Bonjour à tous,
Voici le récit de notre voyage de juillet dernier en
Islande.
Je remercie partculièrement David (bigfoot :
bigfoot.over-blog.org/
) pour ses récits enthousiastes et Yann Pichon pour son site épatant
voyageenislande.free.fr/index.htm
qui m'ont bien aidée dans la préparation de ce voyage, ainsi que tous les VFistes qui ont déjà publié leur voyage sur VF.
Le récit illustré est là : 
Texte seul :
ISLANDE 2012
C'est notre 2ème voyage sur cette étonnante île volcanique.
9 ans nous séparent du premier, qui nous avait emballés !
Nous l'avions réalisé avec notre camping-car, via la
Norvège et une traversée sur le Norona.
Un seul regret en rentrant de ce voyage : ne pas avoir pu explorer les pistes des hauts-plateaux.
Aussi nous étions nous promis d'y revenir en y louant un 4X4.
Les enfants nous « harcelaient » depuis des années pour y retourner !
Ces vacances de l'été 2012, limitées à 2 semaines en raison d'impératifs scolaires, étaient l'occasion idéale de mettre notre projet à exécution.
Le voyage est court (3h30 depuis
Francfort), il n'y a qu'une heure de décalage horaire, et l'île n'est pas trop grande. Bref une destination idéale pour une quinzaine de jours, d'autant que nous avons fait le choix de ne pas retourner dans les endroits déjà visités la dernière fois (à quelques exceptions près).
Vu le coût de la location du 4X4 (la moitié du prix global du voyage) nous étions décidés à bien en profiter en privilégiant les endroits « perdus ». Afin de profiter à fond de la liberté offerte par le 4X4, nous avons choisis de camper, « sauvagement » à chaque fois que possible. L'
Islande se prête merveilleusement au camping sauvage : étendues désertes, population clairsemée, bivouac autorisé partout (sauf à proximité immédiate des habitations ou dans les parcs nationaux)
Un bémol : le vent, quasi omniprésent, de direction très changeante.
Notre parcours est donc un peu atypique, d'autant que nous avons du composer avec la météo...
Samedi 14/07/12, J1,
Nancy-
Francfort-Hvitarnes
Une heure de retard au décollage pour l'avion d'Icelandair.
J'ai réservé des places à droite de l'avion mais la couverture nuageuse ne nous autorise que de brefs aperçus de la terre islandaise : on aperçoit quelques montagnes encore enneigées, une ou deux langues glaciaires, l'embouchure d'une rivière glaciaire bien laiteuse puis l'avion traverse une épaisse couche nuageuse et se pose à 16h30 à
Reykjavik. Il pleuviote...
Nous retirons du liquide à l'aéroport (à ma grande surprise notre banque ne nous a pas compté de frais pour les paiements par CB?), puis récupérons la voiture chez
Reykjavik Rent a Car : comme prévu le Ford Explorer est équipé d'un coffre de toit, d'un petit réservoir supplémentaire d'essence de 10 l, un peu moins de 80000 km au compteur, les pneus avant sont OK, les pneus arrière pas terribles du tout. Je me félicite d'avoir pris de quoi réparer et regonfler (nous avons quelques antécédents marquants en matière de crevaison)
Nous faisons un gros ravitaillement au supermarché Bonus (à quelques km de l'aéroport), le plein d'eau à la station service attenante (eau -potable- et balai-brosse pour laver les voitures en accès libre dans quasi toutes les stations essence, c'est très pratique) et filons plein est en direction de Kerlingarfjöll, que nous voulons découvrir demain.
Arrêt express à
Geysir et
Gullfoss (temps gris, on est pressé, pas de photo potable...) puis on attaque notre 1ère piste, la F35 (déjà parcourue avec le camping car, pas difficile mais interdite par les loueurs aux voitures non 4X4)
Après le pont sur la Hvita (près du lac Hvitarvatn) nous prenons une piste qui part à G et longeons le lac vers le Nord.
Les paysages sont magnifiés par un festival de nuages lenticulaires, il y a quelques éclaircies, c'est...beau. Tout ça nous fait oublier la fatigue du voyage, nous sommes ravis d'être de suite dans cette
Islande sauvage qui nous avait tant marqués la dernière fois.
Petite halte au bord du lac dans lequel se jettent 2 langues glaciaires du Langjökull.
Alors que le soleil rejoint l'horizon, d'étonnantes lueurs rouges apparaissent au-dessus du glacier.
On dépasse plusieurs endroits de bivouac possible, à la recherche du refuge de Hvitarnes.
Le vent souffle de plus en plus fort et arrivés au refuge, nous renonçons à y dormir car le terrain de camping est très exposé.
Nous trouvons quelques centaines de mètres plus loin un endroit mieux abrité et y dressons la tente que nous protégeons au mieux avec la voiture.
Il est tard, pas loin de 23h, on mange rapidement et alors qu'on s'apprête à se coucher, une étrange lueur rosée colore les parois de la tente : incroyable spectacle d'apocalypse pour notre première nuit en
Islande ! Nous sommes seuls avec le vent, loin de tout, au milieu des glaciers et la nature nous gratifie de cet époustouflant cadeau de bienvenue. On adore !!
Dimanche 15/07/12, J2, Kerlingarfjöll
Temps bouché ce matin (je suis d'un coup moins copine avec les nuages...), 7°C au réveil.
On décolle vers 8h00 (on profite du décalage horaire. Pas de douche donc en 1h on est prêts à partir), on rejoint la F35 et une petite vingtaine de km plus loin on tourne vers l'est en direction de Kerlingarfjöll. Cette piste n'offre à présent aucune difficulté mais à l'époque (en 2003) un gué pas facile (en camping-car) nous avait privé de cet endroit.
Le ciel est toujours bien bas mais la rencontre avec cette horde de chevaux nous met du baume au cœur.
Nous dépassons le camping de Kerlingarfjöll et poursuivons la piste (raide : 4X4 indispensable) jusqu'au parking « des fumerolles ».
Petite déception : la neige est encore très présente et la randonnée envisagée sur les hauteurs (
voyageenislande.free.fr/...garfjoll_sommets.htm
) s'avère impossible. De toute façon les sommets sont dans les nuages...
Nous choisissons donc de découvrir les fumerolles en parcourant les différents vallons du site (
voyageenislande.free.fr/...e/kerlingarfjoll.htm
) Beaucoup d'entre eux sont encore enneigés si bien qu'en une paire d'heures nous avons fait le tour des endroits accessibles et nous arrivons à la voiture en même temps que la pluie : quelle synchronisation (les sentiers glaiseux deviennent très glissants sous la pluie, quasi impraticables) !
On reprend ensuite la voiture pour aller jusqu'à l'ancienne école de ski, point de départ éventuel pour les sommets surplombant le site mais la neige est trop présente. Ici comme en beaucoup d'endroits se trouve une petite station météo, à la portée de tous, intacte, et ça nous épate !
Pas époustouflés donc par Kerlingarfjöll, la faute à la météo pourrie je pense. Une bonne mise en bouche sans plus quoi...
J'avais prévu 2 jours à cet endroit mais nous décidons d'écourter notre séjour (temps pourri + neige empêchant les randos). Fred propose d'aller faire trempette à Hveravellir, une quarantaine de km plus au nord sur la F35. Ce premier bain chaud nous fait un bien fou : on y trempe longuement en évoquant nos souvenirs (très flous pour les enfants) de notre dernier plouf en ce lieu il y a 9 ans (les enfants avaient à l'époque 7, 8 et 10 ans)
Pas envie de camper là :
On a repéré tout-à-l'heure sur la piste de Kerlingarfjöll un bon coin de bivouac, à l'abri du vent et on décide d'aller y dormir (juste avant la grosse cascade et la « tyrolienne »)
Même si le fond de l'air reste frais, le vent permet de faire sécher les maillots de bain.
Petite balade vespérale autour du bivouac, le soleil pointe enfin le bout de son nez et illumine les Kerlingarfjöll !
Lundi 16/07/12 J3 Gjain, Veidivötn
Grand ciel bleu ce matin, ça nous booste et on décolle avant 8h !
On reprend la F35 vers le sud puis après un ravitaillement à Fludir (supérette+essence) sur la 30 (très jolie route champêtre avec un relief très original de vallons croquignolets, des fermes, des vaches, de la belle campagne, presque opulente), prenons la 32 et - juste après le pont sur la Fossa, tournons vers le nord (panneau indicateur « Stong ») sur une piste (327), de plus en plus caillouteuse mais pas longue (praticable et autorisée par les loueurs sans 4X4) jusqu'à Gjain.
On croirait l'endroit créé par un paysagiste facétieux, qui a placé de ci-de là de jolis ruisseaux qui nécessitent juste un peu d'audace pour les traverser et pouvoir profiter des cascades les plus éloignées mais aussi les plus jolies, comme celle-ci, que nous aurons pour nous seuls malgré le caractère (très) relativement fréquenté du lieu.
Cette oasis est toute petite et il fait si bon, l'endroit est si mignon, que nous avons envie de prolonger notre plaisir : nous grimpons sur les hauteurs de la cascade et remontons la Fossa sur quelques centaines de mètres jusqu'à découvrir cette autre cascade.
Il nous faut nous raisonner pour ne pas continuer encore plus en amont !
Nous traversons la rivière et par les hauteurs retrouvons rapidement la voiture.
Balade classée number 1 par les enfants : excellent rapport effort/intérêt. Merci aussi à la météo !
Changement total d'ambiance quand nous approchons de Veidivötn (nous avons repris la 26 vers l'est puis la F228 vers le sud - 4X4 indispensable)
Alors qu'on s'imagine sur la planète mars,
apparaît soudain ce lac d'un bleu absolument irréel (Skiggnisvatn, accessible par une piste fléchée qui part de la F228 vers l'ouest)
Un vrai décor de science-fiction ! Nous abandonnons la voiture aux enfants (le plus souvent, nous leur laissons le volant sur les pistes, vu leur peu de fréquentation) avec pour consigne de s'arrêter avant le lac (!) et Fred et moi continuons à pied la longue descente vers le lac (très difficile d'apprécier les distances, rien « d'humain ou de connu » pour donner l'échelle...c'est grand!)
Ah, un signe de vie, quelle persévérance...
27°C au sein de ce désert noir ! On n'en revient pas, d'autant que le vent nous rafraîchit agréablement.
Remarquez la consommation de la bête (12 l sur route, 16 l sur pistes roulantes, 20l/100 sur des pistes difficiles...alors qu'on roule hypercool. Réservoir de 80l, peu d'autonomie finalement. On apprécie d'avoir le petit réservoir supplémentaire, qui finalement ne nous servira pas...)
On abandonne le lac pour aller vers Veidivötn même : c'est un dédale de lacs aux contours étonnants (il s'agit d'anciens cratères) Quelques pistes (et gués, parfois profonds!) les sillonnent. L'endroit est prisé des islandais...et des cygnes. Pas grand-monde en ce début de semaine... Impossible de dormir par ici, le vent souffle très fort et il n'y a aucune zone abritée.
A l'unanimité nous décidons de retourner vers Stong, où nous avons repéré un super coin de bivouac.
Petit arrêt poneys en route, un coup d'oeil sur l'
Hekla (1491 m, dernière éruption en 2000)
La piste vers Stong longe un curieux paysage de macarons brûlés.
On profite de la rivière pour se shampouiner (à distance du cours d'eau hein!), ça fait du bien, d'autant que depuis notre arrivée, le vent n'a cessé de souffler et nous « bouffons » du sable quasiment du matin au soir.
A tel point que nous avons acheté une nappe afin d'éviter le crissement des assiettes sur les tables en alu. Admirez ce camaïeu de rouges, hum !
Mardi 17/07/12, J4, Hrafntinnusker (
Landmannalaugar)
Fini le ciel bleu, ciel chargé ce matin...
Tant pis on tente tout de même notre chance vers le
Landmannalaugar, nous en sommes tout près.
Nous y allons par la piste F225 (pas difficile mais interdite sans 4X4 par les loueurs) puis un peu après la bifurcation vers Landmannahellir prenons une piste vers le sud (indiquée je crois) vers Hrafntinnusker.
Piste difficile avec de fortes pentes (boîte courte indispensable) et même un névé que nous allons contourner (la photo ne rend pas bien la raideur de la pente)
On aperçoit au loin les fumerolles, il y a encore un bout de chemin (la distance indiquée par la pancarte du début est sous-estimée)
Après avoir traversé ce gué on croise 2 gros 4X4 tout vides dont les chauffeurs nous regardent bizarrement (ça nous inquiète un peu...) Je pense (pas sûre) qu'ils ravitaillent le refuge de Hrafntinnusker.
Intrigués par cette colline qui luit dans la faible lueur solaire, nous comprenons plus loin qu'il s'agit d'obsidienne.
Étonnée de ne pas encore avoir crevé (vu le piètre état apparent de nos pneus arrière), je me liquéfie quand nous traversons sur une cinquantaine de mètres une coulée de pierres d'obsidiennes acérées comme des rasoirs. Ça passe ! Je n'en reviens pas... reste le retour.
Arrivés aux premières grosses fumerolles du site, nous décidons d'abandonner là la voiture pour ne pas jouer plus longtemps avec la chance, et de continuer à pied.
Quelques rayons de soleil nous font apprécier l'immensité du lieu.
Aucun sentier, aucune empreinte de pas, personne ! On batifole de fumerolle en trou glougloutant.
On s'amuse à trouver le trou de boue le plus acide (rien d'inférieur à 4) avec le papier pH glissé dans les bagages. On mesure ici et là différentes températures au moyen d'un petit thermomètre infra-rouge : c'est chaud-bouillant de partout.
Tous ces points-chauds et fumerolles ont sculpté la neige en des formes improbables, jamais vues ailleurs.
C'est un festival de couleurs ! Même la neige est teintée par la poussière (rouge, jaune ou noire) soufflée par les vents.
Il faudrait au moins 2 jours pour explorer tout le site.
Traversée d'une autre coulée d'obsidienne, à pied cette fois, ce qui nous permet d'apprécier la chance qu'on a eue à l'aller.
On repère un énorme souffle de vapeur sur les flancs du Hrafntinnusker. Nous en sommes assez loin mais le bruit porté par le vent est très impressionnant.
Nous cherchons le meilleur chemin pour y parvenir.
Alors que nous franchissons ce petit vallon verdoyant (plusieurs sources chaudes y coulent et la végétation en profite), le soleil fait une brève apparition juste le temps d'une pause pic-nic.
On approche !
Ça mouille un peu !
Toutes ces vapeurs réchauffent considérablement l'atmosphère...Une vraie fabrique de nuages !
Dernier rayon de soleil de la journée...
Arnaud arrive au pied de l'énorme fumerolle super bruyante : un trou d'enfer dont il est impossible de trop s'approcher !
On pousse jusqu'au sommet du Hrafntinnusker tout proche. Le sentier du fameux trek
Landmannalaugar-
Thorsmork doit passer en contrebas.
La pluie arrive aussi prenons-nous le plus court chemin vers la voiture : ici on trouve un vague sentier qui nous mène jusqu'à ce glacier, situé tout près de la fin de la piste. On croise un couple qui démarre courageusement la balade sous la pluie (tout petits sacs à dos, pas de voiture à l'horizon, mystère?)
Piste de retour sans problème (pas de crevaison, je n'en reviens pas!) mais sous une pluie battante !
On s'arrête 2 secondes pour jeter un œil au Ljottipolur, on fait un saut jusqu'au camping du
Landmannalaugar (il y a la foule, beaucoup plus de monde qu'il y a 9 ans. Nous nous ferons d'ailleurs cette réflexion dans tous les endroits revisités)
Les sanitaires sont surchargés, il faut faire la queue même pour faire pipi (ne parlons pas des douches) aussi décidons-nous d'aller camper à Landmannahellir, bien plus agréable et moins fréquenté (3 tentes avec la nôtre), située à une vingtaine de km. (un peu plus de 5000ISK pour 5 et 400 ou 500 ISK pour 5 mn de douche chaude) Pas mal de monde dans les huts donc du monde à la douche, pffff.
Mercredi 18/07/12, J5. Piste F208, Langisjor,
Jokulsarlon, Melrakkanes (après
Höfn et avant Djupivogur)
Temps bouché encore.
J'essaie de demander la météo à la rangerette de Landmanahellir : elle me répond qu'il a fait beau pendant 2 semaines (essaierait-elle de ma faire bisquer?) mais ne connaît pas les prévisions, pfff...
Les nuages ont l'air bien accrochés dans le coin, on décide donc d'aller à l'opposé de l'île : grande journée de route en perspective.
Pour le moment, c'est de la piste...très belle malgré le temps.
La F208 comporte quelques gués sans difficultés (4X4 préférable mais pas indispensable, quelques pentes trop raides pour un camping-car, piste interdite par les loueurs sans 4X4)
Les sommets sont dans les nuages
alors on s'attendrit sur les détails.
On fait un détour d'un cinquantaine de km (A/R) pour aller jusqu'à Langisjor (
www.nat.is/nateng/langisjor.htm
) : le ciel est encore plus bas et nous devons renoncer à grimper sur le Sveinstindur (il y a un sentier qui part de la piste sur son versant SO, +500m, 3h environ A/R,
www.nat.is/...sveinstindur_eng.htm
), dommage...
Encore quelques gués et on rejoint la route N°1.
Ravitaillement à Kirkjubaejarklaustur puis cap à l'est. Petit arrêt au
Jokulsarlon dans la soupe (on ne voit que quelques glaçons et rien du glacier. On préfère rester sur les souvenirs ensoleillés de 2003)
Bivouac au bord de la mer (histoire de changer un peu) après
Höfn et avant Djupivogur sur une péninsule près de Melrakkanes. Pas de vent pour une fois, ce qui nous permet de camper au bord de l'eau. Accueillis par plein d'oiseaux, qui se calment assez vite.
Jeudi 19/07/12, J6. Djupivogur, 939, 938, 931, 910, Adalbol, Laugarvellir,
KverkfjöllTemps égal à lui-même, quelques fleurs égaient un peu l'atmosphère...
On arrive enfin par les routes/pistes énumérées ci-dessus (la portion de F910 au sud de Adalbol est très pénible, grosses caillasses) à Adalbol (2 ou 3 maisons et une pompe à essence : ça c'est du service public, paiement/CB uniquement)
Après Adalbol, on continue vers le nord, puis on tourne vers l'ouest après Bru puis après quelques km on reprend une piste (laborieuse, 4X4 indispensable) vers le sud (Landmannahellir indiqué je crois)
On découvre d'abord un joli ruisseau couleur menthe à l'eau qui fume un peu... intéressant.
Il reçoit encore quelques micro-affluents brûlants et donne quelques centaines de mètres plus bas cette incroyable cascade d'eau chaude (au moins 40°C, un régal)
Trempette...ça creuse !
Pic-nic...
En remontant nous croisons 4 petits suisses qui se partagent ces 3 énormes véhicules ???
A gauche, le « parking » A droite, la douche.
On reprend la F910 vers l'ouest avec l'Herdubreid à l'horizon, chapeauté d'épais nuages (on abandonne l'idée d'y monter... accès possible par son flanc ouest, 1000 m de dénivelé, 1 pas en avant, 2 pas en arrière donc pas trop de regrets!)
Le pont sur la Jokulsa a Fjollum est le bienvenu : en-dessous ça déménage !
On quitte enfin la F910 pour prendre la F903 vers
Kverkfjöll via Hvannalindir (petite oasis au milieu de dizaines de km de caillasse. On y trouve de l'eau potable)
La piste serpente durant de longs kilomètres au milieu des collines morainiques multicolores du
Vatnajökull. On n'avance pas vite mais les paysages sont extra-terrestres !
On arrive enfin en vue du refuge, petite tache de couleur au milieu du gris ambiant.
Ce site se trouve blotti (ou plutôt coincé car le milieu est franchement hostile) entre 2 langues glaciaires du
Vatnajökull. Nous sommes dans le parc national aussi installons-nous la tente sur l'herbe bien grasse du camping (2 autres tentes à part la nôtre, personne au refuge la faute à la météo ?cool... on a presque des sanitaires privés, prix sensiblement identiques à ceux de Landmannahellir)
Envie de crudités après tous ces cailloux !
Glacier silencieux, aucun craquement pendant la nuit, juste le bruit du vent...
Pas plus de succès ici auprès des rangerettes pour avoir des prévisions météo. Je crois que les islandais prennent le temps comme il vient, avec philosophie... Ne dit-on pas qu'il n'y a pas de mauvais temps mais juste de mauvais équipements ? Mouais... on aimerait tout de même voir un peu les paysages !
Vendredi 20/07/12, J7. Rando sur le glacier
www.vatnajokulsthjodgardur.is/...g-routes/kverk...
Il ne pleut pas et il y a même quelques coins de ciel bleu...
Nous allons tenter notre chance pour cette rando qui nous fait bien envie en espérant ne pas être dans les nuages.
Nous prenons d'abord la voiture pour faire les qq km qui nous séparent du parking des grottes de glace (très décevantes, et en plus interdites d'accès)
Après avoir franchi une passerelle dont l'allure un peu bricolée incite à ne passer qu'un par un, nous suivons ensuite sur qq km les piquets rouges qui jalonnent un sentier slalomant dans les énormes moraines du glacier.
Ce ruisselet anodin nous posera quelques problèmes au retour. C'est fou comme le niveau des rivières augmente au fil de la journée du fait de la fonte des glaciers.
D'une manière générale je trouve le niveau des rivières assez haut. Du coup je juge plus prudent de renoncer à parcourir la F910 vers l'ouest en passant au plus près du versant nord du
Vatnajökull (par Kistufell et Gaesavotn). Inutile de prendre ce risque avec ce temps bouché (et bien que nous n'ayons toujours pas crevé, nos pneus arrière ne m'inspirent pas confiance)
Au fur et à mesure que l'on s'élève, la langue du Dyngjujökull se découvre.
Les flancs du glacier sont hérissées d'impressionnants pics de glace noircis par la poussière de lave.
Nous n'avons jamais vu ce type de paysage auparavant. Très impressionnant !
Après 2 heures de marche tranquille ponctuées de nombreux arrêts photos, nous arrivons dans le vif du sujet, au pied du glacier.
Le tracé ne fait aucun doute, c'est tout droit, il suffit de suivre les traces.
La pente est raide, aussi nous chaussons nos « crampounets » achetés pour l'occasion (Microspikes de Kahtoola)
Heureusement, d'en bas on sous-estime la longueur de la grimpette car on n'en voit pas le bout !
Arnaud monte tout droit tandis que le reste de la famille profite des zig zag réguliers tracés par Fred dans la neige qui se ramollit peu à peu. En prenant son temps, ça va bien.
Impossible de renoncer avec de tels paysages !
On aperçoit bientôt en contrebas 5 personnes qui marchent sur le glacier. Comment ont-il fait pour franchir les pics hérissant la berge du glacier ?
Petite pause pic-nic en haut de la grimpette, ça fait du bien, d'autant qu'on peut en même temps plaindre les autres marcheurs qui montent « dré dans'l'pentu » ! Belle santé.
Je prends les devants de ma petite troupe : « Je commence à avancer doucement ! »
« Pléonasme » me répondent en cœur les enfants !
Ils me dépassent rapidement et je suis bien contente d'avoir des traces bien marquées car ça s'enfonce de plus en plus.
On arrive bientôt à Hveragil, une large vallée ocre piquetée de fumerolles. Ça fume de partout alors que nous sommes en plein sur un glacier, quel contraste étonnant !
On continue de monter, la vallée aux fumerolles disparaît dans les nuages...
Arrivées à une sorte de col, près d'un grand cairn, Marion et moi en avons plein les bottes, conscientes qu'il nous faut garder des forces pour le retour. Nous nous octroyons une petite sieste au soleil tandis que Fred, Caroline et Arnaud descendent courageusement dans le brouillard vers le but ultime de la rando.
Une trouée dans les nuages leur permet de découvrir ce lac glaciaire, enchâssé entre glacier et fumerolles : étonnant mariage de l'eau, de la glace et du feu.
Un peu à droite se trouve le refuge de Sigurdarskali, appartenant à la Société islandaise de Glaciologie mais ils n'iront pas jusque là.
Nous refaisons de l'eau en recueillant de l'eau de fonte (pas vu d'autres possibilités sur le parcours donc prévoir des stocks suffisants) et prenons le chemin du retour.
Nous croisons la rangerette et ses 4 clients qui se sont arrêtés aux fumerolles de Hveragil, descendons tout schuss la longue montée, arpentons à nouveau les moraines, hésitons un peu avant de trouver un passage pour franchir l'anodin ruisseau de l'aller et au terme de 7h30, 16,8 km et 1420 de dénivelée positive, arrivons au terme de notre balade. Superbe mais bien crevante ! On a eu un créneau inespéré au niveau météo ! On est bien content !
2ème nuit au camping de
Kverkfjöll. Un groupe de Français bien gentils débarque dans le refuge.
Ils sont une douzaine en voyage organisé. Conséquence immédiate : la queue pour les douches, du bruit jusqu'à pas d'heure. Ces groupes sont très fréquents et nous les redoutons car bien que sans doute composés d'individualités tout-à-fait respectueuses d'autrui, le nombre les rend difficile à supporter.
On a croisé sur les pistes des « foultitudes » de ces petites camionnettes 4X4, ce qui nous conforte dans l'idée d'éviter, chaque fois que possible, les campings.
Samedi 21/07/12, J8.
Askja,
MyvatnOn avait adoré notre virée à l'
Askja de 2003 : impossible donc de ne pas y faire un saut, d'autant qu'ayant renoncé à prendre la 910 vers l'ouest, nous allons passer tout près.
A l'époque, quasi personne et grand soleil (on avait loué un RAV 4 à
Myvatn)
Aujourd'hui pas mal de monde et la flotte.
Brève éclaircie pour pique-niquer près du monument à la mémoire de 2 géologistes allemands mystérieusement disparus en 1907 alors qu'ils exploraient le cratère, puis grosse averse pour rentrer à la voiture.
Avec ce temps, la piste qui nous avait enchantés en 2003 nous semble quelconque.
Nous sommes impressionnés par le niveau de la Jokulsa a Fjollum.
Ce soir le vent souffle très fort aussi, après un ravitaillement dans la supérette de Reykjahlid, trouvons-nous refuge pour la nuit à l'abri d'une « forêt » sur les hauteurs du lac
Myvatn. Nuit très calme, bien au calme.
Dimanche 22/07/12, J9, pistes de l'intérieur, Hvitulaug
On zappe la visite des environs (arpentés en long en large et en travers sous le soleil la dernière fois) et on décide de retourner dans l'intérieur des terres via la piste F821.
Curieusement les supermarchés d'
Akureyri ouvrent le dimanche après-midi mais pas le matin (qu'on se le dise!).
On trouve tout de même une supérette sur les hauteurs de la ville pour compléter un peu notre avitaillement (pas grand choix à Reykjahlid)
La route 821 descend plein sud dans une vallée fertile : la vie semble douce dans ce coin d'
Islande, en été du moins...
Le leitmotiv des enfants : « Ça doit être beau quand même en été ! » (Je rappelle aux lecteurs étourdis ou endormis par ma prose que nous voyageons en juillet) Ils ont déjà oublié les 27°C de Veidivötn. Faut dire que le plus souvent bonnet et anorak sont de rigueur, car le vent est vivifiant !
Plus loin, la route devient piste, rapidement très caillouteuse, vitesse très réduite obligatoire pour ne pas tout casser. On se croirait en
Ecosse (on n'a pas eu de chance non plus avec la météo en
Ecosse mais c'était fin octobre...)
Arrivés sur le plateau, ça s'améliore un peu en arrivant à Laugafell, à la jonction des pistes F881 et F752. Nous sommes chaleureusement accueillis par la rangerette (qui ne connaît pas non plus les prévisions météo) mais déchantons quand nous constatons que le bain chaud convoité est parasité par un bruyant compresseur (des travaux sont en cours dans les sanitaires attenant, baignade 400 ISK/personne avec usage de ceux-ci)
Pas envie de faire trempette dans ces conditions, ça manque de charme...
J'active le plan B : on repasse le volant à un enfant maintenant que la piste est plus facile. Piste F752 vers le sud, puis F26, puis F910 ou Fred reprend le volant (pas facile et pas mal de gués avec de grosses pierres invisibles dans ces rivières glaciaires)
Nous franchissons le pont sur la Skajfjandafljot, tumultueuse. Un panneau indique que la piste qui longe le
Vatnajökull au Nord est fermée au-delà de Gaesavotn : mon intuition était juste, il doit y avoir trop d'eau. L'autre piste par le nord (la F910 en fait) me semble moins intéressante. Pas de regrets donc.
Le ciel reste menaçant, c'est un festival d'arcs-en-ciel.
Très peu de temps après le pont, nous prenons une mauvaise piste vers le nord (elle est jalonnée de piquets jaunes) et nous arrivons après 4 km à l'endroit convoité : une sorte d'oasis miraculeuse au cœur de ce désert de caillasse. De l'herbe pour camper, une source chaude et une « piscine » pour faire trempette. Il n'y a personne à 80 km à la ronde mais...on a du réseau ! On en a d'ailleurs souvent eu dans des coins perdus : je pense que les Islandais considèrent que c'est un facteur de sécurité et équipent de plus en plus de zones très peu fréquentées, ce qui peut abréger bien des galères.
Il pleut un peu partout mais nous sommes épargnés, du moins jusqu'au coucher.
Lundi 23/07/12, J10, vers les fjords du Nord-Ouest
Horrible temps ce matin, on bat tous les records !
Décision est prise de filer vers les fjords du Nord-Ouest.
Longue journée de transition : F26 vers le sud,
Reykjavik, Bogarnes, Budardalur.
Ça souffle encore plus fort que d'habitude et la recherche d'un lieu de bivouac s'avère délicate. En reprenant de l'essence à Bjarkalundur, nous décidons d'y louer un petit chalet (135 € pour 2 personnes, kitchenette, salle de bains, les enfants ont dormi par terre, agréable, vue sur le fjord, alentours immédiats un peu bordéliques)
Le peu que nous avons vu de la région nous plaît déjà beaucoup : multitude d'îlots et de récifs, oiseaux de mer, falaises toutes vertes et ciel...gris.
Notre option sera-t-elle payante ?
Mardi 24/07/12, J11 Bildudalur, piste 619, Gardar, Raudisandur,
Latrabjarg, refuge perdu
Oui ! On voit quelques coins de ciel bleu, tous les espoirs sont permis !
Nous longeons les fjords, très différents de ceux de la
Norvège : les falaises sont moins hautes, il y a très très peu d'arbres et les falaises sont striées de strates un peu comme celles des Féroés.
Il y a très peu de maisons, celles-ci sont le plus souvent modestes voire carrément décrépies. La vie est dure dans ce coin d'
Islande.
Les conditions météo peuvent l'être aussi comme en témoignent ces petits refuges d'urgence qu'on trouve parfois en montagne ou le long de la côte.
Le temps se met au beau, à tel point qu'on peut apercevoir le Snaefellsjokull (1446 m) situé 100 km plus au sud !
Ce fjord abrité nous donne des envies de kayak mais nous changeons d'avis dès le fjord suivant, dans l'axe du vent !
Sur la 63, nous faisons un arrêt près de cette étonnante piscine d'eau chaude aux allures de lagon polynésien. Nous nous sommes douchés il y a quelques heures, aussi ne sommes-nous pas tentés par un plouf (on ne peut pas rater cette piscine, elle est juste au bord de la route et il y a un parking)
Il y a souvent quelques maisons près de ces bains chauds : les Islandais devaient s'établir de préférence en ces endroits, on les comprend !
Ici les gens vivent de la pêche ou sont fermiers : les épouvantails en témoignent !
Les moutons islandais sont super malins : ils évitent systématiquement les voitures et sont capables de varier leur alimentation !
Ce petit aérodrome permet aux plus aisés de s'affranchir des distances, la route est longue depuis la capitale !
On découvre Bildudalur sous le soleil, coquet village de pêcheurs, équipé d'une pompe à essence et d'une toute petite épicerie.
Ces enfants de Patreksfjordur sont en vacances ici. Ils sont ravis d'entendre les touristes étrangers écorcher le nom de leur fameux volcan qui a paralysé le ciel européen il y a 2 ans. Morts de rire les affreux ! Pas mal de bateaux ont l'air plus ou moins désarmés : je crois que la surpêche a fait des ravages sur la ressource.
Nous poursuivons par la piste 619 dans l'espoir de voir des phoques. Espoir déçu mais cette piste est très belle, pas de regret !
Pause pic-nic à l'abri du vent.
Au bout de la piste on trouve quelques maisons, une chapelle très baroque et d'anciens décors de film.
On se balade un peu le long du fjord, ça souffle !
Il y a pas mal d'oiseaux de mer.
Les moutons vont souvent par 3 : la mère et ses 2 petits, on les aime !
C'est décidément très différent de la
Norvège !
Nous passons rapidement à Patreksfjordur et sur la piste 62 faisons un arrêt dans ce curieux endroit.
Il s'agit d'une « ferme d'eiders » Quelques familles islandaises vivent en symbiose avec ces canards réputés pour leur précieux duvet. Elles les protègent des prédateurs (renards, autres oiseaux), leur offrent des endroits confortables pour nicher (en l'occurrence souvent des pneus!) et en fin de nidification récupèrent le précieux duvet. Il faut environ 60 nids pour produire 1 kg de duvet et l'
Islande produit environ 4000 kg/an.
Petit arrêt grimpette sur le Gardar, échoué là il y a une trentaine d'années et amoureusement entretenu par ? (il est tout pimpant, fraîchement repeint)
On tourne ensuite vers le sud par la 614 vers les sables rouges de Raudisandur, repérés sur Google Earth. Je croyais l'endroit perdu mais en fait nous croisons pas mal de voitures de locaux.
Les gens viennent ici manger une glace (il y a un petit café) et marcher sur la plage.
On adore les endroits ou l'eau douce se marie avec la mer. La couleur de ce sable est un mystère car la rivière en amont semble tout-à-fait quelconque et insignifiante. Pour ceux que cela intéresse il y a un petit camping à Melanes (un champ et des toilettes, sans doute pas de douche, je ne sais pas s'il y a de l'eau)
Mignonne petite église toute noire (hélas fermée) avec vue sur le Snaefellsjökull.
Nous croisons encore quelques beaux estuaires et arrivons (avec un ciel voilé, grr) à
Latrabjarg, falaise réputée pour ses macareux.
Ils sont très peu nombreux mais très facilement accessibles et pas farouches ! On y trouve aussi des goélands et guillemots de Brünnich.
Un bon moment même si nous sommes étonnés par le petit nombre d'oiseaux et de macareux en particulier (on en avait vu des dizaines la dernière fois à
Vik et sur la falaise d'Ingolshofdi, à la même période)
Nous allons passer la nuit près d'une petite crique repérée sur Google Earth, tout près de
Latrabjarg La piste qui y mène part de la 612 entre
Latrabjarg et Breidavik (indiquée par un panneau «
Reykjavik » il me semble, mauvaise à la fin, 4X4 indispensable)
Nous manquons sur cette piste d'écraser un petit renard arctique qui détale sous nos roues alors qu'il dormait sur le côté de la piste. Il nous observe un court moment avant de disparaître derrière une colline. Ouf, quelle frayeur !
Le refuge est assez avenant. Il y a là un couple de randonneurs que nous laissons tranquilles en allant camper un peu plus haut dans le vallon. Nous « blindons » la tente contre le vent qui descend de la falaise.
Mercredi 25/07/12, J12, retour vers le sud, Hraunfossar, grottes de Surtshellir, piste 550, Gjain
On quitte ce matin sous les nuages cette belle région des fjords du Nord-Ouest, ravis d'en avoir découvert une partie, cap au sud !
Pause pic-nic au milieu des oiseaux. On adore le cri mélodieux des courlis. Miam !
Nous rejoignons la route N°1 puis, après une vingtaine de km, prenons vers l'est la route 50 qui parcourt la mignonne vallée de Reykholt : c'est très agricole, il y a de gentilles fumerolles par-ci par-là, plein de chevaux partout.
Ensuite nous poursuivons sur la route 518 et comme nous passons devant nous jetons un œil à la cascade de Hraunfossar qui nous surprend agréablement : des petites cascades jaillissent sur plusieurs dizaines de mètres de long d'une coulée de lave. L'eau est bleu turquoise, c'est joli (mais à classer dans la catégorie des « Ah oui c'est beau, bon on y va ?.... » car pas de possibilité de rando alentour)
La route 518 devient ensuite piste F518 (non interdite par les loueurs aux véhicules non 4X4), qui chemine le long d'une gigantesque coulée de lave d'une cinquantaine de km de long (la même que celle des cascades de Hraunfossar)
A main droite les flancs verdoyants du Strutur. Camping interdit le long de la très belle rivière qui court dans cette belle vallée (1ère et unique fois où nous verrons une telle interdiction)
Nous arrivons aux grottes de lave de Surtshellir, dominées par l'Eiriksjökull.
Je m'attendais à de petites grottes du style de Grjotagja, près du lac
Myvatn mais en fait le réseau est énorme et les dimensions gigantesques.
On jette un œil distrait au panneau explicatif du parking : il y a une dizaine d'entrées sur plusieurs centaines de mètres de long. Celles-ci sont bien balisées. Attention au fait que toutes ne sont pas utilisables : si on descend par l'entrée 1, on ne peut sortir qu'à la N°4 (les 2 et 3 sont impraticables sans matériel d'escalade) Lampe indispensable, on n'y voit goutte, tout est noir et glissant.
On profite de l'abri de l'entrée N°4 pour goûter à l'abri des intempéries.
La piste 550 que nous prenons ensuite vers le sud est une bonne surprise, elle est facile (interdite cependant par les loueurs aux voitures non 4X4, faisable en camping car) et très belle.
Elle longe le flanc ouest du glacier Langjökull et nous y avons eu des lumières magiques que seul une météo très perturbée autorise (on se console ainsi du mauvais temps qui nous poursuit...)
On longe ensuite le lac Thingvallavatn aux allures norvégiennes et on décide d'aller dormir à Gjain comme il y a quelques jours.
Surprise en arrivant, « notre coin » est occupé ! Il y a même 3 ou 4 voitures d'Islandais qui semblent apprécier le spot (on les comprend)
On trouve de la place un peu plus loin, sans problème.
Le choix de cet endroit est stratégique : en fonction de la météo de demain nous irons soit vers l'est et le
Landmannalaugar soit vers le sud.
Jeudi 26/07/12, J13,
Landmannalaugar (Sveinsgil)
Trouées de ciel bleu ! Direction donc le
Landmannalaugar ! On se gare au camping, à peine moins bondé que la dernière fois....
En route donc pour une randonnée non balisée sans sentier, qu'une panne internet quelques jours avant de partir m'a empêchée de bien préparer. J'ai le point GPS du but de la rando, c'est déjà ça !
Celui-ci a été repéré sur Google Earth...surprise...
Voir ici le récit de bigfoot :
bigfoot.over-blog.org/...engsli-57228109.html
ainsi que cet autre récit :
islande.mbnet.fr/...-strutslaug-14-aout/
Nous prenons en compagnie de quelques autres randonneurs le sentier qui mène à Skali, puis nous les quittons pour descendre dans la vallée de la Jokulsgil.
Dorénavant c'est du hors piste mais nous ne sommes pas gênés par la végétation !
La traversée de la rivière ne pose pas de difficulté, en dehors de la température de l'eau : regardez le visage épanoui de Marion qui vient de faire trempette. Nous avons pris 2 paires de chaussures d'eau que nous nous balançons à tour de rôle au-dessus de l'eau, ça aide vraiment bien !
Ensuite gros cafouillage qui nous a fait découvrir des endroits superbes (on n'a pensé à regarder le GPS que quand on s'est rendus compte que quelque chose ne collait pas, bref on a fait un bon détour!)
Ce sentier n'est en fait qu'un sentier de moutons !
On a des ciels superbes, quelques averses brèves, de beaux rayons de soleil, si bien qu'on ne sent pas trop la fatigue.
On rectifie le tir et on arrive au débouché du vallon de Sveinsgil (au centre de l'image)
Le but de la rando n'est plus qu'à 800 m -à vol d'oiseau ! Vu le relief du coin, il va nous falloir déployer encore pas mal d'efforts...
Le ciel se couvre vraiment cette fois.
Nous allons passer le long de ces pentes improbables (à droite de la photo) : heureusement le sol est très meuble ce qui facilite la progression le long de ces versants abrupts. On a quelques scrupules à laisser nos traces dans ce territoire pratiquement vierge mais on compte sur les prochaines fortes pluies pour les effacer.
La voici justement qui arrive, drue, au moment où enfin nous découvrons ces incroyables collines bleu roi, but de la rando. Les paysages se noient dans les nuages, on fait 2 ou 3 photos et d'un coup la fatigue s'abat sur nous !
Il est temps de prendre le chemin du retour : il nous reste à retraverser la Jokulsgil, ce qui en après-midi et avec cette forte pluie risque de ne pas être une mince affaire.
Il y a pas mal de petits affluents à traverser : avec ce temps, pas envie de répéter le cérémonial du déchaussage-rechaussage à chaque fois. Pour éviter d'avoir froid et aller plus vite, nous ne gardons que les pantalons de pluie avec les chaussures de marche : ainsi on ne sent presque pas la fraîcheur de l'eau. Arnaud choisit quant à lui l'option caleçon, brrr !
Après une dizaine de traversées sans trop de problème, nous arrivons au gros morceau : il nous faut absolument passer sur la rive gauche de la Jokulsgil.
On passe à 2 +3 : le plus lourd en amont. On défait les ceintures ventrales des sacs histoire de pouvoir se libérer en cas de faux pas.
Ça passe mais c'était limite : plus tard dans la journée, nous ne serions pas passés (il est tout de même 17h30)
On envisage un moment de regagner le camp en suivant le cours de la rivière mais les méandres de celle-ci passent systématiquement au ras des falaises et sont très profonds.
La sagesse nous fait choisir l'option grimpette, ce qui nous permettra d'arriver quasi secs à la voiture, super crevés. 21 km, 1600 m de dénivelé, 10h30 de rando.
Nous retournons dormir au camping de Landmanahellir, beaucoup plus fréquenté et bruyant que la dernière fois. Coucher de soleil superbe (photo floue, la fatigue...)
Vendredi 27/07, J14 F208 sous le soleil,
LakagigarGrand beau ce matin, on décide de reprendre la belle piste F208 pour aller vers le sud.
Un coup d'oeil vers le camp du
Landmannalaugar au pied de sa coulée de lave, et nous tournons vers le sud. On se régale une nouvelle fois avec les nombreux gués (faciles) de la piste.
Pause pic-nic après le dernier d'entre eux.
Ravitaillement à Kirkju (on commence à y avoir nos habitudes) puis nous prenons la piste F206 vers le
Lakagigar.
Celle-ci s'avère assez quelconque, et laborieuse...
Nous grimpons sur le Laki (1 km aller, +180 m) et là c'est la révélation : un cordon de minicratères s'étire du nord au sud le long d'une faille éruptive. Vue vers le nord et le
Vatnajökull.
Ça souffle !
On se trouve un coin plus abrité pour profiter de la vue vers le sud et le Larnbavatn.
Tout au fond le
Myrdalsjökull.
Plus près le sable soulevé par le vent...
Fred pointe du doigt le Sveinstidur, qui surplombe Langisjor (nous avions renoncé à son ascension quelques jours plus tôt à cause du temps)
Beau temps sur le
Vatnajökull : c'est souvent le cas sur les glaciers qui doivent générer une sorte de microclimat.
De l'autre côté, c'est moins sympathique, impossible de dire s'il s'agit d'une averse, d'une tempête de sable, ou des deux !
Nos chaussures sont presque sèches !
On reprend ensuite la piste qui décrit une sorte de boucle au sud du Laki : celle-ci est superbe.
On longe brièvement la Skafta, surplombé par l'étrange Uxatindar aux allures de Devil's Tower.
On se trouve un bel endroit de bivouac abrité du vent (pas facile)
Pour la première fois, il fait trop chaud dans la tente, en plein soleil !
Samedi 28/07/12, J15 Skaftafell (Kristinartindar sans le sommet)
Réveil express avec le soleil : on a trop chaud, 28°C dans la tente ! 2°C dehors à l'ombre !
Après avoir hésité à aller dans la vallée de
Thorsmork (les gués y sont réputés difficiles et avec ce temps splendide je crains qu'ils ne soient très profonds en fin de journée...et nous reprenons l'avion demain) nous décidons de retourner à Skaftafell, comme il y a 9 ans.
Les conditions climatiques sont idéales, comme la dernière fois et nous allons y refaire la même rando, mais dans l'autre sens.
Ravito à Kirkju, nettoyage de la voiture (partie de rigolade garantie si on fait ça à 2!)
Le parc de Skaftafell se situe sur le flanc sud du
Vatnajökull, le plus grand glacier d'
Islande...et d'Europe.
La randonnée démarre en forêt, qui offre une ombre bienvenue par cette chaleur.
A l'horizon, on aperçoit l'île-falaise de Ingolshofdi.
Le sentier est balisé, il y a un peu de monde.
Randonnée tout en contrastes : vertes prairies fleuries, ocres volcaniques et blancheur immaculée du glacier.
Pic-nic puis sieste au soleil sur une mousse bien moelleuse.
D'où provient se sable blanc qui sort d'une vallée ocre, mystère ?
Un beau sentier en balcon nous mène vers une autre langue glaciaire. Pas de volontaires pour aller au sommet !
Belle balade : 6h30, +800 m, 16 km
Le vent souffle toujours très fort (je me répète) et à l'aide de la carte j'essaie de trouver un coin abrité pour la nuit.
On tourne sur la route 214, quelques km à l'est de
Vik. La piste est superbe. Je me rends compte que nous allons vers le camping de Thaksgil, que les Grisemote avaient adoré et on envisage d'y dormir (et de s'y doucher avant l'avion de demain).
On croise encre un renard polaire, quelle chance ! (pas de photo, ces bestioles sont timides...)
Horreur en arrivant au camping ! Il est bondé et la dimension du bloc sanitaire ne laisse aucun doute sur sa saturation évidente.
Demi-tour immédiat pour trouver un coin de bivouac quelques centaines de mètres plus loin à côté d'un joli ruisseau qui nous permettra de nous laver tranquillement.
Très bonne nuit à l'abri du vent, au son de l'eau qui gazouille...
Dimanche 29/07, J16, retour
Nous reprenons la si jolie piste en admirant au passage l'Eyjafjallajokull. L'éruption remonte à 2 ans mais la cendre grise est encore bien présente.
Nous repassons au milieu de ces étranges cabanes construites parmi des roches aux formes « trollesques ».
Ce curieux « camenbert » m'intrigue et nous décidons d'aller le voir de plus près (il doit s'agir de Hjörleifshöfdi)
Juste avant de rejoindre la route N°1 nous longeons cette belle ferme protégée par les falaises de l'influence atlantique.
Une piste mène à l' « île » et permet d'en faire le tour (4X4 nécessaire).
Côté océan se trouve une vaste grotte (où il est possible de dormir à l'abri des intempéries, information qui peut intéresser ceux qui passent par là à vélo car les abris sont rares)
Un énorme pare-battage a échoué là, sans doute un jour de tempête car la mer est à plusieurs centaines de mètres.
Paysage étrange avec la brume de mer.
Pas mal d'oiseaux dans les falaises (pas de macareux)
La fin du tour de « l'île » se solde par un plantage dans un gué d'apparence anodine mais au fond de sable mou. Grmbl ! Seul plantage le jour où on doit prendre l'avion du retour! Fred et les enfants sortent par les fenêtres et cela suffit à nous libérer, ouf!
Encore quelques heures de route jusqu'à l'aéroport.
On dépose la voiture sur le parking, on jette les clés dans la boite aux lettres du loueur.
Décollage à 16h30, vol sans histoire (ponctuel cette fois), on arrive à
Nancy à 1h du matin.
Epilogue :
Beaucoup de km parcourus (plus de 4000) à la recherche d'un ciel un peu dégagé mais ça se fait bien car les paysages sont intéressants partout. On a le plus souvent passé le volant aux enfants (sur les pistes) si bien que les km ne leur ont pas pesé.
Une sensation de liberté incroyable avec cette formule 4X4 + camping sauvage. Je ne connais pas d'autre pays aussi propice (camping sauvage autorisé quasi-partout, population clairsemée et discrète, ravitaillement en eau très facile, coins de bivouac magnifique partout -mais gare au vent!On a fait quelques randonnées inoubliables dans des paysages uniques.
On aurait aimé plus de beau temps mais c'est aussi ce temps « variable » qui fait le charme de l'
Islande...
Bref, des vacances pas compliquées à organiser, mais pas données (cf le budget)
Budget :
Avion Icelandair Francfort-
Reykjavik A/R 378 €/personne (X5)
4X4 Ford Explorer assurance maxi, coffre de toit, 2ème conducteur, pour 2 semaines 3418 € (!!!)
Chalet à Bjarkalundur 132 €
Resto à Hrauneyjar 70 €
Essence 988 €
Camping 4 nuits (2 à Landmannahellir, 2 à
Kverkfjöll) 140 € + 20 douches 50 €
Bouffe 930 € (à 5 pour 2 semaines. Gros budget mais ravitaillement le plus souvent dans de petites épiceries, sans se priver de rien.)
Total pour 2 semaines à 5 : 7660 €
Soit 1532 €/personne.
Bonne lecture!
Marie