Monastère: deux moines font l'appel à la prière à 6h du matin: en soufflant dans un gros coquillage. Un bonne trentaine de moines (sur la centaine ? que compte le monastère) dont beaucoup de moinillons affluent vers la grande salle et les mantras commencent à résonner. Ceux-ci sont ponctués d'intermèdes instrumentaux: cymbales, tambours, trompettes et coquillages. Et les mantras reprennent alors que le maître des lieux fait les cents pas entre les deux rangées de moines. Avec sa cape enveloppant sa grande stature et avec sa barbe noire, il en impose et c'est lui qui rythme la cadence des mantras. La prière dure environ une heure.
Un peu plus tard, à la levée du jour, dans le village, les troupeaux de chèvres déambulent à travers les ruelles pour rejoindre leur lieu de pâturage, à environ 7 km en saison sèche. Tel un cérémonial, les troupeaux reviennent à la tombée du jour en sens inverse.
Les troupeaux dorment dans un espace jouxtant les demeures. Parfois, faute de place, un grande pièce sous la maison leur sert d'abri. Selon un habitant, qui les regardent avec un oeil "extérieur" car ayant vécu longtemps aux
USA, ces chèvres ne rapportent rien sinon un peu de lait. Les peaux sont à peine récupérées. Un complément de nourriture doit être prévu car les pâtures sont maigres. Je me suis dis que c'était par habitude que ces bêtes continuaient à rythmer les débuts et les fins de journées du village.
Au centre du village, il arrive qu'un camion bariolé s'arrête pour décharger les victuailles (riz, huile,...). Les 2 épiceries proches sont approvisionnées et les porteurs des familles affluent pour prendre leur commande. Tout est comptabilisé avant la décharge du camion. Les moines sont les tous premiers à être servis: privilège de l'habit comme d'autres privilèges qui leur sont réservés (s'asseoir sur les sièges à l'avant des moyens de transport, etc...). J'ai vu des chevaux faisant office de moyen de transport mais pas à cette occasion. Des femmes portent les mêmes charges que les hommes.
Les camions ainsi arrivent toutes les 2 semaines mais cela peut être aussi tous les deux mois si la météo et l'état de la route venant de la vallée ne permettaient pas un approvisionnement ponctuel.
La Red House n'avait pas de chambre de libre. Visiblement (et je l'ai constaté les jours suivants), les groupes ont réservés cette demeure-musée bien avant mon passage.
J'ai pu visiter la guesthouse et notamment la petite chapelle très ancienne (pas de photo autorisée). Les rentrées des nuitées servent à entretenir ce bâtiment historique, comme cela se fait ailleurs au
Népal. J'ai dormi à deux pas, dans le plus vieil hôtel du village. Maison rustique, traditionnelle avec atrium, chambre très spartiate (gratuite à condition de prendre le repas du soir dans l'hôtel: Old Boat ou quelque chose comme cela). La salle du restaurant comporte une grande table ornée comme si c'était pour un repas de communion. Fin novembre, je n'y ai vu que très peu de voyageurs. Souvent seul donc à table donc, pour des menus réussis! Sur le toit plat, une touriste chinoise apprenait inlassablement, sur sa guitare, un tube qu figurait sur un de mes CD achetés au Yunnan: dans le décor dégagé de la rivière venant des hauteurs himalayennes. Elle est restée une semaine à Kagbeni.
Au centre du village, il y a le Yéti Hôtel, bien visible de partout, moderne et à l'architecture pas très heureuse, mais bon marché et surtout avec, au rez-de-chaussée, une German Bakkery où il y a moyen de se requinquer à la suite d'une longue marche par exemple (pour un prix plus élevé que la moyenne mais entièrement justifié). Beaucoup de passage à cet endroit du village et notamment des groupes ainsi que, de moins en moins rares, des groupes de vététistes. J'en ai revu un (16 sportifs) sur un étroit sentier de falaise très inégal, qui prenait tous les risques: sport-extrême s'il en est!!
A suivre.