Episode 8 - Au coeur de Kyoto
Jour 12 - 12 août 2011
Le programme du jour est placé sous le signe du majestueux.
On commence par le palais impérial, visite sympathique puisque gratuite. Il suffit de se présenter en avance avec son passeport et à 10 heures (y a une séance supplémentaire à 14h), un convoi constitué en majorité de
gaijin s'ébranle. La visite est en anglais et à aucun moment, l'on ne s'aventurera à l'intérieur d'un bâtiment. Mais bon, vu le prix... et puis, il est beau, ce palais où l'empereur (que j'ai vu de mes yeux, l'année dernière !) ne va plus. Et le jardin est comme on imagine les jardins japonais (les pierres, le pont, la mousse, etc.).
Après le palais, le château !
Les deux ne sont guère éloignés, nous retrouvons les mêmes personnes.
Mais là, ça ne rigole plus. C'est payant (500 ¥) et il faut enlever ses chaussures.
Vous ne verrez pas d'autres photos, c'est interdit, mais de toute façon, comment traduire en images le plaisir éprouvé à marcher pieds nus sur les parquets chantants ? Je sens quelques sceptiques qui se demandent si on entend bien les rossignols... Alors, je ne sais pas si ce sont des rossignols (suis pas ornithologue, comme on a pu le constater dans l'épisode précédent), mais on entend bien des oiseaux quand on traîne des pieds.
Pour finir ce programme dédié au majestueux, détour vers le temple de la Paix. J'en garde un bon souvenir, à cause de sa luminosité, ce sol aréneux blanc et son ossature orange vif. Un régal par les yeux.
Pour y aller, petit coup de métro, puis trajet dans le
Kyoto authentique, celui que je préfère, en fait.
Ces maisons traditionnelles, près de ce petit canal, on se croirait dans un manga de Taniguchi...
Et puis soudain, ce petit bout de
France surgi de nulle part. Au temps perdu. Tout y est écrit en français : salade niçoise (sans faute), livarot, madeleines...
Je craque pour un éclair au café (300 ¥).
Le temple Heian est là où je l'avais laissé, il y a 15 ans (mais je n'étais pas inquiet). Je le contemple pendant longtemps, sur un banc, en plein soleil. Moments privilégiés pour moi qui ne recherche en vacances que le beau et le chaud.
Le musée est proche, qui propose une exposition Vermeer. Le prix (1500 ¥) m'en dissuade. Le zoo n'est pas loin non plus, je m'y rends.
Malgré les ravissants et remuants makis, j'en déconseille la visite. Le prix est le même que celui de
Tokyo (600 ¥) mais il est dans un état déplorable. On dirait un parc d'attraction à l'abandon. Le rugissement du lion fait vibrer tous les environs, moi compris, mais voir une bête aussi impressionnante dans une ridicule cage sombre... fuyons. Espérons que mon argent servira au moins aux animaux.
La prochaine destination est Gion, geishas oblige.
Sur le chemin, je croise plusieurs de ces petits temples, havres de paix au milieu de la circulation kyotoïte.
Et pour descendre plus facilement, j'emprunte les rives de la Kamo-gawa, la rivière aux canards. Elle constitue une coulée bleue et reposante, peu utilisée par les citadins, sur laquelle une myriade de restaurants offre des terrasses désertées. En l'occurrence, peu importe, vu qu'elle me mène directement à Gion.
L'arrivée est paisible, comme le fut la promenade. Mais nous ne sommes pas encore à Gion. Il faut retraverser la rivière, c'est à l'est que ça se passe.
Je salue avec plaisir ce
shiba-inu attendant sagement sa maîtresse dans le panier de son vélo.
La rue principale de Gion... que de monde ! À croire qu'ils attendent tous la même chose que moi, l'apparition d'une
geiko.
La dernière fois, j'en avais aperçu deux, trottant d'un pas court mais soutenu sur leurs
geta. Mais là, j'aurais beau sillonné tout le quartier pendant une heure, rien. Si, quelques gouttes de pluie vite séchées.
Pourtant, je l'ai exploré de fond en comble, ce quartier. Dans des endroits vierges de toute présence humaine. C'est sans doute pour cela d'ailleurs que je n'ai rien vu.
Et puis, la nuit est arrivée, sans se presser. Gion n'est qu'un entrelacs de ruelles désertes. Seules les enseignes de quelques restaurants, certainement hors de prix, l'éclairent encore. Déprimé, je retourne au ryokan.
Pour dîner, nous tentons la gare, très proche du ryokan, je le rappelle. Un show aquatique et musical nous y accueille. On le verra quasiment tous les soirs.
Puisque je parle de la gare, un mot sur la tour en face. On la voit de partout, ce n'est plus une tour, c'est un phare !
On y montera, mais pas ce soir. Ce soir, on a faim.
Et c'est le foodcourt, situé au 4F de l'Aeon Mall qui aura nos faveurs. Non sans mal, quelle galère pour traverser cette fichue gare !
Ne pas tenter les voies souterraines, elles ne mènent qu'aux trains ou aux métros. La (seule) solution consiste à monter au 2F et à filer au sud.
Je prends un
udon dans un restau et des
gyoza dans un autre. Là, on me remet un beeper pour m'avertir quand ils seront prêts. C'est bête, l'
udon est déjà servi, lui, mais je n'attends guère avant que l'on me sonne. Tout est bien qui finit bien.
Plus que deux jours, je pressens que ce sera difficile de partir...
À suivre : Episode 9 - Arashiyama