Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain" Cochize · 26 février 2009 à 10:59 · 20 photos 97 messages · 10 participants · 25 082 affichages | | | | À: Kashtin · 14 octobre 2009 à 15:07 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 61 de 97 · Page 4 de 5 · 2 828 affichages · Partager bonjour,
voici le récit d'une rencontre avec un prospecteur malchanceux
Petites histoires de la Dry Belt de Colombie Britannique : rencontre avec ‘’Double Rhum’’ le prospecteur malchanceux
Ce village Canadien tout près de la frontière entre Colombie Britannique et Washington, se trouve dans l’extrémité septentrionale du ‘ shrub desert ‘ qui s’étend depuis le Mexique, traverse Nouveau Mexique et Arizona, le Nevada, une partie de l’ Utah, l’Eastern Oregon, l’Eastern Washington pour finir dans le sud de la Colombie Britannique (disons vers Kamloops pour donner une idée) où il est connu sous le nom de Dry Belt, localement sous celui de Little Arizona, ce qui dit bien ce que cela veut dire tant au niveau des paysages que du climat. Ce ‘’shrub desert’’ étiré sur plusieurs milliers de kilomètres s’insère donc pour une bonne part, entre Rocheuses à l’Est et Chaînes Côtières et Cascades à l’Ouest.
Dans ce domaine de terrains peu végétalisés, souvent dénudés et de forts contrastes thermiques certains phénomènes sont bien plus visibles qu’ailleurs. Il est ainsi parcouru de ‘ ’dust twisters’’ sortes de mini ou micro tornades de sable et de poussière, parfois curieusement zigzagantes (tel le Diable de Tasmanie du dessin animé!) souvent fugaces et évanescentes qui semblent s’évanouir tels des esprits joueurs pour se reformer un peu plus loin. De fait ces dust twisters, qui ne dépassent souvent pas un mètre de diamètre et quelques mètres de haut tout en pouvant cependant atteindre des dimensions bien plus conséquentes (photo) sont aussi connus dans le Sud Ouest Américain sous le nom de ‘ ’ dust devils’’ ou ‘ ’dancing devils’. Ils passent pour la manifestation d’esprits dans la tradition Amérindienne, notamment Navajo, bons ou mauvais esprits selon le sens de leur rotation d’ailleurs.
Ce ‘ shrub desert ’ a depuis longtemps été colonisé par le Western rattlesnake que l’on trouve jusqu’à une altitude étonnante dans l’Okanagan de Colombie Britannique sous la variante du Northern Pacific rattlesnake et qui semble s’être adapté à des températures assez basses. Je me souviens en avoir vu un, bien vivant, à la surface du sol en forêt et en altitude, n’ayant donc pas encore hiberné alors que les premières neiges d’automne venaient de tomber. Quoique visiblement peu alerte il s’est instantanément lové, en position de défense.
Cette région a aussi été, beaucoup plus récemment, colonisée par une autre icône de l’Ouest, allochtone elle, ‘’tumbleweed’ la bien nommée . Desséchée, plus ou moins sphérique, elle peut, comme au cinéma, être gentiment roulée par la brise ou bondir comme une balle de squash, contre la porte du motel quand le vent souffle fort, au printemps notamment, et finit par s’accumuler en monceaux inextricables contre un obstacle tel qu’un clôture
:
Je m’y trouvais alors, dans ce cadre, en début d’été. Après la journée passée sous le soleil brûlant des montagnes un arrêt à la taverne locale était devenu un passage non pas obligé quand on a de la bière fraîche au réfrigérateur au motel mais bien tentant malgré tout.. Non pas que la taverne fût d’un abord particulièrement attirant, le bâtiment tout à fait anonyme, dans la rue principale n’avait même pas un enseigne colorée engageante au nom évocateur hérité de la tradition anglaise et que l’on trouve occasionnellement en B.C. Mais la pression, c’est quand même plus rafraîchissant que la canette
Cette taverne était le genre d’établissement où il fallait un bon moment à vos yeux pour s’habituer à la pénombre quand vous arriviez de la lumière crue de l’extérieur et dans lequel la country ou la blue-grass règnait en maître tandis que, sur une estrade, de jeunes femmes court vêtues les ‘ ’go-go dancers’’ s’évertuaient à créer une ambiance en s’agitant confusément dans tous les sens ce qui semblait laisser plutôt amorphes les habitués plus préoccupés par le contenu de leur verre et pensant probablement au moment où ils devraient ressortir dans la fournaise extérieure. A peine étiez vous assis que, sans que vous ayez eu le temps de demander quoique ce soit, une serveuse presque aussi désabusée que ses clients, déposait devant vous deux grands verres. A peine aviez-vous fini de boire le premier qu’elle était de retour avec deux autres et ainsi de suite.... Le consommateur devait toujours avoir deux bières pleines devant lui, manière de maintenir.... la pression. En conséquence de quoi, la bière étant comme on le sait un diurétique éprouvé, le va et vient devant le ‘’men’s room’’ ne faiblissait pas.
Parmi les habitués de cette pénombre un peu ambigüe figuraient toujours deux ou trois ‘bras cassés’ du type de ceux qui- dans le temps- devaient fuir par derrière en renversant leur chaise dans leur précipitation dès qu’ils voyaient entrer les agents du Forest Service à la recherche d’hommes valides, de 18 à 50 ans, pour aider à combattre le nouvel incendie de forêt. Et puis il y avait aussi les piliers de taverne qui eux n’auraient jamais risqué d’être réquisitionnés tant leur inaptitude à se rendre utile était flagrante pour raison d’imbibition permanente. J’avais fait la connaissance de l’un de ces personnages dont le vrai nom était Pete mais que j’avais baptisé ‘’Double-Rhum’’ -bien que son quotidien fût plutôt fait de bières et accessoirement de gin- en souvenir d’un personnage de bande dessinée de mon enfance. Tant par son physique buriné, sa démarche souvent approximative, son accoutrement souvent hétéroclite, que par son discours souvent dilué dans la bière il incarnait à mes yeux le vieil alcoolique sympathique qui fait partie de la galerie de personnages de la ‘’mythologie’’ de l’Ouest. Il en était une caricature presque aussi achevée que le personnage de la B.D. Un jour, mon accent l’ayant intrigué, nous avions lié conversation et les jours suivants je me dirigeais directement vers sa table pour écouter les histoires qu’il contait inlassablement à tout auditoire bien disposé. Bien sûr pour les gens du village c’était un vieux radoteur, un ‘ drivelling old fool’ un peu timbré, ce qui était probablement un peu vrai mais pour moi, il représentait un peu du sel de l’Ouest.
Quoique ayant passé la plus grande partie de sa vie dans l’Ouest Pete était originaire de l’Est qu’il avait quitté dans sa jeunesse dans l’espoir de faire fortune en prospectant le cuivre et l’or. Les grands classiques, il en connaissait la plupart, disait-il, les Cariboos, le Kootenay, la Fraser, la Higland Valley, le Klondike, le Nevada, la Californie avaient tour à tour porté ses espoirs. Des ‘’claims’’ c’est à dire des droits miniers, il en avait ‘piquetés’ un peu partout. Les ‘mother lodes’ mythiques ayant alimenté nombre de placers de la Province il les avait aussi traqués, comme les chevaliers d’une autre époque le Saint Graal... mais il était resté comme la majorité de ses collègues et comme dans la chanson de Charles Aznavour un de ceux à qui la chance n’avait jamais souri. A la différence de son collègue (le prospecteur intrépide dont j’ai raconté l’histoire il y a quelque temps) il n’avait jamais pu s’acheter d’hydravion pour se déplacer. Maintenant il rêvait encore de ce que cela aurait pu être...L’âge venu, il s’était mentalement rabattu sur la recherche des trésors cachés dans la région même, ceux que la tradition orale disait être enfouis à la suite d’un hold- up de banque, de diligence, de l’attaque d’un convoi de mules le long du canyon de la Fraser, à la fin du XIXème siècle ou encore à la suite du crash d’un avion gouvernemental chargé d’or récupéré des Nazis vers la fin de la seconde guerre mondiale. Il était de ceux pour qui le village de Cache-Creek, carrefour routier sur la Transcanadienne, ancienne cache pour la ‘grande trappe’, que beaucoup de voyageurs traversent entre Vancouver à Calgary, devait son nom à un butin caché par un ‘’outlaw’’ des années 80 et il avait encore sa petite idée des endroits où le butin pourrait être enfoui.
Il avait une sorte d'obsession, il revenait toujours et c'était bien avant que mon travail m’amène dans cette Province, sur les Badlands du sud Saskatchewan, encore connues sous le nom de Muddy Badlands, à cheval sur le Montana, repaire des outlaws, desesperados, de toute spécialité, de tout acabit, pilleurs de banques ou de diligences voleurs de chevaux ou de bétail, hantés par de célèbres fantômes dont ceux de Butch Cassidy et le Sundance Kid (notez que ces deux là devaient être doués d’ubiquité car on retrouve trace de leur passage un peu partout). C’était apparemment une sorte de sanctuaire-refuge, un autre ‘robbers roost’, le terminal d’une véritable ligne que les outlaws de l’époque avaient aménagée, organisée un peu comme une ligne de diligence, avec des caches, sinon des relais, préalablement préparées du sud au nord à travers toute l’étendue de l’ouest des Etats Unis. Son idée était que le long de cet itinéraire de plusieurs milliers de kilomètres il y avait sûrement des caches, des butins enfouis restant à trouver... Certes un bon nombre de cherche-fortune avait déjà essayé avant lui mais avec du matériel rustique, des ‘’poêles à frire’’ peu sensibles du type de celles que l’on trouvait alors à l’Army and Navy près de Gastown à Vancouver, sur Cordova. Il était persuadé qu’avec le matériel beaucoup plus sensible des professionnels (vos machins à protons disait-il) tels que celui que j’utilisais, nous serions à nous deux en mesure de nous enrichir.. Aussi fascinants que fussent ses brumeux projets je n’étais évidemment pas en mesure de l’aider à les réaliser; à défaut je luis payais donc ma tournée de ‘draft’ ce qui lui procurait au moins une petite satisfaction immédiate et l’aidait à oublier l’injustice de ce monde.
Un vrai personnage Pete, tous des sujets de Westerns ses récits....un vrai office du Tourisme pour passionnés d’histoires de l’Ouest, pas forcément made in USAPar exemple un autre de ses récits favoris était l’histoire de ce Pasteur qui vers la fin de l’Ouest ancien, puisque c’était autour de 1912, officiait dans une petite communauté de Colombie Britannique dépourvue de station de la RCMP. Ce remarquable homme d’Eglise, dépassant les six pieds sous la toise, se trouvait aussi être une sorte de vétérinaire et surtout, c’est le sel de l’histoire, tireur émérite. A la différence de Bossuet c’est cette dernière qualité, plus que la teneur de ses prêches, qui l’a fait passer à la postérité. Rentrant chez lui après un service religieux et apprenant qu’une demie douzaine de hors la loi venait d’attaquer la banque locale, il aurait troqué sa Bible contre son fusil Enfield pour joindre le ‘’possee’’ chargé de les rattraper et, pris dans une fusillade aurait, en quatre balles tirées, abattu quatre des fuyards. Plus fort que Robert Mitchum dans ‘’5 Cards stud’’ (Cinq cartes à abattre) du fameux Henry Hathaway de 1968 !!!
Au fait ceux qui passeraient par hasard dans le Sud Saskatchewan, dans le coin des Muddy Badlands à Coronach au sud de Regina, et qui souhaiteraient en savoir plus sur la saga de la ‘’Outlaws trail’’ peuvent s’adresser au ranch ci- dessous pour une visite guidée. Mais téléphonez avant: vous aurez noté, en passant la mise en ambiance dès la grille d’entrée du ranch !!
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Contente que les premiers frimas t'aient fait rentrer au coin du feu pour continuer à raconter tes histoires  .
Je ne savais pas ce shrub desert était si étendu du nord au sud... Effectivement nous avons déjà vu de ces tumbleweeds, peut-être bien au Nevada (?), et aussi des dust twisters, surtout le long de la Hwy 50.
J'ai encore adoré cette histoire si bien racontée! Merci!! 
Pascale | | | À: Cochize · 14 octobre 2009 à 21:23 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 63 de 97 · Page 4 de 5 · 2 812 affichages · Partager Merci Cochize pour cette nouvelle chronique du sud-ouest profond! C'est toujours un régal, on se croirait au cinéma car tu racontes si bien que les images nous sautent aux neurones! A bientôt j'espère pour une nouvelle histoire! Marie | | | À: Cochize · 21 août 2011 à 20:19 · Modifié le 17 mars 2014 à 8:46 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 64 de 97 · Page 4 de 5 · 2 236 affichages · Partager La chasse au géologue est-t-elle ouverte ?.....
les collines autour de ma maison résonnent depuis quelques jours des cris et des coups de fusils de chasseurs : la chasse au sanglier est ouverte dans la garrigue. Les journaux parlent des problèmes liés à une surpopulation indiscutable par rapport aux activités agricoles voisines. La chasse est une solution partielle au problème, j'en parle en indépendance n'étant moi-même ni chasseur, ni agriculteur......
Mais un corollaire au sujet est celui de l'accident de chasse : y-aura-t-il des morts cette année ? Ou combien y en aura-t-il ?
Ce qui me ramène à l'esprit d'autres histoires de chasse ...
Aux Etats Unis, la profession sujette à toutes les blagues, la cible professionnelle privilégiée des dessinateurs humoristes est probablement celle des avocats.
Parmi les thèmes utilisés j'aime bien celui de de la ''lawyer hunting season'' (Season ). A ce moment là de l'année les citoyens nourrissant une rancoeur tenace contre un de ces hommes de loi seraient en mesure de lui trouver un exutoire grâce à la chasse.
L'ancienne candidate à la présidence Sarah Palin et ex-gouverneur d'Alaska était réputée être capable non seulement de chasser l'orignal mais encore de le vider, de le découper etc... toutes choses faites sur place, ce qu'en anglais on désigne sous le nom unique de ''field dressing''. Et ce n'est pas une mince affaire.... Peut-être que la réputation était un peu au delà de la réalité !!
Il se murmurait aussi que la même Sarah Palin était capable d'en faire autant à un avocat. Donc en saison, avocats d'Alaska...restez en ville....
De ces choses là j'ai connaissance parce qu'avec un vieil ami, attorney de Denver, plein d'humour nous échangeons de temps en temps des morceaux choisis.....
Revenons en à l'époque de l'histoire.... Dans le Nord de la Colombie Britannique
En ce qui me concerne, n'étant pas avocat, je pensais que je risquais rien mais un jour de septembre, la chasse à l'orignal étant ouverte, j'ai bien cru que la chasse au géologue l'était aussi.
Dans la région des Skeena et Stikine cette belle journée ensoleillée je me trouve seul en forêt. Un première ondée neigeuse a saupoudré le feuillage la campagne d'été tire à sa fin.
Un hélicoptère vient de me lâcher et doit me reprendre en fin de journée, une douzaine de kilomètres plus loin. Avant de me déposer il a d'ailleurs survolé le point de ''sortie'' prévu pour s'assurer qu'il pourra s'y poser en fin de journée.
Je sens que la journée va être superbe et je suis.... enfin seul ! Je fais de temps en temps une entorse à la procédure auto-imposée qui consiste à ne pas envoyer un homme seul en forêt ou en montagne mais c'est tellement agréable de se retrouver en solo en n'ayant personne d'autre à gérer que soi-même. Vous ressentez alors, en ce moment privilégié, un sentiment de grande liberté pendant une journée au cours de laquelle vous êtes coupé des em...... quotidiens. En principe pas un être humain dans les 50 kilomètres et peut-être 100. La sécurité n'est pas négligée, le pilote sait où je me trouve et j'ai laissé mon itinéraire sur une photo aérienne au camp.
Sac au dos, à la boussole Sylva qui pend à mon cou je marche droit, j'espère, vers le point que j'ai l'intention d'examiner. Végétation certes peu dense de sapins, épiceas, bouleaux et autres essences mais végétation malgré tout, ce n'est pas le terrain dégagé de la montagne à plus haute altitude ou de la toundra à plus haute latitude.
Les seuls bruits sont ceux de mes pas et des brindilles ou branchages morts qu'il brisent de temps à autre. Il est loin le temps oû je marchais en chantant pour... avertir la faune locale de mon arrivée. Pas d'appel d'animaux ou d'appelant, rien qui pourrait indiquer la présence d'un gros animal ou d'un autre humain à proximité. Sé-ré-ni-t-é !!
J'ai à la ceinture, d'un côté mon couteau, une boussole de précision et mon marteau et de l'autre mon Ruger 44 Magnum pour lequel la Gendarmerie Royale (RCMP) de Victoria m'a accordé un permis de port tant que je reste dans le secteur géographique opérationnel défini par la licence (Omineca, Skeena, Stikine). J'appartiens à une génération qui connait encore peu la bombe à poivre et surtout pour laquelle ce gadget ne remplacera jamais un gros calibre en cas de situation vraiment délicate (si on le maitrise suffisamment bien, évidemment)
Et soudain deux coups de feu claquent, le tir d'un arme puissante, pas celui d'une 30x30.
Pas loin d'ici mais heureusement en hauteur une balle au moins a touché un branchage, des débris sont tombés de l'arbre. N... de D... Un troisième coup de feu passe plus loin, je ne sais trop où. Je suis déjà à terre et d'instinct lâche en l'air trois ou quatre coups du Ruger, le plus vite possible et en même temps hurle je ne sais plus trop quoi à l'intention du tireur invisible. Probablement dans la gamme S.O.B et synonymes approchés... Et j'attends...en rechargeant mon arme. On ne sait jamais..
Ce qui vient de se passer est très certainement le fait d'un chasseur imbécile qui, arrivé comme moi par les airs, s'est crû seul au monde et a fait feu en direction d'un bruit provoqué par la progression d'un animal... croyait-il. Toutes les années il y a des morts liées à l'incompétence de tels individus. Chez nous dans la garrigue ou en forêt ils croient tirer sur un sanglier -qu'ils ne voient pas- et tuent un confrère. Ailleurs c'est en chassant l'orignal.
Mais en regardant alentours en prenant conscience de l'environnement je suis un peu inquiet. Qu'une balle au moins tirée d'une longue distance par une arme de chasse puissante ait pu '' voyager'' jusque dans mon voisinage avant de percuter un obstacle voilà qui est étonnant. Comme je disais la végétation arboricole n'est pas dense mais il y en a une et d'autres arbres auraient du arrêter un projectile venant de loin. D'un autre côté il n'y a pratiquement pas de sous bois et la visibilité à distance est plutôt bonne. Je ne vois rien de particulier aussi loin que je regarde.
C'est donc peut-être autre chose... Peut être que des abrutis essaient de rejouer ''Deliverance''. Peut-être que... mon chemin a croisé celui d'un cinglé. Près de dix ans auparavant au Québec, un jeune collègue doctorant Indien de Bombay J.D.C. qui avait trouvé refuge pour la nuit dans la cabane d'un garde-feu solitaire avait été fusillé à bout touchant en pleine poitrine, avec une 22, endormi dans son sac de couchage par son hôte apparemment pris de folie et qui avait pris la fuite en canoe. Son guide l'ayant chargé dans son propre canoe l'avait conduit en pleine nuit à un camp en aval d'où un Beaver l'avait emmené sur Chicoutimi. Opéré en urgence, un poumon plein de sang, il s'en était sorti mais de justesse.
Bref ! Sur le moment j'ai autre chose à faire que de me livrer à ces disgressions. J'attends, toujours couché, combien de temps.... ? je ne m'en souviens plus. Ce qui est sûr c'est que je n'entends plus rien... ou bien le tireur en face en entendant tonner le Ruger a eu honte de son inconscience et a fui ou bien -si c'est un cinglé- il s'est dit que le gibier n'était pas sans arguments.....et il a fui aussi.
Il a bien fallu que je finisse par me lever mais j'avoue que l'insouciance du début de journée s'était quelque peu évaporée. Je n'ai jamais connu l'origine des coups de feu qui m'ont gâché la journée. | | | À: Cochize · 24 août 2011 à 21:59 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 65 de 97 · Page 4 de 5 · 2 196 affichages · Partager Ah, le conteur Cochize est de retour!  J'ai bien failli passer à côté, moi aussi, tellement tu étais bien caché dans les fourrés   . Cela dit je n'aurais pas adoré me retrouver dans semblable situation  ... Mamma miaaaaaa!  Il t'en est arrivé, des aventures, toutes plus étonnantes ou exceptionnelles les unes que les autres, et j'espère que tu vas te remettre à nous les raconter avec ton talent habituel   . Je me régale d'avance...
Bonne soirée à tous deux,
Pascale | | | À: Cochize · 20 mai 2012 à 14:07 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 66 de 97 · Page 4 de 5 · 2 050 affichages · Partager Le prospecteur, l'ours et le couguar..
l'histoire qui suit ne m'est pas personnelle mais elle est tellement insolite, tellement inédite et a donné lieu, outre Atlantique, a tant de commentaires que je n'ai pas résisté à l'envie de la diffuser
en résumé :
Vers la fin mars un certain Robert Biggs 69 ans habitant dans le nord de la Californie et qui parcourt la montagne depuis près d'un demi-siècle était sorti pour orpailler un peu d'or.
Il raconte que son chemin a croisé celui d'une mère ours (ours noir) accompagnée de son petit, une mère ours de sa connaissance en quelque sorte puisqu'il l'avait déjà croisée à deux reprises dans le secteur et avait eu l'occasion d'échanger un regard avec elle...
Donc, ce jour là, ayant une nouvelle fois rencontré calmement son regard avant de s'écarter de son chemin, il est soudainement attaqué, par derrière, par un couguar embusqué qui lui bondit à la nuque (attaquer un animal à la nuque, çà c'est disons... classique pour le couguar). Il est protégé d'une morsure grave par son sac à dos mais tombe à terre et lutte avec le chat avec son pic de prospecteur...
En un instant la mère ours encore toute proche '' arrive à la rescousse'' bondit sur le félin qu'elle saisit à son tour au cou... une nouvelle bagarre s'ensuit entre les deux animaux... qui se conclut par la fuite du félin....
La mère ours et le prospecteur échangent encore un regard et l'ours s'éloigne rejoindre son petit...
Homo sapiens se dit persuadé que l'ours est intervenu avec l'intention de le sauver de l'attaque du cougar..
... mais d'autres on dit que l'ours ayant estimé l'homme inoffensif (peut-être parce qu'il l' avait déjà ''testé'') a simplement voulu éliminer le risque cougar, lui un vrai danger pour son petit.... point à la ligne!
... d'autres encore ont dit que Robert a du tomber dans l'escalier en revenant de la taverne, se faire griffer par le chat du voisin et qu'il lui fallait bien trouver une histoire pour éviter une scène de ménage... !
en tous cas çà ferait une belle histoire pour un film de Walt Disney...non ? Man Says Bear Saved Him From Mountain Lion Attack In Butte Man Attacked by Mountain Lion, Saved by Bear - ABC News cochize | | | À: Cochize · 20 mai 2012 à 14:19 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 67 de 97 · Page 4 de 5 · 2 037 affichages · Partager Hello Jean-Paul!
Quelle bonne idée tu as de venir conter des histoires, alors que dehors c'est la tempête, pluie et rafales furieuses, et que ronronne la cuisinière à bois... Et quand en plus ce sont des histoires d'ours... 
Bises,
Pascale | | | À: Cochize · 2 juillet 2012 à 0:27 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 68 de 97 · Page 4 de 5 · 1 949 affichages · Partager Quelle superbe "file" dommage qu'elle ait été abandonnée ! Pour ce soir je l'abandonne sur cette étrange histoire de loups qui vous surveillaient pour vous déguster ou pour vous apprivoiser ? on ne saura jamais. Je reviendrai bien vite lire les autres histoires. Ninou | | | À: Ninou98 · 7 juillet 2012 à 16:59 · Modifié le 10 juil. 2012 à 10:37 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 69 de 97 · Page 4 de 5 · 1 861 affichages · Partager bonjour Ninou
superbe "file" dommage qu'elle ait été abandonnée
......on parle beaucoup d'ours ces jours ci sur ce forum... comme il fait trop chaud pour couper du bois voici une petite histoire, un petit drame de la vie en forêt
La funeste obstination d'un ours affamé
cette année là dans le Pacific Northwest et en particulier dans le Nord et le Centre de la Colombie Britannique le printemps était tardif. Dans la vaste région à l' ouest du grand réservoir qu'est le WILLISTON LAKE la débacle était complète dans les vallées....les lacs étaient libérés pour les avions à flotteurs mais en altitude il allait falloir attendre encore un peu.
Ce n'était pour nous pas très gênant, nous avions un hélicoptère à disposition et... nous ne comptions pas sur le redémarrage de la nature pour assurer notre subsistence. D'autres avaient d'avantage de raisons de se plaindre, par exemple les ours sortis de leur hibernation, alors que la végétation, elle, ne l'était pas encore vraiment... nombre d'entre eux avaient la faim au ventre.
.... 4 hommes viennent d'installer leur camp pour plusieurs semaines en forêt en bordure immédiate du rivage d' un petit lac. Il disposent de trois tentes dont une, servant de cuisine-réfectoire, a été équipée d'un gros réfrigérateur alimenté par un cylindre de propane. Un luxe et un bonheur pas si habituels que çà à cette époque, pour y conserver les T-bones, bacon et autres saucisses, certes mais aussi pour disposer de fantaisies telles que Cokes, root-beer et autres soft-drinks bien frais. En matière de sécurité ils disposent d'une radio permettant un contact permanent avec le camp de base, à peu près à une heure de vol.
Tout est donc bien qui.....commence bien  .
Quant à la suite....  ..
Au camp de base donc...le haut parleur de la radio situé dans la cuisine réfectoire - souvent occupée par l'un ou l'autre des membres de l'équipe venu y boire une tasse de café, sans parler bien sur du cuisinier- se met à crépiter au rythme saccadé d'une voix stressée. La réception n'est pas très bonne..... il est question de l'attaque par un gros ours noir qui a saccagé le camp avant d'être mis en fuite par un tintamarre de poeles à frire et le tir tendu de petites fusées-stylo de détresse. Une bonne partie de ces petites fusées-stylo y a passé mais l'intrus a finit par fuir lorsque l'une d'entre elles après lui avoir frôlé la tête a gerbé tout près... ce qui a du lui faire voir trente six chandelles !!
Les deux personnes présentes prennent d'abord l'affaire à la rigolade : donnes lui un coup de poele sur la tête.... grattes lui un morceau de guitare pour l'adoucir... ' etc.... mais là bas on n'est pas rassuré, on a peur que l'animal ne revienne à la charge... et on va rester sur ses gardes.
Quelques heures plus tard la radio crépite de nouveau...
Là bas c'est le capharnaum, l'ours est revenu... Il a chargé... plus déterminé que jamais il a chargé la tente cuisine mettant en fuite les hommes qui se trouvaient sur son passage... l'un a grimpé à l'épinette la plus proche. Ce jeune homme plus habitué à parcourir les bibliothèques universitaires que la grande nature de l'Ouest me dira plus tard qu'il ne pensait pas avoir la capacité de grimper aussi vite, aussi haut... en me montrant les lacérations qui marquent ses bras et son visage, dues non pas aux griffes de l'ours mais aux chicots de branchages brisés auxquels il s'est frotté. Comme quoi l'adrénaline donne des crampons sinon des ailes... L'animal a proprement, enfin c'est une manière de parler, forcé et plié la porte du réfrigérateur, l'a mis à terre et fait bombance sur les T-bones... bacon et saucisses diverses. Les prospecteurs ont réussi à le mettre en fuite de nouveau en le harcelant de leurs dernières fusées dont l'une a d'ailleurs causé un petit départ de feu, mais il n'a pas vraiment décampé et rôde à proximité...
C'en est trop pour les membres de l'équipe qui n'ont pas d'arme et qu'un début de panique gagne et on les comprend. Il faut intervenir avant que cela ne tourne vraiment mal, l'animal semblant en effet être devenu furieux poussé par la faim et l'éclatement des fusées qui n'ont pas suffi à le mettre en fuite définitivement, ce qui nous paraît incompréhensible...
A ma demande le pilote prépare donc son hélicoptère, un BELL 206 Jet Ranger. Son mécano fait le plein... Voyant que je pars seul avec le pilote il demande si on peut l'emmener.... je quitte rarement le camp, çà me fera une balade dit-il. Nous l'emmenons donc ce qui se révèlera utile un peu plus tard.. Je saisis le Lee-Enfield 303 (un fusil de la deuxième guerre mondiale dans les Armées Britanniques et Canadiennes et que l'on trouvait encore à l'époque pour une poignée de dollars à Army and Navy Gastown à Vancouver) et nous voilà en l'air.
Bientôt centenaire, Army and Navy Gastown est dédié à la gamme bon marché mais de tradition Canadienne. On y a toujours trouvé et on y trouve encore de tout comme chez WALMART mais par tradition, en matière de camping et de matériel adapté à la vie dans la nature, il est certainement plus fourni qu'un banal Walmart. C'est là bas un peu l'équivalent des ''Stocks américains'' apparus dans les années 50 en France et pendant des décennies il était quasiment incontournable à tout outdoorsman
Bref nous volons le ciel est clair, visibilité à l'infini... tout d'un coup un témoin rouge s'allume sur le tableau de bord... pression d'huile en chute libre.. puis un autre témoin. Qu'est ce que c'est que çà lâche Dave le pilote en se tournant inquiet vers son mécanicien assis derrière. Ambiance..  ..
- va falloir peut-être bien te préparer à te mettre en autorotation dit le mécano....on est à plus de 2000 pieds, c'est plus qu'il n'en faut... vises la rive du lac devant nous
- quoi ? aboie Dave récemment sorti des Forces Canadiennes oû il appris à piloter et qui remplace temporairement notre pilote en titre lequel est beaucoup plus expérimenté
je me dis '' est-ce-qu'il a déjà tenté çà depuis l'école  ?
Mais, Dieu soit loué, Dave pose son engin turbine en régime et sans encombre, sur la plage du lac survolé. Vérifications faites par le mécano les niveaux sont bons, c'est donc le témoin seul qui est en cause (comme plus tard sur ma foutue PEUGEOT 605  )... on peut re-décoller.
Un peu plus tard nous touchons le rivage, près du camp dont l'ours fait le siège, après avoir fait un peu de stationnaire pour bien se présenter et éventuellement faire fuir l'animal.. Bien entendu la rotation des pales a provoqué là dessous un remue-ménage infernal.. et l'animal a de nouveau pris la fuite mais c'est vrai qu'il a foutu un sacré bazar... ''he is running amok'' me dit un des hommes présents. Fusil armé à la main je m'avance quelque peu à l'intérieur du bois,...on ne l'aperçoit nulle part.
Le tour de la question fait, sachant que l'ours reviendra certainement et qu'il peut également représenter un risque lors des déplacements liés au travail je laisse le Lee-Enfield au responsable du camp. Il est devenu évident que l'animal devra être abattu s'il maintient son comportement agressif. On ne peut pas travailler avec dans le voisinage un ''rogue'' qui risque de tourner à la prédation à la prochaine rencontre
Et de fait à peine rentré au camp de base j'apprends par la radio que l'animal est une nouvelle fois revenu à la charge et qu'il a fini par payer de sa vie son entêtement....
Tout çà pour dire quoi ?.... qu'il ne suffit pas toujours de faire du tapage avec des casseroles pour faire fuir un ours (même noir!) vraiment affamé et déterminé | | | À: Cochize · 7 juillet 2012 à 22:38 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 70 de 97 · Page 4 de 5 · 1 832 affichages · Partager Bonsoir Cochise,
Quelle histoire !! Pauvre petit ours  Il avait faim le pôvre... Moi, j'ai peur des serpents et des araignées je n'ai jamais eu peur des ours et celui que l'on a vu de tout près en 2005 semblait bien "bonhomme". Tout le monde me dit que je suis frappadingue mais, j'aime les ours.
Ca t'est vraiment arrivé tout ça ? C'est extraordinaire.
Bonne soirée, la mienne sera bonne c'est certain puisque j'ai ENFIN un peu de temps pour traîner ici  Ninou | | | À: Cochize · 10 juillet 2012 à 9:22 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 71 de 97 · Page 4 de 5 · 1 793 affichages · Partager Hello,
De temps en temps je reviens lire une (ou deux) de tes histoire extraordinaires !
Merci
Ninou | | | À: Cochize · 16 mars 2014 à 19:43 · Modifié le 17 mars 2014 à 8:43 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 72 de 97 · Page 4 de 5 · 1 395 affichages · Partager comme promis un peu plus tôt à Kashtin...
Le chat et les corneilles
On sait les corvidés particulièrement intelligents, dotés d'un sens aigu de l'observation et capables de développer des initiatives étonnantes.
Dans le Pacific Northwest je savais qu'ils se groupent parfois pour attaquer et chasser un bald eagle menaçant pour leur progéniture mais jusqu'à ce jour là je n'aurais pas imaginé qu'ils pouvaient s'en prendre à mon chat..
bon sang !
c'est arrivé en Colombie Britannique..
Une clairière dans la forêt, en bordure de la rivière fournissant eau pour la cuisine, le Tang et les ablutions... à l'arrière plan les montagnes aux sommets enneigés en ce début juin, le tout à trois ou quatre kilomètres de la tête d'un inlet venu du Pacifique
Vers 1920, la localité avait été le siège d'une mini ruée vers l'or. Une des dernières de la période historique c'est à dire de celles dont les acteurs étaient vous et moi - manière de parler- avant qu'interviennent les compagnies et leurs technologies. Maintenant c'était un tranquille village de bûcherons, de pécheurs avec également une petite communauté amérindienne dont les membres nous ''faisaient cadeau'' de temps en temps d'un saumon frais, la vente leur en étant, à ce moment là, interdite. Echanges de cadeaux....çà c'était permis
Au moment de cette histoire le lieu n' était pas encore une destination pour touristes en quête ''d'authenticité''. On y avait accès soit avec une bonne voiture par la gravel road un peu à ses risques et périls si l'on considérait le ballet des camions de logging avec lesquels on risquait d'avoir à rejouer '' Duel'', soit par hydravion, comme le facteur qui délivrait le courrier deux ou trois fois par semaine depuis Vancouver.
Un ''General Store'' rustique alimentait en produits de base alimentaires ou autres nécessités, la petite communauté et faisait fonction de Post Office. Dans une arrière salle, à usage normalement de réserve, mais que l'on dégageait pour l'occasion, on passait de temps en temps des films amenés par l'hydravion du facteur. Ces soirées cinéma.....auxquelles nous avions assisté une paire de fois, assis sur les chaises et des bancs rassemblés à la va-vite, avaient un parfum rétro suave et suranné.... évoquant ce que devait être le rendez-vous du cinéma rural de nos grands parents dans la salle de café ou la salle paroissiale précurseurs des salles des fêtes ou des salles communautaires
Ce village avait évidemment sa décharge qui se trouvait être à peu de distance du camp. J'ai raconté comment nous avions lié des relations de bon voisinage avec les ours qui la fréquentaient quotidiennement, en venant à prendre leur défense contre les maniaques de la gâchette du coin.
Mais la décharge était également lieu de rendez-vous et cantine pour de nombreux autres pique-assiettes dont les intrépides corneilles. Comme les ours ces oiseaux semblaient résider sur les flancs de la montagne d'oû ils descendaient pour s'alimenter.
Un jour les corneilles ont commencé à se poser sur les arbres en bordure de la clairière.
Apparemment elles s'intéressaient de près à ce qui se passait dans le camp et surtout à son potentiel alimentaire, devenant de plus en plus hardies... autour de la fosse à barbecue, autour de la tente cuisine. Cela avait des avantages : elles débarrassaient notre espace vital des résidus alimentaires égarés. D'autres oiseaux, les ''blue jays'' manifestaient communément pareille effronterie mais solitaires ou en couples, ils ne causaient pas de réelle nuisance. Et lorsqu'un individu trop entreprenant s'infiltrait ''à la piote'' à l'intérieur de la tente cuisine, mon chat que cela agaçait si profondément qu'il en claquait des mâchoires en fouettant de la queue, le faisait s'envoler. Les corneilles au contraire des blue jays, sans s'approcher aussi près des tentes, semblaient de plus en plus nombreuses et commençaient à être envahissantes leurs crailles incessants, pas particulièrement harmonieux, devenaient agaçants. A les voir, tous ces oiseaux noirs perchés autour du camp vous auriez pensé, à coup sûr, aux ''Oiseaux'' d' Hitchcok mais moi, je n'y pensais pas.
Et un jour....
depuis la tente j'entends mon chat miauler de manière inhabituelle et les corneilles crailler de plus belle. Au moment oû je sors de la tente le ''miron'' (les lyonnais d'origine comprendront, ceux d'adoption.  ..je ne suis pas sûr). Le miron donc, se rue à l'intérieur, apeuré, pour se réfugier sous le lit tandis qu'une demie douzaine d'oiseaux s'égaillent sur fond de froissements d'ailes.....
Quelques jours plus tard...
de nouveau j'entends des miaulements apeurés et la craille des corneilles et cette fois je saisis du premier coup d'oeil. En bordure de clairière le chat est tapi au pied d'un arbre et les corneilles l'assiègent. Ce que je trouve extraordinaire c'est que certaines prennent d'abord de l'altitude avant de se laisser tomber en piqué (comme si elles voulaient acquérir de la vitesse) sans cependant aller jusqu'à le heurter mais comme pour le forcer à quitter son couvert. En tous cas on dirait bien qu'elles ont décidé de varier leur diète et de mettre mon chat à leur menu. Il ne me semble pas qu'il s'agisse d'un simple mobbing dont sont coutumières certaines espèces d'oiseaux (corneilles entre autres) vis à vis de leur prédateur qui aurait été déclenché par l'attitude de mon petit compagnon. Quoique je n'en sois pas si sûr... il s'est peut-être attaqué à un oisillon !
Mais c'est mon chat... mon chat qui ne craint pas généralement pas la confrontation avec d'autres habitants de la forêt, il en porte les traces avec ses oreilles en dents de scie...mais ce jour là il est désarmé, traumatisé, par cette attaque venue du ciel, incapable de traverser le découvert pour se réfugier dans la tente. Mon sang ne fait qu'un tour, oiseaux noirs.... oiseaux du diable ! je m'en vais les massacrer ! En tous cas c'est ma première pensée puis.. me souvenant de récits de ma jeunesse je décide d'en sacrifier un pour sauver mon chat, faire fuir la meute ailée et éviter d'avoir à abattre un plus grand nombre d'oiseaux.
J'aime bien les corneilles..mais j'aime encore mieux mon chat.
Carabine à la main je m'approche donc du bord de clairière et sacrifie un oiseau....
L'oiseau abattu, ses congénères envolés, faute d'avoir un mur de grange pour l'y clouer- selon la tradition immémoriale de nos ancêtres paysans chez qui le sens de la nature se teintait d'une bonne dose de superstition - je pends la victime expiatoire par une patte, au bout d'une ficelle, bien en vue à la branche d'un arbre mort en espérant que le message sera reçu..
Pas de corneilles le reste de la journée ni pendant un jour ou deux. Et puis.... les oiseaux noirs sont revenus, épisodiquement, comme auparavant.. Mon chat, lui, à appris à s'en méfier en restant à couvert le plus possible... ce qui ne perturbe pas trop ses habitudes puisque, nyctalope, il conduit ses petites activités de chasseur la nuit venue..
Les oiseaux donc ont repris leurs évolutions en bordure de clairière, à ''la piote'' autour de la fosse à barbecue... rien ne paraît changé... ils semblent tous uniquement préoccupés par la recherche de nourriture. Et cependant... bientôt, en laissant le regard vagabonder j'en aperçois un qui semble ne pas avoir faim, sinon pourquoi resterait-il impassible tourné vers le camp. Bof ! Je n'y fais pas plus attention que çà et chasse tout ce petit monde en criant et gesticulant.
Encore quelques jours plus tard...
Ils sont de nouveau là.. et il y en a encore un, immobile, silencieux, qui semble se détacher de la quête de nourriture des autres... Ils m'emmerdent ces volatiles...ils vont encore embusquer mon chat... je rentre saisir ma Winchester..... cette fois je vais tirer en l'air deux ou trois coups, çà devrait suffire à les éparpiller pour un moment.
Pas le temps de réfléchir plus longtemps... à peine suis-je sorti de la tente avec la carabine à la main et fait quelques pas dans la direction des corneilles que ''l'oiseau impassible'' se met à pialler et s'envole... et tout le reste de la 'volaille' fait de même.
Assez interloqué je finis par comprendre que l'oiseau impassible était probablement une sentinelle qui avait intégré le danger de la carabine !.
Bien plus tard, en France j'ai appris d'un lieutenant de louveterie que ces oiseaux savaient effectivement reconnaître le danger poser par un fusil brandi par un humain...mais la sentinelle ?
Comme chez les suricates, marmottes ou chiens de prairie ?
Maintenant je surveille toujours les colonies de corneilles mais c'est pour le plaisir d'observer leur va et vient quand elles s'activent à la construction de leurs nids perchés dans les hautes ramures des platanes de la rue principale du village | | | À: Cochize · 16 mars 2014 à 19:59 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 73 de 97 · Page 4 de 5 · 1 380 affichages · Partager Bonjour Jean-Paul,
j'ai lu d'une traite, à voie haute pour ma femme dans la pièce à côté. Superbe récit et j'ai beau avoir vécu assez longtemps à la campagne, je n'aéi jamais constaté ce comportement. Belle observation et encore merci. | | | À: Cochize · 16 mars 2014 à 22:49 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 74 de 97 · Page 4 de 5 · 1 348 affichages · Partager Ah, c'est super de pouvoir lire à nouveau tes histoires!! J'espère que tu as pris autant de plaisir à l'écrire que moi à la lire et que ça va t'avoir remis sur les rails  ...
Il y a des animaux que je trouve particulièrement extraordinaires, par leur intelligence mais aussi leur proximité avec certaines habitudes humaines: les éléphants, les ours et... les (grands) corbeaux, justement! Au camping de Chaco Canyon, on savait qu'il fallait faire attention à eux et ranger toute la nourriture dans le 4 x 4, ce qu'on avait fait. Mais en rentrant, le soir, quelle ne fut pas notre surprise de voir que nos gallons d'eau, qui ne nous avaient pas paru des plus appétissants et qu'on avait laissés sur la table, étaient complètement troués, becquetés, fichus!
D'autres oiseaux, les ''blue jays'' manifestaient communément pareille effronterie
Ah oui, ceux-là sont sacrément culottés! A venir piquer la nourriture dans les assiettes, voire repartir avec la boîte d'allumettes! Celui-là n'avait pas dû être déçu du voyage  .
On y avait accès soit avec une bonne voiture par la gravel road un peu à ses risques et périls si l'on considérait le ballet des camions de logging avec lesquels on risquait d'avoir à rejouer ''Duel'',
On s'est aussi trouvés sur ce genre de piste aux Queen Charlotte  . C'était très impressionnant !!
Bon, maintenant je vais finir de faire lire ton histoire à Alain. J'avais bien commencé moi aussi, comme Alain-Pierre, à faire la lectrice, mais j'ai abandonné en cours de route!
"A bientôt pour de nouvelles aventures!" 
Pascale | | | À: Cochize · 17 mars 2014 à 11:11 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 75 de 97 · Page 4 de 5 · 1 312 affichages · Partager Hello,
Quel plaisir de retrouver vos histoires ! Merci
Ninou | | | À: Kashtin · 4 mai 2014 à 14:44 · Modifié le 4 mai 2014 à 18:21 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 77 de 97 · Page 4 de 5 · 1 168 affichages · Partager à propos de faune...
La nuit du huard ! (Night of the loon !)
brr....brr....  !
à cette époque il n'y avait ni la richesse d'internet ni la réactivité des videos personnelles... qui font qu'une rencontre animalière exceptionnelle fait le tour du monde en quelques heures. Comme par exemple la video de l'ourson alpiniste mis en ligne par l'ami Sedonax, avant même TF 1.
Seuls quelques films animaliers pouvaient donner éventuellement donner aux amateurs un aperçu sonore de la faune...à condition d'avoir eu la chance d'en voir un
ce qui n'était pas le cas de notre étudiant et explique donc son émotion ce soir là.....
Il venait d'arriver au Canada pour un job d'été de 3 mois comme assistant d'un géologue. C'était en même temps son premier job, son premier voyage au Canada et peut-être bien même son premier campement en dehors de Palavas les flots.....manière de parler.
Déposé sur la rive du lac par un beaver avec l'essentiel du matériel dont une tente, un canoe et de la nourriture il avait tout ce qu'il fallait pour éventuellement s'installer lui- même... sauf un peu d'expérience bien sûr. Tout ce qu'il connaissait du Canada tenant probablement à quelques lectures de jeunesse, à de vieux films comme maria chapdelaine , Rose Marie
oû l'opérette dont ce dernier était tiré
bref....
Le Beaver reparti pour ramener son chef et le reste du matériel le jeune homme patientait....
mais comme cela arrive fréquemment dans ce genre de situation un grain de sable se glissa dans la mécanique, une urgence sanitaire qui devait retenir le Beaver une paire d'heures de plus que prévu...
de sorte que son retour se faisait attendre et que la noirceur tombait... 
le jeune français commençait à être un peu désorienté, il n'était même pas sûr de savoir monter la tente qui n'avait pas grand chose à voir avec celles de sa tendre jeunesse...il allait devoir coucher dans le sac de couchage sur le sable...
et voilà que des sons étranges, des hurlements d'outre-tombe, des cris de déments se font entendre du fond du lac et semblent se rapprocher..  ils sont de plus en plus puissants et notre jeune ami se sent frissonner, l'inquiétude remplace la perplexité. Des ours, des loups, un bigfoot, des zombies... mais qu'est ce qui peut bien faire des bruits pareils. Le jeune homme se saisit de la grande hache au manche marqué de rouge qui se trouve au milieu du matériel, prêt à vendre chèrement sa vie... 
jusqu'à ce qu'il aperçoive des sortes de canards (croyait-il) glissant paisiblement sur l'eau et se rende compte que ce sont eux qui produisent ces sons étranges...
ce fût sa première rencontre avec une des icônes du Nord et surtout du Canada
ce bel oiseau qu'on dirait dessiné à la plume et à l'encre de chine, qu'on appelle huard au Québec, loon chez les anglophones ce que l'on peut traduire par lunatique, loufoque, dérangé, cinglé etc...
et qui réflète bien le sentiment que la sérénade ou l'aubade qu'il donne peut inspirer
et dont le chant est si...spécial que les francophones peuvent dire parfois '' fou comme un huard''
les anglophones eux ont concocté le terme LooneyTunes pour désigner les personnages déjantés qui ont enchanté des générations
et si vous voulez un vrai et durable souvenir Canadien...
vous pouvez peut-être aller au zoo de Saint Félicien...
mais vous pouvez sûrement aller voir et écouter travailler les castors la nuit ou aller passer '' une nuit sur le lac '' et frissonner en écoutant le chant du huard (montez un peu le son... çà rend mieux  )
ou celui auquel il peut effectivement faire penser par moments, celui du loup....
Wolves Howling at the Lake
Brr....brr...! | | | À: Cochize · 4 mai 2014 à 19:39 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 78 de 97 · Page 4 de 5 · 1 124 affichages · Partager hier j ai pecher le saumon 
| | | À: Bluemesa · 5 mai 2014 à 16:08 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 79 de 97 · Page 4 de 5 · 1 082 affichages · Partager hello!
il faut dire que l'ours et en particulier le grizzly... chez vous, je veux dire en Amérique du Nord, c'est du pain bénit pour les publicitaires et les cinéastes qui le mettent pour ainsi dire à toutes les sauces
entre ours dressés, manipulations informatiques, costumes d'ours et autres artifices on ne sait plus parfois oû finit l'un et commence l'autre quand c'est bien mélangé !
mais pour en rester aux ours dressés.....
souvent les ours d' Hollywood et ceux des pubs sont d'ailleurs ceux d'une Canadienne de l' Alberta ruth labarge
qui présente ses principales vedettes et leur abondante filmographie (films.... spots commerciaux) ci-dessous :
Hollywood animal trainer Grizzly bear video movie TV
de quoi se distraire un peu! | | | À: Cochize · 5 mai 2014 à 17:46 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 80 de 97 · Page 4 de 5 · 1 061 affichages · Partager Hello Jean-Paul,
Ah, j'espère que tu vas continuer à nous régaler avec tes histoires.  Pauvre étudiant, il ne devait pas en mener large et je me mets à sa place... (J'ai quand même bien ri avec Rose-Marie!  ) J'aime beaucoup la petite vidéo du lac avec le son  . Et j'aime beaucoup aussi les huards, je trouve que ce sont des oiseaux superbes. Les premiers qu'on a vus, c'était sur un lac (bien sûr, tu me diras) du côté du Nisga'a Memorial Lava Bed Park, en revenant de Hyder, ça commence à faire un bout de temps, mais je m'en souviens encore. On avait aussi vu les traces d'un kermode près de Terrace...
Les vidéos d'ours, comme ça, me font penser à Timothy Treadwell (Grizzly Man). Il croyait bien les connaître, depuis dix ans qu'il vivait une partie de l'année avec eux, mais il a fini par se faire avoir par excès de confiance.
Sinon, pour parler des loups... Aurais-tu pensé que chez nous (en Lozère) c'est quasi la révolution? Une fois, à l'automne, en revenant du resto, on a failli ne pas pouvoir rentrer à cause d'une manif "anti-loups" qui bloquait la route, heureusement qu'on a pu couper par les bois. Et il y a deux trois jours, on a entendu à France-Info que les loups étaient de retour en Lozère et semaient la panique  . Quand on discute avec les éleveurs, il y a une meute ici, une meute là, mais personne là non plus n'a vu la queue d'un seul... Si on pense aux dégâts que causent les chiens errants! Même le nôtre, il y a bien longtemps, qui partait avec deux de ses copains faire de très longues randos, a une fois blessé une brebis du paysan en face (de l'autre côté du champ, derrière le rideau de frênes, je ne sais pas si tu te souviens). Bon, ça ne nous empêchera pas d'aller aux champis, on a bien suivi l'enseignement de Ménatory  .
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