suite.....
1. Le repérage sur carte topographique
Une carte de base pour de nombreuses professions est depuis longtemps le 7.5'
Quadrangle au 1/
24000 devenu un standard
Sur le terrain on devait normalement trouver – si le terrain avait été re-borné au XXème siècle une borne métallique de laiton gravé selon un code bien précis (
monument) marquant le coin NE du township et le coin NE de la section. Sinon c'était souvent selon les infos disponibles : à la boussole Brunton, au podomètre, au topofil ou mieux.... en suivant le guide ou le
surveyor.
En 2009 les
Quadrangles au 1/24000 passèrent à une production automatisée à partir de bases de données et un très minimun contrôle au sol. Avec un intervention humaine elle-même minimisée, divisant probablement le coût par 100. En même temps, la qualité graphique baissa, beaucoup de données humaines non numérisées et non présentes en base de données ainsi que la maille PLSS disparurent des cartes... ce qui entraîna nombre de réclamations et beaucoup de nostalgie d'autant que la
description légale de terrains
Land description
se fait traditionnellement avec le PLSS
Cette grille PLSS est en train de réapparaître dans les cartes les plus récentes (US Topo series) petit à petit :
Why are there no trails, Public Land Survey System (PLSS), powerlines, etc. on US Topos?
Mais il est toujours possible de commander les anciennes cartes, dites historiques, bientôt toutes numérisées, via
The National Map: Historical Topographic Map Collection
ou d'utiliser une ''map layer '' via
BLM GeoCommunicator
L'emboitement des cartes les plus utilisées étant celui du schéma joint
Ceci dit une nouvelle norme venue, comme d'autres innovations, des militaires, est arrivée :
The United States National Grid -
qui, contrairement au PLSS est à vocation universelle, d'expression métrique et s'écrit en alphanumérique
par exemple les coordonnées du Pentagone s'écrivent :
18SUJ22850705 (NAD83)

2. l'art agricole.. vu du ciel
la géométrisation des activités agricoles dans les régions PLSS bien sur, mais pas seulement (
Texas) produit parfois un graphisme étonnant. Carrés bien sûr, mais aussi cercles, arcs de cercle, rectangles, triangles, motifs divers tracés par le tracteur. Avec des résultats variés selon les régions.
quelques exemples....
a.le Midwest
au survol, entre 7000 ou 10000 mètres, de
Flyovercountry
, par exemple au dessus du
Kansas en approchant de
Denver, si l'on a choisi un siège côté fenêtre, l'oeil est inévitablement attiré par ces grandes structures d'irrigation qui dessinent des cercles parfaits de couleurs variées
Pourquoi tous ces cercles dans l'
Ouest américain?
se demande-t-on avec Mousseliine...
des cercles parfaits qui constituent de véritables motifs graphiques
en s'inscrivant, rigoureusement dans des carrés du damier PLSS et par conséquent dans la grille des routes historiques. Le plus souvent dans des quarts de section de ½ mile de côté soit environ 800 mètres, raison pour laquelle l'arrosage pivotant a généralement un bras rotatif de 400 mètres, certains cercles remplissant cependant un section entière (1600 mètres de côté)
Avant le début des années 50, le panorama aérien n'était pas le même pour la bonne raison que le système (pivot irrigation) n'avait pas encore été inventé ou en tous cas patenté
quoiqu'il en soit....le résultat vu d'en haut peut être maintenant saisissant :
soit d'avion comme sur
Window Seat: The Art of the Circle Field
......... ou les photos de Mousseliine
soit du satellite et via Google Earth et on pense en effet irrésistiblement à l'art du
quilt
b. le Nord Ouest.....
plus précisément la région semi-aride à l'Est des Cascades oû l'irrigation est nécessaire, précisément de leur fait, en Eastern
Washington et Eastern
Oregon. L'agriculture n'a pas trouvé là le même maillage de routes et s'est parfois développée de manière moins ordonnée, ce qui s'est traduit par une imbrication évidente des cercles d'irrigation et produit un graphisme plus variable mais tout aussi esthétique (p.j. 2) oû la volonté de ne pas laisser du terrain non productif est apparente comme en témoigne la présence des petits cercles entre les grands..
en approchant de
Seattle, l'une des exploitations probablement les plus connues et l'un des plus grosses se trouve être la ''
100 Circle Farms
'' (bien plus en réalité) qui produit en saison autour de 450 tonnes de pommes de terre par jour dont une bonne partie destinées à être transformées en french fries ou autres ''potatoes'' chez McDonald
c. les High Plains du Texas...
mais la région la plus graphique, la plus colorée et la plus étonnante est probablement celle des
HIGH PLAINS
qui s'allonge depuis l'ouest du
Texas jusqu'au
Wyoming et par exemple autour du secteur Olton- Littlefield- Lubbock- Brownfield que l'on survole en se rendant de
Houston à
Albuquerque
Les roches sédimentaires variées récentes (tertiaires, quaternaires) et meubles qui recouvrent la région fournissent une palette de coloris primaires et de pigments dont ont hérité directement les sols agricoles... c'est typiquement une gamme de rouges de toutes nuances mais çà peut aussi aller du bleuté au violet, du beige au marron. Le rouge-brun ayant d'ailleurs donné son nom à Brownfield connu pour ses sols rouges (très riches en oxydes de fer) qui prennent des reflets quasi iridescents au fur et à mesure que descend le soleil sur l'horizon. Cette palette de pigments ''primaires'' est encore enrichie par la présence assez ubiquiste d'un ciment-pigment blanchâtre développé tardivement sur plusieurs niveaux des sols présents et anciens du fait des conditions climatiques, la
Caliche
. La caliche sert de diluant aux pigments colorés et crée en vue aérienne un nuancier là oû il n'y aurait qu'un ton homogène.
Tout ceci travaillé et retravaillé pendant des décennies par les lames des machines agricoles et les roues de l'arrosage pivotant en guise de pinceaux crée, grâce aussi aux coloris des cultures elles-mêmes à leurs différents stades, de véritables œuvres d'art que l'on ne peut malheureusement observer qu'en prenant de la hauteur puisqu'au sol on n'en voit en quelque sorte que les pixcels
Dans les années 50 l'introduction du
center-pivot irrigation
a donc permis l'apparition d'un nouveau paysage rural dans une bonne partie de l'
ouest américain. Il y a une dizaine d'années de çà un célèbre photographe Emmet Gowin avait abordé le thème des cercles cultivés mais c'était pour les vouer aux gémonies....il y voyait une destruction de la campagne traditionnelle et une emprise de l'agriculture intensive.
Ce n'est en tous cas que depuis très peu de temps que l'intérêt artistique est réellement exploité......
Le Centre national d'études spatiales de
Toulouse visionnant les clichés de ses
Pléiades (satellite)
, définition inférieure à 1m, remarquait un cliché du quadrangle de
Olton, Texas
dans les High Plains jugé suffisamment spectaculaire pour être publié :
Agriculture au Texas : l'irrigation vue par le satellite Pléiades
Pour parcourir soi-même le musée à ciel ouvert du secteur... aller sur Google earth, taper par exemple Brownfield
Texas et zoomer...
On y trouve plein d'assemblages de parcelle, de formes et de couleurs et parfois une seule parcelle différemment travaillée peut être une œuvre d'art (p.j.3)
Parmi les peintres qui ont choisi en 2012 de s'exprimer sur le thème on connait John Warren Oakes de
Sedona :
Cropped Circles
Cropped Circles Paintings 2012 -
Un autre artiste, un photographe des
Pays Bas, a la même année exploité le même thème mais de manière différente :
Circles in Squares: Modern Agricultural Art - Modern Farmer
ne pas oublier de visionner la video CROPS !!
plus de 1000 images Google Earth d'un cercle dans son carré en un peu moins de 4 minutes...
çà tourne, çà tourne, c'est un peu... hypnotisant
le travail a été présenté l' an dernier au Hishorn Museum,
Washington D C:
CROPS, Smithonian’s Press Release
3. Manhattanhenge..ou le coucher de soleil urbain sublimé
La maille rectangulaire de la plupart des villes, même de celles qui ne sont pas dans la maille PLSS comme
New York, permet parfois des couchers de soleil spectaculaires là oû on trouve des hautes tours, éventuellement vitrées, pour les mettre en valeur
L'exemple le plus connu en
Amérique du Nord est certainement
Manhattanhenge
qui devient un sujet d'attraction pour une photo mémorable comme l'explique cet article
NewYork City Travel TipsWatch the Manhattanhenge on...
et depuis peu, gràce à The photographer Ephemeris on peut facilement savoir quand, dans telle ou telle ville ayant des artères est-ouest ou sub est-ouest, le phénomène peut se présenter avec cet outil:
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Images attachées:
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Cochize.
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