Episode 4 : ile de NEGROS... pas que des bons souvenirs
Entre la Sierra Madre et
Bacolod notre destination suivante, on a une nuit à passer à
Manille et on n'a évidemment pas prévu de retourner dans l'hotel bourré de blattes des indiens.
Comme on a décidé de ne rien faire normalement, une surprise nous attend dans notre nouvel hotel : je ne sais évidemment plus ds quel quartier on avait atterri, ni à quoi ressemblait l'hotel, mais je me souviens de la suite : on entre donc dans cet hotel, et le type (dont l'allure devait être normale ?) nous emmene dans les étages.... et la on a comme une drole d'impression qd on voit la décoration et les couleurs des couloirs. On continue qd même, on entre ds la chambre et notre pressentiment se confirme : on est dans un hotel de passe !!!
On n'est habitué ni l'un ni l'autre à ces hotels, mais on a reconnu tout de suite

Evidemment on se casse rapidement pour un autre hotel dont je n'ai aucun souvenir, il devait donc être "normal", c-a-d sans blattes, sans filles, sans trafiquant de drogues ni d'armes... enfin un hotel, un vrai
L'ile de Negros est notre prochaine destination, prévue depuis le départ : en effet un de nos amis est en relation avec un philippin qui habite à
Bacolod : ils correspondent par lettre (le truc qui a existé entre le parchemin et le mail

) et ne se sont jamais vu ni parlé (le téléphone pour les
Philippines coutait une fortune à l'époque). Aussi qd on lui a parlé de notre voyage aux
Philippines, rencontrer son correspondant (appelons-le Tonio car j'ai évidemment oublié son prénom) par procuration lui faisait vraiment plaisir, et on n'a pas hésité une seconde.
On va donc à l'aéroport ou on achète des billets d'avion pour
Bacolod sur l'ile de Negros.
Comme toujours j'ai mon Opinel n°9 sur moi (35 ans plus tard j'ai toujours un Opinel n°9 en voyage, j'aime bien ce bon produit fabriqué pas loin de la maison), pour couper ananas, mangues et autres.
Au controle de police, je l'échange contre un ticket que j'aurai a présenter a
Bacolod pour récupérer mon Opinel
Après un vol sur un vieux coucou à hélices (pas un bel avion a hélices moderne et sûr comme les ATR), nous voila donc sur l'ile de Negros donc je garde un assez mauvais souvenir pour plusieurs raisons, comme on va le voir.
L'avion a hélices et ce petit aéroport entouré de cocotiers me font penser a Buck Danny dans les iles du Pacifique... désolé pour mes lectures mais ce fut ma première impression de Negros
30 ans plus tard, de minuscules aéroports du même style existent encore, en
Indonésie en particulier, comme on a eu l'occasion de le vérifier à de multiples reprises (Makian, Daruba,
Ende,
Ambon....)
Je me présente donc au bureau qu'on m'a indiqué pour récupérer mon Opinel... et là, stupeur : sur une longue table sont exposés des pistolets, des machettes, des mitraillettes ou des trucs qui y ressemblent (je ne suis pas spécialiste des armes à feu mais de mémoire c'étaient comme les armes qu'on voit à la télé après chaque massacre aux US) !!
Le(s) type(s) chargés de rendre les armes s'est bien marré en voyant mon jouet

Comme je l'ai dit au début de mon carnet, le port d'armes était libre à cette époque
Ensuite on va directement chez Tonio en taxi ou tuktuk ou autre
Il habite dans une rue assez proche du centre.
Quand on trouve sa maison, quel étonnement de nous voir., même s'il s'y attend car il a été prévenu par lettre qu'on viendrait courant mai, sans savoir la date exacte.
Il a 25 ans environ et vit avec ses frères et soeurs chez ses parents dans une pauvre maison en bois :
Il me semble que c'est en tant qu'étudiant en anglais (une université a
Bacolod en 1984 ? qd je me souviens de cette ville misérable je ne crois pas que c'était possible) qu'il a été mis en relation avec Jean
Il rêve de
Paris comme beaucoup de gens dans tous les pays du monde, il nous pose des tonnes de question sur Jean qui vit à
Paris.
Sa mère nous prépare le repas... je ne sais pas comment ça se fait, mais je me souviens encore d'une omelette aux légumes !!!
Un tour au marché pour annoncer fièrement à tous ses amis qu'on vient de
Paris pour le voir (on n'est pas de
Paris mais c'est pas grave),
mangoustans, ramboutans, l'excellent durian à l'odeur nauséabonde

durians :
Je ne me souviens pas a quoi elle ressemble, mais on a visité la cathédrale sur la place centrale.
Jean-Paul 2 est venue ici 2 ans plus tôt, c'est la gde fierté de tous ici, aussi cette dernière a été entièrement ravalée, alors que les batiments coloniaux autour sont défraîchis mais avec un certain charme. Quand on s'éloigne de cette place, c'est la misère.
La visite de la ville est rapide et une surprise nous attend au retour chez Tonio : il nous demande quand on rentre à
Paris avec lui !!!!
Dire qu'on est surpris est faible

J'ai encore oublié les détails, mais pour lui on est venu aux
Philippines pour le ramener en
France. Il nous dit qu'il n'a jamais pris l'avion, que ça va être génial, qu'il est pressé de monter sur la tour Eiffel,... etc
Je ne sais plus comment s'est déroulée la suite de la conversation, mais on ne savait pas quoi lui répondre, il avait annoncé a toute la famille son départ pour
Paris. Ce qui est sur, c'est qu'on n'osait pas lui dire qu'il n'en était pas question... alors on a fuit lachement

Qui nous avait parlé de Manbukal ? Mystère.
A 1h de jeepney, c'est le point de départ de balades dans la jungle avec possibilité de gravir un volcan.
On fuit donc Tonio et
Bacolod en disant qu'on revient dans 2 ou 3 jours... on n'est jamais revenu
Au bout d'une petite route, en pleine forêt sont disposés 3 ou 4 cabanes en bois aux planches disjointes, un bassin et une gargote pas nickel du tout : voila Manbukal !
J'ai regardé sur le web, on y trouve maintenant un resort, des lodges avec piscines, ça l'air devenu touristique.
la plaine de Negros en montant a Manbukal :
On se demande encore une fois pourquoi on est venu dans ce lieu lugubre, le jeepney quotidien est reparti, on est obligé de rester au moins une nuit, on a le moral à 0, mais ce sera pire ce soir !!!
Heureusement on n'est pas seul, un groupe de 5 jeunes (4 ados et une fille a peine plus jeune que nous) occupent une autre cabane et nous proposent de nous emmener promener dans la jungle vers plusieurs cascades, ce qu'on acceptent avec joie.
On pensait naivement pouvoir gravir le volcan au-dessus mais c'est une entreprise impossible sans guide (on pensait en trouver ici), de plus on va vite comprendre ce que signifie marcher ds la jungle.
Les arbres de la canopée sont gigantesques, la chaleur est oppressante, l'humidité est à son maximum, tous les bruits d'animaux rendent la forêt très bruyante et parfois effrayante, on craint a chaque pas de poser le pied sur un serpent, qd on s"'assoie d'énormes araignées s'approchent... la marche devient rapidement éprouvante. Les quelques heures passées ds cet enfer nous suffisent

Soulagés on est de retour à Manbukal ou on ne risque pas d''imaginer ce qui nous attend.
Notre voyage (sur terre ?) aurait pu se terminer ici : la soirée de terreur et la nuit de désagréments qu'on va vivre ne correspondent pas à un ce qu'on attend d'un beau voyage sous les tropiques