Ni l'un, ni l'autre ; ils parlent le québécois (sorte de franglais en fait).
Je vous mets au défi de me faire la liste de plus 200 mots de franglais utilisé dans le langage courant par des Québécois. 200 mots c’est environ 5 à 7 % du bagage linguistique d’un Québécois moyen scolarisé, soit 3 000 à 3 500 mots et environ 70 verbes. Les mêmes nombres que celui d’un Français moyen également scolarisé. Au-delà de ces nombres, on parle de spécialistes, de journalisme d’enquête, d’enseignants, voire de gens d'une certaine érudition. À titre d’exemple, Paul Robert (l’auteur du dictionnaire bien connu) utilisait plus de 7 000 mots et 180 verbes dans sa correspondance.
Je vous donne un aperçu du travail qui vous attend : en fait, la tâche devient ardue au-delà d’une centaine de mots ou expressions tout simplement parce que nombre de ces mots ou expressions sont répétés beaucoup plus fréquemment que d’autres.
Je vous invite également à consulter les éditions en ligne de
Rue89,
Libération,
Courrier international,
Le Canard enchaîné,
Marianne, les textes des journalistes, les commentaires des lecteurs, ainsi que leurs blogues sur l’usage de l’anglais, du franglais ou d’anglicismes mal traduits ou mal employés par les locuteurs de l’Hexagone. J’en ai personnellement recensé 87 différents au cours des deux dernières semaines. Exemples :
salle de shoot (piquerie, local d’injection),
live blogging (blogue en direct),
reality show (télé-réalité, télé-vérité),
hot room (salle, salon de clavardage),
meeting (rencontre, réunion),
shouté (injecté),
le gaming par les gamers (le jeu par les joueurs),
playlist de musique (liste, choix musical), les universités américaines
trustent toujours le classement de
Shanghai (les universités américaines toujours confiantes dans le classement de
Shanghai),
hit (succès, tube),
manager (cadre, gérant),
green (vert (au golf)),
shopping (magasinage, emplettes, lèche-vitrine),
parking (stationnement, aire de, place de),
emailer mes messages (envoyer, expédier mes courriels),
trust (conglomérat, fiducie),
marketing (publicité, mise en marché).
Finalement, le
Québec doit-il nécessairement prendre exemple sur la
France pour être ramené à l’ordre?...
Lauréats du prix de l’Académie de la Carpette anglaise.
1999: Louis Schweitzer, PDG de Renault, pour avoir imposé l’usage de l’anglo-américain dans les comptes rendus des réunions de direction de son entreprise (juste devant Claude Allègre, sélectionné pour avoir déclaré à
La Rochelle, le 30 août 1997, « Les Français doivent cesser de considérer l’anglais comme une langue étrangère »).
2000 : Alain Richard, ministre de la Défense, pour avoir obligé les militaires français à parler anglais au sein du Corps européen alors qu’aucune nation anglophone n’en fait partie.
2001 : Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi Universal, pour avoir systématiquement favorisé l’anglais comme langue de communication dans ses entreprises.
2002 : Jean-Marie Colombani, directeur de la publication du Monde qui publie sans la moindre réciprocité, et à l’exclusion de toute autre langue, un supplément hebdomadaire en anglais tiré du
New York Times.
2003 : le Groupe HEC, dont le directeur général, Bernard Ramanantsoa, a déclaré en décembre 2002 : « Dire que le français est une langue internationale de communication comme l’anglais prête à sourire aujourd’hui ».
2004 : Claude Thélot, président de la Commission du débat national sur l’avenir de l’école, pour avoir considéré « l’anglais de communication internationale » comme un enseignement fondamental, à l’égal de la langue française, et avoir préconisé son apprentissage par la diffusion de feuilletons américains en version originale sur les chaînes de la télévision française.
2005 :
France Télécom, opérateur de téléphonie présidé par Didier Lombard, pour la mise en place de services et produits aux dénominations anglaises (« Business Talk, Live-Zoom, Family Talk... »), désigné par huit voix contre quatre pour Yves Daudigny, président du conseil général de l'Aisne pour sa campagne publicitaire en anglais « L'Aisne, it's Open ! ».
2006 : Le Conseil constitutionnel pour « ses nombreux manquements à l'article 2 de la constitution qui dispose que la langue de la République française est le français » et pour avoir « déclaré le protocole de
Londres sur les brevets conforme à la Constitution, permettant ainsi à un texte en langue anglaise ou allemande d'avoir un effet juridique en
France. »
2007 : Christine Lagarde, ministre de l'Économie, pour avoir quelquefois communiqué en langue anglaise avec ses services, à tel point que, selon le Canard enchaîné, celle-ci serait surnommée « Christine The Guard ».
2008 : Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue (ce qui est notamment contraire au traité de l'Élysée de 1963).
2009 : Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de
Paris, pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées, et pour correspondre en anglais avec le lycée français de
Madrid.
Lauréats du prix spécial du jury à titre étranger.
2001 : La société Lego, fabricant danois de jouets pour enfants, qui présente ses produits en
France et dans le monde uniquement en anglais sous les expressions « explore being me », « explore together », « explore logic » et « explore imagination »
2002 : Romano Prodi, président de la Commission européenne pour l’affaire de l’étiquetage en anglais des produits alimentaires, et l’imposition de l’anglais comme langue unique de négociation pour l’élargissement européen.
2003 : Pascal Lamy, élu pour son utilisation systématique de l’anglais dans ses fonctions de commissaire européen, au mépris des règles communautaires.
2004 : Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, élu pour avoir présenté en anglais la politique de l’établissement devant le Parlement européen de
Strasbourg et avoir déclaré lors de sa prise de fonction « I am not a Frenchman ».
2005 : Josep Borrell, président du Parlement européen, pour avoir avantagé l'anglais lors d'une session de l'assemblée parlementaire euro-méditerranée qu'il venait de présider à
Rabat au
Maroc sans prévoir la traduction des documents de travail.
2006 : Ernest-Antoine Seillière, président du Business Europe (ex-UICE, Union des industries de la communauté européenne), pour avoir prononcé un discours en anglais au Conseil européen à
Bruxelles en mars 2006.
2007 : La police de
Genève, pour avoir diffusé une publicité intitulée United Police of Geneva.
2008 : Eurostat, service des statistiques de la Commission européenne, qui diffuse depuis avril 2008 sa publication Statistiques en bref uniquement en anglais, renonçant aux langues allemande et française.
2009 : Jean-Louis Borloo, ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, pour avoir signé, le traité de l’IRENA (International Renewable Energy Agency) dont la seule langue de travail est l’anglais, en invoquant l’urgence, alors que cinq pays importants ne l’ont toujours pas signé.
DeCléricy