Il suffit de le manger en bas. C'est ce qu'on faisait, quand j'étais petite. On campait dans nos tentes en peau de renne, pendant les vacances. Papa partait peinturlurer les murs d'une vague grotte (c'était en Dordogne, je ne sais plus trop comment ça s'appelle aujourd'hui... Ah oui, Lascaux), mon frère et moi on précipitait le mammouth vers le ravin en criant et en agitant les bras. Terrifié, il courait vers l'abîme, inconscient du danger... quand il voyait le précipice, il se retournait, cherchant désespérément une issue. Alors, avec mon frère, on lui tournait le dos, on remontait notre tunique en peau de rhino à poils laineux, et hop, on lui montrait nos fesses.
A l'époque, c'était pas comme aujourd'hui, y avait pas l'eau courante, alors on se lavait moins souvent. Bref, c'était pas un très joli spectacle.
Horrifié, le mammouth reculait d'un pas... mais ce pas lui était fatal !
Maman n'avait plus qu'à le ramasser et le mettre à cuire.
ça nous prenait la journée de redescendre. Quand on arrivait, ça sentait bon le gigot de mammouth confit... Ah, c'est ma madeleine de Proust à moi...
Sauf quand je repense à la fois où le mammouth, en tombant, à écrasé notre oncle. On l'a mangé aussi, mais c'était moins bon. Hélas !