Bonjour,
il me semble que l'incident terrible arrivé en
Mauritanie, a saisi notamment les Français(es) aux tripes... C'est bien à comprendre, sans doute !!! Pourtant, il est opprtun de garder la tête froide et ne pas en tirer les fausses conclusions relatives à l'Afrique, continent le plus fascinant de notre planète :
Si je lis cette correspondance (suscitée et forcée par une question peu réussie [c’est pas grave !] car elle comporte déjà un préjugé), je me demande de quel droit un Européen se permet-il de tels jugements sur le Continent Noir ?! Comment un toubab pourrait-il jamais comprendre le quotidien des hommes et femmes africains ?! En général, pourquoi cet afropessimisme, pourquoi ce malaise à l’égard de ce continent ?!
La question si un Européen a le droit de donner son avis sur l'Afrique et sur les Africain(e)s, n'est pas facile à répondre... Par la remarque profane que dans notre planète mondialisée, tout citoyen peut se livrer à tous les pays, à tous les continents et à toutes les cultures - un Mongol sur les Zulu, un Bozo sur les Sioux, un Touareg sur les Esquimaux, un Indien sur les Mossi - cela ne suffit pas... Notamment pour nous, les Européens, c'est pas du tout naturel concernant l'Afrique, parce que nous ne pouvons pas regarder vers l'Afrique par un coup d’œil non averti à cause de nos implications historiques.
Donc, comment oser regarder la réalité africaine avec les yeux européens après toutes les infamies qu'ont commises (et commettent encore) les Européens vis-à-vis l'Afrique et les Africain(e)s ?! En tant qu'Européen, il n'a pas le choix, il lui rest le coup d’œil européen seulement, il n'a pas d'autre... Les contemporains afrophiles qui réclament pour eux-mêmes la vraie, c.à.d. la solidaire et la compatissante perception de l'Afrique, le nieront avec véhémence... Dans leur perspective, les correspondants à l'étranger, les coopérants, les scientifique et autres visiteurs d'Afrique sont une sorte de cannibales moderne qui s'amusent de la misère de l'Afrique et qui ne se présentent pas autrement que les colonisateur, sauf qu'ils ne pillent pas de l'ivoire, du caoutchouc, du bous exotique ou des diamants mais font circuler de fausses informations, des mensonges honteux et des clichés inouïs... A l’aide de ça, ils fabriquent
l’image misérable de l’Afrique, car ils décrivent ce continent comme un continent des guerres et des putschs, des crises et des catastrophes, de la fuite des capitaux, de l’hygiène insuffisante, des maladies et des épidémies, de la corruption, de la criminalité, de la violence, de la pauvreté et de la sous-alimentation, de la polygamie...
De telles accusations finissent à un certain moment dans un rituel de l'auto-accusation collective, dans un sentiment de culpabilité finalement : le malheur des Africains a été causé par nous, les toubabs, les riches, les cultivés et lettrés, les colonisateurs éternels... Parce que nous vivons bien, tandis qu’eux, les Africain(e)s, végètent, nous sommes coupables. Comme un réflexe, toute critique, même la plus légère, à l’égard de la despotie africaine, des élites pillardes, ou des enfants soldats barbares, est accusée du racisme. Dans ce sens, les Africains sont toujours – c’est le ABC de la
political correctness – les victimes, jamais les malfaiteurs... Ils sont corrompus parce que nous les avons corrompus, et les dysfonctionnements désastreux sont dûs bien sûr à de sombres pouvoirs externes en Europe et ailleurs...
De plus, le modèle malfaiteur/victime ne convient pas si les Africain(e)s dénoncent la misère africaine comme étant provoquée par eux/elles-mêmes (p.ex. Axelle Kabou/
Sénégal par son traité «
Et si l’Afrique refusait le développement ? »). Les Africains traitent leurs propres gens, les détracteurs africains autant que le font les souverains absolus avec leur opposition : ils les pestent d’être des sbires des toubabs...
Quelle vengeance perfide de l’histoire coloniale !!! Dans une telle mentalité se révèle le mépris le plus profond qu’on puisse manifester aux Africains. On ne les croit pas capables de penser de façon indépendante...
Donc, d’un côté, nous avons les négateurs et ceux qui refoulent : « Ce n’est pas si grave ! », ou « Ce ne sont que les médias qui exagèrent. » Ils aiment couper que des millions d’Africain(e)s souffrent des guerres et de la violence, de la pauvreté et de l’expulsion, etc. etc., que l’Afrique comporte, par la comparaison mondiale, des conditions d’existence les plus misérables ainsi que l’espérance de vie la plus faible, que l’Afrique est le seul continent dont l’état total s’aggrave constamment depuis des décennies, il faut le souligner, avec notre concours très fort...
D’un autre côté, nous avons les borgnes et les défaitistes : ils ont su depuis toujours que l’Afrique ne devenait rien de sensé, jamais, car l’Africain est selon sa race « primitif, incapable, arriéré, pas assidu, superstitieux, médiocre et même paresseux » (fondement philosophique de l’idéologie coloniale [jetté par G.W.F. Hegel], dont s’est servi à part Sarkozy dans sa conférence à
Dakar/
Sénégal aussi). Des gens comme ça repoussent toute pensée critique sur les suites dévastatrices de la mondialisation pirate de l’Occident qui mène l’Afrique dans le sous-développement depuis des siècles. Traite des Noirs et colonialisme ?! Prescrits depuis longtemps ! L’injustice du commerce international et le diktat d’adaptation structurale du côté de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) ?! Des chimères gauches ! A la fin, on se fourre dans le pétrin et n’a qu’apparemment le choix entre ces deux extrêmes si l’on s’embarque dans l’Afrique...
Mais pourtant, merci à Dieu !, hors de ces deux extrêmes, il y a une autre façon de voir vis-à-vis l’Afrique, à savoir
la rencontrer, de façon critique, sans la condamner, de façon optimiste, sans la transfigurer. Par ce moyen, j’ai confirmation de mes quelques doutes et de mon déchirement ainsi que de
mon amour inébranlable pour l’Afrique et ses peuples, notamment ceux au Mali...
Ce continent ne laisse aucun répit à quelqu’un : il dérobe l’espoir aujourd’hui, il donne de la nouvelle confiance demain, suffisament souvent qu’il me rend perplexe, et parfois furieux. Mais à peine crois-je avoir compris quelque chose, il me pose une nouvelle énigme... Vraiment, l’Afrique ne laisse personne indifférent. Une douche écossaise des émotions dans laquelle il nous plonge.
Malgré maintes infos d’horreur via les médias, et en me limitant à l’Afrique de l’Ouest francophone, mon coin préféré, je t’assure que... le Mali est un pays sûr (malgré des émeutes intermittentes au nord), le
Burkina Faso est un pays sûr, le
Niger est un pays sûr, le
Sénégal est un pays sûr, le
Togo est un pays sûr,
le Bénin est un pays sûr, le
Cameroun [franglophone] est un pays sûr, etc. etc. (ne prenons pas ici en considération la
Côte d’Ivoire, à une drôle d’instabilité politique en ce moment)...
hgb