| Un petit tour au Tamil Nadu Chris70 · 20 mars 2020 à 21:13 · 334 photos 101 messages · 23 participants · 11 856 affichages | | | | À: Chris70 · 30 mars 2020 à 21:08 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 41 de 101 · Page 3 de 6 · 2 506 affichages · Partager Suite du 26 février
On part pour Kumbakonam que l’on atteint vers 13 h. J’ai repéré, sur le très bon blog des Lamprier, Un endroit où aller (Yann55 sur VF), une chaine d’hôtel, Raya, qui fera l’affaire à tous les niveaux. J’ai choisi le Raya Inn, où pour 1200 roupies + 112 de taxes, nous avons une belle chambre climatisée très propre, une grande salle de bains et la wifi. Nous partons manger dans le resto situé au 1er étage du Raya Grand, le Rice and Spicy, situé en face du bassin Mahamam, un très grand bassin, avec plein de templions colorés avec des personnages comme sur les gopurams tout autour. Comme d’habitude par ici, le bassin est fermé par des grilles. Dommage pour la vue et les photos.
Il est 14 h, les temples sont fermés, il fait une chaleur accablante mais nous n’allons pas nous terrer à l’hôtel. On fait le tour du bassin pour essayer de descendre, car il y a des gens sur les escaliers. Mauvais choix du sens, l’ouverture était quasi en face du resto, enfin du coup, on a admiré les templions et trouvé des délicieux gâteaux au lait vendus comme d’habitude 10 rs pièce ! Un régal.
Un couple de jeune marié s’approche du bassin avec des jeunes filles. Je les photographie de loin en usant du zoom mais les filles s’approchent, discutent et nous invitent à nous approcher. Les jeunes mariés font des offrandes d’herbes dans l’eau (quel rituel ? nous verrons souvent des dames vendre ces brassées d’herbe aux abords des temples, je n’ai jamais vu cela dans le nord non plus).
Il fait vraiment très chaud et en attendant l’ouverture des temples (ils sont nombreux à être intéressants d’après le guide bleu) à 16 h, on se fait un après-midi shopping pour profiter de la clim. Les rues sont très commerçantes, agréables, les vendeurs et vendeuses sympathiques et nous passons un bon moment à essayer des tuniques. Dans un grand magasin à plusieurs étages, petite pause au rayon mercerie, puis quincaillerie. Je repars avec une cuillère à trous, deux petites boîtes en métal, plusieurs m de rubans pour 160 roupies soit 2,05 euros !
Au bord de la rue, un atelier de couture avec une femme qui prépare des décorations pour les chariots des temples.
Après cette frénésie d’achats, il est temps de commencer les visites culturelles, il est 16 h 15, les temples sont enfin ouverts. Nous allons au plus lointain, le Sarangapani temple qui a un énorme gopuram de 53 m de haut (la plus haute tour de la ville), 11 étages de sculptures très osées, les femmes sont très très nues...
Le bas des gopurams est en pierre sculptée. Pour supporter un tel poids, les gopurams et leurs sculptures sont en briques, recouvertes d’un enduit épais, qui est repeint tous les 12 ans.
Un peu avant ce temple, nous nous arrêtons devant un énorme chariot en bois, toujours caché dans un abri métallique, mais on le devine grâce à une petite grille. Tout à côté, un chariot plus petit, non couvert, que l’on admire sans retenue.
J’ai lu sur internet que deux des chars de ce temple sont les 3èmes plus grand du Tamil Nadu, pesant chacun 300 tonnes. Où est donc parqué le second car il ne peut s’agir du petit non couvert. Les chariots sont tirés par des centaines de fidèles, autour du temple, deux fois par an, en avril mai et janvier. Tant pis !
Le temple Sarangapani, dédié à Vishnou daterait des Cholas mais a été agrandi et magnifié par les Vijaynagar au 15ème puis par les Nayaks au 17e. A l’intérieur, des colonnes avec des chevaux cabrés. J’ai aussi noté mandapas bordéliques ? En regardant les photos, je vois qu’effectivement, contre un joli mandapa, il y a tout un tas de déchets, de tôles entassées. C’est étrange que les lieux de cultes n’aient pas plus d’attention et de respect pour leur environnement.
Juste à côté, un autre temple dont je n’ai pas noté le nom mais il s’agit peut-être d’une extension du Sarangapani. Un beau bassin, avec les gopurams qui se reflètent.
Un peu plus loin, le marché, des chariots dans la rue, avec des armatures en roseau et bambous, sur lesquelles seront accrochés les tissus colorés. Une fête se prépare on dirait...
Un petit chai et cela repart... Pour accéder au temple de Kumbeshwara, il faut passer par un ancien bazar, dont le plafond est décoré de mandala comme dans les temples.
Au bout de l’allée du bazar, le mandapa du temple, avec des piliers relativement simple, mais des plafonds très colorés, c’est plaisant. Un éléphant est là pour bénir les fidèles, des vieux messieurs réparent des chevaux de processions en bois et papier mâché avec du papier journal et des bandes plâtrées,
à coté un tout petit bassin, le gopuram, les cocotiers. C’est charmant.
Le temple est très coloré. Les piliers sont en pierre naturelle jusqu’au niveau des chapiteaux, et là c’est une débauche de couleurs, vert, jaunes, rose, bleu... les plafonds et les sols sont peints. Il y a aussi pas mal de bordel dans un coin (du tissu coloré, des cordes, des structures en roseaux comme celles vu à Tirunmavallai), des festivités se préparent, mais cela ne semble pas pour aujourd’hui...
Le temple doit dater, pour les parties les plus anciennes des Cholas, car on retrouve des colonnes avec des lions massifs, typiques de l’architecture de cette dynastie.
Retour en ville par le marché, avec achat de petites boites métalliques percées pour faire des kolams, que nous utiliserons avec du sucre glace sur des gâteaux au chocolat.
Nous cherchons le temple de Nagehswara, et tombons par hasard, sur un superbe temple du 17e siècle, l’un de nos préférés à Kumbakonam, pas indiqué sur le guide bleu. Sans doute que l’architecture Nayak n’a pas d’intérêt pour les auteurs. Pourtant ce temple vaut vraiment le coup. Bref, le Rama Swamy Temple nous plaît beaucoup, et cerise sur le gâteau, après avoir réglé 100 roupies pour les deux APN, nous pouvons faire toutes les photos que nous voulons et nous nous en donnons à cœur joie mais les résultats ne sont pas fameux, il va falloir que j’apprenne à faire des photos dans les lieux peu éclairé ! Les colonnes sont à tomber, même si elles ne sont pas Cholas ou même Vijaynagar. Elles sont sculptées de bas en haut, sans un cm d’oublié.
A l’arrière du temple, après avoir fait la circumbulation par la gauche, on tombe sur un grand espace, où sur trois côtés, chacun des côtés séparés en trois bandes horizontales, une longue bande dessinée, très colorée, relatant le Ramayana.
On ressort dans une circulation infernale, il est 19 h est tout le monde est de sortie en ville. On cherche un moment le temple en forme de chariot, le Nageswhara, et heureusement qu’on a Google Maps.
Beau et grand temple mais interdiction de faire des photos, même à l'extérieur et c’est bien dommage car les escaliers du mandapa de l’entrée sont superbes. Quel dommage pensons-nous désespérée car les roues énormes et les chevaux cabrés ou les éléphants sont superbes (je ne sais même plus si ce sont des éléphants ou des chevaux, compliqué sans photo souvenir !) mais nous reverrons ce type d’escalier dans d’autres temples (mais nous ne le savons pas encore...)
On revient vers l’hôtel Raya Grand. La circulation est de plus en plus dense, rien à voir avec l’après midi. On prend une bière au bar, à l’étage, bien caché, comme d’habitude et comme d’habitude, nous sommes les seules femmes. Repas au restaurant Sathar, dans le même hôtel. | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Chris70 · 31 mars 2020 à 21:55 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 42 de 101 · Page 3 de 6 · 2 468 affichages · Partager Jeudi 27 février : environs de Kumbakonam
Levée 7 h, comme d’habitude. Quelles vacances ! Petit déjeuner très varié (idli, dosa, pongal kaseri, sambar et autres sauces...) au Rice’ n spice car rien à notre hôtel. La petite balade dans les rues très calmes est bien agréable, cela change de l'animation d’hier soir,
A 8 h 30, départ pour Darasuram, un autre site Unesco, à 4 km de Kumbakonam, où nous visitons deux temples cholas magnifiques, en forme de chariot tiré par des chevaux. Le plus grand, l’Airavatesvara temple, du 12e siècle, une réplique à échelle réduite des temples de Tanjore et Gangakondacholapuram est consacré à Shiva.
Plus la peine de retourner au temple Nageshwara quand on reviendra à Kumbakonam la semaine prochaine, on l’a notre roue !
Le plus petit, indépendant, dans une autre enceinte est dédié à Parvati. On rencontre un indien très cultivé, passionné et passionnant qu’on retrouvera plusieurs fois dans la journée dans des autres temples. Il prend le temps de nous expliquer la symbolique des choses, des dieux, le cycle de la vie « nous sommes des bactéries » est son mantra préféré. Pour lui tout est vivant, on peut représenter les dieux sous forme animale car les animaux sont des êtres vivants. Site splendide.
En y réfléchissant après coup et en regardant les photos, c’est vraiment mon préféré des trois temples vivants Cholas inscrits à l’Unesco et haut la main, sans hésiter.
On devine encore les fresques dans les tons rouges
La suite du programme est Swamimalai, un gros village situé à quelques kilomètres, pour voir les artisans du bronze qui travaillent à la cire perdue.
C’était sans compter sur l’initiative de Pandi de nous faire découvrir le Murugan temple, le Swaminathaswamy de son petit nom, situé à Swamimalai. Très grand temple à deux étages, très coloré à l’intérieur (les plafonds et les colonnes. Une particularité de ce temple, le sanctuaire principal au premier étage après deux volées d’escaliers vraiment très raides. Les hommes qui prient devant la divinité semblent bien inspiré. Un jeune étudiant avec ses livres de cours a l’air de demander de l’aide à la divinité pour ses examens...
Nous arrivons devant un grand atelier de sculpteurs que Pandi connaît. La fabrique est dans son jus. Il y a plusieurs ateliers, chacun dédié à une des opérations (la sculpture à la cire, les moules en terre ou en béton, le coulage du métal). Des hommes amalgament des morceaux de cire qui sont malaxés auparavant par un jeune trisomique, qui ne peut sans doute pas faire plus), avant de les sculpter. Pour les très gros objets, dont des statues d’hommes politiques, ils utilisent des moules en terre cuite. Dans un coin, des hommes travaillent un métal argenté qu’ils découpent, percent, rayent.
En quittant Swamimalai, petit arrêt au Vellai Pillayar temple, sis dans le village de Thiruvallanchuzhi, consacré à Ganesh, un beau temple dont les murs extérieurs sont peints en rouge et blanc.
Juste après le petit gopuram d’entrée, une longue allée sablonneuse, traversée sans chaussure, bordée de cocotiers mène à un mandapa d’entrée, à deux étages, l’un en pierre brute, sans aucune sculpture, le second coloré et orné de divers dieux, Shiva et ses fils Ganesh et Murugan, que nous repérons grâce à leur véhicule.
C’est très tranquille et super joli avec toute cette végétation, ces couleurs. Dans la première partie du temple, de superbes, nombreuses et gigantesques lampes à huile noires de graisse côtoient les colonnes sculptées simplement. Le temple est bien plus grand que ce que nous imaginions au départ, il y a en fait plusieurs bâtiments, avec plusieurs enceintes et la visite dure une grosse demi –heure.
Beaucoup de colonnes, des jalis avec des swastikas. Aucune idée de l’époque de construction, mes recherches sur internet n’ont rien donné à ce sujet.
Vers midi, nous reprenons la route, pour nous arrêter peu après devant un temple ayyanar sis devant un immense entrepôt de riz où des hommes déchargent des sacs de jute. Devant Ayyanar, des monceaux de riz, encore dans leurs cosses.
Vers Tanjore (que nous visiterons au retour du Chettinad), nous nous arrêtons dans un resto sur le bord de la route. Il est 14 h, il nous reste 45 km avant d’arriver à Trichy. Arrivée à Trichy vers 16 h, recherche de bières pour ce soir à la guesthouse. Nous allons directement au grand temple de Sri Ramgan, le Sri Ranganatha Swamy temple, consacré à Vishnou et situé sur une île de la Kaveri - Cauvery.
Le temple très ancien a été constamment agrandi et remanié par les diverses dynasties de la région, les 21 gopurams ont été construits entre le 14e et le 17e siècle. La guesthouse étant loin, pas la peine d’y aller maintenant. Pendant qu'on roule, Pandi nous annonce que nous sommes dans la première enceinte, mais cela ne ressemble pas du tout à un temple, il y a des maisons, un marché, des grandes rues... En fait, il y a sept enceintes dans ce temple, dont 3 avec des maisons, réservées aux brahmanes, des boutiques, un marché, tout cela entre les gopurams.
Les photos de Sriramgam seront pour le prochain post consacré à Trichy. Nous allons en effet faire une première visite ce jour et y retourner longuement le lendemain. Très beau et grand temple qui mérite d'y passer quelques heures.
La Guesthouse Tranquility porte bien son nom, elle est perdue dans la campagne, à 8 km du Sriramgam, au bout de l'île, au milieu des cocotiers. C’est joliment décoré avec des objets ethniques de toute l’ Inde, le propriétaire, guide, voyage beaucoup. La wifi est bonne, surtout vers notre chambre car le boitier est sur la terrasse devant notre porte. Une petite bière sur notre petite terrasse, puis repas dans le jardin servi par deux jeunes filles, l’une étudiante en biologie, parlant bien anglais, l’autre plus jeune et plus timide. Elles habitent la maison d'à côté et s'occupent du service du dîner, cuisiné par leur maman. | | | À: Chris70 · 31 mars 2020 à 22:40 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 43 de 101 · Page 3 de 6 · 2 464 affichages · Partager c’est vraiment mon préféré des trois temples vivants Cholas inscrits à l’Unesco et haut la main, sans hésiter.
Sur le seul plan esthétique, je suis d'accord. Par contre, je n'y ai pas rencontré la vie religieuse de celui de Thanjavur.
Dans ce temple de Darasuram, il semble que tu n'aies pas vu les fresques murales dans un pavillon sur le côté de l'enceinte. Pavillon grillagé et généralement fermé : je ne me souviens plus comment j'y ai eu accès, d'autant que j'ignorais son existence.
Fabrice | | | À: Chris70 · 3 avril 2020 à 11:26 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 44 de 101 · Page 3 de 6 · 2 412 affichages · Partager Bonjour Christine, Je viens de m'apercevoir que tu avais commencé à écrire ton récit de voyage au Tamil Nadu... Je ne l'avais pas encore vu !!! Il faut dire qu'en ce moment, je ne suis pas beaucoup l'actualité du forum. Je vois que Kumbakonam t'a bien plu. Pour nous, ç'a été vraiment un coup de coeur... C'est bizarre que les touristes occidentaux ne s'y arrêtent pas plus (tant mieux !) car c'est vraiment une ville intéressante, avec des habitants charmants et de très beaux temples en ville et alentours, comme ceux que tu as visités à Darasuram et Gangaikondacholapuram (oui, j'y suis arrivée ! Il faut dire que nous nous étions entraînés à prononcer ce nom pour demander quel était le bon bus à la gare routière. Au Tamil Nadu, il y a vraiment des bus pour desservir tous les villages, nous avons tout visité en bus locaux). Le temple de Darasuram a pour nous aussi été notre préféré... Tu as eu vraiment de la chance d'assister au festival avec les gens en transe et les citrons cousus sur le torse. C'est ça ce qui est formidable en Inde, il y a toujours quelque-chose qui se passe auquel on ne s'attend pas... Pour notre part, nous avions eu la chance d'être là-bas au moment de Pongal et, à Tanjore, c'était quelque-chose ! Mais tu as dû voir ça dans notre blog... As-tu vu le grand char de cérémonie près du temple de Sarangapani à Kumbakonam ? On pouvait même monter dedans ! A côté, il y avait une bonne buvette à tchai... C'est drôle que tu dises ne pas avoir trouvé de tchai dans le sud. A propos des chariots de cérémonie, si tu as l'occasion un jour d'aller à Udupi, tous les soirs de décembre à mai, il y a une procession avec un char qui fait le tour du temple, tiré par les pèlerins. Encore quelque-chose à laquelle nous ne nous attendions pas en allant là-bas ! Mais j'arrête de te bassiner avec mes souvenirs... J'attends plutôt la suite de ton récit qui me remet dans l'ambiance... Bonne journée Anne | | | À: Yan55 · 3 avril 2020 à 20:47 · Modifié le 14 avr. 2020 à 20:36 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 45 de 101 · Page 3 de 6 · 2 372 affichages · Partager Bonjour Anne
Merci de me suivre. Pour le chai, il y en avait mais pas de chai masala, j'ai vraiment demandé à chaque fois et c'était un sourire désolé, mais non, normal chai mais pas masala et sans les épices, ben c'est moins bon.
Pour le grand chariot, je l'ai entraperçu dans son abri métallique, qui pour une fois avait une fenêtre grillagée. Mais il était enfermé... En face, un chariot un peu plus petit à l'extérieur sans protection particulière (cf photo sur post Kumbakonam)
Je continue mon carnet...
Vendredi 28 février : Trichy
Réveillées vers 6 h 20, et pourtant pas par le bruit de la rue, ici c’est vraiment le bout du monde... on traîne sur la terrasse avec un Nescafé (pour le prix, nous avons une bouilloire) en attendant le copieux petit déjeuner. Confiture de bananes à la cardamome maison, uttapams et sauces variées, toasts, fromage, fruits frais, jus de pastèque, café à gogo...
Nous allons passer la journée à Sriramgam et Trichy, sans faire de kilomètres pour une fois.
1er arrêt au bord de la Cauvery à Amma Mandapa, un lieu où les pèlerins viennent se purifier avant d’aller au temple. Beaucoup de monde, tant vers le temple (coiffeurs ou plutôt tondeurs de cheveux, prêtres qui font des pujas, éléphant sacré...) qu’au bord de l’eau.
La plage de sable est d’une saleté repoussante, il y a plein de trucs qui traînent partout, dont beaucoup de vêtements car dans la tradition, il faut se débarrasser de ses vieux habits et, au lieu d’utiliser les immenses panières en métal (d’au moins 1,5 m de hauteur) qui sont disposées ça et là, les indiens laissent les vêtements sur la plage et dans l’eau et les panières, contraire à leurs pratiques, restent désespérément vides !
Le bord de l’eau épouvantablement sale n’est pas du tout photogénique, comme le bord des rivières sacrées du nord et on se demande comment ils peuvent se purifier dans un tel lieu ! D’après Pandi, après un certain rituel, ils doivent jeter les vêtements dans lequel ils ont effectué ce rituel, mais, ne peuvent pas mettre le plus vieux, le plus moche ou le plus pourri, car il y a une idée de sacrifice et sacrifier un vieux truc n’est pas un sacrifice. Nous remontons vers le temple où les activités religieuses ne manquent pas.
Différentes selon les endroits, des processions chantées avec des brocs d’eau vers un templion, des kolams, des pujas par ci par là et toujours la bénédiction des fidèles par l’éléphant sacré, un sacré expert pour attraper les billets.
Quelques kilomètres en voiture pour visiter, à Sriramgam, un grand temple de Shiva, le Jambukeskwara temple, encore une merveille.
Sous le mandapa aux 1000 colonnes (ou peut-être 500, ou moins mais on les appelle souvent comme cela !), une vieille Ambassador,
une étable à vache,
un tas de bordel sur les côtés (sacs de riz, joncs,
petits chariots de processions en forme d’animaux divers en piteux état, mais qui feront l’affaire lors des cérémonies, masqués en partie par les tissus colorés et les fleurs.) Nous discutons longuement de religion avec un jeune couple d’indiens parlant très bien l’anglais, même avec leur petite fille de 2 ou 3 ans. Les colonnes datent de l’époque Nayak (17e et 18e et n’ont sans doute guère de valeur pour les auteurs du guide bleu 1984 mais on les adore).
A l’extérieur, un immense bassin entouré de colonnades sur deux étages. Rare.
On repart pour une 3ème visite, le Rock fort de Trichy – Tiruchipally, visible à des kilomètres à la ronde. Je n'ai même pas pensé à prendre une photo de loin depuis l'auto !
Je me faisais un peu une montagne de la montée au Rock fort car il est midi et que cela doit taper mais en fait, à part sur la fin, les 260 marches taillées à l’intérieur du rocher, sont assez faciles à monter (enfin n’exagérons pas !), d’une part parce que nous sommes à l’ombre comme dans un tunnel (quel travail de titan, car c’est très haut, énorme) et d’autre part car il y a des choses à voir dans la montée (des temples creusés, eux aussi très grands) ce qui occasionne des pauses bienvenues. Par contre, pas de photo et c'est très surveillé !
Sur une plateforme au soleil, il y a un arbre à souhaits avec les traditionnels berceaux-cagettes, très colorés et décorés de motifs, assez rare pour être signalé.
La dernière montée est plus compliquée, car les marches, peintes en rouge et blancs sont très irrégulières, souvent en dévers, mais pas très hautes, sauf les dernières. Là aussi, plus de 200 marches. Là-haut, belle vue sur Trichy normalement mais le ciel est laiteux et la vue pas époustouflante.
Nous redescendons tranquillement vers la sortie, où la voiture nous attend à l’ombre.
Pandi nous emmène à pied en quelques minutes aux grottes Pallavas, sculptées dans le rocher. Très belles sculptures des trois principaux dieux, Shiva, Brahma et Vishnou, de Ganesh, Parvati et Laskhmi.
Un peu de shopping dans un mall climatisé, puis c’est l’heure de l’egg paratha, il y a bien 2 jours que nous n’en avons pas eu ! On se régale dans un bouiboui populaire.
A 16 heures, on arrive au grand temple de Srirangam, juste pour l'ouverture
La suite dans le prochain post, j'ai atteint mon quota de photos. J'aurais pu limiter car certaines en intérieur ne sont pas très nettes mais j'avais envie de faire un peu "documentaire" | | | À: Chris70 · 3 avril 2020 à 20:53 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 46 de 101 · Page 3 de 6 · 2 367 affichages · Partager (Ce message a été supprimé par le membre Chris70 le 4 avril 2020 à 7:55.)
| | | À: Chris70 · 4 avril 2020 à 17:20 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 47 de 101 · Page 3 de 6 · 2 249 affichages · Partager Bonjour Christine, Nous aussi avons souvent vu de ces petits "berceaux" ou parcs d'enfants ressemblant à des cagettes miniatures accrochés aux arbres près des temples. Je pense que ce peut être des sortes d'offrandes faites par des couples désirant un enfant. J'avais essayé de demander à des indiens qui se trouvaient là et ils m'ont répondu évasivement "for babies"...
Bonne journée... ensoleillée Anne | | | À: Yan55 · 4 avril 2020 à 21:39 · Modifié le 14 avr. 2020 à 20:35 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 48 de 101 · Page 3 de 6 · 2 222 affichages · Partager Bonsoir Anne
Oui, oui, j'avais bien compris. Je l'ai vaguement expliqué dans un des premiers messages. Le dépôt des berceaux sur les arbres à souhaits comme je les appelle est évident. Au Gujarat, lesdits berceaux étaient très différents, ils ressemblaient vraiment aux berceaux traditionnels de cet état mais je n'arrive pas à les retrouver dans mon stock de photos pour les joindre.
Trichy suite
A peine entré dans le temple, après avoir réglé le droit photo, un petit tour sur la gauche pour aller sur le toit du temple (20 rs pour l’accès) d’où l’on a une sacrée belle vue sur les gopurams.
Si on m'avait dit un jour que j'allais apprécier ces "gâteaux à la crème", je ne l'aurais pas cru. Pas attirée au départ par l' Inde du sud car je croyais, à tort, que tout était coloré comme cela (c'est d'ailleurs ce que l'on voit le plus sur les guides papiers)
Mais que fait cet ours sur le Gopuram. A moins que j'ai la berlue, il semble bien s'agir d'un ours !
On refait le tour de la veille avec un droit photo cette fois-ci (pour les quelques endroits autorisés...)
et découvrons des coins qui nous avaient échappé, dont deux sublimes mandapas (comment avons-nous pu les rater ?), un avec des escaliers avec un énorme éléphant, caché sous terre et découvert il y a quelques années seulement, suite à des inondations. Jusqu'à cette découverte, il n'y avait, nous a-t-on dit, que le dessus du crâne qui dépassait !
Du coup, comme ils ont creusé toute la cour, il a fallu mettre des escaliers au mandapa le plus récent, datant de la période Vijaynagar (16eme) car il y avait une sacrée différence de niveau du sol.
Ce mandapa a des colonnes superbes, toujours le principe des chevaux cabrés. Sur une, un portugais perce le flanc d’un homme avec une dague, qui ressort de l’autre côté.
On traîne un peu partout dans le temple pour attendre 18 h 30 et le début de la procession.
Il s’agit d’un seul char, décoré de fleur, porté par les prêtres du temple. Avant le char, l’éléphant sacré et deux chevaux.
Tout ce petit monde doit faire le tour de l’enceinte (cela dure 1 heure environ, tant c’est grand, et que les arrêts sont nombreux pour des prières). Derrière le char, à nouveau des prêtres qui chantent.
Nous ne suivons pas la procession, comme la plupart des gens, qui s’en retournent vers la sortie, mais pour rejoindre le gopuram suivant et la voiture, c’est la cohue, nous sommes au coude à coude pendant un long moment.
Retour à Tranquility. Ce soir, nous sommes seules à la guesthouse. On récupère le linge déposé ce matin, buvons notre bière bien fraîche sur la terrasse avant de redescendre dans le jardin dîner sous l’œil des deux filles et de leurs parents.
Demain, nous partons pour le Chettinad... | | | À: Chris70 · 5 avril 2020 à 11:11 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 49 de 101 · Page 3 de 6 · 2 186 affichages · Partager Bonjour Chris, nous aussi étions arrivés à Trichy au moment de la procession du "Golden Elephant". C'était notre première fois en Inde et n'avions jamais vu de cérémonie de ce genre. Nous avions été vraiment impressionnés par la ferveur des spectateurs, certains s'allongeaient sur la route devant les porteurs de l'éléphant... Et aussi par l'accueil que nous avions eu : les brahmanes nous invitaient à nous joindre à la procession, les musiciens étaient fiers que nous les prenions en photo et se tournaient vers nous... nous n'avions encore jamais vu ça et nous en étions vraiment surpris... Ce festival avait duré trois soirs de suite, avec, à la fin le "floatting festival", un radeau sur lequel trônait un sanctuaire tout illuminé et les rameurs qui le manoeuvraient avec de longues perches et qui étaient si nombreux qu'ils tombaient à l'eau de temps en temps ! Bonne journée Anne
Je ne peux pas insérer de photo, alors je mets l'adresse du l'image, il suffit de cliquer dessus pour la voir :
www.unendroitoualler.fr/.../2019/05/DSF3819.jpg www.unendroitoualler.fr/.../2019/05/DSF4046.jpg | | | À: Yan55 · 5 avril 2020 à 22:51 · Modifié le 12 avr. 2020 à 8:23 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 50 de 101 · Page 3 de 6 · 2 130 affichages · Partager Bonsoir Anne
Cela a du être des moments incroyables. Ces événements imprévus sont ce qui fait le sel du voyage.
A tous les lecteurs silencieux...
Je continue mon carnet. J'ai trié avec bien du mal les photos que je voulais mettre pour cette journée, et bien trop de choses vues ce jour là, du coup, je vais faire deux posts... le premier est consacré uniquement aux temples ayyanars, donc des terres cuites à gogo.
Samedi 29 février : de Trichy à Pudukkottai, 50 km en ligne droite, un peu plus par les petites routes, et des découvertes incroyables (partie 1)
Nous quittons Tranquility vers 8 h 30, après un copieux petit déjeuner. Aujourd’hui, nous partons pour le Chettinad, une région regorgeant de vieux palais délabrés ou non, propriété de riches marchands chettiars, une communauté de commerçants ayant fait fortune en Asie du Sud –est. J’ai lu beaucoup de choses sur ce coin un peu à part du Tamil Nadu et j’en attends beaucoup. J’ai préparé un itinéraire qui nous fera découvrir des temples ayyanars (merci Google maps), des temples traditionnels, des temples creusés dans la roche, des fresques millénaire, des maisons palais, des artisans et bien d’autres choses encore.
1er arrêt au km 30 (depuis Trichy, donc un peu plus de Sriramgam) juste au bord de la grande route pour le sanctuaire ayyanar de Pudhuvai Kattu, que je n’avais pas prévu, repéré en passant car vraiment au bord de la route, sur le côté droit, en face d’une usine et d’une station essence. Très bien, des chevaux anciens en grand nombre, des modernes aussi, mais déjà patinés par le temps, un temple en béton, les traditionnelles lances avec les citrons piqués, des statuettes noires de graisse, un prêtre torse nu qui fait tranquillement une puja. Dans un coin, un gros amoncellement de chevaux brisés, cela doit être la poubelle mais impossible de rien ramasser, les dons au temple restent au temple...
Un peu plus loin, nous arrivons, au sanctuaire ayyanar de Sengidi Karuppar un peu avant Kulathur un peu plus éloigné de la route que le précédent, mais à peine. Il y a eu une fête hier (raté, tant pis) et cela se voit.
Il paraît que le vendredi est un jour où l’on fête plus particulièrement Ayyanar. Un peu partout, au pied des chevaux peints en blanc, très expressifs pour la plupart, beaucoup plus que sur le site précédent), des assiettes, des gobelets, des papiers,... et des plumes de poulets, du sang séché... Il y a eu des sacrifices. Entre les chevaux, des vaches de plus petites tailles, en grand nombre, quelques ayyanars en terre cuite, un éléphant bleu d’une belle facture, les éternelles statues noires, les lances, et incrongru au milieu de ce bois sacré, juste au-dessus de la pierre sacrée faisant office de temple, un lampadaire à deux branches.
Nous sommes complètement excités par ce spectacle (Pandi autant que nous, qui ne s’était jamais arrêté sur ce site). Les chevaux, par endroit, font plus d’1,80 m car ils dépassent Cathy d’une tête.
J’ai prévu un arrêt quelques kilomètre plus loin pour un autre site ayyanar mais Pandi, qui a appelé un copain chauffeur pour lui parler de ses découvertes a une surprise pour nous. Ledit chauffeur, puisque nous sommes des passionnées, lui a recommandé un autre site, qui vaut le détour. On repart un peu en arrière sur quelques kilomètres avant de partir dans la pampa.
En passant, on assiste à un drôle de spectacle : dans la campagne, au milieu des broussailles, des dizaines d’hommes et de femmes sont alignés, certains quasi accroupis. Pandi nous explique qu’ils chassent le lapin ou plutôt qu’ils attrapent les lapins sauvages au vol. Ils sont très serrés, d’accord, mais comment font-ils pour attraper les lapins ? Je n'ai pas de photo...
On roule sur un chemin de terre, au milieu de nulle part, et on arrive devant deux allées de chevaux et vaches en terre cuite, certains très abimés, mais immenses.
Quelques-uns ont encore quelques couleurs, des motifs géométriques en jaune, bleu, vert ou rouge. A leurs pieds, par endroits, des statuettes d’Ayyanar en terre cuite et des pierres noires. L’allée se termine en arc de cercle, et au centre, il y a un temple sommaire, sans toit, comme la plupart du temps, quelques marches d’escaliers mènent à une plateforme de deux mètres carré maximum où trône une statue noire d’Ayyanar, vêtue d’un tissus blanc orné de rayures jaune et rouge.
Un peu plus loin, ce qui ressemble à une poubelle de bonhommes montés sur des chevaux, mais je n’en suis pas si sûre en regardant les photos car même si beaucoup jonchent le sol, cassés, il y en a pas mal en bon état, et même plutôt récents, vu l’état des couleurs. C’est saisissant, magnifique.
Nous ne restons pas longtemps seuls, une bande de gamins arrive d’on ne sait où et nous accompagnent un moment dans notre promenade.
Nous avons du mal à quitter ce lieu, magique, dont je ne saurai pas le nom, ordre du copain chauffeur ami de Pandi.
Un 4ème site ayyanar sur la même route, repéré en direct sur Google maps qui fonctionne hors ligne. Il n’y a pas de nom sur la carte, juste ayyanar forest Karuppar. On se gare pile en face de l’indication de Google mais on a un peu de mal à le trouver, on s’enfonce dans les broussailles. Pour se repérer, c’est juste à côté de ce qui ressemble à une crèche ou un jardin d’enfant (un jardin d’enfant perdu au milieu de nulle part, sur la route nationale !) qu’il faut contourner. Bel endroit là aussi mais je galère un peu car il faut retirer les chaussures sur tous les sites ayyanars comme dans les temples, et c’est pas de la tarte... il y a des épines, des cailloux, des saletés. Demain, je prends des chaussettes, c’est décidé, même si je n’ai que mes chaussettes spéciales pour l’avion, que j’essaie de faire durer. Selon Pandi, si il n’y a personne, on peut conserver les chaussures mails le problème c’est qu’il y a toujours quelqu’un qui débarque d’on ne sait où. Là, un prêtre à barbe blanche, torse nu, arrive tranquillement... Le site est bien plus sommaire que tous ceux vus ce matin mais ne manque pas de charme, perdu au milieu des bois.
Les chevaux, les vaches, les statues noires (qui ont des colliers de fleurs quasi frais autour du cou, certainement mis la veille).
Certains chevaux ont de beaux motifs géométriques bleus.
Ils n’ont pas tous la même forme, comme c’est souvent le cas. Ici, plusieurs potiers ont dû opérer car il y a des styles très différents, certains sont très élancés, d’autres plus patauds, certains rient à pleines dents, d’autres sont plus sérieux. Quelques vaches bien décorées (fleurs en terre cuite sur le front, yeux bien globuleux, ornements sur le poitrail) complètent l’ensemble.
On reprend la route pour quelques kilomètres. A notre droite, on devine les montagnes ou rochers des Narthamalai ou Sittanavasal. Je ne suis jamais venue par ici mais j’ai tant regardé d’images sur internet, passé du temps à décider si oui ou non, cela valait le coup d’aller voir un relief jain sur un rocher ou s’il valait mieux prendre du temps pour un Xème ayyanars, j’ai l’impression que je connais la région ! Bref, quelques kilomètres après le jardin d’enfant, nous voici encore avec un autre bois sacré ancien, pas encore celui que j’ai prévu. J’aurais du zoomer encore plus sur Google maps... Il s’agit d’un ayyanar sans nom nommé Kattu Ayannar forest temple, (ce qui ne veut rien dire, à part sanctuaire ayanar forêt temple, à 50 m de la route, dans les broussailles
Il vaut le détour, avec un grand éléphant moderne tout repeint de neuf, en face, un très haut cheval flanqué de guerriers en shorts bleus, aux ventres et à la poitrine bien rebondis
A suivre... | | | À: Chris70 · 6 avril 2020 à 9:19 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 51 de 101 · Page 3 de 6 · 2 106 affichages · Partager Silencieuse mais continue de te suivre avec attention. Merci pour ces temples Ayannar, en ai vu seulement deux lors de mon voyage en 2016 (je n'avais pas fait beaucoup de recherche à cette époque sur ces temples). Un nouveau voyage dans le Chettinad est à prévoir rapidement. Attends avec impatience la suite... Merci. | | | À: Chris70 · 6 avril 2020 à 10:10 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 52 de 101 · Page 3 de 6 · 2 096 affichages · Partager Bonjour Christine c'est un vrai régal de suivre ton carnet! Lors de notre voyage au Tamil Nadu et Kerala nous n'avons pas pu voir de site Ayyanar, erreur fondamentale !!! J'ignorais qu'il y en avait plusieurs. Rien que ces lieux totalement insolites et magnifiques méritent qu'on y retourne ! Merci de partager toutes ces merveilleuses trouvailles ! | | | À: Zebulonne · 6 avril 2020 à 21:35 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 53 de 101 · Page 3 de 6 · 2 056 affichages · Partager Bonsoir, Merci de prendre le temps de rédiger un compte-rendu aussi riche et de poster autant de photos. Lors de de notre voyage au Tamil nadu en février 2019, la découverte du Chettinad et notamment des temples Ayyanar fut un temps fort de notre voyage... Pour l'instant je ne reconnais dans tes photos et d'après tes indications aucun lieu visité, ce qui montre le riche patrimoine de la région... et le fait aussi que nous ne l'avons qu'entrevu. Et pourtant j'avais passé beaucoup de temps aussi à essayer de repérer les sites intéressants, mais nous n'avons disposé d'un chauffeur qu'une demi-journée et il connaissait mal le secteur et parlait très peu anglais. En effet, nous avions fait le choix d'utiliser pour l'essentiel les transports en commun, ce qui limite le nombre de découvertes possibles, surtout quand on ne dispose que de 2 semaines... C'est un élément dont il me faudra me souvenir pour un futur voyage ! | | | À: Zebulonne · 6 avril 2020 à 22:03 · Modifié le 12 avr. 2020 à 8:26 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 54 de 101 · Page 3 de 6 · 2 050 affichages · Partager Gisèle et Gabrielle, merci de vos encouragements.
En fait, des sites ayyanars, il y en a des tonnes, tout les 4 ou 5 km, presque dans chaque village. Il faut regarder sur Google maps en zoomant au maximum, ils sont tous indiqués ! On s'est arrêté pour en voir une douzaine, sans trop nous éloigner de la grande route ce jour là et de notre itinéraire les jours suivants mais on aurait pu en voir beaucoup plus avec plus de temps. Il y en a beaucoup aussi du côté de Pondicherry, mais plus modernes je dirais, avec des statues en ciment très colorées.
Samedi 29 février, de Trichy à Pudukkottai suite
Je continue de décrire le même site, je n'avais pas pu insérer toutes les photos...
Au milieu, un peu plus loin chevaux et éléphant anciens, statuettes d’hommes et de femmes, pierres, lances, cabane-temple moderne avec lampadaire et hauts-parleurs, prêtre torse nu, arbre aux souhaits (ici ce sont des centaines de bangles en verre qui sont suspendus,
armées de vaches de différentes tailles entourant les statues noires de la déesse (c’est une déesse, elle a des seins). Nous ne savons pas où donner de la tête tant c’est riche de formes, de couleurs, de motifs peints sur les statues. Pas mal de têtes de bonhommes cassés traînent ça et là.
Nous arrivons enfin au second ayyanar que j’avais prévu, qui s’avère être le 5ème de la matinée, celui nommé Sangilli Karrupar sur la carte. Un peu plus moderne que les autres, il a un temple en dur, couvert de carrelage à l’extérieur, et à côté, un féroce Ayyanar de plus de 2,5 m de haut, rouge en short bleu, dents et langues sortis de la bouche.
Ici aussi, des vieux chevaux et vaches ayant perdu leurs couleurs, des plus récents, mais jolis quand même car en terre cuite peintes,
(et c’est beaucoup moins raides que les statues en béton, qui il faut le dire, sont plutôt mastoc, un Nandi tout ce qu’il y a de plus normal (étonnant), sur un piédestal rouge et blanc, comme les murs des temples.
La petite vache en terre cuite peinte a bien meilleure allure non ?
On quitte la grande route par la droite, en passant sous une grande arche pour s’enfoncer dans la campagne, en direction de Narthamalai, notre prochaine étape.
Avant d’y arriver, encore un petit bois sacré contre la falaise, Pathinettampadi karrupar temple ayyanar entre quelques arbres, toujours des vieux chevaux faisant une allée processionnelle menant à une volée d’escalier, 7 marches taillées dans la roche, avec les sempiternelles lances noires, qui sont juste contre la haute falaise.
On revient sur nos pas pour une petite grimpette dans les rochers qui nous mène à un petit temple ancien où un groupe de pèlerins fait une puja.
Des chèvres se baladent sur les rochers, en contrebas, de l’eau dans un creux de la roche forme une espèce de piscine et regorge de lotus ou nénuphars (je n’ai encore pas compris la différence). Contre la falaise, un temple plus récent adossé à la roche, qui est malheureusement fermé. Le groupe de pèlerin nous appelle et nous convie à partager leur repas (ils ont avec eux des tonnes de gamelles en métal), dès qu’ils auront fini leurs prières, dans 30 mn disent-ils. C’eût été sans doute sympathique mais Pandi nous dit que cela va prendre bien plus de temps et que nous avons encore un programme chargé... il est midi passé et nous n’avons vu que deux choses de mon immense liste de la journée... Bref, après une séance photo souvenir, nous prenons congé du groupe. Il fait, au milieu de ces roches, une chaleur épouvantable. Pas le moindre coin d’ombre, excepté sous un arbre temple fourmilière ripoliné de jaune où certains membres du groupe vont déposer des offrandes.
La campagne est belle jusqu’à Narthamalai, les rizières sont vertes pour la plupart, les meules de foin sèchent sur les rochers, les gens travaillent dans les champs, les cocotiers rythment le paysage.
Nous voici enfin au pied de la colline de Narthamalai, impressionnante vue d’en bas, où nous devrions trouver un joli temple, le Vijayalaya Cholisvaram, datant du VIIIème ou Xème siècle. Pandi nous fournit un parapluie pour nous protéger du soleil... sympa mais pas si facile pour marcher en dévers sur des roches... La grimpette n’est pas si compliquée qu’il n’y paraît vu d’en bas, n’eût été la chaleur. La roche n’est pas glissante du tout. Nous arrivons en vue d’un temple en briques et béton, très moche, où des jeunes prennent un semblant de frais à l’ombre des murs. Derrière eux, un trou dans la roche, avec un temple de Shiva creusé dans le rocher en contrebas, où l’on devine un Limgam décoré. On continue la grimpette pour tomber sur un joli temple ancien entouré de cinq templions (panchavattas).
Derrière, deux temples creusés dans la roche, côté à côte. De là- haut, la vue est magnifique sur les environs. Au pied de la falaise sur laquelle nous évoluons, un immense plan d’eau, des rizières, au loin, des grands rochers.
Nous redescendons tranquillement sous une cagna d’enfer. On descend un peu trop bas et par chance, nous tombons sur un nouveau bois sacré contre la falaise, au milieu de quelques arbres et broussailles, que nous admirons de loin car il faudrait prendre des risques pour descendre, c’est très escarpé. Nous ne tentons pas le diable...
Dans un village en passant, un très vieux chariot (pas enfermé complétement dans un abri métallique comme partout en ville mais seulement surmonté de quelques tôles rouillées pour le protéger des intempéries) nous fait de l’œil. Pandi stoppe immédiatement la voiture et nous voilà parties, pour admirer les sculptures mais en arrivant, petite appréhension car des singes ont élu domicile dans le chariot et nous ne sommes guère téméraires, d’autant que nous avons nos lunettes. Des femmes sortent du minuscule temple moderne mais décati qui jouxte le chariot pour voir ce que nous faisons. Elles semblent ébahies que nous prenions ce vieux truc en photo.
Un peu plus loin, nous arrivons devant chez un potier, qui a quelques chevaux tout prêts, mais qui font plus d’un mètre de haut. Comment pourrions -nous rapporter de tels objets ? On demande si par hasard il n’a pas de petits formats. Oui, il en a dit-il et il revient triomphalement avec ce qui ressemble à un faon et à une marquise. Nous sommes bien ennuyées de le décevoir et de ne rien lui acheter mais non, on ne va pas s’encombrer avec des horreurs pareilles.
On retombe sur un nouveau site Ayyanar dans les environs du village d’Oorapatti. J’ai noté, selon les indications de Pandi que c’était Achkalam Kathu ayyanar, un peu identique à ceux déjà vus, des chevaux, certains très grands (au moins 2 mètres, d’autres plus petits, des grands ayyanars en terre cuites assis sur des espèces de maisons ou temples très basiques, un arbre sacré, des lances colorées (première fois), et des chèvres un peu partout, qui grimpent sur les escaliers et sans doute sur les statues de temps en temps.
Sur le même site, quelques ayyanars plus récents, colorés assez violemment, en turquoise et en rose bonbon, dans les broussailles et sous un auvent sommaire en tôle ondulée. A côté du auvent, un énorme cheval plus haut que le toit, très ancien. Sommes une fois de plus émerveillées, quelle journée !
Une allée processionnelle très large, nous emmène à la découverte d’immenses chevaux, plus ou moins cassés mais cela reste magique. Combien de temps ces lieux vont-ils encore durer ? Nous arrivons au bout de l’allée, au bord d’un petit chemin qui fait face à un étang et là, un magnifique cheval monte la garde.
Ouah ! Quel site. Je ne me rappelais pas que c’était si extraordinaire mais l’écriture de ce journal, en visionnant attentivement les photos prises ce jour là montre une telle variété de chevaux, avec des détails très différents selon les sites (j’ai lu quelque part que les prêtres sont de la caste des potiers et que c’est eux, à une époque, qui façonnaient les chevaux du bois sacrés, commandés par avance par les fidèles), d’où la variété des styles. Ici, les très grands, sont particulièrement exceptionnels, avec des détails sur la tête (clochettes, harnais, naseaux) particulièrement impressionnants.
Un peu plus loin, nous tombons sur un autre bois sacré, bien plus petit, China Ayyanar, qui signifie selon Pandi « Petit Ayanar ». Une cinquantaine de vaches et chevaux en terre cuite, quelques Ayyanar en terre cuite, des lances colorées, mais surtout, des vraies vaches faméliques et des chèvres qui se baladent au milieu, au risque de tout écraser.Les cris du vacher qui essaient de les éloigner ne semblent pas les effrayer. Nous tremblons pour les statues... Comme d’habitude, nous devons être pieds nus, au milieu des épines, des bouses et des crottes de chèvres. Ici par contre, pas d’immondices, tout est net.
Quelques kilomètres plus loin, je remarque en passant un charmant village, avec de nombreuses jolies maisons blanches ou bleues pâles, aux toits de chaume. Un super joli village, si rare et si photogénique que je demande à Pandi de s’arrêter pour prendre quelques photos. Je m’enfonce un peu dans les rues de terre battue, mes compagnons me suivent, sachant que quand je démarre, ils ne vont pas pouvoir me retenir et alors, autant me suivre... et là, surprise, c’est un énorme village, avec des centaines de maisons identiques ou presque.
Une fois de plus, ma curiosité et mon culot ont payé, car nous voici en train de converser avec un couple charmant (en fait, c’est plutôt Pandi qui converse et nous traduit ce que ces personnes lui expliquent. Ce village existe depuis 1941-1942. Ce sont des gens qui viennent de Madurai, leur village aurait été rasé pour construire un aérodrome et ont les a délocalisé ici. Ils parlent de religion, toutes les religions sont égales, Dieu est unique, ils évoquent Jésus, Shiva, Mahomet etc... L’histoire paraît bien étrange...
Ils nous envoient au temple, où des personnes parlant anglais pourront nous renseigner un peu mieux, car ils le sentent, ils ont piqué notre curiosité. Nous voilà tous les trois partis dans les rues qui se ressemblent toutes, pas facile de se repérer, même pour les locaux j’imagine. Beaucoup de maisons sont fermées par un cadenas. A un moment, un jeune, qui semble un peu simple d’esprit nous demande d’enlever nos chaussures pour continuer à marcher dans les rues. Nous approchons du temple, explique-t-il à Pandi et le territoire devient sacré, d’où les pieds nus ! Effectivement, on arrive au temple, un grand édifice en bambou et chaume, ouvert sur les côtés, où des hommes vêtus en orange nous accueillent. Ils nous expliquent le principe de ce village, construit effectivement dans les années 40 pour les membres d’une religion nouvelle (une secte ?), basée à Madurai. Un des prêtres écrit sur mon carnet le nom du village, le nom de la religion, et ce que je dois écrire sur Google pour avoir les renseignements appropriés à leur sujet. Je n’ai pas pensé à prendre une seule photo, ni du temple, très étonnant de sobriété et de naturel, ni des prêtres ! La religion ou secte se nomme Maraki kaitheenda Salai Andavargal Meimathan.
Mon quota de photo est dépassé, alors, je vous demande un peu d'imagination pour la suite de la journée...
Nous arrivons vers 16 h 30 vers Sittanavasal, LE site du coin, le seul payant, surveillé par l’ASI, et là, cela ne passe pas trop, on trouve cela bof, tant pour le prix (300 rs /1), pour 5 mn de visite, photos absolument interdites. Il y a là des grottes jaines, somme toute assez petites, qui contiennent de très anciennes fresques. La grotte a été creusée dans une falaise très haute, très raide au 7ème siècle. Les peintures murales sont faites avec des couleurs végétales, on peut deviner des lotus et quelques personnages mais rien de transcendant. En tout cas pas, après la journée passée dans les bois sacré ou sur les rochers de Narthamalai. Je pense, et mon amie aussi qu’on peut s’en passer sans problème... il y a tant d'autres choses à voir dans les environs. Nous verrons d’ailleurs le lendemain, de bien plus belles peintures dans des grottes du Chettinad, peut-être moins anciennes, encore que, à 100 ans près...
Il y a à Sittanavasal beaucoup de monde, ce qui n’arrange pas notre impression mitigée, donc un groupe d’étudiants en architecture (c’est écrit sur leur bus).
Dernier arrêt du jour pour un petit temple perdu que j’ai repéré je ne sais où, le temple Ariyur Sri Neenakshi Sura reswar car je ne retrouve rien sur cet endroit sur internet en recherchant au retour. Bref ! j’avais écrit cela sur le programme donné à Pandi, et il n’a de cesse de nous le trouver. Nous voici donc parti avec l’aide de Google maps, dans une campagne complètement perdue, et on arrive devant un site Ayyanar, encore un, assez petit (quelques chevaux entourant un pierre carrelé sur laquelle reposent les statues noires. Pas de quoi se déplacer mais ce n’est pas cela que nous cherchons mais un temple en dur, ancien. Les locaux, inquiets de nous voir traîner par là, viennent voir ce que nous fabriquons devant le bois sacré et nous suivent, en moto s’il vous plaît (ils nous précèdent plutôt), au temple, qui se trouve au bout d’un petit chemin de terre, à 300 m tout au plus du bois sacré. Joli petit temple en pierre blonde, avec un petit vimana, entouré de cocotiers. Rien d’exceptionnel mais nous n’étions pas loin... Les locaux ne nous lâchent pas, ayant sans doute peur que nous dérobions quelque chose car ils ne sont pas là pour demander des selfies ou nous faire la conversation. On sent une certaine inquiétude.
Nous ne nous attardons pas, il est déjà tard et comme d'habitude, nous n’avons pas réservé d’hôtel. Celui repéré hier soir sur internet est mal placé et nous inspire peu. Nous allons à celui indiqué par Yann 55 sur son blog, qui comme d’habitude ont une bonne adresse, le Shivalaya hôtel, où pour 950 nous avons une grande chambre sans AC, mais avec la wifi car elle se trouve presque au- dessus de la réception, alors que celles avec clim à 1800 rs, dans une autre aile du bâtiment ne captent pas la wifi. Comme nous allons rester 3 nuits, on va voir si on supporte la chaleur. L’envie de wifi l’emportera et nous resterons dans notre chambre avec fan, et balcon ou plutôt coursive.
Nous partons en ville chercher un bar où boire une Kingfischer, sans succès. Le bel hôtel Grand, où nous prendrons nos petits déj et nos dîners tous les jours ne sert pas d’alcool (c’est pourtant un chouette hôtel avec des chambres à 3000 rs !) et nous indique le Shivalaya pour boire un verre. Il est tard, nous sommes épuisées et n’allons pas retourner là-bas, où il n’y a rien à manger. D’ailleurs, il est où ce bar au Shivalaya ? Repas au resto de l’hôtel Grand, très chouette, très bon, très climatisé, pour un des repas le plus cher du séjour, 800 rpies mais nous nous sommes laissées aller, d’autant que nous n’avons rien mangé ce midi, trop occupées à courir les Ayyanars. En fait, c'est le soda qui nous a augmenté la note ! De l'eau pétillante que l’on nous a servi en verre avec une paille et facturé 100 roupies le verre, au lieu des 20 habituels pour une bouteille de 60 cl !
Je ne sais pas faire court, alors excusez tous les détails... | | | À: Penelou · 8 avril 2020 à 20:50 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 55 de 101 · Page 3 de 6 · 1 992 affichages · Partager Bonsoir Arielle
J'ai relu une partie de ton carnet (que j'avais pourtant déjà lu 2 fois, à sa sortie et quelques mois avant de partir) et je me rends compte que oui, nous avons eu peu d'endroits en commun, mais sur la fin, cela va se rejoindre... J'ai pesté hier soir en voyant la photo du bassin du temple à 16 km de Mahaballipuram, que j'ai raté car je n'ai pas bien relu mes notes et n'y ai plus pensé quand j'étais là bas, et j'aurais eu le temps de... Tu comprendras quand j'en arriverai à cette dernière journée.
Sinon, je choisis toujours de prendre une voiture avec chauffeur, pour optimiser le peu de temps sur place. Et nous rencontrons toujours des indiens avec qui parler, même si ce n'est pas dans les transports en commun. C'est moins bon marché mais cela reste fort raisonnable et les journées sont très riches en découvertes comme tu peux le lire.
Christine | | | À: Chris70 · 8 avril 2020 à 21:46 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 56 de 101 · Page 3 de 6 · 1 981 affichages · Partager Dimanche 1er mars : immersion dans le Chettinad
Après un petit déjeuner très copieux au resto de l’hôtel Grand qui va devenir notre QG, nous prenons une autoroute ou une 4 voies, très belle, vide, bordée de cocotiers tout du long. On ne devine pas du tout le Chettinad, tout près.
Le programme de la journée est chargé, tout comme hier. J’ai lu et relu des carnets de voyages, des blogs et les propositions touristiques proposées par l’Hôtel Sarathas Vilas du Chettinad, disponibles en PDF sur leur site. 120 km dans la journée avec de nombreux arrêts.
Direction plein sud... Nous passons devant le beau fort de Thirumayan sans nous arrêter, pour aller jusqu’à Pillayarpatti, visiter le temple de Ganesh (42 km), un temple daté du 11e, 12e ou 13e (vu sur internet, et cela reste vague...) où il y a beaucoup d’animations, deux mariages et sans doute un remariage car les gens sont très âgés. Le temple est bien joli, avec un grand bassin devant, bordé de cocotiers. Quelques vilaines affiches publicitaires énormes dénaturent un peu les abords.
Beaucoup de familles sont là aujourd’hui, c’est dimanche on vient de raser des enfants, qui ont maintenant le crâne enduit d’une poudre jaune et le front barré d’un trait de cendre.
L’intérieur du temple est coloré (les dalles du plafond, en pierre, sont très belles, peintes de scènes mythologiques assez fines, de ce qui ressemble à des kolams très compliqué (au plafond, appelle-t-on aussi cela des kolams ?), les chapiteaux des colonnes ornés d’animaux mythologiques sont peints de couleurs vives.
Toutes les personnes rencontrées et photographiées sont très souriantes, enchantées qu’on leur prête attention.
Nous sommes les seules touristes. Nous regardons longuement les fidèles opérer, c’est fascinant. Entre le bassin et le temple, sur une petite esplanade, un grand carré en métal sans fond d’1,20 m de côté, où des personnes viennent briser des noix de coco fraîches. Une femme fraichement tondue donne à son mari des noix de cocos qu’elle tire d’un énorme sac, et je te fracasse une noix, puis deux, puis dix, puis vingt...
Pandi nous expliquera plus tard que pour certains rites, correspondants à des remerciements pour un vœu accompli, les gens peuvent en briser une centaine, voire mille. Nous sommes un peu dubitatives mais pourquoi pas. En tout cas ce couple en a bien brisé une cinquantaine. Le jus de coco s’écoule par le fond du carré et mouille l’esplanade.
Devant le bassin, les traditionnels marchands de fleurs et les vendeurs de bouquets d’herbes.
4 km plus loin, arrêt à Kundrakudi, pas prévu sur ma liste mais conseillé par Pandi, pour voir deux jolis temples plus ou moins construits sur de la roche. Il y en a un troisième sur le sommet d'un rocher, mais nous n'y grimperons pas, il est plutôt moderne pour pour nous contenter du temple grotte de Shiva, juste en contrebas et d'un temple coloré dédié à Murugan juste à côté.
Le temple grotte n'est pas mal mais pas extraordinaire non plus. Sommes en train de rebrousser chemin après quelques photos mais traînons un peu pour regarder un homme accrocher dans le sol à l’aide de clou des peaux de chèvres retournées pour les faire sécher quand arrive un prêtre qui nous demande de le suivre.
Quelques pas en arrière et c’est l’émerveillement absolu, derrière une simple porte en bois, des sculptures peintes extraordinaires, encore très colorées, très anciennes. Mes recherches ultérieures sur internet n’ont pas donné grand chose, époque Pandya, mais cette dynastie a rêgné du 6e au 13e siècle selon les endroits...
Désolée pour la mauvaise qualité des photos mais en intérieur, c'est compliqué avec mon APN.
Juste à côté, un temple de Murugan avec des plafonds très colorés. Il est presque midi...
Sur le petit marché de bondieuseries devant le temple, achat de hautes boîtes en métal qui pourront contenir les bangles en verre achetés quelques jours plus tôt qui attendent dans une bouteille en plastique. Devant le temple, un énorme édifice en tôle ondulée protège le chariot du temple qui doit être bien imposant, mais comme d’habitude, pas un trou pour deviner son allure. Un beau bovin peint dans un camion... juste devant le temple
7 petits kilomètres plus loin, nous voici arrivés à Koviloor, pour voir le temple Kottarleeshwarar, dédié à Vishnou - Murugan.
Il est midi passé, déjà presque l’heure de la fermeture mais nous tentons notre chance par une entrée latérale, située devant le bassin qui semble être ouverte. Bingo. Juste derrière la porte entrouverte, une cérémonie a lieu, prêtres et fidèles sont assis par terre, à côté d’un petit autel improvisé et psalmodient.
Ils nous font signe d’entrer et de faire le tour du temple, qui est magnifique, une fois de plus (très belles colonnes sculptées comme partout). Le temple aurait été construit au 11e siècle, mais vu les sculptures, il a été remanié au 15e à mon avis. Visite en musique car les sons de la pujas résonnent dans tout l’édifice. C’est très sympa, les photos sont autorisées (mais comme c’est très sombre, cela ne donne pas grand-chose finalement).
Nous sortons discrètement en contournant les fidèles, faisons le tout du grand bassin, photographions des jeunes qui font la lessive des maillots d’une équipe sportive, complètement immergés (les jeunes et les maillots) dans le bassin
et découvrons, derrière la voiture qui nous attend à un endroit choisi judicieusement par Pandi, dans une grande maison Chettiar (en tout cas, l’intérieur y ressemble mais c’est un tel capharnaüm que l’on ne sait plus finalement), un grand musée consacré à la culture du Chettinad, un peu poussiéreux mais avec de superbes objets et des carrelages en carreau ciment d’Athangudi. L’entrée est à la discrétion des visiteurs semble-t-il, quand nous aurons terminé ! Deux femmes nous mènent dans toutes les salles et tentent de nous expliquer le rôle des objets (vie quotidienne, liturgie, jouets, tissus, photos nombreuses...). On leur donne 100 rs en partant et elles sont tout sourire. Belle somme semble-t-il.
Nous voici partis pour Karaikudi, situé à 5 km et son quartier des antiquaires, pas très animé à cette heure. Comme nous sommes dimanche, beaucoup de magasins sont fermés mais il y en a suffisamment pour notre bonheur.
Heureusement que nous sommes passées à l’ATM ce matin car nous craquons chacune pour une vieille cloche, moi pour une espèce de toupie en bois colorée (qui s’avèrera être une décoration de plafond des maisons chettiars que nous verrons par la suite in situ) et de deux objets en bois de d’environ 50 cm de hauteur (un bracket sculpté avec éléphant et animal mythologique et un objet étrange, ressemblant à un de ceux vus au musée tout à l’heure, dont on m’explique que c’était pour stocker les cuillères et ustensiles de cuisine. Une petite folie, enfin, pas tant que cela !). Egg paratha dans une cantine populaire pour 230/3. La ville est moche (en tout cas ce qu’on en voit), sans aucun style et ne donne pas envie de s’y attarder.
A suivre | | | À: Chris70 · 10 avril 2020 à 18:58 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 57 de 101 · Page 3 de 6 · 1 938 affichages · Partager coucou Chris! Bon voilà je suis inscrit, je vais enfin pouvoir suivre le récit de tes aventures  bizzzzz | | | À: Robert70 · 11 avril 2020 à 20:57 · Modifié le 12 avr. 2020 à 8:30 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 58 de 101 · Page 3 de 6 · 1 907 affichages · Partager Coucou Rob
Tu n'étais pas obligé de t'inscrire pour lire... enfin, il ne me semble pas.
Je continue sur la journée du dimanche 1er mars : immersion dans le Chettinad partie 2
Après un chai et quelques gâteaux au lait, nous voici partis pour Kottaiyur, à peine à 6 km plus au nord. Ce sont nos premiers vrais villages chettiars et nous sommes épatées par la grandeur de ces masions, comme ils disent, qui sont plutôt des palais. Elles sont nombreuses à Kottaiyur, plus ou moins décaties, plus ou moins colorées. Nous traversons le village à pied, quasi désert à cette heure bien chaude, admirons les maisons et les rues fleuries.
Nous rentrons dans une espèce de minoterie ou pour l’instant, c’est le curcuma qui est moulu.
Quelques femmes passent, d’énormes sacs sur la tête, une ou deux mobylettes mais cela se limite à cela.
Nous retrouvons Pandi qui nous attend à l’ombre à la sortie du village et repartons pour un autre village Chettiar, Pallathur, à 5 km un peu plus au nord encore. Encore une promenade à pied, (c’est le compteur de pas sur le smartphone qui va être content), pour regarder encore et encore, les maisons décorées. Elles sont énormes, on estime qu’elles doivent faire, pour la plupart 4 à 500 m2 au sol, pour 2 ou 3 étages...
Certaines maisons sont bien abîmées, d’autres manquent à l’appel, laissant d’énormes espaces en friche dans les rues. Il va falloir se préoccuper de ce patrimoine qui va disparaître vite fait si personne n’y prend garde mais comment entretenir des demeures pareilles dans ce pays de mousson ?
Un petit tour de voiture et en moins de 3 km, nous voici devant un site Ayyanar (le premier de la journée, il faut le signaler !) Sri Sollai Andavar à côté du village de Kothari, assez récent ou tout du moins rénové et utilisé car à côté du grand temple carrelé, une série de chevaux en terre cuite nous fait de l’œil. Le temple est très gros, très coloré, avec un petit gopuram d’entrée monté sur une structure métallique.
On devine au loin, la rangée de chevaux blancs
Sur presque chacun d’eux, des choses écrites en fuschia en tamoul (le nom des donateurs ?).
Les chevaux sont bien jolis, tout blanc avec les oreilles noires ou colorées à l’intérieur en orange, turquoise, violine ou fuschia. Les harnais sont colorés également. Traditionnel arbre à souhaits avec des bracelets, grand cheval moderne blanc que nous estimons à 5 m vu la taille de Cathy qui fait la tare, soutenu par un Ayyanar.
Des petits chevaux en terre cuite modernes, très jolis, dans un coin, nous font de l’œil. Nous n’aurons de cesse d’en trouver pour en rapporter, sans succès et quand nous en verrons des transportables, à Pondicherry, il sera trop tard, les valises et les sacs cabines seront pleins à craquer !
Pandi cherche un autre site ayyanar que j’ai noté dans le programme, à Thiruvelangudi et ce n’est pas de la tarte. Il est à 7 km, perdu dans la campagne. Google nous le situe dans une savane et après nous être garé, nous partons en exploration, en suivant les chemins qui semblent les plus fréquentés. Au bout d’un moment, on pense jeter l’éponge car nous tournons en rond dans les épineux et les broussailles quand apparaît fort opportunément (il y a toujours quelqu’un...) un gardien de chèvre, qui se demande bien ce que nous foutons là ! Il indique à Pandi, toujours intéressé par de nouvelles découvertes et qui est avec nous, la direction à prendre. Très petit bois sacré avec quelques chevaux, mais à mon sens, cela ne vaut pas le détour après les merveilles vues la veille.
Je ne vous mets même pas de photo, histoire "d'économiser" mon quota de 300 qui s'épuise à vue d'oeil.
4 km plus loin, nous sommes à Athangudi, le village des artisans de carreaux ciments. Comme j’ai une passion pour les carreaux ciment depuis longtemps, je me réjouis de cette visite. Pandi nous arrête dans un atelier situé un peu avant le village, en pleine campagne, un atelier qu’il connaît et où nous sommes bien accueillis. Les artisans savent très bien que nous n’achèterons rien, c’est bien trop lourd et quel intérêt de rapporter un seul carreau, mais la règle du jeu veut que nous laissions un petit billet pour le temps passé à nous expliquer le processus. Pandi nous l’annonce avant de rentrer en nous disant que les travailleurs sont très pauvres... On se régale et regardons la fabrication d’une dizaine de carreaux.
A la base, il faut des cadres en métal, une plaque de verre, de la couleur, un peu de sable et du ciment. Ils sont assez incroyables de dextérité et travaillent en équipe de deux personnes.
Un groupe fait des carreaux à motifs, pendant que l’autre prépare des carreaux unis (il en faut aussi...) Nous donnerons à chacun des groupes, histoire de ne pas faire de jaloux. Le cadre métallique est huilé, puis posé sur la plaque de verre (il y en a des centaines qui attendent). Une couche de peinture assez épaisse (faite avec quoi, mystère) est posée sur la plaque de verre, soit directement soit en passant par le biais d’un autre cadre métallique, plus petit, qui permettra de faire les motifs les plus complexes.
Le premier carreau fini, la couleur blanche déposée dans le cadre intermédiaire est parfaite.
La dame, qui s’occupe des couleurs, utilise des louches de différents formats pour déposer la peinture. Pour certains motifs, qui ne nécessitent pas de cadre intermédiaire, elle prend ses doigts et effectue quelques opérations dans la peinture pour faire les motifs, puis dépose une fine couche de sable avec un peu de ciment qu’elle tamise.
Puis elle passe le carreau à son collègue qui le remplit de ciment sec, tapote et le retourne pour nous montrer le design obtenu.
Pas mal pour un carreau fait en 3 mn, avec les doigts !
C’est maintenant prêt pour aller sécher au soleil, debout, cadre et plaque de verre compris. Ils nous expliquent, après moult démonstration de différents designs, qu’il faut deux jours de séchage au soleil, 2 jours dans de l’eau (il y a des bacs partout avec des carreaux qui trempent), puis encore 3 jours au soleil. Enfin, on peut enlever le cadre et la plaque de verre et une merveille apparaît, toute brillante. Nouvelle démonstration de leur savoir-faire et des carreaux magnifiques, lisses, brillants apparaissent. Les 100 roupies sont les bienvenues pour ces pauvres gens, qui travaillent dans des conditions assez terribles (la dame porte des gants en plastique, n’a pas de masque sur le visage, et pourtant, la peinture doit être bien toxique.
Nous les quittons à regret et arrivons dans Athangudi où il y a de nombreux ateliers, qui exposent leur production. Nous ne visitons pas mais prenons toutefois quelques photos des productions, exposées comme chez nous, sur des panneaux verticaux. Chaque atelier a l’air spécialisé dans quelques motifs, tous très variés, tant en design qu’en couleur. Superbe.
Pandi nous arrête dans la seule maison du village qui se visite contre un ticket d’entrée de 100 rs, la Lakshmi house ou Athangudi Palace. Nous voyons deux immenses pièces (l’entrée avec de magnifiques colonnes en teck de Birmanie, et une grande et longue pièce, très haute de plafond juste derrière, qui ressemble à une salle de bal. On ne voit rien d’autre et cela manque un peu de vie. 100 rs par personne pour à peine 10 mn... nous ne regrettons pas notre donation aux artisans !
Kanadukathan, le village où j’avais prévu de dormir mais que Pandi nous a déconseillé pour des questions de commodités pour les repas et du prix des hébergements, même si pour cela, il a du faire beaucoup plus de km que prévu, est à moins de 8 km par une jolie route. Nous arrivons aux abords du village vers le marché hebdomadaire, qui par chance a lieu le dimanche. Nous nous baladons entre les étals de légumes et de poissons un moment (il n’y a quasiment que cela)
avant d’aller visiter le village. Les maisons sont très belles, mais c’est absolument sans vie et nous aurions eu du mal à trouver à manger, et surtout notre petite bière quotidienne... C’est sans regret. Les rues sont quasi désertes. Dans une, deux maisons font toute la longueur de la rue, c’est impressionnant.
Un petit temple avec bassin nous fait de l’œil. Mon appareil photo redéconne depuis Athangudi et cela ne s’arrange pas. Il ne fait plus que des photos en 4K (je crois mais en réalité, des MP4 de 1 secondes, inexploitables, je le découvrirai en rentrant...) et vient de passer en japonais. J'ai récupéré une photo de mon amie qui en a très peu parce qu'elle fait plutôt de la vidéo.
Je passe tout le voyage du retour jusqu’à Pudukkottai (30 km quand même) à tenter de régler le problème. Heureusement, j'ai le mode d’emploi complet sur la tablette... La seule solution trouvée a été de le réinitialiser, non sans avoir retiré la carte SD par précaution..., j’aurais trop de peine à perdre les photos de cet incroyable voyage.
Il fait nuit quand nous arrivons à Pudukkottai, et nous trouvons enfin, bien caché, derrière le parking, sans aucune indication, le bar de l’hôtel où nous commandons une bière, accompagnée d’une vague assiette de légumes crus, alors que les clients voisins, des hommes bien entendus, ont quelques coupelles d’amuse-gueules !
15 minutes de repos dans la chambre avant de repartir pour le resto de l’hôtel Grand (il faut dire qu’on y est bien est que l’on ne ressent pas le besoin d’explorer cette ville poussiéreuse et assez moche, que nous parcourons en voiture matin et soir. Le resto est agréablement frais, chic et néanmoins bon marché. Ce soir, nous allons éviter le soda et l’addition sera bien plus légère. | | | À: Chris70 · 14 avril 2020 à 21:14 · Modifié le 16 avr. 2020 à 22:10 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 59 de 101 · Page 3 de 6 · 2 030 affichages · Partager Lundi 2 mars : le Chettinad, encore et encore
Petit déjeuner au resto habituel. 2 cafés chacune, des jus de fruits à gogo, un très beau buffet à l’indienne. La dame préposée au service nous reconnaît (nous sommes les seules touristes depuis ces 2 jours) et nous apporte plusieurs fois des petites choses sucrées que son collègue vient de cuisiner. Nous allons éclater...
Nous commençons notre journée par le site ayyanar d’ Elangudipatti, dont j’ai lu tant de louanges... Situé à l’orée du village de Namanasamudran, à une dizaine de km au sud -ouest de Puddukotai, le bois sacré commence par une longue allée processionnelle de 2 à 300 m de long, très large. Allée composée de chevaux, de vaches ou buffles, de quelques éléphants très anciens, ayant beaucoup soufferts du temps, des singes et surtout d’un cyclone survenu en 2018.
Pas mal de branchages voire de troncs d’arbre sont couchés sur les terres cuites,
et les singes s’en donnent à cœur joie...
Au bout de l’allée, vers le temple proprement dit, composé d’une simple pierre au sol où reposent des statues noires d’Ayyanar, certaines habillées d’un tissu blanc, un énorme arbre, de plus de 300 ans nous dit-on, est tombé sur les chevaux, tout à côté du temple, sans toucher le temple, c’est donc un miracle. Bof ! C’est la désolation.
C’est certainement un grand site, mais ce n’est pas notre préféré, sans doute à cause de cet arbre couché, de la largeur incroyable de l’allée de chevaux, beaucoup moins intime que celle vue le premier jour. Finalement, une fois de plus, ce ne sont pas les sites les plus reconnus qui nous émeuvent et nous plaisent le plus. Pourtant, la vie va reprendre, dans le bois sacré, deux nouveaux arbres ont été planté (encore minuscules) et le prêtre de service, les arrose consciencieusement. Par contre, il semble que personne n’ai l’idée ou l’intention d’évacuer l’énorme arbre tombé à terre. Incredible India !
Nous revoici à Thirumayan, à 11 km au sud d’Elangudipati, au pied du joli fort (que nous ne visiterons pas, par radinerie peut-être, par manque de temps surement), car nous prendrons le temps pour deux temples superbes, en partie maçonnés, en partie creusés dans la roche, que l’on atteint en contournant le fort, repérés comme toutes les pépites, sur le site internet Purattatva de Saurabh Saxena. Une petite rue nouvellement pavée mène au premier temple, le Sathyamurthi Perumal temple, dédié à Vishnou.
Le second, dédié à Shiva est juste à côté, dans une ruelle parallèle. Ils contiennent, comme d’habitude de superbes colonnes ornées de sculptures de dieux et déesses plus grandes que des humains, sur lesquelles on devine encore quelques couleurs. On peut prendre ici toutes les photos qu’on veut (sauf le sanctum, bien entendu), et l’on ne s’en prive pas. Mais comme d’habitude, les photos en intérieur ne sont pas terribles ! Dans le temple de Vishnou, sous la roche, des dizaines et des dizaines de statuettes de cobra, le serpent Ananta.
Devant le temple, juste en face de la grande route (il faut sortir par une porte latérale), un grand bassin hexagonal à degré. De là, une belle vue sur les murailles du fort.
On refait un petit tour dans le temple de Vishnou pour essayer de repérer les représentations des avatars (pour trouver mon Varaha chéri en fait...). Le prêtre est sympa et pose pour une photo souvenir. Les deux temples sont de la même époque, construits au 9ème par les Pandyas.
Le second temple, le Satyagiriscara est très beau aussi. Il renferme de nombreuses statuettes noires de graisse que personne ne nous interdit de photographier et tout un attirail de véhicules – animaux pour les processions, en bois et en papier mâché, dont un canard tout rigolo, un paon, des chevaux et le drôle d’animal, vache à tête de femme. Un immense et superbe Lingodbhava avec une statue de Shiva intégré à mi-hauteur retient notre attention.
Le prêtre du temple, bien pensif
Nous repartons pour Kadiapatti, un village tout proche, pour voir de nouvelles maisons chettiars. La plupart sont très décrépies, certaines sont même complètement en ruine voire ont disparu, laissant des trous béants.
Aucune maison ne semble ouverte à la visite mais nous réussissons à voler quelques photos des entrées et de leurs belles colonnes à travers quelques grilles.
Certains murs sont à moitié effondrés, c’est triste. Pourtant certaines rues ont fière allure.
Celle-ci mène à l'hôtel de luxe, le Chidambara Vilas, que nous devinons au loin, repeint fraîchement en blanc, où nous nous payons le culot de demander si nous pouvons boire un pot. Nous arrivons en même temps qu’un groupe Kuoni de français qui viennent visiter le Chettinad en une demi-journée entre Tanjore et Madurai. Comme il est déjà quasi midi, j’imagine qu’ils ne doivent pas voir grand-chose !
Boire un pot dans un hôtel chic est une super solution pour visiter de plus près ces palais Chettiars. Nous en verrons beaucoup plus que dans la maison d’Athangudi pour à peine plus cher. L’endroit pour prendre un verre est situé au bord d’une magnifique piscine, dans un décor de rêve. Nous commandons un thé et une bouteille de soda, et pour 225 rs, nous arrive une grande théière qui nous fera 5 grandes tasses et une bouteille de soda de 600 ml. Nous déambulons dans les pièces de réception, admirons les portes sculptées, les colonnes, les brackets et les chapiteaux en bois, (c’est là que je repère des objets collés aux chapiteaux, qui ressemblent fort à la toupie achetée hier chez le brocanteur), tout est source d’admiration. Nous demandons par curiosité les tarifs des chambres, 8500 rps la nuit avec le petit déjeuner et 1000 rs le repas !
Après cette pause bienvenue, nous reprenons la route. A la sortie du village un beau bassin à escalier très ancien semble-t-il (mais étrangement, il jouxte un temple plutôt moderne) retient notre attention. Les chiens qui sont autour ont raison de notre enthousiasme... On revient à petit pas à la voiture, sans avoir pris une seule photo. Courageuses mais pas téméraires et l’une comme l’autre craignons les chiens, qui là sont bien trop nombreux à notre goût.
On repère soudain une pancarte de l’ASI pour un site jaïn, non prévu au programme mais tant qu’à y être, comme dit Cathy, on ne mégotte pas. Après quelques centaines de mètres sur une toute petite route, nous voici devant le Kanagarakandi Jaïn monument, qui doit être dans le grand enclos grillagé. En fait, un immense enclos pour une minuscule stèle ! On reverra ce genre de chose un des jours suivants. Beaucoup de bruit pour rien.
Par contre, ce petit détour nous a permis de passer devant un temple moderne dédié à Shasta, (reconnaissable à son véhicule, le tigre, nous explique Pandi), qui a fière allure avec deux monumentales statues à forme humaine (Shasta ou Ayyanar ?), peintes en bleu, d’au moins 5 m de hauteur. Derrières, des énormes chevaux modernes, des éléphants de la même facture, tout cela devant un joli bassin. Je l’ai bien repéré sur Google Maps au retour. Nommé Sathaiya Puranai Puskhalai Samaetha, il est situé dans le hameau de Kannankarakudi, où l’on passe pour rejoindre Kothamangalam.
La suite de la journée très bientôt... | | | À: Chris70 · 15 avril 2020 à 21:33 · Modifié le 16 avr. 2020 à 22:11 Re: Un petit tour au Tamil Nadu Message 60 de 101 · Page 3 de 6 · 1 979 affichages · Partager Finalement, en triant les photos pour préparer ce post hier soir, je me suis rendue compte que j’aurais plus de 20 photos pour finir la journée, donc j’ai repris le post précédent, qui n’avait pas atteint les 20 pour le compléter. Donc avis aux amateurs qui auraient déjà lu ma bafouille déposée hier soir... Il y a quelques ajouts.
De toutes façons, je vais arrêter de me torturer l’esprit pour le nombre de photos, c’est décidé, quand j’ai atteint mon quota de 300 (très bientôt), j’ouvre un autre carnet « un petit tour au Tamil Nadu 2 » car je ne pourrais pas relater Tanjore, Pondichery et Mahabalipuram... Dommage quand même, car si les 3 villes citées ont déjà été largement montrées, j'ai quand même quelques petites surprises.
Mardi 2 mars : Chettinad encore, 2de partie
Un peu avant d’arriver à Kothamangalam, un beau et grand temple, dédié à Shiva puisque sur tout le mur d’enceinte, des grands Nandis se reposent...
Devant le temple, un énorme bassin avec quatre grandes volées d’escaliers (sur Google maps, on voit que le bassin est aussi gros que le temple. Il est appelé West Shiva Temple, et effectivement, de l’autre côté du village, il y aurait un East Shiva temple avec les même caractéristiques, sauf que le bassin est carré avec des niveaux bien marqués (incroyable comme on voit tout sur Google maps, sauf que je l’ai vu au retour ! – la prochaine fois, car il y aura une prochaine fois au Chettinad, je prendrai le temps d’étudier Google maps pour dégotter de nouvelles choses. Il y a dans cette région des grands bassins maçonnés partout et j’aime beaucoup les bassins et les puits...). Le temple est fermé mais nous en faisons néanmoins le tour. Une jolie entrée avec des arcades, deux gopurams assez hauts, d’autres structures colorées. Bel endroit.
Nous arrivons enfin à Kothamangalam, connu pour ses maisons chettiars et en particulier le Sarathas Vilas, rénovés et tenus par des architectes français. On décide d’y prendre un café pour admirer les lieux.
Dans la grande salle de réception, une expo photo d’un certain Henk Oochappan, indiqué comme un photographe belge et des jolis dessins de la région. Apparemment, ils font des expositions temporaires régulièrement. Nos deux expressos, très serrés, arrivent (120 rs/1). Nous profitons un peu du jardin, très beau, fleuri et arboré. Il y a également une petite piscine, pas mal d’antiquités et d’objets ethniques, dont des grands chevaux et vaches anciens en terra cotta, ce qui nous mets un peu mal à l’aise car que font ces chevaux dans cette maison ? Achetés neufs et vieillis mais cela semble étonnant pour la plupart vu leur facture ? Achetés à des temples ? Les chambres sont à 7000 rs, Cathy, qui a visité trouve que c’est cher pour ce que c’est. C’est immense dit-elle, au moins 45 m2, mais un peu tristounet. Nous n’avons guère envie de traîner dans le village pour voir d’autres maisons chettiars, nous avons eu notre dose et elles se ressemblent toutes finalement... A posteriori, je me dis que je n’en ai pas assez vu... Etait-ce la chaleur, le trop plein de découvertes ? Depuis que nous avons quitté Trichy, nous avons vu tant d’endroits superbes et variés. Peut-être trop en 3 jours pour réussir à digérer tout cela !
Par contre, à la sortie du village, nous avons encore l’énergie pour déambuler sur un site ayyanar tout au bord de la route, avec pas mal de chevaux anciens,
Des plus modernes mais joliment colorés
mais aussi, beaucoup de personnages un tas incroyables de petits bonhommes en terre cuite très colorés nous fait bien envie, un peu comme mis de côté, mais ce qui est au temple doit rester au temple...
Un cheval moderne, très grand, un temple coloré, des statues d’Ayyanar complètent le tout.
Le site est assez grand et intéressant. Etrangement, je ne le retrouve pas sur Google maps. Il y a un ayyanar d’indiqué mais perdu au milieu d’un bosquet, en rase campagne, cela ne peut pas être ce site, vraiment au bord de la route.
Repas (il doit être 15 h ou presque, cela devient une habitude, mais vu les petits déjeuners pantagruéliques, ça passe) dans un resto populaire, où nous sommes tous assis en ligne (les tables sont très peu larges et ne permettent pas de se mettre en vis-à-vis). Sur la traditionnelle feuille de bananier, on nous sert du riz, des bhindis en sauce, des jeunes jack fruits en curry et du poulet grillé, le tout à volonté (sauf le poulet) pour 450 rs/3. Achats de petits gâteaux au lait, un petit thé et nous retournons sur Pudukkottai, que nous n’avons pas encore visité et il semble que le temple Brahadambal, associé au temple Bharagathamba vaille le coup.
De l’extérieur, il ne paie pas de mine et ressemble à un hangar, il faut dire que des grandes grilles bleues barrent l’entrée.
De la rue, impossible de deviner l’immensité et l’intérêt de ce temple. Après avoir passé le mandapa d’entrée à colonne, qui forme comme un long corridor, nous arrivons dans un très grand temple avec d’énormes colonnes sculptées de personnages, en pierre naturelle jusqu’au niveau des chapiteaux.
Ensuite, c’est un déluge de couleurs pastels, bleu, vert, jaune, rose...
Le plafond est complètement peint, le sol l’est par endroit de jolis kolams. Temple de Shiva ou de Murugan ? Les deux je pense car il y a des Nandis mais également le paon, véhicule de Murugan. Il est possible de monter sur le toit en prenant un passage sur un côté et comme à Sriramgam, nous nous retrouvons à admirer les templions colorés et le gopuram.
Le temple est en partie construit sur la roche et des escaliers creusés dans le roc permettent d’arriver à un bassin naturel, tout en haut, vers l’autre temple, rupestre, bien plus ancien datant du 7ème siècle.
Là, très beau mât en métal, avec des sculptures représentant Shiva, Parvati et Ganesh. Sur une face, Shiva et Parvati assis sur un Nandi, sur une autre, Ganesh sur sa souris ou son rat, quasi aussi gros que lui, sur une autre, un personnage que je n’arrive pas à identifier (Shiva seul peut-être).
Beaucoup de coins et de recoins dans ce temple, très intéressant. Je pensais qu’il nous restait encore des temples à voir car j’avais inscrit sur le programme « temple Brahadambal + temple rupestre de Bharagathamba + temple de Gokarnesvara » mais tout est au même endroit, 3 temples en 1..., nom principal, Gokarnesvara. Un peu compliqué tout cela !
Comme Pudukkottai n’incite pas trop à la balade (je pense que si, en relisant des trucs sur internet depuis mon retour..., il faudra que j’y retourne) et que, il faut le dire, nous sommes épuisées car depuis 10 jours, nous n’avons jamais arrêté, nous rentrons à l’hôtel assez tôt pour une fois et zonons un peu dans la chambre, entre la lessive, le rangement des sacs, un peu de lecture et d’internet, le temps passe vite.
Une petite bière au bar. Encore une fois, nous avons royalement droit à une assiette de concombres alors que les tables d’à côté, ont plein de coupelles ! Petit tour au supermarché qui jouxte l’hôtel Grand, hypermoderne, avec plein de produits occidentaux (mayonnaise, Nutella, Kit Kat, barres chocolatées...) avant d’aller dîner. Entre les clients du resto de ce midi dans le bouiboui d’un village et ceux du supermarché et du resto, ce sont vraiment deux mondes qui se côtoient, ou plutôt sont sur deux lignes différentes et ne se rencontrent pas.
Je termine ici ce carnet, avec une dernière photo du temple de Pudukkottai, et demain, j'entame "Un petit tour au Tamil Nadu 2"... puisque je suis à 297 photos...
| Carnets similaires sur l'Inde: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 8 226 visiteurs en ligne depuis une heure! |