ce qui fait un charmant village, dans n'importe quel pays n'est-il pas une émotion complexe comportant au moins :
- une composante esthétique intrinsèque celle des bâtiments, de l'environnement et l 'harmonie des deux, sinon c'est l'incongruité choquante (comme en France un magnifique chalet savoyard dans la guarrigue provençale)
- une composante culturelle: retrouver ce à quoi l'acquis (éducation, lectures, cinéma, imagination) vous a préparé,
Du Cochise comme j'aime le lire!!!!

Ps. Beaucoup en arrivant à Saint-Sauveur (
Laurentides) ont une émotion, celle du magasinage!
Quelqu'un de chez nous a eu des "émotions" récemment chez vous:
"Quand je suis arrivé à Figeac, une centaine de kilomètres au sud de Salers, dans le Lot, j'ai su à la seconde que je me plairais ici. Pourtant, les mêmes vieilles pierres, les mêmes venelles, les mêmes tourelles, les mêmes placettes, les mêmes boutiquiers qu'à Salers. Alors? Alors, je ne sais pas, mais peut-être ça: Figeac n'est pas
que pittoresque. La ville n'est pas sous transfusion touristique, elle respire toute seule, comme une grande".
Précédemment il avait dit de Salers:
"Quand je suis arrivé à Salers, dans le Cantal, j'ai su à la seconde que c'était exactement le genre de petite ville où je ne veux pas m'arrêter, pas marcher, pas prendre un café, rien. Saint-Sauveur dans le Cantal. Mais bon, je partais le matin en vélo, je revenais le soir. Comme dortoir, c'est à peu près supportable.
Reste que je ne comprends pas.
Je disais à la dame du café où je lisais mes journaux: ça doit être beau ici, au mois de novembre quand tombe une petite neige et qu'il y a juste des Auvergnats dans le village, pas de Belges, pas de Néo-Zélandais, pas de Parisiens?
Salers, que les guides touristiques décrivent comme un des villages les plus pittoresques de
France, pourrait facilement être une île comme celles où font escale les paquebots de croisière. Les touristes débarquent à Salers pour la journée, en famille souvent, papa le
Michelin à la main, maman le petit dernier dans un attelage sur le ventre, deux autres suivent qui veulent une gaufre, cela attendra, papa a aperçu le beffroi, il vérifie dans le livre, c'est bien ça, le beffroi. Comme Christophe Colomb montrant l'Amérique à ses matelots, il tend le bras: le beffroi.
Il y a aussi le couple de quinquagénaires en culottes tyroliennes, un bâton d'alpiniste dans chaque main, z'ont l'air de faire du ski au mois de juillet, mais sans ski, juste les bâtons.
Je ne comprends pas cette industrie qui s'applique à vider la plus belle géographie du monde de sa poésie, de son âme, plus criminel encore: de son silence, pour remplir les hôtels d'Allemands, de Hollandais, de Belges et, ce jour-là, d'un Québécois de si méchante humeur qu'il s'est engueulé avec le marchand de fromage: je vous ai dit un petit morceau et vous m'en mettez deux kilos, je suis tout seul, je vais le jeter; qui s'est engueulé aussi avec la libraire: vous vendez des livres, madame? Je veux dire, en plus de vos brochures sur l'
Auvergne? La fumée lui sortait par les oreilles, s'étouffant, elle me faisait signe de sortir, partez, partez!"