Nous prenons le petit déjeuner sur la terrasse, réchauffés par un soleil éblouissant.
Puis nous roulons jusqu'à
Arica où nous remplissons notre réservoir plus un jerrican en prévision des trois prochains jours loin de toute pompe à essence.
Nous empruntons ensuite la route transfrontalière 11 en direction de Putre.
Les premiers kilomètres suivent le Rio Lluta, un ruban de verdure qui tranche avec le désert environnant.
Les premiers lacets s'enchaînent alors que la civilisation s'éloigne.
C'est bizarre, il n'y a plus personne ?
Pas plus étonnés que cela de l'absence de circulation sur cet axe pourtant essentiel à l'économie des deux pays qu'il dessert, nous poursuivons notre chemin en admirant les paysages.
L'après-midi est bien entamé lorsque nous atteignons le village de Zapahuira à une trentaine de kilomètres de notre but.
Le reste de la route ne devrait plus être qu'une succession de virages serrés.
Nous sommes contents, nous devrions arriver bien avant la nuit et profiter ainsi d'un peu de repos dans
un logis de charme
après les nombreuses heures de conduites aujourd'hui effectuées.
Tiens, ça bouchonne !
Ça doit être un camion lourdement chargé qui peine à grimper !
10 minutes passent puis 20...
Je commence à me demander s'il n'y a pas un autre problème...
Une foule de camions déboule alors sur l'autre voie.
Étrange !
Je consulte le net et, après de longues recherches, finis par découvrir le pot aux roses.
La route est en travaux et le chantier nécessite une fermeture totale de la circulation dans les deux sens durant une bonne partie de la journée.
Et ceci pendant plusieurs mois...
Cela crée un engorgement monstre qui met plusieurs heures à se résorber d'autant plus que seule une voie est disponible quand la circulation reprend...
Il faudra donc patienter plus d'une heure pour que notre tour vienne.
Puis un deuxième blocus est aménagé un peu plus haut soit 90 minutes supplémentaires d'attente....
Mais ça nous ne le saurons qu'une fois passés....
Nous voilà donc coincés au milieu des camions parmi la poussière alors que le jour s'éteint.
La réception de l'hôtel ferme à 1900. Nous ne savons pas combien de temps il nous faudra pour franchir ces 30 malheureux kilomètres !
2 heures ? 3 ? 4 ? La nuit ?
L'angoisse monte dans le véhicule, la tension également...
Nous tentons de joindre l'hôtelier via Booking mais aucune réponse.
Le numéro de téléphone indiqué sonne également dans le vide.
Nous en trouvons un autre sur Google et miracle, une voix nous répond.
Un code nous est donné avec l'assurance que la clé de la chambre sera sur la porte.
Un peu rassurés, nous prenons notre mal en patience tout en nous demandant comment ça va se passer une fois là-haut.
Tout doit être engorgé tous les jours de la frontière à Putre et les excursions doivent s'en trouver affectées !
Nous ne sommes pas venus au
Chili pour passer des heures dans les embouteillages mais pour découvrir de grands espaces vides !
Ah, c'est à notre tour !
Il fait nuit noire quand nous arrivons, sur les nerfs, à l'hôtel.
L'accueil n'est pas très aimable et nulle excuse pour le dérangement, nul conseil pour les prochains jours.
Le règlement, lui, sera promptement demandé...
La chambre est confortable, le décor sympathique.
Mais ne traînons pas pour aller dîner car tout va bientôt fermer !
Nous nous précipitons à la recherche d'un restaurant sans prendre le temps de nous couvrir correctement.
Grave erreur à cette altitude où le gel règne avec la nuit et où les habitations sont rarement chauffées...
Nous serons donc frigorifiés tout le temps du repas n'ayant qu'une hâte, nous mettre sous la couette !
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Tu vas bien, toi ? Moi, j'ai des sueurs froides, je n'arrive pas à digérer, je suis oppressé !
Mon compagnon se pense atteint du mal aigu des montagnes et panique complètement puisqu'il est impossible de redescendre rapidement du fait des travaux.
J'ai des doutes. Ça fait quand même un bout de temps que nous sommes en altitude et Putre n'est pas si haut que cela (à peine 3400 mètres).
Je tente de le rassurer mais en vain.
Puis, c'est la précipitation aux toilettes...
Je pense alors avoir le diagnostic : une magnifique tourista !
C'est sa première, il ne me croit pas alors que je suis une habituée de la chose.
Bref, nous ne dormirons pas de la nuit et je promets de le ramener à
Arica quand le soleil se lèvera.
Nous quitterons l'hôtel aux premières heures du jour en laissant les clés derrière la porte et un message sur Booking.
Nous n'aurons jamais aucune réponse.
Nous ne demandions pourtant pas le remboursement des nuits payées !
Juste un mot comme quoi ils avaient bien retrouvé les clés et qu'ils nous souhaitaient bon rétablissement...
Je ne conseille donc pas du tout cette étape qui n'est qu'une machine à fric.
Les clients devraient être prévenus à l'avance des difficultés d'accès, à quelle heure prendre la route, ce qu'il est possible de faire actuellement, d'un chemin alternatif.
Un peu de sollicitude serait aussi bienvenue...
C'est dommage car le confort et le charme sont là.
Quant à la tourista, je pense qu'elle provient du repas de la veille.
Le saumon n'était pas bien cuit et seul mon compagnon en a mangé.
Le froid et l'énervement ont accentué la crise.
Vaut mieux ça que le mal des montagnes !