Je suis également de retour depuis le 21 sept. Nous étions sur le même vol mimi0001. C'est maintenant que je réalise qui tu étais (surclassement première classe!) :)
De mon côté, j'étais avec ma femme et nous sommes allé dans le sud de la province dans sa famille. Nous avions 2 valises et 2 bagages à main pleins de nourriture et médicaments. Nous avions entres autres 20kg de haricots rouges, blancs et pois chiches. Aucuns problèmes à l'arrivée à
Cuba, sinon qu'une simple inspection visuelle des "granos".
Ne connaissant pas l'état des routes et l'utilisation que l'on ferait de notre véhicule, nous avons louer un GrandVitara 4x4. Notre route comprend Cueto, Mayari, Levisa, FrankPais (CayoMambi) et nous sommes aussi allés à Sagua, Moa et Cebolla (petit village de 400 hab TRÈS touché).
En prenant la route vers le sud en sortant d'
Holguin, il y a beaucoup moins de dégâts que je m'imaginait. Quelques arbres, poteaux électriques et peu de toîtures. À Mayari, le problème majeur a été le débordement du Rio Mayari et les innondations qui ont suivis. En suivant la route vers l'est, les paysages commencent à changer autour de Lévisa. Les nombreux pins qui bordent la route n'ont pas tenus. Par endroits, on se croirait sur un chantier forrestier du nord du
Québec tellement il y a d'arbres abattus. On voit maintenant les montagnes environnantes de presque partout sur la route.
Cayo Mambi
En entrant dans la ville, on se rend compte tout de suite de la force de IKE. En empruntant le "paseo", la rue principale, on remarque que tout les arbres ont perdus leur "tête" et que plusieurs d'entres eux sont carrément disparus. Il n'y a plus de débris dans les rues principales. Ce qu'on a appris, c'est que l'armée est venu avec des scies mécaniques dès le lendemain et ont fait le grand ménage. Peu de dommages apparents aux habitations... les maisons ayant perdus quelques bouts de toit ont été vite réparées par les moyens du bord, restent celles qui ont perdu le toit au complet qui devront attendre l'aide de l'état! Donc, beaucoup de dégâts aux arbres, parfois centenaires. Le parc centrale est méconnaissable, le parc pour enfants, où mes enfants ont l'habitude de passer leurs journées également.
Ce qui frappe le plus par contre, c'est de voir tout le monde sur le pas de la porte, ou carrément assis sur le bord de la rue, avec seaux et bidons, à attendre. Nous sommes le 14, soit sept jours aprés IKE et ces gens n'ont toujours pas d'eau. En fait, pas d'électricité n'ont plus. Nous sommes quand même chanceux puisque la maison de la belle-famille est sur la même ligne électrique que l'hôpital qui a été rétablie le mardi. Après des visites ici et là à Frank Pais et Sagua, nous constatons que tout le monde est affecté d'une façon ou d'une autre; eau, électricité ou carrément les 2 et ce, une semaine après.
Le pire est à venir nous disent tout le monde! Les récoltes sont finies: les plans de yucca sont à moitié arrachés et bon pour la poubelle, les champs de plantain et fungo sant ravagés et il n'y a plus un seul légume à vendre dans tout le municipio. En fait c'est faux, comme c'est la saison des avocats, bien des gens (comme dans ma famille) se sont retrouvés avec des centaines d'avocats sur le sol (les arbres égalements

). On en a mangé toute la semaine. Ce qu'on dit là-bas, c'est que ce sera un "période spéciale" pour
Nous apprenons qu'il y a également beaucoup de gens malades - grippes, petits virus, diarhées - bien content d'avoir apporté médicaments et vitamines. J'imagine que ça a beaucoup à voir avec le manque d'eau (boire et hygiène).
AU niveau de l'aide de l'état, disons seulement que ça ne se passe pas vraiment comme on le dit. Tout le monde est en tabar**** aprés le président et vice-président du parti de la municipalité. La préparation était inadéquate: pas d'eau AVANT l'arrivée du cyclone pour permettre aux gens de remplir leurs citernes, aucune réserve de nourriture pour distribuer après, les évacués n'ont pas eu de nourriture avant le MARDI MATIN, les bébés de moins de 2 ans ont eu du lait le lundi vers 5h du matin mais rien pour les autres enfants... Bref, on veut leurs têtes! Même qu'un lieu d'évacuation était un tunnel militaire dont le toît dégoûtait sur les gens entassés. Tunnel sans toilettes.... imaginez!!
Comme ça a déjà été mentionné, les "galletas" destinées aux évacués et necessiteux se sont retrouvées en ventes dans la rue dès le mardi.-
Comme il n'y avait que peu de dommages à la maison, nous avons surtout travaillés à ramasser les arbres et branches sur le terrain. Vu les problèmes alimentaires à venir, nous avons également travailer le terrain et planter plus de 200 plants de malangas. Ce ne sera prêt que dans au moins 8 mois, mais que voulez vous. Je suis parti en catastrophe et j'ai complètement oublier d'apporter des semences.
Après chaque journée de travaille, il fallait aller se baigner à la rivière (le Rio Sagua ou le Rio Grande). En fait, les femmes allait se baigner chez le beau frère dont l'immeuble est muni d'une grosse tank, encore à moitié pleine à ce moment. Nous partions de notre côté à la rivière avec des gros bidons pour rapporter de l'eau.
À l'horaire de la semaine également, une visite chez de la parenté à Moa dont nous étions sans nouvelles. Ils dormaient à notre arrivé vers 14h! C'est que 10 jours après IKE, ils venaient tout juste de se voir rétablir le courant. Avec la chaleur, ils n'avaient à peu près pas dormi de tout ce temps.
Le passage de IKE à Moa a laisé beaucoup de traces. Plusieurs maisons près de la mer ont été démolies suite à l'entrée de la mer. Les vents ont aussi fait beaucoup de dégâts. La ville était remplie de pins.... qui n'y sont plus! Dès l'entrés de la ville, du haut de la colline, le paysage est complètement changé! On voit la ville au complet jusqu'à la mer, ce qu'on ne pouvait voir avant. Ceux qui connaissent la ville seront déçus d'apprendre que tous les pins devant le centre commercial sont tombés.... Triste, considérant que c'était peut-être le seul "beau coin" de Moa!
Puis, un petit voyage à Cebolla... petit village assez près de la mer, juché sur des collines et très exposé aux vents. Les dégâts sont majeurs. À notre arrivée, 11 jours après, le village est encore mobilisé. La bodegua du village est en ruines, la mitié du toit de l'école primaire envolée, beaucoup de maisons complètement détruites, évidemment pas d'électricité et pas d'eau. Tio Danilo pense d'ailleurs que le courant ne sera pas rétabli avant des mois... ouch!
Ça fait un peu le tour de notre voyage, n'hésitez pas si vous avez des questions...
J'ai pris quelques photos et j'ai surtout réussi à mettre la main sur plus de 400 photos du parti, prisent un peu partout dans la province!

J'ai mis plus d'une centaine de photos et un vidéo en ligne à cette adresse:
www.la
musicacubana.net/IKE