Suivi de dossier...
BANGKOK (21/08)- Deux ressortissants chinois passeront devant un tribunal cette semaine pour leur rôle présumé dans l'attentat meurtrier du sanctuaire de
Bangkok commis il y a un an, une attaque dont le motif reste sombre après une enquête parfois trouble, voire surréaliste.
Le procès, qui commence ce mardi, se tient devant un tribunal militaire à
Bangkok et devrait durer plus d'un an.
Cette attaque a été la pire dans son genre dans l'histoire récente de la
Thaïlande.
Mais un an plus tard, plus d'une douzaine des principaux suspects nommés au cours de l'enquête restent en liberté, alors que les analystes estiment qu'il reste toujours aux officiels à proposer des conclusions convaincantes sur leurs motivations.
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Deux membres de la minorité musulmane de la population ouïghoure de
Chine - Yusufu Mieraili et Bilal Mohammed - ont été accusés d'implication.
Les analystes se sont largement accordés sur la théorie selon laquelle l'attentat était une vengeance suite au retour forcé de 109 Ouïghours en
Chine, ordonné par la junte thaïlandaise quelques semaines plus tôt.
Mais les autorités thaïlandaises déclaraient que les deux événements n'étaient pas liés et estimaient de leur côté que l'attaque avait été perpétrée par des bandes transfrontalières, à la suite de succès policiers contre les trafics d'humains.
La minorité ouïghoure indique de son côté qu'elle fait face à la répression culturelle et religieuse dans son pays d'origine du Xinjiang en
Chine du Nord-Ouest, et beaucoup de ses membres sont soupçonnés d'avoir fui cette région agitée au cours des dernières années.
Les déportations de la junte ont suscité une condamnation internationale et des manifestations violentes devant les missions diplomatiques de la
Thaïlande en
Turquie, pays qui a donné refuge à un grand nombre du groupe turcophone.
Enquête confuse
Tout au long de son enquête, la police thaïlandaise et les responsables militaires ont parfois envoyé des messages contradictoires, voire conflictuels.
Les responsables de la junte ont initialement pointé du doigt les critiques à l'encontre de leurs méthodes, venues de l'intérieur même du pays.
Puis, après que les enquêteurs ont arrêté les deux suspects ouïghours, ils ont refusé de confirmer leur nationalité chinoise pendant plus d'une semaine.
Les autorités thaïlandaises ont également refusé de qualifier l'assaut d' attaque terroriste, malgré les pertes civiles.
La police a finalement listé un groupe d'environ 15 suspects, dont un Chinois ouïghour et des ressortissants turcs et thaïlandais, dont certains avaient soit déjà fui et certains autres auraient organisé l'attaque à partir de la
Turquie.
Mais aucune de ces personnes ne se trouve dans le box et aucune démarche pour obtenir des extraditions de
Turquie n'a été annoncée officiellement.
Alors que l'enquête allait se terminer peu après, l'attention sur la police thaïlandaise a augmenté lorsque son chef, qui a depuis pris la tête de la Fédération thaïlandaise de football, a remis à ses officiers une récompense de 80.000 $ qui avait été ouverte au public.
Mme Kanya Mayoon, thaï de 36 ans, a perdu sa sœur Prani Srisuwa dans le bombardement.
"On aurait dit qu'ils voulaient juste clore l'affaire rapidement", a-t-elle déclaré à l'AFP, ajoutant que l'attaque avait privé sa famille de leur principal soutien.
"Je veux juste que les vrais cerveaux soient arrêtés et punis», a-t-elle ajouté.
Les procureurs accusent M. Mohammed d'avoir placé la bombe dans un sac à dos à l'autel et disent que M. Mieraili a été impliqué dans le transport de l'appareil. Les deux nient ces accusations.
Dans un communiqué publié par son avocat, M. Mohammed - également connu sous le nom d'Adem Karadag - a dit qu'il était un migrant illégal qui tentait de se rendre en
Malaisie pour trouver du travail lorsque la police a perquisitionné l'appartement
Bangkok qu'il habitait.
Les 2 suspects sont détenus dans une prison militaire à
Bangkok, ce qui a été critiqué par des groupes de défense des droits. Deux personnes y sont d'ailleurs mortes en détention l'année dernière.
Lors des audiences préliminaires de M.Mohammed, celui en sanglots a accusé ses gardiens thaïlandais de le battre et de lui refuser la nourriture halal en prison.
Les autorités thaïlandaises ont nié ces allégations.
(d'ap.THE NATION)