Où que l'on soit, il ne faut pas prendre à la légère le Mal Aigu des Montagnes. Montagnard, alpiniste, skieurs des sommets sous différentes latitudes je sais de quoi je parle. Je pense que tout ceux qui sont restés quelques jours à
Lukla ont pu observer le balais incessant des helicoptères qui vont chercher des gens sur des chemins de trek. 90% des atteinds sont des trekkers ce qui correspond d'ailleurs tout à fait à la proportion alpinistes / trekkers dans ces régions (source guide nepalais).
Alors si la proportion ou pression de l'oxygène est meilleure que celle au Mont Blanc, il faut cependant prendre en compte d'autres paramètres qui favorisent le Mal Aigu des Montagnes.
Au
Népal, contrairement à la
France ou l'Europe, les treks demandent de l'endurance, beaucoup d'endurance, on atteind une destination qu'au bout de 5 à 10 jours de trek. On monte, on descend, on remonte, c'est épuisant pour des gens qui n'ont pas la condition ou pas l'expérience, le tout se fait dans des températures constamment fluctuantes. Pour atteindre Khare, environ 10 jours de marche *sous tente). Delta de températures de -5 à +25, dans la même journée on peut facilement vivre un écart, de 15 à 20° à cela vient s'ajouter la fatigue, la nourriture auquelle on réagit plus ou moins bien, la neige, la pluie, la chaleur (le tout en quelques jours), la pauvreté, les conditions de vie, les nuits plus ou moins bonnes, l'hygiène qui donne un coup au moral, l'altitude qui joue son rôle, la fatigue, le ras le bol, les petits bobos les dhiarees communes, etc.
Ca ce sont des paramètres négatifs auxquels on ne fait pas face en
France ou en Europe et tous ces paramètres accumulés rendent beaucoup de gens plus fragiles et plus sujets à attraper le Mal Aigu des Montagnes (ou autre chose) voilà des facteurs favorisants tout autant que l'altitude.
Au cours de mes 4 séjours au
Nepal j'en ai vu un tas qui en avaient simplement marre. Trop d'inconfort, trop d'efforts. Ils avaient abandonné ou étaient prêt à le faire et une maladie, un bobo devient une porte de sortie.
Je remarque que beaucoup viennent au
Népal pour faire un trek exigeant sans anticiper ce qu'est vraiment le
Nepal et ce qu'il impose avec les conséquences que l'on observe et l'enrichissement des sociétés de secours par hélicoptères. Le
Nepal c'est pas une randonnée de 3 jours au Queyras, ni le tour du Mt Blanc en 5 jours et encore moins une cueillette de champignons en forêt. C'est beaucoup beaucoup plus exigeant.
Je parle ici des treks sérieux, pas des promenades de 2 - 3 jours.
Et donc, j'en viens à la conclusion, faisons attention de minimiser ou sous évaluer le risque de MAM (mal aigu des montagnes) sous prétexte que la pression, la proportion d'oxygène serait plus élevée que dans le nord, la gravité......en omettant les autres paramètres favorisants et propres à ce genre de région / pays.