A la recherche des requins baleines: 🐋 🐳
Les requins baleines sont les plus gros poissons existants, ils peuvent atteindre 12m de long et peser 20 tonnes. On peut les observer dans la région de mi-mai à mi-septembre car ils viennent s’y nourrir de plancton, donc nous sommes à la bonne période.
Pour cette dernière partie, je laisse mon mari prendre la plume car je n’ai pas participé à cette sortie, pas la condition physique requise et en plus, très rapidement, j’ai le mal de mer

.
Initialement, nous avions prévu de tenter l’excursion requin baleine à
Holbox, le premier endroit au
Mexique à proposer la nage avec requin baleine. Devant la fatigue accumulée de l’année et la sportivité requise (au moins une excellente forme physique), nous avons renoncé avant d’arriver à
Holbox.
En arrivant à
Playa del Carmen, nous avons rencontré une agence francophone qui propose une sortie en mer pour nager avec les requins baleines depuis
Cancún.
Les avantages par rapport à
Holbox: trajet en bateau plus court et surtout une zone théoriquement plus grande, une eau moins sombre, guide francophone garanti et en cette période remboursement de 50 à 80% du montant initial selon l’option choisie si jamais la sortie fait choux blanc!
Il faut quand même être en forme et être un peu sportif et la nage se fait par deux, accompagné par au moins un guide mais il faut nager vite en pleine mer. L’agence propose une option 20€ par personne pour photo + vidéo qui sera assurée par un guide ou accompagnateur.
M’étant bien reposé depuis ces deux dernières semaines, je me suis laissé tenter. Il est vrai qu’à notre âge, c’est l’une des dernières occasions

.
Il a fallu signer des décharges de responsabilité, et décliner l’assurance d’annulation si jamais nous renonçons au dernier moment.
À 7h, un minibus avec une guide française est arrivé: à bord du minibus Diane et Brandon (GB), Marion et Marion (FR), Cedric et Nanra (FR), la guide Elisa, française installée au
Mexique depuis 7 ans.
Trois autres français ne sont pas réveillés pour partir. Aujourd’hui l’excursion va être pour un petit groupe.
Durant le trajet jusqu’à Punta Sam
Cancún, Elisa nous explique la sortie, demande encore une fois l’état de santé de chaque participant.
Pour éviter le mal de mer, pour ceux qui le souhaitent, elle propose un cachet à prendre avec le petit déjeuner offert avec la sortie. Tout le groupe a pris le cachet. Elisa rappelle que pour éviter ce mal de mer surtout au moment où le bateau arrive sur la zone d’observation, le moteur de la lancha va être mis au ralenti et celle-ci va tanguer. Il faut regarder loin et partout pour faire comprendre au cerveau et à l’oreille interne que nous sommes dans un environnement qui tourne.
Le saut, car il faut sauter du bateau au dernier moment, se fait par deux avec le guide déjà dans l’eau. Nous sommes repartis en 4 groupes et je fais partie du dernier groupe.
Ensuite il faut nager à 1-2 m de l’aileron latéral et profiter de l’aérodynamique du requin. Il faut éviter la zone de la queue qui crée des turbulences. Le requin ne nage pas vite 5 km/h pour un poisson mais pour nous, c’est très rapide et surtout, il peut plonger vers les profondeurs.
Elle rappelle qu’il est interdit de toucher le requin pour ne pas le contaminer par nos bactéries.
Elle explique aussi globalement ce que sont les requins baleines...elle nous demande de faire un effort de ne pas mettre de crème solaire mais de porter des vêtements manches longues pendant la traversée et porter un chapeau...80% du récif corallien de la
Riviera Maya est détruit par toutes sortes de causes dont les crèmes solaires

.
Au cours de la sortie si nous trouvons les requins baleines, souvent les raies Manta sont avec.
Elle conseille aussi la combinaison néoprène pour la flottaison et contre le froid: 15 USD en plus.
Le temps d’expliquer etc. nous sommes arrivés à Punta Sam pile 1h après le départ. Des frais d’entrée sont perçus par la capitainerie 10 USD chacun. Tout ceci a été précisé avant par l’agence locale, donc pas de surprise.
Arrivés sur place nous voyons d’autres groupes comme nous. Le temps de prendre le PDJ cake, fruits, café et thé gingembre, conseillé par Elisa contre le mal de mer, conseils que nous avons tous suivi.
Nous enfilons notre combinaison néoprène et partons vers 8h30.
Avec nous outre le capitaine Gerardo, le jeune guide local mexicain Lalor se joint au groupe.
Le bateau navigue en direction nord est en passant près de l’île Contoy. Nous avons pu observer plusieurs groupes de dauphins, des algues sargasses éparses pendant la traversée.
Un premier arrêt après l’île Contoy n’a rien donné. Le capitaine ayant obtenu des tuyaux de ses collègues, il nous informe qu’il faut naviguer encore 30 minutes pour arriver sur la zone. Au passage, nous avons encore pu observer des dauphins.
Arrivés sur la zone, une vingtaine de bateaux comme le nôtre sont déjà sur place. Elisa nous demande de nous préparer à sauter: masque, tuba. Effectivement, le bateau tangue, pourtant beau temps et pas trop de vagues fortes.
Après quelques minutes, depuis le bateau, nous voyons déjà un requin baleine venant respirer à la surface. Il est énorme, sombre avec une grande gueule.
L’excitation gagne tout le groupe mais entre temps deux personnes du groupe ressentent fortement le mal de mer mais décident de sauter quand même.
En fait dès qu’un groupe de deux est prêt, il faut s’asseoir au bord une jambe dedans une jambe dehors. Ensuite le capitaine manœuvre doucement dès qu’il repère un requin. Puis, il faut sauter de suite, face au requin ou juste à côté.
Le groupe 1 anglais a sauté en premier, mais très rapidement, ils ont été obligés de revenir au bateau avec l’aide du guide mexicain. Elisa aidait les autres groupes à se préparer et inspectait nos équipements. La dame avait le mal de mer, ne nageait pas assez vite pour suivre le requin. Elle a juste pu le voir de loin

.
Le deuxième groupe a ensuite sauté dès qu’un autre requin s’est approché mais le guide a ramené Nanra aussi très vite. Elle avait le mal de mer et ne n’arrivait pas à suivre le requin. Son mari a réussi sans problème

.
Le 3ème groupe a nagé sans problème et il est revenu par ses propres moyens sans l’aide du guide.
Étant le denier groupe, nous sommes restés plus longtemps sur le bateau qui tangue, il a fallu lutter contre le mal de mer.
À notre tour de sauter à côté du requin. Nous avons pu nager pendant moins d’une minute: c’était magnifique d’être près d’un animal requin aussi gros (dans l’eau il parait encore plus grand qu’en surface) de voir ses grandes branchies s’ouvrir et se refermer, la peau, les poissons pilotes qui se collent (si seulement nous pouvions être), très vite, il nous laisse derrière et il faut remonter à la surface et retourner sur le bateau.
Le temps à peine de récupérer, il faut déjà se préparer à sauter, trois personnes ayant renoncé à sauter a réduit le nombre de groupe.
Au 2ème saut, je me suis retrouvé face au requin qui arrive droit devant avec sa grande bouche ouverte: forte montée d’adrénaline si cela est encore possible, mais je me suis écarté, flotté et ai pu le suivre un court moment. Pendant ce temps, le guide mexicain et Elisa nous accompagnent.
Quand le requin s’est éloigné, j’ai pu voir deux raies Manta plus bas.
Le temps de revenir au bateau et reprendre du souffle, il faut déjà se préparer (toujours deux malades). Au 3ème saut le capitaine nous a dit de nager pour s’approcher du requin. En nageant dans la direction indiquée, tout à coup, avec Cédric, nous étions entourés par un groupe de 4 requins baleines. Nous ne savons plus où regarder et il y a un moment le guide mexicain nous a tiré sur la combinaison pour nous éloigner d’un requin qui remontait. En même temps une raie Manta s’en est mêlée. Nous sommes restés le plus longtemps parmi les 3 sauts et moins besoins de nager pour suivre comme il y en avait de partout. C’était magique!!! Inoubliable!
3 sauts étant le maximum, dès que tout le monde est à bord le capitaine a remis les gaz et s’éloigne rapidement de la zone. Mais c’était un pur moment de bonheur, plénitude d’avoir pu nager et regarder de près ces requins baleines.
Nous aurions voulu rester encore sur place pour observer et savourer le moment.
Après 45 minutes nous sommes arrivés à point nord de l’île
Isla Mujeres pour une séance de snorkeling (masque et tuba) dans les eaux chaudes vers le récif corallien.
Une des deux malades a pu profiter de la stabilité du bateau pour aller nager. Le récif est plein de coraux rouges mais peu de poissons. De toutes les façons nous avons encore les images des requins baleines dans la tête.
Après cette séance de récif corallien, le bateau nous a emmenés en 5-10 minutes à la plage de
Isla Mujeres pour un déjeuner local:
Au menu ceviche (salade) mixte de poissons, poulpes et crevettes, guacamole, sodas ou bières. Pour les allergiques aux fruits de mer: pâtes.
Le guide mexicain et Elisa ont sorti un grand matelas gonflable et déposé les assiettes individuelles dessus.
Nous avons tous déjeuné ainsi avec de l’eau jusqu’à la taille, le ciel bleu, le sable et la couleur des Caraïbes. La conversation était centrée sur les requins baleines! C’est un autre beau moment d’une aussi belle et parfaite journée pour ainsi dire.
Après une courte baignade-plage, nous sommes revenus au port Punta Sam.
Une douche pour ceux qui le souhaitent, un café et nous récupérons nos photos-vidéos de la journée.
Je suis revenu le premier à l’hôtel vers 15h30.
C’est ma plus belle expérience jusqu’à ce jour alors que j’ai pu nager avec les raies Manta aux
Maldives, les poissons tropicaux y compris Némo, les dizaines de tortues vertes à Maui.
Ce sont des images qui resteront gravées à jamais sauf si Alzheimer passe par là!
Bon, je reprends le fil de ce carnet, juste pour dire que ça m’arrangerait pour Alzheimer car le doublé de Marion n’avait rien à envier aux américaines

. N'est-ce pas messieurs?