Salut Shiva!
Alors, où en es-tu dans la préparation de ton voyage au
Bhoutan? Nous y sommes actuellement depuis une dizaine de jours sur un circuit assez classique de
Paro à Bumthang. Le pays ne ressemble à nul autre dans l'Himalaya, que ce soit au niveau de la population extrêmement sympathique qui porte couramment le costume national (le
go pour les hommes, la
kira pour les femmes), de l'habitat traditionnel abondamment décoré ou des nombreux monastères et forteresses (
dzong) qui n'ont rien à voir avec l'architecture tibétaine comme cela a été affirmé abusivement dans cette discussion.
Ce qui nous a le plus fascinés, c'est le festival de
Jakar dans la région de Bumthang au centre du pays, un des nombreux festivals bouddhistes qui jalonnent l'année (sauf en été) dans les monastères, avec danses effectuées par des moines masqués aux costumes chamarrés. Une ambiance extraordinaire.
Sur le plan des paysages, il ne faut pas trop compter voir les hauts sommets himalayens. Pour cela il faut faire un trek ou avoir de la chance avec l'état du ciel lors du passage d'un col. Nous avons eu cette chance par deux fois, en gravissant un « petit » sommet à 4000 m, puis aujourd'hui au col de Dochula à l'est de
Thimphu. Il faut dire que nous bénéficions d'un grand beau temps avec un ciel limpide, c'est l'avantage en cette saison. Par contre pour les fleurs (rhododendrons et magnolias notamment) il faut venir en avril-mai, mais le ciel sera plus brumeux. Malgré tout j'ai eu la chance lors d'une randonnée de voir de nombreuses orchidées sauvages.
Pour le reste, les paysages sont plus ou moins ceux des Alpes, les multiples drapeaux à prière en plus et surtout de superbes forêts qui recouvrent tout le relief (plus des trois-quarts du territoire). Cependant les vallées sont très encaissées, ce qui limite l'horizon. Ce n'est donc pas au
Bhoutan que j'ai vu les plus beaux paysages de montagne !
Côté fréquentation, c'est la haute saison et il y a de nombreux groupes de touristes, mais ce n'est pas la foule non plus. Un tourisme essentiellement composé de retraités (comme nous !), parfois BCBG. En effet les hôtels cinq étoiles à 1500 US$ la nuit, poussent comme les champignons. Le
Bhoutan cherche à faire le plus de profit, avec le moins de touristes possible ! Mais la plupart des touristes ne sont pas des marcheurs et sur les sentiers nous étions seuls : on est donc vraiment
hors sentiers battus. Nous avons apprécié le calme et la sérénité qui règnent au
Bouthan et ce ne sont pas les touristes qui troublent le silence!
Mais il y a des côtés très négatifs dans ce pays, à commencer par les routes dans un état déplorable, si l'on peut encore parler de routes (les pistes de la savane africaine sont meilleures!). En effet le
Bhoutan a entrepris un immense chantier de remise en état des routes avec l'aide de l'
Inde. La gestion des travaux n’ayant pas été répartie par tranches, mais sur l’ensemble du réseau, cela perturbe énormément les déplacements car l'on ne roule souvent qu'à 20 km/h.
La route centrale est concernée, à partir de
Punakha, car celle-ci n’était goudronnée que sur une seule voie ! Par ailleurs certains tronçons sont excessivement dangereux, car côté amont, de gros blocs de rochers ne demandent qu'à s'écrouler et côté aval, les terrains instables et hétérogènes risquent de s'effondrer dans le précipice. Notre chauffeur a été excessivement vigilant et cela a dû lui causer énormément de fatigue. La fin des travaux est officiellement programmée en 2018, mais vu l'état d'avancement de ceux-ci et la manière quasi artisanale de travailler, je n'y crois pas et aucun Bhoutanais non plus. Donc il n'est pas très plaisant de passer des heures à traverser un immense chantier et je ne conseille pas un voyage dans ce pays dans les prochaines années.
Il y a aussi le côté trop encadré d'un voyage au
Bhoutan où l'on a à longueur de journée le guide sur le dos, et en plus le nôtre était particulièrement incompétent, notamment sur le plan linguistique.
Et puis la qualité de certaines prestations hôtelières n'est pas toujours à la hauteur du prix demandé. Le rapport qualité-prix est donc calamiteux.
Enfin au niveau des randonnées, c'est un peu le flou artistique pour connaître avec précision les itinéraires : altitudes, temps de marche, dénivelés (notre guide ignorait même ce mot!), avec en prime de grossières erreurs de plusieurs centaines de mètres quant aux altitudes indiquées...
Je rédigerai sans doute un carnet de voyage après notre retour où j'en dirai davantage sur notre voyage dans au
Bhoutan.
Festival de
Jakar