Bonjour,
Je trouve ça dommage que dès qu'il s'agit des
USA, tu remettes très souvent en cause les propos donnés par les intéressés. Comme si à chaque fois, tu doutais de leur véracité.
Cela n'a rien à voir avec les
USA, mais c'est une réflexion intéressant au sujet de laquelle je voulais faire un long message depuis plusieurs jours, et j'en ai ici l'opportunité. Je la saisis.
A mon avis quand on écrit sur VF sur des sujets pareils, ou qu'on y intervient, il faut faire preuve de rigueur si on veut que les conseils soient utiles, vraiment utiles. Il y a des membres qui adorent la notion de "
témoignage", ou d'avis de celui ou celle qui "
aurait fait la même chose", ou "
eu la même expérience".
C'est une notion dangereuse, car elle renvoit la connaissance à un cas toujours particulier, à des circonstances, à des détails qui ont pu être omis, ou négligés :
Votre message laisse penser que même si nul ne trouve votre Esta dans le système vous montez dans l'avion ou faites le voyage : moi j'en doute vraiment.
C'est le cas parce que - voyageur régulier vers ce pays - vous étiez déjà référencé dans le système et aviez sans doute même déjà voyagé avec cette Esta. Et pour le lecteur lambda qui compte sur un conseil, ça change tout !
Je n'ai pas lu tout votre parcours, je n'ai lu de vous que cette discussion, et on en conclut que c'est la sympathie ou la bienveillance du personnel et des autorités qui vous a sauvés.
Or ce n'est sans doute pas ça, vous en conviendrez ?
Vous écrivez :
Non, non... Jamais ! Tout comme toi tu n'as jamais mis les pieds en
Turquie !

Je n'en savais rien ; le lecteur occasionnel n'en sait rien...
Je peux trouver facilement d'autres exemples : un membre souhaitait une "
vraie information" sur la sortie pour quelques heures de l'aéroport de
Doha ; il était insatisfait de l'information générale ou des liens que je lui fournissais et voulait absolument un "
vrai témoignage" ; je trouve cela dangereux. Avec les informations générales, avec les liens vers les informations officielles, il trouvera ce qui s'adapte à sa situation. Et l'important c'est cela. Le voyageur qui va lui donner un "
témoignage" risque d'omettre de dire, par exemple, qu'il a deux passeports, ou un visa de séjour, ou de prendre en compte les conditions de son billet de continuation...
Et si ça se trouve, ça change tout là aussi !
Le cas isolé, l'expérience singulière, ce n'est pas du savoir, ce sont des choses à mettre en rapport avec les conditions légales, et officielles. Là seulement on a une vision claire.
Sur Moyen Orient, on a le cas des visas syriens obtenus à la frontière turque sans démarches préalables en
France. Bien sûr pour tel ou tel ça marche ; mais ça marche à l'encontre des règles officielles, parce que des officiers en place actuellement veulent bien que l'on prenne des libertés avec les règles.
Mais est-ce bien un conseil à donner ? Est-il raisonnable de dire : "
ce visa je l'ai eu comme, vous l'aurez comme ça".
Je pense que ce n'est pas très sérieux de ne pas préciser tout le contexte ; ensuite si le voyageur veut prendre le risque il le prend, mais il le prend en connaissance de cause, c'est à dire si son passage en Syrie n'est pas absolument indispensable et si un échec est acceptable et ne mène pas à une impasse...
Autre cas - fort saignant - dimanche dernier, au sujet de la nécessité de prouver que l'enfant mineur qui voyage sans ses parents aux
Etats-Unis vient de son propre gré :
La position qui consiste à dire
"il faut avoir une autorisation parentale pour tout mineur dans ce cas" n'est pas exacte ; il n'y a pas d'obligation comme il y en a d'avoir un passeport en règle, une Esta ou un visa éventuel.
Ce qui est vrai, c'est que les autorités se réservent le droit de mener des investigations, et que - dans le cadre de ces investigations - on peut présenter un tel document, ou autre chose qui puisse convaincre de la même manière. C'est pourquoi le mineur de 17 ans sera bien assez grand pour expliquer lui-même qu'on n'est pas en train de l'enlever !
Une requête possible devient facilement une obligation si on omet tous les détails et le contexte, et les mots précis pour l'exposer, cette expérience singulière, comptent.
La pratique, ce n'est pas la connaissance ; elle crée juste des opinions, et en ce qui me concerne, pour des formalités importantes, je ne me plierais pas à des opinions. Je sais bien que les gens ont des rapports affectifs avec leurs opinions, surtout quand elles découlent d'expériences de voyages qui ont compté pour eux.
Merci de votre attention matinale.
Michel