L’Alchimie qui nous construit....
Chap.2:
La peur voilà tout!
La quête du Fantasme est une remise en question qui ne soutient pas l'erreur, l'Alchimie est dévastatrice pour qui ressent la peur de l'échec!
Imaginez....
Imaginez la terrible sentence d'un homme, qui se perdrait à chercher les connections, les moyens, la direction d'une Vie fantasmée, d'une Vie meilleure à laquelle il n'ose croire puisque "Monsieur Quidam" lui avait bien dit que cela était impossible.
Avant même d'avoir osé y songer, cet homme c'était déjà coupé les ailes pour ne pas avoir à s'envoler du nid.
Le voilà frustré, voire en colère contre lui-même, aigri peut-être après quelques années.Alors pourquoi un autre que lui y parviendrait?
" Comment?! Cet être est en quête d'Alchimie?Impossible!!Et si il y parvenait....ne viendrait-il pas, devant moi, brandir le miroir de mes échecs passés?Intolérable!!!Cet être est un utopiste!!!Que la Société m'en soit témoin!!"
Accepter le rêve, c'est épouser la marginalité...
Non...Il me faut autre chose....
Quelqu'un qui connaisse les lagons, les cocotiers et les volcans.Lui a déjà fait leur rencontre...
Et puisqu'il vit ce que je désire, peut-être pourra-t'il m'aider....
Il me faudra donc partir plus loin...bien plus loin....
Escale numéro Une: Madagascar.
Étrangement, pour cette première escale, ce n'est pas moi qui ai décidé de la destination.Mon esprit était bien trop occupé a divaguer dans mon désert affectif pour choisir lui-même l'instrument qui servirait à assouvir ce fameux fantasme à l'origine de mon envie d’exotisme.
C'est une rencontre;bonne ou mauvaise, ça, la question se posera jusqu'à ma Fin, même lorsque ma Forêt sera dense et épaisse;qui posa la première pierre à l'édifice.
je n'avais aucune idée du pourquoi du comment de ce pays, pas même de sa position sur la planisphère, juste que c'était une île se situant sous les tropiques, lesquels?Peu importait...L'essentiel était de partir, on avait choisi pour moi, ma décision était prise le temps de dire:"Ok je viens".
Un jour d'Octobre 1999.Au loin se dessine une piste où atterrir.
Les temps modernes ont rendu le Fantasme bien plus accessible, plus court, on a inventé de grosses machines volantes, bruyantes, polluantes aussi, mais ça, mieux vaut ne pas trop y songer.
Jadis, peut-être quelques 2 mois m'eut été nécessaire en bateau pour arriver à destination et cela aurait constitué déjà une grosse partie du voyage.Le cheminement eut été alors plus lent, permettant ainsi au cerveau de s'adapter au fur et à mesure, créant ainsi une excitation, qui, à quelques encablures du port, attendrait son paroxysme.
Non....De nos jours nous sommes à l'heure du "choc thermique", et l'on a qu'une hâte, celle de sortir de cette carlingue métallique qui nous a certes transporté, mais uniquement sur le plan physique.
L'Esprit lui, n'aura sa récompense qu'une fois le pied posé sur le sol convoité
Un jour d'Octobre 1999.Atterrissage, "Choc thermique" n°1 en phase d'approche.
Instrument du délit:l'aéroport international d'Antanarivo, Antananarive ou
Tana pour les intimes.
" Choc thermique" n°1 en cours de traitement.
A 13 000Km de ce que je croit être chez moi, les choses sont bien plus différentes que ce que je les avais imaginées.
Instant....
Dans mon cortex mémoriel, la scène est figée et en noir et blanc.Un peu comme ces photos-reportages que l'on peut trouver dans les magasines d'investigations: une foule, les bras tendus vers moi, la salle de débarquement est pleine à craquée, une bonne centaine de paire d'yeux d'un blanc marqué me fixe me laissant deviner une attente de leur part mais étrangement, je décèle rapidement ce qui me parait-être une sorte de rituel...
Prêt-à parier que ces mêmes yeux fixeront ainsi le prochain homme blanc qui passera la porte.
Résumons:
Une foule en délire, de là où je viens, ce n'est pas normal, alors...Alors la peur commence a me susurrer à l'oreille, mais qu'importe leurs demandes, je n'ai pas fait tout ce chemin pour m’arrêter là, alors:"Laissez-moi passer!!"
Le son se joint petit-à-petit à l'image, ça cri fort, je ne suis pas certain d'ailleurs de tout comprendre.Ma seule préoccupation à présent étant de me frayer un sauf-conduit pour poursuivre mes bagages que l'on m'a soudainement arraché des mains.
Sans nul doute que de là où je viens, cela ressemblerait à s'y méprendre à un vol, alors...Alors la peur me cri aux oreilles mais qu'importe, je n'ai pas fait tout ce chemin pour m’arrêter là, alors "LAISSEZ-MOI PASSER VOUS-DIS-JE!!!"
Ce n'est pas de cette façon que devait se commencer mon Fantasme, mais à quoi bon lutter, je ne suis plus chez moi, le temps du contrôle et du paramétrage est révolu, faisons place désormais à l'intuition et à l'improvisation.Ma réaction se doit d’être immédiate sous peine de voir s'envoler mes doux rêves fantasmés.
Comme un film au ralenti, j'essaye de comprendre.Se sentir seul au beau milieu de tant d'individus relève de l'exorcisme.
Cela fait beaucoup de rencontres en une seule fois, je n'en demandais pas tant, mais focalisons-nous nous plutôt sur les bagages:ne surtout pas les perdre de vue, après tout, ils ne représentent ni plus ni moins qu'un bocal en verre dans lequel j'aurais soigneusement rangé un peu de ma Terre natale faite de ces choses bêtement anodines mais qui constituent pour le moment le seul lien qu'il me reste avec mon lointain chez moi:
"Mes affaires!!!"
Je sais que lorsque l'on prépare son sac, l'on y entasse une ribambelle d'objets baissements matériels que l'on emporte dans un but purement pragmatique.Mais en quelques secondes, la magie d'une foule en délire au comportement totalement abstrait puisqu'aux antipodes de nos habitudes aseptisés et bienséantes, a balayé et emporté avec elle mes seuls repères devenus alors hautement symboliques..
"Mes bagages!MES BAGAAAGES!!!!"
Un jour d'Octobre 1999.
Ma jeune vie commence déjà a changer.Cela ne fait pourtant que quelques minutes que ma carlingue métallique a posé ses roues sur le tarmac et voilà déjà les prémices du bouleversement.
Explication:
Sortie de la cohue, mes effets personnels m'attendaient simplement sur le toit d'un taxi dont le propriétaire s'était avéré plus tenace que ses congénères.L'étonnement toucha plus mon cœur que l'esprit.Me voilà face à ces démons avec lesquels le monde occidental a si bien sut me formater.J'ai nommé méfiances et préjugés.Première rencontre, non pas humaine mais conceptuelle:
Les choses ne sont pas forcement ce qu'elles paraissent...
Mais méfions-nous quand-même....
A suivre...