Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain" Cochize · 26 février 2009 à 10:59 · 20 photos 97 messages · 10 participants · 25 083 affichages | | | | À: Cochize · 22 mars 2009 à 10:36 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 21 de 97 · Page 2 de 5 · 6 612 affichages · Partager Toutes ces histoires d'aventurier fort bien narrées sont un vrai plaisir à lire! | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Mlefevre · 22 mars 2009 à 10:39 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 22 de 97 · Page 2 de 5 · 6 611 affichages · Partager Lors d'un séjour "spécial loups" en lozère, il nous avait été dit que l'homme ne fait tout simplement pas parti du tableau de chasse du loup, déjà parcequ'il est bipède et non assimilé comme une proie qui elle, se déplace à 4 pattes. Cela dit, je me suis toujours demandée comment on avait bien pu savoir cela????!!!! | | | À: Grisemote · 22 mars 2009 à 17:01 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 23 de 97 · Page 2 de 5 · 6 599 affichages · Partager Hello Sylvie! 
Ce n'était pas à Sainte-Lucie, les loups de Gérard Ménatory – ou plutôt de sa fille ou de ses successeurs puisqu'il est mort en 98?
Pascale | | | À: Kashtin · 22 mars 2009 à 18:02 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 24 de 97 · Page 2 de 5 · 6 592 affichages · Partager Mais si Pascale, nous avons passé 4 jours avec eux, c'était sympa! | | | À: Grisemote · 22 mars 2009 à 20:34 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 25 de 97 · Page 2 de 5 · 3 370 affichages · Partager bonsoir,
pour revenir aux classiques: le récit d’une (très) brève rencontre avec un ours noir qui est probablement la plus insolite qui me soit survenue
Voie montante, voie descendanteDans les zônes montagneuses du Pacifique nord ouest l'industrie forestière (logging) exploite depuis toujours d'immenses forêts soit dit en passant d’une manière qui pendant des décennies a été un vrai massacre avant de devenir un peu plus respectueuse de l’environnement et plus attentive au long terme. Si vous avez vu des photos de forêts après les tempêtes récentes en France ou celles du Mont Saint Helens après l’explosion volcanique de 1980 vous avez une indication de ce à quoi ressemblaient certains secteurs. J’exagère à peine..
Au temps où se déroule cette histoire il fallait ouvrir l'accès à de nouvelles tranches d'exploitation en taillant des pistes à flanc de montages. L'exploitation terminée, ces pistes devaient parfois, pour différentes raisons, être condamnées. Les engins forestiers édifiaient alors soit un merlon de terre soit une barricade rustique, entrelac de troncs abandonnés, plus ou moins déchirés, plus ou moins fracassés, hâtivement poussés les uns contre les autres. En coupe ces barricades pouvaient avoir la forme d'un triangle de quelques 4 à 5 mètres de large et 2, 5 à 3 mètres de haut. Elles courraient du talus supérieur côté montagne à la bordure même du ravin de sorte qu'il était tout à fait impossible à un quelconque engin de les franchir et qu'un piéton n'avait souvent guère d'autre meilleur choix que de les escalader s'il voulait poursuivre son chemin....
Me voilà donc, marcheur solitaire, sac au dos, les pouces bien calés dans les bretelles, sur ''la voie montante'' devant une telle barricade. Elle me bouche non seulement le passage mais encore la vue de sorte que je ne vois rien de ce qui se trouve de l'autre côté. Avec précaution j'entreprends ''l'ascension'' de l'obstacle en essayant de poser le pied sur le bon tronc, de ne pas me tordre la cheville ou, pire, faire basculer des pièces de cet édifice incertain qui pourraient m'écraser. J'arrive au sommet et hisse mon visage au dessus du dernier tronc ce qui me permet d'avoir un aperçu de ce qui se passe de l'autre côté....HIC!!!    quelqu'un qui empruntait la voie descendante, vers la vallée alors que je cheminais vers la montagne avait eu la même idée que moi de sorte que nous nous trouvons face à face, mais alors littéralement face à face... nos deux ''visages'' à guère plus d'un ou deux mètres l'un de l'autre..  la tête de l'ours, je n'ai pas eu le temps de l'admirer; lequel de nous deux a été le plus surpris, je l'ignore toujours. Ce dont je suis sûr c'est que nous avons tous deux le même sursaut même si je me demande lequel d'entre nous a dégringolé le plus vite son côté de la barricade, pour ce qui me concerne, certainement sans les précautions prises en montant une minute plus tôt. Je crois bien avoir battu en retraite vers la vallée comme il a probablement décampé vers la montagne. Nos relations en sont restées là et nous ne sommes jamais revu... enfin je ne crois pas car il y avait pas mal d'ours dans la région et nos chemins se croisaient assez souvent....mais pas dans de telles circonstances. | | | À: Cochize · 24 mars 2009 à 14:51 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 26 de 97 · Page 2 de 5 · 3 355 affichages · Partager Je déguste.. je déguste... 
J'imagine que poils et cheveux ont dû se dresser sur vos têtes!! Finalement, je remarque que la première réaction d'un ours surpris (en exceptant nourriture ou cubs) est souvent de détaler. Ça devrait me rassurer  .
Pascale | | | À: Kashtin · 26 mars 2009 à 17:16 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 27 de 97 · Page 2 de 5 · 3 341 affichages · Partager allez.... encore une histoire d'ours, banale celle là: une intrusion sur un lieu de pic-nique
Le déjeuner (raté) sur l’herbe Ce n’est pas le nom d’un tableau célèbre mais simplement le récit d’un jour de jeune lié à l’intrusion d’un ours
Les swamps, sortes de petites clairières au milieu de la forêt, zones humides herbeuses, que l’on trouve partout sur le bouclier de l’Est Canadien et même dans les cordillères de l’Ouest sont parfois, pour des raisons locales, mieux ventilées que la forêt dense qui les entourent. Quand cela est le cas les nuages de moustiques, mouches noires, maringoins, brulôts et autres frappe-a-bord ont tendance à y être moins denses et le voyageur peut choisir d’y faire sa pause lunch d’autant que on y trouve souvent des troncs d’arbres morts, blanchis par les intempéries qui font office de bancs. De plus on peut y faire du feu sans risques et produire, grâce à la mousse humide, des quantités massives de boucane capables de mettre en échec des armées d’insectes piqueurs de toutes sortes, si l’on n’a pas peur de prendre soi-même un délicat fumet de... viande fumée, préoccupation qui, dans certaines circonstances, passe au second plan. Elles constituent aussi de bons hélipads...
Donc ce jour là, un groupe de trois hommes fait halte pour casser la croûte sur une de ces petites swamps, la taille d’un terrain de football. L’endroit est idéal : une petit îlot légèrement surélevé, suffisamment sec en plein milieu, bien pratique pour le feu nécessaire à la confection du thé brûlant que l’on a appris à l’apprécier, comme en Afrique, même par fortes chaleurs, le réchauffement dans l’eau bouillante des sachets de smoked meat dans une boite de conserve faisant office de casserole, et même la cuisson directement sur la flamme de saucisses et autres morceaux de viande, embrochés sur un rameau de bois vert fourchu et écorcé, et encore plein d'autres choses gourmandes que l'on a fourrées dans le packsack le matin au départ.... Après avoir marché plusieurs heures pour aiguiser l'appétit c'est donc un vrai festin qui s'annonce, une récompense bien méritée, pour tout dire un des meilleurs moments d'une journée de labeur... oui, sauf que...
Pendant que l’un des hommes prépare le festin après avoir posé près de lui le backpack -nourriture dont il a la charge les deux autres s’éloignent quelque peu de l’autre côté de la swamp, à l’intérieur du rideau forestier puis, soudain, entendant leur collègue hurler l’ours !!! l’ours !!! dont demi-tour et assistent alors à un spectacle de désolation.. Après qu’il ait eu ‘’dressé la table’’, disposé sandwichs, smoked meat, saucisses etc..., pain tranché, oranges bien alignés sur un tronc bien propre et pendant qu’il s’affairait autour de son feu le prospecteur n’a pas vu l’ours, auquel il tournait le dos, sortir de la forêt et peut-être ‘’par l’odeur alléché etc...’’ s’approcher du (projet de) pique- nique en marchant sur un arbre mort couché. Quand il a senti le tronc bouger derrière lui, notre homme s’est retourné faisant face à l’ours qui était déjà tout près du buffet, se demandant probablement par quelle extrémité il allait commencer !! Premier sursaut de surprise, gesticulations, vociférations mais la bête n’en a eu cure et a continué sur son idée de jouer les pique-assiettes. Ce n’est certes pas commun de voir un buffet dressé en pleine swamp et çà devait lui sembler une opportunité unique !! Que faire ?? pas le moindre caillou à lancer, le bear spray ?? pas en dotation au ceinturon. Restent les sandwichs, la smoked meat, les oranges le tout à portée de main. Autant de projectiles, certains, semble-t-il, gobés par l’animal comme l’aurait fait, fut un temps, un ours de Parc National ; mais çà ne suffit pas et notre homme, pour couvrir sa retraite, finit par lancer son sac à dos avec dedans, ce qui reste de provisions. C’est à cet instant que les deux collègues, dont je fais partie, arrivent à la rescousse en hurlant et gesticulant comme des déments ce qui met l’ours en fuite... de toutes manières il n’y avait plus grand chose à se mettre sous la dent... si ce n’est bien sûr le prospecteur lui-même. L’animal a quand même eu le réflexe d’emporter le sac à dos avec lui qui sera retrouvé un peu plus loin sans que l’on puisse y récupérer quoique ce soit de comestible !!! | | | À: Cochize · 26 mars 2009 à 21:55 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 28 de 97 · Page 2 de 5 · 3 330 affichages · Partager Chouette, encore une histoire! Merci Cochize! Marie | | | À: Cochize · 28 mars 2009 à 15:23 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 29 de 97 · Page 2 de 5 · 3 312 affichages · Partager Hello Jean-Paul! 
Je me suis encore régalée avec cette histoire! Cela dit, je n'aurais pas trop aimer me trouver à la place du cuisto!
J'ai bien détaillé sur la photo la façon de faire les brochettes avec les moyens du bord!
Pascale | | | À: Cochize · 28 mars 2009 à 21:02 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 30 de 97 · Page 2 de 5 · 3 303 affichages · Partager C'est original, on raconte d'habitude "l'histoire de l'homme qui a vu l'ours", et là nous avons celle de "l'homme qui n'avait pas vu l'ours"! | | | À: Grisemote · 29 mars 2009 à 19:59 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 31 de 97 · Page 2 de 5 · 3 161 affichages · Partager bonsoir,
Le prospecteur est comme je le disais, au même titre que le cowboy ou d'autres, un des personnages mythiques de l’ouest. On se lamente souvent du fait que les traditions se perdent ; en voici une du XIX ème siècle, le claim jumping, qui s’est maintenue au fil du temps, en dépit de tout. Elle mérite donc quelques lignes  ...
Preuve que ces histoires de claim jumping font partie eux aussi de la mémoire collective de l'Ouest: le clin d'oeil que les créateurs de la chaîne de restaurants CLAIM JUMPER ont adressé en lançant leur chaîne il y a une trentaine d'années.
Voila donc. Tous les amateurs de westerns savent ce que risquait le voleur de chevaux s’il était pris: la sanction était souvent la corde. Pendez les haut et court. Hang’em high  !! Bon !!! c’était comme çà Une autre tradition de l’ouest, moins connue des cinéphiles mais tout aussi radicale, s’est ‘malheureusement ‘ perdue : la pendaison des claim jumpers. Comme le salting dont je raconterai l’histoire une autre fois, cette coutume haute en couleur trouve son origine dans la grande ruée vers l’or, celle de Californie de 1949, celle dont il est question dans la fameuse rengaine ‘ ’ oh !! my darling ! oh ! my darling ! oh ! my darling Clementine etc...’ En gros le salting c’est une escroquerie consistant à faire croire à un acheteur potentiel que de l’or ou un autre métal est présent dans les terrains mis en vente en y introduisant subrepticement des traces venues d’ailleurs. Et comme l’imagination des escrocs peine à trouver ses limites on ne peut pas croire toutes les astuces qu’ils étaient capables d’imaginer pour tromper le chaland. Rien que sur ce chapitre les anecdotes connues rempliraient des pages..
Revenons en aux claim jumpers. Les fortyniners (les participants à la grande ruée vers l’or de18 49) détenteurs en titre de droits miniers étaient souvent victimes de claim jumpers c'est-à-dire d’individus qui s’appropriaient illégalement leurs droits de différentes manières. Quand ces individus étaient pris  , l’auto proclamé jury populaire local les accompagnait jusqu’à l’arbre le plus proche où on leur passait le nœud.. Hang’em high Bon !!! c’était comme çà. Ensuite tout le monde allait boire un coup au saloon  Le claim jumping, comme le salting a perduré... Il a parfois pris une forme plus col blanc où la production de faux documents permet à l’escroc de se faire passer (pendant un laps de temps) pour le détenteur légal des droits miniers... Mais d’autres formes plus spécifiques au métier sont également plus... colorées. Il faut savoir que staker un claim, c'est-à-dire acquérir les droits miniers sur une parcelle de terrain, impliquait selon la tradition et en forêt, la pose de piquets ( posts) pour en marquer les limites. Souvent il s’agissait de petites épinettes ou autres arbres coupés et taillés à la hache à 1.5 m. et peintes à la bombe de peinture rouge. On y clouait une notice métallique portant les indications légales et on disposait d’un certain délai pour se rendre chez le Mining Recorder pour faire enregistrer le claim et devenir ainsi le détenteur légal des droits miniers. Dans le désert ou en montagne au dessus de la ligne des arbres, on construisait à l’aide de grosses pierres un petit monticule, un cairn, semblable à certaines de ces sculptures Innuit que l’on trouve dans les galeries d’arts et à l’intérieur duquel on enfouissait la même notice. Il existe depuis peu la possibilité de staker et d’enregistrer ses claims en ligne. C’est moins fatiguant, on ne risque pas de prendre froid en hiver ou un coup de chaleur en été, on ne risque pas non plus de se faire manger par les petites bêtes qui piquent, mais c’est sans poésie pour les old timers dont je suis. Du train où vont les choses bientôt on pourra aller à la pêche à la ligne... en ligne claim staking en hiver
Donc cette année là, alors que je me trouvais dans le nord de la Colombie Britannique l’annonce d’une découverte avait déclenché une vague de claim staking, une sorte de ruée vers le cuivre pour faire court. Quelques petits malins, peut-être admirateurs des Aventures des Pieds Nickelés de Forton, plutôt que de se fatiguer les jambes et s’épuiser les méninges à trouver les bons terrains avait décidé de suivre à la trace les professionnels d’une compagnie canadienne. Passant juste derrière eux ils arrachaient leurs p osts, les remplaçaient par les leurs après quoi ils filaient sans délai chez le Mining Recorder!! Et hop !! le tour était joué  ... enfin c’est ce que croyaient ces Pieds Nickelés assez naifs pour penser que leurs petits arrangements passeraient longtemps inaperçus !!
Une variante du claim jumping, consistant plus simplement à aller chercher l’or là où les droits miniers ne vous appartiennent pas, aussi étonnant que celà puisse paraître, n’a pas tout à fait disparu. C’est plutôt amusant, mais on trouve apparemment encore de tels claim jumpers dans la région de la grande ruée vers l’or de 49 c'est-à-dire pas loin de Sacramento CA. C’est peut être un effet de la crise... au prix où est l’or !!. Quoiqu’il en soit, bravo à ceux qui peinent pour maintenir les grandes traditions et mythes de l’Ouest !! Mais ceux qui-il y a quelques semaines, en janvier 2009 dans le Placer county (çà ne s’invente pas)- ont été arrêtés par le Sheriff et mis en prison doivent être plutôt contents que la tradition de Hang’em high ait disparue.
Pour en savoir plus sur les claim jumpers du XXI siècle, gardiens d’une tradition méconnue et consulter la presse locale à ce sujet, il suffit de taper ‘ ’claim jumping foresthill | | | À: Kashtin · 30 mars 2009 à 19:52 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 32 de 97 · Page 2 de 5 · 3 145 affichages · Partager NO TRESPASSING
La presse nous apprend que GOOGLE fait actuellement l’objet de plusieurs poursuites judiciaires pour avoir dans le cadre du programme Street view fait circuler ses équipes sur des propriétés et routes privées en dépit de panneaux NO TRESPASSING Ceci me rappelle la mésaventure survenue à un ami et collègue qui, lui aussi avait cru que de tels panneaux étaient là juste pour la forme  .. Il faut dire qu’en France le signe PROPRIETE PRIVEE. DEFENSE D’ENTRER que l’on trouve parfois dans les campagnes, forêts, prairies et autres terrains joue rarement un rôle vraiment dissuasif. Même si cela est aussi vrai dans certaines régions rurales d’Amérique il est des cas où randonneurs ou autres promeneurs de l’Ouest seraient bien avisés de prêter d’avantage attention au signe. Surtout bien sûr si le panneau est comme celui-ci  :
Notez en passant que ce n’était pas le cas dans l’histoire qui suit  .
Dans le Sud du Nouveau Mexique, tout près de Silver City, se trouve une des plus anciennes et plus importantes mines de cuivre à ciel ouvert des deux continents Américains, une sorte de gigantesque carrière. Ce sont les Indiens du coin, probablement des Apaches, qui ont montré aux Conquistadores le cuivre natif qui jonchait le sol à l'époque nous apprend-on lors des visites. Elle est connue sous le nom de Santa Rita du nom de l’ancien village, maintenant complètement disparu qui se trouvait à sa place au début du XXème siècle ou encore sous celui de El Chino. Pendant un temps cette mine a aussi produit des turquoises de première qualité. Les vastes terrains à perte de vue qui lui sont rattachés quoique à une bonne distance, sont entourés de barbelés jalonnés à intervalles rapprochés de panneaux NO TRESPASSING. On ne peut vraiment pas les manquer mais on peut bien sûr....les ignorer. C’est la choix qu’avait fait, un certain matin, un ami et collègue français en cela digne de la réputation d’indiscipline que nous attribue la rumeur internationale  . Lui le géologue et le naturaliste, quelque chose l’intéressait de l’autre côté des barbelés. Il n’y avait rien, aucun édifice, aucune voiture, aucun cavalier, personne en vue. Il n’allait pas se laisser impressionner par un panneau qui n’était certainement pas destiné aux gens honnêtes comme lui  ...De plus il voulait seulement aller un tout petit peu plus loin et il n’en avait pas pour bien longtemps.
Voilà donc notre homme qui enjambe la clôture et continue ses investigations naturalistes en terrain ‘posted’ comme l’on dit là bas  . Il n’est pas allé bien loin en effet. Des vigiles devaient surveiller la propriété à l’aide de jumelles depuis des points hauts. Les voici qui rappliquent en 4x4 au travers de la rocaille, et qui interpellent mon ami dont l’accent français, digne de celui qu’affichent la plupart de nos hommes politiques, le trahit à peine a-t-il ouvert la bouche. Vous ne savez pas lire doivent-ils commencer par lui dire. Difficile de répondre à çà... difficile aussi de dire qu’il n’en comprend pas le sens. Pas besoin d’être ‘’ fluent’’ pour comprendre. Mais qu’est ce que vous fichez là ? A çà la réponse est plus facile mais encore plus gênante   . On n’est pas censé prospecter sur une propriété privée sans l’autorisation du propriétaire n’est ce pas ? Même en France d’ailleurs... Tout le monde se retrouve donc dans les bureaux de la mine et, devant le caractère suspect de l’individu, étranger sans son passeport en violation de la loi  (je parle bien sûr de mon ami) le bureau du Sheriff du Comté Grant, est alerté. Mon ami va finir au trou du train où c’est parti  ... Bon... nous avions à ce moment là un bureau à Albuquerque et comme consultant à ce bureau, un collègue Américain connu dans le business et notamment de la direction de la mine, qui par chance se trouvait là ce jour là alors qu’il était souvent en déplacement. Mon collègue l’appelle bien entendu et les choses ont fini par s'arranger mais, vous l'imaginez, il n'était évidemment pas très fier   ce jour là
Donc rappelez vous : NO TRESPASSING, ç’est une formule mais çà peut aussi être bien plus qu’une formule. | | | À: Cochize · 3 avril 2009 à 9:56 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 33 de 97 · Page 2 de 5 · 3 120 affichages · Partager C'est noté! 
J'imagine que le panneau et quand même humoristique, non? Même si c'est de l'humour de redneck... 
Pascale | | | À: Kashtin · 3 avril 2009 à 12:05 · Modifié le 3 avr. 2009 à 12:57 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 34 de 97 · Page 2 de 5 · 3 112 affichages · Partager j'espère aussi..  .
En parlant de redneck, quand je parcourais les montagnes du Sud des Appalaches j’ai appris à me régaler de ce fameux humour redneck ainsi que des histoires d' hillbillies  qui ressemblent un peu à ce que les Français appellent ‘histoires Belges’ avec souvent cependant un clin d’œil à l’Histoire bien particulier. Exemple : Macon Georgie (ou n’importe quelle ville du Sud). Le journaliste d’un journal local est témoin de la scène suivante : un énorme pit bull attaque un enfant qui joue dans la rue (ce qui arrive malheureusement dans la réalité comme on le sait). Un passant vole à son secours et bien que mordu un peu partout, couvert de sang, terrasse finalement la bête en l’étranglant à main nues. Le journaliste l’en félicite le congratule, lui serre les mains, l’embrasse etc... et promet de faire un papier plein de louanges disant comment un Georgien a courageusement sauvé un enfant Georgien d’un fauve déchaîné. Le passant n’y voit pas d’inconvénient mais... ajoute-t-il, incidemment je ne suis pas du coin, j’habite en fait à Boston et suis ici de passage.
Le lendemain le journal titre ‘’ Un Bostonien tue sauvagement l’animal de compagnie d’une famille Georgienne’’ | | | À: Cochize · 3 avril 2009 à 20:25 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 35 de 97 · Page 2 de 5 · 3 090 affichages · Partager   
Remarque, je pense qu'on pourrait transposer l'histoire en France; tu remplaces "n'importe quelle ville du Sud" par "n'importe quelle ville de province" et Boston par Paris  . Comme quoi, les rednecks sont universels  ... | | | À: Kashtin · 12 avril 2009 à 11:21 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 36 de 97 · Page 2 de 5 · 3 051 affichages · Partager bonjour
revoici une petite histoire qui n’est pas une reprise d’une fable de La Fontaine mais le simple récit d’un après midi d’été sur la côte Pacifique et avec une conclusion paisible
Ours, palourdes et dormeurs
La vie dans ‘’le bois’’ avait, parmi ses exigences, la patience.Lorsqu’un rendez-vous avait été fixé avec l’hélicoptère ou l’hydravion il fallait souvent savoir... attendre. Au pic de la saison d’été on devait parfois en partager l’usage et il y avait les imprévus, les urgences médicales de toutes sortes, l’épine fichée dans l’œil..., les accidents de tronçonneuse ou de hache maniées par des bras pas toujours expérimentés ou répondant à des têtes mal réveillées à l’heure de faire le feu pour le petit-déjeuner comme cela m’est arrivé, l’élingue d‘un camion de logging qui claque et entame la chair comme un coup de sabre et même une attaque d’ours sur un camp etc...
des heures d'attente
pour un départ en fin de journée
Donc ce jour là sur la côte Pacifique, nous avons atteint, assez en avance, le point de rendez-vous avec l’hydravion. C’est une belle journée d’été. La plage n’est pas de sable mais de galets, çà n’est certes pas les mers du Sud mais- chose assez rare- le ciel est si bleu et la température si confortable que c’est presque çà. Ce n’est pas très large non plus mais entre la ligne d’arbres et l’océan même à marée haute ce qui est le cas, il y a suffisamment de place pour se promener, admirer les bois flottés et faire une sieste. C’est intéressant le bois flotté, le ‘driftwood’. Abrasé par le frottement des galets et du sable, finement poli, patiné et sculpté par l’eau et le soleil, il acquiert des formes étranges et un ‘mimétisme’ étonnant, un peu comme les sédiments sculptés par le vent et les orages du désert, comme dans le Sud Ouest américain (voir par exemple les superbes photos d e Kashtin en Utah..... et de krikri sur les hoodos de Bisti badlands). On peut y trouver une source d’inspiration infinie, les formes étranges semblant évoluer au gré de l’humeur et de l’imagination,......Cela fait penser à Arcimboldo et à ses végétaux ou à Rorschach et à ses tâches d’encre. Un photographe devrait choisir le ‘mimétisme‘ des natures mortes pour thème d’une étude si ce n’est déjà fait. Il y a là un bel album en puissance. Ceci étant dit, le driftwood est déjà pour l’artiste une originale matière première (le site de Heather Jansch)
Le driftwood peut aussi acquérir un toucher incomparablement doux et nous.... à cet instant c’est plutôt ce que nous cherchions, un beau tronc bien lisse pour nous y adosser et y faire une petite sieste. Il est vrai qu’à certaines périodes, l’activité non-stop pouvait engendrer un niveau de fatigue latent de sorte que chaque occasion était bonne pour récupérer, pour ‘poser le corps’. Bref... en l’occurrence nous nous endormons sur la plage en toute sérénité sachant que l’approche de l’avion Beaver ne manquera pas de nous réveiller. Mais le Beaver est en retard, très en retard et notre sieste se prolonge.... Et l’océan se retire, la marée baisse. Nous ne nous en rendons pas compte tout se suite parce que... nous dormons. Mais d’autres ont leur horloge interne bien réglée pour qui marée basse signifie délices de palourdes et autres coquillages tout comme la saison du saumon signifie bombance... et ceux là sortent du bois, c’est le cas de le dire.. Lorsque malgré tout nous nous réveillons ils sont là, une paire à moins de vingt mètres, les autres éparpillés plus loin, occupés à fouiller la vase et à savourer leur gourmandise: les palourdes......Ils ne font pas attention à nous, tout comme les ours qui fouillent dans les poubelles à l’écart des camps de logging et cependant, là où ils vivent, ils ne doivent pas avoir souvent rencontré l’homme. Ce voisinage paisible, serein dure un court instant et puis nous nous levons doucement et nous éloignons gentiment vers l’autre extrémité de la crique.
cochize | | | À: Cochize · 12 avril 2009 à 12:16 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 37 de 97 · Page 2 de 5 · 3 046 affichages · Partager Bonjour Cochize,
Je clique à l'instant sur ta nouvelle histoire, prête à me régaler comme d'habitude....et c'est vrai que la fin est bien paisible ! Je n'ai pas eu de mal à vous imaginer vous éclipsant doucement à votre réveil ! Merci pour cette bien jolie histoire !
Quelle ne fut pas ma surprise de me voir citée en gras dans ce récit (merci d'avoir apprécié les photos de Bisti). En faisant le lien avec ce que j'ai ressenti à Bisti, je comprends aisément ce que vous avez pu imaginer en contemplant le bois flotté au bord de cette plage !
J'attends la suivante !
Bonne continuation.
Christine. | | | À: Cochize · 12 avril 2009 à 20:21 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 38 de 97 · Page 2 de 5 · 3 028 affichages · Partager Hello Jean-Paul! 
Je me demandais justement si tu avais une histoire en préparation  . Tout comme Krikri, je te remercie du compliment  .
Je n'ai jamais pensé à Arcimboldo en ramassant du bois flotté ("autrefois", quand c'était encore possible, on est rentrés plusieurs fois à Paris avec un plein sac à dos), mais c'est une idée... La prochaine fois je le regarderai différemment (le bois flotté). Il y a eu une expo Arcimboldo à Paris il y a un an ou deux, au Musée du Luxembourg, je ne sais pas si tu l'as vue. C'était court mais ça méritait bien les deux heures d'attente  .
Bon, cela dit, je ne sais pas si j'aurais aimé voir que je m'étais endormi à proximité du restau des grizzlys  .
Pascale | | | À: Kashtin · 13 avril 2009 à 8:58 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 39 de 97 · Page 2 de 5 · 3 017 affichages · Partager Bon, cela dit, je ne sais pas si j'aurais aimé voir que je m'étais endormi à proximité du restau des grizzlys.
euh!... moi non plus  , mais ceux là n'étaient ''que des ours noirs'' moins impressionnants malgré tout
c'est vrai que lorsque l'on parle de côte Pacifique et d'ours en train d'extraire des palourdes ou de pêcher le saumon on pense d'abord aux grizzlys (et à Vilcanota  bien sûr) mais les noirs eux aussi sont d'éclectiques gastronomes et aiment bien le saumon, les coquillages, les crustacés... Pour être plus précis, ceux là n'étaient peut être pas intéressés que par les palourdes, il y a plein d'autres bonnes choses sur les plages tels que les petits crabes sous les roches...je n'ai pas vraiment vérifié leur 'plat du jour' avant de m'éloigner | | | À: Krikri6792 · 17 avril 2009 à 19:34 · Modifié le 21 avr. 2014 à 15:44 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 40 de 97 · Page 2 de 5 · 2 986 affichages · Partager v oici donc la suivante sur un sujet très différent mais qui mérite bien, je crois, l’épithète insolite. Une sorte de bref face à face sur le Pacifique entre un avion et un troupeau d’orques ou killer whales
A l’école on apprend que lorsqu’il fait très chaud les performances d’un petit avion s’en ressentent avec l’altitude mais qui s’en souvient.... à moins bien sûr d’être pilote ou comme moi d’avoir essayé de franchir la cordillère intérieure de l’ ile de Vancouver dans un petit hydravion Beaver un peu trop chargé un jour de canicule exceptionnelle
Ce jour de juillet nous avons embarqué, plusieurs personnes, dans le Beaver qui doit nous ramener de la côte Ouest de l’île à la côte Est, vers Campbell River en survolant le Strathcona Park et le Comox glacier.. C’est un itinéraire que le pilote connaît bien et sur lequel il m’a emmené maintes fois. La cordillère intérieure n’est pas très haute, autour de 2200 mètres et c’est habituellement un moment magnifique, surtout au printemps, lorsque l’on tutoie, juste au dessus ou juste à côté sommets enneigés et lacs turquoises, moins imposants et massifs que dans les Rocheuses certes, mais plus découpés et plus proches, formant un dédale pittoresque à l’intérieur duquel on peut choisir de s’insinuer, pour mieux appréhender les formes et couleurs du paysage, si on en a le temps  .
Au plan des attraits naturels cette île condense d’ailleurs, à la porte de Vancouver incroyablement d’atouts: la côte ouverte, les fjords, la forêt, la montagne, la faune, marine ou terrestre. On y va même maintenant, sur la cote Ouest, sur un nouveau thème: le ‘’ winter storm watching’’ venez vous faire peur en contemplant le déchaînement des tempêtes d’hiver du Pacifique du surplomb de votre balcon ou de derrière votre baie vitrée, près du feu de bois de votre cheminée ... Ce jour là, donc, ce n’est pas l’hiver mais l’été, canicule, charge et peut être autre chose font que la première tentative de franchir la barrière devant nous, est un échec : impossible de grimper assez haut. D..le pilote, reprend du champ et aborde de nouveau mais sur une courbe ascendante plus large, la paroi qu’il franchit habituellement sans difficulté. Même chose...c’est la même chose... échec complet.. On a pu admirer de plus près les formations rocheuses, certes mais quand à faire grimper le Beaver au dessus...impossible.
D.. déclare alors d’un ton sérieux, genre Commandant de bord d’avion de ligne, qu’il faut soit larguer un ou deux d’entre nous par-dessus bord  , soit redescendre au niveau de l’océan, suivre la côte pour trouver un passage plus bas vers le Nord. Cette dernière solution nous paraissant plus raisonnable, il nous ramène au ras des flots. Il y a peu ou pas de vent, de modestes vagues mais ceci et, j’imagine, la dynamique de l’hélice font que les embruns... embrument le cockpit. Diable, est-on à bord d’un avion ou d’un aéroglisseur  ?. Je me rassure en me disant que si le moteur cale il devrait être facile d’amerrir, enfin à ce qu’il semble? Mais si nous perdons soudain encore de la puissance il nous restera peu de marge de manœuvre ? ne risque-t-on pas de toucher l’eau un peu brutalement? D.. a délibérément choisi de voler en rase- mottes ou plutôt en rase-vagues, il doit avoir ses raisons, semble parfaitement à l’aise et c’est lui le pilote...? Mais quand même, bon d... on est vraiment à ras des vagues et il faut faire marcher les essuie-glaces pour balayer les embruns ce qui fait que la visibilité n’est pas excellente mais tout va bien dit-il encore...
Soudain il pousse un juron ‘’ sh...killer whales ‘’ il tire sur le manche ce qui fait se redresser le Beaver et nous passons au dessus d’un pod de killer whales en plein batifolage. En dehors de l’aquarium de Vancouver je n’en avais jamais vu d’aussi près et jamais par la suite......ouf !! à quoi tiennent les choses. Quel dommage en un sens, nous aurions pu passer à la postérité, peut-être dans le LARS (Livre des Accidents Rares et Stupides)  . Imaginons aussi ce qu’aurait pu titrer le Vancouver Sun... quelque chose comme ‘’ on their return flight to base they ram their Beaver into a pod of frolicking killer whales’’ (en rentrant à leur base ils percutent avec leur Beaver un troupeau d’orques en plein batifolage) 
Ce ‘presque accident me fait repenser à un danger peu connu des touristes, esquivé un jour de justesse en naviguant en zodiac dans un inlet de la côte ouest, grâce au passager avant faisant office de vigie. La région a, depuis des décennies, une forte industrie forestière. Parmi les milliers de troncs produits (logs), parfois tombant parfois directement dans l’océan ou autrefois rassemblés en radeaux, il y en a toujours quelques uns qui dérivent. Malheureusement il arrive que certains troncs alourdis par un long séjour dans l’eau basculent à la verticale et que, un peu comme un iceberg, seule affleure une toute petite surface celle de la section du tronc, autant dire que le tronc est quasiment invisible même dans les inlets oû par temps calme l’océan est d’huile. Si vous pagayez en kayak, le danger est minime, on ne va pas si vite, mais si vous pilotez seul un zodiac déjaugé il est facile d’imaginer le dégâts si vous passez dessus !!! cochize | Carnets similaires sur les États-Unis: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 186 visiteurs en ligne depuis une heure! |