16 août - Qui a lâché cette perle sur l’Adriatique ?
Deux heures trente-huit du mat’... :
« Meunier, tu dors ?
- Non, je chasse le hérisson albinos à queue argentée dans les plaines de
Mongolie orientale ! »
En fait, personne ne parvient à choper ce satané marchand de sable. La raison ?... Nous avons gagné le gros lot ! Mais manque de bol, ce ne sont pas les quarante millions de ce vendredi à l’Euromillions, ni même le loto de samedi et encore moins le quinté dans l’ordre de dimanche commenté par Léon Zitrone... Nous avons tout simplement choisi de dormir dans un pays parmi des centaines d’autres, dans une ville parmi des centaines d’autres, dans un camping parmi des centaines d’autres, un jour parmi des centaines d’autres,... et le hasard a mal fait les choses puisque nous nous trouvons là, pile poil au moment où un Dj a décidé de faire un méga concert à l’insu de notre plein gré... Avec cette chance, je suis sûr qu’on n’est pas loin de se faire attaquer par une chauve-souris géante !!... En tout cas, les fêtards, et ils chantent, chantent, chantent ce refrain qui leur plait, et ils tapent, tapent, tapent, c’est leur façon de nous tenir éveillés... Une bonne partie de la nuit, on en entend qui chantent « Last night a Dj saved my life » pendant que moi, dans ma tente et surtout dans ma tête, c’est plutôt « La nuit dernière, un Dj m’a pourri la vie ! » Bon, totalement épuisés, nous finissons quand même par nous endormir mais la goutte d’eau qui fait déborder le vase de Soissons, c’est un commando-suicide de moustiques qui a raison de notre sommeil vers six heures et demi... Non, là, vraiment, j'ai l'impression d'un lundi de boulot quand il faut se lever aux aurores après un week-end bien arrosé, mais pas par la pluie... Enfin bon, si ici, il n'y avait que des avantages tout le temps, on appellerait ça le paradis. Hors, là, nous sommes à
Dubrovnik en
Croatie et c'est déjà mieux que bien !
Car oui, c’est officiel, c’est bel et bien en ce 16 août que nous allons rendre visite à la grande star de la
Croatie. Non, nous ne rencontrons pas Luka Modric ! Aujourd’hui, pour nous, c’est
Dubrovnik ! Et pour débuter, un peu d'histoire... Mais ne prends pas tes jambes à ton cou, je vais essayer d'être bref... Tout d’abord, peut-être as-tu déjà entendu parler de la cité de Raguse. Et bien déjà, Raguse et
Dubrovnik, c’est du kif kif la bourrique ! Un peu comme moi, Franck, c’est mon prénom. Mais il y a très longtemps, mes copains m’appelaient Hristo. Donc Franck et Hristo, ben c’est la même chose... Un peu comme
Dubrovnik et Raguse... Euh, tu m’as suivi, là ?... Pas vraiment ?... Pas grave, je continue... Concurrente de
Venise à l’antiquité, je fais un grand écart facial comme je sais encore les faire pour t’emmener directement au siècle dernier lors de la guerre d’indépendance de la
Croatie. A ce moment-là, la ville est encerclée et bombardée durant près de six mois. Je ne te fais pas un dessin mais il y a eu quelques morts et beaucoup de dégâts... Reconstruite à l’identique avec les techniques traditionnelles, elle a été ensuite classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Et pour la petite anecdote en plus qui fait toute la différence et qui ne coûte pas cher, c’est une fabrique près de
Toulouse qui a fourni en grande partie les tuiles de la ville lors de sa reconstruction. Cocorico !!!
Voilà pour la partie pénible. Pas de question dans l’assistance ?... Ok, on continue et on enchaîne les missions comme des perles ! Premièrement, on attend le bus numéro dix qui doit s’arrêter près de notre camping pour se rendre ensuite à proximité de la
vieille ville de Dubrovnik. Deuxièmement, ah qu’est-ce qu’on est serré, au fond de cette boîte, chantent les sardines, chantent les sardines... Une demi-heure de tape-cul en position verticale. Troisièmement, on marche vers l’entrée de la cité. Quatrièmement,... patatrac ! Déception !
Dubrovnik pour nous tout seul, caramba, c’est raté ! Même à cette heure où les fonctionnaires n’ont pas encore commencé à travailler, la moitié des touristes de la terre entière s’est déjà réunie ici ! Alors oui, on savait avant de venir qu’il y aurait ici un max de monde. Oui, on savait que ce serait le site le plus touristique de notre vadrouille. Oui, on savait que c'est ici qu’on croiserait le plus de Bob Ricard... Mais bon, on ne va pas se priver de
Dubrovnik au seul prétexte de ne pas faire comme tout le monde ! Je ne fais pas cuire mes pâtes dans la cuvette des toilettes simplement pour me vanter de ne pas cuisiner comme les autres ! Donc à
Dubrovnik, on y va ! On y court, même !
Mais attention ! Nous ne sommes pas des sado-mazos ! Déjà, pour preuve, tu ne nous verras que très rarement nous trimbaler avec une boule dans la bouche et un masque en cuir... Ensuite, nous décidons d’aller de suite faire le tour des remparts de la ville pour prendre à contre-pied l’ensemble des homo-touristicus qui s’agglutinent déjà dans le
Stradun, la rue principale. Là, on s’acquitte des soixante-dix kunas par personne, on se retrouve pratiquement tout seul, on profite des magnifiques points de vue sur les toits de la ville, l’Adriatique est d’un bleu profond, le soleil lèche ses rayons pour les rendre plus brillants,...
Dit autrement, tout se passe on ne peut mieux dans le meilleur des mondes... Ça, c’est sans compter sur l’épreuve d’immunité que nous impose Stéphane Rothenberg. Car comme je la perds, je dois me coltiner un handicap : Porter Sasha dont les jambes ont déposé un préavis de grève nationale ! Marcher, monter et descendre des marches à Cagnarland, c’est bien. Marcher, monter et descendre des marches à Cagnarland avec une grenouille de seize kilos qui s’est endormie dans mes bras, c’est plus dur... Mais bon, si je prenais trop de plaisir, ça ne ferait pas assez routard, non ?... Et puis si c’est si dur, pourquoi ne pas redescendre avant le terme de ce trek urbain ?... Ben figure-toi que j’y ai pensé mais j’ai beau retourner dans tous les sens les x et y de l’équation qui nous sépare de la sortie, nous n’avons pas d’autre solution que d’aller au terme de cette boucle de deux kilomètres qui, au final, est quand même à classer parmi les tops de chez top... D’ailleurs, un routard parle aux routards : « Sois sur les remparts précisément à midi. Là, lorsque toutes les cloches des églises de la ville vont se mettre à se dandiner en même temps, de petits frissons vont te parcourir les oreilles... Non, attends d’y être, tu me remercieras à ce moment-là... »