Hialle · 8 juin 2009 à 1:09 · 32 photos 18 messages · 10 participants · 5 411 affichages | | | | 8 juin 2009 à 1:09 Message 1 de 18 · 5 348 affichages · Partager Ce n'est qu'un carnet de plus sur cette région, juste une expérience, un ressenti, un petit partage en échange de toutes les infos que j'ai pu avoir ici.
Passer du Ladakh au Radjasthan est une drôle d'expérience. C'est peut-être pour cela que j'avais autant de mal à me mettre à ce carnet. On ne passe pas de frontière entre les deux, on reste dans le même pays... mais on change de monde.
Le survol de Delhi à bord de ce petit avion est impressionnant. On voit une ville gigantesque, avec des quartiers qui semblent extrêmement différents. Parfois de larges avenues, puis des quartiers très resserrés sur eux-mêmes, des hautes tours, des maisons basses et d’autres abris difficiles à caractériser. L’arrivée est fidèle à ce qu’on imaginait. Une chaleur humide et étouffante, beaucoup de monde... la transition avec le Ladakh est immédiate. Un taxi prépaid nous emmène à travers la ville par de grands boulevards de verdure et des embouteillages dignes du périph à 18h. Faut dire qu’il est 8h30 du matin et que bon nombre d’indiens partent au boulot. De superbes voitures climatisées côtoient des vélos de fortune, spectacle habituel dans ces villes. On finit par arriver au quartier des réfugiés tibétains tout au nord de Delhi. Le taxi nous dépose au bord d’une immense avenue et on s’enfonce dans un dédale de ruelles en demandant 25 fois notre chemin. Curieuse impression, on se sent revenu au Ladakh. Moulins à prières, bonzes... ces visages nous semblent familiers.
La GH enfin trouvée, on gagne notre chambre qui possède une minuscule fenêtre donnant sur un mur à 1 m de distance. C’est calme (croit-on), c’est propre... c’est parfait. Petit mail de notre cadette qui se trouve aussi à Delhi et qu’on est sensé retrouver. Elle vient d’arriver, mais on n’en sait guère plus. Elle nous tiendra au courant dans la journée. Ne reste plus qu’à repartir à l’assaut de la ville. On nous dit que le métro est à 5mn à pied, c’est parti. Soit leurs jambes sont deux fois plus longues que les notre, soit ils y vont en courant. C’est 30mn après, le visage dégoulinant sous un soleil écrasant qu’on arrive à la station. Rarement vu un métro aussi propre et reluisant. Spacieux, presque désert. Il faudra s’habituer à la fouille systématique à l’entrée du métro, les filles d’un côté, les garçons de l’autre, et ce quel que soit le monde. Les policiers, armes sous le bras, sont vigilants.
Station Shandi Chowk, le choc. Bruit, business, crasses, trottoirs à pièges... on nous regarde curieusement. On se trouve au milieu d’un quartier très populaire. Pas un touriste en vue, mais finalement, ce n’est pas plus mal, on finit par se fondre au milieu de la foule. Déjeuner rapide à l’étage d’un algéco. Un pauvre ventilateur brasse de l’air chaud, au menu, plat unique qui nous mettra le feu à la bouche. Le premier contact avec cette Inde est tonique. Même pays que le Ladakh, et pourtant... on n’avait pas vu dans le nord autant d’handicapés sur le trottoirs ou de sollicitations de rickshaws, on pouvait marcher longtemps sans que personne ne nous adresse la parole. Petit tour au Fort Rouge érigé par les Moghols, jolies perspectives des fastes du 17ème siècle. Avant de rentrer, on finira par s’y habituer, fouille des sacs, passage aux détecteurs à métaux, les mains glissent sur le corps rapidement mais efficacement. Ce qui reste des jardins est décevant. Bien qu’ayant gardé leur forme symétrique démontrant un esprit rigoureux, les bassins et les canaux vides leur donnent un air triste, la variété des végétaux en place est maigre. On peut imaginer l’importance du budget accordé à la rénovation des bâtiments, et la verdure reste sans doute secondaire. A l’intérieur des bâtiments, tout ce qui était précieux a disparu, mais on peut imaginer facilement l’extrême richesse des lieux il y a quelques siècles. Beaucoup de visiteurs indiens, et comme pour eux l’entrée est faible, ce lieu est manifestement devenu un but de balade, surtout que les petites échoppes sous les arcades blanches contrastant avec l’ocre du reste qui mènent à Lahore Gate ne laissent pas insensible.
On retrouve un Internet en sortant. Message rapide de Camille qui nous dit juste : RDV ce soir compliqué, M. est à l’hôpital, je suis à la GH Namaskar au Main Bazard. Plus qu’une chose à faire, essayer de les retrouver. Rickchaw rapidement négocié, et le chauffeur doit lire notre inquiétude dans nos yeux, sa conduite est digne de celle d’un rallye et sans aucun accrochage. Impensable de mettre la main hors du véhicule, on se la ferait arracher aussitôt par un autre rikchaw, une voiture, un vélo, un cyclo-pousse ou une moto. On se frôle, on s’évite, on se passe devant, on se faufile... 100 fois on pense que la collision sera inévitable... les bruit des klaxonnes est intense... la conduite indienne. Arrivée à l’entrée du quartier, le conducteur ne veut pas y aller, il n’aime pas cet endroit. C’est vrai que c’est assez crasseux, ça grouille de partout, l’odeur est parfois insoutenable... mais une ambiance particulière qu’on aime bien s’en dégage. Pour repérer la petite rue qui donne sur la GH, c’est simple, un geste réflexe et inconscient qui fait se boucher les narines se met en place. Il faut tourner à droite, juste devant les latrines. Les effluves sont épouvantables. Arrivés au Namaskar, le gérant nous dit seulement que les deux filles sont absentes, et que l’une d’entre semble être vraiment mal en point. Il nous indique l’endroit où se trouve en fait non pas l’hôpital, mais le dispensaire. Trois rues plus loin, on se retrouve devant l’entrée d’une bâtisse qui n’est plus de toute fraîcheur. A l’intérieur, le Dr Pantchouli nous accueille avec un grand sourire. C’est un homme chaleureux, bienveillant qui donne confiance. Il nous explique que M. est totalement déshydratée. Après analyse de sang, il l’a mise sous perfusion en la dopant au maximum et pense que d’ici le lendemain, elle devrait aller mieux. On lui fait une petite visite. Elle est toute palote, la perf dans le bras, dans cette petite pièce où on peut voir toutes les couleurs des différentes couches de peintures étalées au fil des ans sur les murs. L’endroit est vieillot, mais nickel. Camille est partie se balader dans le quartier et elle reviendra vers 20h. Impatients de la voir, on part à sa recherche. Drôle d’impression que de chercher notre fille au milieu de cette foule colorée. On yeute, on observe, on regarde... on pense la voir parfois, mais non. Et tout d’un coup, derrière nous, une voix familière s’écrie : « Mes chouchous ». Yaooouuuu !!!! Notre Camille. Toute amaigrie, les yeux fatigués... mais heureuse. Difficile d’imaginer l’émotion qu’on a eu, dans cette ville à l’autre bout du monde où rien de nous est familier, de retrouver celle qui était encore il y a peu de temps notre petite.
Elle nous raconte leur périple en bus pour aller à Katmandou, les barrages sur la route, les backshishs à tout va, les émeutes dans les villages... et en même temps l’atmosphère calme et paisible du Népal, les gens adorables et accueillants. Elle nous raconte surtout leur dernière nuit dans ce train bourré de monde, ou M. était malade comme tout, chaque goutte d’eau absorbée repartait aussitôt, la fièvre montait... et l’inquiétude aussi. Mais Camille nous raconte tout ça comme si elle avait déjà pris un certain recul, comme si cela faisait partie de toute façon des risques du voyage et que rien n’est vraiment grave. Je vous dis pas la fierté qu’on avait à voir notre « petite routarde » se débrouiller aussi bien. On passera le reste de la soirée à papoter un long moment au dispensaire avec M. qui en est à sa 6ème perfusion et Camille sous le ventilo qui tourne à fond... et dans le métro qui nous ramenait au quartier Tibétain, sûre que les gens se demandaient pourquoi nos yeux brillaient autant.
| | | À: Hialle · 9 juin 2009 à 10:55 Message 2 de 18 · 5 229 affichages · Partager bonjour
plaisant récit à lire, on s'y croirait.
Bonne journée
Franca | | | À: Hialle · 9 juin 2009 à 12:19 Message 3 de 18 · 5 205 affichages · Partager Super bien rédigé... Un vrai plaisir de lire pareil récit! Tu en as d'autres des comme ca?
Anne | | | À: Hialle · 9 juin 2009 à 18:51 Message 4 de 18 · 5 132 affichages · Partager Hhmmm ! Un nouveau petit bijou made in Pascale !!! Que du bonheur ! 
Oui, elle en a d'autres des comme cela --> il faut aller voir son profil et foncer sur son carnet du Ladakh. | | | À: Hialle · 10 juin 2009 à 18:51 Message 5 de 18 · 5 008 affichages · Partager Bonjour, récit SUPER...BE,  une occasion de retourner dans ce coin magnifique (dommage seulement dans la tête  à l'occasion ajouter quelques photos pour mieux rêver | | | À: 26alain · 12 juin 2009 à 23:45 Message 6 de 18 · 4 942 affichages · Partager Merci à vous Petite suite !
Les heures qui suivirent furent nettement moins émouvantes ou pittoresques. En sortant du métro, on tombe sur une nuit noire et le sens de l’orientation est un peu déstabilisé. Deux hommes se précipitent sur nous pour nous emmener chacun dans son cyclo-pousse. Bien obligé de choisir, problème délicat. Un policier nous ayant indiqué le prix de la course (10 roupies) on monte dans le premier qui accepte. L’homme est maigre, long, chétif, on perçoit ses côtes à travers sa fine chemise. Il semble taillé dans de l’acier quand on voit ses mollets. Gros malaise, même si on n’est pas très lourd, l’homme pédale tout ce qu’il peut et a du mal. Il peine dans les montées, il peine quand la route est défoncée... pas grand-chose d’autre que de rester assis, question d’honneur pour lui vis-à-vis de ses collègues. Au final, arrivés à l’entrée du quartier Tibétain, on comprend que ce n’est pas 10 roupies pour la course mais 10 roupies chacun, et là, évidemment, plus il y a de personnes, plus il en bave, et donc logique, le prix monte. Un instant, il a eu peur qu’on ne veuille payer... mais il a vite été rassuré. Il méritait bien sa course. Il nous est arrivé par la suite de voir un seul homme pédaler en transportant une dizaine de gamines allant à l’école ! personne ne semble s’en étonner. Notre chambre « calme » donne sur une sorte de puit de lumière dans lequel donnaient tous les climatiseurs des chambres AC. Un bruit d’enfer, sans compter notre ventilo vombrissant qui brasse son air chaud, les bagarres de chiens dans la nuit...
Aujourd’hui, comme tout bon touriste débutant qui n’a jamais mis le pied en dehors de son département... on se retrouve à faire le trek des agences de billets de train. Archi nuls, qu’on fut... et en plus, on savait à quoi s’attendre. La journée margoulin commence. Attention au lecteur, tout est véridique... je n’ai même pas exagéré ni sur les indiens, ni sur notre naïveté.
Au départ, on veut juste aller à la grande gare de Delhi pour acheter un billet via Agra le lendemain. Simple. Le métro nous dépose à l’arrière de la gare et on prend l’immense passerelle qui enjambe le nombre impressionnant de quais où grouille la foule compacte des indiens en partance. Un pseudo agent nous arrête et nous dit qu’on ne peut emprunter cette passerelle sans billet. On a beau lui expliquer qu’on l’a fait la veille, il refuse de nous laisser passer. Mais on veut juste acheter un billet. Il nous rétorque que le guichet est en travaux et nous montre à travers un grillage une immense pièce emplie d’ouvriers, de gravas, de poutrelles. Pourtant, on s’y attendait à celle là. Il nous emmène à perpette, veut nous faire prendre un rickshaws pour aller on ne sait où. On fait semblant de réfléchir longuement, attendons qu’il soit occupé à autre chose, prenons le large et allons vers une autre passerelle plus loin. Dans l’immense hall de la gare, on se dit que cela devrait être l’endroit le plus adéquat pour trouver un billet de train. Et ça tombe bien, il y a justement une longue file devant un panneau « Agra ». Un homme hyper serviable nous explique que les billets s’achètent de l’autre côté de la rue. Soit ! L’homme est tellement sympa qu’il nous y emmène. On se retrouve devant ce qui s’appelle « Agence Officielle ». Forcément, on est en confiance. On rentre dans un premier bureau tout petit en haut d’un minuscule escalier et après une longue consultation, il s’avère qu’il n’y a plus aucune place. Par contre, il peut nous trouver une voiture avec chauffeur. On veut juste une dernière classe et on veut y aller en train. Mais c’est impossible pour vous, rétorque l’homme de l’agence en nous montrant son écran. Mais allez voir au bureau d’en dessous, vous allez trouver. Même genre d’homme enturbanné, grosse barbe, même cinéma et 30 mn après, on ressort sans place. A ce moment là, on est encore assez calme. On sent bien qu’on n’est pas très doué... mais on va y arriver, c’est sûr.
Sur le trottoir, quelqu’un de très gentil nous informe que la seule et bonne agence se trouve à Connaught, la grande place de Delhi. Rassuré. Il suffisait de trouver LA bonne. Rickshaw pour y aller. « Indian Tourism Office ». Rien que le nom nous donne confiance. On rentre. On lui explique ce qu’on veut faire... juste acheter des billets de train, en fait. Il regarde, papote, va voir ses collègues... pas de train. Mais ce n’est pas grave, il a une solution. Il a des voitures avec chauffeur ! bon, bon... on va réfléchir. Il y a vraiment des fois où se dit que les voyages organisés, ça peut avoir du bon. Pourtant, Camille, du haut de ses 19 ans... elle avait bien réussi à acheter un billet de train, elle. On se sent très con. Et ça tombe bien, on doit justement retrouver les filles. M. avait pu sortir du dispensaire. Le Dr Pantchouli ne voulait pas la laisser partir tant qu’elle n’avait pas fait pipi. Jamais un petit filet d’urine ne s’était fait autant attendre, mais au bout d’une dizaine de perf, c’était bon. On mange ensemble sur une terrasse où il doit faire plus de 40° à l’ombre. Torride ! On sue, on transpire, on dégouline à en tremper nos sièges ; on n’ose même pas leur raconter notre difficultés à trouver deux malheureux billets de train.
Les filles repartent de leur côté, et avec Louloute, on retourne à Connaught voir un peu cette New Delhi. Enfin, un coin à l’ombre sur l’herbe, tranquille pour faire le point sur la situation. Notre voisin, un indien, vient nous taper la tchat. On papote tranquillou de la France, de ce qu’il fait, de nos projets... et de billets de train. Mais c’est pas compliqué, nous dit-il. Suivez-moi, je vous emmène à la bonne agence. Je vais justement au ciné qui est à côté. Bon, ok, on le suit dans le bureau spécial « SNCFI ». On ré explique notre itinéraire, on nous parle de voitures, d’hôtels... et au bout de 30 mn, désolés, il n’y a plus de place dans les trains !!! Malgré la clim. et son calme légendaire, je sens Louloute qui bout littéralement sur place et il a franchement du mal à se contenir. En même temps que nous, un couple de français signe pour 10 jours de circuit en voiture et hôtels... grrrr... mais on veut le TRAIN !! En sortant, un mec en turban nous accoste voyant certainement notre embarras et notre crédulité. D’après lui, on se fait balader depuis le début (ah bon ?). Il faut aller à l’ITB, et ça tombe bien, c’est justement son agence. Louloute en a raz la casquette et ne veut pas y aller. Mais au point où on en est... on peut essayer. On recommence à expliquer l’itinéraire pendant un bon moment, on lui fait comprendre qu’on veut juste un billet de train pour Agra. No problem. Son patron arrive et prend la relève. Il veut qu’on lui ré explique. C’est pourtant pas bien compliqué. Louloute est de nouveau en train de bouillir, il va exploser, j’ai peur qu’il lui fasse avaler son turban. Et c’est reparti. L’homme de l’ITB finit par regarder sur le net. Désolé, pas de place ! Quant au « Local Ticket », il ne veut pas en vendre aux touristes.
On verra demain. On prendra bêtement un bus et on avisera par la suite. Pour s’apaiser, on s’assoit à une terrasse. Trois fois, on nous prend la commande, mais on n’a jamais vu nos consommations. Las, on s’en va, c’est pas notre journée. On a hâte de quitter Delhi.
Marche à pied jusqu’au Main Bazar pour retrouver les filles. Le spectacle est saisissant le long du boulevard. Le fond de l’humanité. Des indiens dorment sur ce qui ressemble à de vieilles couvertures ou des cartons, d’autres sont à la coke et préparent leurs doses, morts vivants en loque, trieurs de poubelles, certains font un feu de paille pour faire fondre des câbles sans doute pour récupérer le cuivre. On relativise notre « pauvre » condition de touriste à qui le pays qui a le réseau ferroviaire le plus chargé du monde ne veut pas vendre de billets. Dernier repas avec les filles, elles rentrent en France. Métro, rickshaw... le dos du conducteur doit faire 20cm de large. Il a tellement de mal à pédaler que Louloute finit pas descendre et pousse le rickshaw. Faut dire que la route est bourrée de nids de poules, on est seul et personne ne verra le touriste aider l’homme.
En théorie, demain... AGRA !
| | | À: Hialle · 14 juin 2009 à 21:30 Message 7 de 18 · 4 894 affichages · Partager Quel récit, vous m'avez vraiment rappelé l' Inde !  A propos les billets de train s'achètent super facilement sur internet, pour ma part j'avais réservé tous les voyages à l'avance comme ca je n'ai perdu aucun temps  
Deborah | | | Putain de chiens. Ils nous ont signalé du passage toute la nuit et ont aboyé comme si un grand danger se profilait. Avec le moteur des clim de la GH sous notre fenêtre, nuit parfaite. On quitte Delhi sous la pluie, contents de partir. On arrive à une première gare. Evidemment, c’est pas la bonne. L’ambiance de toutes les gares routières. Du monde dans tous les sens, de vieux bus qui attendent d’être complets pour partir, des familles entières en partance. Un rickshaw nous emmène à fond les ballons à une autre gare beaucoup plus au sud. Au moment où on met le pied à terre, un bus tout vieillot sur lequel est inscrit en grosses lettres « Deluxe » part pour Agra. On saute dedans. 129 roupies pour 200 Km et 5 heures de trajet. C’est parti... en route pour le Taj Mahal. Depuis le temps que ce nom mythique raisonne dans ma tête ! Et la campagne indienne, enfin.
Les sièges sont particulièrement fermes, les accoudoirs poisseux, le chauffeur concentré, son « assistant commercial » dédié aux voyageurs consciencieux, le klaxon strident, le moteur bruyant. Le bus se remplit au fur et à mesure que les villages se traversent. Bon nombre de gens restent debout au milieu del'allée, et les images défilent comme un film qu’on attendait depuis longtemps : des remorques avec quantités de femmes aux saris de toutes les couleurs, des femmes portant d’énormes récipients en cuivre remplis d’eau sur la tête, des chameaux tirant des carrioles, des buffles désoeuvrés se baignent, des champs de riz, maïs, chanvre et légumes, des singes, beaucoup de singes. Des maisons en constructions qui font déjà vétustes. Quelques camions semblent être oubliés dans le fossé.
Cinq heures après, Agra, et une première vue sur le palais qui n’en est pas un. Un mausolée, en fait. Le nez pique d’émotion.
On trouve une petite chambre sans fenêtre au rez-de-chaussée de la Shanti Lodge. Cela fait un peu cave et fournaise en même temps, mais peu importe. On monte rapidement sur la terrasse, et là... il est là, il nous nargue, il nous appelle. Trop beau. On le voit en vrai, de près.
Le lendemain étant réservé au palais, on part se balader avec comme objectif d'en faire le tour à pied. Un vélo rickshaw veut absolument nous prendre. On lui explique qu'on veut marcher, ce qui lui semble absurde. Alors comme il insiste, je lui propose de monter à l'intérieur du véhicule et j'enfourche le vélo. Il était écroulé de rire devant ma maladresse. Faut dire qu'il n'y a pas la direction assistée et qu'on a fini dans un mur. En fait, tous les indiens des alentours riaient. Mais le conducteur a compris qu’ils ne pouvait rien pour nous et il nous laisse continuer à pied sans insister. On arrive derrière le Taj Mahal, au bord de la rivière. On est dimanche, et manifestement, c'est la promenade dominicale. Des quantités de gamins sautent dans l'eau du haut d'un promontoire et jouent à celui qui fera la plus belle pirouette. Un premier me demande de le prendre en photo, puis un deuxième... et cela n’en finit plus. A chaque fois, ils se regardent dans l’appareil et éclatent de rire. Alors forcément, ils veulent recommencer. Et c’est ainsi que toute une série de clichés entrent toutes seules dans le numérique.
A Agra, il y a le palais,... mais il a aussi ce super moment avec ces mômes ! | | | À: Hialle · 21 juin 2009 à 11:55 Message 9 de 18 · 4 775 affichages · Partager Hmmm, jolies photos, luminosité sympa. Joli moment.
La suite ! la suite ! vite ! | | | À: Wapiti74 · 28 juin 2009 à 16:06 Message 10 de 18 · 4 668 affichages · Partager Tôt le lendemain, on quitte notre cave, et à 6h pétantes, on est devant les portes qui s’ouvrent pour nous (autant y croire). On y rentre rapidement, sachant qu’on ne le voit pas d’entrée. On est d’abord dans un grand jardin, une sorte de grande cour entourée de murs rouges, et il faut encore franchir une porte pour pénétrer dans son antre. Il se dévoile tout d’un coup face à nous... splendide, majestueux, un vrai joyau. On a beau le savoir, on nous l’a dit et répété, on en a vu quantité de photos... mais là, c’est vraiment pas pareil. Cela fait comme devant une toile de maître. L’émotion totale. Peu de monde encore. Un grand bassin mène à lui comme une invite à avancer. Ses formes, ses lignes, ses volumes, ses proportions... tout est serein. Rien en trop, rien ne manque. On se promène autour, on ne se lasse pas de le regarder de près, de loin, sous toutes les coutures. Les yeux sont aimantés. L’intérieur a une acoustique très particulière qui donne envie de chanter. Louloute veille. La rivière à ses pieds défile doucement. Inutile d’en raconter un roman. C’est inénarrable.
On se remplit la tête d’images avant de le quitter, dernier regard avant de franchir la porte. Les hordes de touristes arrivent. Petit déjeuner en haut de la terrasse face à lui. Il nous nargue encore, il semble nous parler.
A 10h, le rickshaw est là pour nous emmener au bus. Les rues sont débordantes d’activités. Un vrai foutoir, très bruyant, du monde dans tous les sens... l’ Inde en fait. Le bus attendra plus d’une heure pour partir et mettra 7h20 pour faire 232Km. Notre record de vitesse. Il ne va pas plus vite que ma mobylette pour aller au lycée. Sur la route, à un moment, un tracteur s’engage en même temps que le bus. Personne ne veut reculer, tout les monde est bloqué ; ça gueule, ça klaxonne et comme par miracle, il y en a un qui finit par céder. Un couple d’allemands est dans le bus devant nous. Ils semblent effrayés, ne sortent jamais aux arrêts malgré la chaleur et la faim. Ils ont des chips. A l’arrivée, ils téléphonent du bus pour demander un rickshaws et ne sortiront que lorsqu’il sera là.
On finit par arriver à Jaïpur sur les rotules. Un rickshaw ne veut pas nous emmener à notre GH sous prétexte qu’elle est pleine et nous en propose une autre. Celle là, on nous la fait pas. On est candides, mais quand même. On insiste. Une chambre nous attend. Propre, grande, parfaite, donnant sur une terrasse. Dîner dans un tout petit resto de rue. On est l’attraction. Pas d’autres « blancs » à l’horizon. On commande une bière et ils nous l’amènent dans le pantalon pour la verser ensuite dans un pichet. Personne ne doit voir qu’on boit de ce breuvage.
Retour le long des « dortoirs » de SDF. Nuit chaude sous notre ventilo à faire sécher les jambons. | | | À: Hialle · 28 juin 2009 à 16:07 Message 11 de 18 · 4 582 affichages · Partager | | | À: Wapiti74 · 13 août 2009 à 16:16 Message 12 de 18 · 4 341 affichages · Partager Pour changer du récit, quelques impressions.
On aime : · Le Taj Mahal, même après en avoir vu 100 000 photos · Le palais des vents et regarder les indiens travailler à refaire les sols en terre battue · Les papotes avec les ouvriers et leur prêter la main · Le 1er qui nous demande notre nom dans la rue · La vue sur Jaïpur du minaret · Les p’tits restos indiens où l’on ne sait pas ce que l’on mange. Chaque plat est une surprise. · Réussir à prendre un billet de train. Oui, on a fini par y arriver. · Les saris multicolores · Les palais des Maharadjahs · Les marchés, bazars et boutiques colorés · Les marchands de légumes secs et d’épices · Les toutes petites ruelles étroites · La douche en rentrant le soir · Le ventilo dans la chambre qui sèche le linge · Les p’tits dej sur la terrasse · Rencontrer des gens atypiques comme cette brésilienne qui fait un master en Chine avec un mari canadien et qui parle 7 langues · Le lassi au fruit · Le moindre petit courant d’air · Le rose et le bleu des quartiers de Jaïpur· La vie indienne qui défile par les fenêtres du bus · Acheter des bananes aux arrêts de bus · La bière du soir · Se dire que tout continue encore demain
On n’aime pas · Mettre 7h20 pour 232 Km · Le cinquantième dans la rue qui nous demande notre nom · Le bruit assourdissant et incessant des klaxons · Les rues franchement crades · Les pissotières qui puent · Le nombre impressionnant de gens qui dorment par terre · Le bruit précédant le crachat qui va atterrir par loin de nous · Les rabatteurs qui sont très doués · Les rickshaws qui arrivent à nous faire céder pour nous emmener dans les magasins de souvenirs · Prendre un cyclo pousse et que l’indien en bave pour nous tirer
Surprenant · Transpirer sous la douche · La bière dans le pantalon pour qu'aucun autre client ne la voit. · Eviter non pas les crottes de chiens mais les bouses de vaches sur les trottoirs de Delhi· L’ Inde telle que je l’imaginais en terminale · La circulation étourdissante avec du monde partout · Les magasins de machines à coudre telles que ma grand-mère en avait · La chaleur très très très moite · Le thé hyper fort bu dans la rue · Tout ce qui peut être vendu sur un marché · Les contrastes · Les indiens à une séance de cinéma : ils rient, applaudissent, mangent, sortent, rentrent, téléphonent...
Amusant · Se faufiler dans les bouchons en rickshaw : expérience à ne pas louper · Boire des litres et des litres d’eau sans faire pipi · Le coup classique des rickshaws qui disent que l’hôtel est plein · Négocier longtemps un prix avec un rickshaw qui est en panne (mais on l'ignorait) · Le hochement affirmatif des indiens qui veut dire « non » · Les serviteurs de Marahadjah avec leur turban rouge · La nourriture soit disant jamais « spicy » qui arrache la bouche · Les coiffeurs et barbiers de rue · Les singes qui font le cirque | | | À: Hialle · 13 août 2009 à 16:56 Message 13 de 18 · 4 335 affichages · Partager Les singes qui font le cirque
Salut hialle  Tu vois, sur un autre post concernant Sumatra, je te disais que je ne lisais pas beaucoup de carnets.... et bien je viens de dévorer le tien, magnifique, belle écriture, humour et clarté, que du bonheur... ému, mon singe a même du enlever ses lunettes pour éponger une larme naissante  Ca m'a donné envie d'aller voir le Taj Mahal, dommage que ma femme ne veuille pas aller en Inde  Merci beaucoup pour ton récit 
PS. Je crois que vais aller lire ceux que je n'ai pas encore lu | | | Bonjour Boumbastic, et bonjour hialle !
Boumbastic, je suis comme toi, j'ai dit dans un post que je trouvais souvent les carnets de voyage trop longs... Erreur, j'y prends goût de plus en plus, grâce à certains ! 
Bien sûr j'ai moi aussi apprécié ce carnet sur l' Inde ! Récit aéré, vivant, photos sympas, que demander de plus.... Il y a des carnets qui ont une âme, des histoires et des mots que l'on ressent, des petits bouts de voyages que l'on a envie de suivre, et qui nous transportent comme si on y était.
Hialle, je vois donc avec plaisir que tu es rentrée de Sumatra, je suis sûre que c'était un voyage intéressant, on ne va pas te mettre la pression, mais tu sais maintenant qu'on est plusieurs à attendre ton prochain carnet....   (Avec photos, hein !?)
Bises : Catherine | | | À: Mong1 · 18 août 2009 à 23:35 Message 15 de 18 · 4 200 affichages · Partager Merci à tous les deux, ça fait vraiment plaisir de vous lire. Bien que là, vous me mettez un peu la pression  . Mais je vais quand même m'y mettre bientôt.
C'était un super voyage, le découverte de nouveaux mondes comme celui de la jungle, des gens plus que sympas, des paysages extraordinaires... Je suis déjà en train de travailler mon homme pour y retourner d'ici pas tard 
Pour vous faire patienter, quelques images du Radjasthan
| | | À: Hialle · 19 août 2009 à 10:26 Message 16 de 18 · 4 169 affichages · Partager Bonjour Hialle, Ta liste de tes impressions sur le rajasthan est si juste, si vraie, dans les trois catégories. Tes photos réalistes nous laisse présager un carnet très intéressant. Collerette | | | À: Hialle · 19 août 2009 à 11:15 Message 17 de 18 · 4 166 affichages · Partager T'inquiètes pas, prends ton temps pour ton prochain carnet, on te laisse atterrir et reprendre tes esprits.... 
Tes dernières photos d' Inde sont très parlantes une fois de plus, j'adore les scènes de vie, surtout en Inde où il se passe toujours quelque chose d'intéressant à chaque coin de rue. Manque juste le goût du "chai" que j'adore.....
A + | | | À: Hialle · 19 août 2009 à 11:30 Message 18 de 18 · 4 163 affichages · Partager "Ce n'est qu'un carnet de plus sur cette région, juste une expérience, un ressenti, un petit partage en échange de toutes les infos que j'ai pu avoir ici. "
Oui d'accord!!!!mais il sort de l'ordinaire. J'ai beaucoup aimé.
"hialle" est enregistré dans mes favoris, RDV au prochain....MERCI. | Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 899 visiteurs en ligne depuis une heure! |