Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Lolodesiles · 31 août 2005 à 22:57 19 messages · 11 participants · 3 740 affichages | | | | 31 août 2005 à 22:57 Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 1 de 19 · 3 688 affichages · Partager Date: Wed, 31 Aug 2005 14:11:48 +0100 Objet: e-news de Survival International De:publications@survival-international.org
Enews 31 août 2005 - Bulletin électronique de Survival International ( France)
Botswana : le gouvernement durcit sa position vis-à-vis des Bushmen
Le gouvernement du Botswana vient de lancer une violente offensive à l'encontre des Bushmen du Kalahari central destinée à détruire leur mode de vie. Le gouvernement a annoncé qu'il plaçait des gardes autour de la Réserve pour fermer la zone et en interdire l'accès aux Bushmen. Des Bushmen ont à nouveau été poursuivis parce qu'ils avaient chassé pour nourrir leurs familles. Les fonctionnaires du Département de la Faune et de la Flore ont empêché les avocats des Bushmen de pénétrer dans la Réserve pour consulter leurs clients, malgré l'autorisation formelle de la Haute Cour. Les autorités radiophoniques ont refusé de renouveler les licences accordées aux Bushmen de la Réserve qui utilisent des émetteurs-récepteurs pour communiquer entre communautés. Les gardes forestiers ont été jusqu'à démanteler la propre organisation des Bushmen, First People of Kalahari, en influençant les membres résidant dans la Réserve. Le gouvernement est sur le point de modifier la Constitution du pays en supprimant les mesures en vigueur de protection des Bushmen. Selelo Tshiamo, l'un des Bushmen gravement torturés en juin dernier est mort au début du mois. Au moins 37 Bushmen dans un seul camp ont été contaminés par le virus du sida.
Tous ces faits constituent la plus grave offensive sur les droits des Bushmen depuis leur expulsion en 2002.
www.survival-international.org/news.php?id=990 -- Survival est une organisation mondiale de soutien aux peuples indigènes. Elle défend leur volonté de décider de leur propre avenir et les aide à garantir leur vie, leurs terres et leurs droits fondamentaux. Survival n[base ']accepte aucune subvention gouvernementale et dépend exclusivement de ses membres et donateurs pour financer ses campagnes. Pour en savoir plus ou apporter votre soutien, vous pouvez vous rendre sur le site: www.survival-international.org ou envoyez un courriel à info@survivalfrance.org
Merci de faire suivre ce message à toute personne intéressée. | | | Que faire...? Déjà à notre niveau...forwarder l'info et le site à toutes les personnes suceptibles d'être sensibilisées.
Je ne manquerais pas de faire suivre. | | |  ..... plus le fait qu'on leur interdit l'accés aux points d'eau..... tout ça c'est lamentable et il est vrai que l'on en parle pas assez.... d'ou l'importance de ce post......
Mais bon...... combien va peser le sort des buhsmen face aux inondations aux Etats Unis..... ? pas bien lourd malheureusement en terme de positionnement par les médias, on le voit bien avec les Hmongs au Laos, les Himbas en Namibie, le peuple tchéchéne et bien d'autres ethnies en proie à un abandon collectif face au rouleau compresseur du dieu " business " et " politique " ainsi que tout ce qui se rattache autour.....
Même ici sur voyageforum, lorsque l'on parle de ces problèmes hautement importants car concernant nos origines, il y a toujours fort peu de réponses et quasiment pas de débat à l'intérieur de ces discussions.....
Mais, tout comme pas mal d'entre nous, il est bon de temps en temps signifier que l'on est pas dupe et espérer par nos posts soulever ne serait ce qu'un intérêt sur le moment...... celà peut éveiller des consciences un jour ou l'autre.....
Merci à toi, | | | À: Alan · 1 septembre 2005 à 20:32 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 4 de 19 · 3 624 affichages · Partager bonjour
Oui je ne puis être que de ton avis. Je suis étonné et choqué à la fois. Etonné parce que je ne comprends pas bien l'intérêt des gouvernements à s'acharner sur ces tribus qui ne gènent personne: elles n'ont pas de poids économique, ni politique, peut-être simplement territorial? Aux Iles Andaman le gouvernement aimerait bien avoir les terres des Jarawas pour "délester" le continent et... construire des hôtels (même s'ils s'en défendent...). Au Botswana, on ne peut pas dire qu'ils aient des problèmes de territoires... Bref je ne comprends pas très bien leurs motivations !
Surtout je suis choqué par le fait que le monde moderne est en train de balayer les plus vieilles civilisations du monde. Ces sociétés tribales ont traversé les siècles, les millénaires, ont existé encore plus longtemps que les plus grandes civilisations de notre histoire.. Notre monde actuel, celui de l'éphémère, où l'on dit déjà que le monde industriel a atteint ses limites et court (en seulement 150 ans!) à sa perte, est en train de détruire les plus stables et les plus anciennes civilisations qui ont perduré jusqu'au 21ème siècle
Je sais qu'il n'y a plus grand chose à faire pour eux. En Namibie, il y a 5 ans, j'ai vu des Bushmen. Mais en fait les gens que j'ai vu ce n'étaient plus des Bushmen chasseurs-cueilleurs mais de pauvres gens qui étaient devenus sédentaires malgré eux, après avoir été chassés de leurs terres. J'en ai même vu (on les reconnait facilement ils ont des traits et une couleur de peau particuliers) qui bossaient chez Mac Do !
Je resterai toujours fasciné, dans ces sociétés "primitives" par la transmission du savoir de génération en génération, et ceci depuis les origines de l'Homme. Leur savoir est bien plus grand que le côté primitif que l'on veut leur donner, notamment en matière de médecine, d'astonomie et... de prévisions de tsunami! (aucune victime chez les Jarawas et les Sentinels des Iles Andaman, ils avaient ressenti le séisme, ça laisse songeur).
Je pense que nous devrions tout simplement respecter les derniers représentants vivants de notre passé, histoire de garder une traçablité (mot très à la mode...) de notre Evolution (heu... qui a évolué?)
Ce ne sont que quelques paroles en l'air, mais j'avais besoin de l'écrire. | | | À: Lolodesiles · 11 septembre 2005 à 23:06 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 5 de 19 · 3 585 affichages · Partager Le gouvernement du Botswana repond à ces "accusations" sur son site :
www.gov.bw/basarwa/index.html
Je ne prend pas parti pour ou contre cette decision, mais je trouve qu'il est interessant d'avoir une explication contradictoire avant de juger (surtout sur qqchose d'aussi maigre qu'un communiqué de presse). Après libre à chacun de se faire une opinion. | | | À: Rainman · 29 septembre 2005 à 16:01 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 6 de 19 · 3 533 affichages · Partager - Dans les médias - A noter que la diffusion d'un reportage est programmé ce jour jeudi 29 septembre 2005 a 17h40 TU (19h40 heure de Paris) sur Radio France Internationale (RFI) a propos de l'expulsion des bushmen de leurs terres ancestrales.
Cette émission sera également disponible en téléchargement (gratuit, au format asx et ram) sur le site de la radio, après l'émission jusqu'au lendemain soir.
lien vers le site de l'émission : RFI soir | | | À: Lolodesiles · 29 septembre 2005 à 22:39 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 7 de 19 · 3 512 affichages · Partager Une longue réponse de ma part pour un problème qui n'est pas facile et certainement pas comme tu le décrit, c'est à dire aussi manichéiste.
DE LA LIBRE DECISION DES PEUPLES
Oui, c'est vrai, les civilisations primitives (au sens "premières") évoluent sous la pression de la "civilisation moderne". Lorsque nous avons fondé fin des années 1980 l'ARCH (Association pour la Recherche sur les Civilisations et les Hommes), nous avons eu des discussions épiques entre nous, surtout que nous étions pas mal de monde (dont des ethnologues, des membres de l'Orstom (l'organisme public qui aujourd'hui s'apelle l'Institut de Recherche pour le Développement), du Musée de l'Homme, des cinéastes explorateurs, des photographes, etc...).
La conclusion que nous avions tirée à l'époque ne me satisfait toujours pas totalement aujourd'hui, mais comme hier, je n'ai pas trouvé mieux à proposer : Les civilisations dites "primitives" au contact de la nôtre évoluent rapidement et perdent leur originalité. Mais nous n'avons pas le droit d'interdire à ces peuples l'accessibilité à la civilisation jean-basket-coca si tel est leur souhait. Par contre, il est de notre responsabilité de les aider à stocker la mémoire de leur civilisation s'ils n'ont pas les moyens de le faire (la plupart n'ont que des traditions orales et la transmission d'un savoir faire par contact direct) et/ou à les aider à la garder vivante au moins partiellement si'ils souhiatent que nous le fassions.
A l'époque, nous avions déterminé une cinquantaine de peuplades en voie de disparition culturelle. Et les Bushmen du Kalahari en faisaient partie.
Je ne fais plus partie de l'Arch car ils sont désormais basés au sud de la France et je n'ai plus le temps de participer aux expéditions ethno-cinémato-photographiques de Arch'Organisation. Mais je garde toujours une grande affection pour eux et je les revois avec plaisir quand cela arrive. Ils ont créé le site ethnomuseum.com que vous pouvez visiter si vous êtes intéressés par ces problématiques. et je vous conseille de lire ce qui concerne les bushmen pour un minimum de connaissances.
Mais croyez moi, décider à la place d'un peuple presque toujours divisé ou manipulé par les uns et les autres, est un exercice qui risque de vous faire perdre votre âme. On n'a pas le droit d'imposer à quelqu'un qui ne veut plus l'être à rester "primitf" pas plus qu'on le droit de le forcer à changer son mode de vie s'il ne veut pas en changer. Et prendre position au nom de l'un des membres de cette communauté contre un autre membre de cette même communauté parce que nous jugeons avec nos propres critères, croyances et principes est un acte pouvant apporter autant de mal que de bien. Le pire étant bien entendu d'adhérer à l'une des théories sans en savoir assez et en se laissant emberlificoter par une dialectique démagogique et parfois fausse.
DE LA SOUVERAINETE NATIONALE
Le gouvernement a décidé de créer la zone centrale du Kalahari pour les animaux ( Central Kalahari Game Reserve ou CKGR). Cela correspond à une statégie nationale de développement du pays. Jusqu'en 1972, le Botswana vivait en grande partie de ses exportations de viande de bétail. Mais depuis la découverte de diamants, le Botswana est devenu un pays riche. Toutefois, 90% des ressources du pays viennent de la vente des diamants, et quand il n'y en aura plus, cela risque d'être dramatique. Et donc, comme les ressources ne sont pas grandes et qu'il n'y a pas de tradition industrielle, la stratégie du pays a été basée sur l'exploitation touristique des animaux, ce qui impose la création de grandes réserves d'naimaux de taille suffisante pour assurer un développement écologique viable et une diversité biologique la plus grande possible. Et le plus est le CKGR (avec les fameux Delta de l'Okavango et Chobe ainsi que nixai et le Kgalagadi qui est transfrontalier avec la Namibie).
Cela leur réussi apparemment pas mal, car progressivement, le Botswana devient une destination de plus en plus prisée pour les safaris, créant ainsi des rentrées financières et des emplois dans le secteur touristique liés à la nature.
Effectivement, cela a créé un conflit entre l'intérêt général et celui des 2000 et quelques bushmen utilisant le territoire de la réserve pour leurs activités traditionnelles. Dans un premier temps, le gouvernement a autorisé les bushmen à rester sur le territoire du CKGR à la condition de conserver leur mode de vie traditionnel et leur accordait même un droit de chasse. Mais le mode de vie traditionel ne l'est plus autant avec en particulier une nouvelle activité qui est l'élevage de bétail et l'élevage de chevaux, activité assez incompatbile avec la réserve en partie du fait que les maladies de ce bétail est facilement transmis aux ongulés du parc qui eux, ne sont pas vaccinés.
Ayant participé à la gestion d'une zone de 1200 ha réservée entièrement aux animaux sauvages au Burkina Faso, je peux vous confirmer que c'est un vrai problème et que cela a été une vraie guerilla avec les peuhls nomades...
Et donc le gouvernement a décidé de ne pas laisser les bushmen élevant du bétail et des chevaux dans la réserve pour les déplacer en limite extérieure du parc. Et ce n'est pas vraiment violent : cela fait huit ans qu'ils ont commencé, ils ont indemnisé les bushmen déplacés, installé des écoles, bref fait tout pour essayer de faire le mieux possible compte tenu des circonstances. En France, lorsqu'on exproprie pour des travaux d'intérêt public, on en prend pas de gants comme ça, et cela va bien plus vite. Au Québec aussi, lorsqu'il a fallu exproprier les terrains de St Scholastique pour installer l'aéroport de Mirabel, il y a eu nettement moins d'égards.
Cela ne rend pas les choses moins pénibles pour les personnes déplacées, mais toutes ne sont pas mécontentes et même parmi celles qui le sont, il y en a qui comprennent la nécessité du fait de la modification des pratiques ancestrales faisant que les nouvelles pratiques (décidées librement par les bushmen eux-mêmes) ne sont plus compatibles avec le maintien dans la zone.
Et puis, pour une fois qu'un gouvernement créée une nouvelle zone pour la conservation et la diversité biologique en Afrique alros qu'on n'arrête pas de pleurer parce qu'elles ont plus tendance à disparaître qu'à être créées...
DE L'INTERVENTION ETRANGERE
Mais voilà qu'une organisation anglaise, Survival International, décide de s'emparer de ce cas et fait une campagne gigantesque en utilisant improprement des mots très graves comme meurtres, génocide et torture sans aucune preuve, ni d'ailleurs sans que personne ne puisse confirmer ces affirmations, les bushmen en premier à qui d'ailleurs les journalistes internationaux ont librement accès.
Leur présentation des faits est même totalement subjective et rédigée de façon à induire les lecteurs en erreur. Ils présentent les bushmen comme étant des chasseurs (et pas des éleveurs) capable de survivre d'une manière semi-nomade et nous présente la destruction de la pompe à eau construite récemment pour abreuver le bétail qu'l élèvent désormais comme étant la destruction de leur source ancestrale d'eau pour survivire dans le désert...
Ils parlent également de 100 000 bushmen (le chiffre est d'ailleurs faux) en laissant croire que le gouvernement du Botswana est en train de déplacer 100000 personnes alors qu'il y en a à peine 2000 (on appelle cela un "gros bourg" en France. Qui parmi vous garde encore à l'esprit les noms de Salles sur Verdon et de Luz ?)
Je ne leur accorde aucune crédibilité, et je doute de leur efficacité sauf de leur savoir-faire pour s'attribuer des mérites auxquels ils n'ont pas droit. Je pense en particulier à cette affaire des 400 guaranis du Cerro Marangatu qui ont réussi à récupérer leurs terres, ce que prévoyait la loi brésilienne et que le juge a reconnu. Ce ne sont pas des primitifs mais des fermiers pauvres, et ce n'est pas l'action de Survival International qui a fait quelque chose, d'ailleurs, à part leur site internet, ils n'ont rien fait.
En plus, je les soupçonne d'aller chercher leurs "causes" sur le site d'Anmesty...
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De façon générale, internet est un media qui va vite et qui permet de prendre des positions partiales parfois tout à fait légitimes, mais parfois tout à fait inconvenantes.
Malheureusement, nous sommes ainsi faits que les choses ont été trop vite pour que nous apprenions à exercer une réflexion avant d'enfourcher tel ou tel cheval de bataille.
Merci à Rayman et TomYam (bon ça le TomYam, mais un peu piquant...) de leur recul ! | | | À: Koudou · 30 septembre 2005 à 20:18 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 8 de 19 · 3 494 affichages · Partager bonjour Koudou
J'ai pris le temps de lire ton message qui m'a appris beaucoup de choses, et je pense que je ne suis pas le seul ! Tu sais, je n'ai pas vraiment décrit la situation comme tu dis, j'ai juste dit ce que je ressentais. Cela venait juste du "coeur" (j'ai dit à 2 reprises "je ne comprends pas"), ce n'était absolument pas une argumentation construite de ma part, juste une envie de dire ce que je ressentais. Je connais très mal l'affaire des Bushmen, et en effet je suis certainement manipulé par les médias, Survival ou autres, comme le sont d'ailleurs de nos jours tous les citoyens de France devant leur poste de télévision, à part quelques-uns qui creusent davantage les sujets... Nous vivons dans un monde où l'accès à l'information n'a jamais été aussi facile et pourtant il est très difficile de se faire une opinion face à des informations divergentes, tronquées ou trompeuses.
Quoiqu'il en soit, en dehors du cas des Bushmen que tu connais assurément très bien, et bien que je sois tout à fait d'accord sur le libre choix d'un peuple à orienter son avenir vers la tradition ou la modernité, je reste assez indigné sur le manque de respect dont le monde moderne fait preuve à l'égard de certains peuples, comme par exemple les tribus des Iles Andaman (alcoolisme, construction de routes inutiles en plein milieu de leur territoire, fausses informations sur le tsunami) ou encore les Indiens d' Amazonie. Il n'y a peut-être pas forcément de violence physique mais c'est tout comme. L'irrespect pour moi c'est contraindre ces gens, pas forcément contre leur gré mais par des actes symboliques ou destructeurs, à "prendre le train en marche". Je suis un nostalgique...
Cela n'enlève rien à la valeur de tes propos que je respecte complètement, et qui me donnent un autre éclairage de la situation des Bushmen, d'autant plus que ces propos viennent de quelqu'un qui est impliqué, moi pas.
Amicalement | | | À: Lolodesiles · 30 septembre 2005 à 21:00 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 9 de 19 · 3 491 affichages · Partager Bonjour Loic,
En te lisant, je me suis dit que peut être mon message pouvait laisser supposer une forme de reproche vis à vis de personnes comme toi qui s'indignaient du cas des bushmen.
Il n'en est rien, car je considère que tu es une victime de désinformation et certainement pas en train d'en commettre une de façon volontaire.
Je ne connais pas tellement plus le cas des bushmen (à part quelques conversations avec certains contacts) et je me suis renseigné à toutes les sources que j'ai pu. J'avais eu connaissace de cette histoire par Amnesty International. Et je ne suis impliqué en aucune manière, sauf à avoir prêté une attention un peu plus particulière aux civilisations dont on est en train de perdre la mémoire. Et franchement, même si je ne me sens pas prendre la défense du gouvernement du Botswana, il est impossible de leur donner totalement tort. Il est rare d'ailleurs que les choses soient si simples que ça.
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Je ne sais pas trop quoi dire à tout le monde sur ces sujets qui sont douloureux.
Mais la disparition de peuplades "primitives" est-elle plus importante ou non que la misère d'une partie des français qui n'arrivent plus à se nourrir correctement, qui n'ont plus de toit, qui meurent de froid chaque année quand le froid reveint ? Ou les plus de 6000 algériens qui ont été enlevés par la police secrète et dont le président demande aujourd'hui l'oubli par l'amnistie de ce qu'il a ordonné ou couvert autrefois ? Ou les nettoyages ethniques en Afrique, les attentats aveugles contre des innocents dans le monde ? Les victimes de la famine, les enfants qui meurent par milliers un peu partout quand ils ne sont pas au travail forcé dans certains pays totalitaires ?
Je ne sais pas choisir l'horreur et je ne sais pas classer l'insupportable par rapport à l'insupportable.
Je vais même être plus brutal : je ne me prive même pas car me priver ne servirait pas ceux qui n'ont rien.
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Par contre, ce que je supporte de moins en moins, ce sont les gens qui mentent froidement pour des raisons résidant la plupart du temps dans l'espoir d'un gain personnel direct ou indirect. Ceux qui déforment la vérité, ceux qui ne donnent pas le droit à la parole à leurs adversaires.
Et je crains fort que Survival International ne fassent partie de ceux qui s'achètent une existence sociale en venant mentir et sous prétexte de "formation des occidentaux" viennent débiter "leur" vérité avec pour ligne de conduite de débiter de l'émotionnel et du sensationnel quitte à travetir complètement la vérité, activement ou par omission. Et ce, dans le seul but d'obtenir des clients.
D'ailleurs, avec vous remarqué qu'il y a tout ce qu'il faut sur leur site pour recevoir des donations et même pour les solliciter mais rien pour dire comment cet argent est utilisé ni comment et par qui le contrôle de cette utilisation est fait ?
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Le problème des tribus minoritaires d'un pays est traité d'une façon très différenciée selon les lieux et les croyances. Mais lorsque deux types de civilisation se croisent, c'est celle qui est la plus apte à survivre qui prend le dessus et qui - même avec toute la bonne volonté du monde - finit pas éliminer la plus faible. Cela peut prendre une génération ou des millénaires, mais c'est ce qui se passe à chaque fois.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer parce que de temps en temps, cela peut marcher pendant quelques siècles et que cela en vaut toujours la peine.
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L'autre jour, j'étais en train de m'interroger sur la capacité de la population de VF pour apporter de façon continue de la mémoire des peuples que nous visitons collectivement pour conserver toutes le photos et les garder pour un usage futur et leur restituer quand ils en auront le désir.
C'est un gros travail qui nécessite non seulement la prise des photos, mais aussi l'indexation (indiquer tous les éléments, raconter l'histoire en filtrant le moins possible à travers notre interprétation) qui me fait un peu reculer devant l'ampleur de la tache.
L'ARCH (allez voir leur site, vous aurez une bonne vision) a décidé de le faire en video, mais ils sont un peu faibles en photo. mais cela demande un minimum de formation ethno tout au moins sur les grands principes, et ce n'est pas obligatoirement très facile....
Bref... | | | À: Koudou · 2 octobre 2005 à 12:03 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 10 de 19 · 3 477 affichages · Partager Encore une ressource a écouter (format audio real). Il s'agit d'une émission de france-Culture, du 19 aout 2005. C'est un peu long (1h30).
lien vers la page de l'émission: France-Culture - Bushmen du Kalahari
Fiche: "Bushmen du Kalahari, ou le monde toujours recommencé Avec Stephen Corry, Directeur de Survival International ; Emmanuelle Ollivier, ethnomusicologue ; Manuel Valentin, maître de conférence au Muséum d'Histoire naturelle, auteurs de Les Bushmen dans l’histoire (CNRS éd.) ; Jumanda Gakelebone, porte-parole des bushmen au Botswana."- Il y avait eu une émission sur 'Europe 1' le 24 avril 2005, avec comme invité Philippe Frey, ethnologue, aventurier et écrivain (auteur de " Kalahari, désert rouge", " Survivre au Kalahari"). | | | À: Koudou · 6 octobre 2005 à 18:28 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 11 de 19 · 3 445 affichages · Partager Je suis très surprise de ton mail, qui me semble largement inspiré de l'émission de RFI de la semaine dernière sans la citer. Tes propos envers le monde associatif ne font que renforcer la méfiance qu'ont les gens envers les associations. Il se trouve que je suis un peu les activités de survival et que je ne partage pas ton avis. Je n'ai pas l'intention de contrer tous tes arguments, mais par exemple quand tu dis qu'ils piquent leurs cas chez amnesty, ça me fait rire car ils sont spécilisés dans les droits collectifs (j'ai fait un mémoire dessus). Et quand tu dis qu'on ne peut rien faire, je te rappelle que des textes internationaux donnent des droits aux peuples autochotnes et qu'un groupe de travail y est dédié aux nations unies.
suite à ton message, je suis retournée sur le site survival, et ils proposent aux gens de donner de l'argent, c'est vrai, mais aussi de signer des pétitions, d'écrire des lettres (notamment pour les bushmen) et de manifester (à londres d'accord). quand à l'utilisation de l'argent, comme amnesty ou d'autres, c'est une association loi 1901 donc les membres votent le budget (comme dans mon association de quartier).
bref, je ne comprends pas ton agressivité, je lis régulièrement des infos sur les bushmen dans courrier international, les infos de survival conconrdent. quand aux cas du brésil, ils disent bien sur leur site que la loi au brésil existe mais qu'elle n'est pas appliquée. autre exmeple, ils parlent de 100000 bushmen en afrique australe et pas qu'au kalahari. Bref, allez sur le site de l'association vous faire votre propre idée... | | | À: Helenerev · 6 octobre 2005 à 20:45 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 12 de 19 · 3 438 affichages · Partager Bonjour helenerev,
1. Tout d'abord, il faut absolument préciser que contrairement à ce que tu sembles dire, je ne cherche pas du tout à discréditer les associations en général, mais uniquement Survival. Je trouve par exemple Greenpeace parfois un peu excessif et ils ont parfois commis des erreurs qui se sont révélées constituer du coup des injustices qu'ils n'ont pas cherché à réparer, mais sur l'ensemble de ce qu'ils font, le bilan est très largement positif. Amnesty International fait aussi un travail remarquable. Et lorsque dans mon texte, je dis du mal de Survival, je ne le dis pas d'Amnesty par exemple.
2. Il n'y a pas que l'émission de RFI qui remette les choses à leur place. Et je ne vois pas pourquoi un journaliste français libre de s'exprimer dans une radio non soumise à une pression politique devrait être moins crédible qu'une association qui prend fait et cause pour une des parties en présence avec toutes les raisons d'être partiale dans sa présentation des choses.
Et si tu dis lire régulièrement les informations en provenance de Survival, il faudrait que tu essayes de lire ce qui vient du gouvernement du Botswana. Certes, les textes ne sont qu'en anglais, mais il ne serait pas juste de croire que ce qui est en français est exact alors que ce qui est en anglais est inexact...
De façon factuelle, le gouvernement du Botswana avait accepté que les bushmen restent dans la CKGR à condition de respecter la réglementation. Cette réglementation était parfaitement respectueuse de l'argument des bushmen à savoir qu'ils étaient nomades, n'étaient pas des éleveurs et n'établissaient pas de village fixe conformément à leur traditions.
Aujourd'hui, les bushmen ont établi des villages fixes, font de l'élevage et commence à utiliser des moyens non traditionnels pour chasser (en particulier utilisation de camions et de chiens.
Le problème est donc qu'il y a aujourd'hui une lutte entre deux personnes morales : d'une part le gouvernement du Botswana et d'autre part les bushmen avec des arguments propres à chacun.
Ce que je reproche à Survival est d'utiliser des arguments uniquement passionnels pour frapper les esprits des personnes qui n'ont pas toujours le temps ni la patience de se renseigner (c'est vrai que ce n'est pas facile). Pour cela, ils n'hésitent pas à utiliser l'omission, le mensonge et les approximations qui n'ont rien à voir avec les faits. D'ailleurs cela fonctionne, car s'il est vrai qu'il existe aujourd'hui environ 100 000 bushmen, il n'y en a qu'environ 2000 qui sont concernés par cette affaire les opposants au gouvernement du Botswana. Il n'est pas question de faire des décomptes dans lequel ont diratiq ue cela ne représente que 2% et donc négligeable, car il ne serait pas tolérable de faire un tel calcul (de la même façon qu'on ne peut pas ne pas réagir au fait que 80 000 enfants en France vivent aujourd'hui en dessous du seuil de la pauvreté même si cela ne représente qu'une minorité. Mais cela n'a rien à voir avec un génocide comme Survival n'hésite pas à l'affirmer.
3. A mon sens, et dans l'état d'information dans lequel je suis, j'aurais tendance à dire qu'il faudrait que les bushmen aient de nouveau le droit de chasser (qui leur a été retiré) dans les conditions traditionnelles (pas de voiture, pas d'installation d'élevages), et leur permettre de s'installer en bordure pour ces activités non traditionnelles.
Dans le monde entier, les choses évoluent et il est nécessaire de s'adapter. Et les décisions de cette adaptation sont du ressort des gouvernements que nous espérons être partout démocratiques pour représenter la majorité (c''est vrai que ce n'est pas le cas partout, mais au moins, le Botswana est un république avec des vraies élections et membre du Commonwealth). Il est vrai que lorsque les cultivateurs français ont été expropriés de centaines de kilomètres carrés de leurs terres pour faire passer des autoroutes, cela a été d'une certaine manière une violation de leurs pratiques et propriétés ancestrales. mais le réseau autoroutier était nécessaire au développement économique de la France.
Il faut que les choses se résolvent au Botswana du mieux possible.
Mais je trouve que de tout ce qui se passe dans le monde, le Botswana fait partie de ceux qui font le plus d'efforts vis à vis des minorités contrairement par exemple aux USA qui aujourd'hui encore continuent de déplacer de temps en temps des populations d'amérindiens ou d'exproprier pour des besoins privés de personnes politiquement ou économiquement puissantes (aux USA, c'e'st d'ailleurs presque synonyme).
Et je crois qu'il est nécessaire de rétablir la vérité et la mise en perspective de la réalité.
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4. Pour ce qui concerne les indiens guarani
Il ne s'agit pas du fait que "la loi n'est pas appliquée", mais que deux services de l'état brésilien ne sont pas coordonnés.
D'un part il y a une loi de 1988 qui prévoyait que les territoires indiens devaient être délimités pour 1993. Le travail a commencé, mais du manque de fonctionnaires, le travail n'est toujours pas fait alros qu'il aurait dû l'être. Et le gouvernemant brésilien dit aujourd'hui que ce ne sera pas terminé avant 2006. D'autre part, il y a certains territoires non délimités qui devraient être aux indiens et des propriétaires terriens qui essayent d'en profiter pour faire expluser les indiens à leur propre bénéfice.
Evidemment, il me semble tout à fait logique et normal qu'ils ne soient pas expulsés, et d'ailleurs le jugement du tribunal a été de suspendre dans un premier temps l'expulsion pendant un mois le temps que la délimitation soit faite, et le président Da Silva a signé cette démarcation donnant le territoire aux indiens le 29 mars 2005.
Il est donc faux de dire que la loi n'est pas appliquée ou tout au moins que cela est fait de façon délibérée.
Déjà en France, tout ne va pas toujours très bien dans l'application de la réglementation, et je peux vois dire qu'au Brésil, même certains fonctionnaires sont complètement perdus, certaines lois disant une chose et d'autres disant le contraire. Ils ont un gros travail à faire sur leur code et pas seulement à propos des indiens (par exemple, dans la réglementation concernant l'exportation et l'importation du bois).
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En conclusion (s'il y en a une), je n'incite pas les gens à aller voir le site de Survival pour se faire une idée, mais bien d'aller visiter tous les sites (et pas seulement les sites d'ailleurs car tout n'est pas obligatoirement sur internet) pour se faire une opinion. Car lire un seul site, c'est s'exposer au mensonge et à la crédulité, quelque soit le côté duquel se range le site. | | | À: Koudou · 15 octobre 2005 à 9:38 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 13 de 19 · 3 387 affichages · Partager En toute honnêteté, il est impossible de donner raison même partiellement au gouvernement de Botswana, lorsqu'il fait un usage sans vergogne de la force la plus abjecte pour chasser militari un peuple pacifique vivant de la nature sur son territoire ancestral. Ces gens déportés dans des camps souffrent de la dépression, car coupés de leurs racines, de même que l'alcoolisme et la prostitution sont le revers de la médaille de cette sédentarisation forcée. On ne peut déporter des gens contre leur gré, quels que soient les faux prétextes invoqués. On ne peut commettres des crimes, tortures, meurtres, intimidations de toute nature pour imposer un point de vue. Je suis vraiment navré du comportement Olé Olé de certaines personnes ici sur ce forum en se voilant la face, en amoindrissant la gravité des crimes de l'autorité du Botswana, est-ce de la naïveté devant de la propagande bien ficelée, je ne le crois pas malheureusement, je pense plutôt à la lâcheté d'un conformisme bien confortable. | | | À: Grigan · 18 octobre 2005 à 0:33 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 14 de 19 · 3 366 affichages · Partager Je suis bien embêté pour te répondre...
En premier lieu, je ne veux surtout pas te heurter, parce que je crois sentir une grande passion et un engagement ne serait-ce que moral assez fort de ta part. Et il est certain qu'il faut avoir de la passion.
Mais peut-être à cause de l'âge et parfois l'expérience qui va avec, surtout dans des domaines aussi sensibles que celui-ci, je crains que la situation ne soit pas tout à fait conforme à ce que tu écris aussi... fortement avec des qualificatifs vraiment très marqués.
Je comprends cette notion de priorité à la présence ancestrale. Mais il faut peut être prendre un peu de recul et se rendre compte que le principe de la démocratie est qu'en cas d'opposition, la solution adoptée est celui de la majorité.
Il est certain qu'il existe d'autres systèmes que la démocratie. Par exemple, un gouvernement par appartenance ethnique où les droits d'une ethnie sont prépondérants par rapport à d'autres races. Je souligne que je ne dis pas cela par ironie, car par exemple, en Malaisie, il existe une discrimination positive que j'approuve vis à vis des "bumi putra", c'est à dire des malais et ethnies minoritaires (les orang asli) du fait d'un déséquilibre des richesses du à l'histoire (les anglais avaient confié le commerce au chinois) et qu'il faut rétablir un peu les choses. Les Bumi Putra ont donc des emplois réservés, des contrats publics réservés, des taux de prêt préférentiels, etc...
Par ailleurs, par exemple, il me semble qu'un nouvel arrivant, lorsqu'il a acquis la nationalité française - surtout par choix - doit avoir les mêmes droits que celui qui est le descendant même de centaines de générations. En France, par exemple, il me semblerait diificilement acceptable qu'un français d'origine étrangère ait des droits inférieurs aux autres français sous prétexte que ses parents, ou grands parents ou arrière grands parents venaient d'un pays étranger !
Que penser du cas des anciens habitants de l' Algérie - qui étaient donc de nationalité française - et qui se sont battus pour la France pendant la deuxième guerre mondiale en donnant leur vie pour certains et qui sont parqués (ou leurs familles) dans des conditions peu reluisantes (je parle des harkis).
Pour revenir directement à cette question des bushmen et du Botswana, il est certain qu'il y a peu de bushmen représentés au gouvernement et qu'ils sont minoritaires. Jusqu'où le bien d'une minorité à son bénéfice unique peut il empêcher un pays à se préparer à un changement économique prévisible ? Ou pour dire les choses plus directement, jusqu'où le gouvernement du Botswana doit il accepter de laisser le territoire national (ou une partie du territoire national) au seul bénéfice d'une minorité et à l'encontre du futur du pays.
Je n'ai aucune réponse unique et définitive. Et je ne sais pas qui a le plus raison ou le plus tort. Mais je suis à priori très méfiant envers quiconque explique la situation actuelle en donnant totalement raison à l'un ou à l'autre. Nous avons malheureusement vu dans toute l'Histoire que la "raison d'état" fait peu de cas des individus. Mais dans le cas des bushmen, je trouve que - dans un premier temps - le Botswana a fait plus que quiconque n'a jamais semblé faire. En particulier, à la création du CKGR, le gouvernement avait concédé le droit aux bushmen de continuer leur vie ancestrale dans la zone réservée et interdite à tous sauf aux bushmen. Cette pratique ancestrale était le nomadisme et la chasse. Le problème et le durcissement des choses est arrivé avec la sédentarisation des bushmen dans la zone du CKGR au lieu du nomadisme, l'élevage qui ne fait pas partie des pratiques traditionnelles et peut poser des problèmes sanitaires dans la région du CKGR et surtout de l'utilisation de méthodes de chasse n'ayant plus aucun lien avec les pratiques traditionnelles (avec en particulier l'utilisation de camions, et de chiens). Les deux partis mentent. Directement ou par omission. Et tout ce qu'ils font n'est pas totalement justifiable, d'un côté comme del'autre.
On en arrive à se déterminer avec des informations partielles de l'un ou de l'autre. Et du côté des bushmen, ce qu'on entend est beaucoup plus fort justement parce que l'association Survival s'est fait une spécialité d'utiliser les techniques modernes de communication basé sur l'émotion (quitte à mentir ou à faire des amalgames) et on finit par n'avoir qu'un seule son de cloche. Essayez par exemple de trouver un article sur internet qui plaigne les bushmen et dans lequel la source n'est pas Survival...
Il y a peut être matière à s'indigner. Mais probablement par sur la base d'articles inspirés uniquement par les coimmuniqués de presse de Survival. Et assez curieusement, dès que l'on regarde ou qu'on écoute des émissions faites par des journalistes d'investigation qui sont allés sur le terrain (RFI, Arte), la situation est beaucoup plus nuancée... | | | À: Koudou · 19 octobre 2005 à 15:08 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 15 de 19 · 3 341 affichages · Partager Merci par ta réponse, Mais je condamne toujours pour autant certains de tes propos qui sont vraiment choquants. Quand tu tires à boulet rouge sur l'association Survival International, association reconnue internationalement pour leur intégrité, il y a de quoi être hérissé, si tu ne partage pas complètement leur combat, c'est ton droit et on doit respecter ton point de vue, mais ça ne te donnes pas le droit de salir cette institution, vitale pour mettre en exergue des conflits qui seraient autrement totalement ignorés. Certains de tes arguments sont vraiment affligeants, lorsque tu compares la déportation des Bushmen à l'expropriation d'un propriétaire qui a la malchance d'être sur le chemin d'une autoroute. La nature du problème est évidemment beaucoup plus grave, car en chassant ce peuple de leurs terres, on prive ces gens de leur raison d'être, de leur culture ancestrale intimement liée à la nature qu'ils ont su préserver magnifiquement par un mode de vie on ne peut plus spartiate. Je trouve aussi que tu es très sensible aux arguments avancés par le gouvernement du Botswana, alors qu'ils sont les moins bien placés dans cette affaire pour être impartial, c'est le moins qu'on puisse dire! Je ne crois pas, sans être expert j'en conviens, que quelques troupeaux de chèvres disséminés dans l'ensemble de ce territoire immense soit à même de bouleverser tout un écosystème de manière irrémédiable, c'est vrai que c'est du simple bon sens de ma part, mais il apparaît que nous en sommes de plus en plus dépourvus et prêts à gober n'importe quelles sornettes, pourvu quelles viennent de la bouche d'un expert. En faisant une petite recherche sur Internet quelle fut ma surprise de trouver une moisson de dépêches de presse sonnant la tirette d'alarme sur le sort tragique de ce peuple, donc ce n'est pas l'exclusivité de Survival d'être catastrophiste. Donc pour conclure, ça ne sert rien de se mettre la tête dans le sable, mais il faut continuer à défendre la cause des Bushmen pour qu'ils finissent par gagner leur procès (qui s'éternise) intenté contre le gouvernement du Botswana pour les avoir chassé de leurs terres. Une dépêche parmi tant d'autres: Les derniers Bushmen au Botswana sont harcelés par la police qui a encerclé leur réserve, les privant ainsi d’aller chercher de l’eau et de la nourriture pour les forcer à quitter la réserve. Les manifestations de soutien sont dispersées sans ménagement par la police. | | | cher citoyen, passez-moi les fautes de frappes (et autres). J'ai entendu a la radio ce qui se passe au Botswana. C'est horrible!
Ce que je voudrais faire, ce serait d'ecrire au gouvernement/personnes en pouvoir pour leur dire que j'aurais passer mes vacances en qques semaines au Botswana mais a cause des brimades (et je suis polie) gouvernnementales, j'ai choisi le Mali pour depenser mon argent. Mon amie aussi. Si vous auriez une addresse botswanienne que touts les membres de VoyageForum pourrait utiliser pour se plaindre du comportement plus qu'outre du gouvernement de Botswana, ce serait un debut. merci. kwaheri | | | À: Grigan · 22 octobre 2005 à 5:59 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 17 de 19 · 3 306 affichages · Partager l'association Survival International, association reconnue internationalement pour leur intégrité
euh ??? z'etes surs ???
j'ai lu leurs articles sur leur site ils me paraissent qq peu manipulaturs
je partage pour ma part complèment l'analyse de koudou | | | À: Jpw · 27 octobre 2005 à 21:00 Re: Botswana: Pauvres Bushmen, mais que faire? Message 18 de 19 · 3 273 affichages · Partager Bonjour à tous Je ne regarde pas souvent mes mails mais je peux vous dire que depuis ce forum, je suis encore plus sensible à la situation des peuples autochtones. C'est dingue ce que leur image est utilisée et abusée, surtout l'idée de primitifs : j'ai vu une annonce d'une agence de voyages (pas de pub gratuite) qui propose en nouvelle guinée un trip "au coeurd des tribus" avec "un voyage hors du temps", j'en revenais pas!!! Je crois que j'ai envie de plus les soutenir et de soutenir des assoc qui les aident dont Survival dont la petite polémique sur ce forum m'a permis de mieux connaître, je vous tiendrai au courant de mes activités 'militantes' A bientôt! Hélène | | | Bonjour, ce problème n'est pas neuf... Le processus est enclenché depuis une trentaine d'années! Il relève d'un plan savamment plannifié. A l'époque, le gouvernement (Pr Massire) a commencé à sédentariser les buschmen. En douceur, sans armes, c'était plus sournois et plus efficace que cela! Il a creusé des puits, offert des cadeaux pour ceux qui allaient à l'école de Xade et surtout, offert des chèvres aux bushmen. Seuls, ils pouvaient errer dans le Kalahari en vivant leur vie traditionnelle. Avec des chèvres, qui ont besoin d'eau, cela devenait impossible. Ils étaient coincés! La sédentarisation forcée (mais qui ne disait pas son nom) a réussi. A l'époque, j'avais tourné un film "La Fin de l'Errance", qui décrivait ce processus. La fin des bushmen n'est que la première partie de ce plan. La seconde est la fin de la Central Kalahari Game Reserve elle-même! Au départ, la CKGR avait été mise sur pied pour permettre à ce peuple de conserver sa vie traditionnelle et son territoire de chasse. Sans eux, la réserve n'a plus sa raison d'être. Elle sera un jour suprimée. Le motif invoqué pour virer les bushmen est fallacieux! Les chèvres, chevaux, fusils et autres, ils les ont reçus. C'était un piège, qui allait mené à la perte de leur culture. Le département de la faune n'a pas de pouvoir au Botswana. Il dépend du ministère de l'agriculture, qui donne toujours priorité à l'élevage bovin (fences qui ont bloqué les routes migratoires, tuant 80% de la faune Botswanaise il y a une quarantaine d'années, etc...) Les éleveurs sont très puissants. Ils leurs manquent des terres, car celles qu'ils ont exploitées sont surpaturées.. Le Kalahari est là, presque vide. Ils ont fait supprimer le prétexte de sa mise sous réserve. L'étape suivante est son ouverture aux vaches! Tourisme ou pas. D'ailleurs, ce n'est pas dans cette région que les touristes sont invités à se rendre... PS: Le Botsawana est un pays associé à la Communauté Européenne. Son élevage est en grande partie subsidié par nous, et nous sommes son principal client. C'est donc nous qui finançons indirectement la destruction du Kalahari. CQFD | Discussions similaires sur le Botswana: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 12 465 visiteurs en ligne depuis une heure! |