Quelques infos récentes.....
Le 2 décembre, par Emna Amdouni2011 est une année difficile pour la
Tunisie sur tous les plans et, en particulier, sur le plan économique. Le tourisme tunisien, ce secteur important pour le pays contribuant à hauteur de 7% du PIB, a connu la crise "la plus grande de son histoire", selon Habib Ammar, directeur général de l’Office national du tourisme Tunisien (ONTT). Depuis les troubles du début de l’année, l’activité touristique a chuté d’une façon marquante.
Des chiffres inquiétants, mais pas étonnantsLa
Tunisie a enregistré une chute de 31,9% des entrées touristiques (soit 4 millions de visiteurs alors qu’elle avait accueilli plus de 6 millions touristes au cours de la même période de 2010). Du 1er janvier au 10 novembre, les recettes touristiques ont dégringolé de 35,4%, à 2 millions de dinars, de 41,9% pour les nuitées (19,28 millions de dinars), selon les statistiques du ministère du Commerce et du Tourisme.
"Le secteur touristique a été touché par la révolution, qui fut suivie par celles des pays voisins (l’
Egypte, la Libye et l’attentat du djihadiste du
Maroc). En outre, le pays a connu des perturbations sociales et sécuritaires durant les premiers mois de cette année", justifie Habib Ammar avant d'ajouter: "ce climat d'insécurité a fait désormais peur à beaucoup de touristes. Ce faisant, les flux touristiques vers la
Tunisie sont complètement perturbés. Ces facteurs ont donné lieu à un net ralentissement de l’activité de ce secteur".
Les Européens ont déserté le pays. Selon les mêmes statistiques, ils étaient à peine plus de 2 millions à entrer sur le territoire, soit une baisse de 44,7%. Les Français, généralement le premier marché touristique du pays, n'ont été que 760.000 à visiter le pays (- 42,3%). Même tendance du côté des touristes maghrébins. Les statistiques ne sont pas plus reluisantes, avec un repli de 9,2% des Libyens (près de 1,5 million visiteurs en 2011) et un net recul des entrées algériennes de 40,1% (soit 548.777 personnes).
(L'Economiste du Maghreb)
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Par Monia Ghanmi pour Magharebia à
Tunis – 15/12/11
Malgré les mesures prises par le gouvernement intérimaire tunisien et les promesses faites par les partis politiques, le chômage continue à augmenter, exacerbé par les grèves répétées, les sit-ins et le déclin des investissements et du tourisme.
Un récent rapport de l'Institut national de la statistique révèle que 18,3 pour cent des Tunisiens étaient au chômage au mois de mai, contre 13 pour cent l'année précédente. Cette étude, rendue publique le 9 novembre, estime le nombre de chômeurs à plus de 700 000, alors qu'ils étaient moins de 500 000 en 2010.
Le chômage des jeunes diplômés empire également, passant de 157 000 personnes en mai 2010 à 217 000 au mois de mai 2011.
Ce rapport indique par ailleurs que le taux de chômage fluctue en fonction des régions tunisiennes. C'est le centre-ouest qui enregistre le plus mauvais chiffre (28,6 pour cent), suivi par le sud-ouest (26,9 pour cent), le sud-est (24,8 pour cent), alors que les taux de chômage les plus bas se retrouvent dans la région du nord, où ils oscillent entre 17,3 et 17,8 pour cent.
Cette hausse est en grande partie attribuable à la perte de 137 000 emplois dans les secteurs de l'agriculture et du tourisme au cours de l'année dernière, selon Habib Fourati, directeur du Centre des statistiques démographiques et sociales.
Wassilla Naouali, spécialiste en psychologie sociale, met en garde contre les problèmes pouvant résulter d'un chômage persistant chez les jeunes, affirmant que celui-ci pourrait les conduire à des violences religieuses extrémistes, parfois même au terrorisme, pour manifester leur désappointement et dans l'espoir de réaliser leur rêves et leurs aspirations.
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Par Houda Trabelsi pour Magharebia à
Tunis – 07/12/11
Des hommes barbus traînant dans les rues et frappant à coups de bâton ceux qu'ils perçoivent comme différents de leur secte, terrifiant les femmes et les jeunes. Monia Jawadi, une Tunisienne, décrit avec force ce à quoi pourrait ressembler le pays si ce dernier devait institutionnaliser sa première police des moeurs.
Des communiqués laissant entendre que la
Tunisie pourrait créer un comité de promotion de la vertu et de prévention du vice sont à l'origine d'une vague d'anxiété parmi les citoyens, en particulier dans la mesure où le pays lutte encore pour préserver ses acquis sociaux.
"Ce serait un désastre majeur si un tel comité obtenait une autorisation légale", déclare Jawadi, qui ajoute que cette instance serait "étrangère" à la
Tunisie et à ses coutumes.
Adil El Almi, fondateur du comité, affirme toutefois que la création d'une police religieuse est devenue "indispensable" dans le pays.
"La récente élection a prouvé qu'on ne peut pas remettre en question l'identité islamique de la
Tunisie", a-t-il expliqué à Magharebia.
"Notre domaine d'activité sera principalement social, et nous tenterons de trouver des solutions aux problèmes avant qu'ils ne soient confiés aux tribunaux", indique-t-il. "Nous redresserons aussi les torts et défendrons les opprimés. Nous commencerons par cela, puis suivrons une politique faite d'étapes graduelles et de débats".
L'institution se compose "d'un organisme de la charia comprenant un certain nombre d'érudits et d'experts en jurisprudence de la charia islamique, ainsi que de spécialistes issus des instances législatives et médiatiques", ajoute El Almi, précisant que ce groupe devrait "soumettre prochainement une candidature pour se lancer dans le travail associatif".
"Nous pensons que les Tunisiens en seront fiers, et qu'ils n'auront plus à recourir aux chaînes satellitaires religieuses en quête de fatwas", poursuit-il. "Le travail de cette instance de la charia sera directement lié aux érudits, et nous n'aurons donc plus besoin des fatwas délivrées par les imams du Moyen Orient."
Le comité d'El Almi a protesté contre la nomination d'
Iqbal Gharbi
au poste de directrice de la station religieuse de radio Zaytouna. Lors de sa première apparition publique, le groupe a organisé une manifestation en face du siège de la station pour réclamer son départ.