Aux dires des personnes rencontrées sur place, descendre au delà de
Smara était chose très risquée, bien que je rétorquais: ce sont les pistes de J.Gandini.
Bonjour
Il est un fait que les militaires ou les autorités locales de
Smara n'apprécient pas que les touristes se dirigent vers le Sud. Toujours question de sécurité...
Quant ils parlent du Sud de
Smara, il faut comprendre les parcours aux gravures rupestres (Amgallah et autres) qui sont en final du tome 3. Cette zone est très voisine du "mur" et de ses postes de surveillance.
Il faut savoir que tous les relevés de ce secteur ont été fait avec l'accord du gouverneur local de l'époque qui a mis à ma disposition le caïd (officiel) d'Amgallah (qui habite en permanence à
Smara).
Une fois sur le terrain, on a remarqué que ce guide faisait tout pour éviter ces postes et surtout que l'on ne nous voit pas. En fait il avait reçu l'ordre du gouverneur d'éviter d'être visible des postes militaires au maximum, sachant que ces derniers n'allaient pas apprécier (peut-être une petite vengeance personnelle de sa part).
Quand le guide est paru, quelques 4x4 s'y sont aventurés. Un groupe d'amis y est parti à cinq 4x4, et cette fois là ils ont rencontré le colonel, chef de secteur, qui faisait sa tournée mensuelle. Grand étonnement de sa part de voir des touristes dans une zone considérée comme militaire avec interdiction aux civils (marocains ou européens) d'y circuler. Son étonnement a été encore plus grand quand ils lui ont mis le guide sous le nez...
En fin de compte, après moult palabres, tout s'est bien terminé. Comme s'était le soir, le groupe a été autorisé à bivouaquer près du poste central et tout le monde a été passer la soirée à l'état-major, invité à dîner par le colonel.
Ce qui est drôle, c'est qu'au moment de partir, le colonel a demandé à mes amis d'éviter de raconter qu'ils avaient été invités par le colonel.
Tout ça pour dire, qu'une rencontre avec des militaires lors d'un contrôle (autant pour la région de
Smara et pour le tome 6) finit en général toujours par bien se terminer. Il suffit de savoir les prendre, d'être sympa avec eux et surtout de ne pas être pressé.
Cela dit, c'était il y a pas mal d'années. Aujourd'hui, ils ont pris l'habitude de voir des 4x4 de touristes. Certains mêmes vérifient si vous êtes bien en position de mes guides; ils vous recommandent alors de bien suivre mes itinéraires et de ne pas les quitter...
Plus précisement pour le tome 6, concernant tout le Sahara Atlantique, quand j'y suis aller la première fois un peu au hasard (nous étions trois 4x4), on n'a pas manqué de se faire intercepter par les militaires qui nous ont conduit directement sous escorte auprès du général au grand état-major de
Dakhla. Celui-ci m'a confirmé que dès que l'on quittait la route
Laayoune -
Dakhla - Guerguerat, on rentrait dans une zone militaire interdite au tourisme. Comme il savait le but de notre randonnée (je ne m'en cachait jamais), il m'a affirmait que s'il me retrouvait sur le terrain, il me bouclait en prison...
A la suite de cela, mon travail étant reconnu par le Ministère du Tourisme marocain, je suis passé à
Rabat leur raconter mes aventures. Il faut dire qu'à l'époque, le
Maroc commençait à faire du battage pour le développement économique du Sahara marocain, et que maintenant que j'avais fait des guides pour tout le
Maroc, ils insistaient pour que j'en fasse un pour cette région Sud.
Ils m'ont demandé alors de monter un dossier sérieux qui fut remis au ministre en personne. Dossier qui arriva en final auprès du général Benani, le grand patron de l'armée. Malgré mon septimisme, le dossier revint avec l'accord complet du général pour que l'on sorte un guide des pistes sous condition d'utiliser des guides locaux fournis soit par les militaires, soit par les autorités civiles de chaque secteur.
Les généraux et colonels de terrain ont eu du mal à avaler la pillule mais ils ont été obligés de s'incliner et de se mettre à ma disposition quand nous y sommes retourner.
Pour la petite histoire, quand je suis arrivé dans la région d'Aoucerd - Tichla, le colonel local avait prévu de nous faire escorter par deux véhicules, un pour la protection et un pour un déminage éventuel... En fait, il avait reçu tellement de recommandations à notre sujet de la part de son général qu'il avait prévu ça pour se couvrir au maximum. Bien sûr, nous avons refusé, et nous avons continué avec notre guide.
Il faut savoir aussi que si vous êtes contrôlés par des militaires, vous serez alors signalés à tous les postes voisins du parcours... qui vérifieront que tout se déroule sans problème pour vous... En résumé, ne prenez pas de malheureuses initiatives en tentant de vous aventurer hors des parcours de nos guides.
Si parfois notre guide signale un tronçon de parcours hors piste, c'est que c'est vraiment sans danger. C'est d'ailleurs des secteurs où se trouvent beaucoup de campements de familles d'éleveurs qui y vivent avec leurs immenses troupeaux de moutons ou de chameaux.
Bon voyage.
Le DPM de base