La nouvelle capitale birmane fonctionnerait d'ici fin février
Hla Hla Htay
Agence
France-Presse
Rangoun
La junte militaire en
Birmanie espère achever le transfert de tous les ministères et du commandement central des forces armées vers la nouvelle capitale administrative Pyinmana d'ici la fin février, ont indiqué samedi des responsables à Rangoun.
Par ailleurs, le ministre de l'Information, le général Kyaw Hsan, a indiqué que le grand défilé militaire annuel du 27 mars aurait lieu pour la première fois à Pyinmana, «non pas à Rangoun».
Certains organes gouvernementaux commenceront dès lundi à fonctionner depuis Pyinmana, petite ville commerçante entourée de montagnes et de forêts dans le centre de la
Birmanie, mais tous les bureaux ne sont pas encore équipés de lignes téléphoniques, a déclaré un haut responsable du ministère de l'Intérieur.
«Tous les ministères auront achevé leur déménagement (de Rangoun à Pyinmana) au cours de la troisième semaine de ce mois», a-t-il dit à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.
«Les gens peuvent continuer à contacter notre principal bureau à Rangoun jusqu'à la troisième semaine du mois et nous espérons ensuite pouvoir donner ou confirmer les nouveaux numéros de téléphone (à Pyinmana)», a ajouté ce responsable.
Cependant, des fonctionnaires de plusieurs ministères ont indiqué que le coup d'envoi officiel des opérations dans la nouvelle capitale administrative ne serait donné qu'après une cérémonie d'inauguration, en présence du numéro un de la junte, le généralissime Than Shwe. Aucune date n'a été annoncée.
Des employés de certains ministères, comme ceux de la Défense et de l'Intérieur, ont commencé à travailler à Pyinmana en décembre, a indiqué la source gouvernementale. «D'autres ouvriront dans les prochains jours. Cela dépend de chaque ministère».
«Nous ne pouvons pas dire que le déménagement est terminé», a dit un fonctionnaire du ministère de l'Information.
Des travaux se poursuivent sur l'ensemble de la zone, a constaté un photographe qui s'est rendu cette semaine à Pyinmana.
Le quartier-général des forces armées, qui pourrait commencer à fonctionner mardi, est construit dans un complexe ultra-secret distinct des ministères.
Les petits commerçants ont reçu l'ordre d'établir leurs échoppes dans une zone spéciale proche des bâtiments gouvernementaux parce qu'ils n'auront pas le droit de pénétrer dans les ministères.
Début novembre, le régime militaire en
Birmanie a annoncé que toute l'administration de ce pays de 54 millions d'habitants allait être déplacée de Rangoun vers la région boisée de Pyinmana, à plus de 300 kilomètres au nord.
La plupart des diplomates à Rangoun ont estimé que ce déménagement isolerait davantage la junte qui est régulièrement dénoncée en Occident. La
Birmanie est gouvernée par des généraux depuis 1962.
Le régime n'a pas donné beaucoup d'explications sur le départ de Rangoun.
Cependant, parmi les hypothèses avancées par des diplomates, figurent les craintes d'une invasion maritime par les
États-Unis ou de troubles sociaux à Rangoun, la volonté du régime de renforcer l'emprise des Birmans sur les autres ethnies à partir d'une position plus centrale dans le pays ou bien encore l'influence grandissante d'astrologues sur un général Than Shwe vieillissant.
Le déménagement a provoqué un vif mécontentement parmi les fonctionnaires qui ne sont pas autorisés à amener leurs familles.
Une employée du ministère des Télécommunications, qui a préférer garder l'anonymat, a déclaré avoir démissionné car on lui ordonnait de partir pour Pyinmana ce week-end. «J'ai six ans d'expérience mais je n'ai pas le choix : je ne peux pas laisser ma fille d'un an toute seule».
Des employés gouvernementaux qui ont déjà déménagé vers Pyinmana ont indiqué qu'ils n'avaient pas le droit de disposer de la télévision par satellite chez eux.