J2 (suite) : Corona Arch
Il y a quelques voitures sur le parking du trailhead, un registre avec un lourd volet métallique qui grince quand on le soulève et un soleil de plomb qui s'abat sur nos épaules par-dessus les bretelles du sac à dos, passager clandestin dont il n'est pas question de se délester ne serait-ce qu'un instant. Chapeau, gourde, on est parti. Evidemment on a oublié la crème solaire. Ça nous vaudra quelques cuisants coups de soleil puisque le printemps lorrain ne nous a pas permis, encore, d'amorcer un bronzage protecteur

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Le sentier grimpe, s'élève, tournicote, traverse une voie ferrée, atteint un premier plateau où les cairns de toutes tailles se succèdent, où les cactus fleurissent encore en explosions roses et jaunes, où quelques buissons s'agrippent dans des failles profondes qui dessinent, sur la roche rouge, de longues ombres sombres. Et tout autour, la montagne nous encercle en courbes majestueuses, nous construit, strate par strate, un nid de roches écarlates qui tranche sur le bleu du ciel.
Rassurez-vous, pas d'acte désespéré en vue, c'est juste moi qui fais l'andouille 
On grimpe encore, pas une once d'ombre. C'est certainement l'heure la plus chaude de la journée. Peu de personnes ont choisi de braver les red rocks à ce moment. Un mal pour un bien.
Et puis elle apparaît. D'abord lointaine elle se rapproche en une somptueuse mise en scène. Et elle grandit aussi, pousse, s'élève jusqu'à devenir, lorsque l'on se glisse à son pied, un impressionnant géant de pierre.
Corona Arch, une arche qui tient ses promesses, qui en rajoute même avec ce paysage magnifique qui fait tourner la tête, qui s'étale, domine dans un décors de théâtre antique qui s'offre même la compagnie d'une seconde prouesse de roche, Bow Tie Arch, aussi vertigineuse quand, basculant la tête en arrière, on laisse le regard se perdre et tournoyer dans la trouée qui en déchire la voûte.
Me voilà réconciliée avec
Moab où du moins avec ses alentours. Les yeux encore pleins d'étincelles, sur la route de notre hôtel, je ne vois plus que cette courbe quasi parfaite où, il y a quelques années pas si lointaines, un aviateur fou s'amusait à faire passer son petit avion !

POUR INFO : Nous y avons passé 2h environ, pauses, photos et "remise en langue" de notre anglais avec un couple d'américains bavards inclus

. La lumière était bonne même entre 14 et 16h et la fréquentation du site très limitée, pas de groupes, pas de photographes à trépieds, pas d'enfants, chiens, asiatiques bruyants et gigotants. Notez que je n'ai rien ni contre les enfants, ni contre les animaux, peut être un peu plus vis à vis des asiatiques ou des trépieds de photographe mais ceci est une autre histoire

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