Jour 2 : Moab, première approche
Réveil matinal. Première étape, un ATM partenaire de notre banque, repéré avant le départ, pour faire le plein de dollars (ni sonnants ni trébuchants) à moindre frais. Deuxième étape, l'épreuve du supermarket. Je profite d'un Whole Food, mon enseigne préférée (même si pas vraiment bon marché) qui restera le seul sur tout notre parcours. Dans l'
Utah profond, on n'a pas forcément le choix des chaînes de magasin. On est plutôt content de trouver une épicerie, même toute petite, même pas très bien achalandée mais pas de panique, on ne meurt pas de faim non plus à moins d'avoir négligé quelques éléments inhabituels. Comment, pas d'ouverture 24/7 des commerces ici

?! C'est qu'on avait fini par y prendre goût

!
Le coffre lesté de boissons et cookies (the real one) ainsi que de notre fidèle glacière D... gonflable, on met le cap vers le sud-est, direction
Moab par le chemin le plus direct. J'avais hésité, lors de la préparation de l'itinéraire, à musarder en chemin mais l'attrait du secteur a été le plus fort.
Moab, la Mecque de l'
Utah, LE spot à ne pas rater, l'endroit où tu peux tout faire : marcher, pédaler, rouler, nager, voler et que sais-je encore... L'endroit, aussi, où tout le monde va, et c'est bien le problème...
Nous allons y passer trois jours et trois nuits. Et c'est ici, dès le début, que le voyage va basculer...

Sur la route, le paysage nous surprend : montagnes encapuchonnées de blancs, torrents qui dévalent les pentes, du vert partout, sombre, plus clair, tendre, mais où sommes nous ?
Au fur et à mesure que les miles défilent, la température grimpe et la roche, qui rougit de plaisir, se dévoile sous un tapis d'herbe de plus en plus rare. Pause repas sur un promontoire qui domine la vallée de la Green River, soupir d'aise, de la rocaille à perte de vue, quelques touffes de graminées, un ciel bleu avec quelques gros nuages joufflus, nous voilà enfin de retour dans l'ouest cher à nos cœurs !
L'entrée dans
Moab me laisse mitigée. La route, toute droite, traverse un paysage dessiné à la tronçonneuse et au bulldozer. J'ai l'impression de me trouver dans une gigantesque carrière. Terrains vagues en construction qui bourdonnent d'engins bruyants et malodorants, espaces abandonnés, de stockage, décharges à ciel ouvert où des carcasses de voiture et des treillis métalliques dressent vers l'azur leur silhouette torturée. L'asphalte, trop noire, trop brillante blesse la roche toute de rouge sombre telle une marque indélébile et de chaque côté, s'entassent, en vrac, des hôtels, boîtes à sommeil, boîtes à manger, boîtes à vendre, à louer, pièges à touristes parés de grands panneaux agressifs aux couleurs criardes.
Moab, à peine entrée, j'ai envie d'en sortir !
M'y prenant un peu tard pour mes réservations d'hôtels, les bons plans sympas et pas trop chers ne sont plus dispos. J'ai opté pour le Comfort Suites. Ici plus qu'ailleurs, les prix flambent dès que la météo s'adoucit. Nous serons donc dans
Moab pendant les 3 jours à venir et alors que ça me semblait une excellente idée, vu de
France, une fois sur place le plan ne m'enchante plus vraiment.
Il est 14h, trop tôt pour décharger nos affaires à l'hôtel qui ne délivre aucune chambre avant l'heure officielle. Ni une, ni deux, retour à la voiture, demi-tour et exit
Moab. Dans le GPS, je sélectionne Corona Arch trailhead et très vite, nous roulons le long du
Colorado lové dans sa gangue de verdure, escorté de hautes parois écarlates où, parfois, s'inscrivent des dessins étranges qui emportent notre esprit dans un voyage temporel.
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