Bonsoir,
Merci pour vos réponses très gentilles et aidantes.
Mais, sans vouloir vous transmettre de peurs ni d'angoisses prématurées, je me permets de vous transmettre ceci.
Pour vous recommander de ne pas commettre d'imprudences vis -à-vis des autorités françaises, en
France, dans ses Préfectures, et de la Police.
--
Bonjour
Pour info, le collectif du 21 (h
ttp://www.collectif21octobre.fr
) organise la rencontre ci-dessous à
Lyon fin octobre. Pour rappel, le WXYZ
Rhône (asso de bénévoles Loi 1901) contre le racisme, et pour le Droits De l'Home avait été l'une des 15 orgas qui se sont constituées partie civile en 2011 (avec 18 plaignant-e-s individuel-le-s) dans la plainte contre les services de la sécurité publique suite à la garde à vue géante en plein air totalement illégale, qui a été expérimentée sur la Place Bellecour le 21 octobre 2010, en pleine mobilisation sur les retraites et qui a coupé en 2 une manifestation qui allait commencer..
Le collectif accuse notamment les services de la sécurité publique
• De détention arbitraire, de violation des libertés individuelles et du droit de manifester,
• D’avoir mis en place un mécanisme discriminatoire et raciste, qui a permis de trier les bons et les mauvais manifestants au faciès.
• De violences et provocations, avec la méthode dite, entre autres, « de la bouilloire » ou « kettling ».
Toujours impliqué-e-s dans ce collectif, nous nous intéressons particulièrement au travail de M R qui a écrit le bouquin "la domination policière. Une violence industrielle". Ce travail de recherche fait notamment le lien entre la gestion policière des quartiers populaires et la gestion policière des mouvements sociaux.
M et T
Pour la petite équipe du WXYZ
Lyon (1,4,7,...)
Continuité dans les stratégies répressives
De la Casbah... aux quartiers... à la place Bellecour
Samedi 18 octobre 2014
16 h à 23 h
MJC Monplaisir / 25 avenue des Frères Lumière 69008
LyonLigne D / Arrêt « Sans souci »
4 ans après, le Collectif du 21 octobre 2010 fait le point avec son avocat B.S et invite :
- M R, auteur de "La domination policière. Une violence industrielle", 2012
Militant et chercheur en sciences sociales, l'auteur analyse la transformation des pratiques policières dans les
quartiers populaires calquées sur les modèles de gestion coloniale. Il rend compte aussi des effets sociaux de ces
pratiques sur la vie quotidienne.
- A M, réalisateur de "Les bandes, le quartier et moi", 52’, 2010
Originaire d'une cité de l'
Essonne, il a passé un an dans des quartiers avec sa caméra pour tenter de comprendre le
phénomène des bandes et ses conséquences.
Rappel : En 2009, le gouvernement a fait voter "la loi anti-bande" suite à un rapport du ministère de l'intérieur recensant 222
bandes en
France.
- P B, co-fondateur en 1984 de l'Observatoire des Armements (Centre d'expertise sur les questions
de transferts d'armements et de prolifération nucléaire).
Auteur de nombreux articles et rapports, il fera un point particulier sur les armes « non létales » et leur mise en
vente sur le marché international contre les mouvements sociaux.
Exposition du Collectif 21, panneaux d'informations, table de presse
Petite restauration sur place / P.A.F. libre
Le Collectif du 21 Octobre : le jeudi 21 octobre 2010, entre 13h30 et 19h30, plusieurs centaines de personnes, majoritairement des jeunes, voire des mineurs, répondant à l’appel à manifester contre la réforme des retraites ont subi, sur ordre de
l'autorité préfectorale, une « garde à vue » en plein air, place Bellecour, totalement illégale. 700 manifestant-e-s se retrouvèrent ainsi retenu-e-s, réprimé-e-s, insulté-e-s, filmé-e-s, arrosé-e-s, gazé-e-s puis contrôlé-e-s par des centaines de CRS et
agents du GIPN, armés de tasers, flashballs et fusils à pompe, équipés de canons à eau. Dès le lendemain pour dénoncer cette atteinte aux droits fondamentaux de liberté d’expression, de libre circulation et la scandaleuse discrimination au faciès
s’est constitué le Collectif du 21 octobre composé de syndicats, associations, partis ou individuels. Une plainte contre les services de l’état est actuellement en cours d’instruction. La mobilisation de tou-te-s est nécessaire pour que cette action
en justice ne soit pas passée sous silence (
www.collectif21octobre.fr
).
Envoyé le : Mardi 27 novembre 2012 8h40
Objet : Collectif 21: demande aide juriste pour analyse des pièces: répression mouvement social + racisme
Lyon
Bonjour,
Objet: Demande de l'aide de B S pour l'analyse des éléments de preuves (enregistrements audio, video, telex, courriers, pv, photos etc...) saisis à la demande du juge d’instruction dans le cadre d’une commission rogatoire dans l'instruction des faits du 21 octobre 2010.
Pour info/rappel, le WXYZ
Rhône s'est constitué partie civile l'an dernier dans la plainte collective contre les autorités suite à la garde à vue en plein air géante totalement illégale, qui a été expérimentée sur la Place Bellecour le 21 octobre 2010, en pleine mobilisation sur les retraites. Le WXYZ s'est engagé aux côtés de plaignants individuels (18 personnes enfermées dans la souricière) et autres orgas (40 dans le collectif et 15 orgas plaignante), qui ont formé le collectif du 21 octobre (
www.collectif21octobre.fr/
).
La préfecture du
Rhône se défend de tout abus de pouvoir et affirme que l'opération visait à contrôler une foule de "casseurs" (rhétorique reprise par toute la presse). Le collectif du 21 octobre accuse les services de la sécurité publique:
1.
De détention arbitraire, de violation des libertés individuelles et du droit de manifester,
2.
D’avoir mis en place un mécanisme discriminatoire et raciste, qui a permis de trier les bons et les mauvais manifestants au facies. En effet, même si la répression a frappé tout le monde ce jour là, elle a frappé, plus durement encore, les jeunes issus de l’immigration post-coloniale, qui ont fait l’objet de traitements spéciaux. (Quasi-systématiquement refoulés aux exfiltrations /Quasi- systématiquement fichées et photographiées / Une grande partie a été probablement mise en garde à vue lors de la levée du dispositif puisque 2 bus sont repartis pleins à 19h30.)
3.
De violences et provocations, avec la méthode dite, entre autres, « de la bouilloire » ou « kettling ».
Ces méthodes policières, qui semblent à priori ne pas faire de "casse" physique sont d'une violence terrible : humiliation physique et morale du fait de l'enfermement, impossibilité de réaction de l'individu qui se sent pris au piège, division entre les personnes emprisonnées ("les blancs d'un côté, les autres de l'autre" comme l'ont rapporté des témoins, ou "les plus vieux sortent, les jeunes restent") mais division aussi à l'extérieur ("on ne les lâche que si vous avancez" dira la police). Tout cela aura créé à
Lyon un avant et un après 21 octobre et aura en partie contribué à la fin du mouvement contre la réforme des retraites. Cette fameuse méthode dite du "kittling" n'est pas nouvelle. Elle a été encore largement utilisée au
Québec contre les étudiants.
Où en est on de cette longue lutte ?
PARCOURS JURIDIQUE- le
1 janvier 2011 : un dépôt de plainte au Procureur, qui est resté sans réponse.
- le
29 juillet 2011 : un 2ème dépôt de plainte avec constitution de « partie civile » (nous avions travaillé le contenu des témoignages avec le service juridique du WXYZ)
- Après une tentative de délocalisation de l’instruction rejetée par la Cour de cassation (
en janvier 2012), l’affaire est aujourd’hui instruite à
Lyon. Les partis politiques, les syndicats, les associations de droits de l'homme ont été auditionnés par le juge. Le WXYZ vient d'être auditionné par le juge d'instruction en
octobre 2012 et a été aussi porteur des motifs des associations plaignantes: LDH, SOS-racisme, planning familial, SAF. (En PJ: argumentaire WXYZ
Rhône [préparé avec service juridique + secteur éducation] + intervention WXYZ
Rhône devant le juge d'instruction [préparé avec autre orgas])
PHASE d'ANALYSE DES ELEMENTS DU DOSSIERMe B S, avocat du collectif et militant pour le SAF nous a informé que le juge d’instruction dans le cadre d’une commission rogatoire, a donné l’ordre à l’IGPN de procéder à des actes d’enquête. Il a été versé au dossier, une masse importante de documents : copies des courriers de la sécurité publique sur la période fin octobre, début novembre adressés au ministre de l’Intérieur, notes de la police sur les évènements qui se sont déroulés la journée du 21, articles de presse entre le 14 et le 22 octobre 2010, toutes les interpellations et les résultats judiciaires, bilan des armes utilisées par la police (c’est ainsi qu’on apprend qu’ils avaient des tasers...), les mains courantes, les copies des plaintes et le récapitulatif des interpellations en lien avec les établissements scolaires..., les telex, les suivis des interpellations du 21 et 22 octobre, les telex sur les dégradations des véhicules et biens administratifs du 21 octobre, le procès verbal du 21 octobre place Bellecour, la description des faits et des services de police qui sont intervenus, les copies de PV de contrôles d’identité, faits place Bellecour (209 contrôles) des DVD des évènements du 14 au 23 octobre et manif du 28, avec tous les échanges radio, un DVD sur les « violences urbaines » du 21 octobre, et 9 fichiers vidéo (films de l’hélicoptère).
Cela fait beaucoup de matériel qu’il va falloir lire visionner, étudier. Il a été décidé de créer un groupe de travail pour analyser ces documents. Des prises de contact ont été pris avec des chercheu-se-r-s (en PS: sujet de recherche proposé). Nous attendons de l'avocat qu'il nous donne des détails sur les possibilités concrètes d'accès aux documents.
Pour les points concernant directement le WXYZ (mécanisme discriminatoire), il nous semble indispensable de travailler avec le service juridique du WXYZ, car nous sommes un peu à la limite de nos compétences de militant-e-s de base. Aussi, nous aimerions que Bernard Schmid, avec qui nous travaillons depuis plus d'un an sur ce dossier puisse venir travailler avec nous 1 journée début 2013 (le WXYZ local pourra payer ses frais de déplacement et de logement). On pourrait par ailleurs éventuellement faire coincider cette journée de travail avec une journée de formation des militant-e-s un samedi sur Lyon (à voir avec l'ensemble des CL).
Qu'en pensez vous? B est d'accord sur le principe pour venir à
LyonSerait il possible d'avoir un accord de principe au plus vite pour en informer le collectif? Merci
Par ailleurs, si vous connaissez des chercheurs, des sociologues, etc... qui pourraient être intéressés pour travailler sur ce sujet, merci de nous dire
M
WXYZ
Lyon
PS: Sujet de recherche
Hypothèse sur la quelle nous aimerions qu’une recherche soit menée :
La garde à vue à ciel ouvert qui s’est déroulée le 21 octobre à Bellecour pendant le mouvement social contre la réforme des retraites a eu un retentissement important sur mouvement social à
Lyon. Cette action policière de grande ampleur mettant en acte une forme de « répression préventive » semble avoir été expérimentée pour la première fois par les services de police dans un contexte de conflit social.
Cette répression a, nous semble t’il avec le recul, mis un terme au mouvement contre la réforme des retraites, stoppant net l’entrée des lycéens et étudiants dans le mouvement. Elle a disloqué la coordination syndicale en créant des tensions et désaccord dans la manière d’avoir appréhendé cette situation. Elle a privé des libertés fondamentales d’expression et de libre circulation près de 600 personnes, elle a été l’occasion d’une surveillance, de prises de films, de photos et d’un exfiltrage au faciès, elle a enfin perturbé profondément de nombreuses personnes « séquestrées » leur faisant vivre une situation de privation de liberté sans aucune justification, sans explication, beaucoup d’entre elles ont été insultés, humiliés par les forces de police, l’ensemble des personnes ont été flashballées, gazées, arrosées en l’absence de toute provocation ou rébellion.
Les conséquences graves de ce type de pratique non seulement pour l’avenir de la démocratie et de la liberté d’expression dans ce pays mais aussi au niveau des traumatismes subis par les personnes, nous amènent aujourd’hui à nous battre pour que cette pratique soit condamnée par la justice et interdite, c’est dans ce sens que le collectif a porté plainte contre les services de l’état, l’instruction de l’affaire est en cours.
Aujourd’hui nous nous questionnons sur le contexte global qui a amené à la mise en œuvre de cette pratique de « répression préventive ».
En effet beaucoup d’éléments, témoignages et impressions plus ou moins fondées nous laissent penser que cette intervention a été précédée par une mise en scène ayant pour but de justifier in fine cette pratique. Nous nous interrogeons :
- Sur le positionnement des médias pendant cette période (avant le 21), alimentant un discours de clivage, dénonçant les actes violents « des casseurs » de manière continue, entretenant une peur d’une explosion de la violence, en occultant le sens même de ce mouvement social.
- Sur les actes de vandalisme contre des magasins de la rue V.Hugo, les jours précédents sans aucune intervention policière, actes filmés tranquillement par des habitants ? et diffusés sur internet. Nous nous interrogeons sérieusement sur l’identité des auteurs.
- Sur les pratiques « d’état de siège » employés pendant plusieurs jours, bouclage des quartiers, fermetures des stations de métro convergents sur Bellecour.
- Sur les arrestations nombreuses qui ont précédé le 21.
- Sur l’étroite collaboration avec la municipalité qui a remis les films des caméras de surveillance à la police dès le lendemain, sur le fait que le maire ait reconnu tout l’intérêt de cette méthode.
- Sur des témoignages photos et vidéo, montrant des policiers cassant des vitrines ou portant des brassards CGT pour mieux isoler des manifestants et les violenter.
- Sur la contribution des groupes identitaires dans ce contexte.
Nous faisons l’hypothèse que l’entrée des lycéens et des étudiants dans le mouvement avec des méthodes d’organisation moins bien repérées que celles des syndicats (les fameux portables, ou facebook qui seront à l’origine de l’explosion des révolutions arabes.... Et qui sont pointés dans le rapport Austin) pouvait laisser supposer un élargissement du mouvement ou du moins un regain. (n’oublions pas qu’à l’époque les raffineries étaient fermées...).
Que ce contexte était donc favorable à la mise en place de nouvelles pratiques sécuritaires qui pourraient se justifier comme une protection nécessaire des personnes et des biens. Comme l’a montré Olivier Khan avec la question des black blocs dans le cadre des sommets G20..., ces contextes de mobilisation sociale, peuvent permettre de raviver la peur du « gauchiste ou de l’anarchiste voir du terroriste » en diabolisant les militants en colère, en diffusant des informations fausses, en faisant des annonces susceptibles d’inquiéter la population, en multipliant les arrestations pour des faits ridicules et les jugements en comparution immédiate dans un contexte de dramatisation (projection de film) grotesque, confondant justice et propagande, en martelant sans cesse qu’il fallait une justice d’exception face à une situation d’exception ???? etc...
Que la présence d’Hortefeux, alors ministre de l’intérieur, à
Lyon le 20 octobre, n’était pas sans lien avec cette décision, que la nomination tout de suite après du préfet au gouvernement ne l’était pas non plus.
Au regard des éléments de preuves (enregistrements audio, video, telex, courriers, pv, photos etc...) saisis à la demande du juge d’instruction dans le cadre d’une commission rogatoire, et en croisant ces informations avec les témoignages des victimes présentes et documents dont disposent les manifestants et les témoins, nous souhaiterions qu’une recherche soit menée pour vérifier le fait que cette garde à vue à ciel ouvert était bien la finalité d’un processus de répression réfléchi, et que cet évènement était bien précédé d’une propagande volontaire visant à créer un contexte de peur. Les éléments ainsi rassemblés viendront étayer la plainte déposée par le collectif, et aideront ainsi à la dénonciation d’une augmentation impressionnante des lois, décrets et dispositifs sécuritaires mis en place par l’Etat visant à contrôler
Mimi