Lorsque j'étais petite (il faut remonter à longtemps pour que j'utilise le qualificatif 'petite'...soupirs), la neige à
Montréal était poussée vers les trottoirs et non ramassée comme maintenant. Nous avions donc des mini-montagnes sur lesquelles glisser mais des fenêtres de la maison nous ne voyions que ce mur de neige durcie et ce jusqu'en mars. La neige, disais-je, était poussée alors il y avait toujours une mince couche de neige durcie dans les rues de la métropole. Qu'importe et au risque de nos vies, nous sortions nos 'sleigh' (luges), grimpions jusqu'au sommet de ces bancs de neige et hop dans la rue jusqu'au banc de neige de l'autre côté de la rue. Nous répétions le manège jusqu'à ce qu'une des mères - laquelle demeurait au deuxième étage - nous ait aperçus de sa fenêtre et alertait alors tout le quartier.
Je me rappelle également d'avoir marché, patins à glace dans les pieds, les sept rues qui séparaient ma demeure vers la patinoire de la paroisse. Jamais, dans le temps, pensions-nous être attaqués, c'était alors tout à fait impossible ce genre de chose. Revenons aux patins. Après une heure au froid, enfin disons 10 minutes sur la patinoire suivi de 10 minutes dans la cabane à se réchauffer puis retour sur la patinoire suivi d'un nouvel arrêt, vous voyez le scénario, nous étions fourbus et il fallait reprendre la route vers la maison les mains et les pieds gelés. Nous arrivions en pleurs, maman nous déchaussait puis plaçait nos pieds sur un banc près de la fournaise, la pire chose à faire me dit-on maintenant mais oh combien nous apprécions. Quelques années plus tard, elle nous a donné la permission de monter vers la patinoire en bottes et de placer nos patins sur nos épaules. Nous étions pauvres et il n'était pas question lorsque plus jeunes de se faire voler les bottes.
Dire que maintenant, nous 'chialons' lorsque la neige n'est pas ramassée en moins de 2 jours! Autres temps, autres moeurs.
Merci, Dolma, de m'avoir signalé ces pensées glaciales, elles m'ont remémoré le bon vieux temps.