange une espèce de viande hachée goutue.
SI Sissi57 Globetrotter ·
J'espère que vous avez encore tout plein de voyages à nous raconter sur ce ton, c'est précieux en ces mornes temps de confinement
Je n'aurai pas le temps...
AU Auk Regular ·
Merci de me soutenir jusqu'à la fin qui arrive tout de suite. C'est toujours agréable d'avoir quelques retours de lecteurs. J'ai l'impression en tout cas que la Norvège n'est pas très vendeur sur ce forum, j'aurais dû maquiller mon compte-rendu en carnet sur l'ouest américain !

Antoinette, il y a un carnet sur Terre-Neuve qui traîne sur mon profil si ça vous tente. J'en ai également un en stock sur la Grèce mais vu le contenu et les blagues, il faudrait que je censure assez massivement pour le publier... Faut que je trouve le courage, un de ces quatre.

Jour 28 It’s the final campground euh countdown – Europe 197km Lofthus - Dalen Byebye Hardangerfjord. Nos adieux passent par Odda, symbole de ces villes industrielles que l’on trouve à chaque fond de fjord, sorte de rappel que la vie norvégienne n’est pas que nature sauvage et aménagements touristiques. Moi je leur trouve un charme brutal et suranné, rencontre oxymoristique de l’industrie lourde, massive et polluante et de la clarté sauvage et cristalline des fjords et des montagnes.

Adieu l'fjord, je t'aimais bien

Reprise d’une longue route vers le Telemark en passant par la Låtefossen, cascade très photographiée mais qui nous laisse de marbre après toutes les cascades que l’on s’est enfilées ces derniers jours. Il faut dire qu’à force de chanter Cascada... Le détour suivant emprunte le Seljestadjuvet, jolie route à épingles à cheveux évitant un long tunnel. Rando, pas rando au col ? Pas rando car on traîne un spleen de fin de voyage qui ramollit toute initiative ou tentative d’amorçage d’une action dynamique.



Du coup, nous nous rabattons sur la stavkirke de Røldal qui paie pas de mine à l’extérieur. Nous avons là encore un bel exemple de protestantisme mais pas trop : le lieu a continué à servir de pèlerinage à l’avènement du luthérianisme car renfermant un Christ crucifié miraculeux. Et hop, on met de côté l’arrêt du culte de la bibeloterie, le refus des pèlerinages, le discours d’un retour aux textes et rien qu’aux textes, la sobriété pour permettre le dialogue avec dieu dans les lieux de cultes. Car oui, l’intérieur est très riche avec une décoration de peinture à la rose, un autel, une tribune baroque et une statue de saint Olaf. Tout ce qu’il ne faut pas faire quand on est piétiste luthérien…

Røldal : ne vous fiez pas à son plumage, ses entrailles méritent un coup d’œil



Quelques détours plus loin, c’est ensuite l’heure de la Ravnejuv-énation : Ravnejuv, à côté d’Åmot, fut un lieu de sortie des élites à la fin du 19ème siècle, friandes d’endroits romantiques. Napoléon IV (vous ne le connaissez pas celui-là !) et ses potos y sont passés, la balade faisant partie du package excursion de bateau jusqu’à Dalen-découverte de la Norvège sauvage. Aujourd’hui, c’est complètement désert mais le charme opère toujours avec une falaise, une vue plongeante sur la vallée de Tokke et un paysage bien différent des précédentes expériences norvégiennes, boisé, relativement apprivoisé et beaucoup plus ressemblant à ce qu’on peut trouver dans le Jura ou les Vosges.





Rendons aux chanterelles ce qui est aux chanterelles, les véritables stars de ce voyage

Notre dernière étape de camping se trouve à Dalen, terminus du canal du Telemark bâti à la fin du 19ème siècle pour l’exploitation du bois. Mais le coin se tourne rapidement vers l’exploitation touristique, question de rentabilité surtout quand on faisait dans le haut de gamme expliquant la présence d’un hôtel style dragon monstrueux et un brin toc construit à la fin du 19ème siècle. Pour le reste, le village se love au fond d’un joli lac.



Kitsch, quand tu nous tiens



Le Buøy camping à Dalen est confortable et très cher (le plus cher du voyage) mais il offre de l’espace, de l’intimité, des sanitaires nickel et des équipements communs de qualité. Les Norvégiens font une sorte de variante du « Boire ou conduire il faut choisir » : économiser ou dormir, il faut choisir.

Jour 29 Demain il pleut – Guerilla Poubelle Dalen – Larvik La Norvège pleure toutes les larmes de son corps devant la perspective de notre départ. Nous nous levons, il pleut. Nous rangeons presto mollo nos affaires, on est pas pressé ce matin mais il y a déluge. Puis nous partons à Eidborg juste à côté de Dalen pour voir l’église et le musée ethnographique censés ouvrir à 10h. Il pleut. Un peu en avance, nous attendons 30 minutes dans la voiture avant d’être pris d’un doute : pleut-il ? Euh non, c’est plutôt : est-ce que ça ouvre vraiment à 10h ? Il y a personne et il pleut . Affrontant les éléments je vais regarder les horaires… Ouverture à 11h car oui, le 15 août en Norvège c’est le début des horaires hors saison. Caramba, encore un pays de gringos qui ne pensent qu’à faire leur siestas ! Rapide coup d’œil à l’église, moment d’émotion puisque c’est notre dernière stavkirke et peut-être l’une des plus belles. Petite dédicace à ces soldats allemands de la Seconde Guerre Mondiale qui s’ennuyaient un peu, faisaient du tourisme et laissaient un petit souvenir gravé dans la porte. Ah la dureté de la guerre ! Puis on se barre en maudissant les Norvégiens qui sont pires que des Auvergnats en termes d’horaires.



Cela finit comme cela a commencé : par la pluie

Nous traversons très rapidement le Telemark il pleut. Le paysage devient de plus en plus habité, cultivé et quelconque. A un arrêt au Ulefoss sluser (une écluse sur le canal du Telemark), il pleut. Comme le rythme de visite s’est ralenti aujourd’hui, nous arrivons tôt à Larvik, il pleut. Et comme il pleut, nous nous réfugions dans le Herregården, « palais » du 17ème siècle construit pour le vice-roi de Norvège de l’époque, Ulrik Fredrik Gyldenløve. Aucun des vices-rois n’y résidera, préférant habiter le Danemark plus ensoleillé et lieu du pouvoir politique. Le bâtiment est révélateur de l’état de la Norvège. De l’extérieur, on dirait une grosse ferme cossue de l’intérieur, il y eut un soin de décoration et de mise en scène au goût de l’époque mais l’ensemble paraît plus que provincial. Le plafond est bas et comme on n’a pas d’argent pour du stuc (et encore moins du marbre), on y trouve des trompe-l’œil amusants pour imiter les moulures et les escaliers en marbre et des grisailles fusionnant avec la peinture à la rose locale. Toute la construction est en bois, avec des risques d’incendie énormes encore aujourd'hui, et la visite guidée des plus intéressantes, d’autant plus que la guide prend le temps – il n’y a plus de nouveaux visiteurs – de nous emmener dans tous les recoins du palais (un grand mot pour le manoir). Nous avons donc pu visiter de nombreuses parties dans leur jus, dont la charpente en carène renversée assez belle. Le plus étonnant est la multiplicité des usages que la bâtiment a pu avoir jusqu’à très récemment : école, HLM, caserne de pompiers. Et le tout, au delà de la partie ouverte habituellement à la visite, est resté en l'état.

Oui, oui, il s'agit bien du principal palais norvégien au 17ème siècle !

Comme on a encore du temps à tuer, nous faisons un ultime détour vers Stavern, petite ville blanche dans le style des Mandal et Flekkefjord du début de voyage avec la même pluie. C’est mignon sans pluies euh pardon plus, avec forteresse, église baroque et sorte de tours en bois mais on ne s’y attarde pas trop, le temps ne permettant pas de savourer le bord de mer. Bon, on ne peut pas dire que la Norvège nous gâte pour notre dernier jour qui a consisté en une fuite en avant devant la pluie.

Jour 30 Make em purr – Sage Francis Larvik - Göttingen Un rapide au revoir de Larvik avant un trajet en ferry sans histoire. C’est le retour par la même route. Same old story. Et puis ça vous intéresse des histoires d’autoroute allemande ? C’est un coup à ce que je finisse par parler de l’Allemagne nazie, d’Hitler et de ses grands travaux. Donc bon, je risque de perdre mes trois lecteurs… Le seul fait notable du retour, c’est notre hôte du soir à Göttingen, très amicale et totalement sous la coupe de chats se prenant pour les rois du pétrole. Mériterait une intervention du CCC...

Jour 31 How it ends - Devotchka La chanson de la fin :

Wir fahr'n fahr'n fahr'n auf der Autobahn Vor uns liegt ein weites Tal Die Sonne scheint mit Glitzerstrahl Die Fahrbahn ist ein graues Band Weisse Streifen, gruener Rand Jetzt schalten wir ja das Radio an Aus dem Lautsprecher klingt es dann: Wir fah'rn auf der Autobahn
OT Othellomoto Veteran ·
Bonjour Sylvain

J'ai suivi le compte rendu et j'ai l'impression que les paysages sont peu variés . Entre fjords et forêts parsemés de 2/3 églises c'est sensiblement le même décor d'un bout à l'autre , non? J'avais prévu un road trip en Norvège début juin 🤪 je pense que ça va être compromis mais ça donne toujours quelques idées au cas où ...
AU Auk Regular ·
J'ai suivi le compte rendu et j'ai l'impression que les paysages sont peu variés . Entre fjords et forêts parsemés de 2/3 églises c'est sensiblement le même décor d'un bout à l'autre , non?

Bonjour Giovanni

L'impression vient peut-être du fait que nous nous sommes cantonnés à une seule partie de la Norvège où nous sommes beaucoup passés de fjord en fjord. J'aime bien prendre mon temps et les temps de trajet sont rapidement assez longs. Je suppose que le nord ou l'est de la Norvège sont différents.

Par ailleurs, le climat local nordique limite les variations (plus qu'en France, en Espagne ou en Italie et encore je prends l'échelle d'un pays) mais il y a quand même eu une certaine diversité au cours de notre voyage, entre les côtes, peu fréquentées par les touristes étrangers et elles-mêmes assez différenciées, les fjords, les zones de haut plateau assez pelés (Dovrefjell, Hardangervidda), les montagnes déchiquetés du Jotunheim, les glaciers dômes ou le Telemark beaucoup plus cultivé et habité. Ce qui est certain, c'est qu'il y a un côté cinquante nuances de montagne...

Pour le côté culturel, il faut se méfier des apparences, les églises en bois debout sont concentrées dans un carré centre-ouest de la Norvège. Et j'ai eu tendance à mettre une photo de toutes celles que j'ai croisées. Pour le reste, oui, il n'y a pas un patrimoine énorme, beaucoup de fermes, maisons, petits villages en bois avec des variations régionales mais les quelques villes visitées, Ålesund et Bergen, sont particulièrement agréables.

Bref à vous de vous faire votre avis. Mais juin, ça risque d'être compliqué...
SI Sissi57 Globetrotter ·
Je vais aller lire le carnet sur Terre-Neuve. Notre road trip de cet été, prévu Finlande, nord de la Norvège en juin me paraît aussi bien compromis. J'avais pris les billets de ferry entre l'Allemagne et Helsinki, pour filer ensuite droit au nord. Pour l'instant la compagnie de ferry ne propose rien, on verra bien.
Je n'aurai pas le temps...
CH Champagne200 Regular ·
Bonjour Sylvain, ah! Ah! Je te suis, le titre est accrocheur pour les intéressés. Bravo et merci pour ce c r , en cette période de confinement, c'est du bonbon. Une amie et moi avons le projet en 2021 de visiter la Norvège. Tes informations me sont très utiles. J'ai fait un arrêt malheureusement très court en Norvège lors d'une croisière en 2016 dont j'ai fait un c r . C'est beaucoup de travail ce c r et je t'en suis reconnaissante. Amitiés
Lyse
KR Krikri6792 Globetrotter ·
je risque de perdre mes trois lecteurs…

Bien plus de trois, au moins 11 et sans doute bien plus, anonymes derrière leur écran et qui se sont sans doute bien amusés avec ton récit. 😏

En tout cas, moi, j'ai tout lu jusqu'au bout, ce qui m'amène à revenir à ton titre "Norway to hell". Au final, qu'as-tu apprécié (ou préféré) dans ce voyage, qu'as-tu moins aimé voire détesté ? La Norvège est-elle vraiment infernale ? 😮

En ce qui me concerne, la Norvège fait partie de mes plus beaux voyages et si j'avais eu à choisir un titre dans la même veine, j'aurais sans doute titré : "Norway to heaven".

Pour le fun, sais-tu que "Norway to hell" et "Norway to heaven" ont été donnés à des collections de chaussettes (ou plutôt de "Josettes") aux motifs de paysages norvégiens ! 😉😎

Voir ici et là !

Bonne continuation dans tes voyages (mais en attendant reste bien chez toi !) 🙂
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
AU Auk Regular ·
En tout cas, moi, j'ai tout lu jusqu'au bout, ce qui m'amène à revenir à ton titre "Norway to hell". Au final, qu'as-tu apprécié (ou préféré) dans ce voyage, qu'as-tu moins aimé voire détesté ? La Norvège est-elle vraiment infernale ? 😮

En ce qui me concerne, la Norvège fait partie de mes plus beaux voyages et si j'avais eu à choisir un titre dans la même veine, j'aurais sans doute titré : "Norway to heaven".

Pour le titre, je n'avais tout simplement pas pensé à ta proposition... Et puis les paroles de Highway to Hell correspondent mieux et ça m'a permis de faire une reprise (voir l'intro pour ceux qui l'auraient ratée ce chef d’œuvre)

Pour être plus sérieux et faire une sorte de conclusion, l'enfer, c'est la dernière journée sur place où il pleut tellement, le temps est tellement bouché, le paysage invisible, les couleurs tristes que l'on traîne son spleen en voiture sans avoir la motivation d'en sortir. Je n'ose pas imaginer une semaine comme ça... Les autres jours de pluie, nous avons quand même pu profiter d'accalmies, de rayons de soleil, de nuages qui se lèvent, pour apprécier l'environnement grandiose. L'autre problème mais on le sait tous en y allant, c'est le coût de la vie... Le titre aurait pu être Straight to money hell (les Clash) ! Puisque je suis parti sur les aspects moins positifs du voyage, les Norvégiens sont plutôt froids et distants, ce qui nous a changé de nos précédents voyages où le contact était plus facile (Pélopponnèse, Terre-Neuve, Ecosse). J'ai bien conscience que l'on reste toujours des touristes brièvement de passage...

Dans une sélection du meilleur de ce voyage, j'y mettrais Bergen (sous le soleil), la côte entre Florø et Runde, le Hjørundfjord (la rando qu'on y a fait en particulier), Aursjøvegen, le sud du glacier Folgefonna, les torses nus des Norvégiens, Solvorn/Urnes et la marche dans le Jotunheim (Knutshøe). Je regrette un peu de ne pas avoir passé plus de temps sur la côte et dans le Sunmøre par rapport au temps resté dans les fjords (Hardangerfjord, Sognefjord, Geirangerfjord) magnifiques mais un peu trop touristiques à mon goût. J'en ai profité pour jeter un coup d’œil à ton carnet de 2014. Sacré périple que vous avez fait là ! Je le lirai à l'occasion.
AD Adelais ·
J'adore lire ces pages, moi aussi je suis en Norvège grâce à vous... et pas confinée dans mon salon à tourner en rond !!! Bon, j'attaque la suite ...
FL Flanoche Regular ·
Un grand merci pour ce beau carnet J'y reviendrai quand notre voyage la-bas sera d'actualité !
Flanoche
LE Lena38 Regular ·
Bonjour Sylvain, J'ai découvert ton carnet ce matin (en suggestion de la part de Voyage Forum, quelle bonne idée !) et je l'ai lu tout au long de la journée (pluvieuse aussi) en l'accompagnant des chansons ad hoc (trouvées facilement sur Yo...be). C'était parfait pour passer une journée de plus de confinement... alors un grand merci pour m'avoir ainsi fait voyager sans me lever de mon canapé ! Bien amicalement, Hélène
TO Toth Veteran ·
La Norvège, c’est également une monarchie pétrolière du golfe persique qui s’est égarée sur des terres glacées. Eh oui, c’est tout de suite plus facile d’être riche quand ils ont du pétrole (« mais ils n’ont que ça » aurait ajouté un jaloux),

Par contraste avec les année 70 ou ils étaient le pays le plus pauvre d'Europe juste avant la découverte du pétrole. Non, ils n'on pas que ça, ils ont aussi un vaste réseau hydrographique et donc leur électricité est largement (95%) généré par des centrales hydrauliques. Ils ne consomment que 30% de pétrole dans leur mix-énergétique. Le reste étant astucieusement payé par leurs exportations de pétrole. Vous avez dû voir qu'il y a beaucoup de voiture électrique en Norvège, pas de taxe dessus (pour le moment), c'est la manne pétrolière qui paye, il en va de même pour l'éolien.
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CA Caterina Regular ·
Moi aussi je n'ai découvert ton compte-rendu que ce matin grâce aux suggestions de lecture de VoyageForum. Merci pour le partage, merci pour l'humour... et Bravo pour les photos !
HY Hyndieme ·
BONJOUR AUK Je réside à 13600 Ceyreste . Je suis tombée Amoureuse de la Norvège grâce aux 5 croisières que j'ai effectué depuis 2015 . D'abord avec COSTA puis en découvrant HURTIGRUTEN . Nous n'avons fait que du côtier et, avec votre carnet de voyage je découvre la beauté de ce beau pays à nouveau. C'est merveilleux de faire rêver les gens et de les transporter dans ces lieux idylliques . Merci pour votre humour . GR . Renée .
AU Auk Regular ·
Merci pour les interventions des nouveaux arrivants...

Pour Louis, le coup du "ils n'ont que ça" dans l'intro est une référence à ce merveilleux morceau de Michel Sardou dont l'écriture fine et poétique enchante les oreilles des jeunes et des moins jeunes : "ils ont le pétrole mais c'est tout".
TO Toth Veteran ·
Pour Louis, le coup du "ils n'ont que ça" dans l'intro est une référence à ce merveilleux morceau de Michel Sardou dont l'écriture fine et poétique enchante les oreilles des jeunes et des moins jeunes : "ils ont le pétrole mais c'est tout".

haaa, désolé je suis inculte en la matière, j'ai pas vu la référence. 😉
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VO Voyajou Globetrotter ·
Culture, aventures et humour : Triptyque gagnant – Renaud Un carnet quelque part entre du Biboun51 et du Michant-non-numéroté (qui lui aussi se plaint d'un manque de lecteurs). Riche idée que ces plages musicales – malgré les Beach Boys, ça manque un peu, les plages-, quelques découvertes pour moi.

Pour le reste, le village se love au fond d’un joli lac.

D'une limpidité remarquable, les eaux du lac (ou alors tu disposais d'un matériel de pro). 😉

Un groupe de rock norvégien pour finir... sous la pluie. https://www.youtube.com/watch?v=m3gKhTpgYVY
AU Auk Regular ·
Pour le reste, le village se love au fond d’un joli lac.

D'une limpidité remarquable, les eaux du lac (ou alors tu disposais d'un matériel de pro). 😉

Tu n'y es pas du tout : le mythe de cité engloutie comme l'Atlantis ou Ys vient à l'origine de Scandinavie. Il a fait le voyage jusqu'en Grèce par le commerce de l'ambre via la Baltique alors que les Vikings l'ont amené en Bretagne. Et l'origine de l'origine est Dalen que la technologie norvégienne sous-marine développée pour l'exploitation de pétrole offshore a sauvé du gouffre lacustre. Cqfd.
MI Michant Veteran ·
Bonsoir Sylvain,

"Michant-non-numéroté" ajoute sa voix aux louanges méritées pour ton carnet de voyage dont il apprécie le ton et le sens de l'humour! 🙂 Il n'a pas ta culture musicale, étant plutôt tourné vers William Christie, Raphaël Pichon ou Yo-Yo Ma... 😉

Il aime aussi ton franc-parler. Grâce à ton carnet on sait quels "incontournables" on peut éviter. 😛

Cela donne envie de redécouvrir la Scandinavie parcourue il y a quarante ans au cours d'un voyage de huit semaines en camping-car avec deux enfants en bas âge, jusqu'au Cap Nord et Kirkeness. Mais la déception risque d'être grande, car cela semble être un autre pays aujourd'hui. A l'époque pas ou peu de tunnels, pas de tourisme de masse, parkings gratuits sauf à Oslo, pas de moustiques et grand beau temps (sauf dans le sud à la fin du voyage), mais vie chère (on avait rempli les coffres de victuailles).

Merci pour ton partage!

Michel
AU Auk Regular ·
Bonjour Michel

Merci pour le message sympa. Je ne peux que vous conseiller d'y retourner ; pour le tourisme de masse, il suffit juste de faire un pas de côté, de s'éloigner des attractions marketées qui attirent le chaland et cela devient rapidement acceptable. On trouve toujours des petits coins avec vieux rafiots en guise de ferry, sans parking payant et pas de perchistes fous en vue. Bien sûr, par rapport à il y a quarante ans, cela risque de vous paraître un peu aseptisé mais j'ai tendance à penser que c'est le monde entier qui tend à s'aseptiser...

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