28/07/2013
Pour changer nous prenons cette fois le train. Le train gratuit en provenance du sud arrive dans la matinée à une heure qui nous convient. Pour être tout à fait exact, le train n'est gratuit que pour les thailandais. Ce ne sont pas les 16 bahts payés par personne pour ce trajet de quelques dizaines de kilomètres qui nous ruineront. Evidemment, il arrive avec une bonne heure de retard.
Le train, nous avons adoré. Il avance lentement, toutes les fenêtres sont grandes ouvertes comme des téléviseurs sur un espace tropical. Avec la chaleur, c'est parfait.
Les voyageurs sont pour l'essentiel des campagnards et s'intéressent beaucoup à nous. C'est le moment de préciser à quel point il est agréable de se déplacer dans un pays où une grande majorité des gens vous gratifie d'un bien beau sourire et tente de faire quelque chose pour vous lorsque vous les sollicitez.
Dans les wagons plus vieux que nous, c'est le constant va et vient des vendeurs ambulants qui fait le spectacle. A la fois l'image et le son.
Vraiment, à tester au moins une fois.
A Prachuab Khiri Khan, nous sommes au coeur de cette
Thailande du sud tranquille. Le centre ville n'est pas très étendu et pour une capitale de province on ne peut pas dire qu'elle soit mangée par la modernité. Nous adorons ces endroits à l'aspect d'autrefois, pas encore lisses et policés. On y distingue beaucoup de boutiques réellement d'un autre âge.
Elle est située en bord de mer, en bordure d'une triple baie.
Sur la colline la plus proche trône un temple d'où parait-il la vue est magnifique. Il s'y trouve un grand nombre de macaques qui ont causé des mésaventures à certains touristes. Nous n'irons pas cette fois. En vérité, nous aurons de toute façon passé la moitié de notre séjour à grimper sur des collines.
Pas de taxis à Prachuab. Des tuk-tuk mobylettes vous emmènent en ville pour 30 bahts et un peu plus loin pour 40 bahts. Pour 50 bahts si vous promenez vos gros bagages.
Notre choix s'est porté sur le Prachuab Beach Hotel, qui a l'avantage d'avoir une petite gérante hyper souriante et totalement serviable. Du genre à vous donner de la vitamine C si quelque chose ne va pas, à se déplacer pour expliquer au tuk-tuk ce que vous souhaitez, à vous fournir tous les renseignements imaginables.
Pas de piscine mais moins de 20 euros la nuit à l'étage supérieur, en bord de mer avec une très belle vue, bien central et du café chaud disponible à toute heure. Bien sûr, partout dans le pays, on peut trouver de bonnes guesthouse à des prix encore plus avantageux.
Nous avons choisi de suite ce qui serait notre cantine de midi, juste à côté de l'hôtel, un petit resto en plein air sous les tôles ondulées. La patronne est une de ces personnes absolument joviales et rigolotes. Nous dégustons avec le plus grand plaisir deux délicieux pad thai, un plat qui nous aura marqués de par son goût inimitable. Un plat et une boisson chacun, 100 bahts. Deux euros cinquante pour deux personnes, ça se passe de commentaires.
Et c'est juste après ce repas que commencent nos visites. Celles pour lesquelles nous sommes venus à Prachuab, celles pour lesquelles nous y passons trois jours afin de ne pas rater nos nouveaux amis.
C'est à cet instant que commence l'une de nos plus agréables expériences vécues en
Thailande mais aussi un des plus beaux souvenirs de vacances de toute notre existence.
Il faut pour cela prendre un tuk tuk ou enfourcher un vélo. Direction sud, à peine quelques kilomètres, vers la base militaire sur la plage d'Ao Manao. C'est gratuit, mais on s'arrête 15 mètres après l'entrée pour compléter un registre : nom, prénom, nationalité, numéro de passeport, motif de la visite, heure d'arrivée (et de départ, quand on sort).
La plage est réputée propre puisque l'armée la nettoie tous les matins. Nous n'irons pas non plus.
La base est très étendue, nous en parcourons une bonne partie et nous apercevons que c'est d'ailleurs bien joli par ici.
Le chauffeur finit par s'arrêter entre un vaste espace d'herbe coupée ras et un bloc rocheux à mi-chemin entre colline et montagne, recouvert de végétation.
Il nous montre de gros arbres du doigt, nous faisons ok et lui demandons de revenir deux heures plus tard.
C'est dimanche, il y a juste quelques visiteurs locaux et deux ou trois touristes.
Nous nous approchons des arbres et nous voyons ça :
Mais oui, en effet, il y a bien des peluches vivantes dans ces arbres ! De petites choses à longue queue qui ont toutes des yeux à lunettes !
Nous n'avions jamais vu de photo ou de reportage jusque là sur ces animaux. C'est d'ailleurs un mystère parce qu'au vu de ces images est-il possible de ne pas fondre ? Comment ne pas avoir une pensée pour la cause animale dont trop peu se soucient encore à notre avis ?
Pour le peu que nous savons, c'est le semnopithèque obscur, ou encore langur. Il semble surtout être présent dans quelques pays d'
Asie du sud-est et en
Inde. C'est tout de même un animal à la limite d'être en voie de disparition.
Nous sommes littéralement fascinés par leur beauté et leur calme. Forcément, il y a un quelque chose d'humain dans leur regard et c'est touchant.
Plus tard, nous avons un peu mal à la nuque à force de scruter les arbres. Ces deux heures ont passé trop vite, on reviendra demain.
En soirée, nous nous faisons une orgie de fruits de mer. Nous en retiendrons que les prix sont élevés pour un pays qui en produit autant. Pour l'avoir testé à deux reprises dans deux villes différentes, nous trouvons que les thais ne sont pas spécialement doués pour cuire et accommoder les grosses crevettes ou les langoustes.
En tout cas, lors de notre promenade digestive en front de mer, nous avons déjà hâte d'en être au lendemain pour retrouver les bestioles.