Lundi 24 décembre 2007
Hier, nous avions eu difficile de nous lever mais là, aujourd’hui, c’est à l’aube que nous ouvrons l’œil... Nous sommes en pleine forme pour passer une nouvelle journée à explorer la ville.
Je me lève et vais faire un tour dans le magnifique jardin. Malgré un léger "brouillard", le soleil est au rendez-vous.
A 8h, nous sommes déjà attablé et prenons un bon petit-déjeuner complet : œufs brouillés, toasts beurrés, bananes, papaye, café et thé.
C’est peut-être un peu kitsch ou vieux jeux mais oú que je sois en voyage, j’aime envoyer des cartes postales aux amis et à la famille mais, hier déjà, nous n’en avions pas vues. Pourquoi ferait-il des cartes postales au
Bangladesh qui ne voit jamais de touristes... ?
Après repérages sur la carte de la ville, nous prenons à nouveau la Elephant Road puis tournons à gauche vers l'avenue Kazi Nasrul Islam. Arrivés près du
Sheraton
, 3 enfants veulent nous vendre des bonbons et insistent mais déjà, ils voient leur prochaine "proie" et traversent dangereusement la chaussée afin d'alpaguer les clients.
Dans la petite galerie marchande, je trouve mes cartes dans un magasin d’artisanat et le vieux monsieur de la boutique me propose de fixer les timbres avec de la colle blanche car ils ne collent plus depuis longtemps...
Le temps d’un bon mais très cher cappuccino (150 tk.), nous récupérons nos cartes et Thierry en poste déjà 5 dans une boite aux lettres au hasard sur la rue.
Des gamins qui nous avaient repéré devant l’hôtel, il en reste un qui nous suit à nouveau mais cette fois-ci, il a 3 fleurs qu’il a du cueillir dans un jardin.
- « Achètes mes fleurs, c’est seulement 20 tk. »
- « Je n’ai pas envie d’acheter tes fleurs, je ne sais pas quoi en faire »
J’ouvre mon petit sac et je lui donne une peluche. Ses yeux s’écarquillent et il nous dit merci avant de s’encourir. Nous n’avions pas fait attention par oú le gamin filait mais le voilà au bout de l’avenue. Nous le retrouvons avec sa maman et ses 3 frères et sœurs. Nous nous installons avec eux tout en distribuant à qui n’a encore rien eu...même la maman, qui est toute heureuse.Un groupe d’adultes se forme alors autour de nous et nous regarde. C’est Dhabibur, étudiant à l’université de
Dhaka qui nous aide à traduire tout ce que l’on nous demande :
- « De quel pays venez-vous ? »
- « Etes-vous marié ? »
- « Avez-vous des enfants »
- « Quel métier faites-vous ? »
- « Pourquoi êtes-vous au
Bangladesh ? »
Pourquoi êtes-vous au
Bangladesh ? Plusieurs fois par jour, tout au long de notre parcours, on nous posera cette question. Les rares fois que les bangladais on pu voir des occidentaux, ceux-ci viennent au pays pour affaires ou aider dans l’une ou l’autre ONG. Cela leur semble donc bizarre que nous soyons là uniquement pour faire du tourisme.
Après des embrassades avec la petite famille, Dhabibur nous demande à nous accompagner car il habite dans le quartier vers lequel nous nous dirigons. Il a 24 ans, est musulman et n’est pas encore marié. Il nous raconte son parcours et nous dit que ses vœux seraient d’aller faire une année d’études en
Angleterre, revenir au pays, trouver un travail et se marier. Ici, dans la communauté musulmane, les mariages arrangés se font rares et il y a un grand nombre d’adultes célibataires.
Nous faisons un stop dans la cour bien calme et sereine du
Dhakeshwari temple
(le temple de la déesse sacrée) datant du 12ème siècle. La légende dit que le nom de la ville proviendrait d’ailleurs probablement de ce temple.
Quelques blocs plus loin, nous arrivons au
Lalbagh fort
, site mondiale de l’UNESCO, construit en 1678 par le prince Muhammed Azam, fils de l’empereur Aurangzeb, dernier empereur moghole de l’
Inde.
A la mort de sa fille Pari Bibi, Azam a construit un mausolée, ce qui a mit fin à la vocation militaire du fort. En 1857, lors de la révolte des cipayes, 260 d’entre eux sont morts ici en se révoltant contre les britanniques.
Il ne reste plus grand-chose à voir. Il y a encore un pan de muraille, le hammam, la mosquée, le mausolée et le hall d’audience. Les bâtiments sont, à l’origine, fait de grès rouge comme les forts de
Delhi et
Agra mais ici, ils sont peint en rose...Le jardin du site est joliment fleuri et il y a quelques touristes bengladais.
Comme Thierry veut faire une photo de moi avec le mausolée en arrière plan, des jeunes filles en profite pour venir s’installer autour de moi.Nous quittons Dhabibur après avoir échanger nos adresses et prenons un baby taxis (30 tk.) pour le musée de la libération qui honore les hommes qui se sont battus pour la libération du
Bangladesh en 1971 mais c’est fermé.
On remonte dans un rickshaw qui nous amène au Ramna Parc crée en 1610 pendant l’empire moghole. Il contient une collection remarquable d’arbres.
Comme en
Inde, le cricket est le 1er sport national. Ce que nous ne savions pas, c’est que le second sport est le badminton. Comme nous nous sommes arrêtés pour regarder 2 jeunes filles jouer un match, Thierry est invité à participer. Il y avait déjà du monde mais là, c’est la foule. On m’invite à m’asseoir sur le banc et une petite fille m’offre une fleur. Je m’amuse à filmer et faire des photos.
Nous quittons le parc par le nord et tombons sur l’entrée d’un parc d’attractions avec un marché de babioles chinoise et des vendeurs de friandises.
On s’installe sur la terrasse d’un restaurant pour regarder les gens qui passent mais qui regarde qui à votre avis ?......
Ici, personne ne parle l’anglais et le peu de mot que je connais ne me sert pas trop. Nous mangerons donc ce que l’on nous apportera. Nous recevons une petite assiette avec des légumes et des crudités finement coupés, le tout dans une sauce brune bien piquante.
Un gamin tout famélique vient nous demander des sous et nous appelons un serveur pour qu’il lui donne un repas complet également ainsi qu’une bouteille d’eau. Il a l’air bien mal en point...Ses yeux sont jaunes et presque transparent...Il mange son assiette avec gourmandise, puis s’en va...
Nous reprenons un baby-taxis pour rentrer à l’hôtel empaqueter nos affaires. Sur le chemin, nous découvrons la magnifique Boat house, ancienne maison coloniale rouge en forme de bateau au bord du Dhanmondi lake,
Nous nous arrangons avec le jeune homme de la guest house pour laisser les choses que nous ne prenons pas en voyage et promettons de confirmer par mail notre retour.
Pour 70 tk, nous filons en rickshaw à travers le vieux
Dhaka pour arriver dans la foule de Sadarghat, le port de
Dhaka.
C’est à coup de coude que nous nous engouffrons par la petite entrée qui mène au ponton. Sur la passerelle, nous sommes figés par ce que nous voyons...
Des dizaines de ferry font aller leur sirène pour appeler les voyageurs. Il y a un monde à la pas possible !! Tout embarque : marchandises, animaux, hommes, etc....
Sous la passerelle, un magma rose stagne sur l’eau. Oui, c’est bien de l’eau car je vois là un homme qui patauge là dedans à la recherche de je ne sais quoi...
Je ne peux m’empêcher de filmer tout ça, c’est hallucinant !!
Au bas de la passerelle, nous parcourons tout le ponton en évitant les bagages, les hommes chargés, le caisses d’œufs, les vendeurs de fruits, de friandises, de boissons fraîches, etc. et arrivons enfin à notre bateau. Qui n’est pas un ferry comme un autre mais bien l’emblématique PS Masud, tout en bois, construit à
Kolkata en 1928, un des 2 derniers grands bateaux à aubes qui navigue encore dans le delta du Gange.
Martine et Eva sont là au rendez-vous. Nous les rejoignons et rencontrons le serveur qui nous aidera le temps de notre navigation. Nous rencontrons aussi Réné, hollandais en voyage depuis plusieurs mois en Asie. Il arrive du
Népal et fait un rapide passage d’une semaine par le
Bangladesh pour entrer ensuite passer en
Inde.
En haut, à l’avant du bateau se trouve les cabines 1ères classe. Nous avons la cabine n°1, toute mignonne avec son mobilier en bois d’origine, ses petites lampes au-dessus des lits d’une personne et ses jolies tentures blanches à l’effigie de la compagnie.
Nous y laissons nos sacs et ressortons sur la grande terrasse qui se trouve à l’avant du bateau et commandons des cha. Nous savourons notre chance d’être ici car j’ai lu que bientôt ces 2 bateaux partiront à la casse à
Chittagong et seront remplacés par des ferry. Il en reste encore 2 autres plus petits qui s'ont voué au même sort...
Comme je regarde l’effervescence du ponton, je sens tout à coup un « truc » qui monte dans mon pantalon le long de ma jambe....
Aaaarg, c’est horrible !! Je saute dans tout les sens en secouant mon pantalon et....un cafard de 6 cm tombe...je n’ai pas peur des rats et autres bestioles qui courent dans tout les sens mais les cafards, je ne peux pas les sentir. J’en ai une phobie. J’ai toujours l’impression qu’il vont me rentrer par tout les orifices quand je dormirai...D’ailleurs, Parvat peux vous en toucher un mot...
Les gens resté sur le ponton se marrent bien quand même...
Petit tour du « propriétaire »
En bas, les cuisines du bateau (on y cuisine au feu de bois....), le shop et la grande plate-forme 3ème classe oú chacun s’installent comme il peut. Au milieu de tout ça, le moteur (belge svp...) qui actionne les aubes et fait un tintamarre de tout les dieux !!
En haut, à l’arrière du bateau, il y a 8 cabines de 8 lits superposés 2ème classe. En haut, à l'avant, en 1ère classe, il y a 8 cabines de 2 personnes dont 2 cabines pour le crew. Au-dessus de nous, le poste de pilotage du capitaine.
18h. Quand la sirène du départ sonne, notre serveur nous annonce le dîner pour 20h. En attendant, nous invitons nos nouveaux amis à nous installer dans le salon sur le pont avant, pour boire au réveillon de Noël spécial que nous vivons. Evidemment, l’alcool étant interdit et difficile à trouver, nous nous contentons des jus d’orange, papaye et des snacks piquants acheté hier.
Nous sommes donc les 5 seuls occidentaux sur le bateau. Les autres cabines étant occupés par des bangladais aisés.
Notre serveur a une cabine aussi qu'il partage avec ses 2 enfants. Je ne suis pas sure de l'avoir bien compris mais je pense que leur maman fait partie des victimes du cyclone...
Avant de passer à la salle à manger qui est un peu lugubre car entre les cabines, Thierry met de l’insecticide dans la cabine car ayant 2 lits séparés, nous ne savons pas installés la moustiquaire aisément.
A 20h pile, notre serveur vient nous chercher. Nous dînons d’un potage au poulet, de poisson pané assez caoutchouteux, de pommes de terre et de légumes suivis d’un café.
René qui a un petit budget, préfère manger le pain et les bananes qu’il a acheté avant de monter sur le bateau.
Après le repas, Thierry va faire une petite inspection dans notre cabine et il a bien fait !! Il retrouve encore 6 grands cafards agonisants et les jette à l’eau. Du coup, Eva, prise de panique, nous demande si on peut lui prêter l’insecticide....
Vers 22h30, nous arrivons à Chandpur le long de la Meghna, notre premier arrêt.
Nous y restons presque 2h car un chargement « précieux » doit monter dans le bateau. Je descends demander ce que c’est. Ce sont des gros sacs de riz, de sucre de canne et de vêtements pour les sinistrés du cyclone car nous allons traverser la zone.
Chaque sac est porté à dos d’homme, et mis dans une sorte de cage. Le tout est étroitement surveillé et compté par une vingtaine de militaire sacrément armé.
Il est déjà près de minuit quand nous nous remettons en route.
De retour dans la cabine avant Thierry, je vois encore un cafard entre nos 2 lits. Je m’encours et n’arrive pas à me résoudre à dormir là-dedans...
Il me rassure et, avec beaucoup de courage, je retourne à la cabine. Thierry m’installe la moustiquaire sur mon lit oú je m’enferme avec toutes mes affaires. Tout d’un coup, Thierry sent quelque chose qui tombe sur lui. Ce sont des gouttes d’eau qui passent par les fissures du toit. Je dois aller aux toilettes et il me faut traverser la salle à manger dans la pénombre car le personnel dort sous la table de la salle à manger. Mais cela ne m'empêche pas de voir les rats qui montent le long de la tenture et disparaitre derrière l'appareil à air conditionné...
De retour dans la cabine, je plonge dans mon carnet pour ne pas trop penser aux bébêtes mais je fais tomber mon bic et, en le ramassant, je vois encore 2 autres cafards. J’ hurle à Thierry qu’il doit faire quelque chose pour que ça cesse car je sens que je vais devenir folle. Le pauvre, je lui en demande tant...il se baisse pour regarder...ce ne sont que les attaches de la table de nuit...par contre, il a repérer par oú ils rentrent. Sous son lit, il y a un trou de 15cm de diamètre...
Je décide quand même de laisser la lumière allumée et tente de m’endormir.......
Infos pratiques
SheratonKazi Nasrul Islam avenue
DhakaSite :
www.sheraton.com/dhaka
Dakeshwari templeOld
DhakaEntrée gratuite
Lalbagh fort Old
DhakaEntrée : 100 takas