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Passer quelques jours à Moab? English translation pending
by LeTigre · 2011-02-24 · 166 replies
On parle de Moab dans beaucoup de topic mais peu sont dédié exclusivement à cette ville sympathique aussi, si on est pas un acharné du VTT ( on se comprends Leonidas ??? 😉) comment conseillez vous d"y passer deux ou trois jours ?

A l'aube on peut parcourir la randonnée de Devil's Garden tout au bout de Arches NP, en redescendant par l'ancien chemin ça occuppe une bonne partie de la matinée ...

En fin de journée on peut monter à Delicate Arch ... quoique plus je regarde les photos et plus je me dis qu'il vaut mieux être en seconde partie d'aprés midi plutot qu'en fin d'après midi/début de soirée ou il y a beaucoup d'ombres ...

Et sinon, que conseiller vous ?

EDIT : il y a CE TOPIC mais peut être y a t-il d'autre façon de voir les choses depuis ...
Pourquoi Sapa et pas une autre ville vietnamienne? English translation pending
by Granulet · 2011-02-17 · 64 replies
Bonjour Je tiens tout d'abord à préciser que je ne veux agresser personne en posant cette question, j'éspère ne pas avoir de réponse agressive 🙂. La question que je me pose est la suivante : Pourquoi tout le monde va a Sappa ? Je suppose que des rizières, on peut en voir ailleurs ? Je vois que tous les guides, tous les forums auguillent sur cette destination. Si je décide d'aller dans une autre ville de la région, est ce que je vais avoir du mal à trouver un hotel, ou peut être que je ne serai pas le bienvenue ? D'ailleurs, quelqu'un a-t-il une autre ville plus tranquille à me conseiller dans les environs ? Merci
J'abandonne Yellowstone! English translation pending
by Tilsa · 2011-02-11 · 26 replies
Bonjour à tous,

Tout d'abord merci à tous, pour vos conseils (en tout dernier d'ailleurs à Marc et Mrs Peel qui m'ont même proposé des itinéraires) ! J'ai pris tous vos conseils, je les ai passé au mixeur de mes insomnies...et voilà le résultat. Sachant que l'on part tôt dans la saison et qu'il fut que j'abandonne quelques chose, et bien ce sera Yellowstone... (à réserver peut-être pour une prochaine fois..) Sachant aussi, qu'il nous faut faire des étapes courtes en km, et de véritable pause à chaque fois avec nos trois enfants de 4 à 13 ans! Enfin, comme nous avons zappé Yellowstone, nous pouvons partir encore un peu plutôt, et du même coup gagnons presque une semaine, le pied quoi ! Bref, voilà ce que ça donne :

Arrivée par Salt Lake city 3 nuits à Vernal pour 2 jours de visite au pays des dinosaures 4 nuits à Moab pour 3 jours de visite et rando à Arches et Canyonlands 4 nuits à Page en passant par Monument Valley, puis antelope, horshoe bend... 3 nuits à Bryce Canyon pour 2 jours de visite 2 Nuits à Las Vegas pour 1 jour de visite du strip et quelques brasses dans la piscine ! 2 nuits à furnace Creek pour la vallée de la mort, un coucher et un lever de soleil sur Zabriskie 1 nuit à l'entrée du parc Yosemite ( sans doute voir Bodie...mais surtout pour couper la route un peu longue) 3 nuits à l'intérieur du PArc de Yosemite pour deux jours de rando 3 nuits à San Francisco avec 2 jour et demi de visite pour finir en beauté !

J'ai hâte de savoir ce que vous en pensez...pour savoir si je peux enfin dormir sur mes deux oreilles !

P.S pour Marc: nous sommes déjà allés au Grand Canyon avec un survol en Hélico (en fait on s'est marié à Vegas, il y a 10 ans cette année !). Pour moi, le problème de Grand Canyon, c'est que c'est trop grand, pas assez à l'échelle humaine...

Bonne journée à tous... et à très bientôt ! tilsa www.tilsa-voyage.fr
Traversée à vélo des salars de Coipasa et Uyuni, novembre 2010 (Bolivie) English translation pending
by Lucbertrand · 2010-11-25 · 2 replies
Traversée des salars de Coipasa et d’Uyuni

Ces deux immenses étendues de sel situées à plus de 3600 mètres d’altitude, la première s’étendant sur 2100 km carrés et la seconde sur 12 500, sont des curiosités naturelles universellement connues. Le salar de Coipasa est moins couru que celui d’Uyuni, en effet ce dernier est la plus grande étendue de sel au monde. Ces deux mers de sel sont de grande ampleur, et j’ai constaté que sur Google Earth, alors que l’Amérique du Sud est encore entièrement affichée à l’écran, eh bien deux taches blanches sont déjà visibles.

Au cours de notre périple à travers l’Amérique du Sud à vélo, ce passage est l’un des morceaux de choix. C’est avec un peu d’appréhension que nous allons nous y engager. Nos recherches nous ont permis d’obtenir de nombreux renseignements pas toujours concordants, de plus les cartes que nous avons deux chiliennes et une bolivienne ne donnent pas les mêmes renseignements, n’indiquent pas les mêmes routes, des villages différents, et lorsqu’ils sont positionnés en un même lieu, souvent les noms différent. Tout cela ne fait qu’augmenter le mystère d’une région qui apparaît étrange. Le trajet est long, nous l’estimons à plus de trois cents kilomètres, si toutefois, nous réussissons à passer au plus court. Dans le cas contraire il faudra rajouter une centaine de kilomètres.

Donc fort de tous ces renseignements et de toutes ces incertitudes, notre curiosité et notre envie de découvrir ces particularités de la nature ne sont que plus fortes. Notre première vision des ces lieux étranges se présente alors que nous terminons la traversée des parcs nationaux du nord Chili. Lorsque la piste amorce la descente finale sur la ville frontière de Colchane, là-bas dans le lointain de l’autre côté en Bolivie je distingue une mince trace blanche nord sud bordée par un grand volcan à l’est. La vue porte loin, très loin, ce volcan doit bien se situer à cinquante kilomètres, mais cela ressemble exactement à ce que représente ma carte du Chili, bien qu’elle ne soit pas très détaillée, en effet échelle 1/ 2 000 000. Imaginez déjà ce que l’on voit sur une carte au 1/ 1 000 000 de la France ? On ne s’en sert pas pour faire de la topographie, mais uniquement pour suivre des routes. En Amérique du Sud, les dimensions de toute chose sont tellement grandes, que l’on pourrait comparer ce que montre ma carte avec une carte au 1/25000 d’un lac des Pyrénées ou des Alpes. La différence, c’est que le lac que je vois fait plus de 2000 km carrés et que le volcan qui le domine culmine à cinq mille mètres et que sa circonférence doit faire une centaine de kilomètres. Tout est vraiment disproportionné comparativement à l’Europe. Aussi la vision est déconcertante, car un relief que l’on perçoit comme proche peut facilement se trouver à 70 kilomètres, voire plus. A la découverte de ce salar, ces notions de distance je les avais déjà bien intégrées depuis plus de deux mois que nous roulions à travers les Andes. Donc cette première vision du salar, ne nous donne pas une réelle idée de ses dimensions, en effet au sud je distingue des reliefs qui de toute évidence marquent la fin de l’étendue de sel. Mais ne nous y trompons pas ces montagnes, délimitant la frontière méridionale du salar se situent à plus de cent kilomètres de mon point d’observation.

Alors que nous contemplons ce spectacle, nous ne savons pas encore si nous pourrons couper au plus court pour rejoindre cette mer immobile qui se drape dans un lointain indistinct. Nous pensons devoir remonter très au nord chercher une piste qui nous ramènera à l’entrée de cette étendue de sel. Pour le moment, rejoignons la ville de Colchane et essayons de nous renseigner. Il s’agit d’une petite ville frontière immobile au milieu du désert. Les montagnes qui la dominent sont d’une grande beauté, en particulier au coucher du soleil, lorsque les multiples couches géologiques et les rejets volcaniques à base de soufre s’enflamment dans la lumière rasante et révèlent à ce moment privilégié toute leur palette de teintes.

Je pars m’informer chez les carabinieros. Ils ne me seront pas d’un grand secours, en effet ils me parlent de la partie chilienne du salar, mais ne savent ou ne veulent rien dire sur sa partie bolivienne, alors que seule cette dernière m’intéresse. Dommage, nos incertitudes ne seront pas levées.

Le lendemain nous repartons après une bonne nuit passée dans un hôtel, dont les propriétaires, un couple d’Indiens était particulièrement hospitalier. Les formalités douanières sont rapidement effectuées, et nous voilà en route pour le village de Pisiga en Bolivie. D’après la carte il se trouve à dix kilomètres de la frontière. Nous empruntons une magnifique route bétonnée en construction, donc déserte et fonçons vers notre destination. Après une quinzaine de kilomètres, pas de Pisiga. Nous réalisons alors qu’il s’agissait de la ville frontière. Mais nous ne ferons pas demi-tour. Dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne pouvons aborder directement le salar qui se trouve à quelques kilomètres à notre droite et nous envisageons de remonter à Sabaya qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres au nord et de là trouver une piste qui nous ramènera au salar en une trentaine de kilomètres supplémentaires. Donc si notre ravitaillement est pour le moment incomplet, ayant loupé Pisiga, nous aurons encore la possibilité de le compléter lors de notre passage à Sabaya. Mais je ne me résigne pas et si une possibilité se présente de couper pour rejoindre directement le salar et sa piste d’entrée il ne faut pas la louper, eau et ravitaillement risquant alors d’être courts. Je questionne un ingénieur travaillant sur la nouvelle route, ce dernier me fournit des indications relativement précises nous redonnant quelque espoir de pouvoir passer directement à travers le petit massif qui nous sépare du bord nord du salar.

Un chemin doit s’ouvrir deux kilomètres plus loin. Mais nous avons appris à nous méfier des indications données, qu’elles soient kilométriques ou qu’elles qualifient la difficulté des côtes rencontrées ou l’état du chemin. En effet les perceptions à bord d’un véhicule 4X4 et sur un vélo ne sont pas les mêmes. Donc un kilomètre plus loin, un chemin part sur la droite, bien que ce soit proche, il faut tester. Je vois un ouvrier sur le chantier de la route et lui demande. Sans hésiter il me certifie que le chemin mène là où nous voulons aller. Nous entamons la descente, quelques centaines de mètres plus bas une petite maison et le chemin se perd dans une carrière abandonnée. Un petit tertre dominant la région me permet de constater que s’il existe un accès il ne passe pas par là. Je scrute minutieusement les espaces qui s’ouvrent à nous. Le salar n’est pas très loin, mais que le terrain semble tourmenté et instable pour y accéder. Le pire ennemi du cycliste, le sable, règne en maître dans ces contrées. Donc en poussant nos vélos nous rejoignons la route. Je commence à me dire que nous ne couperons pas au détour de 80 kilomètres de piste. En effet la route magnifique en béton que nous suivons depuis une vingtaine de kilomètres a pris fin. Son avancement s’étant arrêté quelques kilomètres auparavant, les cailloux et la poussière ont remplacé cette belle surface lisse et roulante.

Un kilomètre plus loin, alors que je suis presque résigné, Jean voit une piste sableuse qui part dans la direction souhaitée. Nous partons sans conviction sur ce chemin rébarbatif et peu engageant. Rapidement nous devons pousser les vélos, bien que la pente en descente soit assez accentuée, mais le sable ne pardonne rien aux cyclistes. Quelques virages, et notre piste s’engage dans un vallon qui se dessine de plus en plus nettement. Un espoir que cela nous conduise où nous voulons ? Des traces de pneu de véhicules à moteur nous laissent penser que nous ne sommes pas dans une impasse. En effet si nous devions remonter ce chemin, il nous faudrait développer de sacrés efforts et peut-être se mettre à deux pour pousser les vélos, expérience que nous avons déjà vécue. Mais non la piste descend, parfois plus de trace de pneu, ce qui fait resurgir nos craintes d’erreur. Mais non, un peu plus loin elles réapparaissent et de plus elles semblent venir du bas, ce qui rallume tous nos espoirs. Cela fait plus de six kilomètres que nous poussons nos vélos. Je constate alors que le sol en dehors du chemin est plus solide et qu’il nous permet de rouler. Donc, nous voilà partis à louvoyer parmi une végétation rabougrie sur quelques centaines de mètres, ce qui est très appréciable comparativement au poussage épuisant dans du sable pulvérulent.

Nous atteignons un village, mais généralement il n’y a personne, cela fait maintenant plus de quinze jours que nous traversons des lieux identiques entre Chili et Bolivie. Aujourd’hui miracle, un homme se trouve devant l’une des maisons. Nous allons lui demander conseil. Il nous confirme qu’en suivant la piste qui part à l’est nous allons rencontrer dans une dizaine de kilomètres l’accès au salar. Il nous affirme même que l’état du chemin s’améliore, cependant il nous dissuade d’essayer de rejoindre au plus court le salar, à travers de grands prés rabougris sur lesquels paissent des lamas. C’est déjà pas mal, nous faisons nos comptes, cela fera une vingtaine de kilomètres au lieu des quatre vingt prévus. Nous pouvons même gagner une journée et bivouaquer ce soir au milieu du sel.

La pause casse-croûte est la bienvenue, même s’il s’agit d’un bout de pain avec un peu de thon de très mauvaise qualité, et nous reprenons notre chemin. L’état de la piste dans un premier temps n’est pas terrible et ne permet pas de rouler. Nous constatons qu’en restant dans les prés, certes ce n’est pas très confortable, mais nous pouvons pédaler. Un peu plus loin, nous découvrons de très fines pistes de quelques dizaines de centimètres de large, qui autorisent une vitesse dont nous n’avons plus l’habitude. En quelques mètres, nous prenons le coup pour rester sur ces très étroites bandes de roulement et ainsi nous gagnons plusieurs kilomètres.

Les contours de cette première étendue de sel nous dévoilent petit à petit leur immensité. Il est vrai que j’ai besoin de me référer à ma carte pour me persuader que les pics et volcans que je vois au sud sont à plus de soixante kilomètres, car nous allons parcourir cette étendue blanche sur cette distance. Donc le grand volcan que je distingue très nettement plein sud se dresse à plus de quatre vingt kilomètres, stupéfiant, c’est presque la distance Lyon Valence ! Il est rassurant de constater que nous garderons tout au long de cette traversée des repères qui nous éviteront de tourner en rond, car paraît-il la boussole ne fonctionne pas. Quant au GPS que je possédais, on me l’a volé au Pérou. Cependant, nous constaterons que la boussole donne une bonne indication sur les deux salars. Peut-être y a-t-il des points particuliers sur ces surfaces qui perturbent le champ magnétique de façon très locale? Les différents essais que j’ai effectués en relation avec le soleil ou des points topographiques caractéristiques m’ont donné des indications tout à fait conformes aux directions estimées.

Nous arrivons à un petit village en bordure de salar. Nous constatons que dans la partie nord-ouest de cette immensité il y a une activité liée sans doute à l’exploitation du sel. En effet de temps à autre des camions passent dans le lointain. Ce bourg est habité et un petit attroupement se forme autour de nous. Nos réserves étant assez faibles, il nous faut impérativement un complément au moins en eau. On nous vend péniblement une bouteille de coca cola que nous vidons dans la foulée. Mais nos bouteilles vides, nous pouvons les remplir au puits du village. Notre bilan hydrique se monte à un peu moins de vingt litres à trois. Si nous ne nous perdons pas, cela devrait suffire. En effet les différents renseignements semblent concorder, en matière d’approvisionnement en eau dans tous les villages rencontrés. Lorsque l’on voit l’aspect désertique de la région, on peut en douter. Mais nous aurons l’occasion de constater que c’est bien vrai. Même dans les villages déserts il y a un robinet qui fournit une eau claire fraîche et non salée, mystère des écoulements souterrains.

Les villageois nous indiquent une petite île, distante de dix kilomètres sur laquelle nous trouverons, paraît-il, un hébergement. Incroyable, ce ne sera même plus de l’aventure! Le vent de l’après-midi souffle avec son cortège de poussière. Durant ces trois mois de voyage, la poussière aura été notre lot quotidien. Pour nous en protéger nous allons essayer différents procédés : écharpe, masque de chirurgie, respiration retenue, mais rien ne sera vraiment efficace et nous respirerons de véritables bouffées de terre avec tous les inconvénients que cela génère au niveau du système respiratoire. Le grand air pur des montagnes et des régions inhabitées que nous attendions, nous ne l’avons jamais vu. Par contre, des nuages denses de poussière, soulevée par le vent ou les véhicules, nous ont accompagnés tout au long des milliers de kilomètres de piste.

Nous nous engageons sur le salar par une véritable route, large mais cabossée, très nettement marquée car surélevée par un remblai d’une bonne cinquantaine de centimètres. En effet, nous comprenons bien pourquoi il est nécessaire d’arriver par ce type d’accès aménagé. Autour tout est mou, sable et sel, et le vélo nécessiterait d’être poussé sur des distances infinies. Nous atteignons cette fameuse île, sans à vrai dire avoir vraiment mis le « pneu » sur le sel. Nous avons parcouru une longue langue de terre qui s’avance sur le salar. Que l’endroit semble désolé ! Quelques maisons abandonnées ou cadenassées résistent tristement aux assauts des bourrasques. Un être vivant en train d’ordonner des briques de terre est la seule présence vivante en dehors de deux chiens qui nous accompagnent de leurs aboiements. Nous nous renseignons auprès de cet homme, qui nous répond sans même lever la tête. Nous ne semblons pas les bienvenus dans ce recoin désolé et lugubre. Nous partons à la recherche d’un point de chute pour la nuit. Le soleil décline, et la fraîcheur arrive rapidement à plus de 3600 mètres. Un enclos de pierre à quelques centaines de mètres devrait offrir une assez bonne protection contre le vent. Je traverse à vélo des zones dures pour y jeter un coup d’œil. En regardant par-dessus le mur de pierre, assez haut, je suis aussi surpris que les deux habitants du lieu, qui sont deux gros cochons. Il n’est pas question de leur disputer l’emplacement ! Nous cherchons chacun de notre côté parmi les maisons en ruine, mais toutes sont de véritables dépotoirs et bien souvent elles servent de lieu d’aisance. Vu l’état des lieux, il doit y avoir du passage, car à part l’homme taciturne interrogé pas âme qui vive ici. Nous finirons par installer nos tentes à l’abri d’un mur sur un replat. Comme chaque fois que nous bivouaquons Jean prépare le repas constitué d’une soupe et d’une platée de nouilles. Alain et moi, par flemme, nous nous satisferions de grignoter quelque chose de froid. Mais il faut bien reconnaitre qu’un repas chaud c’est mieux ! Ces victuailles chaudes vite englouties, nous nous blottissons dans nos sacs de couchage, à l’intérieur de nos abris chahutés par le vent. Heureusement, ce dernier, comme d’habitude, va se calmer peu de temps après l’arrivée de la nuit. Nous passerons une longue nuit presque paisible. En effet plusieurs camions surgis de nulle part nous réveilleront de temps à autre. Heureusement que nous sommes bien serrés contre un mur. Mystère de ces régions presque désertiques où en pleine nuit une circulation improbable vient vous rappeler que vous n’êtes pas si loin de la civilisation.

Le jour se lève, l’air est immobile. Ce matin le lieu nous apparaît moins triste et hostile qu’hier soir. En effet, en fin de journée, la venue de l’obscurité avec un vent furieux, alors que nous sommes fatigués, donc plus sensibles aux basses températures, a un effet non négligeable sur le moral. On a donc tendance à voir les choses de façon plus lugubre. Cette nuit, le froid n’a pas été très intense, quelques degrés en-dessous de zéro. Le soleil se lève sur le salar, spectacle magnifique. Nous déjeunons et enfourchons rapidement nos montures. Nous sommes toujours sur notre langue de terre qui est de plus en plus étroite. Nous essayons de prendre pied sur le salar, mais le premier essai n’est pas le bon. Enfin nous voilà sur le grand tapis blanc. Au début tout va pour le mieux, un vrai billard. Selon les endroits le sel a des aspects différents mais le roulement est facile. Puis des changements apparaissent. Un peu à la manière d’une calotte glacière, où des plaques se chevauchent, ce qui freine considérablement l’avancement. Mais nous ne voyons pratiquement pas de traces de véhicules. Nous progressons de la sorte en direction du sud, pour le moment en descendant un immense bras de sel de quelques vingt kilomètres de large. Nous arrivons au bout de cette ramification et l’immensité plate s’étale devant nous. Sur notre droite l’horizon disparaît au-delà de cet infini blanc. Que la sensation est étrange de pédaler dans cet univers plat et blanc, duquel aucun bruit ne monte. Seul le craquement des concrétions salines qui s’écrasent sous nos roues apporte un léger fond sonore. Les aspects que prend la surface de ce sol pétrifié varie à l’infini ou presque, du billard lisse jusqu’au moutonnement en vaguelettes, toute une série de variations s’offrent à nous. Parfois sur quelques mètres et d’autres fois sur quelques kilomètres. Nous apprenons à découvrir un nouveau monde. Mais toujours nous arrivons à rouler au moins à dix ou quinze kilomètres à l’heure. Pour nous ce n’est pas mal, car nous avons expérimenté les trois kilomètres à l’heure de moyenne en développant des efforts considérables. Donc tout va pour le mieux. Nous distinguons un véhicule loin sur notre droite. Nous ne nous risquons pas à estimer la distance, tout est tellement trompeur. On dirait un camion haut perché. Nous interceptons une trace dure, qui manifestement est un axe de passage. Nous la suivons et arrivons à la hauteur du véhicule arrêté. Il s’agit d’une voiture. Les deux occupants en sont descendus, car ils sont en panne d’huile au beau milieu de cette étendue. Ils nous en demandent. A part nos petites burettes pour graisser nos chaînes, nous ne pouvons rien leur offrir. Il faut quand même le faire, venir tomber en panne dans un endroit pareil… La route sur laquelle nous nous trouvons prend une direction bien à l’est. Le chemin le plus court pour nous consiste à partir pratiquement plein sud pour aller intercepter une piste qui borde le salar au sud. Après concertation nous décidons de prendre cette direction au plus court. Comme c’est étrange, le bord semble tout proche, alors que les informations que nous avons corroborées par la carte nous disent qu’il y a au moins trente kilomètres. Mais si nous avançons correctement nous sortirons du salar dans trois heures maximum. Mais voilà, les choses vont se gâter. Le sol devient mou, la vitesse tombe vers les cinq à l’heure puis nous sommes obligés de mettre pied à terre et de pousser nos engins lourdement lestés. Les vélos ne sont vraiment pas conçus pour être poussés. Dans cet espace immense où la vue porte si loin, se traîner comme des limaces en poussant donne une réelle sensation d’immobilité. Tous les repères auxquels nous pouvons raccrocher notre regard se trouvent à des dizaines de kilomètres. Vers midi, nous faisons une halte sur un petit bout de terre de quelques dizaines de mètres carrés perdu au milieu de cette surface blanche, éclatante au soleil. Jean fait une platée de pâtes, nous consommons l’eau de cuisson, car nous sentons bien que le piège du salar risque de se refermer sur nous, alors que nos réserves sont faibles. Après le repas, alors qu’il fait une petite sieste, je pars sonder les environs pour essayer de trouver la route la moins difficile, ou plutôt la moins molle. Plein est, je suis une trace d’animaux, sans doute un troupeau de lamas, ce qui me permet de rouler sur un ruban d’une dizaine de centimètres permettant un avancement rapide. Mais après quelque distance je viens butter sur un marais. Voilà pourquoi ça et là des touffes d’herbes apparaissaient, juchées sur de petits monticules de terre. La progression devient impossible. Je rejoins mes camarades et fais un essai plein sud. C’est mou mais en poussant la progression reste possible. Nous décidons d’insister dans cette direction, en espérant que nous ne serons pas arrêtés par des zones marécageuses. De plus avec la chaleur de la journée, des mirages apparaissent et nous avons réellement l’impression d’être entourés de grandes masses liquides. L’impression est inquiétante, car l’illusion prend des airs de réalité. Nous allons pousser durant encore quinze kilomètres, en alternant sel et sable. Lorsque ce dernier prend des teintes sombres nous sommes piégés par un matériau, dans lequel les vélos s’enfoncent parfois jusqu’au moyeu. Dans ce cas, il nous faut quasiment les porter et alors nous enfonçons jusqu’aux chevilles. Et dans cette immensité où tout nous apparait si proche, mais en réalité où tout se trouve très loin, nous avons une vraie impression d’immobilité. Nous commençons à nous demander si nous allons nous sortir de ce traquenard avant la nuit. Depuis mon retour en France j’ai lu des récits de personnes qui s’étaient perdues dans ce coin. Manifestement elles n’avaient pas persévéré à garder le cap plein sud. Pour ma part je commence à me poser la question, mais je me dis qu’au rythme de trois kilomètres à l’heure, nous pouvons faire une bonne distance avant la nuit qui n’arrivera que vers les vingt heures. Plus le soir se rapproche, plus je me sens motivé pour savoir si nous sommes en mesure de sortir par ce côté. Je suis prêt à marcher tant que c’est possible, même si la nuit arrive. Mais ce n’est pas le cas de Jean qui commence à envisager un bivouac. Cette incertitude m’enlève toute envie d’arrêt avant de savoir si nous sommes capables de passer. Le sel commence à céder la place à la terre de façon plus régulière. Nous arrivons même à remonter sur nos vélos le long d’une minuscule sente d’animaux. Puis nous coupons des traces de véhicules. Le bord ne doit plus être très loin. D’après ma carte un chemin borde la partie sud du salar. Nous n’avons vu aucun mouvement. Ils sont facilement visibles même de loin, car les véhicules soulèvent de grands nuages de poussière. Jean pense que le chemin ne passe pas là. Si c’est le cas nous sommes dans de beaux draps. Vers dix neuf heures nous sentons que nous approchons de la sortie de ce piège. Là-bas, loin sur la droite un nuage de poussière. Un véhicule ! Manifestement il longe le salar. Le chemin est bien là. Je pousse un ouf de soulagement. Effectivement nous sortons. Le camion passe à quelques centaines de mètres de nous. Le chauffeur freine et nous regarde de loin, sans doute intrigué, car la traversée par cet endroit ne doit pas être très fréquente. Nous trouvons une zone plate. A deux kilomètres se trouve un petit village perché. Pendant que mes camarades installent les tentes, je pars à sa rencontre dans l’espoir de ramener de l’eau. Je le rejoins assez facilement, bien que j’aie à pousser dans le sable sur les cinq cents derniers mètres. Il est habité et comme par miracle, un robinet prodigue une eau claire et fraîche. Je reviens avec mes bouteilles pleines, ce qui nous permettra un bivouac confortable. Nous sommes vraiment contents d’être sortis de ce « guêpier ». En regardant au nord nous distinguons très nettement la montagne le long de laquelle nous sommes descendus hier pour rejoindre le salar. Elle est à plus de soixante dix kilomètres, cela paraît à peine croyable, et pourtant le compteur et la carte donnent la même indication.

Assister à la venue de la nuit dans ces lieux retirés est un spectacle fascinant. Le ciel prend des teintes rouges qui contrastent avec le sombre des grandes montagnes en contre-jour. On imagine bien de la sorte les grands espaces préhistoriques seulement peuplés de dinosaures. De plus le vent s’en donne à cœur joie comme chaque soir. Cette nuit je vais bien dormir et le lendemain me réveiller vers les sept heures, alors qu’il fait déjà bien clair, ce qui est exceptionnel.

Le matin, une fois encore l’air est immobile, le silence absolu, presque assourdissant. J’ai envie de retenir mon souffle pour ne pas troubler l’esprit du lieu et rompre l’enchantement. Je pars me promener à pied sur nos traces de la veille, que je ne retrouve pas dans cette immensité. Quelques gros oiseaux s’envolent à mon approche. Une petite rivière, qui court au milieu du sel est en partie gelée, il n’a pas du faire bien chaud cette nuit! De retour aux tentes, je constate que la grosse bouteille d’eau que j’ai oubliée sur mon porte-bagages est un énorme glaçon de plusieurs litres. Heureusement que le contenant est en plastique ! Le changement de température est rapide. Une demi-heure après l’apparition du soleil le thermomètre reprend une vingtaine de degrés.

Aujourd’hui nous espérons une étape facile, en effet une trentaine de kilomètres nous séparent de la petite ville de Llica, point d’entrée du salar d’Uyuni. Les deux kilomètres que j’ai effectués sur cette piste hier pour aller chercher de l’eau m’ont permis de constater qu’elle était en très bon état. Mais je ne l’ai empruntée que sur deux kilomètres. La suite sera toute différente, en effet l’empire du sable va reprendre et nous allons nous battre à pied contre un terrain qui ne nous laissera aucun répit. Généralement les pistes sablonneuses que nous avons expérimentées jusqu’à présent, présentaient des zones non praticables, mais elles alternaient avec de grandes zones où nous pouvions enfourcher nos vélos. Mais là, non, les parties « roulables »sont quasi inexistantes, et sur quatorze kilomètres nous allons pousser dans un sable qui nous retient comme de la colle. Je maudis cette piste, et l’étape supposée facile se transforme en véritable calvaire, surtout après la gigantesque séance de poussage d’hier.

Lorsque nous arrivons au village de Challacollo, Jean décide de voir si ce village possède un restaurant. Lorsqu’il y pénètre, un pick-up en sort. Je me précipite à grands renforts de gestes, pourvu qu’il m’attende. Le chauffeur m’a remarqué et je cours littéralement, mon vélo à la main. Contrairement à Jean qui lui avait demandé s’il y avait de quoi se restaurer, moi je suis intéressé par sa destination. Il va à Llica, chance ! Immédiatement je lui demande s’il peut me charger avec mon vélo, Alain y est immédiatement favorable. Jean quant à lui est plus réticent, considérant que c’est un peu trahir l’esprit du cyclotourisme. Pour ma part, je considère que pousser son vélo dans le sable, c’est comme naviguer avec une bassine, un engin pas du tout adapté à son emploi. Enfin de compte nous finissons tous les trois sur la plate-forme du véhicule en compagnie d’un couple de vieux Indiens. Les quinze kilomètres nous séparant de Llica nous les parcourons en une demi-heure. Vu l’état de la piste, à vélo il nous aurait bien fallu au minimum quatre heures, avec la grosse chaleur qui montait, nous en aurions vraiment bavé. A treize heures nous sommes installés dans un restaurant sympathique devant une belle assiette de poulet au riz, que je savoure sans remords ni regrets. Alain ne semble pas avoir plus d’états d’âme que moi, ce qui n’est pas le cas de Jean. Je sens dans son regard une forme de reproche. Nos conceptions divergent quelque peu. Je roule avant tout pour le plaisir, les calvaires interminables, je n’en raffole pas. Pousser son vélo, sans aucun espoir de pouvoir rouler sur la moindre parcelle, ne m’attire pas spécialement et si je peux m’en dispenser je n’hésite pas.

Cette petite ville de Llica est étonnante, comme toutes les agglomérations boliviennes ; des maisons basses qui se serrent dans des rues en pente, avec quelques épiceries toutes semblables qui offrent un choix restreint de nourriture. De ces petites villes se dégagent quiétude et nonchalance. Et toujours à proximité ou sur la « plaza des armas » l’église toujours originale et de couleur vive rappelle que le catholicisme tient une place importante. Une petite auberge nous accueille, le patron est particulièrement bienveillant et attentif à nos demandes, bien que l’établissement soit spartiate. La douche se matérialise par un seau d’eau au milieu de la cour. Heureusement que je n’éprouve plus le besoin de me laver systématiquement. Quelques centilitres pour les endroits vitaux et pour ma part, je fais attention de toujours m’essuyer à la mode musulmane, ce qui est beaucoup plus hygiénique que le papier nommé mal à propos hygiénique.

Une fois bien installés et ayant fait un peu de lessive, je commence à m’inquiéter de l’étape du lendemain, le fameux salar d’Uyuni, le plus vaste du monde. En regardant les chiffres, Coipasa 2100 km2 et Uyuni 12 500, je prends un peu peur, cela fait six fois plus grand. Cette première traversée nous a déjà pas mal étonnés pour ne pas dire impressionnés, j’ose à peine imaginer ce que ce sera sur Uyuni. Avec Alain je pars à pied vers la sortie de la ville essayer de repérer le chemin d’accès au salar. D’un promontoire au niveau des dernières maisons nous avons un excellent point d’observation. A nos pieds s’ouvre un immense espace, duquel surgissent dans le désordre des pics d’origine volcanique. Que c’est immense ! Là, il n’est pas question de voir de l’autre côté. Ma première impression consiste à me dire : mais par où va-t-on bien passer ? Puis nous continuons à marcher et interrogeons un homme qui nous indique le chemin qui donne accès au salar. En effet tout est tellement gigantesque, que nous voyons bien des grands espaces plats mais pas de sel. Cela signifie que ce que notre regard embrasse ce sont les abords de cette mer immobile. Je fais vite la relation avec Coipasa et j’en déduis que les dimensions ne sont pas à la même échelle. Nous avons identifié clairement la route qui nous y conduira, le lieu ne nous livrera pas d’autre indice. Nous retournons en ville boire une bière, dans ce qui est plutôt une épicerie qui vous offre un siège, qu’un bar à proprement parler. Le propriétaire va nous donner quelques indications supplémentaires très intéressantes et qui pour une fois se révéleront parfaitement exactes. La piste passe juste au nord de l’île du Pescado et puis se dirige directement sur celle d’Incahuasi. D’après nos informations la première île est visible au moment ou la piste arrive au salar, il suffit donc de la prendre en ligne de mire, sur la seconde il y a de quoi se restaurer. Donc notre but pour demain consistera à atteindre ce deuxième lieu. J’ai aussi pu observer que le volcan Tunapa, haut de 5321 mètres, donc 1700 mètres au-dessus du salar, pointe comme un phare immense qui sera en mesure de nous indiquer un point de repère au nord durant une grande partie de notre traversée.

Forts de tous ces renseignements, ayant récupéré Jean, nous partons dîner tous les trois dans un petit local tenu par une Indienne. Elle nous propose un excellent poulet grillé. Durant le repas des bruits de musique. Nous allons voir sur le pas de la porte et la stupéfaction nous cueille. Des foules arrivent presque au pas cadencé, descendant en rangs compacts les rues rectilignes. Mais d’où sortent tous ces gens ? Par groupe d’une centaine de personnes, ils arborent des tenues différentes, égayées de lampions et lumières parfois accrochées en haut d’antennes, qui balancent au gré du pas. Les participants de l’un des groupes portent comme un sac à dos, fait d’une petite caisse cubique dans laquelle une bougie tient lieu de lampion. Sur la face arrière de ce sac à dos, la photo très célèbre du CHE, qui, nous l’avons constaté, reste très populaire en Amérique du Sud. Et pour entretenir le rythme, les orchestres, je dis bien les orchestres, car ils sont au moins au nombre de trois, sont répartis tout au long du cortège. Dans ces pays ce qui m’a le plus surpris, ce sont ces défilés festifs quasi permanents. Le spectacle est vraiment étonnant et nous restons médusés à regarder passer dans la nuit cet étrange mais très sympathique cortège. On nous explique qu’il s’agit de l’anniversaire de Potosi. S’agit-il de la ville ? Nous n’en saurons pas plus.

Nous décidons d’un départ très matinal, malgré le froid. Dès sept heures nous sommes en route. La ville est vite traversée, nous passons le poste militaire qui en contrôle l’entrée. La piste sur douze kilomètres va nous servir de prélude à ce site unique. Nous le voyons s’ouvrir devant nous, son immensité toujours plus présente. Pas de véhicule en vue. Est-ce que ce sera aussi désert que Coipasa ? Normalement non. Si, de la poussière monte de la piste en provenance du salar. Un camion nous croise, je fais signe au chauffeur qui s’arrête. Je lui demande confirmation que nous roulons bien sur la bonne piste, et m’assure que l’île que je crois être celle du Pescado est vraiment la bonne. Il me le confirme. En effet, cette île sort comme un point minuscule qui semble danser sur cette surface plane. Elle est située exactement à quarante huit kilomètres du bord du salar, indication qui me sera donnée par mon compteur. Comme pour Coipasa, une piste surélevée sur quelques kilomètres donne accès au sel dur. Nous y voilà. Gigantesque ! D’ouest en est notre traversée va exactement faire 145 km. Aujourd’hui nous en parcourrons 72 et demain 73.

Le soleil est bien en face à l’est. Notre volcan balisant le nord nous domine, l’île du Pescado est bien identifiée, on peut y aller. La direction à prendre est sud-est. La piste que nous suivons part dans la bonne direction. Après une quinzaine de kilomètres elle s’incurve vers le nord. Une discussion s’engage entre nous. Je suis partisan de garder le cap et de ne pas suivre la piste qui semble un vrai boulevard. En effet, je crois qu’elle part sur le village de Tahua au pied du volcan Tunapa, ce qui n’est vraiment pas notre route, car notre traversée doit nous conduire presque plein est. Nous restons donc sur une trace dans la direction de l’île du Pescado. Mais elle n’est pas bien marquée et de plus à part le camion pas un véhicule. Un petit doute subsiste en moi. Mais sur la droite de notre piste il me semble en voir une autre. Je la rejoins en coupant à travers le sel, qui est très roulant, presque autant que les chemins tracés par les véhicules ; Donc je rejoins cette autre piste, qui est une vraie autoroute lisse et dure. Elle pointe directement sur l’île qui nous sert de balise. Mes doutes commencent à s’estomper. Nous roulons à vive allure, aux environs des 25 à l’heure. A l’est l’étendue de sel disparaît dans le néant. Au sud et au nord d’immenses montagnes en dessinent les contours lointains. Epoustouflant. Je m’arrête et tourne sur moi-même complètement subjugué par ce spectacle quasi irréel. Nous sommes seuls, nous ne verrons aucun véhicule jusqu’à l’île d’Incahuasi. Je suis dans le site le plus exceptionnel et étrange qu’il m’ait été donné d’admirer. Le fait de s’y trouver seul et à vélo, en quelque sorte assez vulnérable donne à l’endroit une dimension véritablement extraordinaire. Se trouver à bicyclette en ce lieu est une expérience inimaginable, qui fait monter des émotions fortes, difficiles à décrire. Toute une foule de photos vues et de reportages lus me viennent à l’esprit. En particulier une photo de la couverture de la revue trimestrielle « carnets d’aventure », sur laquelle on voit au beau milieu du salar trois beaux gaillards blonds et nus, qui cachent leur pudeur, chacun derrière une sacoche de vélo de couleur vive. Elle m’avait beaucoup plu, car outre le côté esthétique indéniable de tous les éléments de la photo, les trois compères rayonnaient de joie. Mais une polémique avait éclaté et les purs et durs, peut-être un peu puritains rigides en avaient fait le reproche à la rédaction, qui avait à mon sens su répondre habilement et très diplomatiquement.

Encore une fois les distances sont gigantesques et la vue porte au-delà. L’île du Pescado grossit, de point elle devient objet allongé un peu à la manière d’un gros poisson. Et puis tout là-bas dans le néant entre blanc du sel et bleu du ciel, un point noir émerge de la piste. L’île d’Incahuasi pointe le bout de son nez. Nous passons au large de la première, exactement quarante huit kilomètres du bord. Maintenant la seconde va se rapprocher lentement et le compteur indiquera vingt quatre kilomètres de plus. L’euphorie qui m’habite annihile la notion de temps et je n’ai vraiment pas l’impression de parcourir de telles distances. De plus lorsque je me retourne je vois en prenant des repères sur les montagnes, assez précisément le lieu où nous sommes entrés sur le sel. Comment imaginer que c’est si loin. D’autres étapes nous avaient demandé beaucoup plus d’efforts et de temps pour un kilométrage bien inférieur !

Incahuasi grossit et la piste arrive droit dessus. Nous constatons qu’il y a pas mal de mouvements. Nous y voici. Comme c’est étrange, les véhicules 4x4 viennent se garer comme des bateaux viennent à l’attache à l’île verte à la Ciotat ou au banc d’Argun sur le Bassin d’Arcachon. D’autant plus étonnant qu’au beau milieu de l’île se dessine comme un petit golfe, en bordure duquel les voitures se garent sagement. Nous passons du désert à la foule. J’aime bien, cela présente un petit côté réconfortant que je ne saurais expliquer. Dans deux jours je vais parcourir le salar dans un autre sens et cette fois en voiture. Ce sera une autre expérience, mais il est vrai que le vélo représente le moyen le plus adapté pour se faire un immense plaisir et ressentir toute la grandeur du lieu. Je constate qu’il y a beaucoup de Français. Partout où je suis allé ces dernières années le pourcentage de français était important. Alors que j’ai souvent entendu dire que les Français étaient un peuple qui ne voyageait pas beaucoup, je ne trouve pas.

Nous accostons, Alain et moi. Jean est déjà arrivé depuis un certain temps. Que cet endroit est étonnant, îlot perdu dans cette immensité. Les cactus candélabre ont colonisé le lieu. Ce sont de véritables arbres qui montent jusqu’à dix mètres. Les plus vieux sont millénaires. Nous allons déjeuner au restaurant. Bien évidemment les prix sont bien plus élevés que ceux dont nous avons l’habitude en Bolivie, mais cela reste cependant bon marché. On nous apporte le grand livre des voyageurs à vélo, qui tous mettent un mot ou couvrent deux pages. Ils y ont ajouté de nombreuses photos ou des schémas de leur périple. Je constate que nombreux sont ceux qui sont passés par ce point quasi obligé du cyclotourisme au cours d’une traversée des deux Amérique de l’Alaska à la terre de Feu. Nous découvrons qu’étant venus à bicyclette, nous aurons le privilège de pouvoir dormir sur place, alors que ceux qui sont venus en voiture n’auront pas ce privilège.

Le soir arrivant, les visiteurs véhiculés désertent les uns après les autres, et nous nous retrouvons seuls en compagnie des neuf Indiens qui demeurent ici, afin de gérer le flux touristique. Avec le départ des touristes, la chaleur s’en va aussi. La luminosité aveuglante diminue, l’espace environnant devient plus hostile. Les pierres et la flore de l’île semblent se métamorphoser, changeant de couleurs à la manière d’un caméléon. Les grandes étendues blanches prennent des tonalités plus roses, un peu pastel. Dans le lointain la jonction entre le sel et le ciel s’éteint progressivement dans des teintes bleu profond. Le froid et le vent ajoutent une touche sévère au tableau. Le soleil, pour sa part, dans un dernier effort allume et incendie les nuages épars d’un rouge vif qui fait ressortir la multitude de plans de montagnes qui s’enchevêtrent jusqu’à l’infini. Je pars seul marcher sur le salar, alors que la nuit étend son mystère. Que l’impression est forte ! A part les rafales de vent, plus aucun bruit ne perturbe le lieu. On pourrait se croire sur une calotte glaciaire perdu quelque part au pôle nord ou sud. Un même lieu à différentes heures de la journée, dans différentes conditions, avec plus ou moins de monde et l’impression est totalement modifiée, on pourrait se croire dans des endroits très différents. Ce soir, que cette immensité bordée de pics innombrables m’impressionne dans cette obscurité qui prend possession de l’espace ! Presque à contrecœur je rejoins l’île et mes camarades.

Le local qui nous est attribué pour une somme modique est spartiate, mais la vue sur le salar par une grande baie vitrée est absolument sublime. Il est des moments dont on se souvient longtemps, eh bien ce petit refuge me laissera un souvenir durable. Nous aurions aimé que d’autres cyclistes nous rejoignent pour cette nuit. Mais nos espoirs seront déçus, bien que nous ayons estimé à la lecture du livre d’or qu’un jour sur deux, des adeptes du vélo, venant du monde entier, passaient par là.

Au matin, je monte au sommet de notre petite île volcanique, afin d’admirer l’apparition du soleil dans ce décor grandiose. Malheureusement une légère brume atténue la grandeur du spectacle. En effet, la lumière solaire lorsqu’elle apparaît tout là-bas à l’est derrière des montagnes situées à une centaine de kilomètres, balaie cette immensité plate et blanche, d’ouest en est, en l’éclairant graduellement. Mais le phénomène sera ténu du fait de la diffusion à travers les légers nuages perturbateurs. Dommage, mais le spectacle n’en est pas moins saisissant. Je reste depuis hier après-midi comme hypnotisé devant cette immensité magique que je contemple du haut de ce tertre peuplé de cactus géants. Je redescends, nous petit-déjeunons et repartons pour notre deuxième étape sur la plus grande étendue de sel du monde.

Le plaisir est aussi intense que celui éprouvé la veille. On avance rapidement sans effort et de toutes parts cette immensité blanche bordée, très loin de pics et de volcans, qui se pressent et se chevauchent dans des baies et des golfes géants, dont on discerne à peine les contours à l’infini. Par endroits n’étant pas sûr d’être sur la piste la plus directe, je fais des baïonnettes vers la droite afin d’intercepter d’autres routes. Au cours de ces manœuvres, je foule de mes roues un sel vierge de toute trace. Je vois mes deux camarades de profil loin là-bas qui se découpent comme deux minuscules insectes dans ce décor de géants. La fascination joue à fond.

Mais tout a une fin, l’extrémité du salar se rapproche et les soixante treize kilomètres sont parcourus trop vite. Il est des endroits dont on ne veut plus s’échapper, pris par un charme puissant. Un peu avant la sortie, un hôtel de sel. Nous nous y arrêtons. Quelques véhicules y stationnent. Nous sommes un peu l’attraction lorsque nous nous approchons. Bien que ces gens soient sympathiques et de plus parlent pour certains, bien notre langue, j’ai un peu la sensation d’être un singe malin que l’on regarde ; j’attends le moment où l’on va me lancer des cacahuètes. Je me rends compte qu’être touriste à pied parmi les touristes, donc incognito ne me dérange pas du tout, mais avec mon vélo cela me particularise trop et me gêne. Autant au cours des deux semaines précédentes à travers les zones désertiques ignorées du tourisme, je me suis senti bien, autant maintenant que nous arrivons dans ces parages très touristiques, j’ai envie d’abandonner mon vélo.

La sortie du salar est balisée comme l’entrée par une véritable route, large et cabossée sur laquelle de nombreux véhicules soulèvent une poussière dense qui nous titille sérieusement les muqueuses. Encore vingt sept kilomètres d’une piste absolument horrible, tôle ondulée, sable, bosses en tous genres et nous arrivons dans la ville d’Uyuni, que les guides décrivent comme vilaine et sans intérêt. Nous, nous la trouvons sympathique et animée, et son climat soi-disant rude, nous apparaît comme amical, sans doute nos organismes se sont habitués aux conditions rudes depuis trois mois que nous arpentons les Andes à vélo. En ce qui me concerne, je viens d’effectuer la dernière étape sur ma monture, cent kilomètres exactement. En effet, je vais continuer le voyage par des moyens mécaniques. Mais ces 4000 kilomètres à vélo ont été tellement intenses qu’ils m’apparaissent comme dans un rêve. Ai-je vraiment vécu ces trois derniers mois ? Et dans ce rêve, le summum réside dans les trois dernières semaines, dont je reparlerai, avec le bouquet final que je viens de vous narrer, Coipasa et Uyuni.
Récit d'un périple en Afrique Australe: du Big Five aux récifs coralliens (1e partie) English translation pending
by Ericarole · 2010-11-07 · 17 replies
Encore une fois, je me laisse prendre au jeu de l'écriture et il m'est difficile de faire plus court. Le flot des images et des souvenirs ne peut être endigué alors je vous livre nos souvenirs tels qu'ils le sont, presque sans retenue. Nous gardons quand même quelques moments secrets, enfouis dans notre petit jardin. Promis juré, quand la rédaction sera terminée, je tenterai un ajout de photos.

Prologue :

Au retour de notre voyage en Afrique Australe en aout 2008, nous nous étions fait une promesse : nous y reviendrons !!

En Septembre 2009, c'était décidé : Aout 2010 sera africain.

Une fois encore, la formule sera en self drive, avec 4x4 et tentes sur le toit.

Des mois de préparation pour établir les itinéraires, effectuer les réservations de camps et lodges, des dizaines d'heures à surfer sur les sites et forums pour récolter avis et conseils ont été nécessaires pour tout prévoir...ou presque.

Ces divers contacts ont noué de nouvelles relations tant sur Voyageforum que sur 4x4 SA community où d'autres piqués du virus "Africaustraliens" cultivent, tout comme nous, leur spleen de ces terres lointaines et sauvages.

Il est toujours difficile de définir le périple idéal. Il faut faire des choix : durée des vacances, objectifs à atteindre, trajet entre chaque site, temps à consacrer par étape et..réservation de camp dispo ou pas.... Une fois encore, on est gourmand : en un mois on veut faire une immersion en contrée sauvage au Botswana et de la plongée sous marine en Afrique du Sud...pas simple comme mariage. Les nuits passées au Spitzkoppe (Namibie) à Ihaha (Botswana) nous ont donné le goût du "wild" :

cette fois on en veut plus encore....

La course aux réservations était lancée dès l'automne 2009. Le paradoxe des camps des parcs du Botswana est qu'ils sont rapidement "fully booked". Hors, s' il est vrai que certains sont parfois inoccupés, ils sont quand même réservés et payés. D'autre fois ils sont aussi surbookés et c'est très désagréable.

Au final on trouve toujours une solution si on a une réservation. Sinon, le risque d'être refoulé existe bien...c'est un peu la loterie.

Nous avons investi dans un GPS Garmin et peaufiné nos itinéraires avec les cartes de Tracks 4 africa où toutes les pistes et camps figurent. Nous savons exactement par où passer et où aller...comme dit Francky04, on aura Ginette à bord qui nous dira en plein bush " Tournez à droite, puis allez tout droit ! " Ah c'est beau le progrès !!!

Nous achetons dès septembre nos billets via la bourse des vols : vol sur Egyptair :

Paris/Le Caire/Johannesbourg.

Avantages :

Tarifs : 580 euros le billet

Escale "assez" courte : 4 heures

Arrivée le 01/08 tôt la matin à Jo'burg : 07h45

Départ le 26/08 au soir de Jo'burg : 21H45

Notre avis sur Egyptair : bon confort des avions (Airbus A330), équipement sommaire (pas d'écran vidéo individuel) repas très moyen, personnel de bord pas aimable, retard au départ de Paris et du Caire mais pas aux arrivées finales, escale au Caire sans intérêt, passage au portillon de sécurité avec tentative de racket.

Le seul avantage de prendre Egyptair est d'ordre tarifaire.

Nous réservons notre véhicule 4x4 Toyota Hilux tout équipé avec Bushlore, loueur basé à côté de Johannesbourg.

Notre avis sur l'Hilux (moteur 2,5 Did) : Bon véhicule confortable à la conduite, bons amortisseurs.

Motorisation toutefois un peu trop juste lors des usages en piste de sable très mou et vraiment poussif en côte et montagne.

Notre avis sur Bushlore : compagnie aux apparences de sérieux, bonne flotte de véhicules, équipement complet malgré une cabine bien vieille montée sur un véhicule très récent et une popote un peu fatiguée.

Par contre : assistance quasi nulle lors d'un pépin mécanique où nous étions vraiment livré à nous même, totale mauvaise foi de leur part pour la prise en charge, car nous avons dû payer les réparations de notre poche qu'ils n'ont jamais voulu nous rembourser, arguant de la non certitude que le problème n'était pas à 100% inévitable.

Nous déconseillons donc fortement cette compagnie de location. Nous reviendrons sur l'incident dans le récit.

Les participants à cette aventure sont les mêmes qu'en 2008 : nous formons une bonne équipe, polyvalente et complémentaire avec une certaine expérience des voyages en solo :

Ma douce : Intendante en chef, superviseur de l'organisation matérielle, gardienne de la tirelire et du road book et toujours en charge des photos. Encore une fois, sans son sens pratique aigu, je ne sais pas comment nous aurions pu être si bien organisé.

Junior : Vigie arrière du vaisseau, en charge du petit bordel embarqué, responsable de la maintenance électrique, aide de camp, magasinier, préposé au montage et démontage des tentes.

Depuis deux ans, Junior a grandi : il chausse du 45, et s'approche des 1,80 mètres. Il est maintenant un presque jeune homme. Sa participation active a été très appréciée, sachant prendre le relais lors des coups de fatigue et affichant un optimisme inébranlable. Je salue son calme et son sang froid. Du haut de ses 14 ans, il n'a jamais failli.

Moi même : Planificateur de l'itinéraire, pilote du 4x4 (désormais breveté "deep sand" et "amphibie"), maitre du feu et des grillades, sommelier, en charge de la sécurité et des relations humaines et accessoirement caméraman sous-marin.

Une semaine avant le départ, nous envoyons des mails à tous les organismes sollicités pour les camps, lodges ... afin de faire un dernier check up. L'organisme qui gère les camps de Savute-Linyanti et Kwai nous répond qu'il n'a pas reçu notre virement (fait depuis plus d'un mois) et que notre réservation n'est pas enregistrée.

Après plusieurs mails d'explications angoissées, d'envoi de preuves de paiement,

on reçoit enfin le "voucher" tant désiré, pour les camps demandés.

C'est parti !!

Samedi 31 juillet :

Départ de Roissy à 15h. 2 heures de retard pour le départ. Une heure est rattrapée en vol. On a suffisamment de temps d'escale pour que les bagages suivent...manquerait plus que çà...

Lors de l'escale au Caire, l'agent de sécurité en poste au portique me retient pour fouiller un des bagages à main qui contient des lampes électriques et des chargeurs de batteries. Il veut me prendre des piles rechargeables et un rouleau d'adhésif. Je tente d'argumenter et au fur et mesure je comprends à son ton et à son regard qu'il attend quelque chose...un bakchich... je prends mon air le plus Bourvilesque possible, je reprends les piles et je lui dis plein de fois merci avec un sourire niais..il peut se gratter, il n'aura rien...

Dimanche 01 aout :

Arrivée le matin à 07H45 à Jo'burg. L'aéroport a été modernisé depuis notre passage en 2008 (Coupe du Monde oblige) et c'est maintenant un bel aéroport bien fonctionnel. Petit pincement au cœur lors de l'attente des bagages...il y a deux ans, il en manquait un. Un..deux...trois, ouf tout est là. Nous sommes accueillis par un colosse noir qui porte un panneau "Bushlore". Il nous explique qu'il doit attendre d'autres arrivants et nous propose de prendre le train pour aller à Sandton, là où Bushlore nous récupérera...Le train ? A Jo Burg ? ...euh avec les valoches...Is it secure ? je lui demande. Il rigole et me dit que c'est le train le plus sûr du monde...On prend donc 3 billets pour 330 rands (quand même !) (que Bushlore nous remboursera pas alors que dans leur contrat ils assurent le transfert) et nous voilà dans le Gautrain qui relie l'aéroport à différentes stations dans et autour de Jo burg. C'est effectivement probablement le train le plus sûr du monde. Il y a autant d'agents de sécurité sur les quais et dans le train que de passagers. Autant de chance de se faire agresser ici qu'en visitant la Maison Blanche, je prends la mesure de l'incongruité de ma question.

Les formalités de réception du véhicule ont un petit hic : nous étions convenus de payer Bushlore en liquide et avions commandé des Rands en France (pour alléger les débits sur la visa). Devant la liasse de billets de 200 Rands le loueur fait la grimace : les banques sud africaines n'acceptent plus, parait-il ces coupures, à cause des contrefaçons. Après palabres, Mark, de Bushlore, accepte finalement de les prendre non sans avoir essayé de nous les rendre contre un paiement en CB...

Les formalités finalement terminées, nous voilà partis, il est 11h30. Quelques centaines de mètres pour se réhabituer à la conduite à gauche et à ces fichus clignotants qui sont à la place des essuies glaces... On branche Garmin et miracle, la carte de l'Afrique du Sud fonctionne, l' itinéraire programmé s'affiche et Ginette est impériale.

On roule jusqu'à Mokopane pour notre première étape et y arrive à 15H10. Le temps de se poser, il est trop tard pour faire les courses car c'est dimanche. On a réservé une chambre au Marula

(
http://www.wheretostay.co.za/marula ) . C'est propre, pas cher et bien situé à côté d'un supermarché. Il y a presque personne et notre chambre est au fond du lotissement formé par l'ensemble des appartements : c'est très calme. Il n'y a personne à la réception. On appelle un numéro de téléphone inscrit sur une pancarte et notre correspondant nous explique qu'il y a un petit coffre fort scellé au mur de la réception. Il nous donne le code : dedans il y a la clef de notre chambre et le plip pour la grille électrique. Comme on part tôt demain matin, il nous dit de laisser l'argent sur la table de chevet et de remettre la clef dans le coffre avant de partir...Quelle confiance !!!

Ce soir, tradition oblige, on se fait notre apéro dehors devant la chambre, en regardant notre premier coucher de soleil africain...on est fatigué mais heureux. Diner dans un petit resto familial : grillades et vin Sudaf inaugurent la longue liste de ces savoureuses alliances que nous testerons quasiment tous les soirs...(le sevrage sera dur au retour !!)

Lundi 2 aout :

Réveil de bonne heure. On petit-déjeune et avant de quitter la chambre, je lance à ma Douce : tu as les passeports ? .. Oui je les mis là sur la table de chevet hier soir... mais... y a pas les passeports !!!

Il s'en suit une presque heure d'angoisse où la tension monte minute après minute : on fouille tout, le 4x4, les valises, les sacs , l'appartement...rien !! nada !!! pas de passeports. On se refait le film de la soirée, c'est le trou noir... au bord de l'explosion nerveuse et alors que je refouille le 4x4, j'entends un cri étranglé de ma douce : "Je les ai !!! Je les ai !!!" ...ils étaient ....dans la poche de ma chemise, fourrée dans le sac de linge sale.... Comme j'avais auparavant juré mes grands dieux que je ne les avais pas, je me sens tout d'un coup tout...con (j'ai beau chercher..c'est l'adjectif qui convient le mieux), mais soulagé aussi.

On prend la route avec une heure de retard. Avant de quitter Mokopane, on s'arrête dans une quincaillerie et j'achète deux solides manches de pioche qui viendront compléter l'ensemble de l'arsenal nommé :" les contre-mesures" et destinés le cas échéant à se protéger d'animaux trop menaçants ou même en cas de problèmes humains. Je demande au marchand deux gros bâtons de bois bien solides...il me regarde et un peu inquiet me demande pourquoi faire. Je lui explique que c'est pour repousser des animaux dans le bush. Détendu, il me vend ce qu'il a de mieux...

Petit aparté sur nos "contre-mesures" :

- 2 manches de pioches (ils serviront surtout de bâton sonde lors des franchissements de gué. J'impose à Junior et à ma Douce d'en prendre un à chaque éloignement du camp, lorsqu'ils auront besoin notamment de s'isoler derrière un buisson....rien de tel que de tapoter le sol devant soit avec un bâton pour faire fuir serpents et autres rampants ainsi que faire du bruit...

- Un lance pierre : sensé faire s'éloigner babouins ou hyènes rodant trop près et se fichant de nos éventuelles injonctions.

- Une bombe à poivre : Réputée très efficace contre les animaux, dernier recours en cas d'agression inévitables.

- Une corne de brume : pour faire du bruit, si besoin...

Tous les soirs, lors de la mise en œuvre de notre camp, ces contre-mesures seront disposées à portée de main....elles n'auront jamais servi mais m'auront donné au moins le sentiment de pas être "tout nu"

On roule jusqu'à la frontière du Botswana de Martin's Drift. En route, nous voyons nos premiers kudus, girafes et plein de phacochères qui se baladent le bord de la route.

Il nous faut 40 minutes pour passer les deux frontières et effectuer les formalités...c'est rapide.

Alors que nous passons la frontière, le Garmin refuse obstinément d'afficher la carte du Botswana. On essaye toutes les manipulations possibles et même avec des mini cartes SD sur lesquelles j'avais pris soin de copier cartes, waypoints et itinéraires : Rien !!! Nada !!! Que dalle !!! Peau de balle !!! j'ai une envie meurtrière de jeter ce satané Garmin par terre et de rouler dessus. Y a pas à dire, j'ai beau y avoir mis du mien et m'être enquis de conseils auprès de vénérables sachant....la new technologie et moi....c'est pas le top.

Pour le reste de notre périple, nous naviguerons à l'ancienne : à la carte et à la boussole et avec un Garmin muet, à l'écran désespérément vide, où seuls la petite voiture nous représentant à l'écran et tous les waypoints que j'y ai mis seront visibles. On ira de waypoint en waypoint, gardant le cap approximatif. Nous avions pris soin de récapituler, noter et mettre une légende à tous les waypoints sur notre road book et cela nous a été très utile. De plus nous avions aussi acheté les cartes de Veronica Roodt : nous ne sous sommes jamais perdu.

On fait le plein à Kwa Noken juste après la frontière. L'essence est moins chère au Botswana : 6,60 pulas le litre. On gave le double réservoir de 160 litres...On a de la marge...

Nous roulons jusqu'à Serowe que nous atteignons 2 barrières vétérinaires et un contrôle de Police plus tard. Lors du contrôle de Police, outre la vérification "des papiers afférents à la conduite du véhicule" (comme disent nos gendarmes), le policier vérifiera le bon fonctionnement des phares, clignotants, feux stop et klaxon du Hilux.

Nous faisons le plein de victuailles au Spar pour les 6 jours suivants. Nous avons tout calculé pour les 3 repas quotidiens et les apéros. Ils vendent de la belle viande sous vide et parfois marinée. On ne se prive pas en beaux morceaux, surtout vu le prix. Ce sera Braii tous les soirs. Le rayon des vins étant bien garnis, on achète également des munitions et deux vrais verres à vin. Il est absolument hors de question pour nous de boire du vin dans les verres en métal de la popote ni dans des gobelets en plastique...dans la vie, y a des principes sur lesquels on ne transige pas !!!

J'en profite pour acheter une carte sim Mascom que je mets dans un vieux téléphone portable. J'ai 50 pulas de crédit. Cela sera bien meilleur marché pour les coups de fils locaux que ma puce Orange France.

Nous arrivons au Khama Rhino Sanctuary vers 16H30. On réserve un guide pour le morning drive de 06H30

Le camp n'est pas top à notre goût car les emplacements sont trop près les uns des autres. C'est dommage, car ils ont assez de place pour éviter cela.

La mise en œuvre des tentes sur le toit se fait assez vite, les automatismes reviennent.

Surpris par le coucher de soleil, on saute la douche du soir. Nous ne veillons pas trop tard après le repas, mais nous prenons quand même le temps d'admirer le ciel étoilé qui nous tant manqué depuis deux ans.

Mardi 3 août.

Réveil à 05H45. Il fait encore noir. La nuit fut très fraiche. Fort de notre précédente expérience, nous avons emmené nos propres duvets ultra légers et utilisé les duvets fournis comme couverture. Bien nous en a pris : un seul duvet aurait été insuffisant.

Durant le périple et pour des raisons que je ne saurais expliquer, nous aurons une alternance de nuits assez douces et de nuits froides, durant lesquelles, avant le petit matin, je rabattais la capuche du duvet sur ma tête tellement il "pelait dur".

Nous replions le bivouac et rejoignons le guide qui nous attend. Il s'appelle "Ti". Pour nous il sera Mister T. Il est sympa et a vécu 2 ans à Versailles...le monde est petit...

Durant 2H30 il nous guidera dans la réserve. Le tour dure initialement 2 heures mais jusque là : pas de Rhino !!! c'est décevant et les zèbres, girafes et antilopes croisés n'étanchent pas notre soif de Rhino, surtout que par la suite, il sera surement très difficile d'en voir. Nous croisons quelques véhicules transportant d'autres visiteurs et apparemment c'est pareil pour tous. Que se passe-t-il ? Sont ils en grève ? Où se cachent ils ? Selon Mr T., il y en a 37 dans le parc et là, pas la queue d'un.

Au bout de 02H15 de recherche, on aperçoit enfin deux spécimens de Rhino Blancs, assez proches pour les photos. C'est la joie dans le vaisseau.



Nous quittons Khama vers les 09H30. Garmin reste définitivement et désespérément aveugle et muet. In petto, j'attribue à Ginette des qualificatifs laissant présumés d'une vie de débauche à partenaires payants multiples.

La route est monotone jusqu'à Letlakane : du bush et encore du bush. Arrivés à dans cette ville un peu austère et dépouillée, il nous faut nous arrêter au bureau local du DWNP pour payer nos entrées des parcs. Le bureau est situé en face du supermarché, dans un bâtiment administratif. Les horaires d'ouvertures sont 09h00-12h30 et 13h30-15h00. Il est 11h30 et il nous faudra en tout, une petite heure pour avoir toutes nos entrées des parcs du DWNP, du CKGR à CHOBE. La petite dame prend son temps et damned ! au moment de payer avec la visa, son terminal ne veut rien savoir. Il nous faut aller tirer de l'agent à l'ATM du supermarché. Durant notre périple, j'ai plusieurs fois été dans l'impossibilité de payer dans des commerces ou de retirer de l'argent auprès de terminaux gérés par la FNB (borne bleue ciel) par contre les ATM Barclays ou Absca ont toujours accepté les transactions.

On reprend la route et on s'arrête à Mopipi. Je fais un ultime remplissage du réservoir. C'est le dernier point d'essence avant Maun car la station service de Rakop n'existe plus. Il faudra faire avec, durant les 6 prochains jours.

A l'approche de Rakop, on observera un grand nombre de petites tornades de poussière qui naissent et meurent rapidement. Ces petits cyclones traversent parfois la route. De loin on dirait qu'il s'agit de la fumée d'un feu. De près, on distingue bien l'entonnoir et la colonne de poussière et brins de paille qu'elle soulève.

Il nous faut 2H30 pour rallier le Sunday camp depuis Rakop via Matswere Gate. A Mastwere on paye les camps pour Big Tours et on achète du bois. La piste est dure : très sableuse avec d'interminables lignes droites qui montent et descendent. Nous croisons peu d'animaux. Il faut dire qu'un bush dense longe la piste de part et d'autre. Ne sont visibles que les animaux s'y trouvant au bord.

On arrive finalement à notre camp à 17H30. Nous sommes fatigués mais heureux. Le camp (le N°3) surplombe légèrement Sunday Pan. C'est beau. Il n'y a pas âme qui vive aux alentours et nous nous sentons enfin seul au monde. La soirée sera calme autour du feu de camp.

Dans le parc du CKGR, il n'y a pas d'eau dans les camps. Le réservoir de 60 litres du véhicule ne peut servir qu'au lavage des mains, des dents et à la vaisselle.

2ème jour sans douche.

Mercredi 4 Août :

Alors que nous petit-déjeunons, une petite antilope surgit soudain des buissons. Humant l'air, elle s'approche de nous à quelques mètres. On observe ce petit animal aux apparences fragiles et sommes étonnés de son audace. Soudain, ayant peut être réalisé subitement son imprudence, elle bondit se cacher dans le bush...sympa comme visite.

Nous prenons la piste direction Piper pan. Une belle journée de conduite s'annonce, alternant bush, pans, pistes très sableuses (obligeant un dégonflage des pneus), et pistes dures, qui reposent la conduite mais où quelques gros trous imposent une vigilance permanente sous peine de choc violent.



Loin devant nous, nous apercevons un petit nuage de poussière qui se rapproche gentiment et nous nous retrouvons bientôt derrière une remorque tirée par tracteur. Ce transport incongru en ces lieux nous interpelle un peu. Dans la remorque se trouve une grosse citerne et le tracteur roule au pas, peinant aussi dans ce lit de sable. Il est impossible de le doubler car on ne peut pas sortir de l'étroite piste. Nous remarquons que le véhicule n'a pas de rétroviseur. Au bout d'un moment, nous désespérons car le chauffeur ne se pousse pas et nous trouvons le temps long. C'est le comble, nous avions une chance sur je ne sais pas combien de se trouver derrière lui et...nous y sommes. Je commence à klaxonner, d'abord par petits coups, puis par longs coups, puis je laisse en continu la trompe hurler. Rien : soit le chauffeur est sourd, soit il se fout de nous. Les habitants du bush doivent être stupéfaits de voir 3 énergumènes gesticuler et vociférer dans leur 4x4, à la poursuite, à la vitesse de la tortue, d'un vieux tracteur déglingué. Nous leur montrons un insolite spectacle : une furie, le corps à demi sorti de l'habitacle, brandissant une corne de brume qui tonne au vent et un dément cramponné à son volant, la main écrasant le klaxon à s'en faire péter les tympans. Après quelques centaines de mètres de cet hallucinant et bruyant cortège, le tracteur poursuit son bonhomme de chemin, tranquille comme Baptiste. Alors que nous avons presque renoncé, subitement, le Tractorman s'arrête et sort de sa cabine, peut être alerté par un 6ème sens jusqu'ici profondément endormi. En nous apercevant, il nous salue d'un grand geste accompagné d'un large sourire et s'empresse d'écarter son improbable attelage pour nous laisser la place de se faufiler. Le pauvre, nous l'avons maudit et il nous avait tout simplement pas vu.

Les 30 derniers kilomètres avant Piper Pan sont terribles. La piste est une tôle ondulée et sablée très désagréable. Dans les meilleures parties de cette journée, Junior prend le volant. Il apprend le passage des vitesses et pourra "sentir" le 4x4. Ma foi, il s'en sort bien. Nous croisons Oryx, springboks, impalas, girafes et autruches en grand nombre, ainsi que chacals et blaireaux.



La nuit et la soirée à Piper Pan sera calme, isolés de tout. Nous avons croisé 4 véhicules dans la journée

Ce soir, reclus en plein milieu du Central Kalahari et comme un symbole, nous ouvrons à l'apéritif une bouteille d'un vin venue de notre cave : un liquoreux de Gaillac que j'affectionne particulièrement : une cuvée Renaissance de Mr Rotier. Tout comme il y a 2 ans en Namibie, que l'or liquide de ce nectar se marie fort bien avec la magie du crépuscule de la nuit africaine !....



Puis, la nuit définitivement tombée, je m'emploie à maitriser l'art du feu de camp et la cuisson des grillades.

3ème jour sans douche.

Jeudi 5 août :

Nous replions les tentes à l'aube et allons sur le point d'eau situé à quelques kilomètres. Nous y admirons un troupeau de gnous. Sans doute ayant besoin de se réchauffer de la fraicheur nocturne, ils courent et bondissent pour notre plus grand plaisir.



Après le petit déjeuner nous repartons vers Sunday Pan. On retraverse cette vilaine portion de tôle ondulée mais prenons ensuite une autre piste qu'à l'aller. Nous verrons encore plus d'animaux qu'hier. On fera la course sur quelques centaines de mètres avec un troupeau d'autruches. Ne voulant pas les effrayer, je les laisse gagner. Elles courent vraiment vite.



On fait le tour de plusieurs Pans (zone aride et sèche, qui se remplie d'eau de pluie lors de la saison humide). En plus des espèces d'hier, nous verrons aussi mangoustes jaunes, ku antilopes, outardes kori, messagers sagittaires et aigles.





Nous pique-niquons à l'ombre de petits arbres épineux, avec pour voisin un Oryx couché dans le bosquet d'à côté et manifestement pas dérangé par notre présence.

Un peu plus loin, ma douce fera quelques foulées au côté d'une girafe, animal pour lequel elle a une grande tendresse. Malgré ses footing bi-hebdomadaires, la Girafe la distance en quelques enjambées... Que nos mères se rassurent, l'environnement était fait d'un sol sec parsemé de petites touffes d' herbes sèches, sans buisson....pas un lion ne pouvait s'y tapir.

Arrivé au Sunday camp, nous nous posons au camp N° 2, qui n'a pas la vue du N°03. Encore une soirée calme autour du feu. Le rituel apéro-grillades-Tarot est bien rodé.

4ème jour sans douche.

Vendredi 6 aout :

Au petit déjeuner, un Oryx est venu se balader à proximité, sans avoir toutefois la témérité de la petite antilope.

Nous sortons du CKGR à 08H35. Nous y avons parcouru 500 km de pistes difficiles J'ai une petite déception car j'espérai y voir des lions....

Nous faisons une halte à Rakop : regonflages des pneus et achat de bois. Ne comptez pas y acheter grand chose hormis des paquets de chips. On se fait conduire dans un petit lotissement de cases en terre et bois où une famille vend du "firewood".

On achète deux gros "bundles" que l'on stocke dans des gros sacs plastiques solides que nous fixons sur la galerie, entre les tentes, à l'aide de sangles et de tendeurs. Les petits gamins nous entourent rapidement. Junior leur distribue des petits jouets qu'il avait emporté pour ce genre d'occasion. Rapidement, il devient adulé comme une rock star entouré de ses fans.

Nous quittons Rakop pour rejoindre Nxai. Si nous avons très régulièrement croisé durant notre périple, nombre de troupeaux divers de chèvres, vaches et ânes vaquant le long ou sur la route, nous n'en n'avons jamais autant vu que sur cette route. Il y en a partout et il faut être très vigilant. J'imagine que la nuit, cela doit être plus que sportif...

En se rapprochant de Nxai, on aperçoit au loin des fumées. Il y en a sur plusieurs fronts et elles montent haut dans le ciel, formant même des nuages lointains gris-beige..cela annonce assurément des incendies.

A l'entrée du parc, le ranger nous explique qu'il y a bien un gros incendie mais que nous ne risquons rien, car il est loin.

L'aiguille de la jauge de carburant s'est maintenant détachée du trait du plein. Pour ceux qui l'ignorent, un véhicule équipé d'un double réservoir, marque le plein tant que le premier réservoir n'est pas vide. Si le premier réservoir a plus de contenance que le second, cela peut être très trompeur pour les estimations d'autonomie restante.

En route pour Baines camp et Nxai, là encore la piste centrale est en sable mou, qui devient encore plus mou lorsqu'on emprunte la piste annexe pour Baines. Nous dégonflons pour ne pas s'ensabler. Tout à coup, ayant peut être dépassé la vitesse requise, les roues avant quittent brusquement le sillon sableux et mordent l'ornière qui fait tremplin. Le 4x4 fait un bond, quitte la piste et atterri dans l'herbe et les buissons. Je réussi in extrémiste à le maintenir en ligne, évitant l'embardée et la culbute. Ouf, je reprend la piste les mains moites, serrant le volant et réduisant l'allure.

Après une douzaine de kilomètres, nous arrivons enfin au pan asséché qui entoure Baines. Nous atteignons le mythique "bosquet" de Baobab qui fait le charme de ce lieu. Nous y restons un bon moment, à marcher autour de ces géants hors normes et à admirer leurs singulières silhouettes surgissant du néant. Tels des titans pétrifiés, ils se dressent tous bras saillants, plantés dans cet ilot de terre et cernés par un désert où rien ne pousse. Comble du plaisir, nous sommes seuls, comme si ce bout de monde vierge et insolite nous appartenait.



Nous découvrons que notre camp (le N°1) se trouve sur un autre ilot de terre embuissonné (cherchez pas ce mot c'est un néologisme) et cerné par un désert stérile, juste en face du célèbre bosquet de baobabs. Ce camp sera l'un des plus beaux de notre voyage. Même s'il ne dispose pas d'eau, c'est un lieu magnifique. Un gros baobab en est l'imposante tour de garde. Étant légèrement en surplomb, la vue sur le désert est splendide. Les Baines baobabs nous font face au loin et sont nos seuls voisins.

Des crottins d'éléphants présent à la lisière du camp attestent de leur présence, mais nous n'en verrons pas. Tandis que Junior reste au bivouac, Ma douce et moi allons marcher dans la cuvette aride, parsemée de toutes sortes d'empreintes d'éléphants, d'antilopes et même de félins. Des gros cailloux noirs venus ici on ne sait comment et comme tombés du ciel apportent la seule note de couleur à ce sol gris clair dont la surface est une croute légère qui craque sous nos pas. Nous gardons le contact avec Junior à l'aide de talkie walkie, on ne sait jamais.

Le soleil commence sa lente descente sur l'horizon et s'écrase bientôt pour disparaitre dans un rougeoiement céleste. Nous restons là, à admirer le spectacle entre deux photos.



De retour au camp, la féerie perdurera et ce, durant toute la soirée :

D'abord par la silhouette massive et tortueuse de notre sentinelle qui s'impose dans le ciel à la lumière déclinante, où les roses, les oranges, les bleus et les mauves se disputent l'espace dans lequel des étoiles scintillantes commencent à éclore.



Puis, au fur et à mesure que la nuit parait, d'autres lumières rougeoyantes et inquiétantes se révèlent. Notre horizon s'illumine des feux de brousse. Le vent souffle et l'incendie gagne. Dans la nuit, il nous apparait même qu'il est plus proche maintenant. Blottis dans l'écrin de notre île, nous ne craignons rien.





Charmé par la magie de cette soirée, le vin sud africain se fait encore plus grisant. Nous irons quand même nous coucher, non sans un dernier regard aux lueurs des feux dévorants le bush et aux myriades d'étoiles à peine voilées par les fumées.

5ème jour sans douche

Samedi 7 aout :



A la lueur du jour, le spectacle de la veille joue encore sur la scène qui nous fait face. C'est maintenant l'aube qui éclaire les colonnes de fumées zébrant le ciel naissant. Le feu est encore visible. Une légère inquiétude nous gagne. L'incendie semble avoir gagné maintenant en direction de Nxai. La vaisselle du matin a raison des dernières gouttes de notre réservoir d'eau. J'aurais du faire le plein à Rakop...j'ai oublié. Les lingettes nettoyantes ont de plus en plus plus de mal à nous toiletter...heureusement que l'air est sec...ma Douce envie nos coupes de cheveux courts de garçon : les siens sont des pailles sèches.

Sur la piste principale en direction de Nxai, nous traversons des zones calcinées. Le bush a brulé. Seuls les buissons les plus épais ont survécu, le reste n'est que cendre. Parfois et peut être parce que vent ne soufflait pas assez, le feu n'a pas traversé la piste. Mais à d'autres endroits, il est passé pour poursuivre son œuvre de destruction. Heureusement, après les prochaines pluies, tout repoussera.

Soudain, nous nous rapprochons de plus en plus de la fumée. Nous voyons bientôt les flammes engloutir les broussailles. Nous poursuivons la route quand une pointe de l'incendie portée par le vent atteint la lisère de la piste. Il y a des flammes parfois de plusieurs mètres. Au moment précis où nous passons ce front enflammé, nous sentons distinctement la bouffée de chaleur qui nous frappe de côté. Quelques minutes plus tard, nous ne serions peut être pas passé.



Alors que nous approchons Nxai, un des moments privilégiés, si ardemment souhaité dans un tel voyage, s'offre à nous tout à coup :

Juste devant, sur la piste 3 lionnes marchent tranquillement dans le même sens que nous. Un peu plus loin et les précédant, une autre lionne fait route, encadrant deux lionceaux.



Les sentiments exaltés qui nous traversent sont puissants. Enfin LA rencontre. Avançant au pas, nous nous portons à la hauteur du premier trio. Notre présence ne les dérange pas, elles s'écartent tout juste sur le bord de la piste. Nous avançons maintenant à leur rythme. Elles sont sereines et leur démarches est souple, tranquilles. Nous finissons par les dépasser et rejoignons le trio de tête. Les deux lionceaux trottinent auprès de leur mère. Un peu plus prudente, elle quitte la piste et

s'éloigne un peu. Pendant un ou deux kilomètres, nous allons les suivre en parallèle, tantôt les voyant bien et tantôt les devinant. Alors que le Gate de Nxai est en vue, nous sommes rejoints par deux autres véhicules du parc qui transportent des visiteurs. Eux aussi auront droit à leur part de lions. Les félins s'arrêtent un instant, comme pour une pose photo. Ils sont maintenant tous les 6 en convoi. Pas inquiets de la présence humaine, ils sont quand même prudents. Leur marche est organisée : il y a un ouvreur, la mère et ses lionceaux et une arrière garde.



Nous suivons la progression du groupe en traversant le Gate qu'il contourne et nous le rejoignons alors qu'il atteint un point eau. Après avoir de nouveau admirer un bon moment ces félins, ils finissent par disparaitre dans le bush. Waow, quelle séance !! nous sommes comblés, nous avons eu notre rencontre avec les lions.



De retour au Gate, nous faisons le plein d'eau et gagnons notre camp, il est assez isolé des autres et pas très loin du bloc sanitaire, il est parfait.

Il est encore tôt et nous partons faire le tour de Nxai Pan. Tous les points d'eau sont à sec, à l'exception du central qui est occupés par nombres de spécimens (autruche, oryx, kudus, springboks, zèbres et chacals). Nxai est beau mais les animaux sont rares. Malgré le nombre important de crottins d'éléphant : pas un pachyderme en vue. Nous poussons jusqu'à Khama Pan Nous traversons une zone de bush dense où des points d'incendie sont assez proches. Une bonne partie de la zone a déjà brulé. C'est impressionnant et lugubre. Le temps passe vite. Le premier point d'eau de Khama est également à sec. N'ayant pas croisé grand nombre d'animaux et inquiets par l'incendie, nous faisons demi tour. Bien nous en a pris, l'incendie est maintenant au bord de la piste. Là encore, on passe juste et ressentons la chaleur des flammes. Je ne suis pas trop fier car cela frise l'insouciance...



De retour sur Nxai Pan, nous rallions un point haut, marqué sur Tracks4 africa comme point de vue. La piste qui y mène est un enfer : des courbes serrées entre les buissons, dans du sable très mou et pour finir une côte. La fin de l'ascension se fait en première boite courte et le volant à 90°. Je n'en mène pas large, si on s'enlise là, c'est la grosse galère assurée. Arrivé en haut, on domine le pan de part et d'autre de la colline. Cela aurait pu être beau mais c'est brulé partout...tout ça pour pas grand chose. Affamés, nous y effectuons quand même un pique nique très tardif durant lequel un énorme insecte noir que je ne parviens pas à identifier, vole autour avec un bruit de B52.

L'après midi est bien entamée et nous regagnons notre camp. Après s'être posé, il nous faut un peu travailler : Ma douce s'attaque à la lessive. Junior et moi sommes chargés du rinçage et de l'étendage. Ensuite, nous savourons enfin tous les trois un moment de délice tant attendu : une douche chaude !!!

Nous ne déplions pas les tentes car nous allons nous poster au seul point d'eau encore en service. Nous ne sommes pas seuls car d'autres ont eu la même idée. Chacun dans son 4x4, on attend sagement.

Le secteur est désert de tout animal. Soudain, dans les herbes, nous distinguons une puissante silhouette apparaitre : un lion ! Un beau mâle avec une grosse crinière sombre. Il se rapproche et s'assied auprès d'un buisson. Il attend.

Peut être sont ce les 4x4 en nombre trop important ou trop près du point d'eau à son goût, mais messire Léo ne viendra pas jusque à nous. Il finit par se lever et poursuit sa route pour disparaitre dans une zone buissonneuse. Seul un zoom puissant ou des jumelles permettent de bien l'observer. Son départ précède le coucher de soleil. La belle boule rouge descend se perdre dans la savane. Nos attendons la fin du spectacle pour regagner le camp qu'on atteint à la nuit tombée. Nous trinquons aux lions. La nuit dans Nxai sera calme et réparatrice, seul un chacal viendra roder durant le repas.

Dimanche 8 août :

Levés avec le soleil comme d'habitude, nous replions les tentes fissa et nous nous rendons au point d'eau.

Avant de l'atteindre, nous apercevons la troupe de 4 lionnes et 2 lionceaux de la veille. Ils reviennent manifestement du point d'eau. Nous nous posons derrière un des véhicules qui était également posté hier soir avec nous, sur ce qui nous parait être l'axe de leur trajectoire.

Les fauves prennent leur temps et nous rattrapent tranquillement. Les petits font même une pause, ils doivent en avoir plein les patounes.... Ils passent devant nous, toujours dans une formation de patrouille. Nos regards se croisent, ils sont à quelques mètres. Là encore, nous aurons tout le loisir de les admirer. Puis ils poursuivent leur route dans les buissons dans lesquels nous découvrons 6 girafes qui les observent fixement, certainement très perturbées cette inquiétante présence féline.



Sur le retour vers le camp, nous croisons un couple en Hilux. On leur indique la direction des lions, puis, mu par un pressentiment je questionne le chauffeur : "Are you Edouardo ?" "Yes" me répond-il étonné. J'ai rencontré Edouardo sur le forum Sud africain. Nous avions échangé quelques mails avant de partir, réalisant que nous serions en même temps dans certains lieux. "Meet you in Maun !!!" Ce soir nous nous retrouverons dans le camp de l'Okavango River Lodge.

Nous quittons Nxai à 09H30. Je laisse le volant à ma douce qui conduit vaillamment jusqu'au Gate, atteint à 10H30. Après avoir regonflé les pneus tout en taillant la bavette à un touriste américain voyageant en groupe et qui se prend d'intérêt pour notre mode de voyage et l'aménagement du 4x4. On attaque la route goudronnée direction Maun. L'aiguille du carburant indique maintenant qu'il reste un petit quart.

Encore une fois la route est parsemée de troupeaux domestiques en tout genre : vigilance s'impose.

Soudain une forme grisâtre, mouvante et non identifiable de loin apparait au bord de la route. A l'approche nous comprenons ce que c'est : une douzaine de gros vautours ont submergé la dépouille d'un zèbre, vraisemblablement victime de la route. L'animal ne doit pas être mort depuis longtemps. On s'arrête de l'autre côté et regardons le macabre spectacle. Les charognards ont déjà éventré le zèbre. On les distingue nettement déchirer des morceaux de chair avec leur bec. Certains se battent férocement. Ils ne se font pas de cadeau.

A 15 km de Maun : un barrage de Police ferme la route. Le policier qui nous contrôle me fait descendre et me demande ce qu'il y a dans le coffre. D'une humeur badine, je lui réponds " A lot of dust". N'étant très probablement pas un auditeur de "Rires et Chansons" ou un lecteur de l'almanach Vermot, il me fait ouvrir la cabine arrière. Pointant les valises, il me demande ce qu'il y a dedans, je lui répond que se sont nos affaires. Ils me demande d'en ouvrir une. J'ouvre celle qui est accessible. Puis son regard se promène sur les grosse boites plastiques kaki qui renferment le matériel de cuisine et la popote. Il me demande également ce qu'elles contiennent. Je me retiens de lui dire que c'est marqué dessus (il ne doit pas non plus connaitre le Port Salut). Reprenant mon imitation de Bourvil, j'ouvre consciencieusement les boites et expose leur contenu à son regard sévère et inquisiteur. Ayant probablement décidé que j'avais assez payé pour mon insolence et constaté que la cabine contenait effectivement beaucoup de poussière, le digne représentant des forces de l'ordre me fait comprendre que je peux refermer et reprendre ma route. La prochaine fois, je ne surestimerai pas le degré d'humour de la maréchaussée locale.

Nous atteignons Maun en tout début d'après midi. La jauge de carburant s'est allumée, l'aiguille est au plus bas, sur le "E" de empty. Nous avons parcouru 1200 km sans faire le plein...ouf, il était temps.

Nous faisons le plein à la première station service venue : la pompe à gas oil indique 146 litres !! il avait soif l'animal ! Pour faire plaisir à Junior, nous déjeunons au Wimpy : l'illustre enseigne des fast food d'Afrique australe. Les hamburgers sont copieux..et c'est bon et gras, comme des hamburgers....

Nous allons ensuite à l'Okavango River Lodge. Nous avons longtemps hésité sur quel camp prendre à Maun. Entre le Audi camp, le Crocodile camp et les autres, nous avons opté pour l'Okavango en raison des bons feed back lus çà et là. Nous ne recommandons pas ce camp. Les emplacements sont trop rapprochés et sans charme (sauf peut être pour les 3 ou 4 directement au bord de l'eau), mais surtout il est beaucoup trop proche de la route et donc bruyant. A cela il faut rajouter la proximité immédiate des locaux qui viennent le soir au bord du fleuve et mettent la zique-mu à fond depuis leur voiture, l'eau froide des douches et le bloc sanitaire très vieillot... Nous avons mangé dans leur petit resto..pas terrible..

Nous faisons plus ample connaissance avec le couple Edouardo/Barbara. Le courant passe bien entre nous. Tout comme moi, Edouardo est un peu inquiet des futurs passages de gué à Moremi. Comme nous faisons également la même halte au Kazikiini, nous ferons convoi jusqu'à 3rd Bridge.

Lundi 9 août :

Nous quittons le camp. En démarrant on s'aperçoit que l' allume cigare est bouché. Le démultiplicateur est parti en morceaux, on récupère l'ensemble des petites pièces dont celle coincée dans le trou. Après une petite séance de bricolage, l'ensemble est réparé et fonctionne. Ouf ! cela aurait été très gênant car c'est le seul moyen de recharger nos appareils, une fois dans le "bush".

Direction l'aéroport de Maun où on embarque pour un vol au dessus du Delta. Nous volons avec Kavango Air dans un petit Cesna de 4 places. Durant une heure, nous survolons un patchwork de pièces d'eau, bras de rivières, terrains arides, zones de bush et tâches de verdures...Les nuances variées de bleu, vert, beige et marron se croisent et se mélangent telle une gigantesque palette de peintre.







Parfois, mais pas aussi souvent qu'on l'avait imaginé, on aperçoit des animaux. Ainsi nous débusquerons des éléphants, girafes et un troupeau de buffles. Junior fait remarquer doctement que nous sommes au 4/5 du Big Five.

Moins magique que le survol des Chutes Victoria, nous avons quand même grandement apprécié cette balade aérienne, qui permet de bien appréhender ce fameux delta. Edouardo et Barbara ont volé sur Moremi Air à une demi heure d'intervalle. Manifestement ils ont eu la chance de voir bien plus d'animaux que nous.

Après un atterrissage en douceur, nous flânons un peu dans les boutiques de souvenirs implantées autour de l'aéroport. Puis, de façon plus sérieuse, nous nous attelons au ravitaillement pour les 6 jours à venir. Sur les conseils de "Piri" le chef Pilote de Kavango Air que j'avais préalablement rencontré sur le forum Sud Africain, nous achetons notre viande à la boucherie : Delta Meat Deli http://deltameatdeli.com/ Ils proposent de la belle viande fraichement ensachée sous vide, marinée ou nature. Ils vendent aussi un des meilleurs Biltong que nous ayons mangé. On gave notre frigo de promesses de Braii succulents. Le marchand de vins et spiritueux implantés à côté du Wimpy nous propose un choix de vins sud africains, largement suffisant pour parfaire nos agapes à venir.

Parés pour de nouvelles aventures, nous quittons Maun pour nous enfoncer sur le pourtour du Delta, direction Moremi. En route, nous achetons 12 "bundles" de bois pour nos feux de camp. Il est maintenant interdit de collecter du bois dans les parcs. S' il est toujours possible de grappiller quelques fagots, il devient plus difficile de glaner autours des camps, car tout le monde en ramasse un peu. Les "bundles" de bois, les fagots glanés et un sac de boulets de charbon sont les 3 ingrédients quotidiens de nos feux, ma foi fort bien réussis. Nous remisons les bundles dans nos gros sacs sanglés sur le toit. Ma douce devient une pro du grimper sur le toit, une vraie "babouine"

Nous faisons donc étape au Kazikiini. C'est un camp géré par une communauté locale. Les emplacements sont propres. Le bloc sanitaire est formé par un ensemble de petites palissades en colimaçon à ciel ouvert, qui abritent pour certaines des WC et pour les autres des douches.

L'eau chaude est produite par des panneaux solaires alimentant des ballons. L'endroit commence à être connu et il y a pas mal de visiteurs. Nous prenons une douche dont la température est à mi chemin entre le froid et le tiède.

Notre emplacement s'appelle Acacias 2, il est grand et suffisamment à l'écart des autres à notre goût. Ce n'est pas le cas de ceux situés à proximité du restaurant. Nos nouveaux amis espagnols sont installés là bas. Edouardo vient nous voir pour un salut amical. Nous lui proposons de venir partager notre emplacement si ses voisins sont trop bruyants. Il décline notre invitation ( je pense par désir de ne pas nous déranger) mais accepte volontiers l'invitation à l'apéro.

Durant nos libations, nous faisons plus ample connaissance et leur faisons découvrir le Biltong (viande séchée et épicée très populaire en Afrique Australe)....pas sûr que ce soit un best of pour eux.

Nous dinons tous les 3 dans le petit restaurant que nous avions réservé en même temps que le camp. C'est une paillote abritant un bar et quelques tables. C'est joliment décoré et la table est dressée avec goût et voire même avec un certain raffinement. Nous sommes les seuls hôtes. Le repas est simple, bon et copieux pour un prix très doux.

La nuit est calme mais nous entendons régulièrement des bruits de moteur de camion. L'ensemble du Kazikiini est situé un peu trop près de la piste. Sur cet axe, le seul reliant directement Maun à Kasane, des véhicules circulent même la nuit. C'est dommage, cela enlève un peu de charme au lieu.

Fin de la première partie

Deuxième partie : http://voyageforum.com/...eme_partie_D3800648/
Once Upon a Time in South India English translation pending
by Fonk · 2010-09-17 · 22 replies
Salut a tous ! Je me décide enfin, maintenant que les exams sont passé, a raconter mon périple indien qui a duré de fin juin a fin aout, donc deux mois presque plein ( 58 jours en tout je crois ) et qui m'a permis de découvrir une partie du Karnataka, le Tamil Nadu, le Kerala, un peu Goa et enfin Bombay, la "Maximum city". J'essayerais d'être concis, précis mais pas trop tout de même, je ne veux pas pondre un roman, je m'attacherais surtout a quelques situations et découvertes qui m'ont frappés et que j'ai particulièrement apprécié. =) Je suis parti avec le minimum dans mon sac, en solitaire, et j'ai 18 ans, étais plutôt bien préparé, mais pas suffisamment conscient de l'importance du voyage que j'allais entreprendre.

Jour premier. Lundi 28 juin 2010.

Mon vol est prévus a 11h (il me semble), mon père tient absolument a m'accompagner en voiture a l'aéroport, j'accepte volontiers. Il me dépose et me serre dans ses bras, je suis très émus, c'est l'une des premières fois qu'il fait ça (j'ai 18 ans tout de même, mais j'ai toujours eu des rapports plus amicaux que paternels avec mon père.) Je me retourne et marche sans regarder derrière moi, une petite larme au coin de l'oeil, c'est parti pour la grande aventure ...

L'attente est longue, très longue, le vol se passe bien, j'ai assez froid, étant parti en short avec mes vieilles Stan Smith et sans pull ni vêtements chaud. Escale a Abu Dhabi puis rebelotte, avions jusqu'à Bombay ou nous atterrissons sous des trombes d'eau (du jamais vu, avec tout les indiens plutôt crispé autour de moi, l'atmosphère est donc un peu tendue a l'arrivée. Je récupère mon bagage (ouf !) puis me dirige vers le stand de taxi prépaid, il y a une queue monstre, et apparemment, ils ne prennent pas les cartes, je galère avec mon anglais oublié, on me dirige vers un ATM dans l'aéroport, cependant je ne comprends rien a son fonctionnement, on me dit que j'en trouverais facilement a l'extérieur, je sors de l'aéroport... Ce fut l'une des plus grosses erreur de mon futur séjour, arrivé dehors, énormément de monde, plusieurs personnes me saute dessus, je suis méfiant car renseigné sur les arnaques grâce a VF, un homme veut absolument me conduire dans un hotel a proximité de l'aéroport pour 1000 roupies Taxi free, ça sent l'arnaque, je n'avais hélas pas réservé mon hôtel, il me prévient qu'il sera complet quand j'arriverais, j'arrive a me débarrasser de l'homme en question, je vais m'assoir sur une bordure histoire de réfléchir, a coté de moi, un homme me demande d'ou je viens, "France" "First time in India", bla bla bla, oui, c'est un rabatteur, il va m'aider a prendre un taxi pour me déposer au Lawrence hotel, qu'on m'a beaucoup conseillé, j'accepte de le suivre méfiant, il trouve rapidement un taxi, un gros 4x4 de ville rouge assez amoché qu'il interpelle, il me dit que nous nous arrêterons a un ATM pour que je puisse retirer de quoi payer l'hotel et le taxi, j'ai un tres mauvais pressentiment mais je m'engage, le taxi décolle, roule 10 minutes, me dépose a un Dab, j'y retire 3000 roupies (qui ne sont pas tombé dans l'oeil d'un aveugle, le "broker"), je remonte dans le taxi qui redémarre, une quinzaine de minutes plus tard, s'arrête dans un paysage qui dure déjà depuis quelques temps, les rues des bidonvilles, c'est du changement ! il fait noir dehors, ce n'est pas éclairer, je vois plusieurs personnes dormir a même le sol, des chiens partout, il fait noir et il pleut... Le film d'horreur s'annonce bien ... Finalement, le rabatteur me dit que c'est un taxi prépayé et que je dois payer maintenant, bien sur, on s'etait entendu sur les prix, il m'assurait que j'en aurai pour moins de 300 roupies, il me sort a présent sa vieille photocopies avec des tarifs de 4000 roupies et plus, je rigole en lui montrant que je ne suis pas stupide et que ces tarifs ne sont pas les vrais, je suis néanmoins assez effrayé et sur mes gardes, faut dire que je n'avais jamais été dans cette situation avant, deux hommes et moi dans une voiture au milieu de nulle part, l'homme me dit ensuite qu'il etait prés a faire un "discount" pour moi, 2500 et on en parle plus, je refuse évidement, les deux hommes s'impatiente, je ne comprends pas très bien leur anglais, et ils parlent beaucoup entre eux, finalement le chauffeur me dit "Paid or leave" avec une certaine agressivité, je réfléchis puis envoie l'argent, je ne sais pas ce qui m'attends et je n'ai pas envie de descendre a cette heure la et a cet endroit... Bien sur si cet anecdote s'était déroulée a la fin de mon voyage, je serais descendu avec un grand sourire aux lèvres, mais l'océan inconnus me terrifiait, je préférais rester a bord de la voiture. Apres une bonne demie heure de trajet encore, nous arrivons dans Colaba, le paysage me semble déjà plus acceptable, je prévois de noter la plaque du taxi, pour régler cette histoire, le taxidriver arrête l'auto sur le bord d'une grande rue et me dit que le Lawrence est dans la petite rue de gauche, j'ai du mal a le croire, il me demande même un pourliche avec un grand sourire, je lui dit d'aller se faire "foutre" et descend de la voiture, il se barre en me faisant un signe de main rapidement, je n'ai même pas le temps de noter le numéros et je ne suis même pas sur d'être au bon endroit, je ne vois aucun hôtel ... J'avance dans la petite rue, et aperçois un écriteau "Lawrence Guest House 3rd Floor", ça ne ressemble pas du tout a ce que j'imaginais, on m'avait dit que c'était un bon hôtel et je me retrouve devant un immeuble a la façade délabrée, j'entre a l'intérieur, il fait noir, trois corps son allongé sur le sol, je reste pétrifié devant eux, un bouge et me demande quelque chose d'incompréhensible, je réponds simplement "Lawrence hôtel", il me fait signe de monter, je monte, j'ai l'impression que les escaliers n'arrivent jamais, il y a des gens qui dorment sur toutes les marches et a tout les paliers, c'est tres dur de passer, j'arrive enfin au troisième étage, rentre dans ce qui semble être l'hôtel, un homme dort sur un canapé, je lui demande... il me fait signe d'aller vers la porte du gérant, je toque, j'entends des paroles indescriptibles, je re-toque, un homme sort, me dit "FULL !", je lui dit que j'ai besoin de dormir quelque part, il me dit "Full full" et referme la porte, je redescend dehors ... il recommence a pleuvoir, j'ai perdu tout mes moyens, il est aux environs de 3h30, je ne sais vraiment pas quoi faire, je m'asseye sur le premier bord que je trouve, la rue est vraiment dégueulasse, des chiens passent a deux ou trois devant moi, je sors mon lonely, en esperant trouver un endroit ou aller, je ne comprends rien, je ne sais meme pas ou je suis, finalement je décide de me lever et de marcher dans un direction, je trouverais bien un endroit ou dormir. Je marche alors sur MG road (que je ne connais pas a ce moment), m'arrête une première fois devant un bâtiment militaire, je demande conseil, l'homme me rétorque qu'il ne sait rien et retourne s'assoir, il y a plein de gens qui dorment sous le porche, c'est vraiment impressionnant. je continue mon chemin encore, toujours dans le même sens, mais sans aucune idée de la ou je vais. j'aperçois alors un homme en face, un blanc, habillé bizarrement (Short en jean + marcel avec tongs), un parapluie rose, des piercings partout, et une coupe assez bizarre , je passe a coté de lui, il ne me calcule meme pas, je continue sur 5 mètres puis me retourne et vais le voir, je lui explique ma situation, il me dit de le suivre, il cherche aussi un endroit pour dormir, j'ai du mal a parler avec lui, mon anglais est vraiment minable, j'ai tout perdu. Nous marchons pendant une demie heure, il me raconte sa vie, il est en Inde depuis 5 mois, son voyage devait en effet durer 2 mois a l'époque mais a cause du grève de taxi, il rata l'avion, n'ayant pas d'argent pour repartir, il restait a Bombay avec ses petites économies et le peu de sous que sa famille daignait lui donner, cherchant désespérément a rentrer a Berlin, il est allemand. La route est longue, je croise plusieurs rat dont un sur lequel je marche, le choc est vraiment rude, il commence a faire jour, nous arrivons devant une guest house "Delight Guest House" l'acces se fait par un ascenseur, mon nouvel ami appelle celui ci, 5 minutes plus tard, il arrive, remplis de pierre a la moitié avec un indien accroupis dessus, il commence a décharger, Joerg (c'est le nom de mon pote que j'apprendrais plus tard) le presse et nous montons dans l'ascenseur alors qu'il est a moitié plein de pierres, je suis dans un reve, j'ai du mal a suivre, je manque d'air, depuis mon arrivé a Bombay, je suis en effet dans un état très bizarre d'irréel et de fantastique, je me contente de le suivre. Nous arrivons, une grille est fermé a la sortie de l'ascenseur, il faut revenir dans 30 minutes, nous nous dirigeons vers une autre guest house, même réponse, nous revenons a la première, ils nous laissent entrer, nous prenons une chambre a deux, je dors directement, il est aux alentours de 5h30 du matin... C'est ainsi que je m'échappe quelque secondes de ma situation, a la fois horrible et fascinante.

Jour 2. Mardi 29 juin.

Joerg me reveille a 10h, donc moins de 5 heures âpres que nous nous soyons couché. Il doit checker ses e-mails et se renseigner sur les prochains vols, il me dit de venir avec lui, comme ça, il peut me montrer les bases. Je le suis, nous allons au cyber, puis me fait découvrir la Gateway of india, il me donne son numéros et me dit "Peut etre a ce soir", il part, je reste seul. Je me re-sent totalement perdu, je décide de marcher un peu le temps de s'acclimater sans pour autant directement faire les attractions, j'emprunte MG road, j'ai l'impression d'être un véritable appât, tout les indiens viennent me proposer des tours et j'avoues que j'ai vraiment du mal a m'en débarrasser, il y en a même un tres collant qui me donne rendez vous le lendemain, j'accepte afin qu'il me lâche plus rapidement, un vieux me dit alors "BE CARREFULL" en engueulant le "pseudo guide", il me lâche finalement, je rencontre ensuite, Sunee, un jeune homme de mon âge qui veut me montrer la mer, pour ensuite me demander de l'argent pour acheter une boite pour cirer les chaussures, je refuse, après lui avoir payé un encas avec moi, puis le quitte assez mécontent qu'il soit venu pour l'argent, je passe l'âpres midi a marcher et retourne finalement assez tôt a la guest house pour dormir, vers 21h l'allemand reviens, je suis très content de le retrouver, il me propose d'aller manger, j'accepte, nous nous rendons alors a Tulloch road, dans Colaba, très bonne rue pour se restaurer. Nous mangeons ensemble, j'apprends qu'il est photographe, qu'il a 30 ans et qui est marié... a un homme au Canada, nous passons une bonne soirée, puis rentrons dormir.

Jour 3. Mercredi 30 juin.

Encore une fois c'est Joerg qui me reveille, il faut rendre la chambre avant 10h, nous nous préparons, il me dit qu'il va essayer de repartir en Allemagne, il a trouvé un vol, il me conseille de dormir au dortoir, c'est tres "safe" et bonne ambiance, je finis par accepter, 200 roupies la nuit, c'est vraiment pas cher pour Bombay, la chambre double etait elle a 600, et la simple a 350. Je retourne donc avec lui, nous nous disons "adieux", je suis un peu triste il faut l'avouer, je m'etais attaché a cet homme qui m'avait appris ce qu'il y avait a savoir pour les premiers jours en Inde, Je décide de suivre le plan de visite que Gilloug de VF m'avait proposé, sur le chemin, je rencontre Ganesh, un jeune indien qui veut m'aider a visiter la ville, j'accepte mais je reste méfiant, finalement je le suis, il m'aide a réserver mes billets pour mon départ Vendredi vers Badami, puis me montre le bazard, pendant plusieurs heures nous marchons dans celui ci, je lui offre le repas, il me montre ensuite Chopati beach et le Gandhi museum, puis nous rentrons, il me propose de me montrer autre chose demain, j'accepte, il part sans rien me demander, (seul chose dont j'avais peur, il etait vraiment super sympa, ça m'aurait fait beaucoup de peine qu'il me réclame quelque chose ...), je mange puis me couche tot, au dortoir ...

Jour 4. Jeudi 1er Juillet.

Rien de spécial aujourd'hui, je me promène dans Bombay, petit café au Léopold (Quel horrible endroit !), je suis vraiment très fatigué, je ne me sens pas tres bien, je retourne a ma GH sur les coups de 11h pour dormir jusqu'aux environs de 15h je repars d'aplombs, ballade vers le Nariman Point et les "bidonvilles" au sud, puis dans le quartier du fort, sur Colaba Causeway, on me propose de figurer dans un film le lendemain, journée payée 700 roupies de 8h a 18h, je refuse, je suis fatigué et je pars demain, a 22h, je n'ai pas envie de passer mon dernier jour sur un tournage, même si l'expérience m'aurait beaucoup plus dans d'autres circonstances. Le soir, je décide d'aller au cinémas, le Eros voir Raavan, une nouvelle production avec je ne sais plus quels tres fameux acteurs. C'est marrant, les indiens sont déchainés, d'ailleurs je suis surpris, l'hymne nationnal indien passe avant le film, étant devant sur le balcon, je ne vois pas qu'il faut se lever, un bruit me fait me retourner et voir tout les indiens derrière moi debout, je me lève en vitesse, l'un d'eux rigole. Je prends un taxi pour retourner a ma GH, le taxidriver tente de m'arnaquer car je n'ai pas de monnaie, je hausse le ton, il aura fini par me grappiller 10 roupies supplémentaires.

Jour 5. Vendredi 2 juillet.

Dernier jour a Bombay, je décide de me rendre a Malabar hill et a Bandra, je ne comprends rien aux trains, je décide donc d'y aller a patte, tres bonne idée, il fait chaud et beau, je fais plein de rencontres toutes l'âpres midi et déguste même un des spécialité de Chopaty avec des indiens, les glaces que l'on trempe dans le sirop, j'ai oublié le nom. Je continue ensuite vers Malabar ou je découvre les jardins suspendu, tres tres jolis, le tout a pied, je continue a marcher vers le nord, mais il commence a être tard, je me résous a rejoindre un point pour prendre le bus, je fais toujours plusieurs rencontres dans l'apres midi, dont un avocat qui s'intéresse a moi car je suis en droit, nous parlons longtemps et prenons le même bus vers CST station, je suis crevé, j'ai en effet marché avec mon sac gros sac toute la journée. j'arrive a la gare en avance, déguste un petit dosa puis vais m'installer en attendant mon train ou j'ai réservé une place en SL.

A ce stade du voyage, je ne suis même pas resté une semaine, cependant je me sens deja beaucoup mieux, et beaucoup plus acclimaté a l'atmosphère, je garde de tres bon souvenir de ces passages, même si ils étaient assez dur a vivre, je suis d'ailleurs pas mécontent que cette mésaventure me soit arrivé avec les taxis car cela m'a permis de rencontrer Joerg, avec qui je garde contact et qui prévoit de retourner en Inde bientôt. (Alors qu'il avait du faire un emprunt a son patron pour payer un billet, et par conséquent travailler deux mois gratuitement dans un club pour rembourser celui ci.)

To be continue ...

Photos liées: Joerg, Sunee, Les "bidonvilles de pécheurs" au sud, Ganesh le meilleur guide de Bombay, et réunion religieuse (musulmane) pour la venue d'un dignitaire dans les quartiers alentours du bazaar.
Savoir vivre English translation pending
by Vietalier · 2010-09-06 · 187 replies
Entendu de multiples fois lors de mes voyages au Viet Nam :  " Respectez l'autre... Et vous vous repecterez vous-même ! Je dédie ceci à bien des voyageurs français que j'ai vu - HÉLAS !!! - se comporter commes de véritables rustauds, et le qualificatif reste faible, tant le spectacle fut " ad nauseam " ; quant à la trace laissée... je ne vous explique même pas ! Cordialissimes amitiés voyageuses de Vietalier.

PS : un hochement de la tête pour dire bonjour, des mains jointes devant le visage pour remercier ; tout ceci est bien simple et ouvre bien des portes, même à celles et ceux qui ne parlent pas la langue du Pays qui les accueille. PENSEZ-Y.
Organiser un voyage en 4x4 en Algérie English translation pending
by Africain31 · 2010-07-05 · 34 replies
Salut,

J'envisage d'organiser un voyage en 4x4 (3 ou 4 ) en Algérie avec mes amis. Mais je me pose beaucoup de questions. - Les formalités et les tarifs - Trouver un bon guide (puisqu'il en faut un ) et les tarifs - Ou passer la frontière ? - Les risques encourus (s'il y en a ) - Les bivouacs sont ils libres ?

Je pense réaliser ce voyage entre février et avril 2011

Je compte bien sur descendre vers Djanet et un peu plus au sud et remonter vers Tam.

Voilà en gros.
Rencontre du troisième type et du 7ème art dans la 4ème dimension (expérience mystique en Islande) English translation pending
by Zanax · 2010-01-16 · 7 replies
« Bonjour ! Où allez vous ? »

« Peu importe, et vous ? »

« Olafsvik ! »

« Parfait »

Je dis souvent que j’aime l’Islande comme j’aime les femmes, mais là, elle exagère, quatre jours qu’elle pleure sans interruption cette gonzesse là. Le ciel gris et bouché crache son trop plein de solitude et mon taux d’hydratation frôle les cent pour cent, tant ce chagrin me pénètre de toute part.

Je suis sur la péninsule des Snaefellenes, qui est à l’Islande ce que la Bretagne est à la France, mythes et légendes compris.

« Sale temps, hein ! »

« Ouais, comme vous dites ! »

« Français ? »

« Atchoum !! »

Il roule vite avec sa voiture rouge sur cette piste de cendres noires.

« Je vous dépose ici ? »

« Génial ! Merci encore, au revoir ! »

LE LENDEMAIN

Bientôt une demi-journée que je poireaute dans ce fast-food trop kitch où l’on me regarde d’un sale œil. A trois euros le café, je ne vais pas m’en jeter un tous les quart d’heures, non plus !

C’est dans ce lieu de débauche où les islandais(es) se goinfrent à longueur de journées, de hot dogs caoutchouteux et de sodas qui font roter (sachant que les journées durent vingt quatre heures en cette période, je vous laisse imaginer la somme de calories englobées) qu’hier, j’ai retrouvé par hasard, Pascal et Ludivine (Sagnier de son nom, l’égérie de François Ozon, la fée clochette de Paul Hogan) avec qui j’ai trecké du Landmannalaugar jusqu’à Thörsmörk, trois jours durant, bravant froid, neige, pluie, blizzard, brouillard, torrents, norvégiens et norvégiennes.

La pluie fait semblant de cesser, j’en profite pour marcher jusqu’à la sortie du village d’où je pourrai mimer la position de l’auto-stoppeur désespéré. Je n’essaye même plus de slalomer entre les gouttes et, pour des raisons liées au réchauffement de mon corps, j’évite la position statique et progresse d’un pas soutenu, avec pour point de mire, un soleil invisible caché sous trente six couches de nuages de diverses épaisseurs et de multiples textures.

En France sur le bord des routes, on trouve des hérissons décédés, en Islande ce sont des poissons qui parfois jonchent le talus. Ne me demandez pas comment ils atterrissent jusqu’ici, peut-être tombent-ils du ciel.

Ou des camions.

Celui qui est sous le nez de mes pieds, je le trouve photogénique, il ressemble à un piranha desséché, l’œil vide et la gueule béante. Je déchausse mon sac à ventre qui contient mon matériel photographique. J’ajouterai son portrait à ma collection de photos morbides, il servira peut-être un jour pour illustrer une pochette de CD ou une couverture de fanzine.

Je discerne un point noir qui s’approche à la vitesse d’une voiture, les voitures sont si rares, il faut pourtant que je fasse ce cliché. Ce point noir grandit et à présent je le vois rouge. Aie !! pas la peine de sortir l’appareil, une voiture rouge c’est pour ma pomme. Cela fait onze jours aujourd’hui que je ne suis pas monté dans un véhicule d’une autre couleur, dans ce pays ils ne sont pourtant pas tous rouges, mais ceux qui s’arrêtent pour me charger, si ! »

« Arnarstapi ? »

« OK, monte ! »

silence

« Français? »

« Atchoum!! »

Cinquante années bien tassées, cheveux blancs apparemment propres, barbe de deux jours, le gars saisit un numéro sur son portable. Une étiquette dépasse du col de son pull-over. LAVAGE A LA MAIN UNIQUEMENT ; enfin j’imagine, l’islandais et moi ça fait deux, je sais juste dire takk, (merci) alors je dis takk à l’homme avec l’étiquette qui dépasse de son pull, pour le remercier d’être le propriétaire d’une voiture rouge.

« Je viens d’appeler ma femme, tu viens boire le café à la maison ! »

C’est un ordre ou une question ? Je m’entends répondre :

« Euh….merci, enfin..…takk ! »

En vérité dans ma tête je pense : Putain, génial, un café chaud chez des vrais gens, il y aura aussi des tartines, trois semaines que j’en rêve !

Quelques kilomètres plus loin, Hellisandur, le village le plus à l’ouest de l’Islande, donc de l’Europe et pourquoi pas du monde. Mon sympathique sauveur se prénomme Pàll, il vit dans un petit lotissement où les maisons sont si basses qu’on les croirait enterrées, elles se protègent ainsi de la promiscuité des bourrasques de vent qui inlassablement, maltraitent les côtes voisines. Chaque habitation de ce lotissement est cernée d’un jardinet exagérément entretenu, où les colonies de nains de jardin viennent se reproduire et nicher. La villa de mon hôte se différencie à sa manière, l’on s’imagine plus volontiers à Beyrouth-ouest que dans une histoire de Blanche Neige. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, ce qui explique que Pàll soit paysagiste.

« Bonjour madame, enchanté ! »

Je me déchausse, passe sous l’arbre généalogique encadré dans le hall d’entrée et pénètre dans la petite cuisine, savourant du coin de l’œil la ribambelle de vivres, étalée sur la table en formica.

Hanna est une femme menue et un peu recroquevillée, sous ses cheveux ternes elle se force à sourire, je fais comme si de rien n’était et m’exécute volontiers lorsqu’elle m’invite à me servir. La conversation est limitée, l’on m’a appris à ne pas parler la bouche pleine. Tour à tour, ce sont des fruits frais, des pains croustillants garnis de miel de confiture ou de beurre, des tranches de gâteaux fait maison, qui font les frais de mon appétit.

Ils me présentent, par le biais de quelques photographies, leurs deux jeunes filles. Hanna m’offre un pot de confiture noirâtre, c’est paraît-il de la rhubarbe. Pàll apporte d’autres albums. Sur le premier je ne découvre que des clichés du Snaefelljökull, ce fameux glacier-volcan dans lequel Jules Verne fit pénétrer ses héros pour le Voyage au centre de la Terre.

Cette montagne mystique est à la pointe de la péninsule des Snaefellenes, donc tout près d’ici. Les photos sont laides, mal cadrées, bancales. Pourquoi donc un tel acharnement photographique ?

Le deuxième album qu’il me tend ne répond pas à ma question, mais confirme mon premier sentiment : Ces gens vouent un véritable culte à cette montagne légendaire. Reste à en connaître la raison !

Je m’applique à faire semblant de trouver intéressante cette séance de visionnage, avec la crainte de voir débarquer sous le bras de Pàll, un troisième album du même style, tandis que Hanna me tend un crayon et un carnet, afin que j’appose sur la page concernée, mes coordonnées postales en vue d’une future et prospère correspondance.

Alors que mon estomac se prosterne pour rendre grâce à l’hospitalité de monsieur et madame Ragnarsdottir, Pàll s’adresse à moi pour m’annoncer que lui et sa femme vont me conduire jusqu’à Arnarstapi, nous en profiterons ainsi pour visiter en chemin, les lieux dignes d’intérêts.

C’est vraiment très aimable de leur part de s’occuper ainsi de moi, j’imagine que leur vie doit être un peu monotone et les occasions de rencontrer un étranger plutôt rares, ce qui explique leur dévouement si spontané et leur envie de partager leurs connaissances au sujet leur majestique pays.

Mon sac à dos grimpe dans le coffre, moi sur la banquette arrière, tandis que Pàll et Hanna s’embarquent à leurs places respectives.

Je ne vais pas me lancer dans une description des paysages islandais, c’est volcanique certes, mais c’est esthétique avant tout. Suivant la météo, un champ de lave peut devenir inquiétant, mystérieux, hostile, attractif, captivant ou pire encore, ensorcelant.

Un rocher un peu plus haut que les autres et voici que Pàll se lance dans un récit invraisemblable avec trolls et trollettes à la clef. Il semble bien connaître le terrain et chaque excroissance naturelle est propice à un commentaire surnaturel.

Dans un virage je reconnais Jimmy. Il a une sale gueule, il ne s’est pas recoiffé depuis son accident d’hier et personne ne s’occupe de lui, mais après tout ce n’est pas si grave, Jimmy n’est qu’un 4x4 (rouge). Un de ses pneus a éclaté alors que Pascal et Ludivine médisaient à propos de Sophie Marceau, s’ensuivirent deux ou trois tonneaux, une brève visite à l’hôpital d’Olafsvik et des problèmes d’assurance à se taper la tête contre les murs.

Hanna me demande à présent si je connais Jean Michel Roux, un réalisateur français, qui semble t-il, vient de terminer un documentaire consacré aux mondes invisibles qui font de ces terres, une source intarissable d’histoires à dormir debout. Si je comprends bien, ils auraient témoigné eux mêmes dans ce film, je réponds toutefois par la négative à la question précédemment posée tout en mémorisant dans un coin de mon cerveau, l’identité de ce cinéaste en prévisions d’éventuelles recherches informatives sur ce sujet.

Alors que Pàll s’évertue à conduire prudemment, (surtout après la vision de Jimmy à l’agonie) Hanna se tourne à nouveau vers moi et le plus naturellement du monde, me pose la question suivante :

« Est ce que tu crois aux extra-terrestres ? »

J’ai l’intime conviction que l’abordage de ce sujet n’est pas anodin, je réponds tout de même que oui, en apportant ma pierre à l’édifice, sous forme d’un témoignage qui semble intéresser mes amis islandais. Je décris une observation faite au mois de novembre 1996 où j’ai observé pendant plusieurs minutes, deux objets métalliques rester en position stationnaire dans le ciel, puis soudainement filer à toute vitesse alors que l’un d’entre eux apparaissait, disparaissait, apparaissait, disparaissait.…

Après avoir contacté une association locale qui recueille les témoignages de ce genre, j’appris que notre région était souvent visitée de la sorte, car il semblerait que les OVNI viennent se recharger en énergie dans une espèce de source magnétique cachée au cœur des monts du Jura.

X-files livré à domicile !

Hanna hoche la tête tandis que Pàll aspire de grandes bouffées d’oxygène, il semble soudé au volant et cloué sur son siège, étrangement il a cessé de s’adresser à moi en anglais, il se contente de parler en islandais alors que sa femme gère la traduction lorsque ça l’arrange. Elle me raconte à peu près les mêmes choses que moi, au sujet du Snaefelljökull. Ici aussi des OVNI sont souvent observés et ils profitent de la puissance du champ magnétique logé à l’intérieur du volcan pour venir faire le plein des batteries en passant par un couloir intemporel qui servirait d’ascenseur entre les différentes dimensions.

Intéressant !

« Si tu n’as pas peur, nous pouvons entrer en contact avec eux aujourd’hui ! »

Je ravale ma salive.

Rentrer en contact avec qui ? Des êtres d’une autre planète ? Si je n’ai pas peur ? Ce qui sous entend qu’éventuellement je pourrais avoir peur ?

Non, je n’ai pas peur, enfin je sais pas, peut-être, oui, si finalement je crois que j’ai peur, oui, j’ai un peu peur quand même.

Où suis-je ? Parti en vacances en Islande, voici que des gens comme vous et moi me proposent le plus simplement du monde de serrer la paluche à des petits hommes verts-de-gris.

Je n’ai toujours pas répondu à la proposition d’Hanna, elle rajoute :

« Aujourd’hui la configuration nuageuse est idéale et propice à ce genre de contact, alors ? »

Ben alors, je sais pas moi, c’est tellement inattendu, ils auraient pu me prévenir, je me serais rasé, changé, j’aurais apporté des fleurs ou une bouteille de Bordeaux, j’aurais préparé une série de questions, je sais pas moi… vous êtes sûr… c’est pas dangereux ?

Les questions, en ce moment, elles se bousculent toutes seules et en désordre, dans mon cerveau.

« Et vous, êtes vous en contact avec eux ? » me hasarde-je.

Hanna se retourne une nouvelle fois vers moi et prononce d’une voix très aiguë, un « yeeeeesssssssssss » qui me glace le sang.

Répaticulons, heu…récapitulons, ça y est j’ai trouvé, ils doivent faire partie d’une secte, ils sont fous, ont ne peu pas rencontrer des extra-terrestres à la commande, sous prétexte que les nuages sont comme ceci ou comme cela. Et il m’inquiète de plus en plus, le Pàll avec ses bouffés d’oxygène qui le font ressembler au ressort central de la literie d’un vieux couple en plein effort copulatoire.

Nous tournons à droite, sur une piste qui rejoint une plage volcaniquement intéressante. Dans la voiture, règne un silence de mort, j’essaie de détendre l’atmosphère sans calculer les répercussions qu’engendrera la question qui s’apprête à jaillir de ma bouche.

« Et vous, vous êtes des extra-terrestres ? »

Pàll se raidit, Hanna regarde son mari qui se raidit en se raidissant elle même, et je les vois changer tout les deux de couleur. J’aurais démasqué un cambrioleur la main dans le sac, ou encore mieux, j’aurais arraché la cagoule de Spiderman, ils n’auraient pas eu une réaction moins différente.

« Vous le pensez vraiment ? »

« Heu… Je ne sais pas… Pourquoi pas… Peut-être… »

Sur un ton très autoritaire, Pàll s’exprime à nouveau dans sa langue maternelle, Hanna acquiesce; pour une raison que j’ignore, ils sont en colère, je n’ai pourtant rien dit de mal, c’est plutôt bon enfant de demander à des gens s’ils sont originaires d’une lointaine planète, peu importe laquelle, pourvu qu’ils se sentent sur la terre, aussi bien que chez eux, je ne suis pas humanoïdophobe moi.

Pàll se gare sur le bas coté, il descend de la voiture, ouvre le coffre, jette mon sac par terre et me fais signe d’en faire autant, il remonte dans la voiture, effectue un demi tour en faisant crisser les pneus et repart par où nous sommes arrivés. Je me risque à leur faire un signe d’adieu, Hanna me répond par un petit sourire désolé.

A ma place, qu’auriez vous à cet instant, pensé?

Vous, je ne sais pas, mais moi, à cet instant là, ma tête est vide.

Vide de chez vide.

Je m’ébroue, me pince, respire un bon coup et je dégaine mon petit carnet de note, pour y inscrire à chaud, ce que je viens de vivre.

Les embruns de l’océan ne pourront que me revivifier, je planque mon sac derrière un monstre de magma solidifié et je marche tête baissée, jusque sur la côte toute proche. J’escalade une armée de blocs de lave dressée comme une muraille hachurée avant d’arriver sur un petit promontoire dominant un terrain longitudinal et un peu enclavé. Sur le sol, tel un vestige de l’ère viking, se détache un labyrinthe circulaire. D’un diamètre inférieur à trois mètres, il est formé de pierres volcaniques soudées entre elles par un amalgame de mousse et de lichen. En son centre, un cairn insensible au vent, me toise ouvertement.

J’associe cette découverte avec les événements de ces dernières minutes. Peut-être ne devrais-je pas.

Si je me place face à l’entrée de ce labyrinthe, je remarque que celui ci a été érigé au cœur de la lande, dans un couloir naturel, avec droit dans l’axe, le Snaefelljökull, dissimulé aujourd’hui au cœur des nuages. Ce couloir est bien évidemment l’empreinte terrestre du couloir intemporel dont Hanna m’a parlé.

Qu’est-ce que les choses sont simples quand la description d’un fait, d’un objet ou d’un paysage, ne comporte aucune limite !

J’ôte ma parka, mon pull, pose mon sac photo, je me dois d’être léger et amovible. Je me sens envahi d’une mission, et guidé par mon instinct, je tente une expérience mystique. Je saisis une belle pierre digne de cet instant et pose un premier pied à l’intérieur du cercle.

Deux possibilités, deux directions, deux choix. Droite ou gauche. A l’est ou à l’ouest?

Concentration.

Observation.

Si je m’engage à droite, j’arrive directement au centre, trop facile, je pars donc à gauche.

Je tourne en rond et débouche dans une impasse. Je pourrais enjamber les pierres, mais à ce jeu là, je crois que l’on ne triche pas. Demi tour, case départ, toujours ma pierre dans la main, j’atteins le centre alors qu’un frisson électrique me parcourt de bas en haut.

Je dépose solennellement ma pierre au sommet du cairn. En direction du sud, j’ouvre mes bras comme pour enlacer le ciel en invoquant les éventuels messagers branchés sur le secteur et je guette tout faisceau de lumière apte à me soulever du sol et à me téléporter dans une dimension supérieure, dans un monde où les habitants, ni ne mangent de fromage, ni ne se battent entre eux simplement parce qu’ils n’ont pas le même dieu.

Je dois avoir l’air ridicule dans cette position de réceptacle. Qui peut cependant me voir ? Une sterne arctique ? Un grand méchant labbe ? trois moutons débonnaires? Ce seraient bien les seuls en tout les cas à me venir en aide pour me faire comprendre que ce n’est pas la peine d’insister. Je n’ai pas la bonne clef, ni le bon diapason.

Je suis un peu déçu, si proche du but.

Tant de phénomènes étranges accumulés par hasard en si peu de temps, et si le mot coïncidence n’existait pas, si ce jour devait être pour moi celui de la Vérité, si les membres du club très fermé des Mondes Invisibles avaient désiré faire ma connaissance simplement pour que je leur enseigne l’art et la manière de faire du bon pain bien rustique. Il se peut que je sois passé aujourd’hui, à coté de quelque chose qui me dépasse, ainsi en a décidé mon destin, je n’étais pas tout à fait prêt. Allez, ce n’est que partie remise.

Un des objectif de mon voyage était de ramener de ce pays, des images et des pensées pour la finalisation d’un court métrage traitant de l’homme vert. Cet homme vert qui sommeille en chacun de nous et que si peu de consciences découvrent. Je suis saturé de matière première, pourtant ce mini projet cinématographique est toujours resté à l’état larvaire, laissant place au désormais cultissime "Projet Qivitoq".

Je me rhabille et atteins enfin la dernière limite des terres. Ça fait du bien, le brame des vagues, le fumet du varech, l’appel du large.

Je longe la côte, à l’affût d’une tête de phoque surfant dans le roulis. Cette balade n’est pas de tout repos, il faut sans cesse faire de grands pas pour enjamber les nombreuses fissures et trous enclavés dans les coulées de lave qui se meurent sur la plage et dans lesquels stagne de l’eau de mer déposée par la marée haute. La plage est propre, si ce n’est les débris végétaux, animaux ou marins qui la peuplent.

Après quelques dizaines de mètres à crapahuter sur ces effleurements rocheux, je débusque une chose incroyable qui me laisse …Voltairien.

Dans l’un de ces trous aqueux isolé, se manifeste ostensiblement, quelque chose que j’ai bien du mal à décrire. Pour vous donner une vague idée, je définirais cela comme un serpent de lumière d’un rouge vif presque fluorescent. Ce ruban flotte entre deux eaux, il ne semble ni solide, ni liquide, peut-être gazeux.

Et si c’était cela la vie extra-terrestre, un impalpable filament rouge sang, noyé dans une cuvette d’eau de mer, une substance inorganique, écarlate comme une cuisse de nymphe émue, générant suffisamment d’énergie pour glisser d’une planète à l’autre en utilisant nulle autre technologie que les aspirations cosmiques et les trajectoires rigoureuses des super novas de service.

En appliquant simplement cette formule, je vous prouve que tout cela n’est pas utopique : w(z)=i



2

logsin



a

z = i



2

  n=

log(zna)

dw

dz

=i



2a

cot



a

z = i



2

  n=

1

zna

D’ailleurs, pourquoi toujours schématiser les êtres venus d’ailleurs en leur affublant des mains palmées à quatre doigts, des yeux sans pupilles et un front à la Barthez. Et si cette chose un peu visqueuse et légèrement mouvante n’était pas originaire de notre planète, et si par ce mouvement lascif, presque érotique, elle essayait de communiquer avec moi, et si j’écoutais ce qu’elle veut me dire, pas avec mes oreilles, non, avec le reste, avec mes yeux, avec mon esprit, avec ma conscience.

Je n’entends qu’une seule chose, une petite voix dans ma tête qui me dit : « Tu devrais faire une photo, quelque soit l’origine de ce truc, en plus d’être unique, c’est beau. Très beau. »

La preuve, lors de chaque exposition photographique, il s’agit de ce cliché qui recueille en priorité, les faveurs du public intrigué. Il n’est pas rare que l’on m’accuse de falsificateur et je me contente de répondre : « Prouvez le ! »

Je tire donc deux portraits de cette bête qui me fait désormais penser à une rose excentrique jalousée par les linaigrettes avoisinantes et je dépense mes ultimes forces pour rejoindre la route principale avant le passage de la dernière voiture rouge.

L’histoire ne s’arrête pas là. Le lendemain, l’esprit un peu plus clair et chaussé de mes groles humides, je tente une approche amicale envers le Snaefelljökull. J’ai entendu dire que les tibétains considèrent cette montagne comme l’un des centres vitaux du monde, ce qui explique peut-être aussi que l’attraction qu’elle exerce sur moi soit incontrôlable. Une autre rumeur, islandaise cette fois ci, raconte que chaque rocher qui hante cette île, est un troll pétrifié. Je ne vous avait pas menti, lorsqu’en première page j’écrivais : Mythes et Légendes compris.

Les flancs du volcan sont bien assez raides, je m’octroie une petite halte méritée, en posant mes fesses sur une belle pierre poreuse et tapissée de mousse épaisse. Dans la position du Penseur de Rodin, (rappelez vous de ça, c’est important) j’essaye de repérer parmi les éboulis de lave, où donc se cachent les trolls locaux. Avec un peu d’imagination, j’en rencontre des dizaines, aux corps tortueux et trapus, aux visages zoomorphes ou boursouflés, aux membres difformes et cabossés, aux pensées irrévérencieuses ou amicales.

Face à moi, j’en remarque un particulièrement troublant, il a une position qui m’est familière, il ressemble au…

…Penseur de Rodin.

Oups ! Je me lève précipitamment avant de subir le même sort que ces petits lutins empierrés et me frictionne les bras pour anéantir cette désagréable sensation de chair de poule qui soudainement s’est emparée de moi.

Les quatre jours suivants, je me découvre des dons de voyance. Ça fait bizarre la première fois. Et puis l’on s’habitue. J’ai cru en des coïncidences un peu perverses, mais non, je pense que mon esprit était positivement en alerte et surtout un peu en avance sur moi. J’ai eu des flashs de voyance, un point c’est tout.

Seize mois plus tard, lors d’une conversation téléphonique avec Jean Michel Roux (comme quoi mes recherches ne furent pas infructueuses) j’appris que Pàll était, et est toujours, un médium reconnu et respecté. Par le simple fait de le fréquenter, il m’aurait transmis (volontairement ? involontairement ?) une petite dose de ses pouvoirs surnaturels.

Je ne fus pas surpris non plus d’apprendre que le Snaefelljökull est un lieu surveillé de près par la secte Raël et pour de bonnes raisons, je soupçonne maintenant Sophie Marceau de faire partie de cette secte.
Rouler à vélo en Haute-Savoie cet hiver sur la neige? English translation pending
by Bikos · 2009-11-05 · 20 replies
Un groupe de potes se rend à St-Gervais en Haute-Savoie, fin janvier. L'idée de les rejoindre à vélo, me tenterai presque (au départ de Paris). Ne connaissant pas du tout la région, ni pour avoir roulé en montagne l'hiver, et encore moins sur la neige (pas en cyclo-voyage en tous cas !), j'aimerai savoir si certains d'entre vous ont étés assez fous pour le faire ? Conditions, précautions ? Merci !!!
Itinéraire de vingt-neuf jours Colorado - Utah - Arizona - Nouveau-Mexique - Colorado English translation pending
by Laurence49b · 2009-10-17 · 247 replies
2 voyages aux USA c'est déjà beaucoup et bien peu aussi , à qui veut approfondir le Grand Ouest...

C'est notre cas et nous venons de crier notre ouf de soulagement " Yeah, we will go " suite à quelques réflexions et contraintes financières et professionnelles.

L'itinéraire s'est vite imposé à nous en fonction de nos désirs et de la consultation contemplative de nombreux carnets de voyage ( Krikri, Mokalhki, Derennes, Veileen et bien d'autres encore ! )- quel vrai plaisir de chercher / fouiner / créer / remodeler !!-

Un premier jet avec une arrivée à SLC puis , la découverte du site et voyage 09 de mlefevre nous a émerveillé et décontenancé.. et orienté sur d'autres horizons ... Soit, nous aborderons l' Ouest non plus par SLC mais par Denver ... Merci, Marie ...

Bien d'autres bases nous ont servi à la construction du trajet dont certains sites n'ayant plus lieu ou raison d'être cités car hautement compulsés par nous tous ou presque .... Merci à Philippe S, Thierry L, Dominique C, vazyvite... etc

Juin et 4 semaines seront nécessaires pour profiter des merveilleuses contrées dont voici le tracé

J1 Arrivée à Denver en soirée

J2 Denver/Moab 5h30 de route +Trails à Arches Marching Men/Tower Arch - Delicate Arch

J3 Canyonlands - Island in The Sky Mesa Arch : False Kiva / Shafer Trail / Musselman Arch

J4 Moab /Hanksville 2 h de route + Horseshoe Canyon ( trail + piste environ 5 h )

J5 Hanksville / San Rafael 1/2 h de route Crack Canyon (trail 2h )+ Little Wild Horse Canyon ( trail 3h ) + Goblin Valley( 2h sur place)

J6 Hanksville/Capitol Reef 2 h de route en passant par Factory Butte ( 2h ) + Hickman Bridge ( trail 1h) + Cohab Canyon ( trail 2h ) + Cassidy Arch ( trail de 1h )+ Chimney Rock ( trail 2h ) + Sulfur Creek ( trail 4h ) Journée à revoir trop chargée

J7 Capitol Reef Cathedral Valley + trail des Monolith + voir avec Veileen Glass Mountain

J8 Torrey/ Escalante par la Notom Road et Burr Trail 4h30 de route et piste + trail Upper Muley Twist Canyon ( trail 5h)

J9 Escalante/Hole in the Rock Zebra Slot canyon / Peekaboo Slot Canyon /Sunset & Brocken Bow Arches

J10 Escalante The Volcano

J11 Escalante Neon Canyon / Devil's Canyon

J12 Escalante/Willis Creek/Bryce Canyon 3h de route Willis Creek ( trail 2h )+Bryce canyon ( trail Peekaboo Loop 4h )

J13 Tropic/Cedar Breacks/Zion 3h30 de route Cedar Breaks ( trail 2h ) + Zion ( trail Narrows )

J14 Zion The Subway si permis ou West Rim trail ( trail de 7h )

J15 Zion / Valley of Fire White Dome ( trail 1h )+ Fire Canyon/Ephemeral Arch ( trail 1h30 ) + Rainbow Vista /Elephant Arch

J16 Valley of Fire / Vermilion Cliffs 4 h de route + Old Paria + Toadstools Hoodoos

J17 CBN ou CBS + White Pocket si permis ou Walk-in Permit ( les 4 journées sur la région de Page seront planifiées en fonction de l'obtention ou non des permis pour CBN et CBS & WP )

J18 CBS + White Pocket ou CBN si permis ou Walk-in Permit

J19 Cottonwood Road / Grand Staircase/ Glen Canyon Grovenor Arch + Yellow Rock + Alstrom Point ou Walk-in Permit CBN / CBS & White Pocket

J20 Glen Canyon National Recreation Area Rainbow Bridge ( boat tour + trail ) + Waterholes Canyon ou Wahweap Hoodoos

J21 Page /Tuba City 1h30

J22 Tuba City / Monument Valley / Canyon de Chelly 4h30 de route + White House Trail (trail 2h )

J23 Canyon de Chelly visite + trail + route vers Thoreau

J24 Thoreau / A Shi Sle Pah ( 2h15 de route )/ Bisti Badlands ( 1h15 de route ) / Farmington ( 1h30 de route Visite des 2 sites A Shi Sle Pah + Bisti Wilderness

J25 Farmington / Durango ( visite de la ville ) / Great Sand Dunes 5h de route + High Dune trail ( trail 2h )

J26 Great Sand Dunes Trails

J27 Great SD / Colorado Springs 3h30 de route + Garden of the Gods ( trails Chambers / Palmer/ Bretag Trail )

J28 Manitou Springs / Denver 1h30 de route + Achats cadeaux + Roxborough SP

J29 Départ Vol Denver / Londres /Paris

De nombreux trails sont intégrés à notre programme , les grandes villes ont été délibérément squeezées du parcours laissant nos préférences à la découverte de la nature en sac à dos et chaussures de rando ... sans compter les quelques miles nous séparant des différentes étapes en écrasant les pneus du véhicule ... des plans B voire C seront à prévoir .. en fonction surtout de la météo et des éventuels travaux sur pistes

Nous attendons avec plaisir toutes vos remarques , opinions et idées diverses . Rien est encore vraiment fixé alors n'hésitez pas, sans abuser quand même! 😛 ne cherchez pas à tout nous chambouler, tout de même ! 😉 un avis du roi de l'asphalte US, l'itinéris Maestro : ITAT ... sera le bienvenu

Et merci d'avoir eu la patience de lire ..jusqu'au bout ..du monde ..

Bonne soirée et à très bientôt

Laurence et Patrick
Circuit de deux mois en Argentine et au Chili English translation pending
by Needumonde · 2009-09-02 · 10 replies
Bonjour à tous,

Mon projet demande à naître et j'ai besoin de vos conseils avisés. J e voudrais partir de mi octobre à début décembre en Argentine et rejoindre le Chili par le sud. Après quelques jours à Buenos Aires, je souhaiterais m'évader vers l'immense Patagonie en bus. Quels circuits de rando me conseillez vous? Au Chili, je souhaite remonter le pays en faisant des escales au gré de mon ressenti. Etant sportive et ayant pratiqué la rando en haute montagne, quels trekking sont incontournables? Je compte prendre tente et duvet, et j'aime bien me faire la popote. Pensez vous qu'un budget, hors billet d'avion, de 1500 euros suffira? J'attends vos réponses avec la plus parfaite écoute.

Partager son voyage , c'est le vivre encore une fois.

Merci.
Visa iranien obtenu en une heure en Turquie English translation pending
by Jeanpyon · 2009-06-18 · 99 replies
bonjour

tuyau pour tous ceux qui vont galerer a faire des visas iraniens en Turquie.

Surtout n´allez pas chez İranianvisa.com ce sont des filous. Nous avons paye 140 euros a deux pour rien, a l´heure qu´il est nous n´avons toujours aucun numero d´autorisation et perdu notre argent.

Alors ce matim A Trabzon ville au nord est de la Turquie nous allons dans un petit consulat iranien perdu que personne ne connait et en une heure oui en une heure nous obtenons un visa de 30 jours pour 2 valable 90 jours pour 60 euros chacun.

un monsieur tres gentil nous accueille et nous donne nos passeport en nous souhaitant un tres bon voyage ...incroyable...

Alors tentez le coup mais soyez courtois et patient au cas ou, cela ne marchera peut etre pas a tous les coup.

reste maintenant a visiter le pays et a surveiller l´actualite de pres...

jp
Itinéraire de cinq semaines au Mexique et au Guatemala English translation pending
by Lanfeust7815 · 2009-06-17 · 11 replies
Bonjour amis voyageurs venus du monde entier.

Je me permets de lancer une nouvelle discution car je viens de finir un premier itinéraire pour 5 semaines au Mexique et au Guatemala. Du coup j'aurai voulu avoir voulu vos avis sur ces questions : * est ce possible de le faire en 5 semaines sans trop courir ? * quels sont les sites/choses/ activités à faire/voir pendant les étapes de mon itinéraire ? * enfin quel budget prévoir ?

D'avance je vous remercie pour votre aide et tous les petits conseils et astuces que vous pourrez me donner.

Voici mon itinéraire :· Mexico : Téotihuacan, visite de la ville, Zocolo, Notre Dame de Guateloupe => que faire de plus et ne pas rater ? · Puebla : que voir ? · Oaxaca : que voir ? · San Cristobal de Las Casas : à ne pas louper ? · Volcan Tajumulco – Xela - ascension de deux jours avec levé de soleil · Lac Attitlan – visite des petits village autour et parapente - ballade de Santa cruz à San marco · Chichicastelnango : visite du marché, cimetière et des rites culturels (très tôt le matin donc y dormir la veille) · Antigua et volcan Pacaya – ascension prêt de la lave à faire en fin d’après midi – faire levé de soleil à San Marcos à droite de la plage. · Guatemala City : quels monuments / quartiers y voir ? · Visite de Semuc Champey (baignade dans les lacs + mirador pour la vue) et des grottes de Lanquin (spéléo à la bougie et descente dans chambres à air de pick up) + dégustation de chocolat. · Flores / el Remate / Tikal · Sayaxché : que y faire ? · Yaxchilan : visite du site archéologique · Palenque / Agual Azul / Misol Ha · Campeche : s’y arrêter ? · Merida / Valladolid et Ek Balem · Chichen Itza : faut-il le coup si je visite Yaxchilan, Ek Balam et Palenque ? Cancun / Playa Del Carmen / Isla Holbox · Tulum : visite des ruines et plage · Retour sur Mexico en avionVoili voilou ... encore merci d'avance.

A bientôt
Balade sur le Burr trail? (Etats-Unis) English translation pending
by Cendryon · 2009-05-10 · 38 replies
Bonjour,

Je sais que l'on a souvent parlé du Burr trail ici mais je n'ai pas trouvé de réponse à mes questions... Sur quelle distance ( et en temps) y 'a t-il une route goudronnée en venant de Boulder ? J'ai regardé sur google street view, mais on ne voit qu'un petit morceau...🤪 Nous viendrons de Torrey et parcourerons la route 12 qui est parait-il magnifique. Aussi je me demande si la balade sur le Burr trail vaut le coup sachant que si nous nous engageons sur ce chemin, nous devrons rebrousser chemin et revenir vers Boulder pour nous diriger ensuite vers Escalante et Bryce. Si oui, pouvez-vous me dire ce qui différencie le Burr trail du reste ?
Norvège: visiter la falaise de Preikestolen English translation pending
by Chrismtrl · 2009-04-24 · 12 replies
Bonjour,

Beaucoup de questions sur cette falaise, j'espère qu'un connaisseur pourra y répondre.. Je commence

Peut-on y accéder facilement ? Est-ce très touristique ? Est-ce accessible de jour comme de nuit ? Est-ce payant ? Est-ce surveillé ? Y a-t-il moyen de s'asseoir sur le bord en admirant le paysage ? Peut-on y aller toute l'année ou est-ce barré pendant les mois froids ? Meilleure période pour y aller (sachant que moins il y a de monde, mieux c'est évidemment) ? Y-a-til des logements (hotels) a proximité ? Et enfin, est-ce que vous diriez que ça vaut le déplacement ?

Grand merci à celui/celle qui pourra répondre à mes questions. Christian
Rocheuses américaines (2e partie) English translation pending
by Stapelia · 2009-03-13 · 7 replies
J 9. Mercredi 20/06

West Yellowstone > WYOMING > Madison (14 Mi) Deuxième jour de visite au Yellowstone.



- Artists Paints Pots Ici, la terre vit, respire, travaille en permanence, notamment dans ces marmites de boue à la surface desquelles des bulles éclatent en chuchotant. On dirait un vaste plat de Chantilly ! Nombreuses marmottes (voir photo de mon pseudo).



18 essais avant de réussir la photo suivante : une bulle de gaz avant son éclatement !



- Lower Geyser Basin (Paints Pots) Un peu semblable au précédent mais beaucoup plus de monde et pas d'animaux. Jolies gentianes.



- Middway Geyser Basin La source "Grand Prismatic" est l'une des merveilles du parc. Au centre, l'eau est d'un bleu profond car elle dissous la silice contenue dans les roches. Des algues vertes colonisent les parois. Enfin, des bactéries jaunes, oranges et brunes se développent dans les coulées, chaque couleur correspondant à une température précise. Les photos aériennes de ce site sont bien connues mais nous devons, hélas, nous contenter de l'immortaliser d'en bas (enfin presque, on a tout de même grimpé sur un banc !)





- Black Sand Basin D'autres sources (Opalescent, Emerald et Rainbow Pools) offrent tout un festival de couleurs irréelles.





- Upper Geyser Basin (Old Faithfull) et West Thumb Geyser Basin Le Yellowstone compte 200 geysers, tous différents. C'était mon deuxième voyage dans ce lieu mais la 1ère fois, je n'avais pas eu droit à un tel spectacle. Le hasard a fait que, cette fois, les plus grands geysers étaient en activité. "Great Fountain" jaillit toutes les 8 à 12 heures et monte à ± 30m.



"Grand Geyser" est le plus haut du parc. Il monte à ± 60 m toutes les 6 à 15 heures.



Vedette incontestée, l'Old Faithfull (le Vieux Fidèle) ne doit pas sa notoriété à sa taille (±30m) mais surtout à sa régularité. Pour connaître l'heure de l'éruption suivante, il suffit de consulter les panneaux du Visitor Center, des boutiques ou des restaurants.



Adieu Yellowstone ! Après 2 visites, je ne m'en lasse toujours pas. J'aimerais beaucoup venir le voir en hiver.

> South Entrance (22 Mi) > Grand Teton N.P North Entrance (8 Mi)

Les crêtes dentelées de la Teton Range s'élèvent brusquement dans la plaine et culminent à 4197m. Un chapelet de lacs glaciaires s'égrène au pied des pics bleutés.



> Jackson Lake Junction (16 Mi) > Teton Park Road (20 Mi) Moose Junction > HWY 26/89/191 S > Jackson Hole (8Mi) Le centre ville est entièrement bâti en bois, trottoirs compris. 4 arches, édifiées en bois de cerf, marquent chaque coin du square central. La statue du cow-boy, qui en orne le centre, figure sur toutes les plaques de voitures du Wyoming.



Total : 250 km

J 10. Jeudi 21/06

Jakson > SR 22 (très pentue - elle traverse les Tetons !) > IDAHO > SR 33 > Victor (23 Mi) > SR31 > Swan Valley (21 Mi) > HWY 26 W > Idaho Falls (46 Mi)> HWY 20/26 W (44 Mi) > HWY 20/26 W

Les plaines désertiques de l'Idaho ont constitué un lieu propice pour établir un centre d'essai atomique.

* Experimental Breeder Reactor Visite gratuite du premier réacteur ayant produit de l'électricité nucléaire et du musée attenant. A l'extérieur, on peut voir 2 autres énormes réacteurs expérimentaux, mis au point par l'Air Force en 1956, pour développer un avion à puissance nucléaire. Après 10 ans de recherches et 1 milliard de $ dépensés, le président Kennedy mit fin à cette expérimentation.



> Arco (30 M) > HWY 23/26/93 S (19 Mi)

* Craters of the Moon N.M. Sous un soleil torride, nous parcourons en voiture un circuit de 7 Mi dans un paysage noirâtre de toute beauté. De nombreuses promenades mènent aux lieux d'intérêt : cônes de cendres, champs de lave et grottes, où la glace s'accumule durant l’hiver (prévoir une lampe de poche car les parcours souterrains ne sont pas éclairés) Nous, on l’avait oubliée.



> Carey (25 Mi) > Shoshone (39 Mi) > Twin Falls (27 Mi)

* Shoshone Falls Au sud de l'Idaho, la Snake River coule au cœur d'un plateau de basalte, relique d'une éruption magmatique d'il y a 15 000 ans. A Twin Falls, les chutes franchissent en plusieurs bonds, une hauteur de 63 m. A proximité, un effondrement de la roche conserve les eaux de la fonte des neiges et forme une piscine naturelle, le lac Dierkes, où il fait bon se baigner.



Logement dans un motel de la grand rue commerciale de Twin Falls.

Total : 464 km

J 11.Vendredi 22/06

Twin Falls > HWY 93 S (43 Mi) > NEVADA > Jackpot Cette ville fait honneur à son nom. Des casinos s'alignent tout au long de la route n°93. > Wells (68 Mi) Avec Jackpot, Wells est la seule autre ville rencontrée au cours des 305 km de cette étape. > I 80 E > UTAH > West Wendover (58 Mi)

Vestige d'une mer préhistorique 13 fois plus étendue, le Grand Lac Salé nous offre aujourd'hui son immensité lumineuse et blanche, en contraste complet avec les cratères noirs d'hier . * Bonneville Speedway Sur cette étendue plate à l'infini, toutes sortes de bolides, dragsters monstrueux ou automobiles transformées en fusées, ont tenté de battre le record de vitesse sur terre. Nous n'avons pas failli à la tradition en poussant à fond sur l'accélérateur. Mais notre voiture s'en est sortie incroyablement encrassée par le sel. Il colle, s'accroche et s'incruste pour longtemps sur la carrosserie ! Le nettoyage de la voiture s'avère, par la suite, indispensable.





> Salt Lake City (123 Mi) > sortie 115 > HWY 186 E > City Center

Temple Square, au centre de la ville des Mormons, est un espace fleuri où se rassemblent les principaux monuments de la secte. Partout, des fontaines et des ruisseaux tentent vainement de rafraîchir l'atmosphère. C'est le jour des mariages et de nombreux couples, robe longue et costume cravate, transpirent beaucoup pour les poses photos, sous 40° à l'ombre ! - North Visitor Center : un christ géant accueille les visiteurs sous une voûte étoilée, c'est d'un kitch ! (comme d'ailleurs toutes les peintures naïves qui ornent les bâtiments) - Hall de l'Assemblée des Saints des Derniers Jours. - Tabernacle, vaste salle de concert de 6500 places et grandes orgues de 12 000 tuyaux. - Le Temple, imposant édifice de granit, n'est accessible qu'aux Mormons.



- Bibliothèque : entrée libre dans ce centre mondial de la recherche généalogique. Registres, microfilms, base de données et Internet sont à votre disposition pour connaître l'histoire de votre famille, pour autant qu'elle soit reliée à l'ancêtre d'un émigré mormon. > I 15 S > Lehi (banlieue de Salt Lake City, où nous logeons dans un motel à proximité d'un centre commercial)

Total : 557 km J 12. Samedi 23/06

Lehi > I 15 S > Provo (16 Mi) > Spanish Fork (13 Mi) > HWY 6 > Price (68 Mi) > HWY 6/191 (58 Mi) > I 70 E > Crescent Junction (25 Mi) (sortie 182) > HWY 191 S > Moab (29 Mi) Après le noir et le blanc, voici le rouge le plus flamboyant, que ce soit celui des roches ou celui de nos visages en sueur ! * Arches N.P. En effet, c'est une journée torride : 41° à l'ombre et il n'y en a pas, dans cet univers minéral. Sitôt l'entrée franchie, le spectacle commence. De superbes pitons de grès, vieux de 150 millions d'années, se dressent dans un désert rocailleux (Park Avenue).



A d'autres endroits, les dépôts de sel d'une mer antérieure furent dissous par la pluie, sous des roches plus résistantes. Elles constituèrent alors des dômes, alors que les versants plus fragiles, étaient érodés, formant des arches. Chaque site vaut un arrêt mais demande une petite randonnée pour être admiré (Balanced Rock, Windows Section, Devil's Garden et la plus pénible à atteindre : Delicate Arch ). C’est la formation qui figure sur les plaques des voitures de l'Utah. On est pas allé au bout du parc pour voir les autres. Il faisait vraiment trop chaud et mon fils ne voulait plus quitter la fraîcheur de la voiture.



> R128 (Colorado River Scenic Byway) (47 Mi) > I 70 E > COLORADO > Fruita Route encadrée de rochers rouges qui longe un serpent vert, la rivière Colorado. J'avais, en 1999, fait la descente en rafting de ce superbe parcours mais, pour cause d'éclaboussures, je n'avais pas pu prendre de photos. Une lacune réparée.



> Grand Junction (59 Mi) Logement dans un motel à proximité de l'aéroport local, heureusement peu actif la nuit. Total : 578 km

J 13. Dimanche 24/06

Grand Junction > R 50 Nous manquons de renverser un cerf qui traversait la route. Freinage en catastrophe pour l'éviter. > Delta (40 Mi) Les murs aveugles des maisons de cette petite ville sont couverts de fresques en trompe l'œil, évoquant les façades des boutiques d'autrefois ou les paysages du Colorado.



> Montrose (21 Mi)

* Black Canyon of the Gunnison N.P. Le Black Canyon est l'œuvre de la rivière Gunnison. Ce cours d'eau, qui descend d'une vingtaine de mètres par kilomètre, a creusé une faille de plus de 600 m de profondeur dans la roche noire. Petites balades à chaque site intéressant. A la sortie du parc, arrêt pique-nique au bord du lac de retenue Curecanti.





> R50 ( 7 Mi) > Gunnison ville (56 Mi) > Salida (61 Mi) Le passage du Monarch Pass (3770m), entre Gunnison et Salida, prend beaucoup de temps car les pentes sont très raides et on ne sait pas doubler les nombreux camping-cars et camions. Nous rejoignons directement Cañon City sans avoir le temps de visiter la Royal Gorge. Bref arrêt au "Pinacle Rock" (nombreux cactus en fleurs). > Cañon City (57 Mi) Logement dans un motel au centre de cette ville rue.

Total : 459 km

J 14. Lundi 25/06

Cañon City > HWY 50 > Penrose > R115.> Colorado Springs > HWY24

* Garden of the Gods Le jardin des Dieux rassemble de nombreux monolithes de grès rouge qui, selon une légende indienne, auraient été des envahisseurs pétrifiés par le grand Manitou. Autrefois, c’était une propriété privée appartenant à Charles Perkins. A sa mort, il la légua à la ville de Colorado Springs, en précisant que son accès devait rester gratuit pour le public. Ce parc est absolument splendide et fort bien aménagé. Il demande plusieurs heures de visite.



* Pikes Peak Nous continuons vers Manitou Springs pour rejoindre le funiculaire de Pikes Peak. Il y a un monde fou ! Heureusement, notre réservation par Internet a bien été enregistrée. Durant la montée d’1h15, commentaires en anglais par le conducteur. Beaucoup de marmottes. Au sommet (4301m), le temps est magnifique. Nous nous promenons parmi les amas de neige et les blocs de grès rose. Toutefois, dès que cela grimpe un peu, on ressent le manque d’oxygène. Possibilité de faire la montée en voiture par une route non revêtue, sur laquelle a lieu chaque année un rallye célèbre. On n'a pas osé s'y risquer !



Retour vers Manitou Springs et Colorado Springs par la HWY 24. Logement dans un motel à l'extérieur de la ville.

Total : 102 km

J 15.Mardi 26/06

Colorado Springs > I 25 N (USAF Academy vue de loin) > HWY 470 (54 Mi) > I 70 (17 Mi) > sortie 232 (29 Mi) > Empire > SR 40 > Granby (44 Mi) - Arrêt pique-nique au bord du lac > R 34 (15 Mi)



* Rocky Mountains N.P Le début du parcours est magnifique mais, bientôt, nous entrons dans les nuages et la visibilité devient quasi nulle : pas de superbes panoramas ! Il fait 6°, un sacré écart de température par rapport à samedi dernier ! Heureusement, le Visitor Center est chauffé et très intéressant à visiter. Je sors tout de même pour parcourir le sentier botanique, fort bien aménagé et tout étiqueté. Bien qu'on ne voit rien à plus de 2 m, c’est suffisant pour découvrir les petites fleurs printanières des Rocheuses, qui poussent dès que la neige fond.



Nous repartons vers Denver dans une purée de pois totale. De plus, des travaux encombrent la moitié de la route. Aux USA, on n'installe pas de feux alternatifs temporaires comme chez nous. Une personne vous barre le passage avec un panneau et il faut attendre qu’une voiture pilote vous emmène à travers le chantier. Par chance, il y en a une qui démarre juste devant nous et qui nous guide, non seulement dans les travaux, mais aussi dans l’épais brouillard. Sans elle, je crois que nous n’aurions peut-être pas évité les ravins ! (Pt culminant de la route : 3713 m - troupeau de wapitis) > Deer Ridge Junction > Estes Park (3 Mi)



> Boulder (38 Mi) > HWY 36 > après Louisville > sortie Indiana Street S > R72 > Denver (20 Mi) > Ralstor Road > Kipling Street > 49e ave. Nous logeons à l'ouest de Denver dans un motel différent du premier, car plus proche des centres commerciaux. C'est le moment de faire nos derniers achats.

Total : 448 km

J 16. Mercredi 27/06

> 49e Ave > Kipling Street > I 70 E > Peña Bld > Aéroport (47 km)

Total voyage : 5062 km

Nous partons tôt car c’est l’heure de pointe à Denver et les formalités de départ risquent d’être longues. Reprise du véhicule, rapide et sans discussion pour le problème de l'essence : on nous déduit le plein de notre facture. Une navette démarre immédiatement pour nous conduire à l'aéroport. Là, le compostage des billets et l'enregistrement des bagages se font par des bornes interactives et des écrans tactiles. Hélas, notre anglais est insuffisant pour comprendre toutes les subtilités de l'opération. Nous devons faire appel à une préposée qui, d'un air condescendant, accepte de s'occuper de ces ignares d'étrangers ! Au contrôle des passagers et des bagages à main, la file est tellement longue qu'elle déborde des innombrables zigzags prévus dans l'immense salle et se prolonge dans une autre partie de l'aérogare. 40 min d'attente ! Départ prévu à 11h30 mais l'avion part avec ¼ d'heure d'avance. Un mail m'avait été envoyé pour me prévenir 2 jours avant le départ. Hélas, mon ordinateur était, lui aussi, parti en vacances, pour réparation. Nous avions eu raison de quitter le motel très tôt ! Conséquence heureuse, l’escale à Washington, moins tardive, nous permet de ne pas courir pour le départ de la correspondance (on craignait vraiment de la rater).



J17. Jeudi 28/06

Arrivée tôt le matin à Bruxelles. Je retrouve le ciel gris et pluvieux de la Belgique mais j'ai encore dans les yeux toutes les lumières et les couleurs de ce merveilleux périple. Elles y resteront longtemps puisque, presque 2 ans plus tard, je pense encore à vous en livrer le récit. Ravie si cela peut vous aider pour vos prochaines vacances !

Cette année, j'ai rouvert l'atlas des USA. J'y prépare un circuit en Nouvelle-Angleterre pour fin septembre.
Croisière Dolce Vita à bord du Costa Concordia le 24 avril 2009 English translation pending
by Tsio · 2009-01-25 · 13 replies
Bonjour

mon amoureux et moi serons de la croisière Dolce Vita sur le Concordia en avril 2009 et nous aimerions planifier quelques excursions par nous mêmes. Nous aimerions avoir suggestions, conseil et intérêt pour partager des coûts d'excursions privée.
Qui prépare un tour de l'Amérique du Sud en camping-car? English translation pending
by Stef494 · 2009-01-19 · 1086 replies
Bonjour,

Je voulais savoir qui etait en preparation d un tour des Ameriques (principalement SUD) en camping car.

Nous envisageons de partir en septembre / octobre 2009, avec un combi volswagen, si d ici là, nous avons le temps de le remettre en etat de marche, il roule mais il faut bien le preparer pour partir l esprit tranquille.

Nous sommes entrain d etablir le budget et je suis en attente du prix de la traversée Le Havre /Buenos Aires (juste pour le vehicule, nous partiront en avion, a mon grand regret).

Si d autres personnes sont dans la meme situation, j aimerai bien discuter avec vous pour echanger nos preparatifs.

A bientot peutetre
Voyage en Algérie pour quinze jours à moto English translation pending
by Fj973 · 2008-11-10 · 22 replies
Bonjour, nous sommes 5 à 6 motards (Transalp) et sommes partis 15 jours au Maroc en 2007, 15 jours en Tunisie en 2008. Cette année nous souhaiterions partir en Algérie fin avril début mai 2009 pour aussi 15 jours au total. Notre souhait est de faire si possible des étapes dans des dunes et de découvrir le plus possible de beaux paysages au sud du pays. Nous ne souhaitons pas dépendre d'une agence de voyage. 1ère question et non la moindre! y a-t-il actuellement des risques d'insécurité dans le pays et si oui qu'elles sont les régions est à éviter. 2ème question: connaissez-vous un circuit sympa à faire en moto sur 15 jours (y compris le délai aller/retour)?, quels sont les incontournables à voir? 3ème question: peut-on partir seul sans voyagistes dans le sud?

L'autre alternative (pour gagner du temps et aussi passer plus facilement les dunes) serait de partir en avion et de louer sur place des motos légères type KTM ou autre, connaissez vous des loueurs fiables sur place?

Merci pour touts vos réponses
Circuit de trois semaines en Algérie avec des enfants au mois de juillet 2009 English translation pending
by Belile · 2008-11-04 · 20 replies
Bonjour à tous,

Je suis nouveau sur ce forum, mais à sa lecture, je l'ai trouvé épatant. J'ai des milliards de questions 😉

J'ai décidé pour Juillet 2009 d’emmener trois de mes enfants et certains de leurs amis en Algérie pour environ trois semaines. Comme je leur ai dit que je finançais une bonne partie, résultats: nous sommes 11 à partir 🤪.

Nous arriverons à Oran en prenant le bateau à Alméria en Espagne. Nous serons en trois voitures normales non 4x4.

Nous aimerions faire le tour d’Algérie et surtout le sahara. Nous sommes 8 adultes, deux adolescentes de 16 ans et un enfant de 12 ans. Je suis né en Algérie à Souahlia.

Les villes traversées seront les suivantes : Oran, Mostaganem, Sidi bel abbès, Naama, Ain sfra, Béni ouif, Bechar, Taghit, Beni abbès, Timimoun, Sbaa, Adrar, El menia, Ghardaia, Tougourt, Biskra, Batna, Constantine, Annaba, Tizi ouzou, Alger, Tipaza, Oran.

1°) Est ce réalisable en trois semaines 2°) En plein mois de Juillet, on va cuire, mais je ne voudrais pas louper Adrar et Timimoun 3°) Les hotels et bougge, combien par jour parce que j'ai des jeunes qui mangent comme 15 4°) J'ai choisi Alméria pour les prix, notamment avec les voitures, y a t'il moins cher. 5°) Dois je passer par une agence ou une organisation pour sécuriser notre périple 6°) Nous aimerions avoir des contacts là ou l'on passera.

J'aimerais reccueillir vos sentiments et conseils sur ce périple.

Merci à tous.
Retour de notre voyage dans l'Ouest américain (du 2 au 14 septembre) English translation pending
by Sixiemesens · 2008-09-19 · 25 replies
Premier compte rendu de notre voyage, j'ai commencé à trier les 1300 photos, et 2h de film. Les photos sont visibles là : http://picasaweb.google.fr/myriam.nicolas.USA1 et le récit avec les photos intégrées et la carte de chaque jour : http://www.lesitedublogtrotter.fr

Bonjour, à tous, j'ai enfin fini de faire le montage des vidéos prises durant mon séjour en sept 2008 dans les parcs autour de Las Vegas, j'ai mis tout ça sur YouTube, il y a 5 vidéos de 10min environ, sans le son malheureusement, car j'ai utilisé des musiques que You Tube reconnait comme nécessitant des droits d'auteur, ce qui est vrai d'ailleurs !!

http://www.youtube.com/watch?v=83KskRM6CP4

J1 mardi 2 septembre Dijon, Roissy, Toronto, Las Vegas

Aujourd'hui c'est le départ, c'est parti pour environ 25h de voyage, en comptant les escales. Nous nous levons tôt, 5h! À 6h32 nous prenons le TGV direct de Dijon à Roissy Charles de Gaulle. Dans le train je regarde les vacances de Cauet à Las Vegas pour me mettre dans le bain, du coup le temps passe assez vite. Arrivée vers 8h30 à roissy, le temps d'aller de la gare TGV au terminal 2 pour enregistrer les bagages, 3 valises (nous avons le droit à 2 fois 23 kg par personne, bien pratique pour le retour). Nous avons pu enregistrer tout de suite, après quand même quelques minutes d'attente, car apparemment nous ne serons pas les seuls dans l'avion! Une fois nos valises enregistrer nous avons presque 2h à attendre, nous mangeons les provisions que nous avions avec nous dans la partie publique de roissy, je trouve une prise pour recharger le petit Asus EEE 901 qui nous accompagnera. 11h40 nous décollons, enfin pas vraiment à l'heure, car un bagage avait perdu son passager, donc obligé de redescendre du l'avion pour cette malheureuse valise. Premier décollage pour ma femme, tout se passe bien, nous sommes dans un 2x4x2 et sommes côté couloir de la partie médiane donc pas de vue sur le hublot. C'est partie pour 8h de vol, un peu long quand même, nous avons droit à un plateau repas durant le vol, plutôt bon, et un casse croute, sorte de hot-pocket. L'équipage d'Air Canada est très sympa. Atterrissage à l'heure, RAS. Ensuite, nous nous dirigeons vers la partie transit vers les USA de l'aéroport de Toronto, nous attendons nos bagages, une bonne heure, un peu long quand même, surtout pour quelques passagers qui n'avait 1h30 d'escale pour poursuivre vers LA. Nous ça va, nous ne sommes pas stresser, nous avions 6heures d'escale. Donc une fois nos bagages récupérés nous passons la douane US, avec la feuille verte remplie dans l'avion, nous reposons nos bagages juste après sur le tapis roulant des bagages enregistrés. Ensuite, ben passage de la fouille, on enlève nos chaussures, on vide les sacs avec tout le matériel high tech (minipc, reflex, camescope, disque externe etc...), pour la 2ème fois, la première à Roissy. Maintenant il reste 4 bonnes heures à attendre, un peu de « magasinage » dans le duty free, achat d'un coca et de 2 paquets de chips, paiement en dollars US et rendu monnaie en dollars canadiens. Décollage à l'heure : 20h40 (heure locale) dans un petit avion, 3x3, service sommaire, boissons gratuites mais nourriture payante (c'était prévu). Mais avec écran perso, arrivée à 22h20, avec 15 minutes d'avance à LAS, vu sur le bas du strip illuminé. Après avoir récupéré nos valises, assez rapide, nous prenons une navette pour le Luxor, pour 15$ plus 2$ de tips pour le chauffeur. Nous faisons juste un arrêt au Madalay Bay avant le notre, donc nous arrivons rapidement au Check-In du Luxor. Bonne nouvelle, nous sommes surclassé, comme quoi ça sert d'être jeune marié! Nous avons une Spa Suite, une petite chambre de 60m² avec jaccuzy contre la fenêtre, vu sur les 2 extensions du Luxor et l'Excalibur. Nous nous prenons un petit bain et enfin allons nous coucher, il est presque minuit, soit 9 heures du matin à Dijon.

J2 mercredi 3 septembre Las Vegas, Red Rock Canyon

A cause du décalage horaire, nous nous réveillons assez tôt, nous allons prendre un gros petit déjeuner au buffet du Luxor. 28$ à 2. Très bien, et décor sympathique. Ensuite nous allons nous balader, nous visitons le Luxor, le Madalay Bay, et l'Excalibur qui sont juste à côté. Nous profitons un peu de la piscine, vraiment très chouette, 2 bassins, et jaccuzzi chaud. Après s'être rafraichi à la piscine nous remontons le strip sous la chaleur accablante du desert, nous traversons rapidement le NewYorkNewYork, ensuite nous passons par le MGM, et remontons le strip sur le trottoir droit quand on regarde le nord. Nous nous arrêtons à la boutique M&M's, nous prenons le temps de regarder le petit film en 3D, gratuit et rigolo, nous passons aussi à la boutique CocaCola. Nous remontons jusqu'à l'Imperial Palace, où nous devons récupérer la voiture à 14h. Nous marchons sur le trottoir et de temps en temps via les hôtels pour se rafraichir un peu. A 14h, nous prenons possession de notre voiture pour 1 semaine, une ford fusion, chose amusante, nous avons la même à la maison, enfin c'est le même nom, mais pas le même modèle, parce que faire 15000 km pour avoir la même voiture qu'à la maison!! Nous optons pour l'option qui permet de rendre la voiture vide de carburant, en payant pas trop cher le litre (enfin le gallon), en effet au comptoir il est à 3, 5$ alors qu'il est au même prix, et même un peu plus cher en station essence. Une fois familiarisé avec la voiture, nous partons vers le Premium Outlet au nord du strip, nous avions emmené TomTom avec nous pour nous servir de guide et heureusement, parce que se repérer avec toutes les voies de circulation, s'habituer au fait que les feux soient de l'autre côté des carrefours, qu'on peut tourner à droite au feu rouge, etc..., ça fait plaisir d'avoir une voix familière qui vous dit, tourner à droite etc... Nous faisons un peu de shopping, 7 Levis et 2 ceintures pour 230$ (180€) bonne affaire. Nous mangeons un truc là bas. Il est déjà 16h30, mais le petit déj était copieux. Nous prenons la direction de Red Rock Canyon, à quelques miles de là. Nous passons devant le « péage » mais il n'y avait personne, donc on rentre sans payer, de toute façon nous acheterons le pass à 80$ le lendemain à Grand Canyon. Nous faisons la boucle, route en excellent état, nous nous arrêtons à quelques points de vue, mais trop fatigué, et beaucoup trop chaud pour se lancer dans une petite rando. A chaque point de vue, des toilettes, ouais, je sais c'est pas étonnant là bas, mais on est loin en France de trouver autant de commodités, j'aimerais en France payer quelques dizaines d'euros dans les parcs nationaux pour avoir des guides, des toilettes, des visitor center comme là bas. Red Rock Canyon, petit parc bien sympathique à voir si vous avez le temps à Las Vegas, on va dire une heure pour faire le tour, plus une heure pour faire l'aller retour depuis le strip. A faire en fin de journée pour avoir des couleurs plus chaudes et des ombres qui me le relief plus en avant. Nous rejoignons notre hôtel (le Luxor pour ceux qui suivent pas!), nous avons un peu de mal à trouver le Self Park, mais finalement nous trouvons une place pas trop loin de l'entrée. Nous regagnons notre chambre, et rangeons les affaires car demain le réveil sera tôt, en effet nous partons vers 5h30 en direction du Grand Canyon.

J3 jeudi 4 septembre Las Vegas, Flagstaff, Grand Canyon

Ce matin lever tôt, nous posons la clé de la chambre dans la boîte Check Out rapide, nous nous faisons avoir d'ailleur de 2$ pour avoir utilisé le téléphone, tu parles, il y avait le voyant de message qui clignoté et j'ai appuyé dessus, en fait de message c'était une pub pour le spa, mais ça à quand même activé la facturation du téléphone. Bon on a été surclassé alors on oublie. Donc direction Grand Canyon, nous sortons d'abord de Las Vegas, puis nous nous approchons du Hoover Dam, le grand barrage à quelques miles. Nous faisons un arrêt rapide pour faire quelques photos, nous avons prévu d'y retourner depuis Las Vegas à la fin de notre séjour, finalement nous n'auront pas le temps. Une fois le Hoover Dam passé nous suivons la direction de Kingman. Nous quittons l'autoroute à Kingman pour trouver de l'essence et retirer de l'argent, nous trouvons un ATM (distributeur) qui miracle ne prend pas de charge pour les retraits. Nous poursuivons notre route et passons devant le château d'eau sur lequel est écrit route 66, et même sans le faire exprès! Donc nous prenons la route 66, rien de bien particulier d'ailleurs, je suis déçu de ne pas avoir vu un gros signe route 66 imprimé au sol, comme on voit sur les photos. Nous nous arrêtons à Seligman à au petit « routier » à Seligman, juste à côté d'un village reconstitué, nous prenons le petit dej, toasts, pain de mie sous une sauce blanche avec des pommes de terres émincées, plutôt pas mauvais et ça colle au ventre en tout cas. Nous refaisons quelques miles et nous nous arrêtons à la boutique « musée » de la route 66, où tous les cars de touristes s'arrêtent, d'ailleurs il y en avait un au moment où nous y étions. Nous faisons quelques emplettes. Puis nous traçons la route jusqu'à Grand Canyon Village. Nous avons un peu d'avance donc nous allons à l'hôtel, le Maswik Lodge, pour voir si la chambre est déjà prête, normalement c'est 15h, mais là il n'est que 13h. Mais nous avons de la chance elle est prête. Nous allons poser les valises, et nous prenons la direction de Tusayan, pour faire une petite course afin de manger avant de prendre l'avion pour survoler le Grand Canyon. Nous nous rendons à l'aéroport du Grand Canyon, nous nous « enregistrons », avec pesée à la clé, pour savoir où nous serons dans l'avion. Nous rajoutons 15$ chacun pour le carburant. Et attendons pour embarquer. Une fois dans l'avion nous attendons un peu, il y a juste un petit soucis avec le siège du pilote. Nous mettons les casques sur nos oreilles pour suivre l'audio-guide, en français! Qui nous guidera tout le long du vol. Presque une heure de vol, magique, ça secoue un peu de temps en temps, mais la vue est superbe, le Grand Canyon, c'est GRAND! Ensuite une fois redescendu sur le planché des vaches nous regagnons le bord du Canyon, pour un premier aperçu et un petit passage par le visitor center. Nous sommes un peu fatigué alors nous regagnons notre chambre, avant de repartir pour aller voir le coucher de soleil. Nous nous trouvons un petit coin tranquille pour observer les ombres gagner le Canyon. Petit conseil, prenez un pull, il fait pas très chaud! Une fois ce spectacle imprimé dans nos mémoires nous allons nous coucher, la journée a été longue, sans compter les kilomètres, même si avec le régulateur de vitesse et la boite automatique ça passe mieux, ça fait des miles quand même.

Merci de m'avoir lu jusqu'à là, excusez moi si il y a quelques fautes. La suite va arriver très bientôt, en attendant allez voir les photos.
Croisière "Le meilleur de l'Égypte" English translation pending
by Eve38 · 2008-05-20 · 34 replies
Je cherche des personnes qui auraient déjà participé à la croisière LE MEILLEUR DE L'EGYPTE, de REV vacances. Je n'ai encore lu aucun post à ce sujet et sachant que je pars seule, je dois avouer que quelques détails auraient été les bienvenus. Donc, si vous avez des infos sur la croisière et sur le bateau ( l'Armada ), je suis preneuse.
Trois semaines au Nouveau-Mexique en avril English translation pending
by EricMoorea · 2008-02-12 · 10 replies
Bonjour à tous, plus habitué à donner qq conseils sur ce forum sur l'endroit où j'habite (Polynésie), je viens à mon tour à la pêche aux infos en tout genre (loc. voiture, hôtels, ...). Après plusieurs séjours en Californie, Nevada, Arizona, je programme un séjour au Nouveau Mexique de 3 semaines en Avril. J'aimerai donc avoir vos avis sur les "incontournables" de l'Etat, les choses à voir ou à faire absolument même si ça demande de faire qq bornes de plus, ... Enfin bref, tout ce que vous avez adoré ... ou détesté ! Je me demande si 3 semaines ce n'est pas un peu trop et si une incursion au Texas se justifie. Je suis preneur aussi de toutes les infos sur le climat à cette période (rien de tel que le "vécu" plutôt qu'un graphique de moyennes menuselles dans un guide...) Merci d'avance pour vos conseils et vos expériences. A +
Bleu de France avec croisière de France English translation pending
by Nanettedusud · 2008-02-10 · 576 replies
Bonsoir

Nous partons pour une croisière d'une semaine avec mon mari. C'est une nouvelle compagnie de croisière 100% française et tout inclus qui s'appelle Croisière de france.

Le premier départ se fait le 25 mai. Quelqu'un connait il cette compagnie? Y a t il des personnes qui partent aussi par ce croisièriste.

Merci a bientôt
Thaïlande: louer une voiture pour aller à Koh Phangan? English translation pending
by CyrilleG · 2007-03-22 · 16 replies
Bonjour,

Nous partons à 3 pour la thaïlande le 7 avril, pour 2 semaines. Ce sera une première fois !😎

Voila ma question numéro 1 : afin de résoudre mes soucis de mise en place d'un itinéraire, et de gestion des transports (nous ne restons que 2 semaines), je me disais que louer une voiture nous simplifirait peut-être la vie... Ceux qui ont déjà fait cette expérience pourraient-ils me dire si oui ou non c'est une bonne idée ? Entre les villes, combien de Km faut-il que j'espère raisonnablement parcourir en une journée, en prenant son temps et en s'arrêtant pour musarder un peu ? Je précise que je n'envisage en aucun cas de conduire dans bangkok... et que j'ai déjà une expérience de la conduite à gauche.

Question numéro 2 : où peut-on se procurer des cartes fiables et à jour ?

Dernière question : j'ai vu sur le site www.samui-info.com qu'il était possible de mettre sa voiture dans un ferry pour rallier Koh Pha Ngan, et du coup d'être motorisé sur place. Quelqu'un peut-il me le confirmer ? Cela paraît-il être une bonne idée ?

Merci d'avance à ceux qui pourront m'aider 🙂
Mission humanitaire au Pakistan English translation pending
by Imli · 2007-03-04 · 8 replies
17 novembre 05

L’histoire me poursuit, je poursuis l’histoire…J’étais tombée amoureuse de l’Inde, voila que je découvre aujourd’hui son frère ennemi (tel Remus et Romulus). Deux pays qui se déchirent depuis des années pour un bout de terre se sont retrouvés unis face à l’horreur. Les combats ont cessés un instant. La hache de guerre a été enfouie sous les décombres des maisons et les cadavres des victimes.

Me voici donc en mission au Pakistan avec la Croix Rouge suite à un tremblement de terre d’une magnitude de 7, 5 sur l’escabeau de notre cher Richter (comme les tisanes, si, si !).

Ça fait bien deux mois que nos équipes se relaient sur la petite ville de Batagram (station balnéaire perchée à 1000m d’altitude). Un hôpital de tentes a rapidement été monté, on a même ajouté des consultations dans les collines environnantes et roule la galère !

Ça c’était pour situer un chouya la situation. Il est 6h00 du matin et la nouvelle équipe (NOUS quoi) atterris à Islamabad après un vol relativement calme (j’ai été surclassé et j’avoue que j’ai eu du mal à quitter mon super fauteuil inclinable avec TV intégrée et steward à mes pieds !). Petit comité d’accueil. On grimpe vite dans les 4x4 direction Batagram.

La route m’est rapidement familière. Je retrouve la même conduite tellement caractéristique de cette région, à savoir qu’il est tout à fait possible de doubler une voiture qui est elle-même en train d’en doubler une troisième ! Il en résulte parfois des gros plans intéressants sur le camion qui arrive en face. Nous avons ainsi tout le loisir d’observer en détail le tuning particulièrement local de ces engins (vu que nos yeux sont exorbités par la panique, on n’en loupe pas une miette). Des couleurs à donner des bouffées d’angoisse à un caméléon, des guirlandes, des petites hélices parfois, un véritable sapin de Noël sur roulettes. Après tant de prouesses digne des plus grands chauffards, je soupçonne notre chauffeur de se prendre pour un kamikaze dopé au Yoba depuis sa plus tendre enfance.

On croise beaucoup d’hommes, les femmes se font rares (elles restent à la maison et sont considérées comme inférieures aux chiens. Une fois de plus je ronge mon sous-tif !! Promis, je ne vais pas jouer les Simone Weil version pakistanaise). Elles ne portent pas le sari mais une tunique sur un pantalon (punjabi) de couleur sombre, je ne retrouve pas la sensualité indienne qui m’avait tellement charmée. Nous sommes d’ailleurs rapidement contaminées et adoptons le foulard-sur-la-tête-à-haut-pouvoir-couvrant (Je ressemble à la vierge Marie, j’adôôôôre !). Pour compléter le tableau, après six heures assise dans un tape cul motorisé, je suis en mesure d’affirmer qu’une transformation inédite s’est opérée sur ma personne : J’ai maintenant un séant encastrable ! (Des fesses carrées quoi !).

On arrive enfin sur notre camp quatre étoiles: tentes, douches chauffées, une cuisinière, une machine à laver (un peu poussive mais on ne va pas se plaindre). L’équipe sur place nous accueille avec un bon thé indien.

17h30 La nuit tombe vite. Il y a une grosse amplitude thermique: 20° à 25° dans la journée et on atteint les 0° la nuit.

On va prendre nos quartiers. Je vous embrasse tous

18 novembre

Si il y a bien UNE règle de survie à suivre à la lettre dans ce bled c’est de ne SURTOUT pas boire de thé après 18h00 !!!!

Le vessie comme un ballon de football, j’ai du m’extirper de mon douillet duvet au beau milieu de la nuit pour me geler le derrière aux toilettes. Pourtant j’ai tout essayé: auto hypnose, yoga, j’ai même envisagé un instant de réquisitionner un récipient quelconque pour m’épancher mais la raison et la douleur furent plus fortes que moi. J’ai capitulé. Grelottant sous une montagne de pulls enfilés à la va vite j’ai sautillé jusqu’au lieu-dit, sous l’œil étonné de notre gardien. Et bien je vous assure que les nuits pakistanaises sont loin d’être des plus torrides ! On ne m’y reprendra plus.

Lever à 8h 30, avec petit dej en compagnie de l’équipe précédente. Ils partent demain alors on va profiter de cette journée pour faire un tuilage (ils nous filent le mode d’emploi du camp quoi). Au menu; café, thé (pas de Nesquick, ça c’est rude !!) et tartines sur des galettes genre naan indien (je sens que je vais me démancher la mâchoire un de ces quatre, ça ne me fait pas du tout rigoler). Le personnel local a le cœur déchiré par le départ de l’équipe précédente. Promis on essayera de faire aussi bien.

En périphérie de notre zone vie (les tentes où on dort, le stock de matériel, la cuisine et les douches) il y a deux tentes où on donne les consultations (une pour les hommes, une pour les femmes). Me voici assignée à la tente femmes. Les clients ne se font pas attendre. Je suis d’abord doublée avec Anna, infirmière de l’équipe précédente puis je me retrouve seule avec Nayla, jeune interprète qui me donne un sacré coup de main. Elle est grande malgré ses seize ans, drapée dans une étole bleue brodée. Elle sait cependant se faire respecter. Ses yeux brillent quand elle me parle de son pays. Entre deux pansements, elle me raconte l’histoire d’un prince qui s’est jeté dans la rivière qui coule un peu plus loin pour sauver son peuple d’un sortilège. On dit que la nuit, on peut voir son habit de lumière se refléter à la surface. Je suis sous le charme. Première rencontre avec nos chers patients: C’est pas aussi haut en couleurs qu’à l’arrivée de l’équipe numéro un (crânes fracturés, plaies super infectées, j’en passe et des meilleurs) mais on doit faire le suivit des pansements, les affections respiratoires arrivent et les bestioles en tous genres sont toujours aussi fidèles au rendez vous ! (les insectes sont nos amis..)

Petit regard sur le décor: Le camps est situé dans une vallée au milieu de montagnes dont certaines ont le sommet enneigé. Les flancs sont un peu pelés, avec ça et là des petites touches bleutées apportées par les tentes de fortune qui se marient d’une façon remarquable avec le ciel azur. On pourrait presque monter une station balnéaire maintenant qu’on a monté un super Hôpital….. On devrait en toucher deux mots à nos voisins logisticiens allemands, je suis certaine que ça les motiverait. Le log (abréviation usuelle pour logisticiens) doit être en mesure de trouver n’importe quoi, n’importe où non ? A quand le jacuzzi ?

Les filles se sont rapidement mises à la mode locale (foulards pour cacher le moindre cm² de féminité) pendant que nos hommes, ayant subit un sommeil glacial, se sont mis en charge de mettre un chauffage dans la tente vie.

Ben voila, voila, la nuit se casse la gueule rapidement (boum), il est a peine 17h00 ! Vu l’amplitude thermique locale on rajoute au moins deux couches supplémentaires à nos tenues (on n’est pas gros ! c’est une beauté couches par couche). Nous verrons donc cette nuit si les efforts de nos logs de chocs saurons nous porter au pays des rêves a bord de nos douillets duvets.

19 novembre

Avant d’entamer le description de la présente journée, je me dois de vous avouer que le camp a été immobilisé tout hier soir pour une activité des plus prolifiques et hautement diplomatique: La cuisine à été envahie par les filles pour une séance de tatouage au henné par nos chères traductrices pakistanaises. Maintenant nous sommes des tatouées, des vraies !! Pendant ce temps, nos mâles collègues se gelaient dehors et s’auto digéraient en hurlant à la mort et en nous traitant de noms d’oiseau des plus poétiques. N’empêche que, une fois qu’ils ont vu ce que ça donnait sur nos petits bras charmants, ils se sont prêtés au jeu sans se faire prier ! Ben voyons ! Nos talentueuses tatoueuses locales s’étant éclipsées il a fallu prendre le relais….. Le résultat fut des plus intéressant. Les arabesques fleuries laissèrent la place à des têtes de mort, des ancres de marine ou des tableaux pour le moins abstraits.

Bon, revenons à aujourd’hui. Apres une journée passée seule dans mon petit hôpital pour nanas (je tiens la consultation pour femmes) je dois arriver à la conclusion qu’il vaut mieux être inspecteur gadget qu’infirmier ou médecin pour bosser ici. Comment vous faites vous, pour décapsuler un plâtre qui va jusqu’en haut du mollet (renforcé, bien évidemment par deux bandes de résine, sinon ce ne serait pas rigolo) alors que vous n’avez aucun matériel adéquat ? Pas la moindre scie, ni bite, ni couteau. Enfin, le Dieu LEATHERMAN nous touche de sa grâce. Nous voici donc en train de nous acharner sur son @*§ »<£ de plâtre avec la mini scie du couteau de poche, un abaisse langue glissé entre la peau de notre victime et son plâtre. Nous vainquîmes !!!

Les personnel infirmier s’est d’ailleurs découvert de nouveaux pouvoirs magiques: Je vous présente donc Orianne, reine du point de croix sur plaie suturable, Mozart du point col roulé et votre serviteuse (Emilie), pourfendeuse d’abcès surinfecté sur derrière poupin.

Olivier s’est déjà fait remarquer en renvoyant la cuisinière (il n’avait pas de nom de code en Louisiane, voici donc Exterminator), la soupe était trop froide ! Il a même poussé le vice jusqu'à ne la congédier qu’une fois le dîner prêt. Trop fort le p’tit gars ! Toute l’équipe locale tremble dans leur bourca, qui sera le prochain ?

Merci à nos logs de choc qui ont permis à l’équipe des filles d’avoir une tente chauffée avec petite lampe perso pour bouquiner le soir. On est aux petits oignons !

20 Novembre

Première réplique! On a swingué trois secondes même pas, juste le temps de sentir la terre faire le gros dos. Ca fait tout drôle. On était en pleine consultation, on s’est tous regardés, puis on a continué comme si de rien n’était. De toute façon vu qu’on est dimanche, on n’a pas eu beaucoup de patients.

Depuis hier soir donc c’est la dèche on doit cuisiner nous-même vu qu’Exterminator est passé par là. Pas la moindre âme charitable pour nous faire chauffer le petit dej ! Qu’a cela ne tienne, on fait honneur aux rations de survie (comment résister au navarin printanier ou encore à la salade du gondolier ??). La cuisinière précédente cumulait deux emplois et nous négligeait de façon particulièrement difficile à supporter pour nos omnivores de coéquipiers. Il nous semble donc plus équitable d’en embaucher une nouvelle (blonde et à forte poitrine aux dires de ces mêmes coéquipiers…. On verra ce qu’on peut faire, on n’en est pourtant qu’à une semaine de mission).

Cet après-midi les médecins sont sortis du camp pour magasiner un brin, pendant que les logs peaufinaient notre confort. Exterminator a trouvé des tongs (on verra de tout sur cette planète!), pour soigner le Toubib on a également ramené une cargaison de PEPSI (ça commence mal Doc, ça commence mal !!). La ville est encore étonnamment sur pieds. Par contre certains murs portent des fissures de très mauvaise augure. Pas de femme dans les rues, rien que des hommes portant leur longue chemise beige sur un pantalon et le chapeau dans le plus pure style omelette ramollie (mais si comme en Afghanistan !). Les hommes dévisagent peu les filles de l’équipe, il faut dire qu’elles sont camouflées par leurs vêtements à haut pouvoir couvrant et encadrées par trois hommes.

Demain matin, départ d’une première équipe mobile, avec deux heures et demie de route puis un hélico pour rejoindre un village paumé en altitude qui n’a encore reçu aucune visite de médicaux. Deux, peut-être trois jours de confort tout à fait rudimentaire malgré un soutien logistique basique militaire (les cantines sont pleines à craquer de rations de survie vu que Greg est en train de développer une dépendance quasi maladive pour ces étouffe chrétiens). Bon courage à ces trois-là, en attendant que vienne notre tour de nous envoyer en l’air

21 novembre

Deuxième matin sans la moindre cookerine ! On ne peut pas dire qu’Exterminator soit meilleur dans l’expulsion plutôt que le recrutement mais les coutumes locales ne lui facilitent pas les choses. Hier soir, il a tenté de recruter une jeune donzelle. La pauvre est arrivée escortée par une de ses amies et avait tellement peur de notre mâle blindé de testostérone qu’elle s’est mise à l’autre bout de la table et lui tournait le dos. Pas facile pour parler ! Vu qu’elle n’est pas mariée, elle a très peur des hommes et devra demander l’accord de son frère avant de pouvoir venir travailler dans cette horde de débauchés (« et voici que je vous envoie, seul au milieu des loups »).

Hier, pendant notre balade, nous avons croisé la boulangerie du coin d’où sortait un fumet des plus alléchants. On s’est alors pris à rêver de petites brioches toutes rondes et toutes chaudes qui nous attendraient, sur la table du petit dej, alors que nous nous extirperions de nos douillets duvets, l’œil encore embué par la nuit passée. Cruelle réalité que celle-ci: pas le moindre petit bout de pain, pas de sensuelle cookerine ! De rage et par dépit notre Exterminator s’est rabattu sur le café atomisé (si, si, on ne sait pas bien ce que ça veut dire mais c’est écrit sur le sachet).

Les consultations continuent même sans notre cher docteur. On a pas mal de personnes qui viennent pour des brûlures. Les familles vivent à vingt sous une tente de fortune et les autres courent autour pour se réchauffer. Certains s’endorment trop près du feu, d’autres se renversent du thé bouillant (trop de promiscuité), enfin on commence à voir des gelures sur les orteils et les mains. Allez leur expliquer qu’il faut porter des chaussures plus chaudes!

Une réplique de belle envergure (5, 5 sur l’escabeau de Richter, épicentre à 120 km d’Islamabad donc pas loin de Battagram) nous secoue pendant le déjeuner. La cookerine paniquée a failli s’enfuir de la tente, je l’ai rattrapée de justesse par le bas de son pantalon. Elle avait les larmes aux yeux.

En règle générale, lors d’un tremblement terre la secousse initiale ne dure pas plus longtemps que quelques secondes mais ça suffit pour entraîner des dégâts monstrueux. Cette fois ça a bien duré cinq secondes. On a entendu un grondement, la terre a tremblé fort puis vibré encore quelques instants. Suite à cette réplique, on a eu quelques plaies au dispensaire (chutes de leur hauteur, rien de bien grave).

En se baladant dans les collines Guy, notre arching (architecte ingénieur) s’est rendu compte que les anciens connaissaient des techniques de constructions anti-sismiques mais que la génération suivante, qui est allée travailler au moyen orient a tout oublié au profit des techniques modernes.

22 Novembre

Ce matin, ô joie, notre petit déjeuner fut un peu plus fourni qu’hier. Ne pas désespérer, nous avons une des cuisinières qui s’appelle Pari, alors si elle est aussi bien fournie en neurones que son homonyme version US ( ben si, Paris Hilton !), on devrait avoir un truc à peu près correct d’ici la fin de la mission. Donc nos deux copines Pari et Parvine sont dans un bateau… si y'en a une qui tombe à l’eau, ben il ne reste plus grand-chose vu qu’il semble qu’il faille leur deux cerveaux pour une action ! Pas gagné !

Notre amie infirmière Brigitte a tenté l’ascension de l’Himalaya local (petites collines environnantes) en compagnie de Dada (Jean Paul, Watsan) histoire de voir un peu le point de vue. On ne peut pas dire qu’ils aient atteint leur objectif, j’irais même jusqu'à dire qu’elle a perdu le sien dans un ravin sans fond (en gros elle a bêtement fait tomber son objectif photo dans la vallée quoi !!). On essaie de faire des super jeux de mots, voyez à quoi on est réduit pour rigoler! On a déjà épuisé toutes nos blagues Carambar… Mayday 

Au cours de son expédition sur la colline, Guy, notre Arching a pris des cours d’herboristerie auprès du chef indigène d’un village voisin. Résultat des courses : Pour des problèmes sanguins, il suffit de faire une infusion de feuilles de microtrèfle, et pour les filles du team il a ramené une herbe ramassée près du réservoir d’eau. Elle permettrait de déclencher des règles paresseuses (On voit bien que ce sont des conseils de mecs, pour notre part, si elles nous oublient on ne s’en portera pas plus mal !!). Il ne désespère pas de tomber sur des plantes permettant de lutter contre le sida et le cancer sachant que le mélange pour guérir aussi bien de la connerie que de la cruauté humaine n’est pas encore au point.

Dur retour à la réalité, cet après midi, on s’est fait dépouiller de tablettes de paracétamol et d’antibiotiques pendant qu’on faisait honneur aux envolées culinaires de nos deux créatures de choc. On attend notre première tentative de suicide locale avec impatience. Bande de ploucs ! On sait bien que les médicaments seront revendus sur le marché. C'est toujours rageant de se faire utiliser comme ça, mais c'est partout pareil. On prendra les mesures qui s'imposent en commandant aux compagnons du coin des armoires fermées à clef pour les deux tentes de consultations

23 novembre

Après quelques jours dans mon petit hôpital pour nana, j’en viens à peu près à voir les mêmes pathologies. Beaucoup de personnes blessées lors de la secousse initiale reviennent pour qu’on continue de s’occuper de leur plaie. Les pansements sont relativement simples mais les plaies mettrons du temps à bien cicatrise (mauvaise hygiène, froid, macération). La promiscuité et la saleté favorisent aussi les maladies de peau comme la gale, les poux, l’impétigo. Certains enfants ont le crâne recouvert de croûtes assez volumineuses, parfois suintantes. Pas de problème ! Ils ressortent de la consultation tout violet (merci le violet de gentiane). Les brûlures sévissent toujours régulièrement sur petits et grands (je n’arrête pas de dire qu’ils devraient se mettre à la limonade). Enfin, les ouvriers d’en face qui sont en train de bâtir un hôpital en préfa, ne manquent pas de s’empaler les objets les plus divers dans toutes les extrémités possibles et imaginables (n’imaginez pas trop cependant, nous sommes en pays musulman !!).

Ce soir nos deux cuisinières ont établi un nouveau record : liquider un bidon d’huile de cuisine de cinq litres en deux jours! On prépare notre hibernation avec application. Vous n’allez pas nous reconnaître au retour. C’est soit tout soit rien dans ce pays. Certains jours on est neuf à loucher sur trois malheureuses rondelles de radis qui flottent dans le fond d’une assiette en plastic, le lendemain c’est l’orgie romaine sponsorisée par Flodor.

Notre équipe de nomades est enfin redescendue de la montagne. Le teint hâlé, on dirait presque qu’ils reviennent de vacances. Demain, je prends le relais avec notre bon docteur et Dada. On part en 4X4 pour la ville de Besham. Ce sera nettement moins roots vu qu’on loge dans un hôtel (le « Continental » s’il vous plait). De là on ira sur deux villages identifiés comme n’ayant pas été vu par quel que médical que ce soit. On revient sur Battagram samedi ou dimanche. Je vous donne des nouvelles des mon retour (d’ici là vous pouvez retourner regarder la TV, je serais dans l’incapacité de vous raconter mes états d’âme).

26 Novembre

Retour, ce soir, de l’équipe médicale qui était partie faire le kakou sur de nouvelles collines pendant trois jours, j’ai nommé : Imli (votre serviteuse), Abou (Docteur Jean Pierre) et Dada (Log Jean Paul). Je me dois ici de développer le concept particulièrement controversé de ces « cliniques mobiles » histoire que vous perceviez toute la dimension amusante de la chose (si, si, je vous assure que c’est particulièrement poilant!).

Il y a d’un coté la Fédération, notre représentation de Dieu sur terre, quoi. Tout plein de fonctionnaires dans l’âme qui sont chargés de diriger notre boulot, à nous pauvres petits manouvriers du médical, après avoir fait des missions d’évaluation dans divers camps de réfugiés. Il faut savoir qu’il n’y a pas que les Français sur place mais aussi des Thaï, des Suédois, un Béninois etc.… Dans la théorie, ça a l’air simple et plutôt bien pensé mais, comme d’hab, sur le terrain c’est beaucoup plus folklorique !

Nous dirons donc qu’on nous a envoyé bosser sur deux camps de réfugiés pelotonnés au creux des reins de la montagne d’où descend l’Indus, fleuve fougueux d’un blanc laiteux. Les bancs de sable, zébrés par le vent, se prennent pour des jardins zen. Alentours, certains pans de la falaise sont mis a nu par de récents glissements de terrain tandis que le reste est recouvert d’une végétation de type méditerranéenne (lauriers, oliviers) avec quelques bananiers, des eucalyptus et des palmiers. Paradisiaque ! Par contre pour ce qui est d’un réel besoin, je crois que nos amis de la Fédé se sont fourrés leur doigt manucuré dans l’œil jusqu'à l’omoplate.

Les deux camps (Batera et Kund) sont gérés par les militaires pakistanais. Il y a à peu près six à huit cent personnes dans chaque. Chaque jour de nouvelles familles descendent de la montagne pour se réfugier avant l’arrivée de l’hiver repoussant ainsi les limites du provisoire. Au départ, ils refuaient de quitter leurs bêtes mais l’armée a construit des étables, alors seulement ils ont accepté de les laisser derrière eux.

Pour arriver au camp de Batera, nous devons emprunter le « col de hamburger » (soit on se fait écraser par des rochers qui tombent soit on tombe dans le ravin vu que la route est à peine plus large que la voiture !). Séance tape cul pendant une heure et demie. Si nous croisons des femmes, elles se tournent et se cachent le visage avec leur voile. On a d’ailleurs eu beaucoup de mal a voir des femmes lors des consultations même si j’étais là pour les accueillir avec toute ma féminité.

Apres trois jours à faire la navette entre les deux camps, d’un tea time à l’autre (ah oui! les militaires sont des pros pour ce qui est de faire des pauses thé toutes le cinq minutes, de vraies petites femmes d’intérieur) on peut dire que les besoins n’étaient pas à la hauteur de ce que nous avait décri nos petits amis de la Fédé. On a soigné beaucoup de diarrhée, des « mal partout » à profusion, et quelques infections urinaires. Notre bon médecin a fait la promotion de ses potions miracle. La malle ouverte à l’arrière du pick-up, tel un parfait charlatan de western.

Retour ce soir sur notre camp, sweet camp de Battagram ! Accueillis par une pluie diluvienne et les hourras de la foule en délire (Greg et Brigitte). Les surchauffes à répétition du système électrique eurent raison de nous : coucouche panier papattes en rond pour tout le monde à partir de vingt et une heures.

27 Novembre

Il a plu cette nuit, il a plu toute la journée, que voulez vous faire dans des conditions pareilles ? On aurait pu aller dévaler les pentes nouvellement enneigées de la montagne qui nous fait face en chantant des polyphonies tyroliennes, mais nous avons choisi de réchauffer nos douillets duvets et jouer au tarot jusqu' à plus soif. Nos logs de choc sont en train de transformer la cuisine en sauna. Deux canons a chaleur pour une seule pièce. Il va falloir penser à commander des gants de crin et du savon noir ! C’est dimanche que diable et l’équipe avait bien besoin de recharger les batteries !

Par contre, dans la soirée, on a eu quelques répliques. Vu toute l’eau qui est tombée depuis hier soir, les glissements de terrain ont dû se lâcher un peu partout. On part demain en évaluation sur de nouveaux sites, on verra bien si il y a des besoins supplémentaires.   Mon appendice nasal se prend pour une fontaine mais le moral est toujours au beau fixe, surtout quand j'apprend à quel point vous devez avoir froid en France! Je crois, finalement qu'il fait meilleur sous le soleil pakistanais (le confort en moins tout de même), il ne me manque plus qu'un guitariste pour adoucir tout cela et ce serait le paradis!

28 Novembre

Que dire de plus si ce n’est qu’il a encore plut toute la matinée et que ça commence à sacrément peser sur l’entrain des troupes. Dur de s’extirper du douillet duvet quand on sait qu’il fait froid et humides dehors et qu’on va se retrouver, non pas face au visage enamouré de l’être cher mais face à des brûlés, des panaris et des cascades de pus!. Il est vrai que notre cher Exterminator est le seul à jouir des risettes des deux petites « cuisinières ingénues ». Notre mâle bourré de testostérone n’en fera qu’une bouchée !

Nos logs ont amélioré une fois de plus les installations qui avaient un peu pris l’eau cette nuit. On approfondit les tranchées autours des tentes, on rajoute des chauffages quitte à faire exploser le groupe électrogène. Une ribambelle de gamins se masse autour du désormais célèbre Dada. Quelle star !

Du coté des meds, le BHC reste ouvert mais les clients se font rares, refroidis par les conditions météo. Notre traducteur a eu beaucoup de mal a venir ce matin étant donné l’état des routes (souvenez vous : Pluie + tremblement de terre = routes impraticables).

On a eu quelques pansements d’habitués et un type qui est arrivé alors qu’on n’espérait plus. Le pauvre homme avait le visage à vif, les bras croûtés, purulent jusqu’au coude et de dos dans un état semblable. Hier, sa tente a pris feu alors que lui et sa famille préparait le repas sur un réchaud. Deux de ses enfants sont morts brûles et lui s’en est sortit mais dans quel état ! Le jour même, il n’a pu recevoir des soins vu qu’il habite dans les collines loin du centre médical. Je n’ai même pas pris le temps de l’examiner a fond, on l’a renvoyé vers l’hôpital de Battagram.

Le tremblement de terre continue à faire des victimes et des morts. Le froid, la pluie, la promiscuité ne font que ralentir le processus de guérison. Comment leur expliquer qu’il ne faut pas cuisiner dans les tentes alors que toute l’eau du ciel s’abat sur leurs têtes et que c’est le seul moyen de chauffage ?

Dans l’après midi, nous (Brigitte et Imli) nous sommes enfermées dans la tente pharmacie pour terminer l’inventaire. Peine perdue, on aura encore un autre épisode demain (hourra !).

Ce soir, Nathalie (team leader) et Orianne sont revenues de leur périple de fin de semaine. Faisant fi de la neige, du ciel embrumé et de la pluie, elles ont bravé les éléments déchaînés pour revenir se peler le jonc avec nous ! Nous pensons dédier un hôtel aux logs germano-français qui se décarcassent chaque jour pour que nous puissions prendre une douche chaude (40° à la sortie) quand nos dents claquent trop fort. Merci Ô magiciens de l’électricité !!

29 Novembre

Eh bien non! Exterminator n’est pas mort dans son sommeil d’une intox au monoxyde de carbone (zut!). Hier soir, le chauffage de sa tente fumait d’une façon dangereuse. Ras le bol des brûlés, on n’a pas besoin de boulot supplémentaire !

Quelle plus belle façon de clôturer une mission que de finir lyophilisé dans son douillet duvet ? Les petites ingénues pleureront à chaudes larmes la perte de leur maître….

En fait nous le soupçonnons de vouloir se liquider et de faire passer ça pour un accident du travail. Ce matin il s’est renversé la moitié du bidon de gasoil dessus. Il ronchonnait c’est sûr mais je le voyais bien moi, lorgner du coté des allumettes d’un œil lubrique !

D’un autre coté nous avons la belle au bois tremblant (Brigitte) qui ne se réveille plus qu’au son des secousses sismiques. Prise d’un sommeil de plomb, il ne lui en faut pas moins pour s’ouvrir à la journée qui commence. Avec une équipe pareille on ne risque pas de sauver le monde, moi j’vous l’dit !!

Une partie de l’équipe médicale est allée, une fois de plus, batifoler dans les collines alentours histoire de voir si il n’y avait pas quelques âmes pécheresses à repêcher. Leur malle bourrée de potions magiques ils sont allés sur le camp de Shumlaï. C’est plutôt le genre génération spontanée. Un grand camping plein de tentes partout avec des maisons détruites autour. Cinquante consultations en trois heures ! Ca fumait dans la tente médicale, je ne vous dit que ça ! Manque de bol, le coin est tellement chouette qu’une équipe médicale humanitaire Afghane nous pique la place pour les jours suivants (non mais, est ce qu’on va faire de l’humanitaire chez eux, nous ?!). Je me demande si l’humanitaire ne se résume pas parfois à la recherche de la meilleure place au soleil. Laissez tomber les copains, il n’y a plus un poil d’ UVA depuis belle lurette !

Ce soir Guégoyi s’est enfin démasqué !! Le rustre tente depuis le début de la mission de nous intoxiquer par tous les moyens possibles. Apres avoir éteint le chauffage des tentes un par un sous le frauduleux prétexte que nous n’avons pas de « trifazé » (c’est quoi ça d’abord, un nouveau médicament ?), le voila qui nous enfume le bureau et la cuisine en un même temps. Une fumée noire à soudain envahi notre petit espace vital, nous forçant à lâcher tout travail en cours (et Dieu sait si on bosse comme des malades) pour nous réfugier dans la nuit noire et obscure. Je le soupçonne d’être payé par nos petits amis de la Fédé qui sont jaloux de nos installations de choc.

L’équipe part en vrille, la cuisine devient un tripot à peine les assiettes débarrassées. La belotte fait rage. Sortez les cigares, l’alcool et les petites pépées !

30 Novembre

On rigole, on rigole!! Une fois de plus, nos petits amis de la Fédé nous aident à coups de pied dans le derrière. On a eu la soudaine envie de recruter du personnel local. C’est vrai, quoi, ce serait pas mal d’étoffer nos équipes avec quelques autochtones histoire de pouvoir passer la main un jour. L’urgence semble loin, le vivier français est essoré comme une chaussette, bref le calcul est vite fait !

Nous tournons donc nos yeux pleins d’espoir vers notre père spirituel pour recevoir une quelconque manne divine. Peine perdue, la réponse fut sans appel : « On a bien des personnes mais on se les garde sous le coude ». Message reçu.

Vu que l’hôpital tourne sans interruption depuis notre arrivée, nous observons un phénomène physique assez intéressant : le niveau des médicaments baisse proportionnellement au temps passé ici ! Là encore, faisant fi de nos mauvaises expériences précédentes, nous courrons vers Fédé pour avoir quelques tubes de crème, voire quelques compresses. Pour le coup, ils l’ont joué plus stratégique, en nous aiguillant vers WHO (l’organisation mondiale pour la santé). Avec un titre pareil, ils devaient bien avoir quelques abaisse-langues au fond de leurs tiroirs….. Gentiment, ces messieurs nous ont répondu qu’ils avaient d’autres Pakistanais à fouetter !

Enfin, nous nous retrouvons devant un autre problème digne de ces histoires de baignoire qui nous ont tant fait suer il y a quelques années : Sachant que nous avons identifié un camp de quatre cent quatre-vingt douze familles pas loin de Battagram. Sachant que nous avons croisé LE médecin du camp qui fait dans le plus pure style minimaliste (pas de matériel, pas de chauffage, pas de personnel). Sachant que Fédé nous a assuré qu’il pouvait faire apparaître une tente toute équipée où on voulait, quand on voulait. La conclusion attendue serait que nous allons bosser là bas….. ben non, vu qu’il y a des militaires, Fédé a peur que les militaires en fassent plus tard une zone d’entraînement pour talibans sponsorisée par Croix rouge. Il va donc falloir ruser diplomatiquement. Fédéféchier ! (nouveau juron pakistanais)

Depuis le début des opérations, il est impossible d’avoir une idée claire des villages touchés par l’aide médicale. Les responsables des districts disent à tout va qu’ils ont été oubliés, pleurent dans les jupons des autorités pakistanaises, qui vont rapporter tout ça aux Nations Unies. Impossible de faire une réelle évaluation vu l’étendue (géographique) des dégâts.

Ce matin on a vu débarquer une équipe chirurgicale Cubaine. Ils sont huit cent sept médicaux dont trois cent quatre-vingt douze médecins à avoir déserté leur île pour s’implanter en pays capitalo-musulman (c’est compatible ça ?). Mes amis ce n’est pas le moment de se casser une jambe à Cuba, y’a plus personne pour vous soigner. Toujours est-il qu’ils trouvent nos tentes tellement chouettes qu’ils ont décidé d’en squatter une pour en faire un bloc (orthopédie à gogo). Et vu qu’on est les rois du pansement, ils veulent qu’on fasse leurs suites opératoires.

Bon, j’arrête ici ma diatribe défoulatoire. Demain est un autre jour et les patients nous appellent.

1er Décembre

Après presque trois semaines passées dans ce camp notre féminité en a pris un sacré coup dans l’aile ! Je vous le donne en mille : la couche supérieure épithéliale du visage de nos chères expats commence à être sacrement attaquée. En effet, la chaleur sèche diffusée par les canons de chauffage des tentes provoque un dangereux resserrement des micropores faciaux suivant le schéma classique du « pantalon -taille 36 alors qu’on fait du 40 ».

J’ai bien demandé à nos logs de choc de placer régulièrement une coupelle d’eau fraîche devant les sorties de chauffage histoire d’humidifier l’air ambiant mais ceux-ci m’ont répliqué, avec raison, qu’ils ne voulaient pas briser le peu de reins qui fonctionnait encore sur leur personne en faisant des courbettes non ergonomiques. Ils suggèrent donc que Fédé les équipât de petites cannes avec une pince au bout afin de pouvoir s’acquitter de cette tâche sans abîmer leur dos. L’affaire est en cours, j’ai la foi.

L’équipe médicale qui était partie hier sur Besham est revenue dans la soirée (Abou Docteur, Brigitte-la-belle-au-bois-tremblant et Exterminator). Visiblement, depuis notre dernier passage, le super hôtel s’est transformé en nid à puces assaisonné de douches à l’eau froide (la magie Pakistanaise !). Pas le même standing tout d’un coup! Peine perdue, il en fallait plus pour ébranler le moral de notre agence tout risque. C’est donc pétrifiés de froid que nos joyeux lurons sont retournés sur le camp de Batera (souvenez vous, le « col du hamburger ») pour accomplir leur mission salvatrice. Même pas cinq minutes de répit pour qu’Exterminator puisse aller se repoudrer le nez!

Pendant ce temps sur Battagram, je suis restée la tête dans le guidon, inventoriant chaque micro organisme de cette satanée pharmacie et Orianne a tenu les consultations à flot, secondée par notre fidèle traducteur Goulhamine toujours aussi impeccable avec sa veste d’étudiant anglais par-dessus son chalwar kamiz (grande chemise sur pantalon).

On soupçonne le sonotone de Dada de ne plus fonctionner. Les générateurs hurlent dans la cuisine pour éclairer un malheureux néon, on braille pour couvrir le bruit. Il n’y a que lui qui gardât le sourire. Mais où est ce « Trifazé » qui, aux dires des personnes de la profession, pourraient régler nos problèmes d’énergie et pourquoi pas celui de la faim dans le monde ??

Le réveil de notre belle au boit tremblant est complètement détraqué !! On a eu une secousse ce soir. Ma chère il va falloir revoir tout ça, ça ne va pas du tout !! La nuit c’est fait pour dormir !

2 décembre

Lever aux aurores pour partir en clinique mobile sur Shamlaï. On ne change pas une équipe qui gagne. Voici donc Docteur Abou, super Dada et présentement moi-même, la miss Imli, entassés dans un pick-up givré. La route est magnifique. De tous les cotés, la montagne est rayée de cultures en escalier. On dirait qu’un géant a décoré son château de sable en passant un immense peigne sur ses flancs. La lumière se reflète dans toutes ces petites parcelles irriguées créant un jeu de lumière à chaque détour de la route. En fond les montagnes enneigées font rêver nos skieurs dans l’âme.

On arrive sur Shamlai. La ville est presque totalement détruite. Beaucoup de maisons ne sont plus délimitées que par un amas de gravats. Les tentes poussent comme des champignons. Une distribution de tôles ondulées par les militaires pakistanais créée un attroupement. Les hommes repartent chargés comme des mules. Ils ont parfois des distances impressionnantes à parcourir avant de regagner leur maison.

Enfin nous arrivons à la tente de consultation. On est déjà attendu. Il n’y a qu’une seule tente, on recevra donc les hommes et les femmes dans le même espace. On récupère un traducteur sur le tas, il est d’ailleurs assez approximatif. Tant pis, on n’a pas mieux, entre le pire et le plus pire… Pas facile de communiquer. En plus, comme de nombreux autochtones, il a beaucoup de mal à réaliser qu’il y a des femmes sur cette terre. En gros il n’en a rien à foutre de moi et mes petites patientes ! Je suis sans cesse obligée de le tirer par la manche pour qu’il m’aide à questionner mes minettes.

On a de la chance, vu qu’on était déjà passé il y a quelques jours, le mot a dû se passer et elles sont beaucoup à être sorties de leur cuisine pour venir consulter. C’est rare d’en voir autant ! Elles sont généralement recouvertes de la tête aux pieds d’une grande bourca noire, il n’y a qu’un voile un peu plus transparent au niveau du visage pour qu’elles arrivent à voir ou elles mettent les pieds. Pourtant, les rares fois ou j’ai pu glisser un œil sous leurs épaisseurs, j’ai découvert des colliers de perles de couleurs, des bracelets d’argent, des mains peintes au henné. Les pakistanaises sont belles mais personne ne doit le savoir. J’ai du mal à me sentir bien dans ce pays. En Inde, les femmes sont des joyaux, elles se parent les cheveux de jasmin, leurs saris sont éclatants de couleur, elles sortent dans la rue au grand jour. Il n’y a pas si longtemps le Pakistan faisait partie de l’Inde, pourtant aujourd’hui on se croirait à mille miles de là bas. Ici, la femme vaut moins qu’un chien !

Sur le camp de Battagram, notre hôpital ajoute une corde à son ar : on ouvre des bains douche ! Vu que l’essentiel des consultations s’est ramené à décroûter des galeux, Orianne et Guégoyi se sont transformés en gratteurs de couenne professionnels. Soirée mousse avec passage obligatoire dans une poubelle d’eau chaude (les scatos nous envient déjà cette pratique !!), tandis que notre belle au bois tremblant se recevait une rafale odorante émanant du derrière d’un jeune patient.

La soirée fut clôturée par un dîner de crêpes (merci encore les filles).

3 décembre

Aujourd’hui c’était Scabie folies à l’hôpital !! (Scabie= gale). Tout le Pakistan se grattait en chœur et venait frapper à notre porte pour recevoir des kits d’hygiène, sorte de petit colis bourré de savonnette, dentifrice et autres produits décapants, initialement distribués par notre colloc’ adorée Charity (une nénette de la Fédé qu’on héberge et qui est en charge de la promotion de l’hygiène sur la région).

Je dois vous avouer qu’armée de ma patience légendaire, j’ai eu du mal à rester zen. La salle d’attente ressemblait à un poulailler en goguette Des familles entières débarquaient dans la salle de consultation pour nous faire compatir sur des vielles lésions de grattage, espérant recevoir le colis magique. Les pauvres mères se grattaient comme des folles pour nous apitoyer mais nous restâmes intraitables (comme le traiteur). Nous avons ainsi développé le concept du « super magic-soap » : Tu as la gratouille ? Va te laver avec le super magic-soap ! ». Je ne suis pas certaine qu’ils aient tous bien adhéré au concept mais ça valait la peine d’essayer !

Orianne et Guégoyi sont allé recruter des médecins locaux à Mansera. Finalement ils ont fait un détour par le bazar pour faire les soldes et récupérer des vêtements à donner aux familles qui en auraient vraiment besoin lors des consultations (si ça se sait, ça promet un nouveau rush !!). Ils ont également sauvé la vie d’un délégué Fédé qui faisait une crise de colite néphrétique. Moi je dis, vu ce qu’ils nous ont aidé, ils auraient du le laisser sur le bord de la route (voire lui lancer des pierres) mais, bon, j’dis ça, j’dis rien….

Pour ce qui est du recrutement (c’était quand même le but initial de leur ballade), ils ont dégotté un médecin frileux pas sûr de lui et un autre un peu plus motivé et motivant. Les affaires avancent.

Exterminator, tournait comme un lion en cage. Désoeuvré, pas le moindre petit personnel à licencier. Pire, une des cuisinières ingénues lui a fait des avances. Il les fait toutes craques ces locales, bourreau des cœurs va ! Il va peut être finir par s’humaniser. La belle et la bête version pakistanaise.

ENFIN, l’équipe de relève vient de passer les portes (du pénitencier ?). YOUPIII ! Notre bon Docteur Abou est en transes ; l’équipe de relève a apporté un otoscope bionique, un tensiomètre supersonique et trois thermomètres à propulsion nucléaire. Je pense qu’il va signer pour trois semaines de plus.

Bienvenue donc à l’équipe qui va récupérer nos matelas crevés et nos couvertures pleines de puces. Ca fait du bien de vous voir !

4 décembre

Aujourd’hui c’est journée repos!

La nouvelle équipe ronge son frein pendant que nous bullons avec application, profitant d’un rayon de soleil pour parfaire notre bronzage (vous allez tous être verts de jalousie à notre retour devant notre peau tannée par le soleil local).

Marlène (log) s’est déjà trouvée toute une bande de nouvelles copines. Elle fait un tabac auprès de nos petites voisines en tentant de les initier à la marelle.

Le déjeuner nous a été offert par nos cookerines ingénues. Vu qu’un poulet doit coûter à peu près une journée de travail, nous avons été très touchés de l’attention.

Notre chauffeur Raza khan s’est joint à nous et a donc été initié aux fromages français avec l’échantillon le plus représentatif que nous ayons sous le main : du Mont d’or.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce doit être un croisement entre du fromage corse et de la cancoillotte ! Explosif. On a vu son sourire se figer, sa bouche s’arrondir sous les suppliques de ses papilles. Son visage est resté très poli mais je crois qu’il a dû rayer à tout jamais la gastronomie française de ses priorités sur cette terre.

L’après midi a été consacrée à des expéditions de reconnaissance dans les alentours circonvoisins. Nous nous sommes entassés dans le 4X4 pour gravir les cols escarpés qui nous narguaient depuis si longtemps et faire un brin de tourisme. Notre chauffeur a fait des prouesses, accrochant le véhicule à des pentes qui, aux dires de notre marseillais de Guégoyi devaient au moins faire 90%. Chahutés, cahotés, nous avons valsés au rythme des routes impraticables même pour une chèvre kamikaze ! Mais ça valait le coup, le panorama était à couper le souffle. Au bout de nos pieds se déroulait la vallée avec ses formes généreuses et toujours le toit des montagnes recouvert de blanc.

Je sèche un peu, cher lecteur. Même si les conditions climatiques semblent plus clémentes en ce lieu mon esprit est déjà à Paris. Me pardonneras tu cette infidélité?

Je vais donc passer la main à nos joyeux lurons de l’équipe quatre qui s’accommoderont de cette lourde tache avec brio, j’en suis certaine.

Que la force soit avec vous !

C’était donc Imli, en direct pour vous du fin fond du Pakistan ; pays ô combien magnifique et bordélique.
Comment s'habiller en Egypte? English translation pending
by Nico5 · 2006-09-19 · 53 replies
bonjour, avec mon amie cela fait quelque temsp que l'on se tate pour un voyage en egypte, on aimerai bine le beau rivage a hurghada, moi pour la plongée au tuba et les poissons, et madame pour flanner et se baigner occasionnellement. seul ic, il parrait que les femmes doivent mettre des pantalons longs et des tee-shirts cachant les epaules? la mienne n'est pas du genre mini jupe, mais aime comme moi se promener en tee-shirt, short et basquettes, et je voie mal lui imposer un pantalon long pour les croyances des autres sous 30°c, plutot choisir autre chose, alors j'en appel a vous qui avez de l'experience, les femmes doivent elle être cachées pour visiter ce pays?
Excursion à Moab avec la société Tag a Long (Etats-Unis) English translation pending
by Stgeran69 · 2006-08-13 · 82 replies
Bonjour,

j'ai vu qu à Moab, on pouvait faire une excursion bateau/jeep avec une société appelée Tag a long. Je suis intéressé par celle qui permet de visiter (une partie) de canyonlands. J'ai vu que Fabienne connaissait (lu dans un autre forum). si elle veut me détailler ses impressions et itinéraires, je suis preneur. les autres avis sont aussi les bienvenus !!
RapeX contre le viol English translation pending
by Montagne666 · 2006-02-08 · 59 replies
Salut! J'ai lu un article il y a quelques temps concernant le RapeX, un préservatif pour piéger les violeurs, qui a été inventée par une femme d'Afrique du Sud (pays où le nombre de viols chaque année atteint des sommets astronomiques). Voici la copie de l'article, j'aimerais savoir ce que vous en pensez, pour ma part je balance entre l'envie de rire parce que je trouve cette idée complètement déjantée, et d'autre part la perplexité, à savoir quelle peut être la réelle efficacité d'un tel objet. J'attends vos réactions!

Source:
http://www.afrik.com/article8937.html

La Sud-Africaine Sonette Ehlers a inventé un préservatif féminin dont les « épines » se plantent dans la peau du pénis du violeur. Le RapeX, une fois commercialisé, entend ainsi protéger les victimes des maladies sexuellement transmissibles, faire reculer le nombre faramineux de femmes agressées chaque année et confondre les auteurs des crimes. Mais l’invention, première du genre au monde, est controversée par plusieurs organisations, qui estiment notamment qu’elle expose les femmes à plus de violence de leur(s) violeur(s).

Pour ou contre le préservatif anti-viol ? Le débat est ouvert depuis quelques semaines en Afrique du Sud, où Sonette Ehlers a mis au point le RapeX. Cette invention unique, brevetée mais pas encore commercialisée, est destinée à protéger les femmes contre les violeurs. Ce qui n’est pas du luxe dans la Nation arc-en-ciel : selon la police, il y a plus de 50 000 viols rapportés par an. Côté associatif, on multiplie facilement ce chiffre par quatre, voire plus. Récemment, la Commission légale du pays, surnommé la « capitale du viol », a estimé à 1, 69 million le nombre annuel d’agressions sexuelles. Au final, d’aucuns estiment qu’un viol est commis toutes les 26 secondes. Etant donné l’ampleur du phénomène, qui épargne de moins en moins enfants et nouveaux-nés, on aurait pu s’attendre à ce que la trouvaille de Sonette Ehlers soit accueillie à bras ouverts. Au contraire, le préservatif-piégeur-de-pénis est vivement critiqué par plusieurs associations.

Inspirée par une victime et un pénis coincé dans une braguette

Retour en 1959. « J’ai rencontré au service transfusion où je travaillais une jeune fille d’ethnie tswana qui avait été violée. Elle avait tant de peine sur son visage... Elle m’a dit : ‘Si j’avais eu des dents à cet endroit !’ J’ai alors promis de faire quelque chose un jour pour empêcher ce genre de choses. Deux ou trois semaines plus tard, j’ai rencontré près d’un théâtre deux médecins venus aider un homme qui s’était coincé le pénis dans la fermeture éclair de son pantalon. Il ne pouvait pas bouger et criait de douleur. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de créer quelque chose qui empêche de courir et de bouger et qui ne peut pas être enlevé ailleurs qu’à l’hôpital », a confié à Afrik Sonette Ehlers.

Elle explique n’avoir jamais oublié sa promesse. « Mais, à l’époque, il manquait les matériaux pour réaliser ce que j’avais en tête. Il y a cinq ans, nous avions ce qu’il fallait. Un ingénieur est venu d’Angleterre pour m’aider à concevoir le préservatif. Il y avait aussi d’autres spécialistes », se souvient-elle. Le prototype a été présenté le 31 août dernier à Kleinmond, dans la Province du Cap. Le résultat : le RapeX. « Ce dispositif de sécurité, qui ressemble à un tampon creux à l’intérieur, est fait de latex et de plastic. L’agresseur ne sent rien en pénétrant le vagin, mais la première fois qu’il tente de revenir en arrière, il est accroché : le plastic est taillé en pointes très pointues et courtes qui agrippent la peau de son pénis. Les pointes ne pénètrent pas profondément, l’objectif n’est pas de blesser », assure-elle.

Selon Sonette Ehlers, le RapeX possède de multiples avantages. La capacité à confondre l’agresseur reste l’atout le plus mis en avant. « J’ai appelé mon invention RapeX parce qu’en anglais le X signifie la fin (et le mot ‘rape’ se traduit ‘viol’, ndlr). Le RapeX, c’est la fin du viol parce qu’un violeur qui sera piégé et ne pourra pas recommencer. Car dès que son pénis est accroché, la douleur est si vive qu’il ne s’occupe plus de sa victime. Elle peut donc s’enfuir car le préservatif est sorti de son corps. Mais le violeur, qui souffrira beaucoup et ne pourra plus uriner tant que le RapeX ne sera pas retiré, sera obligé de se rendre à l’hôpital ou chez la police. Les autorités sauront alors que c’est un violeur », estime Sonette Ehlers. L’inventrice explique par ailleurs que des spécialistes ont testé le RapeX et conclu qu’il ne présentait aucun risque ni pour la femme ni pour l’homme et protégeait bien des maladies sexuellement transmissibles. « Il n’y a aucun moyen qu’elle attrape le sida ou tombe enceinte », certifie Sonette Ehlers. Important dans un pays où près d’un adulte sur cinq serait porteur du virus du sida. Le « dispositif de sécurité » à usage unique se place, comme un tampon hygiénique, à l’aide d’un applicateur spécial. Pour le retirer, une autre aide est prévue. Sonette a elle-même testé son dispositif anti-viol et indique ne pas le sentir.

Une coalition anti-RapeX

Une perle, semble-t-il. Pourtant, plusieurs associations ont élevé la voix pour dénoncer l’invention. Certains demandent même au gouvernement d’empêcher sa production. La directrice de Rape Crisis du Cap (Sud), organisation de lutte contre le viol, observe des défauts majeurs au RapeX. « (...) Ce dispositif crée la perception que les femmes doivent être responsables de leur propre sécurité. (...) Pourquoi ne nous demandons-nous pas pourquoi les hommes violent et pourquoi nous ne nous concentrons pas sur ce qui doit être fait pour empêcher les hommes de violer ? Ce dispositif ne s’adresse pas aux causes du viol et ne vous protégera pas d’être violée puisqu’il s’active seulement lorsque le pénis entre dans le vagin. Il y a plusieurs formes de viol, comme le viol oral ou anal. Les femmes sont aussi violées avec divers objets ou collectivement. Ce dispositif ne va pas aider les femmes qui se font violer de nos jours. Ce dispositif rendra les femmes plus vulnérables aux réactions violentes du violeur et la possibilité d’être violemment blessé ou tuée est accentuée. Il y a aussi le risque que les violeurs ‘testent’ pour voir si la femme porte le dispositif en utilisant un objet et après il la violera en utilisant son pénis », énumère Chantel Cooper dans un communiqué. Cette vision reflète la vision de plusieurs opposants aux RapeX. Beaucoup d’entre eux estiment par ailleurs qu’accepter ce préservatif, c’est intégrer la donnée « je peux me faire violer à tout moment » dans son quotidien. « La solution n’est pas de changer le comportement des femmes, mais de changer la société et la vision de la masculinité dans la sexualité et de rendre le système judiciaire plus efficace », explique une militante luttant contre le viol.

Dans le camp du non, certains considèrent également que la méthode pour faire reculer l’agresseur est inhumaine. C’est le cas de Charlene Smith, très active dans la lutte contre le viol, dont elle a elle-même déjà été victime. « C’est un instrument médiéval, basé des notions de haine des hommes et qui comprend fondamentalement mal la nature du viol et la violence contre les femmes dans cette société. C’est vindicatif, horrible et dégoûtant. La femme qui a inventé ça a besoin d’aide », aurait-elle expliqué au journal britannique Times. Elle aurait déclaré au Los Angeles Times que l’invention « remonte au concept de la ceinture de chasteté » et que « nous n’avons pas besoin de ces dispositifs de la part de gens qui espèrent faire beaucoup d’argent sur la peur des femmes ». « L’un des problèmes de cette invention, c’est qu’elle sera payante alors que les gens les plus à risque sont ceux qui sont au chômage ou pauvres. Si cette invention est vendue et que les violeurs le savent, ils risquent de se concentrer sur les femmes pauvres qui ont peu de chances de la porter », analyse une membre Rape Crisis du Cap.

« Le RapeX aussi en Malaisie et en Europe »

A ceux qui disent que le RapeX est « barbare », Sonette Ehlers répond : « le RapeX n’est pas barbare. Ce qui est barbare, c’est le viol et il faut quelque chose de barbare pour l’empêcher. Ceux qui critiquent le préservatif ne savent pas de quoi ils parlent. Ils n’ont jamais vu et n’ont jamais eu le préservatif dans la main ». Elle ne s’attendait pas à tant de réactions négatives. Surtout des femmes. « Je m’attendais à des critiques des hommes, mais pas des femmes. De nombreux hommes m’ont contactée pour me dire qu’ils étaient contents de mon invention parce qu’ils veulent que leur femme et leurs filles soient en sécurité », indique-t-elle.

Les adeptes seraient nombreux. « Beaucoup de femmes me demandent quand porter le RapeX. Je leur dis à chaque fois qu’elle sorte et qu’elle risquent de se retrouver seules ou qu’elles sortent avec un homme pour la première fois », souligne la femme dynamique. « Je suis pour cette invention parce qu’en Afrique du Sud, il y a trop de viols. Même les enfants en sont victimes. Le problème, c’est que les criminels ne sont pratiquement jamais jugés parce que c’est difficile de prouver qu’un père ou un frère vous a violé. Avec ce préservatif, il n’y a pas moyen de mentir », commente Carol. « Je ne l’ai pas eu dans les mains, mais je l’ai vu à la télévision. Je ne sais pas si il fonctionne, mais s’il est bien fait, c’est une bonne idée. Le viol est un sérieux problème ici », explique un docteur sud-africain.

Où se procurer le RapeX ? Pour le moment, il n’est pas encore commercialisé. La production devrait commencer l’an prochain. « Il devrait être vendu dans les pharmacies. Nous discutons du prix auquel il sera vendu. Je pensais à le vendre peu cher, un ou deux rands (environ 0, 12 ou 0, 25 centimes d’euros), mais le prix dépends de nombreux facteurs », avance Sonette Ehlers. Elle indique que le RapeX pourrait bien se retrouver sur des terres autres que sud-africaines. « La Malaisie et l’Europe sont également intéressés », souligne-t-elle. Les violeurs n’ont plus qu’à bien se retenir.

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