Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l'Ouest Américain" Cochize · 26 février 2009 à 10:59 · 20 photos 97 messages · 10 participants · 25 074 affichages | | | | À: Cochize · 18 avril 2009 à 23:34 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 41 de 97 · Page 3 de 5 · 3 632 affichages · Partager Ah je retrouve avec plaisir une de tes nouvelles histoires! Que d'aventures palpitantes! Merci de nous les faire partager, même si j'aimerais que tu nous parles un peu plus de ton activité de géologue proprement dite. J'en profite -puisque tu parles de photos de Bisti prises par krikri- pour te demander si tu connais l'origine de ces "cracked eggs"?
Marie | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Mlefevre · 21 avril 2009 à 15:16 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 42 de 97 · Page 3 de 5 · 3 599 affichages · Partager bonjour, d'abord... j'ai apprécié la beauté glaciale et bleutée des photos nordiques avec des arches éphémères mais toutes aussi belles à voir que celles, malgré tout moins fragiles des déserts chauds du monde entier
Il est vrai que ''les cracked eggs'' et autres ‘’œufs de dinosaures’’ çà fouette l’imagination !
Si j’ai un peu travaillé sur la géologie du San Juan Basin, dans cette région du sud ouest et donc sur ce que l’on appelle les formations géologiques Fruitland et Kirtland (grès, argiles, charbons) qui sont présentes à Bisti (entre autres badlands), je n’ai jamais visité Bisti proprement dit ni la couche particulière des ‘’crackeg eggs’’. De tels objets géologiques, comme tous les hoodoos, résultent en général de l’altération chimique et l’érosion mécanique différentielles de la couche de roche. Les cracked eggs en constituent les résidus, eux-mêmes en voie de démantèlement. Processus favorisé à l’altitude de Bisti par l’alternance de gels nocturnes et dégels diurnes en saison, propices à l'exfoliation. Cette couche pouvait bien sûr également présenter des hétérogénéités lithologiques et des structures sédimentaires internes locales pouvant avoir ‘’préformé’’ les futurs cracked eggs, poached eggs, eggs over easy, eggs sunny side up etc  ... avant que leur gangue ne subisse l’érosion mais le processus essentiel est bien tout simplement celui de l’érosion agissant sur des roches hétérogènes
Pendant que j’y suis : autres curiosités géologiques un peu dans le même registre, pour naturalistes curieux (mais qu’est ce que c’est donc que ces trucs ?)D’autres curiosités géologiques, en fait parfois plus énigmatiques, sont constituées de boules, boulets de canon ou sphères encore bien plus grosses. Ce sont alors, en principe, des concrétions sédimentaires antérieures aux phénomènes d’érosion, plus dure que leur gangue ce qui fait qu’elles s’érodent moins vite. Parfois la gangue est totalement érodée et seules les boules subsistent. Parfois elles ont été déchaussées et l’on ne trouve que leur empreinte en creux. Parfois, comme ce sont des ‘’boules’’ et qu’elles peuvent dépasser la tonne, elles roulent loin de leur gisement initial et alors là, le passant, dubitatif, se gratte la tête ‘ qui a bien pu déposer ce truc dans le coin  . La cause de la formation de ces ‘concrétions’’ fait parfois débat. Certaines fois l’ésotérisme ou '' l'archéologie politique'' s’en mêle ( Serbie) et là on rigole bien. Peut être bien que ces boules témoignent d’une ancienne civilisation disparue, peut-être même bien de la visite d’une civilisation extra-terrestre !
Quelques exemples de ’boules de roches’’qui méritent, à mon avis, un click sur google -images à défaut d’une visite sur le terrain (on ne peut pas aller partout): Theodore Roosevelt NP. Bullion Creek badlands du Dakota du NordBoules parfaitement sphériques sur hoodos des falaises près de Gallup
Pumpkin Patch de Anza Borrego en CalifornieRed Rock Coulée en Alberta‘’Valle de la luna’’ Parc de Ischigualasto, San Juan, en Argentine....
Et ailleurs... notamment en Arkansas, Kansas, Missouri, Wyoming, Ohio, dans l’état de New York, Yukon.... J’en ai découvert moi- même un gisement non répertorié au Névada, près de Hawthorne et un autre en Irlande (d’un autre type d’ailleurs). Parfaitement sphériques, suffisamment en tous cas pour rouler sur le sol, de la taille d’une orange, les sphères de Hawthorne semblaient avoir été soigneusement alignées dans leur écrin argileux, dont elles se déchaussaient d’ailleurs très facilement, jonchant le sol aux alentours, vraiment curieux.... ... en Serbie, Tchéquie, Slovaquie, Italie, Roumanie.... .... et en France à Saint André de Rosans, Hautes Alpes .... et pour plus d’informations : Google taper :irna.lautre.net/Tout-ce-que-la-nature-ne-peut-pasIV
Pendant que j'y suis (bis) : une autre curiosité géologique, à ma connaissance inconnue avant Google, pour ceux qui aiment déchiffrer les signes figés dans la roche par les caprices naturels  . Sur Google earth tapez : 50°0’38.20’’N 110°6’48.32’’W.... Les visages pâles du Mont Rushmore font pâle figure et sont loin derrière en taille
bonne journée | | | À: Cochize · 21 avril 2009 à 20:07 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 43 de 97 · Page 3 de 5 · 3 588 affichages · Partager Merci Cochize pour cette réponse détaillée et illustrée. Si je devais reprendre des études, ce serait de la géologie : tu n'imagines pas ma frustration de ne pas comprendre les paysages que je parcours! Je n'hésiterai pas à l'avenir (si tu le permets) à faire appel à tes lumières!
Marie
PS :Est-ce toi qui as trouvé cette tête d'indien sur Google Earth? | | | À: Mlefevre · 21 avril 2009 à 20:31 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 44 de 97 · Page 3 de 5 · 3 586 affichages · Partager bonsoir Marie,
il est vrai qu'une Nancéenne serait bien placée pour étudier la géologie (ENSG à Vandoeuvre) 
la tête d'Indien, non ce n'est pas moi qui l'ai trouvée mais à l'instant présent je ne me souviens pas oû j'ai débusqué la référence  , si ce n'est bien sûr que c'est sur le net, sur un site anglophone. en y réfléchissant celà devrait me revenir.
bonne soirée | | | À: Cochize · 22 avril 2009 à 0:14 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 45 de 97 · Page 3 de 5 · 3 577 affichages · Partager Bonsoir Jean-Paul  ,
Très bonne idée ces éclairages géologiques! Tu pourrais peut-être continuer en me disant d'où proviennent les Moqui Marbles. Je ne te dis pas notre émerveillement la première fois qu'on en a trouvé! Il y en avait partout (je tairai quand même l'endroit sur le forum car le ramassage en est interdit, mais alors on ne le savait pas  ). On en a donc un petit échantillon avec des formes incroyables; elles font un bruit de métal lorsqu'on les frappe l'une contre l'autre. Les plus grosses sont comme des noix.
Les œufs "sunny side up" me rappellent que la première fois qu'on est allés dans l'Ouest canadien, on avait commandé des œufs à un petit déjeuner à l'est de Calgary. La serveuse nous demande comment on les veut et on lui répond "Sunny side up". Là-dessus elle se met à rire et elle nous gratifie d'un "Good guys!" plein d'indulgence  . Ensuite on les a commandés turnover  ... | | | À: Cochize · 22 avril 2009 à 12:53 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 46 de 97 · Page 3 de 5 · 3 564 affichages · Partager Comme tous les autres, je suis toujours cette narration, ces anecdotes avec beaucoup de plaisir. Merci beaucoup! | | | À: Kashtin · 22 avril 2009 à 19:06 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 47 de 97 · Page 3 de 5 · 3 542 affichages · Partager en réponse sur les Moki marbles
Ces Moki marbles, concrétions ferrugineuses en milieu continental et gréseux à la différence des oolithes des ex-mines de fer de Lorraine sont encore un bel exemple d’ objets géologiques parfois qualifiés de ’’bizarres’’. Les shamans des Indiens Moqui en faisaient parait-il grand usage. On en trouve d’ailleurs en vente, sur le web, sous le nom de ‘’shaman stones’’. Je ne sais pas trop ce pour quoi c’est bon  ..... retour d’affection ou arthrose, ou maux d’estomac mais çà doit bien être bon pour quelque chose puisque le terme..... est un slogan de vente... Ne rions pas trop puisque en France on peut trouver aussi, sur nos marchés du samedi, toutes sortes de ‘’pierres magiques’’, chacune spécifique d’un désordre donné.
Le Utah Geological Survey et le NPS ont pensé aux touristes qui s’interrogent sur des sujets tels que les Moqui marbles ou la palette de couleurs des grès et argiles. Je crois que, pour tous ceux qui lisent un peu l’Anglais et s'apprètent à découvrir ou redécouvrir le Sud Ouest ou sont simplement curieux, les meilleures réponses sont dans un livret de vulgarisation- qui me semble très facile à suivre- du Professeur Marjorie CHAN de l’Université de l’ UTAH. Livret qui doit d’ailleurs- je suppose- être largement diffusé depuis 2003, notamment dans les boutiques des Parcs puisque le NPS a contribué à son édition; je ne me souviens cependant pas l’avoir vu en 2007 au Grand Canyon
Pour ceux qui veulent une réponse ultra courte sur le pourquoi des belles couleurs et qui se souviennent de leurs cours de chimie, çà n'est pas compliqué :quand c’est rouge c’est oxydéquand c’est gris c’est réduit.
Et voilà  , intéressant pour le tourisme mais essentiel.... pour le prospecteur et le géologue des décennies passées
et pour ceux qui n’ont jamais fait d’Anglais, s’il y en a,... je le traduirais un de ces jours....s'il y a de la demande 
Avec çà on comprend mieux ce qui se passe mais sans que celà nuise à la feérie et à l'enchantement comme dit le Nouveau Mexique  ?
bonne soirée
RAINBOW OF ROCKS Mysteries of sandstone colors and concretions in Colorado Plateau Canyon Country
Public Information Series 77 year 2002 Utah Geological Survey By Marjorie CHAN Professor, Department Geology and Geophysics The Unviversity of Utah and William PERRY
en ligne à : geology.utah.gov/online/pdf/pi-77.pdf Image attachée: Photo postée par le membre Cochize. | | | À: Cochize · 23 avril 2009 à 23:30 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 48 de 97 · Page 3 de 5 · 3 525 affichages · Partager Merci, Jean-Paul, pour cette très intéressante plaquette de M. Chan qui éclaire un peu (beaucoup) ma lanterne!!   , et que je vais chercher lorsque je serai sur place, ce qui ne saurait tarder. Je garde le lien pour l'imprimer au cas où...
Pascale | | | À: Grisemote · 25 avril 2009 à 7:56 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 49 de 97 · Page 3 de 5 · 3 759 affichages · Partager bonjour,
aujourd'hui je retourne aux histoires de prospecteurs
Histoires de prospecteurs d’hier et d’aujourd’hui : le prospecteur‘’qui salait’’ les carottes Les prospecteurs, devenus dans certains cas des promoteurs d’un genre particulier, étaient alors comme d’autres promoteurs, généralement honnêtes mais quelquefois plus ou moins escrocs. Un technique d’escroquerie classique était le salage ou ‘’salting’’. Cette technique semble avoir pris naissance lors de la première grande ruée vers l’or, celle des fortyniners (1849) celle de ‘’Oh ! my darling... Oh!my darling Clementine..’’. Pour appâter l’acquéreur, obtenir un bon deal et ensuite souvent disparaître et aller exercer ses talents ailleurs, le petit malin ‘’salait’’ c'est-à-dire qu’il introduisait dans un terrain stérile des traces d’or faisant croire à l’acheteur qu’il était en bordure d’un gisement. La technique pouvait être plus ou moins sophistiquée, selon l’imagination du vendeur et Dieu sait que les escrocs n’en manquent pas. Peut être la plus connue était-elle celle qui consistait à remplacer les plombs de cartouches d’un fusil de chasse par de la poudre d’or et le décharger sur les parois des premiers mètres de galerie que l’on s’était donné la peine de creuser. La décharge apparaissait imprégnait les parois de traces d’or  ....le filon ne pouvait pas être loin’’ ah !!! si seulement j’avais les capitaux et pour financer la suite des recherches !! disait le vendeur. L’acheteur lui, les avait...
La technique du salage, héritée de l’histoire de l’Ouest, s’est pérennisée et adaptée aux époques et métaux différents. Dans les années 50 et 60 dans le sud ouest et notamment dans le SE Utah, là où l’on va maintenant admirer les fantaisies géologiques en rouge de la nature, c’était la ruée non pas vers l’or mais vers l’uranium. Les petits malins utilisaient toutes sortes de trucs pour tromper leurs acheteurs potentiels. Par exemple ils se procuraient des sources radioactives banales du commerce (telles que les capuchons de lampes à naphta type Coleman, riches en thorium et en garnissaient les bâtons de dynamite utilisés pour creuser leur galeries. L’explosion imprégnait les parois de radioactivité  . L’acheteur visitant les travaux avec un appareil basique n’était pas capable de distinguer les différents types de radioactivités et était persuadé de la proximité d’un gisement d’uranium. Même histoire :....le ‘’ filon’’ ne pouvait pas être loin’’ ah !!! si seulement j’avais les capitaux pour financer la suite des recherches !! disait le vendeur. L’acheteur lui, les avait...
Il y a bien longtemps, lors de mes recherches sur le cuivre j’ai eu affaire à deux reprises à des personnages qui s’étaient essayés au salage. L’un deux, Ralph un Canadien de Colombie Britannique, était devenu un prospecteur de haut de gamme. Il avait déjà acquis une certaine fortune en ayant participé à la découverte d’une mine d’or du côté de l’ Australie et, en Californie, ou il résidait le plus souvent, était devenu propriétaire d’un ranch proche de celui d’une star hollywodienne..Ce dont il était très fier.. Travaillant depuis un certain temps à l’expertise d’un petit gisement de cuivre dont il avait pris le contrôle et dont il espérait...faire un gros avec notre aide j’approchais de la conclusion que l’affaire n’allait pas nous mener loin. Ralph lui pensait, bien sûr qu’il fallait encore chercher, encore chercher...le gisement était certainement juste un peu plus loin...ou alors juste un peu plus en profondeur...encore un effort my friend Je venais de procéder à un premier examen rapide des dernières ‘’carottes’’ remontées : pas plus de cuivre que d’or au fond de mon jardin potager.... ’’On devrait peut –être refaire un examen et des analyses plus détaillées’’ me suggère Ralph un peu plus tard . ‘’OK retournons y’’.. Stupeur... comment ai-je pu manquer çà..... sous le binoculaire de l’atelier mobile....plein de petites particules qui ne peuvent qu’être du cuivre... même si elles ont des formes un peu étranges, c’est à n’y rien comprendre. La lumière toute à l’heure ne devait pas être bonne ou alors j’avais trop bu du Saint Estèphe qu’il m’avait apporté.. Je prends un autre échantillon... mais c’est la même chose. Je commence à douter de moi. Je retourne aux échantillons des jours précédents... dans une boîte à côté. N.de D. c’est pareil... c’est pareil...Là je commence à sentir le coup fourré car çà.. ce n’est pas possible. Ces échantillons, je les ai examinés avec d’autres moyens.......Ralph a poussé le bouchon un peu trop loin dans son désir de me convaincre que l’on approchait d’un objectif hypothétique. Ce drôle là, pendant que j’étais au bureau s’était absent sous un prétexte quelconque, était retourné à l’atelier ; à l’aide d’une petite brosse aux brins de cuivre, il avait consciencieusement maquillé ‘’salé ‘’ les carottes en déposant des traces de métal   ....
Ma prochaine histoire racontera comment le ‘’salting’’ moderne peut générer un scandale digne de ceux que connaît Wall Street et comment: la réalité peut dépasser la fiction.
bonne journée | | | À: Cochize · 25 avril 2009 à 8:31 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 50 de 97 · Page 3 de 5 · 3 751 affichages · Partager Ah, on se croit vraiment dans Lucky Luke, ou tous ces films qui se rapportent à la ruée vers l'or.... | | | À: Fredxiii · 29 avril 2009 à 7:17 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 51 de 97 · Page 3 de 5 · 3 729 affichages · Partager bonjour,
et qu'éprouverais- tu pour ces chercheurs d'or là, tendresse, admiration, stupéfaction, colère? 
Histoires de prospecteurs d’hier et d’aujourd’hui : l'escroquerie minière du siècle!
l'évocation de la petite manipulation, artisanale, de mon ami Ralph et de sa brosse aux brins de cuivre  et l'actualité financière encore récente du scandale Madoff  m'ont remis en mémoire une escroquerie, unique par son ampleur, vraiment incroyable et basée sur la technique du ''salting''. Elle était en bonne place dans la presse du côté ouest de l’Atlantique, il y a seulement quelques années et a mis en scène une petite compagnie de Calgary, Bre-X. De ce côté ci on en a peu ou pas parlé et, bien que ce ne soit pas pour moi une histoire vécue, je ne peux pas résister à l’envie de la faire mieux connaître tant elle m’a ‘’diverti’’. Moins peut être un ancien collègue Canadien qui, bien qu’il ne s’en soit pas vanté, a probablement cédé à la fièvre de l’or et dont les titres ont maintenant moins de valeur que ceux de l’emprunt russe du début du XX ème siècle-- Une parenthèse pour comprendre le sel de l’histoire (si l’on ose dire) Le géologue minier- prospecteur, de par sa profession a parfois une opportunité toute particulière de franchir la ligne jaune, basculer dans le domaine délictuel: il est souvent le tout premier, avant même sa direction, à être au courant d'une découverte minière et donc à même d'acquérir à bas prix des actions qui sont susceptibles de s'envoler quelques jours plus tard : il se rend alors coupable de ‘’ insider trading’’ . En Français on appelle çà un délit d'initié . Cà peut lui coûter son job, une place sur une liste noire et des poursuites... s’il est pris bien sûr.
Le délit d’initié est une chose- on peut le rencontrer dans pas mal d’activités humaines- mais le pratiquer, en jouant sur un des mythes éternels poursuivi par l’homme, en relançant la fièvre de l’or sur du vent, avec un peu de poudre de perlin-pimpin, un culot monstre et de judicieux communiqués de presse, çà a bien plus d’allure !! Je trouve. Quitte à escroquer... escroquons dans la tradition et avec panache que diable..Menée à grande échelle comme dans cette histoire la manipulation et le ''salting'' laissent pantois ... Madoff a battu des records dans le domaine de la manipulation financière, quelqu’un chez Bre-X a fait de même dans le domaine de la fraude minière et, par conséquence directe, boursière ce qui était bien sûr l’objectif. Madoff a volatilisé (pliff ! pliff ! pliff !) plusieurs dizaines de milliards sur plusieurs dizaines d’années, Bre-X ‘’seulement’’ quelques milliards (pliff !) mais sur, disons, trois ans ce qui, rapporté à l’année, est aussi une ‘’belle’ performance. Dans cette affaire la naiveté des tiers qui on fait confiance à Bre-X, je veux dire de ceux qui étaient censés avoir un regard critique, a atteint des sommets déroutants.- --
L’escroquerie minière du siècle tragicomédie en 9 actes : distribution des rôles principaux Le géologue : M.G. ingénieur Philippin Le chef-géologue : J.F. supérieur du précédent. Personnage truculent, haut en couleurs, verbe haut également, digne d’une bande dessinée... Le président : D.W. supérieur du précédent. Homme d’Affaires (sic !) à la limite de la banqueroute au moment ou débute l’histoire.
Acte 1/. L'affaire commence en 1987 en Indonésie, à Busang, en pays Dayak : une 'junior company'' (c'est à dire une compagnie que vous et moi avec un groupe d'amis pouvons fonder la semaine prochaine ou presque, avec un peu d’argent) réalise 18 sondages sur un prospect minier à la recherche d'or; ils n'en trouvent pratiquement pas 
Acte 2/. La "junior company"' propose son affaire à plusieurs ''majors' (grosses compagnies canadiennes, américaines, australiennes) qui envoient des géologues expertiser le site... C'est un bide, vraiment un bide... personne n'en veut.  Bof !!! L'affaire est abandonnée.
Acte 3/. 1992 : une autre "junior company", Bre-X de Calgary, entre en scène. J.F. son chef géologue, envoie sur place, pour ‘ ’trouver quelque chose à vendre’’ M.G. qu’il connaît depuis des années, de précédentes collaborations en Indonésie même et à qui il vient de demander de rejoindre l’équipe.
Acte 4/. M.G. rentre avec des échantillons riches en or et une évaluation positive du potentiel du ‘’gisement ‘’ de Busang 
Acte 5/. D.W. qui se trouve alors presque complètement fauché et menacé de banqueroute s'envole vers Djakarta retrouver J.F. qui s'est déjà rendu sur place. Certains disent qu’il a dû emprunter pour ce premier voyage. La magouille apparemment se prépare... mais à l’initiative de qui? On ne sait pas trop. J’ai bien sûr ma petite idée !
Acte 6/. En 1993 un contrat est signé, Bre-X lève des fonds, achète la propriété et réalise de nouveaux forages. Le chef local est...M.G. lui-même bien sûr (sinon la combine ferait long feu) L'action Bre-X oscille alors autour de 40 cents!! (penny stock market au Canada). M.G. envoie les échantillons de sondages à un laboratoire Canadien reconnu et fiable. A noter que si l’analyse est faite au Canada, la préparation des échantillons, donc le broyage, est réalisé sur place en Indonésie, et c'est bien sûr à ce niveau que le salting, par adjonction de poudre aurifère d’origine diverse, va se produire.
Acte 7/. On a touché le jackpot!!!  les résultats d'analyse sont superbes. Les commentaires ont dû être chauds dans les bureaux à Calgary. Le champagne de Californie a dû couler à flots.... D'autres résultats arrivent et confortent la découverte   Les premiers communiqués de presse commencent à faire grimper les actions.
Acte 8/. En 1995 à Busang, notre compère M.G. voyant que la pompe est amorcée, en rajoute une couche ou plutôt une dose.... Des milliers d’ échantillons sont analysés et c'est l'affolement boursier    A Toronto, à Montreal, à Calgary, à New York. On parle d’une des plus grosses mines d’or du monde en gestation... Tout le monde veut des actions, des particuliers bien sûr mais aussi des fonds de placements dont plusieurs fonds de retraites Canadiens.. . Bre-X a grimpé de 40 cents au départ à 296 dollars!!. La société, qui valait des pennies et qui en réalité vaut toujours des pennies, est capitalisée à plus de 6 milliards de dollars. Les ordinateurs (des géostastiticiens) tournent à en faire chauffer les disques durs pour estimer la quantité d’or présente à Busang... Un cabinet bien connu et réputé donne sa propre estimation potentielle du gisement: près de 25 milliards US!! Ouh là... là, çà commence à être chaud, vraiment chaud. Le Président Suharto entre dans la danse, il en voudrait bien sa part... le reste de sa famille aussi. Pendant ce temps nos trois compères, à ce niveau on n'ose plus parler de Pieds Nickelés, ce n'est plus de l'artisanat, c'est de l'industrie, donc disons nos trois chevaliers d'industrie, MG, JF et DW ne se sont pas appauvris  MG la cheville ouvrière de l'aventure, pèserait au moins une trentaine de millions de dollars, JF lui certainement bien plus puisqu’il vendra pour 87 millions de dollars d’action Bre-X à l’automne 1996 juste avant la débâcle ; comme par hasard bien sûr. DW on ne sait pas.
Acte 9/. Au début de 1997 l'action est à son plus haut niveau  , En mars, MG dont les nouveaux moyens financiers devaient lui permettre sans trop de peine de nourrir ses quatre épouses... se jette par la portière d'un hélicoptère au dessus de la jungle indonésienne  ... peut-être l’a-t-on un peu aidé. On retrouvera son corps, quatre jours plus tard presque entièrement mangé par les animaux. Il sera identifié par deux molaires et l’empreinte d’un pouce...hum ! est- ce bien son corps que l’on a retrouvé ou coule-t-il des jours paisibles quelque part ? par exemple au Brésil pays d’où une de ses épouses dit avoir reçu un virement en...2006 Une compagnie américaine, associé pressenti de Bre-X pour développer le gisement est un plus curieuse que tout le monde, elle fait analyser ses propres échantillons. Les échantillons sont amenés sous garde armée au laboratoire et là... c'est la catastrophe: l'or est présent en quantités insignifiantes (retour aux conclusions d'avant 1992)  La fraude est débusquée.. bien entendu tout les actionnaires veulent vendre   . l'action tombe de 296 dollars à trois cents, les actionnaires on tout perdu... et c'est la banqueroute
Epilogue DW file aux Bahamas  où il meurt l’année suivante c'est-à-dire en 1998 en protestant de son innocence. De mort naturelle dit-on, mais peu après que des truands armés et masqués aient tenté de lui soutirer son argent. Poursuivi pour la fraude JF qui lui a établi résidence aux îles Caiman  proteste aussi de son innocence: il n'est pas prouvé qu'il en ait eu connaissance ! C'est la conclusion sérieuse atteinte au tribunal. Tout çà serait donc la faute de MG qui a été bouffé par les cochons sauvages depuis. Il n'était vraiment pas très curieux de ce que bricolaient ses subordonnés ce chef-géologue . Pour moi cette ‘’ignorance’’ est encore plus incroyable que toute la manipulation boursière qui en a suivi. Egalement poursuivi pour délit d'initié il est reconnu innocent là dessus aussi en 2007. Conclusion :si vous avez un jour besoin d’un bon avocat, demandez lui donc le nom du sien, il doit être diablement efficace!!!
Moralité de l'histoire: y’ en a pas !. Mais bon sang, il y a, par contre, là matière à concocter un film passionnant. Or, exotisme, jungle, village de Dayaks perdu dans cette jungle, avec plein de petits cochons qui courent dans tous les sens, bonnes œuvres de Bre-X qui y apporte électricité et autres signes de progrès, héro aux multiples épouses, tractations au Palais présidentiel, et même dit-on intervention d’un ancien Président US auprès de Suharto, micros dans les chambres d’hôtels des cinq étoiIes de Djakarta, détectives privés embusqués au bar, espionite, contre-mesures électroniques, écrans d’ordinateurs qui moulinent les chiffres, cambriolage des bureaux de Calgary, incendie (bien malencontreux) du laboratoire censé abriter les échantillons aurifères stockés en Indonésie, ambiance...puis chute depuis un hélicoptère, corps dévoré par les cochons ou disparition mystérieuse, fuite sous les tropiques.... Tout cela représente déjà pas mal d’ingrédients qui devraient pouvoir être arrangés à la sauce hollywodienne de manière à faire un bon film d’aventures.... En effet ne vient-on pas d’apprendre que l’affaire Madoff va être portée au cinéma. Pourquoi pas l’affaire Busang ? mais.... avec une conclusion différente SVP, j'aime bien les histoires qui ont un fin morale..
Pour ceux que cette affaire à peine croyable intéresse: il existe trois livres, tous Canadiens, dont les deux qui suivent. Gold today, gone tomorrow par Vivian Danielson et James White aux presses du Northern Miner, CanadaThe Bre-X Fraud by Douglas Goold and Andrew Willis, McClelland and Stewart | | | À: Cochize · 29 avril 2009 à 18:24 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 52 de 97 · Page 3 de 5 · 3 716 affichages · Partager Salut Jean Paul. D'abord merci pour ces nouvelles histoires, toujours aussi bien racontées! Je ne m'en lasse pas!
Merci aussi pour le lien vers cette plaquette de vulgarisation qui est parfaite! Je me demande si les curieuses formations rencontrées dans le désert blanc en Egypte n'auraient pas la même origine que les moqui marbles : une précipitation d'hématite sur un noyau de matière organique (mais lequel?) Marie
| | | À: Mlefevre · 30 avril 2009 à 19:59 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 53 de 97 · Page 3 de 5 · 3 699 affichages · Partager Bonsoir,
Je n’ai jamais visité le White Desert mais j’ai évolué un peu, plus au Sud, dans le désert Soudanais. A l’ouest de Port Soudan dans les Red Sea Hills il reste encore pas mal d’or des pharaons égyptiens ou soudanais  . Pas l’or de leurs bijoux mais... celui des mines d’où venaient leur matière première  ... Et, cela n’a rien à voir, j’y ai observé des cristallisations ressemblantes, quoique bien moins belles. Celles du White Desert sont évidemment mieux connues et documentées du fait de la fréquentation des lieux et du tourisme ; on en trouve des spécimens jusque dans les rock shops d’ Amérique du Nord à des prix...je n’ose pas le dire... c’est indécent  .
Les structures étoilées o u coniques avec une patine sombre et lustrée sont certainement des pseudomorphoses d’hématite sur marcassite ce qui veut dire que l’hématite a remplacé, en gardant leur forme initiale, des cristaux de marcassite antérieurs (même formule que la pyrite mais système cristallographique différent). Ces cristallisations acquièrent des formes très variées y compris celles en bâtonnets. Ce qui complique les choses c’est que effectivement, dans d’autres cas : la marcassite elle-même a d’abord pris la place d’ organismes fossiles (pseudomorphose) (comme tu le dis) l’hématite elle-même s’installe directement sur des organismes fossiles, en recouvrement, sans passer par l’étape marcassite ou pyrite. Le cycle de la circulation (géochimie) du fer dans la nature est assez compliquée n’est ce pas ? çà se dépose, au fond de l’océan ou dans la roche, çà se redissous dans l’eau et donc çà se déplace, çà se redépose, çà se redissous dans l’eau etc,....On appelle çà des ‘’fronts’’
Ces structures étoilées sont en tous cas certainement différentes des simples concrétions ferrugineuses dans lesquelles l’hématite se dépose directement en tant que telle autour d’un nucleus ; comme pour les ‘’Mokis marbles’’ par exemple.
Les petites structures en bâtonnets me semblent formées d’un mélange d’hématite et de goethite (très voisine). Il est probable qu’elles ont elles aussi remplacées des cristallisations antérieures de marcassite qui revêtent, comme je le disais toutes sortes de formes. On connaît incidemment, en dehors des milieux désertiques, dans des mines et grottes, des stalagmites ou stalagtites de goethite ayant remplacé de la marcassite ce qui donne des objets semblables mais en l’occurrence, je ne pense pas que ce soit le cas.
Bonne soirée | | | À: Cochize · 30 avril 2009 à 21:25 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 54 de 97 · Page 3 de 5 · 3 697 affichages · Partager Merci Cochize pour ces explications. Il n'est pas impossible que les "bâtonnets caramel" soient d'anciens stalactites ou mites car ils sont toujours asymétriques avec une extrémité évasée qui devait correspondre à leur base d'implantation. Tu penses donc que les pierres de forme spiroïde seraient le résultat d'un phénomène de cristallisation, ça m'épate! A+ Marie | | | À: Cochize · 8 mai 2009 à 17:04 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 55 de 97 · Page 3 de 5 · 3 665 affichages · Partager Voici encore une petite histoire d’ours et de sandwichs !! pardon pour la répétition mais c'est que les ours doivent aimer les sandwichs!
Un ours peut en cacher un autre
C’était le début de l’automne sur la côte Pacifique ; la rivière qui se jetait dans l’océan à la tête de l’inlet quelques kilomètres en aval était envahie par les saumons. Pour eux c’ était la fin de l’histoire. Face au courant, pratiquement immobiles, ils semblaient pourrir vivants, de grands lambeaux de peau rose s’effilochant de leur corps et partant à la dérive au fil de l’eau. Peu esthétique. Du haut de la corniche à flanc de falaise où nous nous trouvions nous observions, sous nos pieds, les ours noirs à la pêche. A la pêche, c’est peut- être exagéré, occupés à se nourrir serait plus exact. En tout cas il ne s’agissait pas d’une pêche ‘’sportive’’ celle là, bien différente de celle où l’on voit un grizzly attraper au vol un saumon ou zigzaguer dans l’eau à la poursuite d’un autre. Il est vrai que parfois c’est le poisson qui semble se jeter dans la gueule du plantigrade, bien positionné.. Bref, ces saumons là avaient, eux, déjà accompli leur devoir de reproduction et semblaient s’offrir aux ours qui n’avaient qu’à se courber pour saisir leurs protéines. Beaucoup moins photogénique en vérité.
Vous auriez pu croire que ces ours, bien nourris, n’éprouveraient pas le besoin de goûter à autre chose que la saumon mais, c’est bien connu l’ours noir est véritablement omnivore et aime bien goûter à tout, la preuve en est....
Notre camp est alors un peu en amont, en bordure de la rivière et de la piste tout terrain qui y donne accès. Encore un tout petit peu plus en amont et au sommet d’un petit promontoire un technicien, casque métallique sur la tête, est occupé à préparer une petite saignée rocheuse qu’il ouvrira un peu plus tard à l’explosif. Sa thermo de café, et ses sandwiches au relish, dans un petit brown bag de papier sont posés sur la roche à proximité. Voilà qu’arrive un ourson, déjà de belle taille et d’apparence pas si ourson que çà. Le jeune et intrépide fouineur s’intéresse à la situation et surtout au sac de sandwichs. Notre homme court alors sus à l’ourson la clef à mollette (d’un bon 40 cm.) levée avec l’intention affirmée de lui faire lâcher son butin. L’ourson, lui a bien l’intention de mettre des sandwiches au relish à son menu. Le sac toujours dans la gueule, il dévale la piste qui mène au camp avec notre homme qui court derrière avec sa clef à molette à la main. Ils sont maintenant tout près du camp. C’est à ce moment là, que nous crions à l’intention du technicien ‘’l’ours, l’ours’’. Notre homme doit se dire : ‘’ bande d’abrutis, je le sais bien qu’il y a un ours puisque je lui donne la chasse’’. Oui... mais ce qu’il n’a pas vu c’est que derrière lui la mère arrive à la rescousse de son rejeton. Imaginez la scène : un jeune ours un sac à sandwiches dans la gueule, pourchassé par un homme casqué, brandissant une clef à molette, lui-même poursuivi par la mère ours. Aie !! Aie !! On dit que, à la différence d’une mère grizzly, l’ourse noire attaque rarement pour protéger son petit : celle-ci doit appartenir à la minorité. Tout cela cependant ne dure qu’un instant, notre pick up truck est en bordure de piste et notre homme pris de court, plutôt que d’en ouvrir la porte et de se réfugier à l’intérieur, bondit dans le plateau. L’ourse n’insiste pas et après un court geste agressif autour du véhicule rejoint son ourson....
Remarquez que le refuge d’un plateau de pickup n’est pas vraiment un gage de sécurité si l’animal a l’intention établie de s’en prendre à l’homme qui s’y trouve. Il y a quelque temps un grizzly, à l’issue d’un séjour forcé chez les Rangers, venait d’être remis en liberté en sautant depuis sa cage portée sur un plateau de pickup. Après avoir esquissé bien naturellement un mouvement de fuite vers la liberté, il se ravise et décide apparemment de faire payer sa captivité à son gardien. Il fait demi-tour et se dresse contre le véhicule, s’en prend à son ex-cage et fait chuter le tout à terre, cage et gardien auquel il inflige des blessures légères avant de prendre la fuite pour de bon.
cochize | | | À: Cochize · 11 mai 2009 à 17:31 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 56 de 97 · Page 3 de 5 · 3 650 affichages · Partager J'imagine le tableau!! Mais le technicien aurait-il vraiment mangé le sandwich parfumé à la bave d'ourson (mangeur de saumon "pourri" en plus)?! A tantôt pour la prochaine histoire! Marie | | | À: Mlefevre · 15 mai 2009 à 12:54 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 57 de 97 · Page 3 de 5 · 3 631 affichages · Partager mangé les sandwichs ? oh ! que non !! tout comme dans une précédente histoire- et là c’était un sac en toile-le brownbag, bien plus fragile et finalement abandonné par le petit ours ne contenait plus rien de comestible. Mais notre homme qui s’est d’ailleurs fait engueulé par son ‘supervisor’ pour ce comportement imbécile à eu un réflexe de frustration.... j’allais dire animal. Il voulait faire payer l’ours pour avoir perturbé la journée.. Il a seulement vu que quelqu’un (de moins gros que lui) lui chipait son casse croûte et çà il ne pouvait pas le supporter; si l’animal avait été deux fois plus gros il aurait peut-être hésité, mais çà n’est pas certain. Il faut dire que dans le métier on fréquentait de sacrés personnages...
C’est d’ailleurs parfois avec des gaillards de cette trempe, mineurs, foreurs, prospecteurs, bûcherons que dans ma jeunesse j’ai ‘’perfectionné’’ mon anglais parlé après avoir quitté le Québec. J’ai donc découvert un vocabulaire fleuri dont mes 10+ années d’enseignement académique de la langue ne m’avaient pas révélé la richesse!!! __
Bon, voici une petite histoire mettant en scène un petit animal bien différent
Histoire de moufette, qu’on appelle encore bête puante du côté du Québec
Dans le bestiaire d’ Amérique du Nord voilà un animal qui occupe une place à part. Pas dangereux-il ne vous mettra pas en pièces comme un grizzly ni ne vous inoculera aucun venin comme un crotale - mais cependant redouté des hommes et pas seulement d’eux. On dit que même un ours fuira plutôt que d’être aspergé du jet (hyper) mal odorant de la bestiole. On dit aussi que la moufette elle-même ne reviendra pas avant longtemps sur un endroit qu’elle a ‘’traité’’. Ce qui est le plus étonnant c’est que cette petite bête qui suscite immanquablement un réflexe de recul et que les ruraux essaient à tout prix d’empêcher d’accéder à leur sous-sol de peur qu’il rende l’atmosphère irrespirable dans la maison, peut également être (après petite chirurgie) un animal de compagnie affectueux, apprécié et légal, dans certains Etats. Plutôt belle allure par ailleurs avec, au Canada, sa fourrure noire aux deux bandes blanches, il porte aussi le nom de ''bête puante’’ au Québec, voire ‘’ belle puante’’  selon quelques uns, probablement par déformation du terme
Si vous n’avez jamais croisé l’itinéraire d’une moufette après qu’elle ait activé son dispositif de dissuasion olfactive il est difficile de vous faire une idée de la manière dont vos narines seront agressées le moment venu. Si sur la route votre voiture a approché une bête écrasée par un précédent véhicule vous en avez déjà une idée ; d’ailleurs avec un vent tant soit peu favorable vous avez senti la chose plus d’un kilomètre avant de la voir  !!! Sinon rappelez vous les boules puantes du collège ou imaginez un mélange concentré d’œufs pourris, de H2S, de charogne brûlée, d’ail hyper concentré, de pneus en combustion, dans les deux cas mettez le tout à la puissance 2 et vous ne serez pas loin du compte !!
Ces animaux paisibles sont, tout comme les ours noirs, de vrais omnivores ce qui veut dire qu’ils sont naturellement attirés par la présence humaine à laquelle ils apprennent vite à associer la quête de nourriture. Ils viennent donc communément roder autour des habitations rurales, des campements, la nuit en particulier, et font souvent des rencontres impromptues avec le chien ou le chat de la maison. Si c’est le cas votre animal de compagnie ne va pas apprécier la réaction du visiteur et va devoir subir un traitement adapté pour le débarrasser de son imprégnation  . Et l’odeur est tenace, parole de prospecteur !!
Si vous avez repéré une moufette dans votre sous-sol ou sous le plancher de votre maison ou cabane vous allez chercher à l’en déloger sans provoquer de réactions défensives. N’essayez pas la méthode qu’un résident du Sud Ouest. avait tentée. Il avait suivi une recette lue quelque part : pour déloger la moufette de votre.... disposez des morceaux de ‘ peanut butter’ à proximité puis régulièrement espacés en direction et dans le désert. L’animal suivra la piste et peut-être ne reviendra-t-il pas sous la maison. Le truc a fonctionné mais.... dans le mauvais sens : le lendemain au lieu d’avoir une moufette sous sa maison il en avait deux.
Comme nombre de maisons assez rudimentaires construites en 2x4, c'est-à-dire en éléments de bois de 2 pouces par 4 pouces de côté, la cabane en bois du camp minier qui me servait un moment de maison d’habitation, était bâtie sur une sorte de vide sanitaire (!!!) de 50cm de haut et rustiquement fermé par une bardage de bois qui n’était en rien étanche. Imaginez une maison sur pilotis qui seraient de 50cm de haut. Là-dessous, dans ce ‘’vide sanitaire’’  les multiples occupants précédents du camp qui s’y étaient succédés durant les deux décennies antérieures avaient entassé probablement 2000 bouteilles de bière vides, pas loin d’une centaine de bouteilles de gin, autant de bouteilles de bourbon, quelques dizaines de bouteilles de whiskey, une variété de boîtes de conserves et plein d’autres choses délicates.... Ce genre de lieu, outre le fait qu’il sert souvent de dépotoir, est une invitation à s’y abriter pour toutes sortes de bestioles telles que les rongeurs donc, dans la logique de la chaîne alimentaire, crotales mais aussi.......moufettes, enfin tout ce qu’on appelle là bas ‘’critters’’
Et c’est bien dans ces circonstances qu’a eu lieu ma première rencontre avec la bête puante.....un soir j’en aperçois une se glisser furtivement sous la maison !! nous voilà bien...  d’ici à ce qu’elle décide d’y faire son nid et d’y abriter la petite famille à venir!!  Plutôt anxieux de déclencher l’aspersion dont je n’ai alors qu’une connaissance livresque, mais ne sachant alors trop que faire, je choisi de ne pas l’en chasser et de tenter la cohabitation. Résumons donc calmement la situation: j’ai un squatter redoutable occupant le niveau 50 cm. sous ma chambre à coucher dont il n’est séparé que par un plancher suspendu, à peu près aux normes de la dernière ruée vers l’or, autant dire qu’il n’est pas très isolant.... Je ne sais pas grand-chose des meurs de notre bête puante ? comment ne pas l’effrayer et la provoquer ? est-elle dérangée par le bruit quand elle dort, comme nombre de mes propres congénères ? que de questions sans réponses.. Hum... par prudence nous ne nous entraînerons pas au clog-dancing (danse en sabots de bois) avec nos collègues de Nouvelle Angleterre qui occupent la cabane voisine, pendant quelque temps, décidons nous et la prochaine fois que nous descendrons en ville dans la vallée pour nous y approvisionner, nous essayerons de nous renseigner sur la conduite à tenir. Heureusement, remarquons nous, nous n’avons à ce moment ni chien ni chat susceptible de provoquer par une curiosité intempestive notre squatter. Certes oui... mais le samoyède d’un des mineurs qui nous rend visite tous les matins... que se passera-t-il s’il le rencontre ou va fouiner sous la maison ? Les jours qui ont suivi se sont déroulés dans une curieuse et cruelle incertitude mais la moufette ayant d’elle-même décidé de déménager, la cohabitation s’est terminée sans que nous ayons à traverser l’épreuve tant redoutée.
La seconde rencontre, quelques années plus tard dans un camp de tentes, s’est moins bien passée. La moufette attirée par les déchets alimentaires qui n’avaient pas encore été brûlés a fouiné un peu partout et en passant à proximité d’une tente a fait la rencontre du chien d’un géologue... le pauvre chien a fini par en prendre une dose et il n’était pas fier  ... Je ne vous parle pas du travail que le collègue a eu, lui, pour ‘’désodoriser’’ son chien. Accessoirement le jet de la moufette avait atteint des vêtements qui séchaient près de la tente et, devenus irrécupérables dans les circonstances, ils ont fini incinérés avec les déchets. Traitement définitif...
purification définitive
Si vous êtes un jour vaporisé il y a heureusement des solutions moins radicales que le bûcher, des recettes et des produits commerciaux pour ‘’désodoriser ‘’, vous- même, vos vêtements, votre chien et votre maison. Pour les vêtements certains préconisaient fut un temps de les nettoyer d’abord puis de les enterrer pendant une semaine afin que la terre absorbe l’odeur. Mais la maison, elle c’est évidemment plus compliqué...
Je vais vous indiquer un truc que j'ai imaginé sans avoir jamais eu à m'en servir et qui pourra peut être un jour vous permettre de retrouver votre dignité si vous rencontrez une moufette d’humeur belliqueuse, que vous êtes atteint par son jet et que vous campiez sur un site argileux, par exemple les argiles rouges du Sud ouest Américain. Enduisez vous de boue d’argile et gardez cet emplâtre le plus longtemps possible ou mieux, prenez un bain de boue, immergez vous quelques heures dans l’argile mouillée. Le fort pouvoir absorbant et adsorbant de l’argile va récupérer les molécules malodorantes présentes sur votre peau.
Vous me direz ensuite si çà marche aussi bien que cela devrait en théorie !! | | | À: Kashtin · 1 août 2009 à 16:09 · Modifié le 2 août 2009 à 6:46 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 58 de 97 · Page 3 de 5 · 3 564 affichages · Partager bonjour et meilleures salutations estivales  ,
Mon plus vieux chien, qui était à moitié paralysé, vient de rejoindre les terrains de la chasse éternelle. Le départ de ce vieux compagnon m’a remis en mémoire ma première rencontre avec les Labradors.
De la supériorité du Labrador sur le Caniche dans la vie d’un prospecteur
Il y a de çà quelques années un visiteur me demandait pourquoi mes trois chiens étaient des Labradors. Effet de mode ?. Cette remarque m’ ayant quelque peu agacé et j’avais entrepris de lui conter l’origine, toute personnelle, de mon affection pour les Labradors, qui ont cependant beaucoup d’autres atouts dans... leurs pattes.
Cette année là j’avais engagé Stan pour un site de recherche dans les montagnes du Nord de la Colombie Britannique près de la frontière avec le Yukon. Outre sa compétence professionnelle il était aussi titulaire d’un ‘’Blasting Ticket’’, sorte de Certificat de compétence établissant qu’il savait et était autorisé à utiliser les explosifs industriels par exemple pour ouvrir une tranchée, abattre des rochers instables ou faire sauter un barrage d’arbres flottés obstruant une rivière, inondant l’amont et empêchant le passage à gué et surtout, il était habitué à travailler en solo et disposé a passer l’été entier en montagne dans des conditions frugales comme nous-mêmes. Mais il avait une exigence, une seule : il demandait que l’on ‘embauche’ son Labrador avec lui. Bien sûr on ne lui paierait pas de salaire mais on le nourrirait et surtout on le transporterait. Cette petite bête était bien un Labrador mais d’une stature plutôt impressionnante. Peut- être parce qu’il venait des confins de l’ Alaska pays qui comme on le sait est le vrai pays du ‘’big’’. On y trouve les plus gros ours bruns (les Kodiak) les plus gros orignaux (un panache pouvant atteindre 2 mètres d’envergure) les plus grosses loutres de mer, les plus gros crabes (le king crab dont l’envergure, pattes déployées, flirte avec le mètre et qui est à l'origine de cette classique et délicieuse combinaison qu'est le ''king crab legs and filet mignon dinner'') les plus gros brochets, les plus gros saumons (le chinook ou king salmon)les plus grands loups, et même..... les plus gros choux... de quoi faire une bonne soupe ou une sacrée potée. Et probablement plein d’autres choses...
Bref cette petite bête, répondait au doux nom de Dammit, pesait un bon 65 kgs. et était bien plus musculeuse et puissante qu’un autre chien du camp de base, un berger allemand, qu’incidemment elle avait failli étrangler un jour de bisbille pour une question territoriale. Dammit, étrange nom pour un fidèle compagnon; il avait dû lui être donné le jour d’une prouesse surprenante de la part du chiot qu’il était alors, si surprenante, peut-être une grosse bêtise, que son maître en était resté ébahi (damn it !). Ce jour de bisbille donc, refusant de céder aux coups du balai qui s’était brisé sur son dos, au seau d’eau versé sur la tête, Dammit maintenait obstinément sa prise sur le cou du berger allemand qu’il avait saisi dans sa gueule  . Il avait fallu que Stan lui empoigne les testicules et tire vigoureusement dessus pour qu’il lâche prise finalement  . Dammit m’étonnait par la taille des rondins de bois qu’il transportait ou des arbres tombés qu’il traînait par la gueule. Stan disait de lui ‘ ’ my dog thinks big !’’
De par sa stature et son poids Dammit prenait évidemment la place d’un passager dans les rotations hélicoptères en montagne ce qui n’était bien sûr neutre en termes de coût.. Je me souviens avoir fait une remarque stupide du genre ‘’ çà serait plus simple si vous aviez un caniche’’. Stupide remarque bien sûr et quelques semaines plus tard je me suis trouvé bien heureux d’avoir ses 65 kgs calorifugés. Stan m’avait évidemment rétorqué une nouvelle fois que c’était lui ET son chien ou personne. D’ailleurs avait-il ajouté à quoi me servirait un caniche si un ours venait rôder près de ma tente. Pfiff !!! Il pensait que son compagnon non seulement pouvait donner l’alerte mais avait de plus suffisamment de présence et d’entregent pour dissuader un intrus tel qu’un ours, en tous cas le temps qu’il empoigne sa carabine si nécessaire. Mais cet aspect des choses rentre dans une autre discussion....
Bon.. le Labrador signe son contrat d’un vigoureux tope la, et... hops !!!! au boulot comme tout le monde...
Stan et Dammit s’installent pour une bonne semaine dans un petit cirque de montagne. Quelques jours plus tard une certaine journée d’été je leur rends visite un peu après midi, mon intention étant de ne rester qu’une paire d’heures. Il est donc convenu que le pilote de l’hélicoptère me récupèrera vers 15 heures. Seulement voilà, les urgences auxquelles un pilote doit répondre priment sur les agendas internes et mon pilote se trouve retenu pour une urgence sanitaire jusque vers 17 heures. Entre-temps, c’est banal en montagne, le temps à brusquement changé. Un épais brouillard glacé cerne et envahit le cirque, nous entendons l’hélicoptère approcher puis tourner autour du cirque mais, malgré plusieurs passages il lui est impossible d’en trouver l’entrée. Le brouillard est si épais que ce serait suicidaire d’insister tant les parois rocheuses sont proches et le passage étroit.
Il va me falloir passer la nuit sur place. Pour la nourriture cela ne pose pas de problèmes les réserves de Stan sont surdimensionnées d’autant que je viens de lui apporter un paquet de T-bones maintenant enfoui au plus profond de la congère de neige voisine rescapée de l'hiver passé. Mais pour dormir... ? Stan à sa tente, mais, de type Igloo, étanche, isothermique, gonflable, etc... elle est, malheureusement pour moi, strictement individuelle. Il y a une autre tente, plus grande à côté de celle de Stan, c’est celle de Dammit, elle sert aussi d’abri pendant la journée et pour manger ; elle est loin d’être étanche, elle serait plutôt ouverte à tous vents. Je regarde au fond de mon sac, damnation! (ou damn it! si l’on préfère).... comme les jeunes écervelés que j’essaie de former je suis parti ‘tout nu’ sans ma couverture aluminium de survie  sans même un vêtement chaud digne de ce nom.!!. Pas d’échappatoire, il va falloir que je demande l’hospitalité à Dammit. J’espère qu’il acceptera de partager sa tente et sa couverture avec moi....
C’est donc cette nuit là, passée blotti contre Dammit, que j’ai apprécié ses 65 kgs calorifugés. Qu’est ce que j’aurais foutu d’un caniche de 5kgs. en effet ? Et en fin de compte l’avantage de dormir avec Dammit plutôt qu’avec Stan était double : il ne ronflait pas et, comme tout canidé, il affichait 39°  au lieu de 37° comme un homo sapiens.
C’est aussi cette nuit là que je me suis dit promis de renvoyer l’ascenseur et rendre leur hospitalité aux Labradors dès que j’en aurais l’opportunité. Les miens, ceux qui me tiennent compagnie actuellement, ne sont pas aussi puissants que Dammit... mais l’un deux, cependant bien moins lourd que moi, m’a malgré tout traîné sur plusieurs mètres par sa laisse un jour oû il avait envie de rejoindre un congénère.
L’amitié et la collaboration du prospecteur et de son chien est une vieille affaire. Le chien est un compagnon et il porte sa part de charge. Regardez par exemple la première photo ; elle a été prise au Yukon (Klondike) en 1896. Le chien porte toute la batterie de cuisine du prospecteur. La seconde photo a aussi été prise du côté du Yukon une bonne centaine d’années plus tard par un confrère.
A suivre : petites histoires de la ‘’dry belt’’ de Colombie Britannique et du Washington | | | À: Cochize · 1 août 2009 à 17:13 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 59 de 97 · Page 3 de 5 · 3 560 affichages · Partager Aaaaaaah!... Quel plaisir de retrouver tes histoires, elles me manquaient!  J'espère que tu en as encore tout un tas comme celle-ci! Je ne sais plus à la suite de quelle mésaventure, il y a longtemps, on avait décidé d'acheter des couvertures de survie, que l'on traîne de voyage en voyage, au cas où... mais j'ai toujours été dubitative devant ces minces feuilles d'aluminium. Tu penses que ça aurait pu te protéger suffisamment du froid? A bientôt  , Pascale | | | À: Kashtin · 1 août 2009 à 17:39 Re: Suite des "Rencontres insolites avec des grizzlys, chercheurs d'or et autres dans l' Ouest Américain" Message 60 de 97 · Page 3 de 5 · 3 555 affichages · Partager ...et bien concernant la feuille d'aluminium je ne saurais trop le dire; si j'en avais, en principe toujours une au fond du sac je n'ai jamais eu l'occasion de m'en servir. Un bon feu de bois est certainement mieux... à condition bien sûr que l'on se trouve en dessous de la ligne des arbres et pas au dessus... D'autres ont peut-être eu à en utiliser..
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