Oui, c'est vrai, on n'aime pas tous la même chose.
Il y a cependant des endroits que tout le monde aime, et tant qu'à faire, vu qu'il n'y a pas suffisamment de temps pour tout voir, autant aller sur ce quoi les visiteurs n'ont pas des avis partagés, sauf si évidemment on connaît le dit voyageur et qu'on sait qu'on aime ce qu'il aime.
Sur la route en venant de
Melaka vers Cini, je suis tombé par hasard sur un temple paumé dans un caillou tout seul sur la plaine.
Evidemment, je m'y suis arrêté (je ne me rappelle plus du tout comment il s'appelle, et je ne suis pas certain qu'il soit très connu).
L'entrée, comme beaucoup de ces blocs karstiques, se trouve quelques dizaines de mètres du niveau du sol. Une petite maison abrite des moines et à cette époque le temple était en travaux.
Un petit groupe électrogène éclairait la grotte de néons disgracieux mais permettant d'admirer le lieu et de voir le passage qui menait là bas tout au fond à une statute de Boudha Couché.
Mais avant d'arriver la grotte, il nous a fallu escalader un méchant escalier. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d'escalier, car s'il y avait effectivement des marches, certaines faisaient plus de 50cm de hauteur (au dessus du genou) pour un profondeur de même pas 20cm (la largeur d'une main écartée).
Cela donnait parfois des parois qui semblaient presque verticales et de plus ramper verticalement que de monter un escalier.
Il était midi passé au moment où nous sommes entrés. Le temps d'avancer dans la profonde grotte, de perdre de vue l'entrée au détour de quelques virages, et il était midi et demi.
L'heure en elle-même n'a pas tellement d'importance à part le fait que c'était l'heure de la pause pour les ouvriers, et que, dans un souci d'économie qui fait honneur à leur sens du détail, ils ont coupé le groupe pendant cette pause déjeuner.
Nous nous sommes donc retrouvés dans le noir complet avec un sol inégal risquant de nous faire trébucher à chaque instant peut être dans un trou, une crevasse, un gouffre...
De plus, circonstance agravante s'il en est, les chauves souris accrochées au plafond avaient laissé au sol une couche de guano à l'odeur prenante d'ammoniac.
Nous avons appliqué le plan de secours n°1 de Mac Gyver.
Nous tenant par la main, je servais de point d'ancrage, prêt à retenir la chute vertigineuse de ma compagne tandis que celle-ci tatonnait le sol du bout du pied pour explorer une nouvelle portion du terrain.
Nous avons également ajouté la technique n°2 de Mac Gyver, en criant de temps en temps pour essayer de distinguer les obstacles en essayant de toutes nos forces de devenir des champions de l'écholocation.
Nous avons passé une bonne demi-heure à tenter d'avancer d'une centaine de mètres et de mille fous rires jusqu'à arriver à distinguer une vague lueur pour arriver au Boudha couché sur lequel tombait un rayon blafard provenant d'une faille donnant sur le jour.
C'est en prenant quelques photos que nous avons trouvé la solution pour le retour : de flash en flash.
Il n'était pas tout à fait 13h30 lorsque nous avons décidé d'appliquer cette technique totalement innnovante lorsque, faisant une nouvelle fois d'un zèle pour le travail étonnant, les ouvriers rétablirent le courant.
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Depuis cette première visite en 1998, je suis retourné 13 autres fois en
Malaisie, environ deux fois par an.
Je ne suis jamais retourné dans ce temple parce qu'un peu trop perdu pour faire spécialement cette visite, et non plus au lac Cini.
Si je repasse dans la région, par curiosité, je retournerai voir le temple, et si je passe à proximité de Tasik Cini, je passe ma route sans m'arrêter.