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Route de la soie
by Jex · 2005-03-07 · 16 replies
Bonjours à toutes et tous, Salut Loko,

Je suis en pleine étude pour un voyage sur la route de la soie. De Belgique jusqu'à Vladivostok en passant par Turquie - Arménie - Ousbekistan - Khirghistan - Chine (via Lhassa) - Xian - Pekin - Vladivostok.

Avez-vous des conseils ? Des remarques ? Que pensez-vous de la faisabilité du projet ?

Bref je cherche toutes les infos nécessaires à la préparation de cette chouette prommenade...

Pour plus de précision, je pense utiliser une Lada Niva comme véhicule.

Merci d'avance

Jex
Distance kilométrique entre Paris Pékin par la route
by Julientours · 2005-02-04 · 28 replies
bonjour à tous,

j'ai en projet de fre paris-pékin par la route avec des amis mais je n'arrive pas trouver les distances kilométriques entre les villes de chine. quelqu'un peut m'aider??
Kirghizie l'annee 2005
by Vaciliska · 2004-11-26 · 376 replies
Salut a tous!

je vois que les petits francais se posent bcp de questions concernant le pays .. l'argent, les traditions, et les parcours..les pays voisins, les logements

je m'appelle Vacilissa et j'habite a Bichkek..

je repondrai a vos questions avec plaisir!!

bisous a tous .
Rentrer en Chine avec son propre véhicule?
by Glouis · 2004-08-30 · 22 replies
Bonjour,

Est ce que quelqu'un parmi vous l'a déjà fait ?, il semblerait que ce soit très difficile, voire impossible, où alors réalisable seulement moyennant le paiement d'une "taxe" journalière très conséquente.

Merci d'avance pour vos infos Christophe
Retour d'un voyage en Transsibérien
by Loumastevia · 2004-06-28 · 26 replies
Nous revenons d'un voyage dans le Transsibérien, voyage hors de l'espace et du temps... voyage inoubliable et personnel à chacun... Nous l'avions préparé pendant environ dix-huit mois, et nous avons largement puisé des renseignements dans forum voyage. Nous avons beaucoup apprécié les commentaires si bien écrit de Loopkin. Aussi, nous voulons à notre tour, aider ceux qui aimeraient avoir des renseignements pratiques. D'abord, on se situe : Deux amies, dont les maris n'aiment pas le train, et qui ont préféré ne pas nous accompagner, à notre regret ! Pour nous c'était un rêve de longue date, et en parlant entre nous, on s'est aperçu de notre rêve commun, et on s'est dit alors, " pourquoi pas " ? Mon amie à 56 ans, et moi-même, 72 ans. Nous ne voulions pas partir avec un voyage organisé, mais nous avons demandé à une agence de nous aider à préparer le périple que nous voulions faire, avec les dates qui nous arrangeaient. Nous avions décidé de partir en mai 2004, cela nous semblait bien loin, on avait semble t'il le temps de nous y préparer mentalement, financièrement, etc... On peut vous assurer maintenant, que le temps va vite et que mai 2004 est vite arrivé ! Et c'est déjà passé ! Mais pas dans notre tête... Donc, l'agence a assuré les transferts à l'aéroport de Moscou, via un hôtel, transfert jusque devant la gare de Iaroslavl, et une visite guidée à Vladivostok. Elle nous a réservé les billets d'avion, l'hôtel à Moscou, et Vladivostok, et séjour chez l'habitant à Irkutsk, et également les billets de train, et les démarches pour les visas. ; Nous ne sommes peut-être pas si aventureuses que les jeunes, qui réservent eux-mêmes leurs billets de train, etc. mais on était plus rassuré comme ça, et nos maris également ! Nous avons fait le trajet, Moscou-Vladivostok, et Vladivostok - Irkutsk en train, puis retour en Avion, Irkutsk - Moscou et Moscou-Paris. Au départ, jusque Moscou, avec Aéroflot, ainsi que de lrkustk jusque Moscou au retour. Et, de Moscou à Paris, c'était un " combiné, Aéroflot - Air France ", mais avec avion Air France. Nous avons trouvé que les atterrissages avec Aéroflot étaient très doux et progressifs ; Dans le train, " le Rossya N°2 ", nous étions dans un compartiment à quatre, et avons, au départ, été deux fois trois nuits à trois, et une nuit à quatre. Et toujours avec des Russes. Même si l'on est un peu à l'étroit, les contacts sont toujours sympathiques et chaleureux, et intéressants. Nous pensons que s'il y a un problème avec certains, la provodnista peut nous changer de compartiment, s'il n'est pas trop plein. Nous sommes revenues par le train " Sibir " N°7 jusque Irkutsk, où l'une de nous a de la famille proche. Nous y sommes restées cinq jours, dans une famille qui loge des touristes. Début mai, il y avait très peu de touristes. Le temps était très agréable et même varié. Chaleur à Moscou, neige aux environs de Chita, pluie et brouillard quelquefois, mais dans l'ensemble, beau temps. Nous avons vu le côté Est du Lac Baïkal, en le longeant avec le train, encore gelé, et de toute beauté ! Par contre, à Listvianka, il était dégelé.

Le téléphone est très cher dans les hôtels !!! Les cartes de téléphone, sont différentes soit pour utiliser chez l'habitant, avec numéro code, soit cartes pour téléphone public, utilisable selon le district. Les cartes achetées à Moscou, ne fonctionnaient pas pour ltkutsk, et vice-versa... Et difficile à trouver des cartes, à Moscou, c'est au guichet du métro que nous les avons trouvées. N'hésitez pas à nous poser des questions
Circuit avec Nouvelles frontières au Laos
by Espritzen · 2004-06-06 · 33 replies
le circuit "aventure" au Laos me parait pas mal et hors des sentiers battus (encore qu au Laos c'est deja trankill !!!), et ensuite aller en thailande par mes propres moyens.

qui a fait des circuits en asie avec NF ?

merci de vos commentaires.

😏
Nos médecins nous conseillent... site santé
by Lotusbleue · 2004-06-05 · 6 replies
Nous nous posons parfois des questions du style :

Pourquoi les médecins ont des avis si différents par rapport à d'autres quant à la médication des futurs voyageurs, en parcourant le site du ministère de la santé, je suis tombée sur ça :
http://www.sante.gouv.fr/

Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2003 (à l'attention des professionnels de santé) BEH n° 26- 27/ 2003 117

Deux critères interviennent dans l'établissement d'un programme de vaccinations destiné à un voyageur. Le premier de ces critères est l'obligation administrative qui correspond plus à la protection du pays contre un risque infectieux venant de l'extérieur qu'aux risques encourus par le voyageur. Les risques réels encourus par le voyageur constituent, quant à eux, le second critère et varient en fonction de plusieurs paramètres : la situation sanitaire du pays visité ; les conditions et la durée du séjour ; les caractéristiques propres du voyageur, en particulier l'âge et aussi le statut vaccinal antérieur.

Le choix de la prophylaxie médicamenteuse tient compte des zones visitées (classées en groupe 1, 2 et 3 selon la fréquence de la résistance à la chloroquine et au proguanil, le groupe 0 correspondant à un risque nul de paludisme), de la durée du voyage et aussi de la personne : l'âge, les antécédents pathologiques, une intolérance aux antipaludiques, une possible interaction médicamenteuse, une grossesse (ou son éventualité). Quelque soit l'antipaludique choisi, il est conseillé de prendre ce médicament au cours d'un repas. Aucun antipaludique n'étant toujours parfaitement toléré, il peut être admissible, dans une zone à très faible transmission et correctement médicalisée, d'avoir recours à la seule protection contre les moustiques. La répartition des zones de résistance de Plasmodium falciparum : la chimiorésistance peut être appréciée de façon quantitative par l'étude in vivo ou in vitro, ou par le génotypage des souches responsables d'accès, auprès d'échantillons de populations non immunes vivant en zone d'endémie ou de voyageurs non chimioprophylactisés. 2.2.3.1 - Cas général Pays du groupe 0 : zones sans paludisme, pas de chimioprophylaxie Afrique : Lesotho, Libye, Ile de la Réunion, Ile Sainte Hélène, Seychelles, Tunisie. Amérique : toutes les villes et Antigua et Barbuda, Antilles néerlandaises, Bahamas, Barbade, Bermudes, Canada, Chili, Cuba, Dominique, Etats- Unis, Guadeloupe, Grenade, Iles Caïmans, IIes Malouines, Iles Vierges, Jamaïque, Martinique, Porto- Rico, Sainte- Lucie, Trinidad et Tobago, Uruguay. Asie : toutes les villes et Brunei, Georgie, Guam, HongKong, îles Christmas, îles Cook, Japon, Kazakhstan, Kirghizistan, Macao, Maldives, Mongolie, Singapour, Taiwan. Europe : tous les pays (y compris Açores, Canaries, Chypre, Fédération de Russie, Etats Baltes, Ukraine, Belarus et Turquie d'Europe). Proche et Moyen Orient : toutes les villes et Bahreïn, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Qatar. Océanie : toutes les villes et Australie, Fidji, Hawaï, Mariannes, Marshall, Micronésie, Nouvelle- Calédonie, Nouvelle- Zélande, île de Pâques, Polynésie française, Samoa, Tonga, Tuvalu, Wallis et Futuna, Kiribati, Cook, Samoa occidentales, Nive, Nauru, Palau. Cas particulier des zones de transmission faible Compte tenu de la faiblesse de la transmission dans ces pays, il est admissible de ne pas prendre de chimioprophylaxie, quelle que soit la durée du séjour. Il est cependant indispensable d'être en mesure, dans les mois qui suivent le retour, de consulter en urgence en cas de fièvre. Afrique : Algérie, Cap- Vert, Egypte, Maroc, Ile Maurice Asie : Arménie, Azerbaïdjan, Corée du Sud, Corée du Nord, Ouzbékistan, Turkménistan. Proche et Moyen Orient : Emirats arabes unis, Oman, Syrie, Turquie Pour tous les autres pays, il est nécessaire de prendre une chimioprophylaxie adaptée à la zone visitée.

Par ailleurs, il est important de savoir que la répartition des zones de résistance de Plasmodium falciparum telle qu'indiquée dans le tableau 1 doit être nuancée en fonction des niveaux de transmission. La connaissance du pays de destination est insuffisante et il faut aussi tenir compte de la région visitée, des conditions de séjour, de la saison, des particularités locales... Par exemple, un séjour en Thaïlande ou au Vietnam mais sans nuitée en zones forestières ne nécessite, a priori, pas de prévention anti- paludique. Il en est de même pour toutes les villes d'Asie (sauf parfois en Inde) ou d'Amérique. De la même façon, le paludisme ne se transmet habituellement pas au- dessus de 1 500 mètres d'altitude en Afrique et de 2 500 mètres en Amérique ou en Asie. Ainsi, d'une manière générale, pour un court séjour touristique ou professionnel (inférieur à sept jours : durée minimum d'incubation du paludisme

La possession d'un médicament de réserve en zone d'endémie palustre peut se justifier lors d'un séjour de plus d'une semaine avec déplacements en zone très isolée mais aussi dans des circonstances qui incitent à ne plus poursuivre la chimioprophylaxie antipaludique, telles que les voyages fréquents et répétés ou une expatriation très prolongée

C'est en séjournant dans les pays à faible niveau d'hygiène que les voyageurs en provenance des pays industrialisés sont le plus exposés au risque de diarrhée. L'incidence est influencée par la saison, la pathologie pré- existante du voyageur et son comportement alimentaire. La prudence recommande d'éviter l'ingestion d'aliments et de boissons à risque (crudités ou aliments cuits consommés froids, même conservés au réfrigérateur, eau locale non embouteillée et glaçons). Il n'y a pas encore de vaccination disponible. La chimioprophylaxie est déconseillée, à l'exception de situations particulières. Le traitement curatif est souvent un auto- traitement pour lequel il est pratique de disposer de médicaments dont on se sera muni avant le départ.

et bien d'autres encore... maintenant je sais pourquoi certains médecins préconisent toutes sortes de traitements et vaccins !

Mon médecin me conseille les vaccins habituels à jour et la savarine et surtout des répulsifs et précautions d'usages car je vais dans une partie du Mékong où il y a énormément d'animaux et d'eaux stagnantes ! Il ne m'a pas conseillé ni l'hép. A ni contre l'encéphalite Jap... quoique comme il dit nous ne sommes pas encore en nov et d'ici là il y aura des avis sanitaires si un danger survenait dans ces pays !!!

Donc, comme le dit LI, il est important de voir avec son médecin et son itinéraire de voyage pour prendre les précautions qui s'imposent.

Si vous partez à l'aveuglette... au hasard des rencontres qu'elles soient humaines ou animales... il est normal que les médecins restent dans la prévention et vous indiquent plusieurs traitements ! Si vous ne savez pas où vous allez, eux savent ce que vous pouvez rencontrez comme maladies !!!

Et puis, je pars du principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir... et le trou de la sécu est suffisamment grand pour ne pas en rajouter !

C'est certain que les voyageurs avertis et rôdés ne prennent pas ou plus de traitement, mais pour celui qui se posent des questions et bien, voilà un début de réponse... à étudier avec votre médecin !

Bon voyage !
France-Népal en voiture
by Amélie87 · 2004-06-01 · 27 replies
Je voudrais savoir si qqn a déja tenté l'aventure, bon je sais pas si d'ici que je me lance j'aurai le combi, bien pratique pr un péripe com ça, mai je voulais savoir si il y a bcp de pièces de rechanges à prévoir, et si des notions en mécanique st indispensables! (pr un combi mai aussi pr une voiture)

Avec les détours pour ne pas faire de la route "pure" bien sur(ex. un crochet vers samarcande) je table sur 10 000km. Je suis pessimiste?c'est moins ou il faut bien ça? Et je pense étaler ça sur deux mois et demi(aller-retour bien sur!) Si vs avez des infos, merci!!!
Tour du monde comme les autres?
by Philobate · 2004-05-24 · 69 replies
Hello,

Bon aller un ptit sujet pour faire réagire les réveur et les autres (qui passe a l'act).

Quand on lit les post de cette partie du forum, presque tous le monde veut fair un tour du monde en avion, en empruntant les chemain balisé des autres routard. Est ce que plus personne n'as plus envie de faire autrement (je sait y'as un forum vélos), mais personne ne parle partire en bateau, voiture, roller, trotinette, mongolfier (bonjour le budget), cloche pied, courant, marchant, en tongues, bon la j'ai plus d'idée.

Il y'as tant de facont de découvrire le monde alors pourquoi le faire en avion ??????

@+

Philo
Off on an adventure in Namibia!
by Bibouns51 · 2026-08-18 · 173 replies
April 11 – Day 1

It was winter, a winter with beautiful weather, A season that only exists in the southwest of America, I remember very well what I told you that morning A month ago... A century ago, an eternity ago... We’ll go... wherever you want, whenever you want...

Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!



To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"



As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...

Cartographie GPS pour la Namibie
by Artagana · 2015-08-11 · 59 replies
Bonjour, Je prépare un voyage itinérant en Namibie en Novembre prochain. Je cherche des cartes compatibles avec un GPS GARMIN 276 C ou un NUVI 2467 . Si quelqu'un peut m'aider ce serait super !
Préférer Amica Travel ou Evaneos? (Vietnam)
by Rêvediles · 2014-03-15 · 10 replies
Nous hésitons, pour l'organisation de notre voyage au Vietnam en 2015 ( Nord, centre et Sud en 21 jours ) entre le site Evaneos ou l'agence Amica Travel. Qui a fait l'expérience et pourrait nous conseiller ? Par ailleurs, le mois de mars est-il le mois le plus approprié pour un voyage agréable dans l'ensemble des régions du pays ? Enfin, si vous avez vécu chez les Lolos Noirs, qu'en ressort-il de votre séjour ? Y-a-il eu un véritable échange ou seulement une illusion de partage ? Merci de votre aide. Matiz Rêvediles
Retour du Transsibérien 2011
by Baguette20 · 2011-08-29 · 10 replies
Bonjour à toutes et à tous. Voilà un premier résumé de mon transibérien 2011.

6/7 Août: Saint Pétersbourg - Hostal: Cuba Hostal. Bien situé (en face de l'Eglise Kazan) mais l'ambiance ne nous a pas convaincu et encore moins l'odeur de vomi dans notre chambre. Restaurants: Zoom Café (première à droite en sortant de l'hotel). Très bon! Et equilibré. Crème de champignon très bonne! Vino y Sopa (en face de l'hostal): très bon, ambiance intime. Et comme son nom l'indique, grande variété de vins et de soupes Visites: - L'Hermitage: indispensable! J'ai beaucoup aimé. - Eglise du sang versé: Même chose - très beau dehors et dedans. - Eglise de Kazan: allez-y à 18h00 pour la messe avec la chorale. Ça vaut la peine. - St Isaac: bof - Palace de Peterhof: allez-y en métro puis bus. Beaucoup plus économique qu'en bateau (800 roubles!!!). C'est plus long mais pas tant que ça. Le jardin en soit est sympa, surtout les fontaines sur la partie droite. Je n'ai pas visité le palace. - Nevski Prospekt: une grande avenue... rien de spécial en soit. Et malheureusement, pas eu le temps pour plus! Il faudra revenir.

8/9 Août: Moscou Hostal Godzilla: Très bien! Agréablement surpris après la mauvaise impression du Cuba Hostal. Apparemment, un des meilleurs hostals de Moscou après avoir discuté avec d'autres amis rencontrés au hasard là-bas qui dormaient ailleurs. Restaurant: Café Margarita. Très bien! Musique en direct (on paye un extra de 100r je crois). Les blinis de saumon sont excellents! Visites: que du classique: Kremlin, Mausolée de Lénine, Place Rouge, Saint Basile, ... et déjà départ pour Ekaterinbourg!

Train: 2 jours et 1 nuit. Très bon confort. On a eu la chance d'être en bonne compagnie (un père et sa fille). Il y avait même du papier dans les toilettes!

Ekaterinbourg: Ville vraiment très agréable. Pas grand chose à voir en soit, mais bonne ambiance. Le seul et unique bar où nous sommes sortis durant ces 3 semaines, ce fut là-bas. Le New Bar est un peu caché dans une rue derrière le TGI Friday (près du canal). Une fois passés les 2 molosses de la sécurité, on aterrit dans un bar dans le style berlinois... De bons cocktails et de bons prix... Hostal: Meeting point - Bien situé (mais il faut le trouver - il est à côté de la pharmacie!), il ne faut pas être un accroc de la propreté. Les draps sont propres et c'est finalement pas si mal quand on voit le reste... Mais la bonne ambiance et le sourire de notre hôtesse compense les défauts. Pour une nuit, c'est bon... Pour plus, je ne sais pas!

Et là, on commence les grands trajets! Direction Irkutsk, soit 3 nuits et deux jours de train! Heureusement, je suis tombé sur une famille de russes super sympas. Sans parler un mot de russe (parce que merci et bonjour ne suffisent pas!), on a réussi à établir un fort contact et on s'est finalement bien marrés durant tout le trajet. La bière et la vodka aident. En revanche, prrévoir du papier toilette. Et attention, 15 minutes avant et après les grands arrêts, les toilettes sont fermées! Tout est bien indiqué en ce qui concerne les temps d'arrêts donc pas de panique. On a même le temps de sortir de la gare pour prendre quelques photos (Novosibirsk et Omsk notamment). Sur ce train, 3 repas étaient inclus ce qui est bien car ça change des noodles instantanés... Et ce qu'ils vendent sur les quais ne m'inspiraient pas trop confiance!

Irkutsk: Direction la gare routière, ou ce qu'ils appellent ainsi. À la sortie de la gare, prendre le tram 4 (qui se dirige vers la droite). Une fois arrivés, on a pris un minibus pour 100 roubles par personne jusqu'à Listvianka. On a dormi chez Olga. Chambre double normale mais le mur n'allait pas jusqu'en haut... donc pour l'intimité on repassera. Le repas proposé (et accepté) était à un prix abusif pour ce qui était proposé. Mais c'était bon... Listvianka en soit n'a rien d'extraordinaire. Mais pour se reposer et ne rien faire et profiter du lac Baikal, c'était parfait. Une nuit était suffisante. Le lendemain, retour dès le matin à Irkutsk car il pleuvait. La ville n'a rien d'extraordinaire mais les maisons en bois valent le coup d'oeil. Retour à la gare pour passer en Mongolie!

Train vers UB: La frontière russe est terrible. 5h d'attente avant qu'ils vérifient les passeports. Pour info, je ne m'étais pas enregistré en Russie et il n'y a eu aucun problème. C'est le premier train où nous ne sommes que des touristes. Ca change... Finalement, on discute, on trinque et on mange pour passer le temps. La frontière mongole est plus rapide et plus sympa.

Mongolie - Oulan Bator: Hostal: Petite Marmotte - C'est un hostal apparemment recommandé par le Petit Futé que j'ai trouvé par hasard sur Wikitravel. Il n'y a que des français!! C'est impressionnant car c'est le premier hostal où on ne m'a pas salué en anglais!! L'endroit en soit est sympa et bien monté MAIS: je n'ai pas été accueilli par notre hôte ni par personne. C'est "débrouille toi"! Heureusement, les occupants m'ont donné une carte et m'ont expliqué où j'étais. J'aurais pu partir sans payer et personne ne s'en serait rendu compte. La seule personne qui était là ne parle pas anglais et bredouille 3 mots de français. Autre détail: la mezzanine est sympa mais on ne peut pas fermer à clef (rideaux!). Et UB n'est pas la ville la plus sûre (on nous le rappelle dans tous les magasins!), donc on ne sait pas trop si laisser ses affaires ou pas... Conseil: choisissez la chambre double qui coûte le même prix (15€ - pas de dollars!!). Mais l'endroit est sympa et l'ambiance aussi.

Visite: on avait 7 jours en Mongolie. Le premier jour, on a cherché un tour (trouvé avec GOlden Gobi) et on a visité les deux musées, histoire de la Mongolie et histoire naturelle. L'un comme l'autre valent le détour. Le squelette de dinosaure est vraiment bien. Oulan Bator en soit n'a rien d'attrayant. La Peace Avenue est la seule rue plus ou moins praticable pour les voitures. Le State Department Store est à des prix exhorbitants. La Mongolie, c'est cher.

Tour avec Golden Gobi: 6 jours en Mongolie centrale: - Little Gobi: on voit quelques dunes et on est montés à chameau. - Vallée d'Orkhon (2j): Le meilleur du voyage - randonnée à cheval jusqu'à la cascade. Des paysages à couper le souffle. Un ciel étoilé impressionnant. - Hot springs: mise à part la douche à disposition dans le camp de touriste ainsi que la mini piscine, ça ne vaut pas le coup. La source est dans un cube en béton horrible avec toute la tuyauterie qui va jusqu'au camp... On aurait pu s'en passer... Mais la douche est bienvenue (et les toilettes à l'occidentale aussi!). - Little Gobi (encore): l'organisation commence à se dérégler... On retourne dans le mini Gobi, mais de l'autre côté. C'était pas prévu! Mais bon, c'est joli. - Hustai National Park: Très beau et surtout, énormément d'animaux et notamment les chevaux sauvages qui font sa renommée. On a pu les approcher de très près. Mais encore des soucis avec la guide et on repart très tôt... pour rien!

Résumé: La Mongolie, c'est très beau et les paysages sont époustouflants. Si vous prenez un tour, ne vous attendez pas à un contact avec les nomades qui soit très chaleureux. On est des touristes parmi d'autre. Si vous voulez vraiment avoir un meilleur contact, partez seuls et n'allez pas dans ces Guest Houses dans la steppe. Les gers: il fait froid (c'est ouvert) donc prévoyez le sac de couchage. Et soyez prêts à expérimenter les toilettes avec une odeur fortes et accroupis... :-) Ça en fait toout le charme! Les camps de touristes sont plus adaptés au "Luxe occidental" mais bon, tout est relatif. Golden Gobi: les 4 premiers jours, bien. Les deux derniers ont été perdus pour des malentendus... Donc organisation à revoir. Je n'ai pas d'info sur les autres tours. On est passé par UB Guest House: l'ambiance et le lieu ne nous ont vraiment pas inspiré. Le personnel est vraiment insistant.. bref, content de ne pas avoir dormi là-bas. Khongor: bonne impression mais ils n'avaient pas le tour qu'on cherchait. La Guest House avait l'air propre. Oulan Bator: on n'a eu aucun problème mais les avertissements contre les pickpockets sont constants... Pas vraiment un endroit où j'aimerais retourner. Et c'est cher. Timbre pour carte postale, 1100 MNT, soit près d'1€.

Direction aéroport pour arriver à Pékin.

CHINE - Pékin

Contraste avec la Mongolie: ville très sûre et agréable. Mais on ne voit pas le soleil!! Taxi aéroport - Hostal: 67 yuans Billet de métro: 2 yuans Repas dans un bon restau (canard laqué): 160 yuans pour deux Repas dans un bouiboui dans la rue: 40 yuans pour deux Repas dans un restau normal: 50 yuans pour deux On n'y est resté que 3 jours. Hostal: Pineapple. Bien mais pas de fenêtre. Demandez à voirr la chambre avant. Zone: Dongzhimen. Bien desservi par le métro. Visites: temple du ciel (bof), cité interdite (bof)... Tout est neuf. Mon impression: un restau chinois! Le meilleur du séjour? La nourriture. Et ce n'est pas si différent de ce qui se fait en Europe. C'est seulement plus épicé.

Et les achats? Pas cher mais pas non plus l'affaire du siècle comme on pourrait le penser. Il faut négocier durement.

Retour avec Aéroflot à Madrid...

N'hésitez pas à poser vos questions...

Ciao
Randonnée itinérante dans les Alpes avec enfant(s)
by Minifamille · 2009-11-19 · 9 replies
Bonjour,

Je souhaite randonner plusieurs semaines l'été prochain avec mon fils qui aura 7 ans. Dans les Alpes.

Si vous avez tenté l'expérience ou l'aventure (je n'aime pas vraiment le mot) avec vos enfants d'age similaire, je suis vivement intéressé par vos conseils ou expérience.

Surtout concernant le "rythme" des étapes. Comment avez vous géré le repos ? J'hésite entre enchainement d'étapes courtes, ou plusieurs journées normales suivies d'un ou 2 jours de repos.
Où est ce train?
by Adrem · 2006-05-26 · 587 replies
Où est ce train ?
Ne pas annuler en Thaïlande
by Cextra · 2004-12-28 · 23 replies
je prierais toutes les personnes qui avaient prevu d annuler leurs prochaines vacances de ne pas le faire...

ce n est qu une petite partie de la thailande qui a ete touchee

ici les gens ne sont pas inquiets et vivent comme si rien ne s etait passe!

c est en vous lisant tous il y a deux jours que j ai appris l ampleur des degats

ici on m avait parle d un raz de maree mais rien de bien special

en europe on parlait du raz de maree du siecle

j ai vu les images, ces murs de vagues qui s abbataient sur les habitations et sur les gens,

ces cadavres qui flottaient sur l eau,

ces meres qui pleuraient leurs enfants..........................

j ai pense aux orphelins aux gens qui avaient perdu une mere ou une soeur

depuis qu on a passe l an deux mille les catastrophes se multiplient et les morts se comptent par dizaines de milliers ....

c est abberant ce qui s est passe et je sais deja a l avance que certains pays ne s en remettront pas

comme d habitude ce sont les plus pauvres qui ont trinques comme le sri lanka et l inde

en thailande c est plutot l inverse c est le de l etat qui a ete submerge!

alors ne remettez pas vos voyages il reste pleins de coins magnifiques a l abri des vagues et puis le nord de ce fabuleux pays qu est la thailande ..........

on vous attend nombreux!
Societal Evolution
by Puma2A · 2026-02-20 · 90 replies
Hello everyone,

It’s something we often notice in this forum—and many others—this behavioral shift.

A long-time member, or even a new one, asks a question. They get one or more answers, some brief, some detailed, and then... nothing???

Not even a simple thank you!!!

From what I’ve gathered, if the answers don’t align with what they wanted to hear, it seems natural for the asker to just disappear!! 😕 Unless—(and I fear this is the case)—basic politeness is no longer part of our society????

Please forgive my little rant.

Wishing everyone all the best. Cheers,

Puma2A



...
Choix de tente pour un voyage à vélo
by Mademtravel · 2020-08-17 · 33 replies
Bonjour 🙂 Je prépare actuellement une traversée de l'Europe et de l'Asie à vélo (départ prévu pour Avril 2021 sauf si contre-indication du COVID).

Je me pose aujourd'hui la question du choix de la tente qui m'accompagnera. Pour mettre un peu de contexte, je vais voyager seul, pour une durée indéterminée et je compte dormir 100% du temps en tente (camping sauvage tous les soirs).

Je me suis déjà renseigné de mon côté et voici mes attentes quant au choix de la tente : - suffisament d'espace pour pouvoir accueillir mes sacoches et moi (donc tentes 2 places) - au moins une abside permettant de stocker un peu de matériel et surtout de pouvoir allumer mon réchaud (même si c'est pas très conseillé) en cas de forte pluie - capable de me protéger de la pluie (même en cas de grosse averse durant toute une nuit - forcément, je serais regardant sur le poids de la tente (je me fixe un 3 kg grand max) -je n'ai aucune contrainte de prix

Après avoir écumé les blogs de de voyageurs et sites de ventes en ligne, j'en suis arrivé à la conclusion que la tente Hubba Hubba NX de MSR semblait être un choix judicieux :
https://www.aventurenordique.com/tente-msr-hubba-hubba-nx.html

J'aimerais cependant avoir votre avis quant au choix de cette tente. Avez-vous déja eu l'occasion de la tester en condition de voyage réel ? Quels sont vos retours (surtout les points négatifs) ?

Ma plus grosse inquiétude repose sur l'imperméabilité (1200 mm pour le double toit et 3000 mm pour le sol). N'étant pas un fin connaisseur, ces caractéristiques vous semblent-elles suffisantes pour pouvoir passer la nuit au sec en cas de gros orages qui persisterait toute la nuit ? J'ai vu qu'il est possible d'ajouter une bâche de sol supplémentaire ? (est ce là un choix ou un élément supreflus ?)

J'ai également une 2ème interrogation quant au stockage de mon vélo la nuit. Le fait de laisser le vélo dehors ne risque t-il pas de l'endommager sur le long terme ? Comment faites vous habituellement ? Laissez-vous le vélo dehors sans protection, ajoutez vous- une bâche ? Ou préférez-vous vous munir d'une tente avec une plus grande abside pour pouvoir le rentrer dedans ?

Cordialement, 🙂
Cévennes, mont Lozère et saute-causses à vélo
by Lucbertrand · 2020-07-28 · 7 replies
Saute-Causses à vélo

En cette fin juin 2020, nous reprenons des activités de plein-air, après il faut bien le dire avoir été un peu sonnés par cette pandémie qui nous a tenus confinés presque deux mois.

Alors dans ce contexte particulier, cette balade à vélo de 9 jours je l’ai vécue comme une libération, certes toute relative, nous étions malgré les nombreux décès dans notre village, loin des grandes tragédies de notre histoire. Cependant, en préambule, je me permets de faire l’apologie de Voyage Forum et de la revue « 200 le vélo de route autrement ».

Oui, l’apologie de VF pourquoi ? Parce que grâce à ce site de voyage on fait de fabuleuses rencontres qui permettent de partir en virée avec des personnes étonnantes. Les réseaux sociaux on y trouve le meilleur et le pire.

Il m’est arrivé de me faire écharper, traiter de tous les noms, affubler de tous les défauts parmi les plus détestables car à travers mes récits certains acrimonieux ou acrimonieuses (certes peu nombreux) n’y décelaient qu’un égocentrique, à l’imagination prolixe, en recherche d’admiration. Assurément, nous avons tous notre petit égo, et j’ajouterais heureusement. Personnellement, je ne suis jamais insensible à un petit mot gentil même d’admiration, au risque qu’il puisse flatter mon orgueil, mais l’essentiel n’est pas là. En effet, si quelques-uns sont prompts à la critique acerbe ou tatillonne, d’autres au contraire ont une réaction opposée. Accrochés, piqués de curiosité par mes écrits, ils me contactent et ont envie de partir avec moi. Et là commence l’aventure. Que de fois ai-je rencontré des compagnes ou compagnons de voyage grâce à mes écrits sur VF.

Mais, je dois avouer que cette randonnée vélocipédique de 9 jours à travers causses et Cévennes a été le point d’orgue, une apothéose qu’il me sera difficile de retrouver en matière de compagnons de voyage hors normes. Et quand je pense que nous aurions pu partir à cinq, si Hélène, notre gentille hébergeuse, n’avait pas eu des impératifs. Elle aussi connue il y a déjà quatre ans par VF, et comme baroudeuse du bout du monde à vélo en solo elle se pose là.

Nous sommes partis à quatre, tout d’abord André, camarade sûr au moral d’acier, capable de faire 1500 kilomètres avec une fracture du pouce non soignée, en compagnie de qui j’avais déjà effectué deux voyages à vélo, dont 64 jours à travers les immensités rudes du nord Argentine, ainsi que deux femmes.

La première Brigitte, grande baroudeuse, au look de « grand-mère moderne » bien dans sa peau, mais ne pas s’y tromper, les immenses traversées de déserts seule sur son vélo seraient presque son quotidien si elle ne prenait pas sur son temps pour garder le lien avec sa famille et s’occuper de ses petits-enfants, comme toute Mamy qui se respecte. Même si parfois l’un de ses enfants lui tire l’oreille alors qu’elle vagabonde de l’autre côté de la planète pour lui faire passer un petit message du genre « Maman, ça va être Noël, nous t’attendons tous avec impatience en particulier les petits-enfants ». Ces injonctions, qui jouent sur le sentiment et la fibre maternelle, lui font stopper très temporairement ses grandes chevauchées solitaires. Notre premier contact se fit grâce à VF et à CCI. Dès les premiers échanges nous avons constaté notre immense passion commune concernant le désert de l’Atacama. Nous nous sommes rencontrés deux fois au festival annuel du voyage à vélo organisé par Cyclo Camping International à Paris. Depuis l’envie de partir ensemble nous taraudait.

La seconde, Patricia m’a contacté par VF pour savoir si je recherchais des personnes pour de futurs voyages. Premier contact très sympathique, cependant mes conditions familiales actuelles ne me permettent pas d’envisager de longs voyages, mais m’échapper une dizaine de jours me semblait possible. Je lui ai donc promis de la contacter au cas où. Et effectivement, l’envie de me changer les idées et de partir quelques jours avec mon copain André est vite arrivée, et je dirais même s’est imposée. Et me souvenant de notre conversation, voilà comment elle s’est jointe à nous. Wahou !!! J’ai découvert une athlète complètement hors normes, au palmarès incroyable, championne de France et d’Europe de marathon, championne d’Europe et vice-championne du monde de 100 kilomètres de course à pied sur route. Bien d’autres exploits jalonnent sa vie, comme des temps stupéfiants sur l’ultra-trail du mont Blanc ou des courses furieuses dans les très grands froids nordiques, et avec tout cela une simplicité et une gentillesse immenses, sans parler d’une rusticité sidérante. Elle m’avait même dit : tu as beaucoup plus voyagé à vélo que moi, peut-être devras-tu m’attendre. Elle a vu ! mais elle n’a pas dû être vraiment surprise, je ne pense pas que dans sa vie beaucoup, même parmi les meilleurs, l’aient attendue à pied ou à vélo, l’inverse oui sans doute toujours !!!



Et pourquoi l’apologie de la revue 200 ? Tout simplement parce que les articles sont des morceaux d’anthologie littéraires. Et lorsqu’il est question de la France, même concernant des coins que je connais bien, les descriptions à couper le souffle me donnent à penser qu’il s’agit d’un ailleurs qu’il me faut découvrir au plus vite.

Oui, les quelques rares échanges désagréables sur VF de quelques personnes mal lunées sont vite oubliés quand on a le bonheur de partir avec trois personnes de cette trempe, je dirais même que c’est un honneur. J’ai commencé, cependant, à me faire un peu de souci au sujet de ma forme physique car, au cours des 18 derniers mois, je n’ai effectué en tout et pour tout que 20 kilomètres à vélo.

Trois semaines avant le départ je me suis promis de me remettre en selle. J’ai tenu 6 jours, une trentaine de kilomètres par jour et 500 à 700 mètres de dénivelé. Tout surpris ça passait bien, donc la motivation est retombée et je suis retourné taquiner la truite, surtout que cette année la pêche est bonne par chez moi, mais que de la fario sauvage des Vosges.

Donc nous y voilà, petit projet en France, un itinéraire à travers les reliefs des Cévennes qui nous mènera de Mialet (un peu à l’ouest d’Alès) vers le mont Lozère puis la montagne de Bougès. Ensuite nous écornerons le coin nord-est du causse Méjean à partir de Florac avec redescente sur Castelbouc. De là, nous partirons à l’assaut du causse Sauveterre par un chemin infernal dans la chaleur de l’après-midi. Nous en longerons tout le bord sud qui s’étire en croissant au-dessus du Tarn, puis nous plongerons vers Sainte-Enimie et irons dormir à la Malène. Après s’en suivra une magnifique traversée du causse Méjean en passant par le terrain d’aviation jusqu’à Saint-Jean-des-Tripiers. Nous poursuivrons par une descente vertigineuse sur la Jonte où nous verrons de nombreux vautours. Après un ravitaillement au Rozier, nous partirons à l’assaut du causse Noir que nous traverserons en entier jusqu’à sa barrière sud la rivière Dourbie. Nuit à Trêves suivie d’une montée du mont Aigoual, ponctuée d’un bivouac sur son versant est. Et en fin, nous déroulerons la dernière étape de cette trop courte balade de 9 jours, en nous laissant emporter par la descente le long du Gardon. Dernier point dur, voire très dur, la remontée chez mon amie Hélène d’où nous sommes partis, au Puech, 7 km dont 5 à pousser les vélos dans des côtes bien supérieures à 10%. Mais pourquoi aller habiter sur un piton si loin du joli petit village, sans doute parce qu’Hélène est aussi une vraie « furieuse » à qui les grandes aventures dans des pays sauvages à vélo en solo ne font pas vraiment peur.

Cette période post-covid est un peu inquiétante, comment allons-nous voyager ? Avant de partir, je viens de lire sur VF un beau récit à travers le Morbihan post-pandémie, agrémenté de jolies photos, effectué en juin. L’impression qui s’en dégage est étrange. On pourrait s’imaginer dans un film d’anticipation futuriste, l’humanité guettée par quelques menaces généralisées. Un préambule au livre de Cormac McCarthy « la Route ».

Tout commence par un trajet en voiture de quelques 600 kilomètres à travers la France. Quelque part avant Alès je m’arrête, un restaurant semble ouvert, il m’est dit qu’on ne mange que sur réservation, espacements obligent. On me montre la pizzeria un peu plus loin. Là, on me prépare une bonne pizza mais on me demande d’aller la manger ailleurs, même pas le droit de m’installer à la terrasse. On m’indique un parc en contre-bas, au bord d’une jolie petite rivière. Je vais y passer un moment de repos agréable. Mais, de toute évidence nous ne sommes pas revenus à la normale.

Mon accession à la maison d’Hélène n’est pas évidente, de plus mon GPS auto n’étant pas à jour, il ne m’est d’aucune aide pour une route toute récente. Elle qui me prenait pour un grand baroudeur au flair infaillible va réviser son jugement.

Voilà mon arrivée chez elle sur sa montagne isolée, telle qu’elle l’a restituée en s’insinuant dans mes pensées. Je dois reconnaître qu’elle est très proche de la vérité, comme si elle avait été passagère invisible à côté de moi. Donc voilà Hélène qui s’exprime en extrapolant mes pensées : « Tout commença mal. Après six heures de voiture et ayant passé Alès, me voilà perdu sur une route de montagne digne de celle de la Bérarde dans les années 70. Pas de maison, ni de poteau téléphonique ou électrique. Pas âme qui vive. Où m'étais-je donc fourré ? J'avais pourtant reçu des informations précises : les poubelles, la table en bois, les deux panneaux -un noir, un rouge- "Les Puechs", la fourche que je ne pouvais pas manquer paraît-il, l’impasse de droite… Mais rien de tout cela. Une route tortueuse qui n'en finit pas de monter au milieu des chênes verts... On ne m'y reprendrait pas à dire venez chez moi j'habite chez une copine. J'appelle ladite copine. Pas de réseau évidemment. Après plusieurs essais infructueux je la vois qui vient à ma rencontre. Ouf, sauvé pour cette fois. »

Un peu ridicule, je constate que les trois autres sont arrivés sans problème. Brigitte a même poussé la plaisanterie en venant d’Aix-en-Provence à vélo, et c’est concomitamment que nous nous arrêtons devant le portail du nid d’aigle d’Hélène. Soirée de retrouvailles pour certains et de découverte pour d’autres, mais ambiance magnifique entre frénétiques du « gros baroud ». Plus les personnes sont habituées à voyager en dehors des chemins habituels et plus elles sont généralement décontractées, et puis que d’histoires incroyables elles peuvent raconter, même s’il faut un peu les torturer pour les faire parler. Hélène nous fait bien rigoler, même si sur le coup ça l’aurait plutôt fait pleurer, en nous relatant sa traversée himalayenne avec un être étrange qui se jetait sur la nourriture et ne lui en laissait même pas quelques miettes. Il paniquait à l’idée de manquer et, affamer sa compagne de route ne semblait pas le perturber. Elle finira sa traversée seule, elle est habituée. En route, elle avait sympathisé avec un couple de Hollandais qui, quelques jours plus tard, tomba sous les roues et les coups de couteau d’un djihadiste. L’homme fut tué, la femme en réchappa, Hélène, elle, en garde une vraie souffrance. Pour raison de Covid, on s’installe dans le jardin, chacun avec sa tente. Chut, je vais un peu tricher, je finirai sur un lit mais dans mon sac de couchage !

Au matin, un petit-déjeuner qui s’étire presque à l’infini. Des personnes, qui ne se connaissaient pas la veille, ont tellement d’aspirations et d’expériences communes qu’elles ont l’impression de toujours s’être connues. Mais vers les 9 heures du matin c’est parti, on serait bien resté plus longtemps, voire toute la journée à discuter des chemins du monde.

Nous commençons par la terrible descente du sommet où Hélène et Bernard, son compagnon, ont élu domicile. Il nous faut faire quelques courses car les jours à venir nous ne savons pas ce que nous trouverons, comptant traverser par des pistes confidentielles cette région de France sauvage. Epicerie associative de village, désinfectant à l’entrée et masque obligatoire, je dégaine le mien. Nous ne trouvons pas grand-chose. A la sortie du village de Mialet, une petite boutique de camping nous permet d’acheter du pain en complément. Mais nous ne nous faisons pas de souci, ayant chacun dans les sacoches du riz et des pâtes, de quoi tenir plusieurs jours. Pour ma part, avec un kilo de riz et de pâtes j’ai de quoi assurer pour 4 durant 48 heures.



Et nous voilà lancés. Premier objectif, le col d’Uglas qui culmine à 539 mètres. Certes ce n’est pas l’Abra del Acay, le plus haut col carrossable des Andes et ses 4972 mètres, mais c’est le même bonheur de la liberté en étant bien accompagné. Bien évidemment, mes trois camarades me laissent sur place, mais bon je ne m’en fais pas, sachant qu’ils ont tant de choses à se raconter en m’attendant. Du col, nous partons sur des pistes mal pavées à travers les grosses bosses et les forêts des Cévennes et nous rejoindrons en milieu d’après-midi le village du Collet-de-Dèze sur le Gardon. Par moments, nous avons l’impression de monter dans les cieux, quelques poussages de vélo agrémentent la journée. Je vois parfois mes camarades devant moi se découper directement sur le ciel, dans des pentes à plus de 15%, comme s’ils se trouvaient sur une rampe de lancement pour quelque voyage improbable. Bien évidemment, cela nous rappelle à tous les grands déserts, le Gobi ou l’Atacama, et les éclats de rire augmentent au rythme du pourcentage de la pente.

Arrivée au village précité, arrêt au bistrot, j’en profite pour prendre le permis de pêche du département de la Lozère pour la première catégorie, c’est-à-dire pour les rivières à salmonidés, département dans lequel nous allons passer et repasser. La réglementation en matière de pêche en France est quelque chose d’inextricable, mais il y a de multiples raisons dont certaines bien valables, mais je ne m’aventurerai pas à vous les expliquer, il y faudrait tout un livre.

La bière est bonne, on la multiplie par deux, rien de tel après avoir ingurgité des litres d’eau tiède toute la journée. De plus elle a un effet diurétique du meilleur résultat pour le corps après une journée d’efforts somme toutes conséquents, en tout cas pour moi. Certes, la distance n’est pas énorme en ce premier jour, 47 kilomètres et 1025 mètres de dénivelé, mais cependant beaucoup de pistes en partie parcourues en poussant les vélos. Nous avons même eu droit à un tronçon emporté par des intempéries réputées très violentes, les fameux épisodes cévenols. Une charmante jeune femme habitant une ferme isolée au milieu, plutôt au sommet de nulle part, nous a remis sur le bon chemin.

Nous rejoignons le camping le long du Gardon, quasi-désert, une seule tente, un Américain vivant en Espagne qui, voyant la tournure du Covid rôdant, a décidé depuis un mois d’attendre la suite des événements ici en Lozère, qui a été très peu touchée par ce fléau, un mort répertorié. La patronne est sympathique et très prolixe sur sa région, tout à mon bonheur. Elle est originaire de pas très loin, d’un coin où nous allons passer et que je connais depuis longtemps, le causse Méjean, plateau d’altitude qui me rappelle par ses lumières et ses grands ciels les plateaux boliviens. Oui, je maintiens et les plateaux boliviens je m’y suis baladé à vélo à plusieurs reprises !

Sitôt installé, je me précipite à la pêche avec mon fouet à mouche, à quelques mètres de nos tentes. Patricia et Brigitte comptent manger de la truite ce soir, mais si je connais bien mes rivières vosgiennes, celles de la Lozère sont une découverte pour moi, et elles seront déçues de devoir se contenter d’une grosse platée de riz, très bonne cependant.

Nous passons une excellente nuit et partons relativement tard. Nous allons nous installer dans une petite routine qui me va bien, vu mon entraînement. Aujourd’hui, il s’agit d’aller le plus haut possible, à la pointe est du mont Lozère et d’y bivouaquer. Trouver notre route confidentielle qui se faufile sur les hauteurs du village n’est pas facile, nos différents tâtonnements nous permettent de visiter ce beau village tout en pente.

Après une matinée par une petite route du bout du monde, nous faisons halte à Génolhac, village tranquille. Nous nous laissons tenter par le restaurant avant d’entamer la montée du mont Lozère, sur 968 mètres de dénivelé pour 15 kilomètres. Pour moi, ce sera une première au restaurant depuis le confinement. Nous sommes les seuls dans la salle, quelques personnes sont en terrasse. Repas créole, très bon, de quoi nous mettre en forme pour un après-midi qui s’annonce « pentu ». Le problème de l’eau se pose. Remplissons-nous les deux bâches de 6 litres maintenant ou plus tard ? Je penche pour maintenant, Brigitte beaucoup plus cool, pour plus tard, ayant bon espoir de trouver une source plus haut. On prend 4 litres par bâche, plus les deux litres que nous avons chacun, cela nous permettra de bivouaquer. Brigitte avait raison, non seulement on va faire le complément dans un ruisseau beaucoup plus haut mais, une fois près du col de Pré de la dame à 1474 mètres, une magnifique source nous fournit avec prodigalité toute l’eau que nous désirons.

Nous trouvons rapidement un coin idyllique pour installer notre bivouac dans des conditions atmosphériques que je qualifie d’idéales. Partir avec des personnes rompues aux longs voyages est un vrai bonheur, tout se passe avec une simplicité déconcertante. Brigitte a un œil particulièrement exercé pour déceler de loin le point précis où s’installer et durant les 9 jours, cela va se renouveler. Pour la deuxième fois, nous sommes trois à monter nos tentes, tandis que Patricia dormira face au ciel, et là aussi, tout le voyage durant, elle ne montera pas sa tente. Notre étape, si elle a été courte en kilomètres, seulement 38, le dénivelé lui a été assez conséquent, 1560 mètres.



De nouveau une superbe nuit, de plus peu de condensation et sur notre versant est, le soleil nous touche rapidement. Encore une bonne excuse pour traîner un peu une fois de plus et ne démarrer que vers les 9 heures. Très rapidement, nous rejoignons la piste du versant nord du mont Lozère que nous comptons suivre jusqu’au col Finiels. Son début est particulièrement raide, sur un chemin jonché de gros cailloux, petite séance de poussage obligatoire sur un kilomètre. Nous arrivons à une magnifique cabane-refuge perchée en dessous de la crête. Nous parcourons le livre d’or, manifestement des randonneurs venant de tous les coins d’Europe au moins y ont laissé un petit mot. Je m’empresse d’en faire autant. Malgré tout l’agrément du lieu, il n’est pas question d’y passer la nuit, il n’est que 10 heures du matin.



Nous suivons cette piste d’altitude sur une dizaine de kilomètres. Nous y croisons des Vététistes, et discutons longuement avec un groupe. Le temps est couvert et il fait frisquet dès que nous nous arrêtons. Les sources du Tarn sont indiquées. Posant nos vélos, nous les rejoignons en quelques centaines de mètres. Pas une goutte d’eau, plutôt un vaste bassin au flanc de la crête qui sert de réceptacle. Plus précisément, il s’agit de l’un des différents lieux répertoriés comme source de la rivière. Toute la cime est sans doute en elle-même le lieu d’alimentation. Le col Finiels arrive presque trop vite, nous y retrouvons le goudron.



De là, l’itinéraire conduit au village de Pont-de-Montvert, célèbre du fait de la révolte des camisards, lorsque Louis XIV révoqua en 1685 l’édit de Nantes, qui avait été mis en vigueur par François Ier. L’un des chefs de cette révolte Pierre Laporte, est originaire du village d’Hélène, Mialet, point de départ et d’arrivée de notre petite aventure. Mais le principal chef camisard s’appelait Jean Cavalier et sa vie est digne d’un roman d’aventure à rebondissements car contrairement à Pierre Laporte, il ne mourra pas les armes à la main.

Cette pente est magnifique et très surprenante. D’immenses constructions rocheuses naturelles se dévoilent au détour des virages, des amoncellements ruiniformes ou d’énormes galets morainiques, parfois empilés en des arrangements prêts à durer encore des millénaires. En cours de descente nous décidons de piquer niquer dans ce décor grandiose. La vue porte au sud sur la montagne de Bougès, l’éminence que nous avons l’intention de traverser par sa crête qui se dirige vers l’ouest jusqu’à Florac. Puis nous nous laissons emporter jusqu’au village où André renvoie par la poste 6 kilos de bagages. Les Cévennes, toutes sauvages qu’elles soient, ne sont pas le désert de l’Atacama, destination de notre dernière grande équipée à vélo. Près du pont central, un bistrot nous ouvre les bras et nous y passons un bon moment. Le Tarn, tout au fond de sa gorge, donne un véritable cachet à la commune. Plusieurs terrasses, des touristes pas très nombreux, des tables qui ne respectent pas l’espacement préconisé par les autorités sanitaires. Certains portent le masque, d’autres non. Sensation une fois encore étrange. Tant que nous nous trouvons seuls, au milieu de nulle part, le covid nous n’y pensons pas trop, mais dès que nous nous retrouvons rapprochés de nos congénères, il se rappelle à notre bon souvenir.

C’est l’heure de partir. Malgré deux Grimbergen je me sens une frite d’enfer pour partir à l’assaut de cette fameuse montagne de Bougès. Bien évidemment, mes trois acolytes disparaissent et je vous assure les Grimbergen n’y sont pour rien. Mais quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites. Donc je ne boude pas mon plaisir en remontant le petit vallon qui se dirige vers la crête, et je m’arrête pour traquer du regard les truites dès que je décèle un endroit favorable à leur positionnement. Avec un immense plaisir bien qu’elles soient très mimétiques, en lisant les veines d’eau je les vois, quel bonheur, mais je ne vais quand même pas sortir ma canne !

Une fois au sommet, une piste de toute beauté nous emmène presque jusqu’à Florac en partie à travers forêt et aussi par des zones aérées qui nous permettent les plus beaux points de vue sur cette région étonnante de France. Des villages à l’architecture montagnarde se cachent dans les replis du mont Lozère. La vue porte très loin par-delà vers le nord. Devant nous le Tarn déroule sa gorge qui coupe comme un coup de couteau les causses Méjean et Sauveterre. Derrière ce dernier des monts apparaissent dans un lointain un peu diffus, l’Aubrac et quelques pointements plus saillants nous font penser aux premiers volcans d’Auvergne. De Clermont-Ferrand à Nîmes s’étale un immense carré magique, où la géologie a subi tous les bouleversements. Calcaire et granit s’entremêlent, pour la plus grande joie du spectateur. La terre a craché de ses entrailles ces formations cristallines et la mer a fait monter d’immenses plateaux calcaires, qui se sont constitués au cours de millions d’années par sédimentation de carapaces d’animaux marins. Le tout nous offre un panorama magnifique, propice aux plus belles bambées à vélo. Ce spectacle allume en moi le clignotant revue 200.

Dans le dernier numéro de ma revue fétiche, on peut lire, que dis-je savourer, un très bel article sur ce coin de France des causses, qui s’intitule ’’là-haut’’. L’auteur, Alain Puiseux, est spécialiste de la formule qui frappe, et il en saupoudre à l’envi le texte tout au long de son récit, et cela pour le plus grand bonheur du lecteur. J’en cite pêle-mêle quelques-unes : je me suis demandé si la beauté existe en elle-même ou dans les yeux de qui la contemple; si vous avez une carte routière du Massif Central, vous pouvez y lire les rivages des îles la magie marche toujours là-haut c’était juste après le confinement. L’air était plus pur, plus transparent, le ciel sans une griffure la lumière y est rapide et changeante au-dessus d’une houle d’herbe; je suis tombé amoureux par inadvertance d’une isohypse et des plateaux d’altitude.

Remarque au passage, je ne connaissais pas le mot isohypse, cependant tellement parlant lorsqu’on évoque le Méjean, le Sauveterre ou tout autre causse. Voilà, ces différentes citations extraites du texte « là-haut » fournissent une bonne introduction à l’apparition des différents causses que nous allons traverser et escalader dans les jours à venir.

Après quelques moments de rêverie, les yeux errant jusqu’à l’infini, et aussi quelques erreurs d’embranchement ou tout au moins quelques hésitations, une magnifique pente abrupte au chemin cabossé nous mène pratiquement à l’entrée de Florac. Nous sommes à la frontière des zones granitiques sombres du mont Lozère et des falaises calcaires lumineuses du causse Méjean. Le courage nous manque pour repartir à l’attaque des zones de solitude à cette heure tardive et nous optons pour le camping municipal. Il vient juste d’ouvrir. L’employée est partie la veille de Bretagne et a roulé toute la nuit. Depuis quelques heures elle se dépêche d’effectuer les premiers nettoyages de mise en service. Presque personne, un motard avec une magnifique moto-guzzi, un couple en camping-car et nous quatre.

Toute la place pour nous installer, que l’embarras du choix, nous optons pour disséminer nos tentes à portée du bruit de la rivière, le Tarnon qui rejoint le Tarn un peu plus loin. Sans surprise, nouvelle séance de pêche, et bien que cette rivière m’inspire plus que le Gardon au Collet-de-Dèze, mes camarades n’auront à nouveau pas de truites sur feu de bois. Nous décidons d’aller au restaurant. Le centre-ville est assez animé, la place centrale accueille une terrasse de restaurant aux tables relativement espacées. Les clients y sont nombreux et nous passons une soirée agréable dans une ambiance méridionale. J’avais déjà remarqué, au cours des différentes occasions où ma voiture, mon vélo ou mes jambes m’ont conduit dans ce village au nom chantant, que les habitants avaient déjà l’accent du midi.

Ce matin du quatrième jour, nous partons à l’assaut de mon causse préféré, le Méjean. Dans un premier temps, nous allons seulement en mordre le coin nord-est. Une belle montée par la D16 va nous permettre de dominer la vallée du Tarn et d’étendre notre vision aux montagnes que nous avons traversées la veille là-bas, à l’est et au nord.

L’arrivée sur le plateau est toujours aussi surprenante. On passe sans transition de zones de vallées à l’habitat assez dense et au tourisme très visible, à des déserts d’altitude où l’herbe sauvage ou de prairie prend le contrôle, les hommes semblant fuir ses hauteurs hostiles à la vie. C’est en partie ce qui donne un charme fou à ces plateaux. Comme l’écrit Alain Puiseux de ces coins perchés jusqu’au mont Gerbier-de-Jonc, « Se plaindre ici, plus qu’ailleurs, de l’eau ou du froid, c’est n’avoir rien compris », me fait comprendre pourquoi le soir les vacanciers désertent ces lieux pour aller rechercher la quiétude plus bas le long des rivières.

Après une première prise de contact, Brigitte et Patricia ne connaissant pas ces coins bénis des Dieux, nous bifurquons vers Montbrun et effectuons une plongée en direction du Tarn. La différence de chaleur entre plateau et fond de vallée est très nette. Nous marquons l’arrêt au bord du Tarn, dans un coin charmant, le temps d’un pique-nique. Eau verte et grande falaise claire éclatante de soleil. La flemme nous gagnant et subjugués par la beauté des lieux, notre envie de continuer est annihilée. Nous envisageons de passer l’après-midi et la nuit à venir à contempler ce méandre de rivière aux eaux turquoise, surplombées d’une falaise sculptée au cours des millénaires par les flots qui, parfois, se montrent redoutables, sauvages et tumultueux. Cette halte précoce n’est pas vraiment du goût de la trépignante Patricia, mais elle se plie de bon gré à l’avis de l’écrasante majorité. Mais, à peine commençons nous à prendre nos aises que, débouche sur notre coin perdu une famille avec force gamins et chiens. Ces derniers se précipitent sur le gros pain que nous avons acheté ce matin à Florac et, sans une intervention prompte de Patricia, nous pouvions lui dire adieu. Elle se réjouit, car bien évidemment nous abandonnons notre projet de farniente et décidons de reprendre notre route. Dommage, j’avais repéré quelques belles truites en chasse qui n’attendaient que la plus élégante de mes mouches !

En ce début d’après-midi, la chaleur est terrible. Entre ces plateaux calcaires, il y a comme un effet de four et mon thermomètre indique 40 degrés. Quelques kilomètres en direction de Sainte-Enimie nous offrent l’occasion de magnifiques points de vue sur la rivière, et tout particulièrement sur le village de Castelbouc. Cet ensemble de maisons caussenardes, accrochées à la paroi et semblant prêtes à plonger dans une eau aux reflets de jade, est tout simplement splendide. La légende du village rapporte qu’au temps des croisades, un jeune homme seul était resté en ce lieu. Obligé de satisfaire toutes les épouses dont les maris combattaient les infidèles, il en serait mort d’épuisement. Depuis cette époque, un diable sous forme de bouc survole régulièrement la cité.



A Prades, changement radical, nous avons l’intention de monter directement sur le causse Sauveterre par un chemin non carrossable qui s’insinue entre des falaises. Il présente des pentes ne permettant pas de rester sur le vélo, sauf peut-être pour Patricia dont les cuisses et les mollets sont constitués de l’acier le plus trempé.

Là encore la question de l’eau se pose. Devons-nous remplir les bâches en prévision du bivouac sur le causse ? Sur ces plateaux calcaires, il n’est pas question d’en trouver la moindre trace. Même Brigitte qui sent les sources à 50 lieues, y est favorable. Pourtant nous regardons dubitatifs le pan de montagne qui nous domine et à travers lequel nous allons partir. A la fontaine de ce petit village, profitant d’une ombre bienfaitrice, nous faisons donc provision du liquide précieux. J’en profite pour m’asperger copieusement le visage. Nous jouissons des derniers instants de température clémente, ou presque, avant d’affronter cette piste escarpée tournée au sud, soumise à l’infernale chaleur du soleil vertical.

C’est parti pour un court tronçon goudronné où même Patricia pousse dans cette ligne droite qui se jette sans ambages dans la pente. Après 400 mètres le chemin s’échappe à gauche, tout d’abord pas très raide et roulant. Il va perdre très rapidement ces deux qualités. La pente s’accentue franchement et le sol devient instable, au point que, même en poussant le vélo, la roue avant ripe en permanence de droite et de gauche. Immanquablement, je me retrouve très vite seul, André et Brigitte ayant pris un rythme de montée supérieur au mien, sans parler de Patricia qui s’est littéralement envolée. Je n’ai même pas eu le temps de voir si elle avait disparu en courant, son vélo à la main, ou bien en appuyant comme une forcenée sur les pédales dans cette caillasse fuyante. Mais où va-telle chercher une telle force, une telle énergie, une telle envie de s’arracher ? Sans vouloir être un mufle, certes elle est un peu plus jeune que moi, mais elle n’a plus trente ans !

J’adopte la posture ‘’Atacama’’, le comptage de mes doubles-pas. Selon la pente et la consistance du sol, j’en effectue de 20 à 50 avant de marquer l’arrêt. Il semblerait, à vue de nez que cette piste infernale fasse de l’ordre de 6 kilomètres. Il n’y a qu’à prendre son mal en patience. Bon seigneur, André redescend à pied pour venir me donner une petite, même une grande poussette, ce qu’il fera à plusieurs reprises. Je mets ma fierté dans ma poche et je le laisse pousser. On dira que c’est parce que j’ai l’une des bâches à eau de 6 litres sur le porte-bagages ! Mais au fait, Brigitte a la même et elle caracole comme une gazelle dans la pierraille surchauffée. Mais pour elle, c’est tout à fait normal. Elle est habituée aux traversées de déserts en solo, parfois sans même avoir de quoi faire chauffer ses aliments, n’ayant qu’un réchaud à bois. Dans les coins bien désertiques, on peut avoir la surprise de ne pas trouver la moindre brindille. Mais bon, elle continue son périple en croquant ses aliments sans cuisson, trouvant cela presque très bon !

On doit être un peu maso car, dans ce type de situations de chaleur, de caillasses, de sol qui se défile et de pentes très raides, nous éprouvons tous un grand plaisir, je dirais même un grand bonheur d’être là. L’effort, la sueur, la fatigue, mais surtout le corps et l’esprit qui vivent… Nos pensées sont retournées dans les hautes altitudes du Sud Lipez, entre 4 et 5000 mètres, nostalgie des grandes bambées qui nous arrachent à notre quotidien. Le dépaysement et la défonce. Je me dis cependant qu’il n’est pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour connaître les bonheurs de l’aventure, la France nous fournit très bien la matière. Certes, ce n’est pas à la même échelle, quand on sait que le prochain point de ravitaillement en eau est à 140 kilomètres et que l’on est en train de pousser son vélo dans le sable. Toutefois ne pas savoir si cela va durer un kilomètre ou trois jours, cette incertitude introduit une dimension supplémentaire, la trouille.

Mais nous montons, les maisons de Prades deviennent minuscules. Le Tarn se dessine dans tous ses méandres en prenant des teintes profondes qui tirent sur l’émeraude. Un signe de Patricia, elle nous attend. Je ne suis pas certain qu’elle avait réalisé que cette piste était difficile pour la multitude de raisons que j’ai données. Nous la rejoignons. Elle va prendre la place d’André et me fournir une petite poussette sur une centaine de mètres. J’ai l’impression d’être aux commandes d’un Rafale en ayant mis la post-combustion. Incroyable, je n’ai pas une Terrienne derrière mon porte-bagages mais un être bionique venu du fond du cosmos qui me propulse littéralement !!!

Mais tout a une fin, surtout le meilleur, les deux derniers virages en épingle me dominent. Changement brutal de configuration du terrain, la déclivité s’atténue, le chemin quitte le flanc de la montagne et s’enfonce dans des fourrés, laissant juste l’espace pour y faire passer le guidon. Je remonte quelques dizaines de mètres sur mon vélo, mais c’est à pied que je rejoins une minuscule route qui longe le bord du causse. Nous nous regroupons, nous venons de déboucher au niveau d’un petit bourg qui se nomme ‘’Nissoulogres’’. Nous n’allons pas tarder à apprendre la signification de cette appellation étrange. « Jamais sous l’orage ». En effet, il rôde tout autour, tapi, sautant d’un causse à l’autre mais épargnant pratiquement toujours cette pointe du plateau du Sauveterre qui domine la petite cité de Prades.



Il ne nous reste pour nous quatre qu’une quinzaine de litres d’eau, ce qui n’est pas énorme pour tenir un bivouac après un tel effort et, il sera sans doute difficile de s’en procurer avant demain midi. Un homme se trouve dans la première maison à quelques mètres du chemin par lequel nous arrivons depuis la vallée. Je lui demande s’il peut nous ravitailler. Non seulement il y est favorable, mais il nous invite à planter nos tentes dans son jardin, où nous sommes aux premières loges pour contempler le causse Méjean qui s’étale au sud, au-delà du Tarn. Nous acceptons bien volontiers et, très vite, ce n’est plus de l’eau qu’il nous propose mais de la bière. De plus, il nous offre une douche, de toute évidence nous sommes tombés sur un 5 étoiles. Nous prendrons notre repas en commun à partir de nos réserves de pâtes. Il nous fait goûter un vin rouge de la région, ma foi de bonne facture. La discussion va s’éterniser en passant des secrets du causse Sauveterre à des considérations professionnelles. Mes camardes se foutront de moi, je suis un bavard impénitent, mais ce soir je n’arriverai pas à en placer une, notre hôte est d’une catégorie toute autre, sans doute au moins champion d’Europe. Le monde est petit, André et lui se trouvent des connaissances communes, ayant tous deux œuvré dans le cadre de grands travaux de la DDE, que ce soit à titre privé ou non. Je dois dire qu’en finale, j’ai un peu, même beaucoup, perdu le fil de la conversation, la bière et le vin par-dessus les kilomètres de poussage dans la caillasse et le cagnard de cet après-midi auront assez vite raison de moi.

Ce matin nous allons longer le bord du causse Sauveterre en descendant vers le sud. Notre itinéraire emprunte de petites routes et des pistes parfois pas très roulantes. Alors je ressens la fatigue consécutive au gros effort d’hier après-midi. Nous traversons le lieu-dit Dignas, puis nous arrivons à une ferme isolée et nous discutons un bon bout de temps avec Christian, l’habitant du lieu. La vie de paysan sur le causse n’est pas facile. Il nous parle des conditions climatiques rigoureuses, des réglementations tatillonnes sur les produits en particulier laitiers, des législations de transmission d’héritage pénalisantes et autres intrusions de l’Etat, ce qui donne à penser que la vie sur ces plateaux devient impossible. Lui s’est spécialisé comme beaucoup dans le lait de brebis pour le roquefort. Ces régions reçoivent l’eau des montagnes environnantes, le Sauveterre du mont Lozère et le Méjean de l’Aigoual. On peut dire que les zones granitiques alimentent les plateaux calcaires.



A midi, nous arrivons à Laval-du-Tarn. Le pique-nique est organisé à l’abri de l’ancien four à pain, nous sortons le réchaud pour une platée de riz. Comme je l’ai toujours pensé, une halte longue le midi est en définitive un gain de temps car l’après-midi permet encore de nombreuses heures de pédalage, surtout en été.

Notre intention initiale était de continuer à longer les hauteurs dominant le Tarn. Après avoir dépassé le Pont Sublime, belvédère tout particulièrement souligné sur la carte, notre itinéraire devait nous mener au village des Vignes. Mais outre une petite fatigue résultant de la montée infernale d’hier pour moi, le temps semble vouloir se mettre à l’orage. De bonnes ou moins bonnes raisons nous poussent à rester sur le goudron et prendre la direction de Sainte-Enimie par une route toute en descente. Un délice. Différents belvédères livrent des points de vue grandioses sur la vallée et les villages qui ponctuent la rivière, là-bas tout en bas. Le cirque de Saint-Chély est particulièrement spectaculaire vu de quelques centaines de mètres au-dessus.

Passage par Sainte-Enimie, haut lieu du tourisme de la vallée du Tarn, que nous laissons derrière nous jusqu’au village de la Malène. Cette gorge est surprenante. Je l’ai parcourue à plusieurs reprises, mais il y a tant de choses à regarder. De l’architecture caussenarde aux formations géologiques que représentent ces immenses falaises calcaires et le Tarn lui-même qui prend tous les aspects entre ses zones profondes et ses parties où il court sur un lit de galets, presque à fleur d’eau.

Nous marquons l’arrêt au niveau du village de Hauterive situé de l‘autre côté du Tarn. Jusque récemment, il était approvisionné par un câble au-dessus de la rivière. Mais, par manque de financement, cet outil de ravitaillement est en panne ce qui occasionne les plus grandes difficultés à ce bourg accroché sur la rive du causse Méjean. Mais les temps ont changé. Ce village est un vestige des temps passés, maintenant révolus, où la rivière était un axe de communication. Il n’y a pas si longtemps les cours d’eau du sud-ouest étaient sillonnés par les gabarres, les poids lourds des siècles passés. Mais pouvaient-elles remonter jusque dans ces gorges profondes du haut de la vallée du Tarn ? Sur certaines rivières difficiles, où le retour n’était pas possible, les embarcations étaient vendues au prix du bois lorsqu’elles arrivaient à destination.

Une fois à la Malène, nous décidons de ne pas poursuivre jusqu’au village des Vignes. Nous nous installons au camping municipal, remarquablement situé sur une plage du Tarn, pratiquement au centre-village. Ambiance covid, je sors mon masque pour aller à l’accueil. Heureusement peu de monde, deux personnes attendent sagement dehors masque sur le nez, dont un Suisse avec un vélo électrique. Cela nous donne une bonne occasion de parler du voyage à deux roues avec assistance électrique. Notre Suisse a l’air ravi de sa machine. Peut-être que dans un temps, que j’espère le plus lointain possible, nous y viendrons. Mais tant que nos muscles fonctionnent encore assez bien, si nous pouvons éviter, nous nous attacherons à le faire.

Devant nos tentes, la rivière miroite mais nous ne sommes plus dans l’ambiance causses, les kayakistes sont nombreux, en particuliers les Allemands. J’en ressens comme une dissonance. Une fois encore, nous constatons la différence d’ambiance entre les plateaux et le bord de la rivière. Sur cette belle eau qui court je fais une tentative à la mouche. Je fais monter deux beaux poissons, sans doute des truites, qui dans un jaillissement attaquent ma mouche. Mais les deux fois, le ferrage ne donne rien si ce n’est une belle poussée d’adrénaline. Le point commun entre le voyage à vélo et la pêche à la mouche est évident, quand on y goûte, c’est foutu, on est enchaîné à vie.

Bon, si les truites ne sont pas coopératives, les bières le seront plus et nous partons au centre du village. Cette petite cité, rassemblée au pied de part et d’autre d’une immense falaise qui avance sa proue acérée presque jusqu’à la grève, a vraiment belle allure. Après quelques bières, mais pas tant que l’on pourrait le penser, deux mois de confinement entraînent un défoulement et une envie de terrasse de café, nous faisons des courses. Et là que vois-je ? Un ORNI bikepacker qui s’arrête devant moi. Je me précipite et engage de manière autoritaire la conversation. Il semble un peu fatigué. Il est lancé dans un tour express de 1200 kilomètres depuis le Gers en passant par Chamonix. Wahou trop bien ! Il est irlandais et vit du côté d’Astaffort, la ville de Francis Cabrel.

Vu l’heure, je n’ai pas l’intention d’interrompre le dialogue. Je lui propose immédiatement de l’inviter au restaurant. Il me demande un court délai de réflexion. Il s’installe un peu plus loin, sort une canette de bière de sa sacoche. Je le rejoins dès qu’il l’a terminée et lui demande s’il accepte l’invitation. Il serait d’accord mais son souci est tout d’abord de trouver un point de chute pour la nuit. Je le rassure, on lui fera une place parmi nos tentes. Nous allons passer une soirée de rêve avec un autre vrai fou qui arpente la planète, à fond de train, à pied ou à vélo. Il se trouve de nombreux points communs avec Patricia dans les courses les plus extravagantes et les places sur le podium. Les grandes traversées de désert en solo de Brigitte l’étonnent aussi, et lui arrachent des exclamations d’admiration. Wahou ! André et moi passons pour de doux pédaleurs mais, cependant nous trouvons un vrai terrain de discussion et d’entente. Il est irlandais, la bière, le vin et le whisky ne l’effrayent pas. J’adore ces athlètes de très haut niveau qui ne sont pas traumatisés par le régime et qui n’oublient pas leurs racines et leurs coutumes. Jimmy nous a enthousiasmés et fait rêver, même nos deux super women sont sous le charme ! Voilà ce que j’appelle voyager et faire une belle rencontre. De retour au camping, la nuit est bien établie, je ne sais plus si Brigitte ou Patricia a vu un, même deux gros poissons. Manu militari, on me met une lampe de poche sous le nez et l’injonction sans discussion possible m’est donnée de remonter ma canne à mouche. Déjà de jour, en possession de tous ses moyens, manier un fouet à mouche nécessite une bonne expérience, alors de nuit, entre les arbres après avoir essayé de tenir tête à un Ecossais dans un autre sport mondialement répandu, il ne s’agissait plus du Tarn, mais de la Bérézina ! Dans la nuit, de nombreux éclats de rire ont résonné !

Le lendemain matin, dès 6 heures je tente de prendre ma revanche sur les truites, en fouettant cette belle eau qui court et que je sens propice et prometteuse. Malheureusement je ne déclenche que deux énormes geysers. Au ferrage, il ne se passe rien non plus, juste de beaux coups d’adrénaline ! La truite reste un mystère, elle monte elle prend ou non votre mouche. Cela dépend de quoi ? je n’en sais fichtre rien. Au dernier moment voit-elle le subterfuge et, étant lancée, elle jaillit du fait de l’inertie mais ne gobe pas ? Mystère total. Comme dans de nombreux domaines, les grands spécialistes sont américains. Leurs connaissances ne s'arrêtent pas uniquement aux super technologies, mais ils sont représentés entre autres aussi par les hommes de la terre et des rivières. Un des plus célèbres d’entre eux dans le domaine de la pêche, le Jim Harrison de la truite, John D. Voelker nous dit que plus il pratique moins il est capable d’expliquer le comportement du roi des salmonidés, la truite.

Nous regardons partir notre Ecossais et, retournons à notre train-train. Nous partons à l’assaut du causse Méjean vers les 9 heures. Nous savourons la montée de la Malène. Les points de vue sur la bourgade écrasée par son rocher nous surprennent par des panoramas différents à chaque virage. Une fois sur le causse, l’ambiance farouche et déserte reprend le dessus. Le contraste est saisissant. Sur le causse Méjean, j’ai toujours l’impression d’être à l’autre bout du monde.



Ce plateau situé en moyenne à mille mètres d’altitude, couvre un peu plus de 300 kilomètres carrés et fait partie de l’ensemble plus vaste du parc national des Cévennes qui lui s’étend sur 2000. Le causse Méjean a été, comme l’ensemble de la région, remodelé par l’homme. L’élevage de la brebis est une activité importante afin de fournir le lait pour la fabrication du roquefort. La partie ouest recèle quelques forêts de pins sylvestres, la partie est, quant à elle, est essentiellement recouverte de prairies à l’herbe sèche, qui rappelle une steppe en zone vallonnée.

Nous allons le franchir d’ouest en est puis, en diagonale vers la pointe sud-ouest jusqu’au village de Saint-Pierre-des-Tripiers. Quelques exploitations agricoles ponctuent de loin en loin le paysage. Nous faisons une halte à l’aéroport, où nous demandons de l’eau. Cela nous donne l’occasion de discuter avec les amoureux du planeur, les vélivolistes. Que de patience il leur faut, quand, parfois des jours durant les conditions pour pratiquer leur sport ne sont pas favorables, comme en ce moment, et il s’en suit d’immenses journées d’attente. Je n’aurais pas la patience d’attendre.

Dans la partie est, la vue porte très loin sur ces pâturages rabougris. Il règne comme un petit air de Mongolie au sol et de Bolivie lorsque quelques nuages viennent s’accrocher au ciel. Halte de midi au Villaret, lieu où l’on élève le cheval de Przewalski. Cela me rappelle mon voyage en Mongolie, où nous avions traversé l’immense parc où ce fameux cheval avait été réimplanté en provenance de France.



Nous nous installons dans l’ancien four communal à l’abri d’un soleil ardent. Que le lieu est calme, malgré sa réputation. Je suis toujours frappé de rencontrer si peu de monde dans un coin si caractéristique. Pourquoi ? De toute évidence, l’austérité de ces grands espaces n’est pas propice à attirer les âmes. L’intérêt de ces endroits ne réside-t-il pas dans la réflexion personnelle qu’ils déclenchent du fait de la quiétude qui s’en dégage ? Le vélo est le vecteur de voyage idéal pour prendre le temps de se laisser emporter par l’ambiance du plateau. La lenteur, l’effort physique et l’exposition aux variations du climat permettent l’osmose avec la nature et l’esprit de la Planète.

Après une pause bien sympathique au milieu de ce que je qualifie de nulle part, nous mettons le cap sur Saint-Pierre-des-Tripiers, petit village au fin fond du causse, à l’architecture remarquable, tout particulièrement son église qui semble se dresser dans ce bout du monde depuis les siècles des siècles. Juste en face de l’édifice religieux, une fontaine nous fournit une belle eau fraîche. C’est exactement ce dont nous avons besoin afin de nous préparer à un bivouac tout confort. Mais justement où nous installer ? Le village semble désert, des quelques maisons environnantes ne nous parvient aucun bruit et nous ne décelons pas le moindre mouvement. Une pelouse devant le clocher me paraît un endroit idéal, de plus elle est protégée par un mur qui semble dater de la création du monde et prêt à affronter l’éternité.

Mais notre présence attire l’attention depuis la maison en face de l’église qui nous domine de quelques mètres. Au sommet d’un escalier de pierre, un homme apparaît, une canette de bière à la main. Je m’adresse à lui pour lui demander s’il est possible de camper sur le petit terrain devant l’église. Il répond sur un ton surpris par la question, sans doute n’en est-il pas à sa première bière. D’une intonation, qui de toute évidence ne plaira ni à Brigitte ni à Patricia, il me rétorque que ce n’est pas dans la tradition française de dormir devant une église. Ah bon, étant catholique croyant comme l’est aussi Patricia, cela ne nous choque pas d’autant que nous avons tous l’habitude de l’accueil dans les temples en Asie du Sud-Est.

Ouille ! pourquoi me suis-je adressé à cet homme, qui de sa vie sans doute n’a jamais imaginé une seule fois dormir dehors. Nos deux baroudeuses démarrent. Je réalise, peut-être suis-je en train de découvrir le fil à couper le beurre ou l’eau chaude, mais cette évidence me frappe, des femmes d’exception ont très généralement des caractères qui vont avec cette spécificité d’exception. Patricia ouvre le bal, notre homme y voit une remarque acerbe et répond. La vitesse supérieure est enclenchée. Brigitte, la placide ‘grand-mère’, en rajoute une louche du style « mais pourquoi poser ce type de question à quelqu’un qui n’a aucune idée de ce que veut dire bivouaquer ». Fin de la discussion, elles enfourchent leur vélo et disparaissent en rigolant. André et moi restons sur le champ de bataille déserté par nos amazones. Par quelques formules de politesse mâtinées de paroles diplomatiques, nous prenons congé de notre homme encore tout surpris, sa canette toujours brandie à la main. Pourtant, ce dernier avait fini par essayer d’y mettre un peu du sien en nous conseillant, dans des explications incompréhensibles, un lieu quelque part dans les environs alors que manifestement il n’avait aucune idée sur le sujet.

A la sortie du village, les sens aux aguets, nous trouvons rapidement le lieu de chute idéal le long d’un GR ou GRP, ce qui nous donne l’autorisation de bivouaquer d’après la réglementation du Parc des Cévennes. Notre campement établi, nous revenons au cours du repas sur l’incident et, heureusement que nous sommes éloignés d’une distance proche du kilomètre de l’habitation de l’homme à la canette, car les commentaires et les éclats de rire ponctuent bruyamment la pinède où nous avons élu domicile.



Je profite de ces moments de franches rigolade pour attirer Patricia dans mes filets malgré ses réticences, afin de l’interviewer et l’enregistrer durant 45 minutes dans le cadre de mon émission mensuelle sur la radio de la Bresse « un pays vu par un cyclovoyageur ». Bien qu’ayant l’habitude des journalistes du fait de ses exceptionnelles performances sportives, trois quarts d’heure à parler lui font un peu peur. Wahou ! Ce fut un moment d’anthologie, fabuleux et en plus on a bien rigolé, et ça lui a plu puisque nous allons réitérer l’expérience deux jours plus tard. Cela me permet de monter tranquillement ma saison radiophonique 2020-2021. Je suis certain que les auditeurs vont rester scotchés ! Brigitte qui nous écoute de sa tente, sans s’en douter, ne coupera pas à l’interview également.

Pour le moment, André et moi sommes dans « les petits papiers » de nos deux cavalières de l’apocalypse. Tout va bien. André, toujours à l’élégance très aristocratique de bon goût et au flegme british est appelé par ces dames Lord Andrew, moi le latino Lucio. Pour ma part, je vais tout faire pour y rester dans les petits papiers, car on ne s’ennuie pas avec elles. Je vais de surprise en surprise. Brigitte me fait, dans un grand sourire, la confidence suivante « Luc tu vas voir ce que c’est que de voyager avec des sauvages ». Et effectivement, au cours de ces 9 jours, que de leçons dans tous les domaines, physiques, mollets et cuisses de titane, moral au beau fixe quelles que soient les difficultés, matériel en sachant être hyper-minimaliste, adaptation à la nature, instinctivement ou presque, se poser pour la nuit, vaisselle avec une poignée de sable au bord d’une rivière ou une poignée d’herbes sèches sur les plateaux. Je les imagine toutes les deux dans une vie antérieure, au fond du bush australien, Aborigènes sachant décoder un des endroits les plus hostiles de la Planète et s’y adapter pour y vivre en autonomie.

L’endroit où nous nous trouvons est tout simplement l’un de ceux que je préfère parmi tous ceux que j’ai vus de par le monde, aussi bien professionnellement ou au cours de mes voyages lors de mes vacances ou de ma retraite. Il s’agit du coin sud-ouest du Causse Méjean dominant le village du Rozier où se rejoignent le Tarn et la Jonte. C’est là que se trouve le fameux chemin du vertige ou balcon de la Jonte que j’ai déjà parcouru à deux reprises, mais hélas je ne pourrai pas le faire découvrir à mes compagnons, nous avons un créneau de temps restreint.

Au matin nous dévalons du plateau par une gorge abrupte que Brigitte a dénommée route Danièle, du prénomde mon épouse. En effet, il y a quelques années nous l’avions prise en voiture et la terreur l’avait envahie. Minuscule route au-dessus d’un précipice sans parapet. Dans une épingle à forte déclivité il avait fallu faire des manœuvres, au-dessus d’un vide conséquent, pour pouvoir négocier un virage pour le moins très sévère. Elle en garde encore et pour toujours des émotions pour le moins fortes, pas besoin des rutas del loco d’Amérique du Sud. Mais nous allons être déçus, la chaussée a été élargie et un muret installé dans les endroits les plus vertigineux.

Cependant, le spectacle est toujours époustouflant, et les vautours participent au spectacle. Nous prenons tout notre temps en profitant des nombreux points de vue avant de rejoindre le fond de la vallée de la Jonte. Au-dessus de nous de nombreuses parois verticales, voire surplombantes, nous obligent à garder le nez au ciel, paradis des grimpeurs.

Je me souviens être allé observer les vautours sur leur aire d’envol. Embusqué dans des genévriers un peu désaxés à l’entrée de leur zone de poser, je les regardais arriver comme des avions en courte finale. Ils étaient majestueux dans la puissance de leur vol. Leurs serres, grosses comme des mains humaines, prêtes à l’impact de l’atterrissage, me faisaient penser aux roues d’un avion. Soudain, l’un d’eux m’ayant repéré, dévia de son axe d’approche et convergea sur ma position. Nos regards se croisèrent quelques secondes, impression étrange que de se sentir proie. Alors, il réalisa que j’étais bien vivant, pas encore une bonne charogne prête à être dégustée. Il modifia sa trajectoire et atterrit au point initialement prévu. Quelle belle expérience ce fut, que d’émotion j’en éprouve encore bien des années plus tard.

Une fois le long de la Jonte, nous rejoignons rapidement le village du Rozier, où nous prenons notre temps en allant savourer un chocolat chaud accompagné d’un croissant, confortablement assis sur une terrasse dominant la rivière. Après avoir effectué quelques courses nous partons à l’assaut du causse Noir. Il porte ce nom du fait des forêts de pins noirs qui le parsèment. Nous le traversons vers l’est jusqu’à Lanuéjols. L’église ruinée de Saint-Jean-des-Balmes nous invite pour la pause de midi. Au cours de sa longue histoire, elle a eu à souffrir de nombreuses dégradations, les routiers dans les années 1376-1379, ces bandes qui pillaient en passant, des guerres de religion lors du passage des protestants en 1568, et puis finalement de la désertification qui entraîna l’abandon des paroissiens. Le lieu dégage une grande sérénité, l’autel de pierre massive se retrouve à l’air libre, la voûte ayant disparu. On accède au clocher par un escalier restauré dont l’usure des marches, en creux, rappelle la longue histoire du lieu, ainsi que le long cortège d’êtres humains qui y sont montés.

A Lanuéjols, nous trouvons un village quasiment désert. Seuls, deux Allemands à moto sur la place centrale, nous échangeons quelques mots. Nous partons plein sud, direction la Dourbie, rivière qui sépare le causse Noir du causse du Larzac. J’aurais bien aimé continuer en faisant le tour de ce causse, mais voilà notre petite balade ne prévoit que 9 jours, ayant tous nos impératifs. Ce causse du Larzac, en d’autres occasions, je l’ai aussi arpenté dans tous les sens, que ce soit en voiture, à pied ou à vélo. Il recèle des merveilles en matière architecturale comme le village de la Couvertoirade, haut lieu des Templiers, ou en matière de sites naturels, en particulier d’énormes avens, à se prendre pour Indiana Jones. Malheureusement, ce ne sera pas notre route. Nous effectuons nos derniers tours de roues sur ces causses que nous avons parcourus durant quelques jours. Nous y avons croisé de rares lavognes, ces petites mares circulaires autour desquelles les troupeaux viennent s’abreuver. En zone calcaire, les points d’eau sont très rares et ceux-là sont entretenus par l’homme en rendant le fond étanche. Ces petites mares étaient sans doute vitales dans des temps pas si lointains. Mais maintenant, les causses Méjean et Noir sont alimentés par des canalisations venant du mont Aigoual, comme le Sauveterre est lui ravitaillé par le mont Lozère.

Après avoir rejoint la Dourbie, nous suivons sa vallée sur quelques kilomètres puis remontons son affluent, le Trèvezel. Le très pittoresque village de Cantobres se découpe devant nous, sur son rocher à la crête hérissée. Nous ne pouvons manquer d’aller le visiter. Charmant, de plus un bistrot vient de rouvrir suite à la pandémie. Nous y faisons une halte agréable. De toute évidence, le tourisme n’est pas encore reparti. Dans ces lieux en temps normal, on doit y croiser des foules. Or là, personne ou presque, seul un couple attablé et, un peu plus tard, quatre habitants du village viendront y prendre place. L’heure tourne, il est temps de se préoccuper de notre point de chute dans ce vallon escarpé. Après avoir roulé quelques kilomètres nous rencontrons une zone plate en partie encombrée de vieux engins agricoles. Cela nous semble très bien pour nous installer à quatre. Deux cents mètres plus haut une ferme, par sécurité Brigitte et André y montent demander l’autorisation de nous installer. L’homme qui leur répond leur explique que le terrain est à son frère et que s’il se rendait compte de notre présence, il appellerait la gendarmerie pour nous faire décamper. Donc dans ces conditions, frère ou pas, notre champ de ferraille ne nous accueillera pas cette nuit. L’homme leur a conseillé d’aller quelques kilomètres plus loin au camping de Trêves. Ce que nous ferons.

Nous arrivons juste à temps à l’accueil, l’employé municipal allait le fermer, ce qui ne nous aurait pas empêché de nous installer. Là encore, la saison n’a toujours pas commencé. Nous sommes tout simplement les premiers clients cette année et nous disposons du camping entier pour nous quatre. Le lieu est agréable, le long d’un séduisant cours d’eau, où je vais voir quelques belles truites. Mais nous ne sommes plus dans la Lozère, étant revenus dans le Gard, et je n’ai pas le droit de pêcher. Mes scrupules à m’astreindre à respecter la réglementation font éclater de rire Brigitte et Patricia. Au fond d’elles-mêmes que d’espoirs déçus depuis une semaine alors qu’elles rêvaient d’une truite frétillante sur feu de bois. Du coup, Brigitte me raconte sa traversée de l’Alaska à vélo, bien évidemment en solitaire. Là, elle était tombée sur un mec, un vrai, non seulement il lui avait pêché des saumons énormes, mais il l’avait initiée à la pêche à la mouche et elle s’était retrouvée avec un bulldozer survitaminé au bout de la ligne. Il est clair que je ne tiens pas la comparaison.

Au matin, je me lève tôt et pars à la recherche d’une boulangerie afin de faire une agréable surprise à mes camarades pour le petit-déjeuner. Mais dans ce village, somme toute assez grand, pas âme qui vive, j’en fais pourtant deux fois le tour. Désertification est un mot qui a toute sa signification en France. En retournant au camping je longe la rivière, quelques belles truites me narguent dont une de taille plus que respectable.

Aujourd’hui, cap sur le mont Aigoual. Par une route confidentielle qui s’élève rapidement, la D 710, nous rejoignons le village de Camprieu. Le mont Aigoual n’est plus qu’à 15 kilomètres. Nous prenons tout notre temps et allons au restaurant, là les clients sont assez nombreux et les mesures de distanciation sont respectées. Nous le prenons tellement notre temps que j’en profite pour faire l’interview de 45 minutes de Brigitte pour mon émission de radio mensuelle « un pays vu par un cyclovoyageur ». Le thème en est la traversée du désert d’Atacama, en particulier du Sud Lipez, par une cycliste solitaire. Wahou, là aussi je crois que lorsqu’elle sera diffusée, cette interview va faire son effet sur les auditeurs.

Mettant fin à notre longue pause, nous prenons le chemin du mont Aigoual. Nous rencontrons un peu de circulation, le lieu étant très connu. La vue du sommet est époustouflante dans toutes les directions, des Alpes aux Pyrénées en passant par la Méditerranée. Et pourtant, en cet après-midi, l’atmosphère est un peu brumeuse. J’imagine le spectacle un jour d’hiver bien clair par grand froid. Parfois les conditions météorologiques permettent des visions presque jusqu’à l’infini. Je me souviens d’un jour, alors que je survolais le lac de Genève à quelques milliers de mètres d’altitude, je voyais les Pyrénées et étais capable de reconnaître le Canigou ainsi que quelques-uns des sommets de l’Ariège.

Nous voulons visiter le musée mais il est trop tard. Nous nous attablons pour une bière et réfléchissons à notre lieu de chute pour la nuit. Nous avons été prévenus que si nous cherchions à rester près du sommet, nous serions à coup sûr délogés. Après quelques débats, il est décidé que nous partions voir un peu plus loin dans un endroit moins exposé. Quelques kilomètres de descente plus tard sur le versant nord par la D18, nous repérons un endroit superbe qui nous conviendrait à merveille. Petit point noir, non seulement nous y voyons le logo camping interdit, mais aussi bivouac interdit, ce dernier matérialisé par une tête qui sort d’un sac de couchage. Ne pas insister et c’est reparti. Un peu plus haut, nous avions repéré un chemin à l‘air sympathique. Bien évidemment, mes camardes y arrivent avant moi, et s’y engagent. Lorsque je m’y présente, pas d’alternative, je suis bien obligé de les rejoindre. Mais là aussi un petit hic qui ne les a pas perturbés, un beau panneau circulation interdite annonce la couleur. Mais tout le monde finira par revenir à la raison et nous décidons de nous éloigner franchement. Au lieu-dit Cabrillac, une route minuscule part plein est pour rejoindre la vallée du Gardon, nous la prenons. Quelques kilomètres plus loin, l’œil de lynx de Brigitte intuite, plus qu’il ne voit, derrière un repli du terrain le lieu qui va nous fournir le bivouac idéal, de plus autorisé.

C’est notre dernier soir sous les étoiles, demain nous dormirons chez Hélène. Que ces huit premiers jours sont passés vite, trop vite. Ce soir bombance, grosse platée de riz. La volumineuse gamelle que j’ai fournie est sortie comme chaque soir, et comme chaque fois Brigitte, elle la minimaliste aux sacoches de plumes, me dit « Luc mais ce n’est pas possible tu nous as amené une casserole qui pèse un cheval mort, et non content tu y as mis un couvercle en verre ». Il faut dire, que depuis le deuxième jour, c’est elle qui la porte. En voyage à vélo, il est rare de partir à quatre, donc on ne détient pas un récipient aussi conséquent. Pour la cohésion du groupe et aussi pour la simplification de la gestion des provisions, je considère comme indispensable de prendre nos repas en commun.

Avant de partir de mes Vosges, j’ai fait le tour des magasins de sport, je n’ai rien trouvé. Plusieurs gérants m’ont dit qu’avec la crise sanitaire les livraisons de matériel de camping avaient subi des retards, donc pas de gros contenant. En définitive, j’ai pris une casserole chez moi avec un joli couvercle lourd mais pratique car on voit à travers. Sans doute l’ensemble avoisine le kilo et demi, mais cela n’a pas empêché Brigitte de systématiquement disparaître dans le lointain à la moindre côte, donc tout va bien.

Au matin, nous savons que nous vivons la dernière journée de notre balade saute-causses. Bien cachés dans notre coin abrité, alors qu’à cinquante mètres sur la route souffle un petit vent vif, nous dégustons un copieux petit-déjeuner. Nos avions six œufs nous n’en avons plus que quatre, mystère !

Une fois sur les vélos, c’est l’évasion en direction d’un petit col nommé Salidès, puis c’est la grande descente qui nous conduit d’abord le long de Gardon puis au village de Saint-André de Valborgue. Habitude prise, ma foi pas désagréable, halte au bistrot oblige. Deux joggeurs s’installent à côté de nous sur la terrasse. Voyant les vélos chargés, l’un d’eux s’adresse à Brigitte et lui demande si avec assistance électrique ça allait bien, malgré les sacoches. Houps, elle ne dit rien, mais à sa tête on comprend que ça a fait boum. Plus loin, nous aurons droit au débriefing et sous les traits de la gentille « grand-mère » sourd la flamme vindicative de la jeunesse où la confection et sans doute l’utilisation du cocktail molotov faisaient partie des moyens de régler les différends. On en rit encore !



Dernier pique-nique, nous n’avons pas de pain. On apprend qu’au village, 5 kilomètres plus bas, on en trouvera, mais à midi pile la boulangerie ferme. 10 minutes, ça semble jouable à André, qui sans demander son reste, disparaît. Lorsque nous arrivons au village, son vélo est rangé devant la vitrine. Il est donc à l’intérieur, c’est gagné. Il sort avec la boulangère, elle ferme à clef et voilà, c’était bien midi pétant.

Plus loin, par un chemin qui serpente, nous descendons au Gardon. Lieu tranquille nous en profitons pour une petite baignade et nous laissons traîner ces dernières heures ensemble, pas pressés de mettre un point final à notre aventure cycliste. Malgré l’eau, la chaleur devient intenable, et nous fuyons. Dernière halte à Saint-Jean-du-Gard et la boucle va être bouclée. La dernière difficulté, remonter chez Hélène, 7 kilomètres d’une route sans merci, seule Patricia ne descendra pas du vélo. Pour ma part, je vais le pousser 5 kilomètres et André et Brigitte en feront presque de même !

Une belle histoire prend fin. Pour moi, après 18 mois d’abstinence de voyage à vélo, ce fut un bonheur, même s’il y manquait le sel de la grande aventure que l’on éprouve au fond du désert de Gobi ou de l’Atacama. Mais, me laissant emporter par mes rêves et mes désirs les plus fous, je me verrais bien avec la même équipe partir trois mois pour une traversée du désert de Gobi dans la totalité de sa partie mongole. Ces immensités sans repères, contrairement à l’Atacama où les volcans tiennent lieu de balises, je m’en étais approché sur leurs lisières. L’idée d’y pénétrer franchement, au cours des huit cents kilomètres que j’y ai effectués à la marge, m’a hanté. Mon regard restait fixé sur ces milliers de kilomètres où même les Mongols ne s’aventurent pratiquement pas. Cette pensée m’enthousiasmait et m’effrayait tout à la fois. Les problèmes logistiques à vélo deviennent une vraie gageur lorsqu’il faut transporter au moins 15 litres d’eau sans savoir si cela sera suffisant. Incertitude et trouille qui nouent la gorge, les deux ingrédients indispensables pour que l’on bascule dans le voyage.

Quelques réflexions de Brigitte à méditer après ces 9 jours de grand plaisir:

Pour ma part, ce tour sur les Causses a été un tour très différent des voyages que j'ai faits précédemment. Le voyage en solo rend peut-être plus ouvert aux autres? plus avide de contacts? on a croisé des gens super, mais a-t-on fait des rencontres ? De celles qui font bouger les lignes ? De celles qui continuent à nous secouer longtemps après s'être perdus de vue. Est-ce le fait d'être en groupe ? Est-ce le fait d'être en France ? Ici, les sens sont peut-être moins en alerte. Les cartes sont précises, on connaît les codes culturels, les distances sont courtes, l'incertitude est réduite. J'ai beaucoup aimé rigoler avec vous. Le voyage en solitaire n'apporte pas autant de franches rigolades
Discussion autour du concours du mois de mars 2020: Seul(e) au monde ou la solitude
by Ragamuffin · 2020-03-01 · 139 replies
Bonjour 😉

C'est ici - et uniquement ici - qu'on discute à propos de la thématique du mois : Seul(e) au monde - concours photo du mois de Mars 2020

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