15 août - Sur un air de Norvège...
J’ai bien dormi, j’ai fait de beaux rêves. Désolé, trop hard pour être racontés ici... Bref, je suis d’attaque pour cette nouvelle épopée fantastique, toujours dans les Balkans, toujours au
Monténégro, toujours en compagnie de mes trois fidèles associées ! Là, je touche du bois de baobab en espérant que notre prochaine étape monténégrine nous laissera un souvenir moins périssable que
Budva que l’on s’empresse de quitter le plus tôt possible comme des voleurs, soit vers huit heures trente. Et oui, aujourd’hui, ça a beau être férié, hors de question pour nous de chômer ! Car notre prochaine étape, justement, et bien elle nous emmène dans les Boka Kotorska. Mais ne nous la jouons pas monténégrin, pour toi, ce sera les
Bouches de Kotor... Et on se jette volontiers dans la gueule du loup car le GPS made in Franck est en marche et nous arrivons rapidement à destination. Mais avant d’entamer notre perquisition des lieux, il me semble indispensable d’expliquer à tout le monde en général et à toi en particulier en quoi consistent ces bouches et pourquoi nous venons ici. En fait, c’est simple ! Lorsqu’un gadjo de base veut contempler des fjords, d’instinct, il se prend des billets d’avion pour la
Norvège. Et bien pas moi ! Je prends ma voiture et direction le
Monténégro ! Car si tu prends notre bonne vieille planète terre et que tu en exclus la
Norvège, et bien c’est à
Kotor qu’on peut voir le plus grand fjord au monde, rien que ça !
Quand on se pointe à
Kotor, première bonne nouvelle, on compte les touristes sur les doigts d’un poisson rouge et on trouve donc une place de parking à l’entrée de la vieille ville sans problème. Deuxième bonne nouvelle, à en croire les photos des cartes postales, il existe un point de vue magnifique qui embrasse l’ensemble du fjord. Troisième nouvelle mais certainement moins bonne que les deux autres pour Sandrine, ces photos ont été prises depuis la forteresse de
Kotor d’où la vue doit valoir son pesant de crapahutage. Ça signifie que pour y aller, c’est soit à pinces, soit... à pinces. Et ça grimpe ? Oui. Aïe ! Beaucoup ? Oui. Re-aïe ! Ce qu’on peut communément appeler « marches », les guides touristiques indiquent qu’il y en a mille trois cent cinquante. Je ne peux malheureusement pas te le confirmer, je me suis arrêté à dix-huit ! Car les marches se suivent et ne se ressemblent pas. Des hautes, des petites, des longues, des pavées, des cassées,... Et pour se faciliter la tâche, on fait cette ascension non pas à dos de mulet, non pas en petit train touristique rouge qui fait tchou tchou, mais en tongs, nouveau moyen de transport écologique du coin. Mais malgré ça, la magie opère rapidement et fait oublier les auréoles grandissantes sous les bras. Car des millions et des millions de marches plus tard, c’est un panorama splendide qui nous est offert ! Anna et Sasha apprécient... Leurs parents aussi !
D’ailleurs, en parlant d’Anna et de Sasha, je tiens à ouvrir une parenthèse pour signaler que la première, cinq ans, s’est farcie la grimpette toute seule, sans assistance respiratoire ni velléité de demi-tour. Une fois les contrôles anti-dopage effectués et tous les soupçons levés, je ne peux me résoudre qu’à la féliciter. Quant à la seconde, pas tout à fait deux ans et pas toutes ses dents, elle s’est également débrouillée comme une grande puisqu’elle est parvenue aux deux tiers de la montée sans qu’on ne la porte. Fier de mes louloutes, élevées au Banania ! De vraies graines de routardes ces deux-là ! D’ailleurs, arrivés en haut, beaucoup de personnes nous félicitent d’en être arrivés là avec nos deux boudchoux. Et Sasha, elle était maquillée, comme une star de ciné, accoudée au jukebox, pendant qu’un groupe d’asiatiques qui en a visiblement chié des ronds de pelles pour venir jusqu’ici la mitraille de photos tellement il considère sa performance comme un exploit...
Ok, l’autocongratulation, c’est bien, mais il nous reste quand même la descente !... Et là, si je te dis que les larmes coulent de nos yeux tellement on va vite, tu me crois ? Non ? Et pourtant... Tu peux appeler de toute urgence le Guiness Book, car il y a une famille de foldinguos sur le chemin de retour de la forteresse Saint Ivan de
Kotor ! Nous sommes à la limite de l’aquaplaning !... Si bien qu’à l’arrivée, nous décrochons logiquement le temps record d’une famille en or sur cette descente... Allons de suite retirer notre récompense : Et une bonne Niksicko bien fraîche et bien mousseuse dans le premier bar qui passe par là, une ! Et une montée à la forteresse gratuite pour toute la famille, une ! Ben oui, en descendant, on s’aperçoit que la montée est payante... sauf pour ceux qui comme nous se sont levés tôt...
Bon, cette visite t’a épuisé ? Allez, encore un petit effort ! Il te faut maintenant nous coller au train pour l’exploration de cette vieille ville de
Kotor. Et elle n’est à négliger sous aucun prétexte ! Car si un certain monsieur Unesco l’a faite entrer dans son club très select, ce n’est pas pour rien ! Quatre kilomètres de remparts, cathédrale Saint Tripun, ruelles et placettes pavées... Autant d’arguments qui font qu’on passe ici une superbe journée ! Sans oublier bien évidemment la très bonne pizza dégustée ici... Par contre, désolé, je n’ai pas noté le nom du restaurant mais tu devrais le retrouver assez facilement une fois sur place. C’est celui qui sert des pizzas avec de la sauce tomate, des champignons, du jambon et du fromage dessus...
Allez, pendant que tu perds ton temps à rechercher le nom du resto, ben nous, on a mieux à faire en faisant par exemple le tour des
Bouches de Kotor en voiture. Petit arrêt à
Perast, petite vue sur l’île de Gospa od Skrpjela,... Mais pas de crainte à avoir, tu devrais nous rattraper sans aucun problème car nous sommes maintenant bloqués dans les bouchons à proximité de la frontière entre le
Monténégro et la
Croatie...
Une heure trente d’interminable queue pour n’obtenir en seul signe de reconnaissance de la part du douanier qu’un geste de la main du style « Magnez-vous ! Vous ne voyez pas qu’il y en a qui attendent ? » Si bien qu’après la
Slovénie, après la
Croatie, après la
Bosnie, après le
Monténégro, nous revoilà de retour au pays des mille îles, la
Croatie ! Objectif :
Dubrovnik !
Dubrovnik ou le site le plus touristique de tous les Balkans...
Dubrovnik ou l’endroit où il y aura à coup sûr le plus de monde de toute notre vadrouille...
Dubrovnik ou l’endroit où nous n’avons rien réservé... Avec Sandrine, on se regarde dans le blanc des yeux et on crie bien fort « On va trouver une place de camping ! Pensée positive, on va trouver une place de camping ! Pensée positive... » Et ça marche ! Dans le camping Kate à Mlini que j’avais repéré sur internet, il leur reste... une place ! Et la cerise sur le sundae au chocolat, c’est que cette last but not the least place a vue sur mer et ne coûte que cent quatorze kunas la nuit... Que demandez de plus ? Un petit rafraîchissement, peut-être ? Si toi aussi tu habites a côté de chez tes voisins, c’est que tu nous ressembles ! En d’autres termes, quand on a chaud, c’est soit une bonne bière, soit un plongeon dans la grande bleue. Me concernant, vu que Sasha a débranché par inadvertance la glacière dans la voiture et que mes bières sont du coup aussi chaudes que Loana dans une piscine, ben je vais me rabattre sur la dernière proposition. Je veux bien évidemment parler de la grande bleue, pas de Loana qui n’a d’ailleurs plus rien de rafraîchissant... Pour s’y rendre, la ligne droite est le chemin le plus court entre un point A et un point B. Mais une fois de plus, vu la distance et la pente, il faut se résoudre à descendre de nombreuses marches, bien plus impressionnantes que celles de Cannes...
Bon, pas la peine de te faire un dessin ! Arrivés en bas, l’Adriatique honore son contrat et nous rafraîchit tout bien comme il faut. Mais comme il fait une petite quarantaine de degrés bien tassés, mon t-shirt devient rapidement une loque détrempée lors de la remontée. Tu l’as compris, vivement l’hiver... et une bonne bière bien fraîche ! On en revient toujours à ça, même s’il me faut te rappeler que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et ne peut en aucun cas résoudre tes problèmes. Mais comme tu le sais, le lait et l’eau non plus ! Sur cette pensée du jour, je te dis à demain ! De toute façon, demain est une autre aventure...