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4. 3. le symbole religieux
Au tournant du XXème siècle la Snake Dance des Hopis faisait l'actualité une fois tous les deux ans et attirait de nombreuses personnalités. En 1913 le Président
Theodore Roosevelt y a assisté et je crois bien que c'est la seule fois oû cette cérémonie destinée à faire venir la pluie, a été filmée
Si cette danse telle qu' elle se pratiquait depuis des siècles a maintenant disparu il en est une autre à l'autre extrémité du pays qui perdure dans les Appalaches du Sud même si de temps à autre un célébrant y laisse la vie parce qu'il refuse de se faire soigner après avoir été mordu....le dernier décès par morsure dans ces circonstances remontant à
juillet 2015 et le précédent à 2014.
4.4. dans la culture populaire
Dans le public le
rattlesnake occupe aussi une place à part et cela se comprend bien quand on vit dans une région oû l'on peut en trouver dans son jardin ou son sous-sol
. Bien sûr ils ne sont pas agressifs sauf s'ils se sentent menacés nous rappelle- t-on à l'envi.
Le problème est que la notion de menace n'est pas forcément la même dans la tête d'un crotale que dans celle d'un humain et que le premier peut se sentir menacé sans que le second en ait conscience... comme c'est arrivé à cette femme qui faisait paisiblement son jardin.... çà ne lui a coûté que trois ou quatre jours de soins intensifs et à peine plus de 140 000 dollars
Au delà de la préoccupation bien naturelle
de ne pas être mordu, le reptile exerce toujours une certaine fascination traditionnellement faite de crainte et de haine ataviques qui l'emporte encore souvent sur le rationel et la considération écologique.
Selon un spécialiste,
Boria Sax
:
''... despite injunctions in the name of science and etiquette, the rattlesnake retains some of its diabolic character, at least in parts of the American Southwest''
un autre auteur rapporte :
"I grew up understanding that a man even halfway decent would always shut any gate he had opened to go through and would always kill any rattlesnake he got a chance at"
la phrase fait probablement allusion aux '' cattle gates '' et au fait que lorsque l'on se déplace en pays d'élevage et à moins qu'un signe '
'No trespassing'' dise le contraire, on est tacitement autoriser à entrer, à ouvrir la grille mobile, parfois du simple grillage barbelé monté sur rondins de bois...
à condition de bien la refermer derrière soi afin que le bétail ne s'échappe pas, ce que je m'attachais toujours à faire scrupuleusement,... ce qui me qualifie donc comme un ''
halfway decent man'' ! Sans pour autant que j'expédierais le premier serpent qui croiserait mon chemin
a) dans le folklore
- c'est probablement dans l'ouest et le centre du
Texas que le folklore autour du
rattlesnake est le plus présent. Il s'y raconte encore plein d'histoires certaines abracadabrantes. En
Provence on dirait ''tarasconesques'' ou l'on parlerait de galéjades à
Marseille, d'autres qui rappellent les histoires de pêche....
Le rattlesnake dans mon garage était grand comme çà... y faisait ben au moins 12 pieds. Le serpent y est généralement vu comme malfaisant mais des histoires le décrivent aussi sous un jour amical
On soupçonne les Texans d'être un peu frustrés, eux qui - dit-on- sont habitués à avoir toujours le plus gros en tout... il se trouve en effet que le plus grand
rattlesnake n'est pas le
Western Diamonback du
Texas mais le
Eastern Diamondack qui habite à l'est du
Mississipi....
comme le montre ce canular qui circule sur la toile depuis des années :
snopes.com: 15-Foot Eastern Diamondback Rattlesnake
la place du
rattlesnake dans le folklore texan a paru suffisamment intéressant à l'Université d'
Austin pour qu'un étudiant y consacre une thèse :
Folklore of the rattlesnake - HathiTrust
que nombre de livres lui soient consacrés,
et que l'humoriste (John McPherson) s'en inspire :
'' au cas oû nous roulerions dans le ravin la banquette de votre siège vous servira à écraser la tête des serpents à sonnettes ''
et qu'y subsite le concept de
Rattlesnake Show
itinérant
Mais le plus remarquable dans cette serpentine affaire c'est que le
Texas est à ma connaissance le seul Etat oû une tradition d'un type bien particulier se soit installée depuis un nombre d'années. Chaque année donc, vers la fin de l'hiver les tenants de la tradition du ''
roundup'' suivent un même rituel. Dans le cadre de leur lobbying ils déposent au coeur même du pouvoir politique, sur l'étoile qui, au sol de la Rotonde du State Capitol, fait face à celle de l'apex du dôme...
... une douzaine de rattlesnakes
- dans les Appalaches du Sud c'est une toute autre histoire dont j'ai eu d'abord connaissance lors de mes années là bas. Les anciens violoneux, les
fiddlers
de la Old time music et de la Blue grass avaient une tradition étonnante : ils mettaient la queue d'un
rattlesnake dans leur
fiddle, leur violon !
les raisons données en sont variées, un porte-bonheur, un dispositif qui vibrera en résonance avec le violon, une protection contre les parasites de toutes sortes quand le
fiddle reste accroché au mur du porche pendant longtemps...
L'un des plus célèbres violoneux sinon le plus célèbre joueur de
Old time music Tommy Jarrell donne son avis avec son accent de
Caroline du Nord
le
fiddle de Tommy Jarrell se trouve exposé au National Museum of American history à
Washington, on ne sait pas si les deux queues de rattlesnake qu'il contenait de son vivant y sont toujours
b) le cas particulier des ''licence plates''
aux
Etats Unis les
licence plates personnalisées, vanity, specialty licence plates etc... une spécificité NordAméricaine, sont un peu comme les timbres poste du philathéliste. Elles peuvent, tout comme eux, jeter un certain éclairage sur la société qu'elles illustrent
c'est ainsi que l'on constate qu'un petit nombre d'Etats, sept je crois, dont le
Texas, autorisent depuis peu les plaques à l'effigie du crotale version
Gadsen flag avec le motto ''
Don't Tread on me'' au motif de sa connotation historique et patriotique, ce qui n'empêche probablement pas une partie des acquéreurs d'exprimer en l'affichant leur sensibilité politique. A cet égard la
Virginie semble occuper une position de tête et j'aimerais bien avoir l'opinion de quelques Américains là dessus....
Avec ses Conservation plates le
Texas est cependant le seul (?) Etat oû le
rattlesnake s'affiche aussi sous sa version naturaliste (ainsi que quelques autres animaux emblématiques de la faune régionale) pour soutenir la diversité biologique et ainsi prendre le contre-pied d'une tradition contestée, celle des '' round ups'' dont on parlera plus tard.
c) au cinéma,
le cinéma est certainement un indicateur incontournable de la culture populaire, un reflet de la notoriété de quelqu' un ou de quelque chose
le
rattlesnake à cet égard n'est pas mal nanti comme on le voit ci- dessous :
Rattlesnakes in Movies - California Herps
d) dans l' expression artistique, Le rattlesnake a inspiré peintres, sculpteurs, architectes, bijoutiers....
En sculpture le plus célèbre bronze est probablement celui de Remington artiste de l'Ouest par excellence
Mais la plus longue ''sculpture'', près de 150 mètres de long est sans contexte celle qui sert de bande médiane sur University boulevard SE à
Albuquerque, à proximité de la fin du
runway principal et que l'on peut apercevoir en approche
En joaillerie le thème s'exprime parfois de manière spectaculaire comme par les colliers constitués autour d'un squelette de crotale dont les os ont été blanchis qui peut aussi servir d' amulette moderne !
En architecture, le
rattlenake bridge de
Tucson, complet avec crochets devant et
rattle derrière, semble avaler piétons et cyclistes comme pour un sacrifice humain à un dieu paien !
Dans le véritable ''folk art'' se trouve en
Oregon un artiste qui mérite un petit coup d'oeil,
peintre et sculpteur à Canyon City, proche des merveilles géologiques de JOHN DAY....
Si je devais y repasser un jour je m'équiperais bien d'une ''canne de marche'' pour parcourir les Cévennes !
e) l'exploitation touristique artisanale
Dans le sud de l'
Arizona, du
Nouveau Mexique le sud ouest du
Texas (mais aussi ailleurs) et depuis le développement du tourisme automobile le premier contact que l'on avait avec le
rattlesnake ou avec ses produits dérivés avant même de s'aventurer dans le désert c'était le long des routes dans une des multiples boutiques ou
roadside stands ou encore, quelques fois même, les rayons des stations service..
A cette époque, et cela à duré jusque la fin des années 70, si je me souviens bien, on voyait alors des panneaux en bord de route tels que ''
Two miles ahead :
Stop at Bob's for rattlesnakes and gas''.....
Dans ce genre d'endroit le serpent se trouvait sous forme de peaux, de colliers faits de ses vertèbres de têtes coupées en bocaux etc.... etc...
et toutes sortes d'accessoires plus ou moins (in)utiles.... à poser sur son bureau ou à mettre dans une vitrine
On dit même que les dits commerces faisaient occasionnellement la manipulation des serpents (
snake show)....un peu comme les charmeurs de la grande place de
Marrakech.... mais çà c'était encore plusieurs décennies en arrière et je ne l 'ai jamais vu
Bill Haast,
né en 1911 et mort en 2011 lui a connu çà
Ce genre de petits commerces indépendants a à peu près disparu ''du bord de route'' remplacé par des ''serpentarium'' ou similaires à vocation pédagogique affichée. Le nombre d'artisans qui vivaient de l'exploitation du crotale et de ses ''sous-produits'' diminue aussi peut-être parce que, entre autres raisons, les mentalités changent petit à petit.
Dans les années 80 j'avais rendu visite près de
Tombstone à un couple qui s'était installé dans le désert. Leur
homestead était l'archétype du bric à brac comme l'on n'en trouve que dans ces parages, peut -être le meilleur (ou le pire) de tous !
Mais il avaient une autorisation officielle pour chasser le crotale afin de le transformer en de mutiples accessoires qu'ils vendaient pour gagner leur vie
et cela à duré plus de trente ans
porter des boucles d'oreille ou un tour de cou faits de crochets de crotales ou de leurs ''rattles'' de queue, c'est assurément peu banal pour Madame.... des boucles d'oreilles construites autour de
jackrabbit droppings leurs ''repaires'', leurs crottes si vous préferrez... c'est également plutôt original
et tout çà a permis à John et à Sandy de gagner leur vie dans un style qu'ils disaient eux-mêmes ''extrême''
le plus étonnant dans cette affaire c'est qu'elle fonctionnait comme un self service. La boutique était tout le temps ouverte et lorsque les deux ermites étaient dans le désert en quête de nouveaux serpents on pouvait y entrer, faire ses emplettes et laisser son dû dans une boite de bois à l'entrée
mais malheureusement pour les touristes et les amoureux d'un certain style de vie, ce signe d'un temps qui s'efface vient de disparaître John et Sandy ayant pris leur retraite en 2013
John & Sandy Weber - Creativity Portal
à suivre : roundups, sport, habitat, régulation etc... etc...
IYRWS