Je suis très loin d'être du même avis que toi:
Mais alors, pourquoi?
Eh bien voilà, j'ai du aller pour mon travail à
Cuba en juillet 1987.
Comme notre client était une entreprise d'état cubaine et que le billet d'avion était à leur charge, ils ont imposé que je prenne leur compagnie la Cubana de Aviacion.
Je devais faire
Madrid la Havanne, et avant
Nice Madrid, mais suite à des grèves, j'ai du passer par
Paris pour attraper un
Paris Madrid.
Arrivé à
Paris, je demandais des explications à l'aéroport concernant mon vol
Madrid LaHavanne, car je n'arrivais pas à comprendre avec les décalages horaires la durée de mon vol: plus de 15 heures !! L'hotesse ne comprenant pas non plus, elle appella un pilote d'Air France qui était à coté et qui a commencé à dire que c'était pas possible, puis qui a controlé sur un écran et m'a annoncé alors:
Ah mon pauvre, c'est normal, vous voyagez à bord d'un avion russe l' Ilyushin 62, et c'est un avion qui n'a pas l'autonomie suffisante pour traverser direct jusqu'à Cuba, et comme il est interdit aux USA, il se pose d'abord à Gandair sur TerreNeuve, là il fait le plein, et il redescend sur Cuba en longeant les cotes américaines. Vous savez, me dit il, c'est le même avion qui s'est écrasé au mois de mai en Pologne en faisant 180 morts... Ben voyons!
Et en plus, rajoute-t-il,
c'est un avion très mal pressurisé, donc très mal climatisé, je vous souhaite bien du plaisir. Je vous en prie c'est sympa merci.
Là j'ai commencé à avoir peur.
Puis enfin arrivé à
Madrid, je suis monté dans l'engin!
Apparement, rien de spécial, si ce n'est que lorsque j'ai voulu mettre ma malette dans le compartiment au dessus de mon siège, il n'y avait plus de place, car c'était plein de couvertures type Train SNCF. Je n'ai pas compris tout de suite le pourquoi du comment! Donc baggage sous le siège et jambes en travers car peu de place et je mesure quand même 1.88 mètres et tout en jambes!
Décollage et montée et petit à petit un froid infernal s'installe, et la cubaine à coté de moi m'explique qu'il est temps de sortir les couvertures. Ah que je suis bête, c'était donc pour cela!
Je me suis levé pour donner les couvertures, et j'en ai profité pour aller jusqu'aux rideaux qui nous séparaient de la partie avant. Il y avait en fait deux rangées de rideaux entre lesquels se trouvait l'endroit pour les hotesses et la préparation des repas, et derrière le deuxième rideau, surprise, tout la moitié avant de l'avion était remplie jusqu'au plafond d'un amoncellement de colis et de caisses!!!
et une trappe était ouverte dans le plancher de l'allée. Oulà là.
J'ai passé les huit heures jusqu'à Gandair enfouis dans la couverture, avec devant les yeux les rideaux de séparation incliné de 20 degrés par le vent à l'intérieur de l'avion et qui sortait à l'arrière par je ne sais où? Une heure avant d'arriver à
Terre Neuve, j'avais un torticolis épouvantable et je souffrais le martyr.
Enfin Gandair, on se pose, tout va bien. On nous fait sortir pendant que l'avion doit faire le plein, et nous nous dirigeons au petit aérogare, en effet le terrain est militaire, mais une zone est autorisée pour les avions cubains. Je demande combien de temps on reste, et on m'annonce qu'en général, les passagers passent la nuit là, car ils en profitent pour réparer l'avion, en europe ils ne peuvent pas car ils ont eu des problèmes de paiement et plus personne ne veut les réparer.
Je téléphone à ma femme pour lui donner des nouvelles, et tout à coup on nous rappelle pour nous faire monter dans l'avion! Le chef d'escale me dit:
Tiens, c'est bizarre, cette fois-ci ils ne réparent pas. Je ne sais pas si c'est bon signe ou pas, enfin nous voilà repartis pour 6h30 de vol et toujours ce maudit vent et le torticolis qui devient insoutenable.
Enfin nous attérissons à la Havanne, saufs, mais plus très sains.
Le vol du retour, dix jours plus tard, ne durait que 8 heures, car dans ce sens, l'avion (toujours le même, ils en avaient qu'un seul de ce modèle) a l'autonomie suffisante à cause des vents!!!
Il n'avait pas plu à
Cuba depuis très longtemps et ils attendaient «la mousson».
Décollage en début de soirée, mais là, nous n'étions que deux passagers, c'est vous dire si il y avait de la place pour mes jambes, et si en couchant les sièges et en prenant des dizaines de couvertures je me suis aménagé un petit nid douillet.
Le problème, c'est que dès que l'avion à commencé à monter, «la mousson» est arrivée, et qu'un orage infernal a éclaté. Il y avait des éclairs en permanence autour de l'avion et le pilote zigzaguait pour les éviter, et cela a duré plus d'une heure et demi le long de la côte américaine, je m'étais donc dit que l'on retournait à Gandair car on aurait plus assez de kérosène pour traverser, eh bien non, une fois que le pilote a réussir à contourner cette énorme zone orageuse, il a viré d'un coup sur la droite, et s'est mis en route pour
Madrid!
Attérissage à
Madrid, l'avion roule, s'arrêtte, je suis sauvé; ou du moins c'est ce que je croyais, le pire était à venir...
(Deux ans plus tard, cet avion s'écrasait pendant la phase de décollage à la Havanne tuant les 126 passagers à bord et 45 personnes au sol).
Enfin plus que
Madrid Nice, pour rentrer chez moi, et ce coup-ci, c'est Air France, donc «no problems» Ah bon?
Le poste de pilotage de l'avion a pris feu en vol au dessus des pyrénées et......




mais ça c'est une autre histoire.
(
extrait de mon post dans le sujet "les petites galères")