Bonjour à tous.
Retour d'un troisième voyage de trois mois. Decembre 2009-Fevrier2010
Malheureusement de retour car j'y serai bien resté! J'envisage d'ailleurs de m'y installer, mais ce sera le sujet d'un prochain post,
Contrairement aux prédictions de x sur ce forum qui me souhaitait moult agressions afin, disait-il, de pouvoir me vanter d'être un parfait aventurier, ce voyage de trois mois s'est parfaitement bien déroulé, à pied, en vélo, en pirogue et autres taxi brousse, pousse et 4x4.
Pas d'agressions donc, toujours vivant, et un peu d'aventure quand même.
J'avais choisi cette fois-ci de remonter la côte Est de
Tamatave à
Diego. Le voyage commence réellement à Sonierana Ivongo, en face de
Ste Marie, avec la fin de la route goudronnée.
Et maintenant c'est à pied, mis à part un sac à dos trop lourd et une longue traversée monotone de la péninsule marécageuse après Andrangazaha, la chaleur dés 8h du matin et la fatigue qui m'arrête dans un petit village après 25 kms de marche, tout va bien quand je trouve une chambre chez l'habitant. Les jours suivants je retrouve la mer avant Manompana, des plages, des villages, des gens et des paysages merveilleux. Je suis seul, pas de touristes, de rares véhicules (2 ou3 motos ou 4x4 par jour), quand il fait trop chaud je m'arrête me baigner dans de superbes criques, je mange des lichies à foison, souvent cueillies sur l'arbre ou données ou achetées à un prix dérisoire. Je fais ainsi environ 130kms à pied jusqu'à Mananara.
A Mananara je trouve décidément le sac à dos trop lourd et j'achète un vélo (chinois, 50eur) pour continuer les 120kms suivants. Bien moins fatiguant mais attention à certains passages difficiles : petits ponts branlant aux planches à moitié pourries, je suis tombé à l'eau avec le vélo sur l'un d'eux, sauvant de justesse de la noyade fatale appareil photo et portable.
La baie d'Antongil est superbe, comme son nom, et au loin je vois apparaître Nosy Mangabé qui me guide jusqu'à Maroansetra. Je trouve tout le long de ce voyage de quoi manger dans les petites gargotes, poisson et riz, du café, ananas, bananes, mangues, je n'ai emmené aucunes provisions. Je bois l'eau de pluie ou le ranopango (eau de cuisson du riz), Je couche dans des petits bungalows sympa sur la plage au prix modique (1 à 3 euros) mais pas toujours très propres (attention aux puces!).
Maroansetra, ville du farwest, ville du bout du monde, grandes avenues sablonneuses, pas de taxi ni pousse, ici on marche à pied ou en vélo, La population y est charmante, libre, tranquille. On peut marcher ici à 3 h du matin sans crainte! Bien loin de l'insécurité des grandes villes décriées par certains. Je n'ai pas non plus de problème du genre : dois-je faire confiance aux gens? Cela me semble si naturel quand on voyage d'avoir une confiance et une attirance intuitive envers certaines personnes. Et je m'insurge une fois encore sur ceux qui proclament sur ce forum surtout ne faire jamais confiance! Je ne comprends pas pourquoi ces personnes voyagent, qu'ils restent en
France donc si c'est mieux.
Je me plais ici, je m'attache sentimentalement à cette ville et cette région. Il faut dire que j'y suis arrivé seul et que nous sommes deux pour repartir... J'y reste un mois, location d'un bungalow avec douche au seau mais avec électricité : 30000ar (10 eur). Nombreuses balades alentours ; en bateau pour Nosy Mangabé, île superbe, belle plage, lémuriens et nature sauvage ; à pied, en pirogue ou en vélo pour Navana, Mahalevona et autres villages.
Après les fêtes de fin d'année l'appel du voyage me reprend, c'est d'abord deux jours de bateau jusqu'à Cap Massouala, très beau, coraux, plein de poissons, Puis à pied à nouveau jusqu'à Cap Est pour encore 120kms environ. Très joli parcours, le plus souvent on se croirait dans un jardin exotique. Un cyclone passe au loin, 2 jours de pluies, inondations, bloqués dans un petit village car les pirogues ne peuvent traverser le courant trop puissant. Il n'y a en effet pratiquement aucun pont depuis Sonierana, et tous les fleuves se traversent en pirogue.
Déçu par Cap-Est, est-ce le retour de la route et de la ''civilisation''? Ou blasé suite aux beaux paysages montagneux que j'ai vu avant et que je ne retrouve plus ici? Puis Antalaha, Sambava grandes villes sans trop d'intérêt si ce n'est la vanille.
Nous passons par Andapa, très jolie région montagneuse et fraiche, balades et cascades, un super resto, le Vahasoa, dans lequel j'ai mangé mon meilleur steak (saignant) de toute l'île.
Puis Vohemar, jolie petite ville méconnue sur une grande baie qui n'est pas sans rappeler celle de Diégo, un bel hôtel très agréablement décoré, le Sol y Mar, ou nous profitons une dernière fois avant d'affronter l'enfer de la piste pour Andilobé.
En pleine saison des pluies il faut reconnaitre que celle ci est mémorable. 24 heures en 4x4 pour 160kms avec en prime une nuit à la belle étoile. Ce n'est par endroit qu'un champ labouré dans lequel pataugent et surnagent de nombreux camions qui se tirent les uns les autres et qu'il faut arriver à contourner. On retrouvera plus tard le même scénario à Port-Bergé entre
Diego et
Tana, on voit bien là la gabegie de l'état qui préfère détourner des fonds et laisser s'épuiser dans la boue toute l'énergie d'une partie de la population.
Je passe vite sur le reste du parcours, NosyBé, Majahanga. Quelques mots sur la belle région d'Ampefy à une centaine de kilomètres à l'ouest de
Tana. Je retrouve là un peu de mon
Auvergne natale, volcans, geysers, lacs et cascades, climat agréable.
Quelques mots et impressions pour conclure: la situation politique actuelle engendre certes des déséquilibres, économie au ralenti, recrudescence de la violence dans certaines villes, mais la population vit toujours sa vie et passe le plus souvent au dessus de ces problèmes. Le voyageur indépendant peut se déplacer en toute tranquillité, en toute liberté (on n'a pas contrôlé une seule fois mon passeport en trois mois) et sera accueilli avec le sourire.. Je ne veux pas faire un tableau totalement idyllique, bien sur le monde malgache n'est pas parfait, la pauvreté, la résignation, le manque d'ambition ou le laisser aller d'une partie de la population, le manque de structures, pas de route, pas d'électricité, pas d'eau courante, pas de ramassage de poubelles et je ne vais pas faire la liste, elle est trop longue mais quand on voyage c'est pour découvrir une autre société et une autre façon de vivre.
A condition d'accepter de vivre de temps en temps à la Robinson, allez donc voir la côte Est!