Ça y est le
Martinique Surf Pro s'est achevé ce samedi, et l'événement a été une totale réussite !
Pour recadrer : le
Martinique Surf Pro est une nouvelle compétition dans le calendrier des épreuves Qualifying Series de la WSL. C'est la seule dans toute la Caraïbe.
Pour les non-familiers du monde du surf...
WSL : World Surf League, l'entité qui gère le championnat du monde de surf comme l'ATP pour le tennis ou la FIFA pour le foot
Tout au long de l'année, il y a deux circuits : les (34) meilleurs surfeurs de l'année précédente s'affrontent sur une dizaine de compétitions, organisées sur des spots "phares" en
Australie, à Tahiti ou encore à
Hawaï. C'est le CT (Championship Tour).
Et puis il y a un second circuit, une sorte de deuxième division, le QS (Qualifying Series) qui regroupe un grand nombre d'épreuves avec des cotations variables suivant leur importance. Et là c'est tous les surfeurs pros qui ne font pas partie de l'élite qui s'y affrontent à couteaux tirés pour espérer rejoindre le circuit principal l'année suivante. Chaque fin d'année, une douzaine d'échanges s'opère entre les moins bien classés du CT et les mieux classés du QS.
Cette année, grâce à l'engagement de l'asso
Martinique Surfing et de la mairie de Basse-Pointe, le projet d'une épreuve en
Martinique a pu voir le jour. C'est un sacré challenge, un peu comme si la ville du Lamentin arrivait à organiser un tournoi de tennis et y faire venir Tsonga, Monfils et consorts. Pas Federer, Nadal ou Djokovic, mais les seconds couteaux...
Le spot choisi pour le
Martinique Surf Pro : le point break de Basse-Pointe, sur la côte nord atlantique de la
Martinique, une longue droite à manœuvres qui marche avec les houles de N à NE.
Tartane (la "plage des surfeurs") qui est la plus connue outremer en raison de la présence des seules écoles de surf, est une vague de débutant pas vraiment adaptée aux pros.
Alors Basse-Pointe, il faut imaginer un village de pêcheurs entouré par les champs de bananes, 3000 âmes (moins que Lacanau l'hiver), dans le coin le moins fréquenté de l'île. Pour les habitants à la vie trèèèès calme du nord, voir débarquer le barnum d'une épreuve du championnat du monde de surf c'est un petit choc, mais c'est une excellente chose pour faire connaitre et développer ce secteur de l'île à l'écart des zones touristiques habituelles.
En plus comme il y a très peu de possibilités d'hébergement officielles, beaucoup de surfeurs et membres du staff ont logé chez l'habitant, se sont encore plus imprégnés de la culture martiniquaise et les échos étant unanimement enthousiastes, ils seront de bons ambassadeurs pour le tourisme qui en a sacrément besoin, en particulier hors
France.
Le cadre : quelques yoles de pêcheurs, les falaises et la jungle...
Les conditions ont été très bonnes, voire exceptionnelles : de la houle sur les 5 jours de l'épreuve avec les trois derniers jours excellents, dont une 4ème journée magique.
Ressenti unanime des surfeurs du QS : "one of the best contests I've ever been"
Victoire de l'Hawaïen Joshua Moniz (18 ans...) devant le Sud-Africain Michael February (21 ans...)
Détail complet de l'épreuve sur le site de la WSL :
Martinique Surf Pro 2015
Boulot oblige, je ne suis monté dans le nord pour voir la compet que le dernier jour, hier samedi (en fait vendredi aux aurores aussi, mais pour surfer).
Quelques photos :
De la vague de Basse-Pointe...
Superbe droite qui déroule le long d'une pointe rocheuse jusque à l'entrée du petit port, perso j'y ai une expérience un peu délicate puisque pour une de mes premières sessions sur l'île il y a deux ans, le leash a pété sur une grosse série au large, la planche a fini dans la caillasse du bord, et je me suis tapé 20 minutes à prendre des sets sur la tronche pour revenir au port à la nage. Chouette baptême...
Et un peu d'action...
Joshua Moniz, le vainqueur
Miguel Tudela, p'tit jeune Péruvien qui se fait sortir à la dernière seconde alors qu'il menait sa demi-finale face à Michael February
Michael February
Un gros bravo aux organisateurs, parce que franchement monter un tel projet en
Martinique ben... c'était pas gagné.
L'épreuve est prévue théoriquement au calendrier du QS pour 3 ans, avec le succès total de cette première édition ça semble déjà acté pour la seconde l'année prochaine