Bonjour, le problème n'est pas de comprendre l'accent mais de risquer de le garder, et ce n'est pas une référence dans le monde des affaires commerciales ou culturelles.
En effet, l'accent peut être un frein à l'engagement... Imaginez un anglophone parlant le français avec un accent
suisse, belge ou québécois...
Justement, les Français ont une position très particulière concernant les accents qui est, pour vous parler crûment, considérée comme raciste dans le reste du monde. Cad qu'un élément géographique est considéré comme une supériorité.
Par exemple, les Français métropolitains pensent que leur français est supérieur aux autres formes de français, mais les Français de
Paris pensent que leur français est supérieur aux autres accents métropolitains (et il y a même un endroit où l'on pense qu'il existe du "français pur", cad, en Touraine, légende née avec François 1er.)
Sachant que tout cela est une pure construction politique et idéologique, avec un début de construction au 16e mais surtout au 19e siècle (en parrallèle de la construction de l'identité nationale et de l'expansion coloniale).
Vu de l'extérieur, c'est vu de façon assez négative, et on enseigne bien tous les accents aux jeunes des autres pays, que ce soit l'accent sénégalais ou l'accent québécois ou l'accent marseillais, parce qu'il est important de connaitre différentes formes de français. L'accent métropolitain comprend rarement plus de 50% des exemples.
Ensuite, en
Grande Bretagne, il existe ce qu'on appelle la "received pronunciation", mais à l'intérieur du domaine RP les variations sont acceptées, ce qui explique pourquoi certains accents d'
Edinburgh sont parfaitement équivalents à certains accents de
Londres, alors que le cockney n'est pas mieux reçu que le Mancunian. C'est en fait lorsque la langue fait signe pour dire qu'on appartient à une classe sociale non éduquée, mais en tant que Français il y a peu de chances que vous parliez comme un mancunian natif, même si vous passez un an à Manchester, surtout si vous suivez des cours d'anglais. Au passage, le fait de savoir comprendre ces différents accents fait partie de la connaissance de l'anglais et la capacité à ne pas faire de remarque désobligeante est essentielle dans les milieux d'affaires. L'inverse serait considéré comme non professionnel, et, donc, comme un élément de snobisme voire de racisme.
Dans TOUS les autres pays anglophones, l'accent ne peut être un élément de jugement. Par exemple je me rappelle d'un étudiant qui se plaignait que son prof de maths avait un fort accent indien, et il lui avait été très sèchement répondu, officiellement mais aussi ses camarades, qu'il ferait mieux de s'y habituer parce que s'il continuait à se plaindre au lieu d'apprendre qu'il existait d'autres accents que ceux de son petit coin, il finirait par bosser pour tous ceux qui eux ont des "accents" selon lui. Il avait passé toute la fin du semestre à essayer de prouver à ses camarades de classe qu'il n'était pas un plouc raciste jamais sorti de son trou.
Dans les milieux d'affaires, on parle ce qu'on appelle "l'anglais international", cad une forme d'anglais à mi-chemin entre l'anglais britannique RP et l'anglais américain.
Enfin, à moins d'avoir un responsable bizarre, il est généralement mieux vu d'avoir un accent écossais ou irlandais qu'un accent français pour travailler dans une multinationale notamment française, sachant que comme justement vous êtes français, votre "accent" sera très atténué comparé à ceux des locuteurs natifs et vous aurez donc un meilleur accent que vos collègues.
En revanche spécifiqument si vous souhaitez travailler en
Angleterre (notez
Angleterre, et pas "GB") pour une boite britannique, mieux vaut que votre accent se rapproche soit du RP soit de l'américain ou du canadien "standard".