31/07/2013
Convaincus par l'expérience ferroviaire, nous remettons ça. L'attente à la gare de Prachuab se révèlera longue, cette fois ce ne sont pas moins de trois heures de retard, ce qui raccourcira la journée. Nous avons ajouté la destination suivante au parcours quasiment au dernier moment. Il s'avérera que nous avons bien fait.
Le spectacle est encore au rendez-vous dans le train.
Pour se rendre au parc naturel de Sam Roi Yod, les voyageurs poussent habituellement jusqu'à Pranburi, un peu plus au nord, et de là prennent le taxi. Nous avons décidé de tenter plus court, de sortir dès la gare de Sam Roi Yod et de nous débrouiller sur place. Nous sommes un peu plus téméraires qu'au départ, ayant constaté qu'il était plus facile de se faire comprendre ici qu'au
Vietnam.
Nous sommes les seuls à descendre à cette minuscule gare et nous déchantons en voyant qu'à part deux boeufs garés à la sortie il ne s'y trouve qu'une seule personne.
Il s'agit d'un commerçant, dont la famille tient une épicerie peu après la sortie de la gare. Seule l'une de ses filles parle quelques mots d'anglais. Heureusement nous avons la fiche de réservation de l'hôtel avec les caractères en thai et notre carnet pour dessiner le trajet et les chiffres indispensables à toute négociation. Ils nous font comprendre que même si nous sommes proches à vol d'oiseau pour accéder côté plage, il faut contourner l'énorme barre rocheuse par laquelle il n'y a pas de point de passage, ce qui représente une trentaine de kilomètres.
Il s'ensuit quelques palabres pendant lesquelles nous nous demandons s'ils se rendent bien compte que nous ne savons pas parler thai. D'une proposition à 1000 bahts, nous parvenons à conclure à 600 bahts.
Ce monsieur nous emmène donc dans son pick up. Lorsqu'il fait de l'essence, il nous demande de payer. Est-ce par manque d'argent ou de confiance ?
L'ensemble du trajet ne pose pas de problème, sauf dans les derniers kilomètres. Nous voyons finalement un panneau avec le nom de l'hôtel et le lui indiquons. Mais au vu de sa réaction, nous commençons à douter qu'il sache lire.
Il faut probablement tourner quelque part, mais voilà il n'y a plus de panneau. Il se produit alors ce qui se produit souvent dans ce genre de situation : il demande son chemin à quelqu'un qui lui indique la mauvaise direction. Au début nous doutons nous-mêmes, mais après quelques kilomètres, nouvel arrêt à un resort. Evidemment, ils ne savent pas vraiment, mais comme nous avons à nouveau dépassé le panneau avec le nom de l'hôtel nous le convainquons de refaire demi-tour. Arrivés un peu plus loin que la première fois, nous constatons qu'il semble très inquiet de faire encore beaucoup de chemin, comme s'il avait peur que ça lui coûte encore plus que ça ne lui rapporte. C'est communicatif, la nervosité.
Nous décidons d'abréger ses souffrances. En plus, il est mort de trouille qu'on ne lui donne pas ce qu'on lui doit encore.
Avons-nous l'air si malhonnêtes ?
Nous sommes au bord de la " nationale " avec nos quatre sacs. Il est quatorze ou quinze heures et nous sommes affamés.
Quinze mètres plus loin et nous voilà assis dans un petit restaurant, après avoir tiré la patronne de son hamac.
Dix minutes plus tard nous avons englouti nos pad thai, notre coca et notre fanta.
Soixante secondes plus loin, le fils de la patronne arrive avec sa voiture et nous amène pour 100 bahts à notre hôtel, lequel se trouvait au bout de la même rue, à environ quatre kilomètres.
Nous avons choisi le Baan Jeen Hôtel, qui se trouve donc à l'extrémité sud de la Dolphin Bay, presque en face des îles.
A quelques dizaines de mètres se trouve un loueur de kayaks, qui fait aussi taxi. Les kayaks permettent d'accéder à l'île aux macaques, à quelques centaines de mètres du rivage.
L'hôtel est récent, très bien tenu, et ex aequo avec celui de
Koh Phangan, nous lui décernons la palme des employés les plus aimables et serviables. A l'arrivée, nous sommes seuls dans l'établissement. Nous nous demandons au début pourquoi il y a autant d'hôtels et de resorts tout le long de cette grande baie alors qu'il y a si peu de touristes. Il nous sera effectivement confirmé par la suite que c'est plein à craquer en haute saison. Les 37 euros par nuit pour ce hôtel avec d'excellents lits et une clim discrète ne sont probablement pas le tarif de janvier.
Nous nous égayons à nouveau complètement seuls dans la belle piscine.
En début de soirée, nous longeons la plage à pied en remontant vers le nord. C'est agréable, il y a beaucoup de jolies résidences avec jardin, avec pour voisinage de grands terrains parsemés de cocotiers.
Nous nous arrêtons boire un verre quelque part et nous discutons un peu avec un anglais de trente ans qui réside un peu plus loin, dans un camp d'entrainement. Voilà un jeune homme qui est encore étudiant et qui passe des semaines loin de sa petite amie pour servir de punching ball aux boxeurs thai locaux ! Pas sûr que ce soit plus facile après quelques verres de bière...
Il se fait tard et nous sommes obligés de nous rabattre sur le premier restaurant croisant notre chemin.
Nous voyons bien le cadre luxueux et l'énorme néon affichant cinq étoiles. Il accueillerait des bus en haute saison que ça ne nous étonnerait pas. Les serveuses sont nombreuses et en costume traditionnel. Mauvais signe...
Donc rien de transcendant dans l'assiette. Nous partageons les crevettes épicées avec un chat affamé qui vient nous supplier.
Nous ne trainons pas, grosse journée demain.