Bénares. Nous avons roulé toute la nuit dans un tohu bohu incessant. Les gens montaient, descendaient, râlaient...
Des familles entières prenaient place direction la ville sainte, sans ce soucier nullement de ceux qui avaient déjà entamé leur nuit de sommeil. Ils sont comme ça les Indiens. Ils s'en moquent des autres. Chacun pour sa pomme et Dieu pour tous.
Ainsi se déroula la nuit. Mouvementée.
Les premières lueurs du jour prirent naissance au dessus de ce qui me semblaient être des champs de coton, tandis que j'attendais patiemment mon tour pour faire ma toilette....
De l'autre coté de la vitre, les rayons du soleil déchiraient élégamment les cieux d'une palette de dégradé ocre vermeil. La vie prenait délicatement place...Les premiers écoliers en uniformes bleu et blanc, impeccablement coiffés, cheveux nattés pour les filles, se profilaient le long de la route, a la queue leu leu, a la conquête de leur avenir.
Tandis que les mères de familles, s’apprêtaient a regagner les champs, certaines préparaient le tchai, tout prêt des rails, manquant parfois de se faire écraser par un train. Le sari élimé, accroupis, la lumière rougeoyante sur le visage, elles étaient d'une beauté imparable assemblée autour d'une seule et même théière, un peu cabossée.
La grâce habitait leurs assises et atténuaient les marques des visages boursouflés par le vent, le terre, la réverbération.
Le train redémarre. Mince, ma toilette...ma brosse a dent me ramène a la réalité.
Bénares se ce serait laisser désirer jusqu'au bout...
Dernière halte du voyage.