Le plus efficace pour chauffer une gamelle, c'est le crottin de cheval, sec bien entendu. Il brûle mieux et plus vite que les bouses. Il suffit d'une poignée d'herbe sèche pour le faire prendre.
La bouse de yak est plus compacte et se consume lentement. Il faut trouver quelques brindilles de bois, et de l'hebe ou du papier pour l'allumer.
Autour des villages, tout est ramassé et stocké sur les toits pour l'hiver. Autour des emplacements de camps, les cuisiniers, muletiers et horsemen ramassent tout ce qu'ils trouvent. Les tentes-restaurants installées pour l'été par les locaux font aussi leur cueillette tout autour. Avec la multiplication des groupes de treks, il devient de plus en plus difficile de trouver du "combustible".
Pour être sûr de chauffer sa gamelle d'eau en arrivant, il fau (drai)t marcher avec un sac plastique à la main et cueillir en marchant les crottins secs de l'an passé, isolés hors du sentier où ils n'auront pas été piétinés.
Pour être plus complet avec les bouses, j'ai découvert l'été dernier qu'elles ont une valeur marchande et font l'objet d'un commerce entre les deux versants du col de Pensi La. Les bergers transhumants du
Zanskar sur les pentes du Pensi La, ramassent et séchent les bouses de leurs yaks tout l'été. Des commerçants passent en camion et leur achètent les bouses qu'ils revendent de l'autre côté du col, en haut de la vallée de la Suru, à Parkachik où les musulmans n'élèvent pas de yaks, et où il n'y a toujours pas d'arbres à cause de l'altitude.