... Voilà... Back from
India.
Le séjour a duré une petite semaine seulement. On a réussi à faire rapatrier Antoine!! Il est toujours dans le coma, mais est rentré à la maison.
Les repères sont plus simples, et c'est infiniment plus facile de communiquer avec les équipes médicales.
Merci à tous pour les conseils et le soutien. Ce fut une semaine vraiment éprouvante. Heureusement, nous avons été aidées par des gens formidables. A
Paris, d'abord, ou l'ami indien d'un ami d'une connaissance que je n'avais jamais vue nous a aidé pour les visas en nous évitant l'attente à VSF. Comme je prevoyais un voyage en novembre, je ne voulais pour cette fois-ci qu'un visa de 3 mois. Mais il m'a conseillé de plutot demander 1 an.
Si vous comptez en faire la demande également, préparez à l'avance une lettre de motivation en anglais expliquant le motif de votre demande. Parce que j'ai du la pondre en 2 minutes sur un coin de table! Mais bon, apparemment, ça a marché, parce que, pour 30€ de plus, j'ai obtenun un visa jusqu'en juin 2012. Avec, pour info, séjour ne pouvant excéder 90 jours et deux mois d'absence du pays entre chaque séjour.
BREF!
Ensuite, à
Dehli, la soeur de ce monsieur nous a hebergé. Je répete, quelqu'un qui ne nous connaissait ni d'Adam ni d'Eve. Elle nous accompagnait tous les jours à l'hopital, parlait hindi avec les administrations réticentes, et nous a grandement facilité la vie sur place: pas besoin de chercher un hotel, de negocier un taxi ou un rickshaw etc.
Le premier jour a été particulièrement fort en émotion pour la maman d'Antoine. J'avais essayé de la brieffer sur le pays et les émotions qui ne manqueraient pas de l'envahir. Ca ne l'a pas empécher d'éclater en sanglots dès le premier mandiant sur le chemin de l'hopital... Mais nous avons réussi à recentrer les choses et à nous concentrer sur le but du voyage. Antoine avait été admis au Fortis Hospital de Vasant Kunj. Autant vous dire que l'indien moyen n'aura jamais accès à aucun soin dans cet hopital privé, beaucoup trop cher pour une grande majorité de la population. Donc surtout des Indien aisés, des occidentaux... Mais je vous avoue que j'étais bien loin d'être révoltée à ce moment là. Pour avoir fait l'experience d'un hopital classique quelques années plus tôt, j'étais même plutot soulagée... Antoine était en soins intensifs. Le choc. Très amaigri, la tête rasée, des tuyaux partout, une machine pour respirer... Sa maman lui a parlé, et son coeur s'est emballé puis s'est calmé. Docteur elle aussi, elle a ensuite vérifié les installations. A demandé à un infirmier de changer un cateter et de s'occuper des escares. Il ne comprenait pas. Il a ensuite essayé de nous expliquer que ce n'était pas grave. Et enfin s'est mis au boulot sans se désinfecter les mains. Devant la colère que je voyais monter chez la maman, j'ai tout fait pour éviter l'incident diplomatique...En fait, ma semaine a surtout consisté à ça: traductions en tous genre, filtre à émotion, soupape, diseuse de blagues pourries et filin de sécurité pour ne sombrer ni dans la folie meutrière ni dans la depression...
Pour info, encore: si jamais vous vous faites hosiptaliser en
Inde: SOYEZ ASSURE! Sans blague, ça peut paraître idiot à dire, mais vérifiez bien tout ce que couvre votre assurance avant le départ, et à quelle hauteur. Antoine était en
Inde depuis quelques années, et n'avait pas jugé utile de contracter une assurance... Résultat: une fortune que sa maman, qui doit déjà faire face à une situation atroce, a du trouver rapidement et sans se soucier des taux d'interêt abérants des banques...
RE-Bref! Tout ça pour dire qu'antoine avait un besoin TRES urgent d'une opération, pour limiter la pression dans le cerveau. Mais après des palabres interminables, on a su que rien n'avait été fait parce que la facture n'avait pas encore été payée...Sisi! Alors ok, je comprends qu'un hopital ait des frais, et si tout le monde s'abstenait de payer, les soins seraient impossibles etc. Mais cette logique, je vous la traduis quand-même dans le contexte: "13 000 € de suite, sinon on se fout que votre fils y reste, ou que son cerveau éclate dans la journée." (Je crois bien que c'est la même abération dans certains hopitaux aux
Etats-Unis. Je ne fais donc pas le procès du pays, mais fustige bien le système!)
Donc re-discussions, énervement, coups de fils à n'en plus finir... Finalement, l'opération à eu lieu, quelques heure plus tard. Le lendemain, Antoine, toujours dans le coma, a serré les mains que nous avions mises dans les siennes. J'ai fondu en larmes...
Bon, j'arrête de m'éterniser. Excusez-moi pour ce post très long et un peu confus, mais je suis rentrée hier et suis encore un peu au radard. Et puis j'ai tout le temps envie de remercier toutes les personnes sur la route qui nous ont aidées sans rien nous demander en retour.
Rien n'est encore gagné pour Antoine.
Mais chaque expérience nous montre le monde de façon différente.
Je suis reconnaissante envers chaque personne que nous avons rencontrée. Malheureusement, le dernier jour, entre impatience, énervement et une journée TRES TRES pourrie, nous n'avons pas remercié les infirmiers comme nous aurions dû. Je le regrette. Certains docteurs et infirmiers nous ont donné du fil à retordre. Mais beaucoup étaient très professionnels, et surtout, humains et à l'écoute. Un comble pour des personnes qui ne parlent pas anglais! Ils ont tout fait pour que la communication passe et dans des sirconstances pareilles, c'est vraiment essentiel.
Heu... Bon. Je crois que je vais retourner me coucher. Aller voir Antoine plus tard dans journée.
Si vous avez des questions sur l'obtention d'un visa ou sur n'importe quoi d'autre, n'hésitez pas, j'essaierai d'y répondre au mieux.
Une excellente journée à vous!