Discussions similar to: Ouverture frontière Arménie Turquie
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Carnet de douane pour l'Arménie?
parce qu'il est temps d'en prendre pleins les yeux, mon compagnon et moi(+le chien) partons faire le tour de l'europe, et le but serait l'arménie.je voulais savoir si quelqu'un l'a deja fait en fourgon aménagé et s'il faut se procurer ce fameux carnet de douane (je n'ai pas trop trop compris sa fonction).

merci d'avance pour toutes les infos sur l'arménie
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Frontière Turquie-Arménie à nouveau ouverte, peut-être!
Bonsoir....

La normalisation des relations entre la Turquie et l'Arménie est en marche, et demain 10 octobre un accord sera signé à Zürich, en présence d'Hillary Clinton. La frontière entre le deux pays pourrait, si tout va bien, être à nouveau ouverte rapidement ; avant la fin 2009 peut-être. Elle est fermée depuis 1993.

Michel
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Prendre le train Trans Asia Express d'Istanbul à Van (Turquie)
Bonjour à tous,

Je prévois de faire 10 jours en Turquie au mois d'août et j'ai dans l'idée de rester 5 jours à Istanbul (je sais, la ville mériterait plus de temps!) puis partir en train direction de lac de van. Là, après deux jours de train, j'aimerais y rester 3 jours. Je voudrais savoir si ce trajet vaut vraiment le coup, niveau paysage et dépaysement? Et si le lac de Van suffit à lui même pour être la destination de ce voyage? Je n'ai pas trop envie de passer la frontière avec l'Iran, c'est pour cela que je pensais rester à Van. J'ai très envie de voyager en train à travers la Turquie, mais peut-être avez-vous d'autres suggestions de voyages dans le pays?

A très vite, P.
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Entrer en Arménie par l'Iran par la route
Salut à tous, A l'ancienne , j'apprécie de découvrir certains pays à partir du pays voisin ; importance de se renseigner sur l'ouverture du poste-frontière.... qqu'un d'entre vous a t'il rejoint l'Arménie par ce mince couloir du Sud du pays(il y passe les échanges commerciaux avec l'Iran, bonnes relations des 2 pays, meilleur qu'avec la Georgie...) et ressorti par le même poste (et de plus avoir le cachet arménien si on retourne en Turquie ? Mais non, il ne s'agit pas d'Israel et de la palestine.... A+ Patrickandré
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D'Erevan (Arménie) à Istanbul: idées de visites et conseils pratiques?
Ca y est , le billet Lyon Tbilissi /Istanbul Lyon est en poche !

Reste maintenant à peaufiner le parcours...

Je pense rester 2 nuits à Tbilissi avant de filer vers l'Arménie pour une huitaine de nuit. De retour sur Tbilissi, j'envisage un petit parcours des vignobles de Kakhetie aux rives de la mer Noire (une huitaine de nuits également).

Rendez-vous ensuite à Trabzon pour longer la mer Noire jusqu'à Istanbul (encore 8 nuits dont une à Istanbul que je connais déjà)

Si vous avez déjà visité ces régions, quels sont vos coups de coeurs (Paysages, monuments mais aussi nourriture et boisson😉)?

D'autre part, je pense louer une voiture en Turquie comme en Arménie et prendre les bus locaux en Géorgie où la conduite individuelle a l'air plus problématique🤪 Des tuyaux?

Sinon, en vrac:

- les distances. Je ne me rends pas bien compte des temps de trajet en Arménie et en Géorgie. Combien faut-il compter d'heures pour une centaine de kilomètres ????

- la langue : si j'ai bien compris il me reste 3 mois pour apprendre quelques notions de russe, le français, l'anglais, l'espagnol et l'allemand ne servant à rien ????😮

- le logement : Il ne semble pas y avoir beaucoup d'hotels mais plus des chambres chez l'habitant. A quel niveau de confort puis-je m'attendre ???? (les années camping et hotels pouilleux sont assez lointaines.....😄)

J'ai déjà eu un avant-goût d'un voyage après la chute du mur dans les ex-pays soviétiques en Bulgarie, je pense que cela devrait être un peu du même genre... en moins touristique encore🙂 Ces pays sont finalement beaucoup plus 'exotiques' que la thailande ou le pérou😉

Merci pour vos conseils !
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Ce qui m'a marqué pour mon premier voyage en Turquie
Salut à toi qui lira ce carnet anarchique,

Si tu cherches des infos approximatives... bah continue Si tu veux avoir un truc bien ficelé et organisé, bah.... c'est pas ici.

Si t'es juste curieux de savoir ce qui m'a intéressé dans la toute petite partie de Turquie ( Istanbul et la Cappadoce) que j'ai vue, et bien attache ta ceinture et prend une profonde respiration. Ça va secouer un peu!!

Bien, t'es prêt.... hop!

A Pâques, nous avons passé une dizaine de jours entre Istanbul et la Cappadocce, après l'ouverture du nouvel aéroport IST d'Istanbul. Et pour que tu ne sois pas complètement perdu, nous avons dormi la première nuit à Istanbul, puis nous sommes repartis le lendemain après midi, vers le sabiha Gokcen airport pour prendre l'avion pour Kayseri sur Pegasus (low cost, à éviter dorénavant par nous), nous sommes restés en Cappadocce 6 jours, puis nous sommes retournés toujours sur Pegasus à Istanbul pour 3 nuits avant de rentrer en France pour 4 nuits, avant de rentrer en Martinique (ç'aurait du être 3 nuits, mais j'ai raté mon vol retour sur FDF!! Du coup .......!!) Bon, c'est pas grave si t'as pas tout suivi.

Aujourd'hui tu sauras ce qui tout d'abord m'a marqué à Istanbul.

La première chose qui m'a frappée (non, non rassure-toi, c'est seulement au figuré, je vais bien, même si t'as l'impression du contraire!!!) c'est l'immensité de l'aéroport: entre la porte de sortie de l'avion, et le tapis des bagages, nous avons emprunté au moins une quinzaine de tapis roulants successifs entrecoupés de longs trajets carrelés. Autant dire que t'es pas encore sorti de l'aéroport que tu commences déjà ta première randonnée, rien qu'à l'intérieur de l'aéroport.😮

Dans d'autres aéroports gigantesques, il y a des trams qui te font économiser de l'énergie, mais là, mon gars, va falloir en baver!!! Le ton est donné dès l'aéroport.... qu'on se le dise!!!😏

De gigantesques néons diffusent une lumière tamisée, le lieu est ultra sécurisé, car toutes les personnes passent par un portique où les bagages sont scannés. Orly et Roissy devraient prendre exemple en matière de sécurité.🤪

Une autre chose marquante à l'entrée de l'aéroport, et ça tu t'en rends compte en repartant évidemment, ce sont les grands drapeaux rouges qui tombent devant chaque entrée: en 3 parties, le drapeau turc, comme ça tu ne risques pas de l'oublier, (un peu comme aux states, donc pas tellement surprenant pour moi) ensuite une photo d'Ataturk, (c'est celui qui a permis à la Turquie d'être indépendante en repoussant les grecs, les italiens, les australiens, les britanniques... et, qui a imposé une séparation de l'état et de la religion, il a accordé le droit de vote aux femmes, ... un peu l'équivalent de Washington aux States, il a botté les anglais hors de son pays, c'est un héros quoi) puis une photo d'Erdogan!!!!!!!!!!!!!!!🤪 (c'est l'actuel président en Turquie, celui dénommé le dictateur!)!!!



Et après coup, tu te rendras compte que ce triptyque, tu le retrouveras partout, sur tous les bâtiments administratifs importants. Je ne sais pas ce qu'en pense le peuple turc, mais je me demande si Jupiter en France venait à avoir une idée similaire, genre triptyque drapeau français, photo de Robespierre, puis Photo de M.....Quelle serait la durée de vie de ces triptyques???? Ou bien, drapeau des états-unis, puis photo de Washington puis ....T.... 🤪 !!!!!!!!!!!

Une fois les bagages récupérés, il est temps de trouver un comptoir de change, qui évidement est sur votre passage, et propose un taux évidement très inférieur à ceux proposés en ville.

Heureusement grâce à Vf (merci aux membres Tatra, Dniorte et Intothetrees qui donnent énormément d'infos sur la Turquie et qui ont répondu à mes questions), j'étais avertie de la chose et je ne change que le strict minimum pour prendre un taxi.

C'était mon premier vol avec Turkish airlines: pas mal du tout. Nous avons eu un vol très ponctuel, et il est près de 20h quand nous sortons de l'aéroport: le temps de faire la randonnée initiatique quoi!!! Bah ouais, nous sommes arrivés au tapis de bagages après nos bagages c'est dire!!! je ne me souviens même pas de la police des frontières, c'est dire si ça a été vite expédié!

Là aussi, les choses sont très bien organisées, d'abord les taxis mini van, dont j'ai cru comprendre qu'ils étaient plus chers, puis un employé dispatche les voyageurs éreintés au fur et à mesure de l'arrivée des taxis ordinaires en jaune et noir comme les taxis new-yorkais, mais qui prennent un nombre limité de personnes et de bagages. Nous ne sommes que 2 donc tout va bien.

1H plus tard et 120 turkish lyra en moins, nous sommes rendus à bon port à notre Georges hotel galata, qui manifestement n'est pas du tout connu de notre chauffeur de taxi. Notre chauffeur m'a demandé le numéro de l'hôtel pour pouvoir appeler et malgré ça, il a pas mal tourné en rond!!

Ce n'est apparemment pas une exception, car à notre retour à Istanbul, l'autre chauffeur ne connaissait pas non plus le best western plus président. Systématiquement, ils m'ont demandé le numéro de téléphone de l'hôtel quand ce n'était pas l'adresse pour qu'il puisse la rentrer dans leur GPS, pour le plus moderne d'entre eux.

Ceci dit, vu l'immensité de la ville et la multitude d'hôtels en tout genre, ça peut se comprendre mais bon...

Il est une chose que nous n'avons évidement pas raté c'est la tour galata, galata kulesi en turc, complètement illuminée quand nous sommes passés à côté

Pas terrible comme photo hein? Bah ouais, quand t'es vraiment à ses pieds, vu la grande taille de la bâtisse, ça donne ça comme rendu!!! Voilà!😄

Bon étant donné qu'il est tard, presque 21H, le check in est vite expédié, nous sommes royalement accueillis à l'hôtel avec un thé ... turc, corsé hein le thé, très corsé. La manager celle qui nous reçoit, parle très bien l'anglais, ce qui nous change un peu, c'est sympa. Elle nous donne des conseils quant à la gastronomie turque, et les différentes entrées qu'il convient de goûter au restaurant panoramique de l'hôtel, et pendant ce temps, l'homme de service effectue les formalités avec nos passeports qu'il photocopie et enregistre. Puis, ils descend nos bagages dans notre chambre, nous fait un rapide tour d'horizon de la chambre et de ses fonctionnalités, puis nous recommande de ne pas trop trainer pour aller dîner.

Nous reprenons l'ascenseur prévu pour 4, mais qu'à 2 nous remplissons complètement, et montons en haut profiter de la vue nocturne panoramique et d'un délicieux dîner, dont la photo ci dessous ne présente qu'un des plats. Je pense que même Gargantua aurait eu du mal à finir!!!🤪



Le lendemain matin, nous profitons de la lumière pour découvrir le paysage. Mais il y a plein de brumes et ce n'est pas terrible.

Comme à la fin de notre séjour nous sommes retournés loger près de galata, je vais plutôt vous mettre des photos que nous avons prises quand nous sommes allés dormir àl'anémone galata. Leur terrasse est vraiment hyper bien placée et ne serait-ce que pour ça, cet hôtel de charme vaut vraiment la peine. Voici à quoi ressemble le restaurant.



Et voici un exemple de ce qu'on peut y manger: j'ai pris un manti et je ne sais plus quelle viande mais c'était exquis.



Quand on vous dit que la cuisine turque vaut le déplacement, et bien c'est vrai! C'est à l'opposé du Ladakh!! Et c'est peu dire!!!

Voici ce qu'on voit d'Istanbul depuis leur restaurant en terrasse.

Comme tu peux t'en rendre compte, il y a des pleins de minarets, donc pleins de mosquées, beaucoup de mosquées, vraiment beaucoup de mosquées!!! Et la particularité de ces édifices religieux est d'avoir chacun son muezzin, tu sais l'appel à la prière, qui passe par un haut parleur à très grande portée. Et bien à 12H30, il y en a un qui démarre, puis un 2ème, puis un 3ème...... Bon, je ne vais pas tous les énumérer, mais à l'arrivée, le résultat est une superposition d'appels qui parfois se répondent, d'autres fois se mêlent, tout ça dans la cacophonie en sol turc!!! Et, quand tu penses qu'il y en 5 dans la journée, et que la première série commence à l'aurore, du coup, tu comprendras que j'ai fait attention à l'insonorisation des chambres d'hôtel que j'ai choisies!!!



D'ici aussi, tu peux voir la quantité de bateaux sur l'eau. Très honnêtement, je ne saurais dire s'il s'agit du Bosphore ou de la corne d'or, mais de nombreux bateaux proposent des croisières. Hélas, nous étions en très haute saison touristique et vu les queues qu'il fallait faire, nous avons zappé pas mal de visites (toutes les mosquées ont été vues de l'extérieur, mas nous n'y sommes pas entrés!!😊)



Cette fois-ci, du restaurant il y a un plafond en verre qui permet de voir le haut de la tour galata mais pas le bas!!!😏

Oui, oui je sais.... tu voudrais l'avoir en entier... C'est ça hein!!!! Jamais content, hein? Allez, souris va, la voilà ta galata kulesi.



Et puis si t'es musicien, il y'a une rue que tu ne dois sous aucun prétexte raté: c'est la Galip DEDE caddesi, dans le quartier de Beyoglu.

C'est LA rue des magasins de musique. C'est notre havre de bonheur, qui finit par te conduire vers la istiklal caddesi (t'as compris que caddesi ça veut dire rue, hein?).

Tu peux y trouver tous les instruments orientaux, de magnifiques qanuns,



toutes sortes de guitares turques, des baglamas, des ouds, tous plus beaux les uns que les autres. Je ne savais plus où donner de la tête lors de notre passage: il a fallu lutter pour ne pas en ramener....

Des percussions en tout genre comme les darboukas, des sortes de flutes des andes les sikkus, très surprenant de trouver des instruments des andes ici, des guitares classiques, des mandolines.... bref un vrai paradis!!



Nous avons passé plus de 2 heures dans cette rue avant de rejoindre istiklal caddesi. Et là notre bonheur a continué puisque de petits groupes de musiciens se produisaient. Une joueuse de zenco a apaisé les passants.



Un trio jouait du New Orleans pour notre plus grand bonheur. Comme c'était étrange d'entendre ce genre de musique aussi loin du continent américain, avec le son inimitable du banjo auquel venait se superposer cette trompette bouchée au son nasillard sous la rythmique vigoureuse de la contrebasse pizzicato!

Un indien en costume jouait de la musique des andes!!!

Bref, ce premier post sur la partie Istanbul est un peu en décalage par rapport aux carnets que j'ai eu l'occasion de lire, mais il est à notre image, nous nous étonnons et nous émerveillons de plein de choses qui n'intéressent pas forcément les guides touristiques!!! Nous sommes comme ça!!! Va falloir t'en contenter!! Parce que ça va pas s'arranger après!!

A bientôt si t'as le courage de t'accrocher... mais sinon, il y en a plein qui te montrent les sites à visiter à Istanbul... t'as le choix....😉 Bye ou adieu
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Visa iranien obtenu en une heure en Turquie
bonjour

tuyau pour tous ceux qui vont galerer a faire des visas iraniens en Turquie.

Surtout n´allez pas chez İranianvisa.com ce sont des filous. Nous avons paye 140 euros a deux pour rien, a l´heure qu´il est nous n´avons toujours aucun numero d´autorisation et perdu notre argent.

Alors ce matim A Trabzon ville au nord est de la Turquie nous allons dans un petit consulat iranien perdu que personne ne connait et en une heure oui en une heure nous obtenons un visa de 30 jours pour 2 valable 90 jours pour 60 euros chacun.

un monsieur tres gentil nous accueille et nous donne nos passeport en nous souhaitant un tres bon voyage ...incroyable...

Alors tentez le coup mais soyez courtois et patient au cas ou, cela ne marchera peut etre pas a tous les coup.

reste maintenant a visiter le pays et a surveiller l´actualite de pres...

jp
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D'Erevan à Téhéran: récit d'un voyage entre Caucase et Moyen-Orient
Je vous propose mon premier carnet de voyage, entre Caucase et Moyen Orient. Plutôt long, j'espère que vous aurez la patience de le lire jusqu'au bout...

Arménie - Iran : récit de voyage

Samedi 30 septembre : Vol matinal Bruxelles - Erevan avec Ukraine International. Rien à redire sur la compagnie (j’avais lu de nombreux avis catastrophiques) : courte escale à Kiev, avions récents et confortables mais aucun service gratuit à bord (ressemble à du low cost). Pour un vol payé 250 € (aller Erevan, retour depuis Téhéran), cela vaut la peine.

Longue attente à l’arrivée à Erevan, mais, ça y est, me voilà arrivé. Excité et anxieux à la fois, il s’agit de mon premier voyage entièrement seul pour une période de 2 semaines, qui plus est dans une région où l’offre touristique est faible. A moi l’inconnu... A la sortie, j’achète directement une carte sim locale et, le taxi que m’avait proposé mon logement AirBnb pour 10€ est là à m’attendre. J’aime ces premiers instant dans un nouveau pays, et ma première impression sur le trajet jusqu’en ville est ce curieux mélange d’ambiance ex-soviétique et d’Orient. Cette impression se renforcera au cours de mon séjour avec en plus, dans la capitale, le constat que ce pays se tourne aussi de plus en plus vers l’occident.

L’accueil à mon logement est formidable et ajoute de la chaleur à cet austère building dans lequel il se trouve. Voulant être au plus près de la population j’ai minutieusement choisi une chambre chez l’habitant (sur AirBnb) et cela aura été un très bon choix, bien qu’un peu plus onéreux : 20€/nuit au lieu de 10€ en hostel. Avant de partir explorer la ville, mon hôte, Shoghik, qui vit là avec sa fille Ellen et son mari, me propose de m'asseoir avec eux et de partager les fruits, l’Halva, le café arménien, les gâteaux, ... disposés sur la table pour mon arrivée.

Je sors prendre le pouls de la ville en commençant par la place de la République puis place de l’Opéra et jusqu’à Cascade. A la tombée de la nuit, tout s’anime : les gens sortent, les rues deviennent bondées, les terrasses se remplissent, les familles sortent dans les parcs et les jeunes se rassemblent. Je suis surpris par tant de vie et d’animation, il fait agréable de se promener dans les rues de la capitale au coucher du soleil. Je me mets alors en quête d’un endroit que l’on m’a conseillé pour aller souper. Cet endroit étant un peu à l’écart et je prends un taxi pour m’y rendre. Ici, personne ou presque ne parle anglais, pour communiquer c’est soit Arménien soit Russe. Comme je ne parle aucun des deux, gestes, sourires et l’aide de Google traduction feront l’affaire…ou pas : me voilà déposé dans un quartier totalement sombre et inanimé, pas le moindre resto en vue. En marchant 10 min je finis par tomber sur un snack qui propose de la délicieuse viande grillée que l’on me sert avec des légumes au goût inouï, des herbes aromatiques et… une bouteille de Vodka. Je suis seul, à l’unique grande table du « restaurant », qui sert aussi probablement de salle à manger pour la famille. En rentrant, Shoghik m’invite à prendre un bol de soupe fumante devant la télé avec elle et Elen.

Dimanche 1er octobre :

Après un petit déjeuner préparé avec beaucoup d’amour, composé de blit (petites crêpes ressemblant à des blinis), d’Afsianka (porridge), de fruits râpés, d’Halva et d’autres gâteaux locaux, je me mets en route vers le marché couvert de la ville. Sur le chemin, le long de cette avenue principale un peu plus éloignée du centre, je retrouve des similitudes avec certaines villes d’Asie à travers cette alternance de bâtiments décrépis et de nouveaux centres commerciaux modernes et ultras kitsch. Le tout, bien entendu, ponctué par le bruit des klaxons et de la circulation infernale. Ma balade dans le marché couvert n’est pas sans me rappeler celui de Kiev, mais, de nouveaux, avec cette touche asiatique en plus. Les étals sont magnifiques et éclectiques : bouquets de fleurs en fruits secs, grands pains plats, miel local et pieds de porc sont au menu.

Marché couvert de Erevan

Fasciné depuis toujours par les trains, je hèle un taxi jusqu’à la gare. L’unique train du jour au départ est à destination de Tbilissi, en Géorgie et mon taximan, persuadé que je désire m’y rendre, rentre dans un long débat en russe pour me convaincre de me conduire lui-même jusque-là. Une fois visité l’imposant bâtiment à l’architecture typiquement soviétique, je prends le métro pour retourner vers le centre-ville et monter sur une des collines de la ville, là où se situe 2 imposants monuments à la gloire du pays et de l’URSS. Une vieille fête foraine que je pensais désaffectée jouxte ces 2 édifices solennels et le contraste est plutôt amusant.

Après avoir flâné là-haut, je me dirige vers la mosquée de la ville, entièrement restaurée. Appelée la « mosquée bleue », et cachée derrière de vieux bâtiments, elle a plutôt fière allure et me donne un petit avant-goût de ce qui m’attend en Iran. Je me repose quelques minutes sur un banc dans le jardin avant d’aller prendre une bière en terrasse en profitant des derniers rayons de soleil. Je me dirigerai ensuite vers un petit resto de cuisine typique du Haut-karabagh : du pain fourré aux herbes aromatiques passé un grill.

Sur le retour, je profiterai de l’animation de la ville, et notamment du spectacle son et lumière aux fontaines de la Place de République. En rentrant le soir chez Shoghik, un souper m’attendra pour compléter mon repas frugal de ce soir. Son mari, chauffeur, et que je n’ai pas encore rencontré, rentre d’un périple avec des clients. Je m’arrange avec lui pour la journée de demain : il me déposera à mon hôtel à Eghegnazor en faisant un stop à Khor Virap, à Areni pour goûter la production de vin local et enfin à Noravank.

Gare de Erevan

Monument "Mère Arménie" à Erevan, et sa fête foraine

Lundi 2 octobre :

Je me réveille avec le bruit de la pluie sur les tôles ondulées du parking en contrebas de ma chambre. La météo s’annonce médiocre et nous nous mettons en route avec Edgar vers 10h00, direction Khor Virap. Après 1h de route et un arrêt d’une demi heure pour faire le plein de gaz liquide (interdiction de rester près du véhicule pendant ce temps), nous arrivons avec le soleil au monastère. Le lieu est majestueux mais je ne verrai rien du Mont Ararat, complètement dans le brouillard. Juste en contrebas, j’observe des paysans travaillant aux champs avec de vieux tracteurs déglingués. Un peu plus loin, s’étend une sorte de no man’s land marquant la séparation avec l’ennemi juré, la Turquie, à moins d’un kilomètre.

Monastère de Khor VIrap

Champs aux alentours de Khor Virap

On se remet en route. Petit à petit, la route alors dans la plaine, s’élève et devient une route de montagne sinueuse. Les paysages s’escarpent et le dernier virage avant un col ouvre la perspective sur un horizon steppe et de pics rocheux à couper le souffle. Quelques maisons sont blotties au creux de petites vallées, formant des hameaux ou le temps semble s’être arrêté. La conduite d’Edgar se fait plus brusque et plus rapide, et celle des autres conducteurs également, jusqu’à frôler l’accident. Nous voilà à 3 sur 2 bandes afin de laisser passer la voiture en face doublant dans un virage sans visibilité. On l’a vraiment échappé belle. Quelques jurons d’Edgar en arménien plus tard, nous arrivons à Areni en même temps que la pluie pour y goûter le vin dans une cave. Pas trop convaincu par ce qu’il m’est offert à goûter, j’achète malgré tout une bouteille pour prendre comme apéro si l’occasion se présente avant mon passage en Iran.

Arrêt sur la route entre Khor Virap et Areni

Edgar commence à s’agiter, alors que je traine un peu dans la cave, il m’attend dans la voiture et klaxonne plusieurs fois pour que je me dépêche. Nous reprenons la route vers le site de Noravank, situé à 20km, à tombeau ouvert. Par chance, la pluie a fait place à des éclaircies. Il y a du monde. Enfin, façon de parler, ça reste l’Arménie. Disons qu’il doit y avoir une trentaine de personnes sur le site, surtout des visiteurs venus à la journée depuis Erevan. Je prends beaucoup de plaisir à explorer les deux églises dans ce cadre fantastique. Ce sera l’une des plus belles visites du pays…qui sera écourtée car Edgar, qui, pressé de rentrer, crie après moi à ma recherche. Manque de chance pour lui, j’ai marché pendant 10 min sur un petit sentier qui monte dans la montagne afin d'avoir une vue de recul sur le monastère et les montagnes rouges et abruptes qui l’entourent. Je prendrai tout mon temps pour redescendre.

Edgar me dépose chez mes nouveaux hôtes, au Shushan B&B (10€/nuit) où je suis accueilli par Arumen, le fils aîné de la famille. Il joue dans le salon avec un ami au backgammon. Je reste là un peu avec eux à les regarder jouer et à essayer de comprendre les règles tout en mangeant des fruits accompagné d’un café arménien. Il est 17h, un rayon de soleil passe par la fenêtre et la pluie s’arrête dehors. Je profite de l’accalmie pour sortir et me diriger vers un vieux pont médiéval enjambant le torrent dans la vallée, un peu plus en contrebas du village. J’avais repéré les lieux dans un vieux livre en noir et blanc dans la bibliothèque de ma chambre.

C’est depuis le carrefour principal de la ville, là où croise la principale route Nord-Sud du pays, que débute le sentier. Ici, se concentrent une pompe à essence, un garagiste et un restaurant, semblant être l’unique point de ravitaillement à 100km à la ronde, conférant à cet endroit une ambiance de far ouest arménien. Après 20 minutes de marche à travers champs, j’arrive jusqu’au au pont de la photo. La vue sur celui ci avec le torrent et les nuages se déchirants sur les montagnes en arrière-plan est remarquable. De là, j’aperçois un homme en train de pêcher avec sa femme. Il me fait signe de les rejoindre à grand renfort de gestse et de mots que je ne comprends pas. Quand j’arrive à sa hauteur, son immense sourire me met de suite en confiance. Il me montre comment il pèche, avec un bout de ficelle attaché à un bâton, puis, d’un hochement de tête, me désigne le maigre produit de sa pêche dans un petit sceau. Alors que je m’apprête à retourner sur mes pas, ils m’invitent à les suivre jusqu’à leur maison, située 200 mètres plus haut à travers champs. Je refuse d’abord poliment plusieurs fois, puis face à leur insistance et leur gentillesse, je finis par accepter.

Pêcheur à Eghegnazor

Ces deux paysans, Ashat et Ushi, semblent vivre totalement coupé du monde. Leur maison consiste en une unique pièce en terre battue ou l’on y mange, dort et cuisine. Dans un coin de la pièce trône une vieille télé à écran cathodique à l’image neigeuse et diffusant un soap opéra bollywoodien sous-titré en cyrillique. Je me vois prié de m’asseoir pendant que le café chauffe. Alors que la femme d’Ashat apporte le café, voilà mon hôte de retour avec des tomates du potager. Il lui fait des gestes en me souriant pour lui montrer qu’il ne veut pas du café. Ashat me fait un clin d’œil et, caché derrière une étagère, il sort une bouteille de vodka dans laquelle il a fait macérer des baies. Ashat semble très amusé et fier de me montrer combien sa vodka est forte et comment on la boit cul-sec dans des petits verres.

Pendant ce temps Ushi apporte le repas : elle commence à sortir de grandes crêpes de pain sec, qu’elle arrose légèrement pour lui redonner sa consistance normale. Ensuite, elle découpe soigneusement en quartier les tomates rapportées par son mari ainsi que des tranches d’un fromages de leur élevage accompagné de piments, poivrons et d’herbes aromatiques : feuilles de menthe, de réglisse, d’anis et d’autres dont je suis incapable d’identifier le goût. Tout a une saveur fabuleuse, les tomates sont juteuses, sucrées et pleine de parfum, jamais avant je n’en avais mangé de telles. Le fromage aussi est extraordinaire et le goût combiné à celui de la tomate et des herbes aromatiques est juste divin. Je n’ai plus faim, mais je Ashat et Ushi m’obligent à manger encore, ils veulent faire honneur à leur invité.

Le temps passe vite, nous ne parlons aucune langue commune, mais nous parlerons tout le repas et toute la soirée. Je ressens une gentillesse et un accueil pur et authentique chez ces gens comme rarement j’en ai rencontré lors d’autres voyages. Entre temps la nuit est tombée. Mes hôtes veulent que je reste dormir là et, à contrecœur, je refuse. Ils ont peur que je me fasse attaquer par des chiens errant sur le retour dans le noir et décident de m’accompagner une partie du chemin. Ils me donnent aussi un grand bâton pour me défendre, si des chiens venaient à m’attaquer. Nous nous disons au revoir et je rentre dormir dans la pension le cœur lourd de les quitter.

Mardi 3 octobre :

Un petit déjeuner typique et du bon café m’attendent. La maman de Arumen vient me saluer, c’est elle qui est aux fourneaux. A 9h00 arrive le taxi que m’avait négocié la famille la veille pour aller visiter les alentours de Eghegnazor pour toute la journée. Mon chauffeur ne parle que Russe et Arménien, et, quand on doit communiquer, il appelle sa femme qui fait la traduction au téléphone. Le soleil est de la partie ce matin et je sais que ça ne durera pas. J’ai envie de retourner à Noravank pour revoir le site avec la lumière matinale, tout seul et sans pression comme la veille. Quand nous arrivons, nous sommes en effet presque seuls, il n’y a qu’un camping-car immatriculé en hollande qui a passé la nuit là. J’en croiserai quelques-uns de ces mobile-home immatriculés en Europe, ce qui est toujours une grande joie pour les locaux de les apercevoir. L’atmosphère matinale à Noravank est surréelle, presque divine, avec ces gros nuages noirs, qui s’accrochent aux montagnes. Ils sont percés de rayons de soleil qui illuminent uniquement les églises du site, comme un rayon divin. Initialement j’avais prévu une randonnée (trouvée sur Wikiloc) qui se termine à Noravank après avoir traversé des gorges profondes. Mais suite aux pluies d’hier et à celles annoncées cet après-midi, on me l’a déconseillé. Je parcours malgré tout les 10 premières minutes à contre sens jusqu’à une source avant de remonter en voiture, direction Eghegis, Arates et environs.



Noravank

Il faut 45 minutes de voiture sur des routes de plus en plus étroites et isolées pour rejoindre ces anciennes églises arméniennes, pour certaines très anciennes et en ruine, nichées dans des alpages à l’aspect de steppes. Je suis surpris de voir la quantité de pièces archéologiques, essentiellement des pierres dans lesquelles sont sculptées des croix et des écritures parfois presque millénaires, et qui sont à terre, sans protection et à la portée de tous qui souhaiterait les emporter.

Arates

Nous mettons ensuite cap sur le Selim Pass, après un bref arrêt plein de gaz liquide et sandwich. La route remonte une vallée, d’abord large, ensuite de plus en plus escarpée. Les paysages sont magnifiques et grandioses. Le paysage herbeux, totalement jauni après la sécheresse de l’été, sans un seul arbre, consiste en une steppe aride et immense, entourée de sommets. Juste en dessous du col se trouve un des plus ancien et des mieux préservé caravansérail (Caravansérail de Sélim) de la route de la soie, ce qui était le but premier de mon ascension. Je suis excité d’aller visiter cet ancien lieu d’accueil des marchands de l’époque et de leurs montures sur leur route vers l’Orient lointain. C’est mon intérêt pour la route de la soie qui m’a amené à vouloir découvrir ces contrées, notamment après la lecture du livre de Bernard Ollivier « la longue marche ». Le caravansérail est presque intact et orné d’écritures arméniennes et arabes. A l’intérieur on peut facilement identifier les pièces de vie des hommes et des bêtes, mais aussi des espaces de vente. Un marchand vend du miel, des alcools locaux et des herbes aromatiques. Il parle le français, ce qui est très rare par ici. Je lui achète un petit pot de miel puis prenons la route pour redescendre de l’autre côté du col, jusqu’au lac Sevan et au cimetière de Noraduz, réputé pour ses khatchkars. A présent le ciel est bas, gris et il tombe une fine pluie glaciale. Plus haut sur les sommets, une couche blanche apparaît : ce sont les premières neiges de l’année. Le lac Sevan, que j’ai vu d’un bleu éclatant sur les cartes postales à Erevan, a la même couleur que le ciel et se tient le long de la route déglinguée traversant des villages vides et sales. Le tout transpire d’une ambiance cafardeuse. Je me promène rapidement à travers les khatchkars, qui sont des stèles commémoratives de près de 2 mètres de haut et sur lesquelles sont représentées des scènes de la vie quotidienne de l’époque. Pour quelques Drams, une vieille dame m’explique la signification des représentations sculptées sur les stèles principales, ce qui donne un peu de vie à ce cimetière sous la grisaille. Nous repassons le col dans l’autre sens, là-haut le vent souffle et la température tombe à 0 degré. Je peux sentir le froid passer à travers vitres mal isolées de la vielle Lada aux pneus lisses. En perdant de l'altitude la météo se fait plus clémente et j'observe que mon chauffeur se détend. Après la visite d’une énième église et un bref passage chez un bijoutier pour changer des euros, mon taxi me dépose à ma pension. Nous nous reverrons demain pour le chemin jusqu’à Goris car il n’y a pas de marshrutka sur cet axe demain, ou alors de façon très incertaine.

Lorsque je rentre, un couple d’allemand vient juste de s’installer à la pension. Nous passons le début de soirée tous ensemble avec les enfants avant d’aller manger dans un resto que nous recommande nos hôtes, le long de la « Motorway 2 » (comprendre « la route défoncée vers le sud »). Plutôt sympas, ils m’offrent le repas et la bière. Ils m’expliquent aller eux aussi en Iran par après, mais en avion, faute d’avoir obtenu le visa à temps (obligatoire pour le passage terrestre mais délivré à l’aéroport). Nous rentrons dans le noir à la lumière de nos frontales sous la bruine glaciale et ouvrons la bouteille de vin que j’ai achetée et que nous finirons à 2 avec Micha car Hannah m’apprend qu’elle est enceinte. Je trouverai rapidement le sommeil…

Mercredi 4 octobre:

Après un petit déjeuner vite avalé et avoir fait mes adieux, je me mets en route vers Goris avec mon taxi de la veille. Les nuages de pluie de hier s’ouvrent et se déchirent à présent en lambeaux sur la pointe des sommets et des collines environnants. Il a fait froid cette nuit, et les timides éclaircies laissent entrevoir les alpages saupoudré d’une fine couche blanche de neige fraîche. Le contraste de la blancheur étincelante de la neige avec le jaune des herbes brûlées de la steppe, sur le fond de nuages s’écharpant sur les pics rocheux, est magique. A travers les minces espaces de ciel bleu fusent quelques rayons soleil réchauffant l’atmosphère et les teintes froides du paysage. La route zigzague en larges virages dans le fond de l’ample vallée, monte est descend en laissant apercevoir, au détour d’une courbe ou d’un petit col, le long ruban foncé d’asphalte s’étirant à la l’infini vers un banc de brouillard. En chemin, nous faisons halte à Jermuk, station thermale dont le nom s’étale sur toutes les bouteilles d’eau minérale du pays et dont les façades neuves des bâtiments et la signalisation existante au bord de la route lui confère un aspect chic. Jermuk, également station de ski construite par les russes à l’époque, verra sous peu ses hôtels remplis par les skieurs. L’air est piquant et, avant de rejoindre la voiture, je me réchauffe les mains avec une bouteille d’eau vide que je rempli à une source d’où jaillit de l’eau à 55 degrés.

Neige fraîche au Vorotan Pass avant Goris

La route se poursuit avec le passage du Vorotan Pass. Ici les nuages s’accrochent et la route est à présent totalement enneigée. Elle le restera jusqu’à proximité de Goris. J’avais convenu avec mon chauffeur qu’il me dépose au téléphérique pour Tatev (le “Wings of Tatev”), mais vu la neige et le brouillard je décide qu’il est inutile de monter là haut et nous poursuivons jusqu’à Goris où je me fais déposer à l’auberge de jeunesse (Eden Hostel & Guesthouse, 9€/nuit). Il fait glacial dehors et tout autant à l’intérieur lorsque je rentre dans le hall de l'auberge. Se tient là, debout et raide comme la justice, un jeune de mon âge et qui attend depuis 15 minutes que quelqu’un de la réception vienne l'accueillir. Nous trouvons un mot de la réceptionniste avec un numéro auquel appeler en cas d’absence. 5 minutes plus tard une dame sympa, mais avec qui la capacité à communiquer est limitée, nous montre notre dortoir et nous amène un radiateur électrique plus que bienvenu.

Nous ressortons presque immédiatement à la recherche d’un endroit où manger. Je fais plus ample connaissance avec Ido, il est israélien et est un ancien officier de l'armée. Il ne mange pas casher à proprement parler, mais suit malgré tout certaines règles alimentaires, comme celles de ne pas manger de porc et de ne pas mélanger les produits laitier avec de la viande. Du coup, ça restreint pas mal les possibilités des lieux ou se sustenter, surtout dans dans un pays comme l’Arménie et d’autant plus dans un bled comme Goris. Finalement, un kebab d’agneau avec du riz fera l’affaire. A cet instant, je n’ai pas encore conscience que ce menu constituera, jusqu’à l’écœurement parfois, à peu près l’essentiel, la variété de viande mise à part, de mon régime alimentaire iranien.

Alors que Ido, qui déteste déjà ce temps gris, froid et maussade qui lui est pourtant inconnu dans ses contrées septentrionales, rentre à l’auberge se reposer et se connecter au Wifi, je m’en vais explorer le vieux Goris. Le vieux Goris est en fait le pendant de Kandovan, en Iran. Des habitations troglodytes creusée dans du tuf, faisant fortement penser à la Cappadoce. Mais la tête enfouie sous ma capuche, les mains frigorifiées et les pieds mouillés, le charme opère peu et je me précipite dans le premier bistrot ouvert que je croise. Un café pour me réchauffer le corps et deux Kilika de 66cl (bière locale) pour me réchauffer le cœur.

Quand je rentre à l’auberge, Ido a fait connaissance avec une nouvelle arrivée qui partage notre chambre: Anna, qui est Moscovite. On fait passer le temps en jouant aux cartes dans la cuisine en buvant du thé bien chaud. Tous les trois, nous souhaitons aller demain visiter le monastère de Tatev et arrangeons un taxi avec l’auberge. Finalement, un invité surprise de dernière minute, un compagnon de voyage que Ido a croisé en Géorgie 1 mois auparavant et qui se trouve par hasard dans la taverne du village ou nous allons souper, s’ajoutera à nous pour l’aventure du lendemain.

Jeudi 5 octobre:

La Lada bleue clinquante édition spéciale rideau de fer nous attend fièrement devant l’hostel. Notre chauffeur, dont le sourire est aussi brillant que les enjoliveurs chromés de son ancêtre, discute du prix et de l’itinéraire en russe avec Anna et la gérante de l’auberge. Finalement, on ne va pas se contenter de Tatev, on va pousser jusqu’à Sisian, pour aller voir Karahunj, le Stone Age local, mais aussi une cascade, le monastère de Vorotnavank et un vieux pont menant au lac de Shamb. J’avais initialement l’intention de prendre la marshrutka de 13 ou 15 heures jusqu’à Kapan puis Meghri pour passer la frontière iranienne le lendemain matin tôt.Mais l'itinéraire alléchant et la joie de partager cette aventure aux allures de road trip avec mes nouveaux amis me plait plus.

Je resterai donc une nuit de plus dans ce lit dont le confort relève plus du hamac, tant il est creusé. Mais ça n’a pas la moindre importance. Je suis assis à l’arrière, écrasé contre la fenêtre. A cinq dans cette voiture, en comparaison, voyager avec Ryanair relève du luxe ultime. Je rigole intérieurement du groupe éclectique que nous formons en route vers “on ne sait pas vraiment où”. Vingt quatre heures auparavant nous étions encore de parfaits inconnus, et maintenant nous voilà tel un groupe de pote qui se connaît depuis toujours. Il n’y a qu’en voyage que ce genre de dynamique de groupe se crée.

Compagnons de voyage et taxi Lada clinquant

Le soleil brille de mille feux ce matin. Fini la grisaille et la pluie. En revanche il a neigé la nuit sur les hauteurs, et au premier col que la route franchi, il y a une petite accumulation de quelques centimètres. Le paysage blanchi est spectaculaire, et nous sommes tous ébahi devant tant de beauté. Pour les deux autres garçons, c’est presque une première de voir de la neige, ou, en tout cas, d’en voir de si près. Ils ont fait arrêter le taxi pour pouvoir toucher la neige et, tels des gamins, s’amusent à lancer des boules de neige. Ce qui fait bien poiler notre chauffeur, blasé des hivers glacials qui peuvent sévir dans la région (jusqu’à - 40 °c paraît-il). Peu après s’être remis en route, nous croisons des bergers en transhumance qui envahissent la route avec leurs vaches. Perchés sur leurs chevaux pour guider le troupeau, ils ont des airs de cow-boy du far-ouest. J’en profite pour les prendre en photo avec le paysage désolé en arrière plan.

Transhumance

Nous poursuivons ensuite jusqu’à Karahunj. Il y a plus de monde par ici, mais pour que l’endroit ait vraiment de l'intérêt, il faudrait un guide, sinon ce n’est qu’un champ où se trouvent des pierres levées sans logique apparente. J’en profite pour prendre un café dans une roulotte et nous échangeons quelques mots avec un homme accoutré comme pour aller gravir l’Everest. Soudain, choc des civilisations: l’homme demande à Ido d’où il vient. L’Israélien répond à l’homme qui lui répond à son tour “alors c’est donc toi mon ennemi juré ? Je suis Iranien”, avec un air rieur traduisant qu’il n’en pense rien. S’en suivra ensuite dans la voiture une discussion sur les problèmes entre les deux pays.

D’ailleurs, sur ces routes du grand Sud arménien, l’Iran commence à se faire plus présente: nous croisons de nombreux camions immatriculés en Iran mais aussi des pancartes de restaurants ou de garages le long de la route où la traduction n’est plus en Russe mais en Persan. Quelques dizaines de minutes plus tard, nous voilà au bord d’une belle cascade. Avec les pluies des jours précédents, il y a du débit, ce qui la rend imposante. Après les selfies de rigueur, nous nous réentassons dans la vieille Lada en route vers le monastère de Vorotnavank. Il est parfaitement bien préservé et vraiment imposant, le long d’une petite route dans une nature intacte. Avant de poursuivre vers Tatev, nous faisons un long détour par une vallée traversée par un vieux pont et menant à un joli lac entouré de hauts plateaux.

Sur la route

Monastère de Vorotnavank

Vieux pont menant au lac de Shamb, proche de Sisian

Le lieux de départ du téléphérique pour Tatev est en contraste total avec le reste du pays: moderne et blinquant. D’un coup, on se croirait téléporté en Suisse. Nous achetons nos tickets par carte de crédit pour un départ à 15h30, soit 45 minutes plus tard. En attendant, on en profite pour se restaurer un peu devant la vue sur la vallée en contrebas. On loupe notre départ et devons changer notre billet. Le monastère de Tatev est très beau, mais j’ai déjà vu tellement d’églises arméniennes et de monastères que je suis un peu blasé. Je m’éloigne un peu pour avoir une vue avec du recul avec le montagnes enneigées de l’Azerbaïdjan et du Haut-Karabagh au loin. Initialement, j’avais prévu de redescendre à pieds en passant par le pont suspendu et les sources chaudes, mais l’heure tardive et la météo des jours précédent contrediront mes projets. Nous rentrons doucement à Goris et allons souper ensemble des plats locaux à la taverne du village, à côté de l'hôtel Goris.

Tatev

Vendredi 6 octobre:

La marshrutka vers le Sud ne passera pas avant 13h et, comme j’ai déjà un hôtel réservé et payé à Jolfa, et que je veux passer la frontière iranienne le plus tôt possible dans la journée, je demande au taxi d’hier de me conduire jusqu’à Agarak, au poste frontière. Je n’ai jamais autant pris de taxi en voyage qu’en Arménie. Mais la rareté des transports publiques dans le Sud et l’isolement de certains endroits ne me laisse pas d'autre choix. Et puis, ça me donne l'occasion de m'arrêter quand je veux pour admirer les paysages ou de faire des détours par des petits villages en dehors de l’axe principal.

Je fais mes adieux à Anna et Ido. Anna remontera au Nord vers Areni, pour aller à la fête du vin, en stop avec des Argentins séjournant dans l’autre dortoir de l'auberge. Avant de se séparer elle m'apprendra quelques mots de base en russe pour communiquer avec le conducteur. Ido, quant à lui, passera quelques jours par Erevan avant d’aller prendre son vol retour à Tbilissi.

J’embarque donc dans la Lada d’hier, à l’avant cette fois ci, en route vers le Sud et l’Iran. Mon chauffeur a pris sa femme avec, j’ai cru comprendre qu’elle n'avait jamais été jusque là et qu’elle est curieuse de découvrir une autre part de son pays. Les paysages changent petit à petit, les panoramas steppiques font place à une forêt dense puis à des paysages plus alpins, avec le franchissement du col de Meghri à 2535 mètres. Au loin, on aperçoit déjà les premières montagnes d’Iran. A la descente, le décor change, tout devient plus aride et plus sec.

A l’arrière, la femme de mon chauffeur m’a gentiment préparé des sandwiches pour ne pas que je reste le ventre vide. Comme un dernier geste d’hospitalité à l’arménienne avant de rentrer dans un nouvel univers inconnu. Plus nous approchons de l’Iran et plus le thermomètre augmente drastiquement. Alors que le Meghri Pass était couvert de neige, nous croisons un panneau indiquant 25 degrés en traversant Meghri. Et soudain, nous débouchons dans une vallée. D’un seul coup, il n’y a plus d’herbe, plus d’arbre, plus de couleur. Les collines bien que plus basses se font abruptes, brisées, rocailleuses et d’une couleur aussi sombre que de la pierre de volcan. L’univers dans lequel nous entrons est radicalement différent de tout ce que j’ai vu jusqu’à maintenant: lunaire et inhospitalier. Sur la gauche de la route, l’accès est barré par des barbelés tout du long, et quelques miradors ponctuent le chemin. De l'autre côté des barbelés coule l’Araxe, et sur la rive d’en face s’étend la République Islamique l’Iran. Cette arrivée progressive sur l’Iran avec l’apparition soudaine de ces terres désertiques sonne comme une mise en garde. Je suis impressionné et ressens un mélange d’excitation, de me retrouver à ce point précis du globe, et d’anxiété quant à ce qui m’attend de l’autre côté.

En route vers l'Iran, arrivée sur Kapan

Ils me regardent affectueusement m’éloigner du taxi et, après un dernier signe de la main à mon chauffeur et sa femme, je passe le portail d’accès aux douanes arméniennes. Quelques camions sont garés là, en attente de leur passage sur l’autre rive. Nous sommes vendredi, l’équivalent de notre dimanche en Iran, et tout est plutôt calme. Quelques chauffeurs de taxi attendent le client et des enfants revendent des cartes sim prépayées. D’autres boivent du thé dans le grand hall qui fait aussi office de bar. Je suis apparemment le seul à traverser la frontière car un fonctionnaire vient ouvrir exprès pour moi le guichet. Quelques questions d’usages et un coup de tampon plus tard, me voilà officiellement sorti d’Arménie.

A la sortie du bureau des douanes, une large route mène jusqu’à un pont au dessus de l’Araxe. Il y a la possibilité d’emprunter des voiturettes de golf pour franchir ce no man’s land de 500 mètres entre les deux pays, mais l’instant est solennel et je préfère en savourer pleinement chaque seconde. L’envie de faire perdurer un peu ce moment l’emporte sur mon empressement d’entrer en Iran. L’entrée Nord du pont, côté Arménien donc, est gardée par un soldat Russe qui contrôle une dernière fois mon passeport. Les rambardes du pont sont peintes de gris jusqu’à exactement la moitié, devenant blanches, rouges et vertes ensuite pour symboliser le changement de pays. En dessous, coule le torrent boueu. De l’autre côté, un jeune soldat tout mince m'accueille d’un “Salam”, mon premier Salam, et m’indique vers où me diriger. Au pied du poste frontière, dans lequel je m’engouffre, trône fièrement un immense drapeau iranien repérable des kilomètres à la ronde.

Mon visa en poche, le passage en douane est très rapide jusqu'à ce que, avant de récupérer mon sac sortant de la machine à rayon X, un homme, apparemment haut gradé, me demande de le suivre dans son bureau. Ce doit être le chef des douanes, car il est en chaussette dans le salon adjacent à son bureau, richement décoré de tapis persans. Il me pose toute une série de questions sur mes connaissances à propos de l’Iran et de la raison de mon voyage dans ces contrées reculées, loin des zones touristiques telles que Shiraz ou Ispahan. Apparemment convaincu par mes réponses, il me remet enfin mon passeport, à deux mains, en me souhaitant la bienvenue en Iran. Je ressors de là un peu déboussolé: était-ce de simples questions d’usages ou bien ma présence ici est-elle réellement source de suspicions ? Bien que je chasse rapidement ces pensées de ma tête, un léger malaise me poursuivra pour le reste de la journée.

Tout est extrêmement calme ici. Je change les Drams arménien qu’il me reste en Rials, ainsi qu’une centaine d’euros. Me voilà à présent multi millionnaire. Il n’y a que très peu de savari dans la vallée de l’Araxe, et, de surcroît nous sommes vendredi. Je n’ai à nouveau d’autre choix que de négocier un taxi. Avant d’aller à Jolfa, 70 km plus à l’Ouest, je souhaite faire le détour par le vieux petit village d’Ushtabin, 30 km à l’Est du poste frontière. Le changement d’ambiance est radical avec l’Arménie, essentiellement dans l’attitude des gens. Ils sont tout aussi gentils et chaleureux, mais nettement plus extraverti et moins repliés sur eux-mêmes. J’avais ressenti le même décalage, à une échelle beaucoup plus forte, en passant d’Israël en Palestine il y a quelques années. Mon chauffeur s'arrêtera vingt fois entre la frontière et Ushtabin pour prendre des gens au bord de la route, parler avec des connaissances, aller acheter des fruits ou encore embarquer ou livrer des colis. A plusieurs reprises nous amènerons de jeunes soldats d’un village à l’autre.

La route longe tout du long le cours de l’Araxe. La zone est stratégique d’un point de vue géopolitique et potentiellement explosive car juste en face se trouve, en alternance, l’enclave Azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux pays en guerre. J'aperçois de loin miradors, bases militaires et canons anti aérien. Mais aussi des villages animés, des voitures et même un train de passager. Il est étonnant de pouvoir entrevoir de si près ces mondes qui se haïssent mutuellement, et pourtant s'ils savaient comme, vu d’ici, à quel point ils se ressemblent. De mon côté de la frontière, bien que la route soit ponctuée de fortins poussiéreux et de soldats retranchés, mitraillette en bandoulière, derrière des sac de sable, l’ambiance semble plus détendue. L’Iran, pays ami des deux autres, n’a, a priori, rien à craindre.

Après un carrefour avec l’axe principal, la route se fait plus étroite et prend de la hauteur. Nous arrivons peu après au village. Il est construit sur les pentes d’une colline. Toutes les maisons aux toits plats sont construites en argile et serrées les unes contre les autres dans un labyrinthe de petites ruelles pavées. Quelques enfants jouent dans les rues et sont surpris par la présence d’un étranger. Mes quelques mots de Farsi les surprennent autant que ça les fait marrer. Plus tard, j’apprendrai que dans toute la province les habitants parlent l’Azéri et non le Farsi, parfois source de difficulté avec le gouvernement qui refuse de reconnaître la langue comme officielle.

Dans ce petit village le temps semble s’être arrêté: un homme transporte du fourrage sur son âne tandis que les femmes lavent le linge ensemble dans de grandes bassines. De retour au taxi, nous nous mettons en route à toute vitesse vers Jolfa. A 140km/h dans la vallée de l’Araxe j’ai à peine le temps d’admirer les paysages de dingues tout autour de moi. En chemin, nous nous arrêtons dans un bouiboui pour dévorer un délicieux kebab, avant de reprendre la route accompagnés de deux soldats et d’un étudiant à l’arrière.

Un homme transporte du fourrage sur son âne

Après m’être installé dans ma chambre à Jolfa pour deux nuit (Tourist Inn, 30€/nuit), je pars explorer les alentours. Jolfa est une zone franche économique, on y trouve une foule de boutiques. D’autant plus que le poste frontière Azéri se situe en plein centre ville, ce qui favorise les commerces en tous genres. D’ailleurs, beaucoup de magasins ont leurs enseignes écrites en Azéri, mais le plus surprenant est la présence d’un Domino’s Pizza, chaîne de fast-food américaine. J’avais repéré à l’entrée de la ville un pont ferroviaire situé à côté d’un mémorial ou des gens se prenaient en photo et je décide de poursuivre jusque là a pied.

C’était sans compter sur Payman, un automobiliste qui passe par là et qui tient absolument à me déposer là où je vais. Avec sa femme et son fils, il m’explique la signification du mémorial et prend des selfies de nous, sous le regard attentif des deux soldats qui gardent le pont depuis un mirador placé au dessus des rails. Ce pont, qui permet aux trains marchandises venant de Turquie d’amener leur cargaison en Iran via l’Azerbaïdjan est un lieu stratégique bien gardé. Payman insiste ensuite pour m'emmener faire du shopping, et ne me laisse pas l’occasion de refuser. Bien que j’aie appliqué la règle du Taroof, qui veut que l’on refuse plusieurs fois une offre avant de l’accepter, me voilà malgré moi dans sa voiture sur les grands axes de circulation à l’extérieur de Jolfa. Je suis surpris par la modernité: de nombreux centre commerciaux design et flambant neuf remplis grandes enseignes américaines et internationales. Apparemment, l’embargo américain ne s’est pas invité jusqu’à ce mini Dubaï Iranien. A l'extérieur les voies rapides sont bondées, entretenues et décorées pour le mois d’Achoura, rien avoir avec l’image glauque et poussiéreuse que l’on a de l’Iran en Occident. Même si, bien entendu, ce lieu n’est pas représentatif de l’Iran en général. Payman insiste pour me payer quelques chose, je refuse, il insiste, je refuse, il insiste… Je finis par prendre ce qu’il y a de moins cher dans le magasin: un tube de dentifrice. Payman est fier comme Artaban de présenter son nouveau pote européen à tout qui veut bien l’entendre aux caisses. Spontanément les “Welcome in Iran” fusent et je me vois invité à prendre leur numéro de portable “au cas où j’aurais besoin d’aide”. Finalement, Payman qui rentre ensuite sur Tabriz, me dépose à mon hôtel et je ressors immédiatement manger juste en face. De toute façon je ne comprends rien à la carte écrite uniquement de ces belles arabesques persanes et je choisis un kebab au hasard. Le ventre plein, fatigué, je rentre dormir. Ca aura été une longue et intense journée.

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L'Arménie en mai 2018
MAI 2018 : Notre voyage en Arménie

Samedi, le 19 mai à 3h30 du matin : départ vers l'aéroport de Zaventem

Les photos du 1er jour

Notre fille nous conduit sans encombres jusqu'au drop-off. Les files commencent de suite, pour entrer à l'aéroport, pour l'enregistrement des bagages, à la douane, au contrôle de sécurité. Nous sommes en retard pour l'embarquement, il n'y a plus personne, donc cela passe comme une flèche, ainsi que pour prendre notre place à bord. A Kiev, nous n'avons que le temps de rejoindre la porte pour la correspondance.A l'aéroport de Zvarnots, nous sommes attendus par Nara notre guide, avec un couple de Court-Saint-Etienne. Le troisième couple arrivera par un vol tard dans la soirée. Première découverte de Erevan. Nara nous montre au passage l'Ambassade des Etats-Unis, qui vu l'étendue du site doit abriter pas mal d'espions. Puis la route franchit le pont de la Victoire, qui enjambe des gorges. De chaque côté, les deux distilleries de brandy arménien : "Ararat" en impose ! Après un arrêt pour changer nos euros en drahms, nous arrivons rapidement à l'hôtel, bien situé, près du ‘Vernissage', marché local artisanal. Il fait beau. Directement un vendeur veut nous vendre un disque de Charles Aznavour, artiste français d'origine arménienne mondialement connu. Ici on vend de tout : livres, fleurs, couteaux, flutes, outils de menuiserie, broderies, bijoux, jeux d'échecs, … Nous faisons quelques achats, pour des cadeaux et pour nous. Il est 18h et l'orage menace. Nous faisons halte dans un café-resto pour nous désaltérer. Repérage pour trouver le resto conseillé par Nara. A notre arrivée au resto nous retrouvons Monique et Michel, nos compagnons de voyage et nous sympathisons. Notre hôtel, très récent, le Messier 53 nous assure tout le confort pour les 2 premières nuits.

Les photos du 1er jour

Dimanche 20 mai : dimanche de Pentecôte

Les photos du 2e jour

Par whatsApp, nous apprenons que Sandrine est allée aux urgences et en est sortie avec un plâtre, un problème aux tendons, le même pied qu'il y a quelques mois. Stress, mais on ne peut rien y faire.Au petit dèj, nous rencontrons le 3e couple, de Louvain-la-Neuve : c'est donc le Brabant Wallon qui se retrouve en force en Arménie. Chouette. Il n'y a pas de café, c'est du nescafé. Le pain n'est pas terrible. Une dame derrière une vitre :-) prépare une espèce de gigantesque pâte à pizza et nous fait signe. On nous l'apporte à table. C'est croquant et sans goût. Je constate des personnes à une autre table qui découpent des petits bouts et y fourrent de la confiture ou un morceau de tomate. En fait pendant le dîner, la guide nous expliquera que c'est du lavash, leur pain sans levain, traditionnel, qui ne fait pas grossir :-) elle ne mange que ça ! Nous démarrons sous une fine pluie, avec un minibus d'environ 20 places pour nous six, et notre chauffeur Artak. Premier mot appris en Arménien : bonjour = Bari luys (le matin, et barev en général – luys signifie lumière). Traversée d'Erevan et départ vers le plateau qui surmonte les alentours de la capitale, comparable à Bruxelles en nombre d'habitants. Immeubles tours à la soviétique, assez délabrés, mais rues propres. Conduite assez calme et trafic fluide. La route s'élève. Nara nous fait l'historique de l'Arménie depuis des temps ancestraux. Nous passons devant la statue de Haïk, l'ancêtre de tous les arméniens. Histoire sanglante pour l'Arménie dont le territoire s'est réduit de guerre en guerre jusqu'au génocide turc de 1915, les concessions de Staline en 1933 avec la perte du Mont emblématique, et les conflits plus récents avec l'Azerbaïdjan pour le Haut-Karabagh. Bonne ambiance dans le bus. Nous arrivons au Temple de Garni, unique temple d'influence grecque encore en place, bien que reconstruit suite à un tremblement de terre. Son emplacement en surplomb de la vallée du cours d'eau tempétueux Goght : un lieu stratégique. Le site est visité par un groupe d'ados, qui terminent déjà l'année scolaire cette semaine : ils ont 3 mois de vacances d'été. Nous visitons les anciens thermes romains, avec des mosaïques assez bien conservées, et une phrase mystérieuse qui dit ‘nous n'avons pas été payés' ! Revendication syndicale à l'époque romaine ?? Nara semble ne pas être convaincue que nous sommes aptes à faire la promenade prévue au programme et demande plusieurs fois si tout le monde sera capable de descendre la pente raide et de remonter le chemin abrupt à la fin. Je crois qu'elle espère qu'il pleuve à nouveau. Mais nous voulons absolument le faire et un guide local nous accompagne qui nous aidera à passer les endroits les plus glissants. La pente est effectivement glissante et la main tendue est bienvenue. Les coquelicots ici sont plus beaux que chez nous, la corolle est agrémentée de noir. J'adore. Les roses sauvages sont également en fleur. Il ne pleut plus et nous arrivons sur un chemin à plat le long de la rivière, mais interdit de photographier malgré les splendides orgues basaltiques : c'est un endroit stratégique ! Nara nous rassure : arrivés à une clôture, nous sortons de la zone stratégique et le paysage devient encore plus fabuleux. C'est plus beau et plus grand qu'en Islande ! Incroyable. C'est aussi le refuge de nombreux nids d'hirondelles. Nous sommes déjà dans la remontée. La belle vue atténue la difficulté. Nous allons dîner chez l'habitant. Le jardin de nos hôtes est magnifiquement arrangé : amphores, balancelles, lit recouvert d'un tapis, pour la sieste. La situation en promontoire de la vallée avec vue sur la rivière que nous venons de longer à pied. Nara dit que nos hôtes ont suivi notre progression en bas ! La table est dressée : au moins une dizaine de plats de salades diverses, taboulé, et le lavash comme à l'hôtel. C'est délicieux et ce n'est que l'entrée. J'avais remarqué que le ‘boss' préparait un bbq. C'est de la truite saumonée. Elles sont bien plus grosses que chez nous. Elles sont découpées en 4 parts. Nara préfère la tête, elle se régale. Dessert et café pour terminer : cerises, bananes et pommes avec une grosse part de gâteau à l'orange : bonjour le bénéfice du lavash ! J'ai prévu une boîte de chocolats pour nos hôtes. La jeune femme ouvre la boîte mais nous refusons d'en prendre. Les toilettes sont situées sous les ruches ! Spécial ! Pas le temps de faire la sieste. Nous quittons ce bel endroit et ces gens accueillants pour notre prochaine visite. En route vers le monastère de Géghard, monastère de la lance sacrée. Pour y accéder, belle route qui traverse le plateau supérieur au-dessus de la vallée. Au détour d'un virage nous croisons un troupeau de moutons. Par endroits la colline s'affaisse et des pans de murs sont par terre. Les poteaux d'électricité semblent rafistolés avec un socle en béton et le poteau en bois attaché avec du fil au béton. Le monastère est accolé à la montagne, en partie construit et en partie creusé dans la roche, avec des cavités pour loger les moines. Quelques commerçants vendent des grands gâteaux, des barres de fruits secs ou des couronnes de fleurs. Il y a du monde et en ce jour de Pentecôte, un baptême se prépare : 2 jeunes filles et un petit garçon de 2 ans. Visite de l'église et nous assistons au baptême traditionnel et confirmation dans la foulée. Le prêtre principal est un colosse impressionnant coiffé d'une calotte noire. On amène l'eau dans un grand seau. Le bébé pleure et les jeunes filles s'aspergent copieusement y compris sur les jambes et dans le cou. Les khatchkars, monuments aux morts, pierres sculptées de croix ornent les murs un peu partout. Il y a aussi une source miraculeuse vénérée par les fidèles, qui laissent des mouchoirs attachés à des arbres à voeux, derrière le petit pont. Retour à Erevan avec un petit arrêt pour admirer un point de vue sur la ‘plaine' (plaine volcanique très chahutée, et la statue en l'honneur du poète Yeghishe Charents persécuté par les soviétiques et qu'on voit sur les billets de 1000 drahms. Retour à l'hôtel et court moment de repos. Il drache. Nous avons accepté d'aller à pied au resto (20 min) pour que Artak puisse bichonner le minibus avant la longue route de demain. Nous démarrons plein d'entrain vers le resto Mezzo où nous entendrons du Jazz live. A peine partis la pluie recommence à tomber. Tout le monde est équipé sauf Daniel et Nara. Nara propose plusieurs fois de prendre un taxi ce que nous refusons. Mais après 20 min de marche forcée, il en reste encore 10 ! Va pour le taxi alors ! Le mien a 4 grandes fissures dans le pare-brise et refuse de démarrer. Le chauffeur chipote sous le capot. On se croirait à Pekin-Express. Daniel a un véhicule plus moderne avec conduite à droite et gps en japonais. Ils achètent ces voitures sur internet, moins cher ! Le resto a de l'allure : un bar en forme de piano. Nous dégustons une soupe au fromage, onctueuse, délicieuse. Le plat de viande est copieux. Mais point de jazz. Nara appelle des taxis et bien sûr, au moment de notre départ, la musique démarre mais il est trop tard pour nous. Dommage.

Les photos du 2e jour

Lundi 21 mai :

Les photos du 3e jour

Il est déjà temps de quitter notre bel hôtel d'Erevan ! Nous partons sous la pluie. Traversée rapide d'Erevan avec vue de quelques monuments, depuis la voiture : l'opéra, 2 églises reconstruites après le départ des soviets, quelques statues de poètes et d'hommes politiques.On aperçoit de nouveau au loin les Monts Ararat, petit et grand, dans les nuages. Bonne ambiance dans le bus. Nara est enrhumée. Premier arrêt à Aktarak pour visiter une minuscule église construite sur le modèle orthodoxe, avec une coupole aplatie. Au loin on aperçoit une église arménienne, avec le toit pointu et conique. L'église Sainte Mère de Dieu est très belle. Nara explique toutes les différences et les similitudes entre nos versions respectives de religions chrétiennes, ainsi que les symboles et les règles de construction de toutes leurs églises : le nartex carré soutenu par 4 colonnes et le trou en haut au milieu. Les fidèles et surtout les catéchumènes restent dans le nartex pour suivre les offices. Le transept est beaucoup plus petit que dans nos églises avec l'autel plus haut que chez nous et construit, où seul le prêtre et ses acolytes montent pour officier, et en pantoufles. Un grand rideau se ferme pendant la préparation de l'office. Il n'y a qu'un étendard et 2 ‘pelles à pizza' avec des clochettes. Peu de statues et de décorations, une seule fenêtre minuscule dans le choeur.

Puis la route monte vers le monastère des Psaumes, Sarmossavank et les gorges Kasagh. Un matenadaran (bibliothèque) est adossé à l'église. Les moines y reproduisaient les livres saints, d'où le nom du monastère.Vue sur les gorges voisines : attention, ne pas s'approcher du bord, un guide y étant tombé il y a quelques années ! Les gorges sont vraiment impressionnantes. Nous avons bien choisi notre voyage, tout est largement au-delà de nos attentes. A midi, repas avec Master Class, chez l'habitant, à Ush. A nouveau, multitude de plats de légumes, et de l'oseille en entrée. Des pâtes grillées puis bouillies avec du veau, agrémenté de carottes en roulades. C'est très bon. La Master Class : ce sont nos hommes qui s'y collent : Daniel et Jacques nouent le tablier et on va faire un gâteau pour le dessert. Avec un gros rouleau, Daniel étale la pâte. Il fait des manoeuvres savantes, comme en voiture, pour arrondir la pâte. C'est très drôle, je filme. Au milieu de la pâte on a placé une pièce, qui portera bonheur celui ou celle qui la découvrira dans sa part à la dégustation. Le gâteau est placé dans un four traditionnel, dans un trou soutenu en haut par un pneu ! Le second plat, est la fabrication des fameuses pâtes du dîner : cette pâte est plus sèche et difficile à étaler, et il faut faire un ovale. Jacques s'applique. Ensuite on passe au découpage et on pend les pâtes sur le fil à sècher. Surprise, c'est moi qui découvre ‘la fève' ! Nous recevons des magnets, sympa ! et Daniel offre les colliers hawaiens aux couleurs de la Belgique à nos hôtesses ravies qui promettent de placer ces photos sur FB ! A la sortie de Ush, en direction de Aparan et Vanadzor se dresse le monument à l'alphabet arménien. Nous faisons maintenant route vers le nord, vers notre destination de ce soir. La route traverse un plateau avec vue sur les monts Aragadz (4090m) et le mont Arei à 2375m de l'autre côté. Le mont Ara ressemble à un homme couché, le roi Ara dont la reine Semiramis d'Assyrie était si amoureuse qu'elle lui fit la guerre mais ne récupéra que son cadavre. Nous traversons un village Yézidi (adorateurs du diable) avec un temple dédié à une divinité païenne. Arrêt technique à Aparam dans un centre commercial animé, sorte de boulangerie semi-industrielle. Puis nous passons par Araks avec son monument dédié à la victoire contre les turcs de 1918, qui a conduit à la création de la première république arménienne. Puis la ville de Spitak, épicentre du séisme de 1988 qui a détruit complètement la ville et où l'aide internationale a permis de reconstruire chaque quartier. Stepanavan est également une ville martyr, avec ses quartiers de hlm ouzbecks particulièrement sinistres. Arrivée au site fortifié de Lori Berd, en pleine campagne au bout d'un chemin de terre chaotique, site en restauration au bord de nouvelles gorges magnifiques sous le ciel menaçant. La route vers Dzoraged et notre nouvel hôtel est difficile. Les voitures évitent les trous en roulant carrément à gauche. Je crois chaque fois que nous courons à la collision, mais c'est comme des pas de danse : chacun sait comment ça va ! L'hôtel est au bord d'une rivière torrentueuse que nous longeons assez longtemps. Le chemin de fer passe par là également et la montagne est super belle. Il s'agit d'une liaison commerciale importante vers la Géorgie, la mer noire et le reste du monde. L'hôtel est moins confortable qu'à Yerevan, mais le bar est sympa. Va pour une caïpirinha, 30 ans après le Brésil. Les serveurs nous mettent Charles Aznavour et nos compagnons de voyage nous rejoignent pour l'apéro. Le souper est délicieux encore cette fois et l'ambiance est au top. Jacques est un bon amuseur, et un amateur de trains, on aura l'occasion d'en reparler.

Les photos du 3e jour

Mardi 22 mai

Les photos du 4e jour

Notre hôtel appartient à un riche investisseur, Tufenkian qui construit et restaure des établissements dans les régions reculées du pays dans le but de donner du travail aux jeunes locaux. But louable !Ce matin, nous démarrons vers le monastère de Hagbat, inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Le site est très grand : une église, une bibliothèque dans laquelle on a retrouvé des livres pétrifiés (que nous verrons à Yerevan), des tombes, une chapelle musicale à l'acoustique remarquable, où Jacques entonne quelques notes : c'est beau et apaisant : encore un beau moment ! Une petite promenade dans le village, vers une fontaine-lavoir, avec le système-D de raccordement de tuyau d'arrosage. L'eau est une des richesses du pays. Nous voyons aussi de plus près les canalisations de gaz qui circulent plus ou moins en hauteur entre les maisons : spécial et potentiellement dangereux, mais ici tout le monde a accès au gaz de ville, même dans les villages reculés ! Nous faisons route le long de la rivière torrentueuse qui longe notre hôtel. La route est par endroit en très mauvais état : mêmes prouesses pour notre chauffeur pour éviter les trous et les véhicules qui arrivent dans l'autre sens, qu'hier soir. Il doit être fatigué, notre ami Artack. Une nouvelle route est en construction pour désenclaver cette région frontalière de la Géorgie. Des usines de cuivre en activité réduite, ou à l'arrêt sont accolées à la montagne et gâchent un peu le paysage. Elles sont le témoin de la période soviétique qui assurait le plein emploi et exploitait les ressources locales. Mais l'exploitation du cuivre dans la région date de bien plus longtemps. Le père de Charles de Gaulle aurait dirigé une mine d'extraction en 1880, mine qui a fourni 225 tonnes de cuivre pour construire la Statue de la Liberté offerte à New-York par la France. Plus loin, les paysages sont de plus en plus fabuleux. Le temps s'éclaircit. Nous faisons halte au monastère-forteresse de Akhtala. Le repas de midi se passe dans un centre culturel. Un bbq se prépare. Il fait beau maintenant. L'entrée, délicieuse, est constituée des plats habituels et aussi d'herbes, petits oignons radis, … Le plat principal est une grillade de porc, très gras. Ici le porc coûte plus cher que le bœuf. Les pommes de terres au four ont un goût très fin, meilleur que la viande. Nous avons vue sur une usine d'extraction de cuivre toujours en activité. Visite du monastère-forteresse qui se caractérise par des fresques magnifiquement conservée, qui ornent l'église entière. Construite sur un piton rocheux au bord des gorges (Xe s). La coupole et le tambour se sont effondrés et n'ont pas été reconstruits. Certaines fresques sont des reproductions mais les originales restent saisissantes. On remarquera les fresques des 40 martyrs de Sébaste. L'église est de type géorgienne ce qui explique la présence d'autant de fresques. Lors d'une invasion mongole (Tamerlan), les paroissiens se sont cachés dans l'église. Les assaillants, ne les trouvant pas mais entendant pleurer un bébé, un canon a tiré dans le choeur atteignant exactement la tête de la Vierge Marie qui porte Jésus et montre le chemin. Le trou béant est également exactement au centre de la croix visible à l'extérieur. Miracle ou habileté des artificiers ? Dans le jardin, une sculpture circulaire attire notre attention : il s'agit de 2 gigantesques anneaux surmontés de la grenade, fruit emblématique de l'Arménie. Au pied de la statue, un serpent est dessiné, signe de la tentation au sein des couples ? Nous reprenons la route d'Alaverdi pour visiter le vieux pont qui enjambe la rivière Debed en centre ville. A nouveau, vue sur les friches et l'usine de cuivre en activité. Tout près, une cabine de téléphérique est restée à l'arrêt sur son fil tendu au-dessus du canyon. Vue également sur le funiculaire qui transporte les ouvriers en haut de la colline d'où s'échappent les vapeurs polluantes de l'activité industrielle. Arrêt suivant spécialement demandé par Jacques, amateur de trains, à la gare d'Alaverdi. La gare est située sur la ligne unique vers la Géorgie. Un train de marchandises attend en direction de la Suisse via Bakou et Géorgie. Le personnel de la gare se met en 4 pour nous recevoir. Séance photo avec le chef de gare et ses casquettes : l'actuelle et celle de l'époque soviétique, mais il ne retrouve pas son uniforme de service ! Je suis intéressée par le fonctionnement des aiguillages : visite de la salle de contrôle où on manipule pour nous les aiguillages de cette gare et même d'une gare plus loin. Je crains un peu que tout ne soit pas remis en ordre (mon esprit de testeur revenant subitement à la surface). Ce n'est pas Infrabel qui nous recevrait ainsi ! A voir les peintures de type soviétique dans la salle des pas perdus et le monument près des voies, au Général Mikoyan, natif de la région et constructeur des Mig-31 soviétiques. Retour à l'hôtel. Visite du jardin, le long de la rivière. Photos et selfies des belles fleurs, sous la pluie ! Nous faisons le tour de l'hôtel : piscine et salle de sport au sous-sol, plateforme sur le toit, belle vue sur la montagne. Repas et dodo.

Les photos du 4e jour

Mercredi 23 mai :

Les photos du 5e jour

Aujourd'hui nous devons nous lever plus tôt, boucler les valises et déjeuner à 8h.Daniel remarque une ancêtre Volga dont le bouton d'ouverture du coffre est un robinet douche énorme. La route nous mène à nouveau vers Alaverdi, d'où nous prenons la direction de Odzun en haut du canyon. Visite de la belle église de Odzun. Une grande stèle funéraire attire notre attention dans le jardin. A l'entrée de la ville, on aperçoit la statue monumentale du catholicos Jean d'Odzun. L'église date du 5e/6e siècle et se trouve dans un parc parsemé de tombes. Le curé attend les visiteurs, équipé d'une scie à main. Il dirige les travaux de jardinage. Très belle église avec des représentations de la Vierge, qui montre le chemin, à travers son Fils. Le prêtre a une grande conversation avec Nara. Très sympathique, il nous confie qu'il est marié et père de 4 enfants. Son père participe aux besoins du ménage. Il est particulièrement fier de son église et du parc, et nous confie ‘Le ministère de la culture a placé la montagne derrière mon l'église pour la mettre en valeur'. Il a de l'humour. D'Odzun la route longe la falaise du fleuve Débed jusque Stepanavan que nous avions déjà traversé en partie il y a 2 jours. Dans le bus, Nara nous décrit la vie quotidienne des Arméniens. Service militaire de 2 ans pour les garçons, à 18 ans, juste après l'école secondaire et avant les études supérieures. A l'école il y a un cours de ‘jeu d'échec'. La couverture sociale en Arménie est faible, ne couvrant pas la perte d'emploi, mais bien la maladie et la pension. Le coût de la vie nous semble très élevé par rapport au niveau des salaires. La viande de porc est plus chère que celle de boeuf. Après le passage d'un long tunnel, nous traversons une belle région habitée par le Molokans, secte protestante comparable aux Amish de Pennsylvanie. Ils sont aussi appelés, les buveurs de lait, ne pratiquant pas le jeûne. Puis traversée de la ville sinistrée de Vanadzor. La ville n'est que friches industrielles d'usines diverses mises à l'arrêt avec le départ des soviétiques. Pas d'argent pour nettoyer. C'est triste ! Plus loin le paysage change du tout au tout et nous découvrons le Parc National de Tavush, comparable à une ‘petite Suisse'. Arrivée à Dilidjan pour prendre le repas dans un agréable restaurant très design. J'en profite pour acheter quelques souvenirs qui feront plaisir aux enfants. Le repas est cette fois encore, vraiment délicieux. Nara nous amène dans le quartier reconstruit d'habitat traditionnel, mais où il n'y a pas âme qui vive. Dommage. Ensuite route vers le Lac Sevan. Le paysage change encore au passage d'un long tunnel. De ‘La Petite Suisse', nous passons aux ‘Steppes d'Asie Centrale'. Arrivée au Lac Sevan, le plus petit des 3 lacs de la Grande Arménie : le lac de Van est maintenant en Turquie et le plus grand : Ourmia est en Iran. Le lac Sevan est le 2e lac d'eau douce plus élevé en altitude du monde, après le Titicaca au Pérou. Réserve d'eau potable alimentée par 28 rivières. En 1933, Staline décide d'exploiter la réserve d'eau et de faire baisser le niveau de 45m. Les travaux achevés en 1949, l'eau continue de baisser. Avec la mort de Staline, l'exploitation hydro-électrique avait été abandonnée. De nouveaux travaux déviant le cours de la rivière Arpa dans le lac permettent une remontée des eaux depuis 2003. Petite grimpette de 249 marches vers les 2 églises en haut de la presqu'île : le monastère de Sevanavank avec l'église des Saints Apôtres et l'église Sainte-Mère de Dieu, qui abrite un khatchkar de style naïf ainsi que la Crucifixion en figure centrale, des scènes de la Nativité et du Jugement Dernier. A l'extrémité de la presqu'île, les pieds dans le lac, une mer on peut dire, on aperçoit la résidence du président ! Nous poursuivons notre route en longeant le lac Sevan, 70 km de long : autre chose que le lac de Genval !! Arrivée dans le village de Noratus et visite du cimetière de katchkars. Notre guide nous explique qu'un cimetière semblable a été détruit par les Azeri de l'autre côté de la frontière. Triste ! Des dames nous attendent pour vendre quelques produits d'artisanat (tricot). Nara nous explique les différents styles de katchkars et leur signification et symbolique. Sur une tombe nous remarquons des tessons de bouteilles. Lors des visites des familles les lendemains de jours religieux (Noël, .., Pentecôte = hier) les personnes apportent des victuailles et des boissons, qui restent après leur passage pour les pauvres du village. Puis nous visitons la partie moderne du cimetière avec une nuée de corbeaux qui survolent les tombes. Impressionnant ! Mais déjà il faut repartir. Une des dames vues à l'entrée se fait guide improvisé et nous montre que là un enfant est enterré, là une famille riche, là c'est un paysan qui est représenté sur la tombe, et là un artisan. Petite dringuelle bien méritée. Encore un de ces moments de temps suspendu. Continuation par le Col de Selim en empruntant la Route de la Soie. On est près de la frontière iranienne, et nous croisons des camions iraniens transportant des marchandises ? Au col de Selim, visite du caravansérail, abri pour les marchands de l'époque en voyage ainsi que pour leurs chevaux. Le gardien des lieux, ami de Nara et ayant appris le français à l'école de son village, nous offre un verre d'alcool de pommes de sa fabrication. C'est fort, et bon, ça me rappelle la goutte du Moni Fauss ! Il en verse dans une bouteille d'eau de 50 cl, et la donne à Nara. Arrivée tardive à l'hôtel à Jermuk, ville thermale dont les sources ressemblent à celles de Vichy. L'alcool ramené par Nara est le bienvenu pour clôturer cette longue et belle journée.

Les photos du 5e jour

Jeudi 24 mai :

Les photos du 6e jour

Départ pour une longue journée à nouveau. Le petit déjeuner est ralenti car un groupe de français très disciplinés font la file et ne semblent pas pressés. Nous faisons au plus vite. Les valises sont devant la porte de la chambre. Il n'y a qu'un ascenseur et les français s'impatientent comme nous de la lenteur du processus, mais cela s'arrange et nous sommes prêts à partir. Nous constatons que l'hôtel est situé juste à côté de l'usine d'embouteillage : souvenirs du début de ma carrière à Vittel !Nous reprenons la route d'hier. Très beau temps. Arrêt au col à plus de 2400 m. Venteux. Direction Tatev, The wings of Tatev, le nom donné au tout nouveau téléphérique installé par les Suisses, le plus long du monde, 5550 m. Panorama saisissant, grandiose et sensation forte au moment du changement d'inclinaison à chaque mât. Nouveau moment d'émerveillement : tout est vert, la route en lacets, en bas semble très scabreuse. L'arrivée après 12 minutes, c'est bien trop vite !! Visite du monastère. Un prêtre à l'air très zen et très gentil nous accueille avant la visite. Outre l'église de St Pierre et St Paul, il y a aussi une huilerie et dans la cour, un poteau construit sur un mécanisme en V avec des vis, qui oscillait à l'arrivée d'un danger tel que des soldats attaquants qui martelaient le sol, ou un séisme débutant. Cela ne fonctionne plus aujourd'hui, car après démontage pour comprendre le mécanisme, mystère non élucidé au demeurant, il n'a pas été possible de lui redonner sa fonction : il est à présent immobile. Le bâtiment du monastère est en restauration du côté du dortoir. Le repas de midi est servi sous une tonnelle à l'abri du soleil et avec une vue imprenable sur le monastère. Tous les types de salades, dont du choux-fleur rose, des épinards au fromage, puis de la viande de boeuf bouillie accompagnée de pommes de terre grillées, et un dessert, tout est délicieux. Nous voilà sur la route vers Erevan, destination le monastère de Novarank isolé dans un cirque montagneux aux falaises abruptes rouges (oxyde de fer) à couper le souffle. Je ne sais où donner de la tête. J'espère que mes photos seront à la hauteur de la beauté des lieux. Nara raconte les fêtes religieuses et profanes de l'Arménie. Nouvel An, puis le 6 janvier, Noël, épiphanie et baptême de Jésus. Le 8 mars, congé, à l'occasion de la Journée Internationale des femmes, suivie d'une semaine entière pour les femmes ! Pâques est à la même date que chez nous. Le lendemain de ces jours de fêtes religieuses, on honore les morts. Le jour des Droits de l'Enfant, les petits Arméniens sont gâtés, comme à notre St-Nicolas. Le premier septembre est également une journée très festive en Arménie pour célébrer la rentrée des classes. A l'entrée du canyon Amaghu, nous embarquons deux jeunes auto-stoppeuses dont une australienne qui a visité l'Ukraine, la Géorgie, la Turquie, l'Azerbaïjan et se débrouille en stop. Nara demande de ne pas monter les escaliers vers l'église. Nous comprenons pourquoi en découvrant les lieux. Mais bien sûr notre jeune amie n'a cure des conseils et entreprend immédiatement l'ascension, puis la descente scabreuse. Ah les jeunes ! Le cadre est extraordinaire, à 360° des katchkars taillés comme de la dentelle, … La route m'enchante toujours autant au retour. Je voudrais que le temps s'arrête. A la sortie du canyon, nous visitons la grotte ‘aux oiseaux', des hirondelles innombrables nichant sur la falaise, et des chauve-souris ayant investi l'intérieur. La grotte est quadrillée et fait l'objet de fouilles et d'analyses archéologiques et scientifiques depuis 2007. Plusieurs couches appartenant à la culture matérielle des époques différentes de l'Âge de la Pierre et du Cuivre. D'après les données obtenues par l'analyse radiocarbonique des objets et des fossiles (restes des ossements, carbone, tissus, semences et d'autres substances organiques), ces couches appartiendraient aux limites chronologiques de la fin de 5ème et le début du 4ème millénaires avant J.C. Un complexe de constructions en terre cuite de différentes formes a été trouvé. A en juger par la présence des récipients, flacons, tonneaux et pots destinés à la conservation des aliments et le pressoir destiné à la viticulture, le complexe avait un rôle producteur. Les résidus végétaux merveilleusement conservés, trouvés pendant les fouilles, les arcades, les tiges, les semences de la prune, de l'abricot, du blé, de l'avoine et d'autres céréales, cultivées ou sauvages, en sont le témoignage. La grotte, grâce à son microclimat singulier et constant, était un lieu idéal pour la production, conservation et stockage des aliments, ce qui est prouvé par les semences encore en excellent état. De plus, une chaussure en cuir a été découverte dans cette grotte, que nous verrons au musée d'histoire demain. C'est la plus ancienne chaussure au monde : elle a 5500 ans ! Nous reprenons la route vers le Mont Ararat. Nara raconte la légende de Noé et les batailles avec les turcs qui ont annexé le Mont, sacré pour les arméniens, et qui est juste le point culminant pour la Turquie : une question de hauteur pour les uns, et de profondeur pour les autres. Malheureusement le mont est caché par les nuages et la brume. Pas sûr d'avoir une photo correcte. Nous visitons encore le monastère de Khor Virap, le premier lieu saint de l'Arménie, où se trouve la fosse où a été torturé St-Grégoire l'Illuminateur par le roi Tiridate IV. Il survécut miraculeusement durant treize ans (par ailleurs, ce monastère est surnommé Prison de saint Grégoire Khor Virap signifie « puits profond »). Lorsque le roi, après avoir martyrisé Gayané, Hripsimé et leurs compagnes, tomba malade, Grégoire Loussavoritch apparut comme seul capable de le soigner. Il guérit le roi et le convertit au christianisme. L'Arménie devient alors le premier pays chrétien. Là nous nous trouvons à quelques km seulement de la Turquie et du Mont Ararat. On distingue les miradors à la frontière. Quelle tristesse. Nous reprenons l'autoroute vers Erevan. Ma boîte de chocolats Galler consolera le groupe de la pluie qui tombe bien maintenant. Le souper aura lieu à l'hôtel, et non dans un restaurant en ville, à la satisfaction de tous. Encore une journée riche en découvertes qui se termine très bien.

Les photos du 6e jour

Vendredi 25 mai :

Les photos du 7e jour

Nous sommes à nouveau à l'hôtel Messier 53, même chambre qu'au début du voyage : nous passons une excellente nuit et nous nous levons en pleine forme pour le dernier jour en compagnie de Nara, pour des visites dans et autour de Erevan.J'ai réussi à me connecter à mon compte FB et à trouver sa page. Premier lien cliqué : Charles Aznavour chante un Ave Maria au Mémorial du Génocide, que nous visiterons aujourd'hui : émotion très forte pour moi, je suis bouleversée. Nous démarrons la visite d'Erevan par le quartier des Cascades, conçu par Tamanian près du musée d'Art Moderne. Des escaliers en cascade mènent vers des oeuvres d'art et des statues. Les fontaines sont en panne et l'oeuvre n'est pas terminée, mais c'est quand même impressionnant et cela me plait beaucoup. La place Tamanyan, située devant l'entrée du centre, abrite un jardin de sculptures où sont notamment exposés des oeuvres de Fernando Botero, Barry Flanagan, Lynn Chadwick et Jaume Pensa, reconnaissable par les lapins. Certaines oeuvres sont des cadeaux du Royaume-Uni, ou d'autres pays du monde entier. Beau début de journée ! Ensuite nous quittons Erevan pour 3 visites d'églises dont le ‘Vatican' de l'église de tous les Arméniens du monde (à distinguer des Arméniens de Silicie). C'est une grande journée ici : Le jour de la dernière cloche' : le dernier jour avant les vacances d'été. Tous les élèves, les profs et les parents sont dans la rue. Les voitures sont décorées de ballons et klaxonnent. Les jeunes sont en uniforme, une fleur ou un noeud à la boutonnière, les mamans sont sur leur trente-et-un. La première église de Zvarnots, du 7e s, en ruine mais très belle, grâce à l'environnement, les coquelicots, le calme parfait. Nous sommes seuls ici. Quel privilège. La seconde église est celle de Ste Hripsimé, martyre et vierge, sous Dioclétien et Thiridate, le roi sanglier, tombé amoureux de sa beauté. Un prêtre sympa nous accueille. Il surveille les ouvriers qui remplacent le grand rideau de l'autel, en préparation de la fête de la Sainte, ce dimanche. Les rosiers en fleur, dans l'allée sont magnifiques. Le ‘Vatican' est très animé. Les groupes de jeunes affluent. L'église d'Etchmiadzine elle-même est en très gros travaux de restauration, hyper bruyants. Une grande esplanade permet d'accueillir les foules lors des grands évènements, comme la visite de Jean-Paul II qui a ramené en Arménie les reliques de St-Grégoire l'Illuminateur. Nous faisons des photos avec des jeunes qui terminent leurs étude et nous voilà déjà partis pour le repas de midi dans un centre culturel très vivant et intéressant : des souliers partout, un accueil chaleureux, une déco amusante, une boutique, … L'après-midi sera empreinte de plus d'émotion avec la visite au mémorial du Génocide : le parc avec tous les sapins plantés par les grands de ce monde venus se recueillir et montrer leur soutien au peuple arménien si souvent attaqué et maltraité. Des tombes et un mur long de cent mètres porte les inscriptions des villages arméniens de l'Empire ottoman dans lesquels ont eu lieu les massacres. Une pointe de granite de 44 mètres de haut représente la renaissance de la nation arménienne. Cette pointe est divisée en deux parties, l'une couvrant l'autre, qui symbolisent les deux Arménies orientale et occidentale. Puis nous arrivons dans le mémorial, douze stèles de granite disposées en cercle, et qui abrite la flamme éternelle. Des visiteurs déposent des roses blanches et des oeuillets tout autour. Un musée circulaire souterrain. On y trouve des clichés de photographes allemands (l'Allemagne était l'alliée de la Turquie pendant la Première Guerre mondiale) et plusieurs publications relatant les événements de l'époque. Après ce moment de recueillement nous sommes un peu sonnés. Retour à l'hôtel et temps libre jusqu'au souper. Retour à l'hôtel et temps libre jusqu'au souper. Nous allons cependant encore nous promener au Vernissage, faire quelques photos et le soir, nous soupons dans un resto branché, genre que nos filles apprécieraient :-) Nous préférons rentrer à pied en passant par la Place de la République où un spectacle son et lumière se produit sur les fontaines de la place, surtout en ce soir de fête dans la ville. Nous marchons dans une rue très animée, piétonne et où les boutiques sont ouvertes. Il y a de la musique partout et des gens dansent les danses arméniennes au son de l'accordéon et du duduk. Quelle chance nous avons d'assister à cela et de ne pas avoir pris le taxi. Nous arrivons sur une place avec un chapiteau et de la musique electro. Ce n'est pas la place de la république. Vite il faut faire demi-tour, sinon nous raterons de justesse la fin du son et lumière. Nous avons de la chance et nous apprécions le spectacle. Retour par le Vernissage, vide à cette heure. Nous sommes déjà presqu'à l'hôtel quand les premières explosions de fusées nous parviennent du feu d'artifice. Mais nous sommes fatigués et contents de rentrer au Messier 53.

Les photos du 7e jour

Samedi 26 mai :

Les photos du 8e jour

Marine, la nouvelle guide, nous attend. Elle parle un français encore plus parfait que Nara. Le programme de la journée nous est communiqué heure par heure : nouveau style ! Nous comprenons qu'il s'agit de rendez-vous successifs que nous devons respecter le mieux possible, chez le Maître du duduk et avec les guides des musées.Aujourd'hui on distingue un peu mieux le sommet du Mont Ararat et nous demandons un arrêt-photo. Artak fait un détour et s'arrête sur un rond-point, sur un grand pont, où on ne peut bien sûr pas s'arrêter. Nous faisons vite. Karen Hakobayan, maître du duduk et son épouse nous accueillent dans leur maison, un havre de paix superbement aménagé, avec une table de fruits, gâteaux, boissons à notre intention. Il y a un piano rouge, ancien, provenant de Belgique-France, qui avait été offert à la reine des belges au siècle passé. Et bien sûr une collection de duduks, soprano, baryton, … Karen nous en fait découvrir plusieurs types en exécutant de beaux morceaux de musique pour nous : musique liturgique de Komitas, Charles Aznavour, … Madame accompagne au piano pour un morceau de jazz génial. Blague de notre chauffeur, Artak : Je peux le faire aussi : c'est comme les pédales de la voiture … Ensuite vient une sorte de cornemuse en peau de chèvre, dont le morceau s'achève alors que Karen ne souffle plus dans l'instrument … Beaucoup d'émotion, moment magique. Temps suspendu. Puis arrive la visite de l'atelier. Le bois d'abricotier est coupé en carré, à la bonne longueur, séché pendant 2 ans, trempé dans l'huile de chanvre et des huiles essentielles. Le trou central est foré à la main, et les trous des notes sont tous différents. 3 jours de travail pour fabriquer un duduk. Karen a également inventé des instruments pour produire des sons bien particuliers. Il joue dans un orchestre connu ainsi que dans plusieurs musiques de films comme Gladiator. Nous achetons son CD. Etape suivante : le musée d'histoire où il est interdit de photographier. La guide du musée réexplique toute l'histoire de l'Arménie devant la carte. Ce n'est pas inutile pour moi ! Nous passons dans la salle de l'âge de la pierre. Les explications sont trop détaillées. De même pour l'âge du bronze. Ah, nous voyons la chaussure la plus ancienne du monde, découverte dans la grotte aux oiseaux, visitée il y a 2 jours. Nadia, puis Daniel, puis moi, quittons le groupe pour visiter plus rapidement plus de salles : les costumes, le génocide, … Le repas de midi est dans une taverne, où nous sommes servis par une armée de serveurs en tenue typique. Salades et fromages, puis un plat de poulet avec légumes grillés et le traditionnel gâteau : tout est très bon. Le second musée, celui des manuscrits : Matenadavan, avec une charmante guide qui nous explique le Livre des Lamentations, vénéré par les Arméniens, le livre le plus grand, sauvé par une femme au cours du génocide, et le plus petit. Les enluminures très fines et représentant des scènes et des personnages connus. C'est plus qu'intéressant, mais mes yeux se ferment, je n'en peux plus ! Jacques veux acheter des graines et nous ajoutons la visite du marché couvert qui n'était pas au programme. Les marchands de fruits secs et autres épices dans le premier hall n‘ont pas de succès. Dans le second bâtiment, les fruits, fraises, cerises, …, les légumes, poissons, … C'est la foule. Je fais plein de photos. J'ai récupéré de l'énergie. Ouf ! Retour à l'hôtel, repos, douche, un gros orage éclate. Ouf, nous n'avons pas entrepris de nouvelle balade en ville ! A 19h30, Marine nous attend avec Artak qui a l'air pas du tout en forme. D'ailleurs il ne soupera pas avec nous. Nous rentrerons en taxi. L'agence offre le vin pour ce repas d'adieu avec Marine. Avec Nadia j'entreprends de lui expliquer le paysage institutionnel compliqué de la Belgique : nous passons une belle soirée.

Les photos du 8e jour

Dimanche 27 mai :

Les photos du 9e jour

Le jour du retour est arrivé. Il reste quand même une matinée de temps libre. Nous prenons un taxi vers le croisement de l'avenue Abovyan et de l'avenue Moscovyan.L'avenue Abovyan est très large et arborée. Il fait beau et très calme. Les boutiques sont fermées. Photos au milieu d'un groupe de statues de joueurs de duduk. Nous suivons une partie de l'office dominical dans l'église Saint Astvatsatsin (Sainte Mère de Dieu). L'assemblée est surtout constituée de dames âgées, un voile cachant la chevelure. Plusieurs prêtres se succèdent en psalmodiant. Des diacres et des enfants de choeur circulent, chantent, récitent, encensent à tout va, tiennent des cierges et accompagnent le prêtre qui lit l'évangile. Les fidèles se lèvent, s'assoient, se signent, partent à reculons, font des offrandes à une table dans le fond de l'église. Je suggère à Daniel de faire don de nos dernières pièces. Je reçois en échange 4 bougies que je vais allumer dans la chapelle attenante. Nous poursuivons la rue Abovyan. Une librairie ouverte nous tend les bras. Daniel achète un livre d'histoire de l'Arménie en anglais. Sur la place Abovyan, l'affiche de Charles Aznavour, une grande fontaine entourée des signes du zodiaque arménien, ainsi qu'une immense araignée et un ours en boulons et autres ferrailles. Daniel déplace un pion du gigantesque jeu d'échec. Nous arrivons à la place de la République. Les drapeaux flottent : le drapeau arménien, rouge, bleu, orange, ainsi que celui du centième anniversaire de la 1e république que l'on fête le lendemain. Encore quelques photos des affiches du musée d'histoire : la départ de Noé du Mont Ararat, la consécration du poète Sayat Nova. Arrivés au Vernissage, j'achète un bracelet d'allure moderne à un jeune artisan, pour remplacer mon bracelet cassé, en attendant sa réparation. Il est presque midi et nous cherchons un endroit pour nous restaurer avant le départ vers l'aéroport. Repas assez décevant dans une sorte de fast-food. Arrivés à l'hôtel, notre clé est déjà désactivée , mais le problème est vite corrigé et les valises sont descendues à temps pour le départ vers l'aéroport. Artak n'a pas belle allure, il est malade. Les adieux sont brefs mais chaleureux.

Les photos du 9e jour BYE BYE ARMENIA ! WE WILL NEVER FORGET ! WE LOVE YOU !

Les photos du 2 juin Bonus : Samedi 2 juin, Place de la Monnaie à Bruxelles

La communauté arménienne de Belgique fête le centenaire de leur 1e République. Nous sommes là. L'ambiance est bon enfant. Les gens dansent sur des musiques arméniennes. Je remarque une famille dont tous arborent le t-shirt à l'effigie de Nikol Pachinian, le nouveau premier ministre, qui vient d'accéder à ce poste suite à la Révolution de Velours menée par les jeunes à Erevan peu de temps avant le début de notre voyage. Je demande si le mot écrit dans l'alphabet arménien est le nom du premier ministre. Non, c'est le mot COURAGE ! Après quelques mots seulement, je me rends compte que cette famille vient de Court Saint-Etienne, comme Monique et Michel et qu'ils ont visité le Musée de LLN et parlé à Nadia. Cette fois, LE MONDE EST UN VILLAGE, et pas seulement pour la génération de nos enfants ! Quel bonheur. Nous applaudissons et nous assistons encore à quelques danses plus traditionnelles et à des chansons qui rencontrent un beau succès. Le dimanche nous ne serons pas présents, mais Nara partage sur facebook la célébration à l'occasion du nouveau costume de Mannekenpis : le costume arménien traditionnel.

Nous souhaitons de tout coeur au courageux peuple arménien, un nouvel avenir, le meilleur possible pour eux-mêmes et pour leur beau pays.

Mes autres voyages sont à découvrir sur http://www.wagnerdenise.net
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Turquie: sites antiques peu ou mal connus
Bonjour,

Ceux qui sont déjà allés en Turquie ne peuvent l'ignorer, la turquie est très riche en sites antiques, grecs, romains, lyciens, etc.

En Méditerrranée, seule l'italie en possède, peut-être, autant.

Outre Ephèse, Pergame, Didyme, Troie, Aspendos, Pergé, Phaselis, Nemrut Dagh, beaucoup d'autres sites méritent notre attention par leur état de conservation parfois expetionnel, presque ''pomépeien''.

Je vous recommande :Aphrodisias, près de Pamukkale, ville romaine bien préservé, avec notamment le stade antique le mieux conservé du monde antiqueSagalassos, à 1435m d'habltitude, ville abandonnée dont ont a retrouvé 90% des pierres, ce qui est très rare. Un reportage d'Arte a longuemment parlé de ce site, un samedi soir.Termessos, qui aurait résistée à Alexandre le grand, abandonnée au Ve s ap JCAnamurium, bien conservé, voir son site Internet très illustré

Et totalement inconnue : la forterresse hellénistique de Kydna, qui ne figure dans aucun guide. ce foreterresse grecque du IVe s av JC (2300 ans) est conservée à 90%. Elle setrouve près de Xanthos, à l'embouchure du fleuve éponyme, face à la mer. Il n'existe, à ma connaissance, qu'un chemin pour y accéder. Pas de route. Il faudra marcher un peu. Source : J.-P. Adam, L'architecture militaire grecque. Cet archéologue a ''découvert'' le fort à la fin des années 1970.

En espérant vous avoir incité à aller visiter ces sites qui se trouvent souvent dans un environnement naturel remarquable, n'hésiter pas à compléter cette liste !
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Improvisation nomade (version intégrale)
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai �� cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
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Circuit moto Iran / Géorgie / Arménie / Turquie
Bonjour à Tous,

Bon ben voilà, mon prochain périple moto en septembre 2016 sera l'Iran. Pas au départ de France mais avec une location d'un 660 XT au départ d'Antalya. Direction la Cappadoce et puis visite de la Géorgie, descente et visite de l'Arménie et ensuite un petit tour de 4500 km en Iran avant un retour en Turquie par le mont Nemrut.

La balade durera 23 jours pour un total de 9500 km. L'agence de location moto est en mesure de fournir le carnet de passage en douane pour la moto.

Avis donc aux amateurs de contrées inconnues et voyage en 2 roues.

Cordialement

Laurent
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Turquie d'Istanbul à Dogubayazit
Bonjour à tous,

Je reviens vers l'ensemble des membres de ce forum qui m'ont bien aidé à préparer mon séjour en Turquie en juillet 2012. Je sais, j'ai mis du temps pour publier mes infos mais il n'est jamais trop tard.

Je suis donc parti 5 semaines en juillet et aout 2012, seul et avec un sac à dos. Je le dis tout de suite: les infos les plus intéressantes, je les ai trouvé sur ce site et en naviguant sur le net. Néanmoins, un petit guide de voyage ne fait pas de mal, à vous de choisir le votre et de recouper les infos. Pour l'Est de la Turquie, le guide que je possédais ne m'a pas trop aidé mais pour faire simple, je n'ai eu aucun problème pour trouver un logement. J'avais récupéré des adresses a droite à gauche et puis il faut aussi laisser place à l'improvisation, au hasard et aux rencontres.

L'itinéraire: J'avais choisi de partir 5 semaines pour avoir le temps de... prendre mon temps, et surtout pour aller dans l'Est, qui m'attirait, sans oublier Istanbul et la Cappadoce (eh oui, premier voyage en Turquie, on a envie de tout faire...). Donc premier conseil: prévoyez du temps si vous souhaitez faire un maximum de lieu ou alors revoyez à la baisse vos projets. Les voyages en bus sont vite fatiguant et deviennent de plus en plus longs vers l'Est du pays. J'ai moi même modifier la fin de mon parcours, non par manque de temps mais plutôt par un petit coup de fatigue (transports et chaleurs...). De toute façon, gardez des étapes pour le prochain voyage car il y a beaucoup de chances pour que ce pays se rappel à votre bon souvenir et vous donne envie de revenir. Pour moi, c'est le cas... Donc l'itinéraire... Arrivée à Istanbul (3/4 jours pour s'acclimater). Départ pour la Cappadoce (3/4 jours), Malatya, Nemrut Dagi, Sanli Urfa, Van, Dogubayazit, Erzurum, retour sur Ankara, Amasra, Safranbolu et retour sur Istanbul.

Dans le détail:

Istanbul 1ère étape: J'avais décidé de ne pas trop me prendre la tête et de profiter de ces premiers jours à Istanbul pour m'acclimater au pays, au climat, aux gens... Je savais que je revenais sur Istanbul à la fin du séjour et j'ai donc fais le choix de garder toutes les "visites touristiques" pour la fin. J' ai donc passé les premiers jours à flâner à droite à gauche, à me balader sans but précis, à savourer mes vacances. J'avais juste réservé une auberge de jeunesse près de la tour de Galata, (http://sumocathostel.com/). Très bonne ambiance, assez jeune, on peut surement trouver moins cher mais c'est très bien placé pour découvrir la ville. Et puis surtout, le quartier est très vivant le soir, un peu "bohème", très touristique, un peu trop mais agréable. L'auberge de jeunesse est à l'écart des rues animées et les petits jeunes qui y travaillent sont très sympa. Je recommande l'adresse (très propre, cuisine au sous-sol, connection wi-fi...). Pour les transports en commun, l'Istanbulkart n'est pas mal: vous achetez la carte pour environ 6€ je crois et vous rechargez, ça vaut le coup parce que à l'unité, les voyages deviennent vite chers. Vous la trouvez dans les petits kiosques (je ne me souviens plus du nom mais vraiment pas dur à trouver, et dans le centre d'Istanbul même si le kiosquier ne parle pas anglais, il saura vous comprendre et vous donner le précieux sésame...) Départ pour la Cappadoce: gare routière d'Istanbul, attention aux rabatteurs qui essaieront de vous emmener vers le guichet d'une compagnie de bus avec laquelle ils négocient "un peu" les tarifs. Bon, c'est pas méchant et on sait tous que ça arrive, mais perso, je me suis fait roulé (j'ai du lâcher peut être l’équivalent de 3€ au rabatteur, c'est pas énorme mais on a toujours les boules quand ça nous arrive, surtout quand on est au courant!!!). Surtout, la compagnie en question m'a vendu un billet pour Goreme qui s'est en fait avéré valable jusqu'à Kayseri car le bus n'allait pas plus loin. Donc, j'ai du payer le supplément (le sujet à déjà été abordé je crois sur le forum, bien vérifié que le bus se rend bien dans la localité demandée).

Cappadoce:Je suis resté uniquement à Goreme et Uchisar. Très touristique mais ça reste supportable. Ce qui m'a impressionné c'est que les touristes viennent surtout faire de la moto, des voyages en ballon... du coup les petits sentiers autours de Goreme sont assez calmes... j'ai fait 2/3 jours de ballades sans rencontrer grand monde. J'avais également réservé une petite pensyon très sympa mais je n'ai plus le nom en tête (je dois avoir l'adresse quelque part). Malgré le côté touristique, ça reste un coin extraordinaire.

Malatya et Nemrut Dagi: Une seule adresse, l'office du tourisme... bon en fait c'est un jardin en plein centre ville. J'y reviens. Ville très agréable de mon point de vue. Le quartier du marché et les petites ruelles autours sont très agréables, vivantes... plein de petits métiers, des gens accueillants... très bon souvenir. L'office de tourisme: comme le souligne un guide de voyage et pour aller dans le même sens, surement le meilleur endroit pour monter au Nemrut. Pour environ 50€, le patron propose le voyage en minibus, un repas sur la route (magnifique, la route...) une nuit avec un repas dans un "refuge" à deux pieds du site. En ce qui me concerne je ne souhaitais pas retourner sur Malatya mais redescendre vers le sud (Khata et Andyaman). Possibilité de négocier avec d'autres "tour operateur" pour redescendre de l'autre côté... ça vous coutera un petit billet en plus mais en négociant un peu(pas trop, sinon vous vous retrouvez tout seul) c'est jouable. Le Nemrut de toute façon, ça vaut le coup...

Sanli Urfa: Il commence à faire vraiment chaud !!! En plein mois de juillet, comptez 45°c. J'étais prévenu. Ville très accueillante. Pleine période de ramadan, je suis invité à droite à gauche à la tombée de la nuit pour la rupture du jeun... Otel Ugur, quasiment en plein centre ville... possibilité de négocier la chambre (ou plutôt la piaule...) Pas top mais je m'en contente... Le patron n'allume la clim que la nuit... Vous pourrez surement trouver mieux mais je rencontre des touristes, on discute avec le patron le soir sur la terrasse... Très bonne ambiance dans la ville

Van: L'un des meilleurs souvenirs: se réveiller dans le bus au lever du soleil en longeant le lac de Van sur une route (une piste) pas encore terminée... grandiose. Comme partout dans l'Est de la Turquie, population très accueillante. On se comprend comme on peut mais les gens viennent discuter naturellement. Un jeune couple me propose de me ramener de la citadelle. Je leur lâche deux trois mots appris en kurde la veille, ils sont ravis... Si mes souvenirs sont bons j'étais à l'hôtel Emre. Assez bruyants et un peu kitsch mais bien situé avec la terrasse et les vieux kurdes qui jouent toute la journée aux cartes ou dominos... Pour partir vers Dogubayazit, ne pas aller à l'Otogar, les départs se font d'une autre gare routière en centre ville. Bon à savoir car sinon vous tomberez sur des personnes qui essaieront par exemple de vous vendre un trajet pour Dogubayazit "via" Agri. En plus de rallonger considérablement le temps de parcours, il vous faudra je pense payer à nouveaux le trajet Agri-Dogubayazit. Heureusement, dans l'algeco qui sert de bureau, une carte de la Turquie et mes talents de géographe suffisent pour que le vendeur se rendent compte que son stratagème ne fonctionnera pas aujourd'hui.

Dogubayazit: Le trajet entre VAn et Dogubayazit est un vrai régal. Je suis dans un autre monde, un autre temps... le Mont Ararat se dévoile lentement, les "villages" kurdes en agglo nous rappel qu'Istanbul est à plus de 1500 km, de l'autre côté de la montagne, c'est l'Iran. Atmosphère particulière dans cette ville frontière. Je dors à l'hôtel Ispahan je crois. J'ai une chambre de ministre pour une somme assez modique. Attention, pas mal de rabatteurs en ville pour vous proposer des excursions sur la Mont Ararat et autres. C'est d'ailleurs comme ça que je me retrouve dans cet hôtel qui semble être le point de chute des touristes qui souhaitent grimper sur le mont Ararat. Les rabatteurs essaient de me vendre des excursions à des prix défiants toute concurrence... je flaire l'arnaque mais j'en profite pour négocier un bon tarif pour la chambre. Au moment de prendre possession de ma chambre, je m'assure auprès du personnel que le prix de la chambre est bien le prix négocié et qu'il ne dépend pas des offres "alléchantes" des mes deux rabatteurs. Pas de soucis. Je rentre dans la chambre, les fenêtres sont ouvertes. Réflexes, je les ferme. A la fin de mon séjour, je croise un couple de français qui, dormant la fenêtre ouverte, s'est fait dérobé papiers, CB, et liquides... Je passe un très bon moment dans cette ville. Quelques "salons de thé" en hauteur (comprendre au 1er ou au 2ème étage) permettent de consommer du thé ou de manger "discrètement" en cette période de ramadan. Ishak Pasa, magnifique... mais l'ambiance est un peu tendu. Pas mal de blindés militaires dans les rues, contrôle de le la gendarma dans tous les alentours, quelques personnes ostensiblement armées...

Ankara:Un peu fatigué, je renonce à me rendre à Kars. Un français rencontré à Malatya et avec qui je passe une partie du séjour me fera regretter mon choix. Je pars en bus sur Erzurum (à voir). Puis je décide de prendre le train pour aller à Ankara. Avantage: le train ne coûte pas cher et c'est beaucoup plus confortable que le bus...Inconvénients: c'est long...très long!!! Arrivée à Ankara: j'ai l'impression d'être en Europe de l'ouest. Pas ou peu de femmes voilées, des femmes en jupe, des bars, de la musique, de la bière... la Turquie est paradoxale et j'adore ça.

Fin de séjour: Amasra, la mer noire. Très peu de choses intéressante d'après les guides mais Amasra pourquoi pas... enfin non, Amasra ne vaut pas le coup. Par contre la petite crique de Bozkoy à quelques kilomètres... génial!!!

Retour sur Istanbul pour les derniers jours: Mosquée bleu, Sainte Sophie et tout le toutim... je suis content d'avoir gardé ces activités touristiques pour la fin....

Tout ça pour dire que:

- La Turquie est un pays magnifique: Diversité des paysages, mélange de modernité et de traditions, gens accueillants et ouverts à la discussion malgré la barrière de la langue. - Je ne me suis jamais senti en danger. Ok, dans l'Est on sent un peu plus les tensions mais pas de dangers pour les touristes, en tout cas pas pour moi. Après, il faut surement prendre quelques précautions. - Les seuls "soucis": les otogars. Et encore... il faut juste éviter les rabatteurs ou les gens qui veulent profiter de notre méconnaissance de la langue pour se faire un petit billet...

Pour info: Je suis arrivé à Malatya en pleine nuit, je ne voulais pas payer un hôtel, j'ai donc dormi tant bien que mal dans l'Otagar. Pas de problèmes, vous ne passerez pas pour un clochard... plein de turcs font la même chose. Vous trouverez toujours quelque chose à boire ou à manger, vous trouverez toujours un bus ou un dolmus pour aller quelque part. La plupart des gens sont bienveillants et feront attention à vous. Pour info entre Agri et Erzurum, le personnel du bus à voulu me faire descendre en pleine "pampa"... je n'ai pas trop compris pourquoi. Quelqu'un s'est mis au milieu de la route pour arrêter un dolmus qui allait me déposer à Erzurum. Cela évitait au bus de faire un détour...

Pas de soucis pendant le ramadan. La Turquie est un pays laïc. Les restos sont ouverts et les gens savent que vous n'êtes pas musulmans. D'ailleurs, j'ai rencontré pas mal de Turcs qui ne faisaient pas le ramadan (ou alors à leur façon). Il y a toujours la possibilité de trouver des "teagarden" ou des endroits discrets pour boire du thé... On trouve des cyber cafés partout, dans toutes les villes.

Merci notamment à Michel (Tatra) pour tous ses précieux conseils. La Turquie est un pays magnifique, les gens sont accueillants... mais ça, vous le savez déjà.

Je reste à votre disposition pour toute info ou conseil. J'ai essayé d'être le plus précis possible mais j'ai surement oublié des choses. Bon voyage. Jérôme
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Frontière Turquie - Arménie
Bonjour,

Je cherche des infos sur le passage en Arménie depuis la Turquie, quelqu'un l'a t'il fait récemment ? La frontière est elle ouverte, est ce possible ?

Merci d'avance pour votre aide Chris
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Passage frontière Arménie puis Iran
Bonjour tout le monde, j'ai deux questions à vous poser, toute information complémentaire ou additionnelle étant la bienvenue...

Premièrement:

Je compte me rendre en Arménie, en passant par la Turquie et la Géorgie, j'irai ensuite probablement en Iran et en Azerbaïdjan. Seulement voilà, j'ai cru comprendre qu'il arrivait que les douaniers ou je n'sais plus qui colle le visa arménien sur le passeport. Ce visa n'ayant pas spécialement la côte en Azerbaïdjan et peut-être même en Turquie, il peut entrainer le refus de la part des douaniers de rentrer dans ces deux derniers pays. Est-ce-vrai? S'i il n'était pas collé sur le passeport, cela changerait-il quelquechose? Comment éviter cela, et est-ce que ça peut arriver dans d'autres pays, posant ainsi le même genre de problème?

Deuxièment:

Aux vues des évenements actuels dans le monde arabe et surtout islamique, (à cause de quelque vilain dessinateur danois) renter en Iran est-il toujours possible? Comment s'y prendre excatement, pour l'invitation, le visa et les backchichs sans devoir emprunter de l'argent à toute sa famille juste pour passer la frontière?

Et en passant, la sécurité des français et autres européens s'est-elle empirée avec ces évenements au Pakistan?

(Pour finir, quelques mots sur la surprenante colère de milliers personnes dans certains pays arabes; il me semble que ces tristes caritures sont la goutte d'eau qui fît déborder le vase. Justifiée ou non, cette colère est surtout dûe au fait que nos états développés et modèles n'arrêtent pas de les prendre pour des cons, en voulant les aider, en les contrôlant, les félicitant ou les corrigeant... Je conçois à quel point cela doit être désagréable d'avoir toujours quelqu'un sur le dos, sans jamais pouvoir trouver et corriger ses erreurs par soi-même. C'est d'ailleurs ce qui se passe en Afrique et c'est aussi pourquoi les états comme la Côte d'Ivoire nous envoient chier. N'oubliez pas pour finir que les Etats-Unis ont bombardé un petit village au Pakistan il y a quelques semaines. On en a parlé deux jours, je n'ai jamais entendu d'excuses (cela dit peut-être y en a t-il eut). Une centaine de morts. Imaginez si le Pakistan avait bombardé un petit bled aux USA pour essayer de tuer un ou deux gars dont la vie les gênait. Imaginez les conséquences...)

S'il vous plaît de répondre en priorité à mes questions...
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Voyage Géorgie - Arménie en trail (moto)
Bonjours à toutes et tous, voilà je prépare tout doucement un grand voyage en moto seul ou accompagné d 'autres copains🙂 mes destinations sont la géorgie et l'Arménie.Je sais qu'il y a des régions à éviter ex Ossetie du sud ou Abkhazie(Georgie). Ma question est la suivante....est il possible d'entrer sur le territoire de la Géorgie par la Russie ou est il préférable de passer par la Turquie?? et pour entrer en Arménie y a t'il des problèmes aux frontières??je compte dormir sous tente.....camping sauvage est -il autorisé??
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Moyens de transports et conseils sur l'Arménie et Géorgie
Salut,

Avec ma copine on souhaite partir en armenie ainsi qu'en georgie (pour l'azerbaidjan on verra plus tard si on arrive a trouver une lettre d'invatation pas trop chere!!)

Nous souhaitons savoir si quelqu'un est deja parti dans cette region, si l'acces aux regions autonomes de georgie sont faciles, qu'elles sont les moyens de transports entre ces 2 pays (j'ai entendu dire qu'il y avait un train!), qu'elles sont les regions instables et aussi la question du logement: camping possible ou auberge?

Merci pour toutes infos
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Ascension du mont Ararat depuis Yerevan (Arménie)?
Bonjour,

Je voudrais me rendre en Arménie, et y faire notamment l'ascension du mythique mont Ararat. Est-ce possible depuis Yerevan? Vos suggestions et conseils sont les bienvenus, notamment agence locale à récommander? période (climat) la meilleure pour faire cette ascension? Merci d'avance pour votre aide,

Chantal
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Balkans/Turquie/Arménie/Asie Centrale/Mongolie: visa pour la Russie?
Bonjour à tous Ca y est nous sommes enfin pret, nous partons mercredi de chez nous dans les Hautes Alpes à Briançon, direction la Mongolie. Notre poids lourds est quasiment pret, il nous manque encore les conduits du poele à bois et quelques finitions pour nos longues soirées d'hiver. Vous pouvez également suivre les aventures de notre petite famille sur notre blog: lanoumatis.centerblog.net. Notre plus grand souci est que nous n'avons pu faire de visa pour la russie et qui nous aimerions avoir juste un visa de transit. Nous esperons qu'en presentant nos visas Mongoles à la sortie du Kazakstan, les Russes soient cool. Bonne continuation Positif Mat
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Passage à la frontière de l'Arménie vers Iran à vélo
Désireux de poursuivre la route de la soie à vélo, je projete de reprendre monn itinéraire à partir d'Erevan en Arménie et de filer sur l'Iran. Avez vous des infos (notamment administratives) sur le passage de la frontière entre ces deux pays. Merci pour vos réponses.
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Arménie en camping-car?
Bonjour,

Quelqu'un sait-il si la frontière Turquie/ Arménie est ouverte ?

J'ai regardé les discussions sur le sujet dans le forum mais la dernière en date est de 2005 .

Autre question puisque nous hésitons encore sur notre destination, quelqu'un sait-il s'il y a une route permettant d'accéder en Ukraine en évitant la Moldavie qui est semble-t-il un nid à problèmes à la douane .

Merci de vos réponses.
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Iran - Azerbaidjan - Arménie et Géorgie à vélo...
bonjour,

je rentre d'Iran à vélo, ces jours ci,

l'idée est de passer par l’Azerbaïdjan, puis l'Arménie et enfin la Géorgie, avant de poursuivre en Turquie et Europe de l'Est,

quelqu'un a des retours d'expérience dans ce sens ?

la frontière Iran / Azerbaïdjan ? (cout visa, acaht direct à la frontière, poste terrestre, ...?) idem pour la frontière Azerbaïdjan / Arménie ? quels conseils ?

plus facile j'imagine ensuite, puisque pas de visas pour la Géorgie et la Turquie, vous confirmez ?

au plaisir, bonne route ;-)
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Obtention du visa arménien en Iran?
Bonjour.

Je pense passer de l'Iran en Armenie en bus en juin prochain. Le visa peut il etre demande en Iran, ou a la frontiere armeno iranienne ? combien coute t il ?

Est ce que quelqu'un sait si la frontiere armenienne turque est ouverte pour la suite de mon periple ?

merci d'avance. Carole.
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Voyage en Arménie pas cher
Bonjour, Je vais prochainement (juillet 2015) me rendre en Arménie avec ma mère. Nous souhaitons, partir léger et sans aucune agence, pour traverser le pays en dépensant le moi d'argent possible tout en pratiquant notre passion, le cheval. Nous pensions donc dormir chez l'habitant, se déplacer à cheval (l'acheter au départ puis le revendre) et visiter les lieux incontournables, tout en découvrant de magnifiques paysages.

Ce sera notre premier voyages (à cheval) sans agence, je me demande ainsi si une personne avait déjà tenté l’expérience en Arménie, car j'ai pleins de questions (prix d'un cheval, ....).

Merci pour vos réponses

PS: Je m'excuse des fautes d'orthographe sont présentes, je suis très jeunes.

Merci encore
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Traversée de l'Arménie et de la Turquie à pied
Bonjour à tous,

Et bien voilà, je commence à prévoir mon prochaine voyage qui débutera été 2011 (je n'ai pas encore les dates exacte). Mon but est de rentrer seul à pied de l'Iran (depuis les mont Zagros ou j'ai quelques connaissances à voir ou Tabriz) à l'Europe (du moins Jusqu'à Istanbul, la suite du voyage étant encore un peu flou) en passant par l'Arménie et la Turquie. En résumé: Partir à pied de Tabriz en Iran, me diriger au nord pour traverser la frontière Arménienne, traverser l'Arménie jusque à la frontière de la Turquie (sans me reprocher des frontières avec l'Azerbaïdjan) et enfin traverser la Turquie dans sa longueur jusqu'à Istanbul. Environ 2000 a 2500 km à pied, peut Importe le temps que ça prendra.

Pour cela j'ai déjà plusieurs questions auxquels vous pourriez peut être répondre:

- Quelles sont les meilleurs endroits pour traverser à pied les frontières: Iran - Arménie et Arménie - Turquie?

- Me conseillez vous un itinéraire particulier (tout en restant loin des lieux touristiques)?

- Le camping sauvage est-il autorisé en Arménie et Turquie?

- Est -il possible de loger chez l'habitant facilement dans ces pays (Juste en arrivant dans un village et en demandant l'hospitalité pour la nuit)?

- Y a-t-il des risques particulier dans ses régions qui sont des terrains de chasse propice pour les loups et les ours (surtout par rapport au ours, les loups étant généralement très craintif de l'homme)? Quelles sortes d'ours peut on trouver?

Voila pour l'instant, d'autres questions viendront sans doutes plus tard.

Merci d'avance pour vos réponse!!

Question subsidiaire: -Que pensez vous d'un pareil voyage?
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