| Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Hery · 22 juillet 2008 à 2:05 80 messages · 9 participants · 12 300 affichages | | | | 22 juillet 2008 à 2:05 Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 1 de 80 · Page 1 de 4 · 6 768 affichages · Partager « Allemand », c’est quoi ?!
Présentation du best-seller « Les Arpenteurs du monde » (titre original : « Die Vermessung der Welt », Mesurer le monde) de Daniel Kehlmann, voix jeune (33 ans) et prometteuse de la littérature allemande :
Le roman raconte les biographies de deux savants allemands du XIXe siècle, le aventurier-géologue-botaniste Alexander von Humboldt et l’astronome et génie des mathématiques, Carl Friedrich Gauß. Deux personnalités qui ne pourraient être plus différentes : l’une quitte la vie bourgeoise, se fraye un passage à travers la forêt vierge, trouve des monstres marins et des cannibales, navigue sur l'Orénoque, goûte des poisons, compte les poux sur la tête des indigènes, gravit des volcans, et il n'aime pas les femmes ; l’autre, Gauß, étudie la probabilité, calcule l’orbite de la planète Cérès, préfère la vie bourgeoise et goûte celle d’un scientifique obsédé des nombres et formules (même dans la nuit de noces, il descend de sa mariée pour noter une formule mathématique qui lui est venu tout à coup à l’esprit), fonde une famille (même s’il ne s’intéresse que peu pour elle), et il a horreur de voyager. En relatant les épisodes marquants de la vie de l’explorateur et du mathématicien, Kehlmann peint ainsi deux caractères avec toutes leurs forces et leurs faiblesses qui peuvent être interprétés comme des caractéristiques typiques de la Créature nationale allemande. Cette déconstruction pleine d’esprit du sublime, qui du classicisme à aujourd’hui parcourt l’histoire allemande comme un fil rouge, n’a cependant rien d’irrévérencieux, pas du tout. Cet œuvre de Kehlmann n’est pas un roman historique, plutôt une satire au Classicisme Allemand et notamment à la Nature Allemande, question qui m’intéresse moi-même depuis mon adolescence...
En référence à ce forum de voyage, il m’importe de vous présenter une petite phrase issue de ce roman, et qui m’est restée gravée dans la mémoire : Wer weit reise,..., erfahre viele Dinge. Ein paar davon über sich selbst (p.180). Qui voyage beaucoup,..., apprend beaucoup de choses. Et quelques-unes d’entre elles sur soi-même.
Pour conclure, une petite scène (et évocatrice ?) : Humboldt demande à Bonpland, son assistant français s’il n’a jamais lu Kant. Bonpland lui répond : « Un Français ne lit pas d’étrangers » (p.48)*. Chers Français et Françaises, puis-je vous demander de réfuter votre compatriote B. (il était de La Rochelle) ?! Pleasure guaranteed !!!
hgb
* les indications de page font référence à l’édition de poche allemande (mars 2008). | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Hery · 22 juillet 2008 à 9:04 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 2 de 80 · Page 1 de 4 · 6 747 affichages · Partager Hallo hery,
" Pour conclure, une petite scène (et évocatrice ?) : Humboldt demande à Bonpland, son assistant français s’il n’a jamais lu Kant. Bonpland lui répond : « Un Français ne lit pas d’étrangers » (p.48)*. Chers Français et Françaises, puis-je vous demander de réfuter votre compatriote B. (il était de La Rochelle) ?! Pleasure guaranteed !!! "
Je réfute, hery, je réfute...
J'aurais répondu oui à la question de Humboldt. J'aurais précisé que j'ai lu "Fondation de la métaphysique des moeurs". J'aurais ajouté que ce fut certes très intéressant, mais tellement difficile que je tourne depuis autour de la "Critique de la raison pure" en me disant "Oui...je vais peut-être attendre un peu..." 
Sinon, pour battre en brèche l'affirmation du Charentais, je dois lire à peu près 80 %, sinon davantage, d'auteurs non Français.
Catherine | | | À: Anàssa · 22 juillet 2008 à 9:50 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 3 de 80 · Page 1 de 4 · 6 729 affichages · Partager Bonjour Catherine,
oui, j'ai perçu avec joie ta réfutation... Tu as raison, lire Kant (il apparaît au livre de Kehlmann), c'est du pain dur ( hartes Brot) comme on dit chez nous. Mais la "Critique de la raison pure" est un must, ou presque... !
Je crois que c'est très important de lire aussi des livres non-allemands (dans mon cas) ou non-français (dans ton cas)... Quant à moi, c'est 50 : 50... Il y a des auteurs extra qui écrivent en allemand (Martin Suter, Elfriede Jelinek, Michael Roes dont le roman Rub’ al-Khali – Leeres Viertel est gigantesque) mais aussi des auteurs non-allemands (j'aime par exemple Fred Vargas)...
Par exemple, pour le moment, je lis - entre autre - "La brèche" de Claude Lefort (essais sur le Mai '68 en France, sujet qui m'intéresse depuis longtemps) et "Le diable de Milan" de Martin Suter, policier psycho...
Bonne journée, hgb | | | À: Hery · 22 juillet 2008 à 10:08 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 4 de 80 · Page 1 de 4 · 6 719 affichages · Partager ...
" Je crois que c'est très important de lire aussi des livres non-allemands (dans mon cas) ou non-français (dans ton cas)... "
Amos Oz a écrit un très beau texte sur l'intérêt de lire de la littérature étrangère, en voici une copie :
" Si vous vous payez un billet d’avion et vous rendez dans un autre pays, vous pourrez voir les montagnes, les palais et les places, les musées, les paysages et les sites historiques. Si la chance est de votre côté, vous aurez peut-être l’occasion de discuter avec quelques habitants de là-bas. Après quoi, vous rentrerez chez vous, avec une collection de photographies et cartes postales.Mais si vous lisez un roman, vous vous payez en réalité un billet d’entrée dans les labyrinthes les plus secrets d’un autre pays et d’un autre peuple. Lire un roman, c’est s’inviter au domicile d’autres gens et visiter tous ses recoins.Touriste, peut-être aurez-vous l’occasion de vous trouver dans une rue quelconque, de contempler une maison du vieux quartier de la ville et d’apercevoir une femme qui regarde par la fenêtre. Puis, vous tournerez les talons et poursuivrez votre chemin.Lecteur, vous ne contemplerez pas seulement cette femme à sa fenêtre, vous serez avec elle, dans sa chambre, voire dans sa tête.Quand on lit un roman d’un autre pays, on se trouve en réalité invité dans le salon d’autres gens, dans la chambre de leurs enfants, dans la pièce où ils travaillent, et même dans leur chambre à coucher. On visite leurs douleurs secrètes, leurs réjouissances familiales, leurs rêves.C’est pourquoi je crois que la littérature peut jouer le rôle de pont entre les peuples. Je crois que la curiosité est une valeur morale. Je crois que la capacité de se représenter l’autre est un vaccin contre le fanatisme. La capacité de se représenter l’autre ne fait pas seulement de vous un meilleur homme d’affaires, un meilleur amant ; elle fait de vous un être humain encore plus humain. "
Catherine | | | À: Anàssa · 22 juillet 2008 à 10:43 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 5 de 80 · Page 1 de 4 · 6 704 affichages · Partager Lire un roman, c’est s’inviter au domicile d’autres gens et visiter tous ses recoins.
Quand on lit un roman d’un autre pays, on se trouve en réalité invité dans le salon d’autres gens, dans la chambre de leurs enfants, dans la pièce où ils travaillent, et même dans leur chambre à coucher. On visite leurs douleurs secrètes, leurs réjouissances familiales, leurs rêves.
Cette image me plaît beaucoup... on se trouve en réalité invité dans le salon d’autres gens. Il y a quelques semaines, j'ai lu l'auto-biographie intitulée Am falschen Ort de Edward W. Said (devenu fameux par "Orientalisme" mais pour moi, c'est Culture and Imperialism, son chef-d'oeuvre !). Il était palestinien (mort il y a quelques années), et en lisant ce livre, je me sentais invité constamment dans son domicile... J'ai appris beaucoup sur l"Etre palestinien" (et plus qu'un livre spécialisé sur l'islam ou sur le Proche Orient pourrait me livrer)...
Bonne journée, hgb | | | À: Hery · 22 juillet 2008 à 15:35 · Modifié le 22 juil. 2008 à 16:20 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 6 de 80 · Page 1 de 4 · 6 679 affichages · Partager Ciao again,
Oui, Oz évoque le roman mais l'autobiographie aussi, bien sûr. (je ne savais pas que Saïd en avait écrit une, je ne le connais que pour certains de ses articles) J'ai désespérément couru les librairies de Bordeaux la semaine dernière à la recherche de celle de Canetti, sans succès. Tant pis, je me réjouis à la perspective de lire les autres oeuvres que j'ai pu me procurer de cet auteur bulgare, turc, britannique, polyglotte d'expression allemande... D'ailleurs je retourne me plonger dans Masse und Macht (traduction française) !
Catherine
PS : t'es un peu gonflé pour ta signature : sur un forum francophone tu pourrais quand même laisser à Leiris sa langue originale | | | À: Anàssa · 23 juillet 2008 à 1:31 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 7 de 80 · Page 1 de 4 · 6 649 affichages · Partager Chère Catherine,
je viens de visiter www.amazon.fr , et voilà... L'autobiographie d' Edward W. Saïd est traduite en français. Son titre : A contre-voie : Mémoires (Broché)...
www.amazon.fr/...216766535&sr=8-2
Saïd est un homme très intéressant, controversable mais intéressant. Je connais ses articles politiques publiés au Monde Diplomatique... et, bien sûr, Kultur und Imperialismus (Culture and Imperialism). Il y a quelques années, la faculté des ethnologues/africanistes à l'Université de Mayence a offert un séminaire " Culture and Imperialism "... Je te dis, la participation des étudiant(e)s était fulminante !
L'autobiographie de Canetti (éditée en Allemagne) existe en quatre volumes :
Die gerettete Zunge ; Geschichte einer JugendDie Fackel im Ohr ; Lebensgeschichte 1921-1931Das Augenspiel ; Lebensgeschichte 1931-1937Party im Blitz ; Die englischen Jahre
Oui, Masse et Puissance, son oeuvre la plus fameuse. Je ne l'ai pas lue...
Demande privée : j'avoue, c'est une honte de ne pas savoir où se trouve la Gascogne... Je crois qu'elle est n'importe où au sud de la France. Bordeaux, Toulouse, Perpignan ?! Peut-il se faire qu'une aventure d'Astérix et Obélix joue en Gascogne ?! Je ne suis plus sûr...
Buonanotte, hgb | | | À: Hery · 23 juillet 2008 à 9:53 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 8 de 80 · Page 1 de 4 · 6 639 affichages · Partager Guten Morgen hery,
Merci pour la référence, elle m'intéresse d'autant plus que j'ai lu beaucoup de littérature israélienne, et en lis encore à l'occasion de nouvelles parutions, mais très peu de livres écrits par des Palestiniens (la pile de livres "à lire" augmente beaucoup plus vite que la pile de livres lus, je ne réussis pas à maintenir l'équilibre  ).
Je devrais trouver les 4 volumes de l'autobiographie de Canetti en italien (je souhaitais dans un premier temps me procurer l'édition française parce que je m'efforce de maintenir une proportion moitié français-moitié italien dans mes langues de lecture, mais là j'ai fait le plein de livres écrits en français, je peux revenir à l'italien).
Il est trop tôt pour que je puisse te parler (si cela t'intéresse) de Masse et Puissance, je n'en ai encore lu qu'un cinquième.
Quant à la Gascogne, c'est ce territoire délimité au Nord et à l'Est par la Garonne, au Sud par les Pyrénées et à l'Ouest par l'Océan Atlantique.
Buona giornata,
Catherine | | | À: Hery · 23 juillet 2008 à 21:09 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 9 de 80 · Page 1 de 4 · 6 618 affichages · Partager Hery my Dear,
On en avait déjà parlé à Pâques, tu te souviens ?
Stell Dir vor ! Je n´ai pas changé d´avis depuis. En 2008, c´est un des plus beaux plaisirs de lecture allemande. Je ne suis pas férue de biographies, ni même d´ouvrages scientifiques, mais j´ai été enchantée par « die Vermessung der Welt ». D´une part parce que l´auteur est un beau gosse munichois (il n´y pas que des Souabes chez les surdoués !) ; d´autre part, parce que contrairement à ce qu´on pourrait croire -a priori- l´histoire parallèle de ces deux scientifiques allemands n´a rien de rébarbatif ni d´aride. Au contraire, on plonge dans cette aventure de façon savoureuse et pétillante. Kehlmann porte un regard subtil et ironique sur la vie de ses deux grands esprits dont les destins viennent à se croiser, parfois de façon loufoque. Il est vrai qu´après avoir lu le passage dans lequel le matheux Gauß se relève, au cours de sa nuit de noces... pour noter une formule savante (!), je me suis sentie confortée dans mon idée que briller en géométrie dans l´espace n´est pas forcément un Plus dans la vie.
Merci Hery, les auteurs allemands sont à découvrir et à lire ! Je rajouterais Hans Fallada (« seul dans Berlin » ; sinon, je ne suis pas certaine que « ein Mann will nach oben » soit traduit en français) et Dieter Wellershoff (Der Liebeswunsch, « le désir d´amour » en français). | | | À: Glatch · 24 juillet 2008 à 1:47 · Modifié le 24 juil. 2008 à 2:22 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 10 de 80 · Page 1 de 4 · 6 602 affichages · Partager Bonsoir,
On en avait déjà parlé à Pâques, tu te souviens ?
Non, si l'on en a parlés, la conversation devrait avoir été assez unilatérale... j'ai fini la lecture dernier dimanche. On a parlés de Suter, parce que j'étais si enthousiaste de "Lila, Lila", la plus belle histoire d'amour lue depuis longtemps... Non ?! Et toi, tu m'as parlé de son nouveau roman, "Weynfeldt"... et on s'est lancé des citations, moi de "Lila, Lila", toi de "Weynfeldt"... Les tiennes m'ont fait rougir ! Ce sont mes! souvenirs...
un beau gosse munichois qui vit à Vienne ! "Munichois", c'est tant une griffe que "souabe"... ?! NON !!! Munichois, c'est,... bon, Karl Valentin, Patrick Süskind (!!!) et ce Kehlmann mais côté souabe, c'est Hölderlin, Mörike, Uhland, SCHILLER, Wieland, Hauff, Walser (würg !), et même un peu Bertolt Brecht (né à Augsburg, capitale de la Souabe bavaroise), haaaa... c'est une autre dimension !
"ce Kehlmann", mais non, il est super...
(il n´y pas que des Souabes chez les surdoués !)
Désolé, ma chère, après mon fauxpas d'hier, je ne suis pas bien disposé pour ça !
ses deux grands esprits
Personnellement, Gauß me plaît beaucoup plus que Humboldt. Les épisodes avec Gauß sont par endroits hilarantes, pour se boyauter... Gauß, il est si capricieux. Génie et folie ! Premier chapitre : Gauß ne veut pas quitter le lit pour voyager à Berlin mais sa femme reste tenace, et de ce fait, il la maudit. Magnifique !... Et les dialogues avec son fils, Eugen, qu'il traite comme un idiote... Et en voyage, il lit dans un livre du Turnvater Jahn, et après quelques moments, il le jette tout de go de la fenêtre... J'ai si ri !
hgb | | | À: Glatch · 24 juillet 2008 à 2:11 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 11 de 80 · Page 1 de 4 · 6 544 affichages · Partager Pardon, encore une fois...
Episode de sa scolarité (exercice de calcul = addition de tous les nombres de 1 à 100). Gauß l'a solutionné après quelques minutes, comme ça :
1 + 100 = 101 2 + 99 = 101 3 + 98 = 101 4 + 97 = 101 ... 47 + 54 = 101 48 + 53 = 101 49 + 52 = 101 50 + 51 = 101
= 50 x 101 = 5.050
Génial !
hgb | | | À: Anàssa · 24 juillet 2008 à 2:57 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 12 de 80 · Page 1 de 4 · 6 538 affichages · Partager Chère Catherine,
mais très peu de livres écrits par des Palestiniens
J'ai lu il y a longtemps Emil Habibi, "Der Peptimist", édité chez Lenos, maison d'édition suisse... Beaucoup d'auteurs palestiniens sont traduits en allemand ! Si en français ou en italien, désolé, je ne sais pas.
Quant à la littérature israélinne, je ne connais que peu. J'ai lu un policier de Batya Gur, et autant que je sache, j'ai lu il y a longtemps qqc de David Grossmann, mais je ne sais plus quoi, sorry...
Lis-tu des Américains ?! DeLillo (Falling Man), Pynchon (!!!!!!!!!!!!!!!), Gaddis (Die Fälschung der Welt, Das mechanische Klavier), Boyle (Water music)... Des géants de la littérature !
Buonanotte, hgb | | | À: Hery · 24 juillet 2008 à 10:19 · Modifié le 24 juil. 2008 à 10:57 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 13 de 80 · Page 1 de 4 · 6 524 affichages · Partager Buongiorno caro nottambulo,
Oui Habibi est traduit en français, et d'autres aussi, Azmi Bishara, Sahar Khalifa... Mais je n'ai lu que Mahmoud Darwich, sans vraiment accrocher, sa poésie me reste très hermétique, et Anton Shammas, qui n'est pas palestinien mais un de ceux que l'on désigne comme Arabe d' Israël. Son "autobiographie déguisée en roman", Arabesques, se déroulant entre Israël, Paris et l' Iowa, m'avait bien plu.
Batya Gour, jamais lu ; je dois dire que je ne suis pas du tout accessible au genre policier. Mais Grossman... ah, Grossman. Je suis follement amoureuse de David Grossman... il m'émerveille... je ne sais pas comment un homme peut être aussi écorché et préserver toutefois autant de tendresse. J'ai tout lu (sauf Le sourire de l'agneau), romans et essais. C'est une passion houleuse ; il m'arrive parfois de fermer rageusement le livre, le souffle court, terriblement irritée parce qu'il est allé trop loin, trop profond dans les affections humaines-celles que l'on pressent mais sur lesquelles on s'empresse de couler une chape de plomb, qu'il confine à la folie, que personne n'a le droit d'infliger une tel choc à sa lectrice. Puis je me calme, accepte, et m'abandonne à l'extraordinaire sentiment de sérénité qui m'envahit alors. Je lui fais désormais une confiance aveugle, je sais que j'en sortirai, quelle que soit la douleur, plus vaste, plus humaine. J'aime beaucoup Oz aussi (lu l'intégrale). Fima, personnage principal de "La troisième sphère", cet "homme bon qui ne peut rien faire de bon" m'a touchée et beaucoup fait rire ; "Seule la mer" est une merveille, un lumineux et serein poème en prose ; et son autobiographie, "Une histoire d'amour et de ténèbres" m'a amenée à changer beaucoup de choses, figées à l'adolescence, dans ma vision d' Israël. Abraham Yehoshua me séduit moins.
La littérature américaine... Hum... il me faut reconnaître que mon éducation gauloise m'a longtemps cantonnée dans une défiance primaire. J'ai fini par me laisser tenter par le "Colosse de Maroussi", livre de Miller dédié à la Grèce (mais seulement grâce à l'intercession de Durrell, hein). Passé les premiers ricanements (faut quand même être un Américain mal dégrossi pour comparer le théâtre d'Epidaure à un bol !), je dois dire que sa perception de la Grèce m'a convaincue. Je le sens probablement plus proche de ce pays que certains de nos intellectuels confits dans une dévotion inhibitrice. J'ai poursuivi avec ses autres oeuvres, sans être déçue. J. Irving, un livre et adieu, je me suis beaucoup ennuyée et ne l'ai fini que par principe. P. Roth, oui, et j'en redemande. "La tache" et "Pastorale américaine" m'ont plu. " le salon, la chambre de leurs enfants, la pièce où ils travaillent, et même la chambre à coucher" des Américains qu'il décrit m'a beaucoup intéressée, je n'imaginais pas ainsi (je n'imaginais rien, pour être franche). Je me promets de lire progressivement, de temps à autre, ses autres ouvrages. Je ne connais pas les auteurs que tu cites  , sauf DeLillo (de nom) et Boyle, dont le "Water Music" trône sur ma table de chevet dans ma pile de livre à lire. Cela sera fait dans les six mois qui viennent.
Have a nice day,
Catherine | | | À: Anàssa · 25 juillet 2008 à 1:29 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 14 de 80 · Page 1 de 4 · 6 485 affichages · Partager Hei cara dormiente,
vraiment, le nottambulo est encore revenu... Et je vois, tu es une passionnée de Grossman et Oz. Lire Oz, ça vaut le coup ?!
Les Américains... Bon, Philip Roth, j'ai lu beacoup de lui (Portnoys Complaint, I married a Communist, The Counterlife, My Life as a Man, The Great American Novel, The Human Stain, American Pastoral*) mais entre-temps il me fatigue trop. Il m'énerve, toujours le même sujet. Fini !
Falling Man de Don DeLillo traite le 9/11, très intéressant. Mais il faut lire aussi Mao II et Cosmopolis. Superbe. Pynchon est mon no.1 !!! Hier, j'ai oublié un autre géant américain, Herman Melville ( Mardi, Moby Dick, Billy Budd). Je suis branché sur lui aussi...
Chère Catherine, amuse-toi bien à lire Water music de Boyle (c'est promis)... Tu vas visiter le Mali et voyager au fleuve Niger (le roman raconte les deux voyages de découverte en Afrique de l'Ouest de l'Ecossais Mungo Park pour y explorer le cours du fleuve Niger). Un roman fulminant, rigolo, éloquent. Le pur plaisir !
Buonanotte & Sogna bene, hgb
* tous en allemand. | | | À: Glatch · 25 juillet 2008 à 2:12 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 15 de 80 · Page 1 de 4 · 6 482 affichages · Partager Bonsoir cara dormiente (comme Anàssa aussi),
tu es déçue par mon statement anti-munichois ?! Ce n'est pas nécessaire (j'ai blagué un peu, c'est tout). Crois-moi, à dire vrai, j'aime Munich et aussi les Munichois (sauf la Schickeria de Schwabing); cela ne m'empêche pas de me moquer de loin en loin de l'exotisme bavarois. Et j'aime surtout la vieille culture des Münchner Volkssänger : intimité surnoise, anarchie, rage folle et passion illimitée de Munich. Magnifique ! Les quelques protagonistes : Karl Valentin, Liesl Karlstadt, Weiß Ferdl (tu as certainement écouté sa chanson « Linie 8 », très connu, très populaire, à Munich et ailleurs) et beaucoup d’autres. Du dernier, il existe de nombreuses chansons populaires d’exception, dont « I woaß net wia ma is ! »* : là, un Weiß Ferdl (à une voix plaintive) incarne un homme mélancolique qui se sent mal sans savoir pourquoi, ce qui a pour conséquence qu’il ne peut prendre la décision de faire l’un ou l’autre. Je la dédie à une charmante Franco-Munichoise (supposant qu’elle comprend bien l’idiome munichois ; mais c'est indubitable), voilà...
I woaß net wia ma is ! (Weiß Ferdl, 1928 env.)
1er couplet :
I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is ! I biin net grang, I biin net gsund. I hob an Grang und woaß koan Grund. I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is !
2e couplet :
I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is ! Soll e a Bia dringa oder an Wei Oder a Limonaad, ’s werd ’s gleiche sei ? I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is !
3e couplet :
I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is ! D’Rohkosd es gsund, des sell is gwiis. Aber a Schweinsbrat’ hod an bessern Biss. I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is !
4e couplet :
I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is ! Solle mr aaschaun heid an Baarsewal ? Oder gehn e liaba zum Fuaßball ? I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is !
5e couplet :
I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is ! Schoffa ma heid doch no a Madl oo ? Oder hear e ma liaba an Raadio oo ? I woaß net wia ma is ! I woaß gar net wia ma is !
6e couplet :
I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is ! Solld e an Schwarzn wöehln oder an Kommunist ? Oder foar e an dem Dog liaba Misd ? Iiii woaß net wia ma is ! Iiii woaß gar net wia ma is !
7e couplet :
I woaß net wia ma is ! I woaß net wia ma is ! Drum hob e an Dogda Zeileis gfrogd Där hod ma ’s jedsd ins Gsichd nei gsogd : « A Däpp bisd, dees is gwiis ». Jedsd woaß e wia ma is !
(du CD « München : Volkssänger . Rare Schellacks 1902 - 1948 ». Trikont Verlag)
Espérons que j'ai réussi à te persuader de mon sentiment affectueux pour Munich !
Bonne nuit, hgb
* par travail pénible, j'ai "transcrit" moi-même ce texte d'un CD copié... | | | À: Hery · 25 juillet 2008 à 11:03 · Modifié le 25 juil. 2008 à 13:03 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 16 de 80 · Page 1 de 4 · 6 455 affichages · Partager Ciao ciao hery,
" Lire Oz, ça vaut le coup ?! "
Ah ! quelle question !  Alors...je ne sais pas si ça "vaut le coup", je peux juste essayer de formuler ce que j'aime beaucoup chez cet auteur. Selon moi, c'est un observateur extrêmement précis du quotidien aussi bien dans sa dimension humaine que matérielle, qui pose sur ses congénères, sur leurs petits travers, un regard empli de bienveillance ; c'est en outre un homme qui aime les femmes, très sensuel. C'est très confortable de lire un livre d'Oz, la sympathie de l'auteur pour ses personnages est communicative, il n'y a pas de tension, il te procure une sensation de bien-être, il a l'art de te réconcilier avec tes défauts et ceux des autres.
Plus concrètement, parce que je sens bien que les lignes qui précèdent sont plus compréhensibles par quelqu'un qui a déjà lu Oz que par quelqu'un qui n'a aucune idée de ce qu'il écrit, quelques exemples sur les livres que j'ai cité dans mon précédent message, qui sont mes trois préférés.
" La troisième sphère" (dont j'ignore le titre allemand, il est possible qu'il soit assez différent, le titre italien de l'ouvrage étant "Fima") est centrée sur le personnage de Fima. C'est un petit employé à l'accueil d'une clinique (les brillantes études qu'il avaient entreprise aurait du lui permettre de faire tout autre chose), quinquagénaire divorcé mais qui désire toujours son ex-femme, Yaël, remariée et est très attaché au fils, surdoué, qu'elle a eu de son second mariage auquel il sert de baby-sitter à l'occasion. Il vit dans un appartement désordonné et sale, dans lequel sa maîtresse Nina, avocate et amie de Yaël, vient faire le ménage à l'occasion, a des visées sur une cliente de la clinique blonde pulpeuse et dépressive (car délaissée par son mari) avec laquelle il ne sait comment se débrouiller (il s'est posé en tant que confident, mais passerait bien à des relations plus charnelles, sans savoir comment s'y prendre). Il note tous ses rêves dans un carnet, écrit régulièrement des lettres aux journaux pour expliquer au gouvernement comment doit être géré le pays (si je me souviens bien, il les envoie rarement), et discute le soir, sur son balcon, avec Yoé'zer, qui habitera son appartement dans 100 ans. Un sympathique impuissant...
Un extrait (j'ai ouvert le livre au hasard) pour te donner une idée du style : " Cela fait (une douche), il s'en fut à la cuisine pour vider le cendrier. En ouvrant la porte du réduit, sous l'évier, il découvrit le cadavre de Trotski le cafard, les pattes en l'air, à côté de la poubelle débordante. Quelque chose l'avait tué. Mais quoi ? Il n'y avait pas eu de sévices. En outre, dans cette cuisine, on ne risquait pas de mourir de faim. Perplexe, Fima, se dit que la différence entre un papillon et un cafard était si mince qu'elle ne justifiait pas que l'un personnifia la liberté, la beauté, la pureté et l'autre le comble de l'abjection. De quoi était-il mort ? Fima se souvint que ce matin là, quand il avait failli l'écraser avec sa chaussure, l'insecte n'avait rien tenté pour échapper à son destin. Il devait déjà être malade. Et dire qu'il n'avait même pas essayé de l'aider ! Fima se baissa et le ramassa délicatement à l'aide d'un journal plié en entonnoir et, au lieu de le jeter aux ordures, il l'enterra dans le pot de fleur posé sur le rebord de la fenêtre, lequel ne contenait plus rien depuis des années. La cérémonie achevée il s'attaqua à la pile d'assiettes et de tasses sales qui encombrait l'évier. "..
" Seule la mer" est un ouvrage très différent, beaucoup plus polyphonique. Fait de très courts chapitres en vers libres où interviennent des citations bibliques. Inracontable...
Quelques extraits :
Résumé (c'est un chapitre -chant ?- placé au milieu du livre)
Pour récapituler, disons qu'il s'agit de l'histoire de cinq ou six personnages, pour la plupart encore vivants, qui s'invitent à boire les uns les autres, surtout glacé, parce que c'est l'été. Il leur arrive parfois de servir sur un plateau du vin accompagné de fromage, d'olives et de pastèques, voire de préparer une légère collation. On peut aussi envisager l'intrigue à la manière de triangles qui se recoupent. Rico, son père et sa mère. Dita et ses deux amoureux (Guigui Ben-Gal ne compte pas). Albert déchiré entre Bettine Carmel et son enfant épouse qui se balade dans l'appartement avec une simple chemise sur le dos. Et Bettine, entre Avram et Albert, une poire pour la soif. Quant à Doubi, il est coincé entre son désir pour Nirit et les semonces de sa charitable incarnation terrestre, à l'amour des femmes préférant les reproches pondérés d'un père. Entre son père et sa croix, Rico, qui se fourvoie en cherchant dans les montagnes sa mère voguant sur les flots, et aime Dita dont il n'est pas assez amoureux. Dita, qui l'attend toujours. Et tous naviguent entre les ombres. Y compris le narrateur, tiraillé entre le mystère et la farce. Cette trame ressemble au motif du rideau du nécromancien grec, mort en laissant derrière lui une femme-corneille. Elle n'a pas âme qui vive et sa trame a des relents de pourriture. Ainsi quelque part une ombre de profile aussi dans l'histoire.
Le processus de paix (chapitre suivant)
Hadramout. Sur sa carte figure une région de ce nom en Arabie méridionale, à l'est de Bab el-Mandeb. Le processus de paix nous permettra peut-être d'y aller. Mais qu'y a-t-il là-bas ? Des sables mouvants, le désert un repaire de renards. Et ici, dans ce temple abandonné ? Un moine bouddhiste solitaire, un vrai squelette qui sans un mot vous passe un bol de riz froid à travers le guichet et disparaît. Il n'ouvrira pas le portail : vous n'en êtes pas encore digne. En d'autres termes, le processus de paix est lent et difficile. Vous devez faire encore une ou deux concessions. Seule une question de vie ou de mort n'est pas négociable.
A midi, par un jour d'août torride (chapitre suivant)
Chez Guigui Ben Gal, rue Melchett. Elle couche encore une fois avec lui parce qu'elle s'apitoie sur elle-même. Pendant qu'il la tringle, elle pense à ce bon vieil Albert qui s'est échiné à lui trouver un studio rue Mazeh, du mauvais côté. D'une part, c'est une bonne nouvelle, mais de l'autre elle n'a pas la moindre envie de s'en aller : elle est bien chez lui, il est si attentionné, si dévoué, et tellement attendrissant avec ses regards voraces. La douceur de l'interdit. Ce Guigui est une vraie brute. Il baise comme s'il enfonçait un clou ou marquait des points. De toute façon on est toujours seul à la fin. Avec cette chaleur, mieux vaudrait être une nonne bouddhiste au Tibet
L'énigme du bon menuisier qui avait une voix de basse profonde (chapitre suivant)
En fait, c'étaient des parents éloignés, tous deux originaires de Sarajevo,....
Je ne vais pas non plus recopier le livre.  J'espère que cela donne une idée. Je l'ai tellement aimé qu'après avoir lu la version française, je me suis offert la version italienne, pour renouveler le plaisir.
J'arrête là (il faut que j'aille cuisiner), je ne sais pas si ce que je viens d'écrire est vraiment utile, évocateur d'une oeuvre, d'une pensée, d'une façon d'être et d'écrire.
Catherine | | | À: Anàssa · 25 juillet 2008 à 13:53 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 17 de 80 · Page 1 de 4 · 6 436 affichages · Partager Suite...
Je me rends compte que j'écris des messages très longs. C'est incroyablement difficile de tenter de faire saisir, ou même seulement approcher, une oeuvre...
" Une histoire d'amour et de ténèbres" est encore un livre différent, bien qu'il ait une certaine parenté avec les précédents, étant issu du même homme. Une autobiographie, donc.
Cette fois, je ne me fatigue pas (très mauvais de se fatiguer sur la digestion  ) et te propose un copié/collé de la quatrième de couverture : " Tu veux jouer à inventer des histoires ? Un chapitre chacun ? Je commence ? Il était une fois un village que ses habitants avaient déserté. Même les chats et les chiens étaient partis. Et les oiseaux aussi... " Le petit garçon qui joue ainsi à inventer des histoires à la demande de sa mère est devenu un grand romancier. Sa mère n'est plus là, mais il tient malgré tout à poursuivre la relation de l'existence tumultueuse de sa famille et de ses aïeux. Son récit quitte donc le quartier modeste de Jérusalem où il est né, remonte le temps, retourne en Ukraine et en Lituanie, et fait revivre tous les acteurs de cette tragi-comédie familiale, qu'ils soient prophète tolstoïen, séducteur impénitent, mauvais poète, kibboutznik idéaliste ou vrai savant. Leurs vies sont parfois broyées par la grande Histoire - l'Europe les rejette, l'Orient se montre hostile - et toujours marquées par leurs propres drames intimes, illusions perdues et rêves avortés. Au cœur d'une narration riche, d'une ampleur et d'une puissance romanesques jusque-là inconnues dans l'œuvre d'Amos Oz, la disparition tragique de la mère demeure la question à laquelle ce roman cherche une réponse. Une histoire d'amour et de ténèbres est un livre bouleversant où la vie d'un peuple et la vérité d'un homme se confondent."
J'ajoute juste un mot sur le passage qui m'a le plus marquée. C'est celui où il décrit le soir du vote à l'ONU qui décidera, ou non, de la création de l'Etat d' Israël : le silence absolu de cette multitude d'hommes, de femmes et d'enfants, suspendus aux postes de radio égrenant les votes un à un a quelque chose de saisissant.
Je me tais au sujet d'Amos Oz. A toi de juger si ça "vaut le coup".
Retour aux Américains  :
Comment peux-tu prétendre que Roth écrit toujours la même chose ? Je n'en ai lu que deux, certes, mais ils ne m'ont pas paru redondants. Le seul point commun que je leur ai trouvé est qu'il s'agit dans un cas comme dans l'autre, plus ou moins, de l'écroulement interne d'un homme. Les raisons en sont toutefois fort différentes, l'un (le Seymour Levov de Pastorale américaine) étant touché par sa fille, et l'autre (le Coleman Silk de La tache) ayant à gérer son secret.
Pour Boyle, bon, je me suis enfin décidée à investir (surtout du temps  ) dans Water Music. J'ai un peu de mal avec les auteurs non-africains qui parlent de l'Afrique. Quand tu as lu les ouvrages d' Hampaté Bâ et que tu te retrouves avec le Madame Bâ de jesaispluscommentils'appelle (un Français connu pourtant), pfffffff, c'est pâle, c'est à côté, ça ne fonctionne pas.
Bien, quand tu liras cette ligne, c'est que tu seras, héroïquement, arrivé au bout de mes messages fleuves, il ne me reste plus qu'à te souhaiter une gute Nacht und süsse Traüme.
Catherine | | | À: Anàssa · 26 juillet 2008 à 1:26 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 18 de 80 · Page 1 de 4 · 6 416 affichages · Partager Relancer :
Batya Gour, jamais lu ; je dois dire que je ne suis pas du tout accessible au genre policier.
Tu appartiens à ce monde qui croit que le genre de policier est une littérature de seconde qualité ?! Si oui, tu es victime d'une grave erreur ! O.k. il y a beaucoup du rebut dans ce genre (p.ex. souvent les policiers hard boiled sont bas de gamme) mais il y a aussi des policiers excellents, et je ne vois pas pourquoi un roman qui est compté parmi la littérature "sérieuse" est plus "précieux" qu'un policier bien écrit... Désolé !
Henning Mankell, c'est de la littérature. Autre bon exemple : Robert van Gulik dont les policiers du juge Di contiennent beaucoup de connaissance de la culture et histoire chinoises. Ils jouent dans l'époque Ming. J'ai lu tous les policiers de van Gulik... Ou Fred Vargas, Lawrence Block, Tony Hillerman, Jean-Claude Izzo, etc.
hgb | | | À: Anàssa · 26 juillet 2008 à 2:34 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 19 de 80 · Page 1 de 4 · 6 411 affichages · Partager Mia dormiente,
(tu rêves quoi à ce moment [02:16] ?)
il faut lire ton message en haut et on a lu les oeuvres complètes d'OZ, non ?!
J'ai déjà téléchargé (existe-il "downloader") ce message et vais le lire à la maison (je suis au centre de calcul de l'université qui est ouvert jour par jour jusqu'à 6h du matin)... Je suis sûr que cela me donne une idée !
Quant à Roth, bon, peut-être que je me suis mal exprimé... Portnoys Beschwerden m'a énervé beaucoup, aussi son langage souvent vulgaire. Ah, non... Le livre qui m'a plu le plus, c'était Mein Mann der Kommunist (J'ai épousé un communiste). Je suis rassasié de Roth.
Si tu dis J'ai un peu de mal avec les auteurs non-africains qui parlent de l'Afrique, je te comprends bien mais dans ce cas, tes doutes sont sans fondement. Le roman est une double biographie, celle de Mungo Park et celle de Rise, un petit looser... Water music joue en Ecosse et en Afrique de l'Ouest mais Boyle ne "parle pas de l'Afrique".
Quand tu as lu les ouvrages d' Hampaté Bâ et que tu te retrouves avec le Madame Bâ de jesaispluscommentils'appelle (un Français connu pourtant)
Je connais les quelques ouvrages d'Amadou Hampaté Bâ, grand Malien ( L'étrange destin de Wangrin; Oui, mon commandant !; Petit Bodiel; Kaidara; Amkoullel, l'enfant Peul) mais ce Français connu ?! Tu parles d'Erik Orsenna ?!...
Tu as lu quels Africains ?! (Si A.H. Bâ n'est pas dans ta liste, je suis vexé extrêmement et ne parle plus avec toi) (ha ha, je blague)
à te souhaiter une gute Nacht und süsse Traüme
Tu peux me donner une idée de qu (o)i [seule condition : féminine] rêver ?!
Bon week-end !
Buonanotte & Sogna bene, hgb | | | À: Hery · 26 juillet 2008 à 15:43 Re: Livre: "Les Arpenteurs du Monde" de Daniel Kehlmann (littérature allemande) Message 20 de 80 · Page 1 de 4 · 6 388 affichages · Partager Guten Tag mein lieber Freund der Literatur,
Bien, je mets les sonates pour piano et violoncelle de ce cher Ludwig et je te réponds...
Voilà... Adagio sostenuto...
Non, non, je n'ai jamais dit que les romans policiers étaient un genre mineur (tu penses bien que je n'aurais pas osé), j'ai dit que je n'y étais pas accessible, nuance... Disons que je suis un peu réfractaire à ce genre que je connais très mal : les Agatha Christie de l'adolescence, les Ellis Peters du temps où j'habitais au Moyen-Age, puis quelques Camilleri lorsque mes pas m'ont menée en Italie, mais avec moult difficultés dans ce cas, l'auteur truffant son texte d'expressions siciliennes qui me sont obscures. Je crois bien que j'ai fait le tour (ah non, il me faut ajouter un Simenon, premier et je dirais dernier, lu la semaine dernière), et j'ai bien conscience que c'est très maigre.
Je crois que mon manque d'intérêt, basé sur les exemples qui précèdent, vient de l'absence de surprise escomptée dans ce genre. Il va y avoir un détective et un crime quelconque que, bien entendu, l'enquêteur va réussir à résoudre (c'est caricatural comme vision ?   ). Tu peux me citer un roman policier où l'"énigme" n'est pas résolue ? Il en existe un où l'auteur du crime court toujours ? Mon attention de lectrice limitée se concentre sur l'intrigue et néglige le reste.
Tiens, les livres d'A. Camilleri, tu as la série des enquêtes de Montalbano, qui honnêtement ne sont pas mal, pleines d'humour, qui te donnent une bonne idée de la Sicile (ce sont des meurtres n'ayant rien à voir avec la mafia), bon, ok. Et du même auteur tu as "la Concession du téléphone", sorte de roman épistolaire où règne le quiproquo, délirant et loufoque. Là oui, tu te...comment tu dis déjà ? boyautes ? (je suppose qu'il s'agit du degré suivant "se bidonner", le rire ne s'arrêtant plus au ventre mais secouant les entrailles  ), tu souris de la première à la dernière page avec de véritables accès de rire sonore, ça finit par être douloureux pour les zygomatiques d'ailleurs.
Oui, si j'étais éternelle, je lirais aussi les romans policiers, mais dans ma triste condition d'éphémère je préfère me concentrer sur d'autres genres, en escomptant -peut-être à tord- plus de surprise, plus d'ouverture, un champ de possibilités plus ouvert.
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