Dans la région au nord de Ha Giang, vous verrez surtout des hmongs noirs ; en fait les premiers hmongs du
Vietnam sont rentrés par Dong Van). Voilà :
D’origine inconnue, mais vraisemblablement des steppes d’
Asie Centrale –comme d’ailleurs toutes les populations d’Asie- les hmong se sont installés dans la vallée du fleuve Jaune et, poussés par les chinois
(han), ont ensuite lentement migré vers le sud. Leur migration sur le
Vietnam s’est déroulée en 3 phases principales :
- Les premiers hmong, une centaine de familles des lignées Lù et Giàng, sont rentrés au
Vietnam il y a environ 300 ans en passant du Guizhou à la région de Dong Van et Méo Vac (province de Hà Giang).
- Il y a environ 200 ans, un 2e groupe d’une centaine de famille des lignées Vàng et Ly est également passé sur Dong Van, alors qu’un groupe plus petit des lignées Vàng, Ly, Chau, Sùng, Hoàng et Vù s’est installé dans les montagnes au nord de Bac Ha (district de Si Ma Cai) ; ce sont les fameux hmong fleuris.
- Une 3e migration, la plus importante avec environ 10 000 personnes, s’est installée à la fin du 19e dans les régions de
Lao Cai, Yen Bai et Ha Giang. A la même époque, un certain nombre de famille sont passées du
Laos au Centre
Vietnam (régions de Than Hoa, Nghe An et Dak Lak).
De nos jours, la migration hmong se poursuit, mais principalement à l’intérieur du
Vietnam du Nord, du nord vers le sud et de l’est vers l’ouest.
Une légende très répandue y compris par les guides-papier veut que le nom
miao ou
méo leur ait été donné par les français à cause du fait que les hmong grimpent comme des chats (
miao en vietnamien). Rien n’est plus faux. Le nom
miao est une déformation du mot chinois
mieo, nom que les chinois donnaient non pas aux seuls hmong, mais à toutes leurs minorités, et qui veut dire « cultivateurs », mais surtout « sauvages ». Inutile de préciser que les hmong détestent qu’on les appellent
miao !
On estime actuellement la population hmong à 7,5 millions en
Chine, environ 1,2 au
Vietnam, 300 000 au
Laos et 200 000 en
Thaïlande. Au
Vietnam, ils forment donc la plus importante minorité après les thaïs (1,5 million). Ils vivent dans de petits hameaux –
giao- ou, le plus souvent, dans des maisons isolées, entre 800 et 1400 m, principalement dans tout ce que les français avaient nommé « La Haute Région », qui s’étend tout le long de la frontière du Nord-
Laos et de
Chine. C’est la province de Ha Giang qui en compte le plus, suivie de celle de Lai Chau et de
Lao Cai.
Le
Vietnam compte 7 groupes de hmong, reconnaissable au costume traditionnel des femmes : les hmong blancs
(Hmong Dâu), noirs
(Hmong Du, rouges
(Hmong Si ou Dô), verts
(hmong Dua ou Xanh), fleuris
(hmong Lênh), variés
(Hmonh Xua ou Houa) et les hmong de l’eau
(Na Miéo). Des questions sont posées sur le 7e groupe, dont la langue se rapproche du groupe Tay/Thaï et dont les membres ont adopté la maison en bois sur pilotis caractéristique des Thaïs/Tay.
Les villages hmong reflètent toujours la diversité des lignées familiales : un village regroupe en moyenne 2 ou 3 lignées, les plus gros en comptant 6 ou 7. Particularité étonnante : dans les villages, chaque lignée a son propre hameau appelé
Y Chau Senh ; un village hmong est donc généralement composé d’un petit groupe de hameaux séparés. Les mariages entre hommes et femmes d’une même lignée sont formellement interdits. Très individualistes, ils construisent souvent une maison complètement isolée le plus haut possible.
La principale culture des hmong est le maïs, suivi du riz, cultivés en champs irrigués ou en terrasses qu’ils parviennent à accrocher même sur les pentes les plus escarpées. Ils cultivent également fréquemment le chanvre, dont ils tissent les fibres pour fabriquer leurs vêtements, et l’indigo qu’ils utilisent pour les teindre. La traditionnelle culture sur brûlis a pratiquement disparu depuis que les hmong sont devenus essentiellement sédentaires.
Sources :
The hmong in Vietnam (VNA Publishing House)
Ethnic Minorities in Vietnam (Thé Gioi Publishers)
Le premier livre cité est magnifique et très documenté. Vous pouvez le trouver à la librairie "française" de
Hanoi (Trang Thien Bokkstore sur la rue Trang Thien) ou à celle du superbe musée des minorités du
Vietnam (à faire absolument avant de "tailler la route"). Le 2e est u petit livre très bien fait sur toutes les minorités, m^mes les plus petites.